Vérification de la Rigidité d’une Poutre

Vérification de la Rigidité d’une Poutre en RdM

Vérification de la Rigidité d’une Poutre

Contexte : Le confort et la durabilité, les autres piliers du Génie Civil.

Au-delà de la simple résistance à la rupture, une structure de génie civil doit garantir le confort de ses utilisateurs et la pérennité de ses finitions. Une poutre de plancher qui fléchit excessivement peut provoquer des vibrations désagréables, des fissures dans les cloisons ou le carrelage. C'est pourquoi les ingénieurs vérifient la structure non seulement à l'État Limite Ultime (ELU - la rupture), mais aussi à l'État Limite de ServiceL'État Limite de Service (ELS) correspond à des conditions qui, si elles sont dépassées, affectent le confort des usagers ou l'apparence de la structure (fissures, vibrations, déformations excessives) sans pour autant entraîner sa ruine. (ELS). Cet exercice se concentre sur la vérification de la flèche, un critère ELS fondamental.

Remarque Pédagogique : Nous allons ici aborder une facette différente du travail de l'ingénieur. Il ne s'agit plus de savoir "est-ce que ça casse ?" (ELU), mais "est-ce que ça se déforme trop ?" (ELS). C'est une vérification cruciale pour les structures en bois, plus souples que l'acier ou le béton. Nous allons calculer la déformation d'une solive de plancher et la comparer à une limite réglementaire pour valider sa conception.


Objectifs Pédagogiques

  • Calculer le moment quadratique d'une section en bois standard.
  • Déterminer le moment fléchissant maximal sous une charge uniformément répartie.
  • Appliquer la formule de la déformée pour une charge répartie.
  • Comprendre et appliquer le critère de vérification de la flèche à l'ELS.
  • Se familiariser avec les unités de charge (kN/m) et les ordres de grandeur des modules pour le bois.

Données de l'étude

On étudie une solive de plancher en bois (classe de résistance C24) sur deux appuis simples. Elle doit supporter les charges permanentes (poids du plancher, cloisons) et d'exploitation (mobilier, personnes). L'étude se fait à l'ELS pour vérifier le critère de flèche.

Schéma de la solive avec charge répartie
q L = 4500 mm
Paramètre Symbole Valeur Unité
Portée entre appuis \(L\) 4500 \(\text{mm}\)
Largeur de la section \(b\) 75 \(\text{mm}\)
Hauteur de la section \(h\) 220 \(\text{mm}\)
Charge répartie (ELS) \(q\) 2.5 \(\text{N/mm}\)
Module d'élasticité moyen \(E_{\text{moyen}}\) 11 000 \(\text{MPa}\)
Critère de flèche admissible \(f_{\text{adm}}\) L / 300 -

Questions à traiter

  1. Calculer le moment quadratique \(I_{\text{Gz}}\) de la section de la solive.
  2. Calculer la flèche admissible \(f_{\text{adm}}\).
  3. Calculer la flèche théorique maximale \(f_{\text{théo}}\) de la solive sous la charge q.
  4. Comparer la flèche théorique à la flèche admissible et conclure si la rigidité de la solive est suffisante.

Les bases de la Résistance des Matériaux

Pour ce nouvel exercice, les formules de base pour le moment fléchissant et la déformée changent en raison du type de chargement.

1. Le Moment Quadratique (ou d'Inertie) :
Ce concept ne change pas, car il ne dépend que de la géométrie de la section. Pour notre solive rectangulaire de base \(b\) et de hauteur \(h\), la formule reste : \[ I_{\text{Gz}} = \frac{b \cdot h^3}{12} \]

2. Le Moment Fléchissant (Charge Répartie) :
Avec une charge uniformément répartie \(q\) (en N/m ou N/mm) sur toute la longueur, le moment fléchissant n'est plus linéaire mais parabolique. Il est maximal au centre de la poutre et sa valeur est : \[ M_{\text{max}} = \frac{q \cdot L^2}{8} \]

3. La Formule de la Déformée (Charge Répartie) :
De même, la formule de la flèche maximale est différente. Pour une charge uniformément répartie, la déformée est plus complexe et la flèche maximale au centre est donnée par : \[ f_{\text{max}} = \frac{5 \cdot q \cdot L^4}{384 \cdot E \cdot I} \] Notez la présence de \(L\) à la puissance 4, qui rend la flèche extrêmement sensible à la portée de la poutre.


Correction : Vérification de la Rigidité d'une Poutre

Question 1 : Calculer le moment quadratique (\(I_{\text{Gz}}\))

Principe (le concept physique)

Le moment quadratique \(I\) est la caractéristique géométrique qui mesure l'aptitude d'une section à résister à la flexion. Pour une solive en bois, maximiser cette valeur en choisissant une section haute et élancée est la manière la plus efficace d'assurer sa rigidité sans utiliser une quantité excessive de matière.

Mini-Cours (approfondissement théorique)

Le moment quadratique est une intégrale de surface, \(I_z = \int_A y^2 dA\), où 'y' est la distance à l'axe neutre. Cette formule montre que la matière la plus éloignée de l'axe (les "fibres extrêmes") contribue le plus à la rigidité (car y est au carré). C'est le principe fondamental derrière les profilés en I, où la matière est concentrée en haut et en bas.

Remarque Pédagogique (le conseil du professeur)

Une analogie simple : une feuille de papier est très souple à plat. Si vous la pliez en accordéon, elle devient beaucoup plus rigide. Vous n'avez pas ajouté de matière, vous avez simplement réorganisé la matière existante pour augmenter son moment quadratique par rapport à l'axe de flexion.

Normes (la référence réglementaire)

L'Eurocode 5 (norme européenne pour la conception des structures en bois) fournit les méthodes de calcul pour les sections standards. Les scieries fournissent des bois de construction avec des dimensions normalisées (comme 75x220 mm) dont les propriétés géométriques sont bien connues.

Formule(s) (l'outil mathématique)

La formule pour une section rectangulaire reste inchangée :

\[ I_{\text{Gz}} = \frac{b \cdot h^3}{12} \]
Hypothèses (le cadre du calcul)

On suppose que la section de la solive est parfaitement rectangulaire et que les dimensions sont celles spécifiées. On néglige les imperfections du bois comme les nœuds, qui peuvent localement affecter la rigidité.

Donnée(s) (les chiffres d'entrée)
  • Largeur de la section, \(b = 75 \, \text{mm}\)
  • Hauteur de la section, \(h = 220 \, \text{mm}\)
Astuces(Pour aller plus vite)

Pour les calculs manuels, il est parfois utile de garder les valeurs en millions de mm⁴ (ou 10⁶ mm⁴) pour éviter de manipuler des nombres très longs. Par exemple, 66 550 000 peut s'écrire 66.55 x 10⁶.

Schéma (Avant les calculs)
Section de la Solive en Bois
b = 75 mmh = 220 mmGz
Calcul(s) (l'application numérique)

En utilisant les dimensions en mm, le résultat sera en mm⁴. C'est une valeur qui peut devenir très grande, il est donc courant d'utiliser les puissances de 10.

\[ \begin{aligned} I_{\text{Gz}} &= \frac{75 \, \text{mm} \cdot (220 \, \text{mm})^3}{12} \\ &= \frac{75 \cdot 10 \, 648 \, 000}{12} \, \text{mm}^4 \\ &= 66 \, 550 \, 000 \, \text{mm}^4 \\ &= 6.655 \times 10^7 \, \text{mm}^4 \end{aligned} \]
Schéma (Après les calculs)
Section avec Moment Quadratique
I_Gz = 6.655 x 10⁷ mm⁴
Réflexions (l'interprétation du résultat)

Cette valeur de 66.55 millions de mm⁴ est la rigidité géométrique de notre solive. C'est une valeur fixe pour cette section, qui sera utilisée pour calculer la déformation réelle de la poutre.

Points de vigilance (les erreurs à éviter)

L'erreur la plus fréquente est d'inverser la base et la hauteur. Souvenez-vous que la hauteur, qui s'oppose à la flexion verticale, est le terme le plus important et donc celui qui est à la puissance 3.

Points à retenir (permettre a l'apprenant de maitriser la question)
  • Le moment quadratique \(I\) est une propriété purement géométrique.
  • Pour un rectangle, \(I = bh^3/12\).
  • Augmenter la hauteur est le moyen le plus efficace d'augmenter la rigidité.
Le saviez-vous ? (la culture de l'ingénieur)

Les poutres en bois lamellé-collé permettent de créer des sections de très grande hauteur, bien au-delà de ce qu'un seul arbre pourrait fournir. Cela permet de construire des structures en bois avec des portées très importantes (gymnases, entrepôts) en optimisant justement le moment quadratique.

FAQ (pour lever les doutes)
Résultat Final (la conclusion chiffrée)
Le moment quadratique de la section est de 66 550 000 mm⁴.
A vous de jouer(pour verifier la comprehension de l'etudiant parrapport a la question)

Quelle serait la valeur de I (en 10⁶ mm⁴) si on utilisait une solive de 250 mm de hauteur ?

Question 2 : Calculer la flèche admissible (\(f_{\text{adm}}\))

Principe (le concept physique)

La flèche admissible n'est pas une propriété physique de la poutre, mais une exigence réglementaire ou de conception. Elle définit la déformation maximale acceptable pour que la structure reste fonctionnelle et confortable. Le critère L/300 est une valeur courante pour les planchers en bois, limitant la flèche à 1/300ème de la portée.

Mini-Cours (approfondissement théorique)

Les États Limites de Service (ELS) couvrent plusieurs aspects : la déformation (flèche), les vibrations (confort) et la durabilité (ouverture des fissures). La vérification de la flèche est souvent le critère le plus dimensionnant pour les poutres de grande portée, signifiant que la poutre a assez de résistance mais se déforme trop.

Remarque Pédagogique (le conseil du professeur)

Imaginez marcher sur un pont suspendu très long. Il est parfaitement sûr (il ne va pas s'effondrer), mais il bouge et se déforme beaucoup, ce qui peut être inconfortable. C'est un exemple où la résistance (ELU) est bonne, mais le critère de service (ELS) est volontairement souple. Pour un plancher de bureau, on veut l'inverse : une sensation de rigidité absolue.

Normes (la référence réglementaire)

Les critères de flèche sont définis dans les normes de construction, comme l'Eurocode 5 pour les structures en bois. Ces critères peuvent varier selon l'usage du bâtiment (plancher, toiture), la présence d'éléments fragiles (cloisons en plâtre) et le type de charge (totale, quasi-permanente).

Formule(s) (l'outil mathématique)

La formule est directement donnée par le critère :

\[ f_{\text{adm}} = \frac{L}{300} \]
Hypothèses (le cadre du calcul)

L'hypothèse est que le critère L/300 est le critère pertinent pour notre cas d'étude (plancher standard). Pour des cas plus sensibles (ex: support d'un équipement de précision), un critère plus strict comme L/500 pourrait être requis.

Donnée(s) (les chiffres d'entrée)
  • Portée entre appuis, \(L = 4500 \, \text{mm}\)
Astuces(Pour aller plus vite)

Pour calculer L/300, on peut simplement diviser L par 100 puis par 3. 4500 / 100 = 45. Ensuite, 45 / 3 = 15. C'est souvent plus rapide mentalement que de poser la division complète.

Schéma (Avant les calculs)
Concept de Flèche Admissible
f_adm = ?Limite à ne pas dépasser
Calcul(s) (l'application numérique)

On applique simplement la formule.

\[ \begin{aligned} f_{\text{adm}} &= \frac{4500 \, \text{mm}}{300} \\ &= 15 \, \text{mm} \end{aligned} \]
Schéma (Après les calculs)
Valeur de la Flèche Admissible
f_adm = 15 mm
Réflexions (l'interprétation du résultat)

Le résultat signifie que pour que ce plancher soit jugé suffisamment rigide, la flèche au centre de la solive ne doit en aucun cas dépasser 15 mm. C'est la valeur "cible" que notre conception doit respecter.

Points de vigilance (les erreurs à éviter)

Il faut être très attentif à la portée L à utiliser. S'il s'agit d'une poutre continue sur plusieurs appuis, la "portée" à considérer pour le calcul de la flèche peut être plus complexe qu'une simple distance entre deux poteaux.

Points à retenir (permettre a l'apprenant de maitriser la question)
  • La flèche admissible est une limite de déformation, pas une mesure de résistance.
  • Elle est définie par les normes (ex: L/300) et dépend de l'usage de la structure.
  • C'est un critère de confort et de durabilité (ELS).
Le saviez-vous ? (la culture de l'ingénieur)

Pour les très hautes tours (skyscrapers), la limitation de la déformation due au vent est un enjeu majeur. On ne limite pas seulement la flèche totale au sommet, mais aussi l'accélération latérale, pour éviter que les occupants des derniers étages n'aient le mal de mer !

FAQ (pour lever les doutes)
Résultat Final (la conclusion chiffrée)
La flèche admissible pour cette solive est de 15 mm.
A vous de jouer(pour verifier la comprehension de l'etudiant parrapport a la question)

Quelle serait la flèche admissible (en mm) pour un plancher de balcon plus sensible, avec un critère de L/400 ?

Question 3 : Calculer la flèche théorique maximale (\(f_{\text{théo}}\))

Principe (le concept physique)

Maintenant, nous allons calculer la déformation réelle de la poutre sous l'effet des charges. Cette flèche théorique dépend de quatre facteurs : l'intensité de la charge (q), la portée (L), la rigidité du matériau (E) et la rigidité de la forme (I). La formule combine ces quatre éléments pour prédire le déplacement au point le plus critique.

Mini-Cours (approfondissement théorique)

La formule de la flèche est issue de la double intégration de l'équation différentielle de la poutre : \(EI \frac{d^2y}{dx^2} = M(x)\). Pour une charge répartie, \(M(x) = \frac{qLx}{2} - \frac{qx^2}{2}\). L'intégration successive avec les bonnes conditions aux limites (y=0 aux appuis) mène à la formule finale. Le coefficient 5/384 est le résultat de cette intégration mathématique.

Remarque Pédagogique (le conseil du professeur)

Portez une attention particulière au terme \(L^4\). Cela signifie que si vous doublez la portée d'une poutre, sa flèche sera multipliée par \(2^4 = 16\). La portée est, de loin, le paramètre le plus influent sur la flèche. C'est pourquoi les ingénieurs cherchent toujours à réduire les portées autant que possible.

Normes (la référence réglementaire)

Les formules de déformation pour les cas de charge de base sont des piliers de la théorie de la Résistance des Matériaux et sont universellement reconnues. Les logiciels de calcul de structure résolvent numériquement l'équation différentielle de la poutre pour des cas de charge et des géométries beaucoup plus complexes.

Formule(s) (l'outil mathématique)

Pour une poutre sur appuis simples avec une charge uniformément répartie :

\[ f_{\text{théo}} = \frac{5 \cdot q \cdot L^4}{384 \cdot E \cdot I} \]
Hypothèses (le cadre du calcul)

On suppose que le matériau a un comportement linéaire-élastique (la loi de Hooke s'applique). On suppose également que les déformations sont faibles, ce qui permet d'utiliser cette formule simplifiée. Enfin, on néglige la déformation due à l'effort tranchant, ce qui est une hypothèse valide pour les poutres élancées.

Donnée(s) (les chiffres d'entrée)
  • Charge répartie, \(q = 2.5 \, \text{N/mm}\)
  • Portée, \(L = 4500 \, \text{mm}\)
  • Module d'élasticité, \(E = 11000 \, \text{MPa} = 11000 \, \text{N/mm}^2\)
  • Moment quadratique, \(I = 66550000 \, \text{mm}^4\) (de la Q1)
Astuces(Pour aller plus vite)

Le terme \(E \cdot I\) est appelé "rigidité de flexion". Il peut être utile de le calculer une seule fois. Ici, \(EI = 11000 \times 66550000 \approx 7.32 \times 10^{11} \, \text{N} \cdot \text{mm}^2\). Cela simplifie les calculs si vous devez tester plusieurs scénarios de charge.

Schéma (Avant les calculs)
Déformation attendue de la Solive
f_théo = ?
Calcul(s) (l'application numérique)

On remplace chaque terme par sa valeur numérique dans le système N-mm.

\[ \begin{aligned} f_{\text{théo}} &= \frac{5 \cdot (2.5 \, \text{N/mm}) \cdot (4500 \, \text{mm})^4}{384 \cdot (11000 \, \text{N/mm}^2) \cdot (66550000 \, \text{mm}^4)} \\ &= \frac{5 \cdot 2.5 \cdot (4.100625 \times 10^{14})}{384 \cdot 11000 \cdot 66550000} \, \text{mm} \\ &= \frac{5.12578 \times 10^{15}}{2.80867 \times 10^{14}} \, \text{mm} \\ &\approx 18.25 \, \text{mm} \end{aligned} \]
Schéma (Après les calculs)
Déformation Calculée
f_théo = 18.25 mm
Réflexions (l'interprétation du résultat)

La théorie prédit que, dans ces conditions, la solive se déformera de 18.25 mm en son centre. C'est la performance réelle attendue de notre élément. La question suivante est de savoir si cette performance est acceptable.

Points de vigilance (les erreurs à éviter)

La plus grande difficulté ici est la gestion des unités. La formule contient \(L^4\). Une erreur de conversion entre mètres et millimètres aura des conséquences énormes (un facteur 1000⁴). Il est impératif de travailler dans un système cohérent. Nous utiliserons le Newton (N) et le millimètre (mm).

Points à retenir (permettre a l'apprenant de maitriser la question)
  • La flèche théorique dépend de la charge, de la portée, du matériau et de la géométrie.
  • La formule pour une charge répartie est \(5qL^4 / (384EI)\).
  • La portée (L) est le paramètre le plus influent (puissance 4).
Le saviez-vous ? (la culture de l'ingénieur)

Le coefficient 5/384 est l'un des plus célèbres de la RDM. Pour une charge ponctuelle F = qL, la flèche est \(FL^3/(48EI)\). Le rapport entre les deux est \((5/384) / (1/48) = 5/8\). Cela signifie qu'une charge répartie cause seulement 62.5% de la flèche d'une charge ponctuelle de même poids total, car la charge est mieux distribuée.

FAQ (pour lever les doutes)
Résultat Final (la conclusion chiffrée)
La flèche théorique maximale calculée est d'environ 18.25 mm.
A vous de jouer(pour verifier la comprehension de l'etudiant parrapport a la question)

Quelle serait la flèche (en mm) si la portée était réduite à 4000 mm (4 mètres) ?

Question 4 : Comparer et conclure

Principe (le concept physique)

C'est l'étape finale de la vérification à l'ELS. On compare la performance calculée de la structure (\(f_{\text{théo}}\)) à l'exigence réglementaire (\(f_{\text{adm}}\)). Si la déformation réelle est inférieure à la limite, la conception est validée sur ce critère. Sinon, elle doit être modifiée.

Mini-Cours (approfondissement théorique)

En ingénierie, on formalise souvent cette vérification par un "ratio de travail" ou "taux d'utilisation" : \(\text{Ratio} = \frac{\text{Effet des actions}}{\text{Résistance ou Limite}}\). Dans notre cas, \(\text{Ratio} = \frac{f_{\text{théo}}}{f_{\text{adm}}}\). Le critère de validation est que ce ratio doit être inférieur ou égal à 1.0.

Remarque Pédagogique (le conseil du professeur)

C'est le moment de vérité pour l'ingénieur. Les trois premières questions étaient des étapes de calcul. Celle-ci est une étape de décision. Le résultat n'est pas juste un nombre, c'est un verdict : "ça passe" ou "ça ne passe pas". Si ça ne passe pas, le travail de conception recommence.

Normes (la référence réglementaire)

La conclusion "conforme" ou "non conforme" est le résultat direct de l'application de la méthode de vérification prescrite par la norme (par exemple, l'Eurocode 5). Un dossier de calcul présenté à un bureau de contrôle doit clairement montrer cette comparaison finale pour chaque élément structurel.

Formule(s) (l'outil mathématique)

La vérification est une simple inégalité :

\[ f_{\text{théo}} \le f_{\text{adm}} \]
Hypothèses (le cadre du calcul)

On suppose que les calculs des étapes précédentes sont exacts et que les données d'entrée (charges, propriétés du matériau) sont correctes et conformes à la réalité du projet.

Donnée(s) (les chiffres d'entrée)
  • Flèche admissible, \(f_{\text{adm}} = 15 \, \text{mm}\) (de la Q2)
  • Flèche théorique, \(f_{\text{théo}} = 18.25 \, \text{mm}\) (de la Q3)
Astuces(Pour aller plus vite)

Calculer le ratio de travail : \(18.25 / 15 = 1.217\). Puisque 1.217 > 1.0, la conception n'est pas valide. Le ratio nous indique même "à quel point" elle n'est pas valide : elle est environ 22% trop souple.

Schéma (Avant les calculs)
La Balance de la Décision
f_théof_adm?
Calcul(s) (l'application numérique)

On compare les deux valeurs calculées précédemment.

\[ \text{On compare } f_{\text{théo}} \text{ et } f_{\text{adm}} \]
\[ 18.25 \, \text{mm} \quad > \quad 15 \, \text{mm} \]
Schéma (Après les calculs)
Vérification du Critère de Flèche
Limite Admissible f_adm = 15 mmFlèche Calculée f_théo = 18.25 mmNON CONFORME ❌
Réflexions (l'interprétation du résultat)

La flèche calculée de 18.25 mm est supérieure à la limite de 15 mm. La condition \(f_{\text{théo}} \le f_{\text{adm}}\) n'est pas respectée. Par conséquent, la solive n'est pas assez rigide pour cet usage. L'ingénieur doit revoir sa conception.

Points de vigilance (les erreurs à éviter)

Ne jamais conclure qu'une structure est "sûre" juste parce qu'elle respecte le critère de flèche. La vérification de la résistance (ELU) est une étape distincte et tout aussi indispensable. Une poutre peut être très rigide mais fragile, et inversement.

Points à retenir (permettre a l'apprenant de maitriser la question)

Pour corriger le problème, plusieurs solutions sont possibles :

  • Augmenter la hauteur (h) de la solive (solution la plus efficace car I dépend de h³).
  • Diminuer l'entraxe des solives, ce qui réduit la charge q sur chacune d'elles.
  • Choisir un bois avec un module E plus élevé.
  • Réduire la portée L en ajoutant un appui intermédiaire.
Le saviez-vous ? (la culture de l'ingénieur)

Dans les ponts, on donne parfois à la structure une "contre-flèche" lors de la construction. C'est-à-dire qu'on la construit légèrement bombée vers le haut, de sorte qu'une fois les charges permanentes appliquées, elle se retrouve parfaitement horizontale. La flèche calculée se fait alors uniquement pour les charges variables (trafic).

FAQ (pour lever les doutes)
Résultat Final (la conclusion chiffrée)
La flèche calculée (18.25 mm) dépasse la flèche admissible (15 mm). La solive n'est pas conforme au critère de rigidité de l'ELS.
A vous de jouer(pour verifier la comprehension de l'etudiant parrapport a la question)

Quelle est la hauteur minimale (h) de solive (en mm) pour que la conception devienne conforme (f_théo ≤ 15 mm) ?


Outil Interactif : Paramètres de Rigidité

Modifiez les paramètres de la solive pour voir comment atteindre la conformité.

Paramètres d'Entrée
2.5 N/mm
4500 mm
220 mm
Résultats Clés
Flèche Admissible (mm) -
Flèche Calculée (mm) -
Conformité ELS -

Le Saviez-Vous ?

Le bois est un matériau "vivant" qui présente un phénomène de fluage : sous une charge constante, sa déformation augmente avec le temps. Les normes de calcul (Eurocode 5) en tiennent compte en majorant la flèche calculée avec des coefficients (k_def) pour prédire la déformation finale après plusieurs années, garantissant ainsi la durabilité de l'ouvrage.


Foire Aux Questions (FAQ)

Pourquoi utilise-t-on L/300 et pas une autre valeur ?

Ce critère est issu de décennies d'expérience et de retours sur le comportement des bâtiments. Il représente un compromis entre la sécurité, le confort (éviter les sols "trampoline"), l'esthétique (éviter les fissures) et l'économie (ne pas surdimensionner les éléments). D'autres valeurs comme L/250 (moins sévère) ou L/500 (plus sévère) peuvent être utilisées selon les cas.

La charge q est-elle toujours uniforme ?

Non. C'est une simplification courante pour les planchers. En réalité, les charges peuvent être triangulaires (ex: pression de l'eau sur un barrage), ponctuelles (poteau reposant sur une poutre) ou de formes plus complexes. Chaque cas de charge a ses propres formules pour le moment et la flèche.


Quiz Final : Testez vos connaissances

1. Si on double la charge répartie (q) sur la solive, la flèche maximale sera...

2. Pour une poutre avec charge répartie, la contrainte maximale se trouve...


État Limite de Service (ELS)
État au-delà duquel une structure ne répond plus aux critères de service pour lesquels elle a été conçue (confort, esthétique, fonctionnalité), sans pour autant être en danger d'effondrement.
Charge Répartie (q)
Force agissant sur une certaine longueur ou surface, comme le poids d'un plancher ou la pression du vent. Unité : N/m ou N/m².
Solive
Pièce de charpente, généralement en bois ou en métal, placée horizontalement pour constituer l'ossature d'un plancher.
Vérification de la Rigidité d’une Poutre

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