C'est quoi la couche de forme, la PST et l'arase ?
Trois niveaux superposés sous la chaussée : la PST est le mètre supérieur du terrain, l'arase est sa surface, et la couche de forme est la structure qu'on pose dessus pour rattraper les défauts du sol. Sa surface est la plateforme support de chaussée.
Le vocabulaire, de bas en haut
- PST — partie supérieure des terrassements : la zone supérieure, d'environ un mètre d'épaisseur, des terrains en place en déblai ou des matériaux rapportés en remblai.
- AR — arase de terrassement : la surface de la PST. C'est sur elle qu'on construit.
- Couche de forme : la structure d'adaptation posée sur l'arase.
- PF — plateforme support de chaussée : la surface supérieure de la couche de forme. C'est le niveau sur lequel la chaussée proprement dite est réalisée.
Confondre l'arase et la plateforme est l'erreur de vocabulaire la plus commune, et elle a des conséquences : les exigences de portance ne sont pas les mêmes aux deux niveaux.
Ce que la couche de forme sert à faire
Sa définition est plus riche qu'on ne le croit : elle adapte les caractéristiques aléatoires et dispersées des matériaux de remblai ou du terrain en place aux caractéristiques mécaniques, géométriques, hydrauliques et thermiques prises comme hypothèses dans la conception de la chaussée.
Autrement dit, le projeteur de chaussée calcule sur une plateforme idéale ; la couche de forme est ce qui rend cette hypothèse vraie.
Trois formes possibles, dont l'absence
- Inexistante, parce qu'inutile, quand le remblai ou le sol en place possède déjà les qualités requises.
- Une seule couche d'un matériau approprié — le concept traditionnel.
- Une superposition de couches aux fonctions distinctes : géotextile, matériaux grossiers, couche de fin réglage, enduit gravillonné.
La première option mérite d'être retenue : une couche de forme n'est pas obligatoire. La prescrire systématiquement est un réflexe coûteux.
Les fonctions à court terme, celles du chantier
Elles sont souvent oubliées alors qu'elles dimensionnent souvent l'ouvrage :
- permettre le nivellement de la plateforme, pour réaliser la couche de fondation dans les tolérances d'épaisseur ;
- offrir une portance suffisante, aléas météorologiques compris, pour compacter correctement les couches de chaussée et obtenir un bon uni ;
- protéger le sol-support des intempéries en attendant la chaussée ;
- assurer la traficabilité des engins qui approvisionnent la couche de fondation.
Et à long terme
Deux fonctions : homogénéiser la portance du support, ce qui permet de concevoir des chaussées d'épaisseur constante, et maintenir cette portance dans le temps malgré les fluctuations de l'état hydrique des sols-supports sensibles à l'eau.
L'homogénéité est l'argument économique décisif. Sans elle, il faudrait dimensionner toute la chaussée sur le point le plus faible du tracé.
Textes de référence
- Cerema, « Guide des terrassements des remblais et des couches de forme », édition 2024, fascicule 1 — chapitre 4, conception de la couche de forme
Les références sont citées pour vous permettre de les consulter. Le texte des normes est protégé et n'est pas reproduit ici.
Mettre cette notion en pratique
Les exercices corrigés qui appliquent exactement ce qui précède.