Structure de Chaussée et Stabilisation
📝 Contexte de l'Étude
Le projet concerne la construction d'un nouveau tronçon de la route départementale RD 42. Le tracé traverse une zone agricole posant de sévères contraintes géotechniques.
Caractéristiques du site :- Linéaire : \( 1,2 \text{ km} \) de tracé total.
- Nature du sol : La campagne géotechnique a révélé un limon argileux très sensible à l'eau.
- Classification : Classe A2/A3 selon le GTR (Norme NF P 11-300), présentant une faible portance naturelle.
La future structure de chaussée nécessite une PST (Partie Supérieure des Terrassements) rigide. Un traitement en place aux liants hydrauliques est impératif pour transformer la matrice argileuse molle en une plateforme porteuse.
Cibles mécaniques visées (Contrôle in-situ selon NF P 94-117-1) :- Plateforme de classe PF2 : Atteindre un module de déformation sous plaque \( EV_2 \ge \mathbf{50} \text{ MPa} \).
- Plateforme de classe PF3 : Atteindre un module de déformation sous plaque \( EV_2 \ge \mathbf{120} \text{ MPa} \).
La solution technique retenue par la maîtrise d'œuvre consiste en un traitement mixte sur l'ensemble de la largeur de la plateforme. L'opération se déroule en deux phases :
- 1ère passe : Épandage et malaxage à la chaux vive pour assécher et floculer les argiles.
- 2ème passe : Épandage et malaxage au ciment pour conférer les résistances mécaniques nécessaires à la couche de forme.
- Déterminer les masses de sol à traiter à partir de la géométrie du projet.
- Quantifier précisément les tonnages de liants (chaux et ciment) à approvisionner.
- Adapter le chantier face à un événement météorologique inattendu.
Les dosages prescrits par le laboratoire sont toujours exprimés en pourcentage par rapport au poids du sol sec. Il est impératif de travailler avec les masses sèches pour éviter les erreurs liées aux variations d'humidité du sol.
Voici les relevés topographiques et les résultats d'essais de laboratoire (Optimum Proctor Normal - OPN) qui serviront de base à vos calculs logistiques.
📚 Référentiel de Terrassement
Guide GTR 2000 (SETRA/LCPC) NF EN 16907 (Terrassements)📐 GÉOMÉTRIE DE LA ZONE À TRAITER
-
Dimensions de la Plateforme
- Longueur totale du tronçon : \( L = \mathbf{1\,200} \text{ m} \)
- Largeur de la zone de traitement : \( l = \mathbf{8{,}50} \text{ m} \)
- Épaisseur de la couche à stabiliser : \( e = \mathbf{0{,}35} \text{ m} \)
🪨 CARACTÉRISTIQUES DU SOL EN PLACE
-
Limon argileux (Classe GTR : A3)
- Tamisat à \( 80\,\mu\text{m} \) : \( \mathbf{85} \) % (\( > 35 \) %, sol fin)
- Indice de Plasticité (\( I_p \)) : \( \mathbf{28} \)
- Valeur au Bleu (\( VBS \)) : \( \mathbf{3{,}2} \) (Confirme la classe A3)
- Masse volumique sèche apparente : \( \rho_{d} = \mathbf{1{,}60} \text{ t/m}^3 \)
- Teneur en eau naturelle mesurée : \( w_{\text{nat}} = \mathbf{22} \) %
-
Paramètres Optimum Proctor Normal (OPN)
- Teneur en eau optimale (\( w_{\text{OPN}} \)) : \( \mathbf{17} \) %
- Masse volumique sèche maximale (\( \rho_{d,\text{max}} \)) : \( \mathbf{1{,}80} \text{ t/m}^3 \)
📊 ABAQUE DE CLASSIFICATION (EXTRAIT GTR / NF P 11-300)
Critères d'identification pour les sols fins (Classe A), définis par un tamisat à \( 80\,\mu\text{m} > 35\% \).
| Classe GTR | État de l'Argilosité | Indice de Plasticité (\( I_p \)) | Valeur au Bleu (\( VBS \)) |
|---|---|---|---|
| A1 | Peu plastique | \( I_p \le 12 \) | \( VBS \le 2{,}5 \) |
| A2 | Moyennement plastique | \( 12 < I_p \le 25 \) | \( 2{,}5 < VBS \le 6 \) |
| A3 (Notre Sol) | Très plastique | \( 25 < I_p \le 40 \) | \( 6 < VBS \le 8 \) |
| A4 | Extrêmement plastique | \( I_p > 40 \) | \( VBS > 8 \) |
📖 APTITUDE AU TRAITEMENT (EXTRAIT GTR - FASCICULE 2)
Cas d'une utilisation en couche de forme pour les sols fins très plastiques (Classe A3).
| État Hydrique (A3) | Traitement Possible (Couche de Forme) | Observations Géotechniques |
|---|---|---|
| Moyen à Sec (m, s) | Liant Hydraulique (Ciment) seul | Humidification souvent nécessaire avant malaxage. |
| Très Humide (th) - Notre Cas | Traitement Mixte : Chaux + Ciment | Pré-traitement à la chaux vive obligatoire pour rabattre l'humidité avant l'ajout du ciment. |
| Saturé (ti) | Chaux seule (forte dose) ou Purge | Sol instable, portance quasi-nulle. Ciment inefficace. |
🧪 DOSAGES PRESCRITS DES LIANTS HYDRAULIQUES
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Formulation du Laboratoire (en % de matière sèche)
- Dosage en chaux vive (CaO - Norme NF EN 459-1) : \( \text{Dosage}_{\text{chaux}} = \mathbf{2} \) %
- Dosage en ciment (CEM II - Norme NF EN 197-1) : \( \text{Dosage}_{\text{ciment}} = \mathbf{4} \) %
- Pouvoir d'évaporation empirique de la chaux : \( \mathbf{1{,}33} \) % d'eau par % de CaO
3. Méthodologie du Mouvement de Terres et Traitement
La planification d'un chantier de terrassement exige une progression rigoureuse : du calcul des volumes bruts à la détermination des masses sèches, pour aboutir à une quantification exacte des approvisionnements nécessaires.
Question 1 : Quantification du Sol Support
Calculez le volume de sol en place à traiter, puis déterminez sa masse totale de matière sèche. Ces valeurs constituent la base de tout calcul de traitement de sol.
Question 2 : Détermination des Besoins en Liants
À partir de la masse de sol sec, calculez la masse totale de chaux vive et la masse totale de ciment nécessaires pour traiter l'ensemble du tronçon.
Question 3 : Logistique d'Approvisionnement
Sachant que les camions-citernes (pulvérulents) livrant la chaux et le ciment ont une capacité utile de \( 28 \text{ tonnes} \) chacun, déterminez le nombre de rotations de camions nécessaires pour chaque liant.
Question 4 : Gestion des Aléas Météorologiques
🚨 ALÉA DE CHANTIER : De fortes pluies se sont abattues la nuit précédant le début du chantier. La teneur en eau naturelle du sol a grimpé à 26 % au lieu des 22 % initiaux.
👉 Travail demandé : Expliquez l'impact de cet événement sur la portance et la compacité du sol, et justifiez pourquoi il sera nécessaire d'augmenter le dosage en chaux (ou d'effectuer un aérage) avant le malaxage.
Structure de Chaussée et Stabilisation
🎯 Objectif Technique
Déterminer la géométrie exacte du prisme de sol concerné par le malaxage et en déduire sa masse sèche, indispensable pour les formules de dosage du laboratoire.
Le traitement en place signifie que l'on ne décaisse pas le sol pour le transporter. On travaille sur un volume \( V \) géométrique fixe (un parallélépipède). Ensuite, pour passer de ce volume à la masse sèche du sol, je dois obligatoirement utiliser la masse volumique sèche (\( \rho_{d} \)), car la masse de l'eau présente dans le sol ne doit pas être prise en compte pour le dosage chimique des liants.
Le volume d'un solide droit régulier correspond à sa base multipliée par sa hauteur (ici l'épaisseur). La relation fondamentale liant le volume total, la masse volumique sèche et la masse de la fraction solide du sol s'écrit : \( M_{\text{sèche}} = V \times \rho_{d} \).
Afin de délimiter l'espace géométrique d'action du pulvimixeur, nous assimilons la couche à un parallélépipède régulier. Nous multiplions donc la longueur, la largeur et l'épaisseur du tracé.
Une fois le volume total connu, il est indispensable d'isoler le poids de la matière solide (sans l'eau contenue dans les pores). Pour cela, on multiplie le volume par la masse volumique sèche de l'argile (\( \rho_{d} \)).
Dans la réalité, le géotechnicien mesure sur site la masse volumique apparente humide (\( \rho \)) et détermine en laboratoire la teneur en eau (\( w \)). La masse volumique sèche (\( \rho_{d} \)) utilisée dans nos formules s'obtient via la relation fondamentale :
(Note : \( w \) doit être exprimé en décimal, par exemple \( 0{,}22 \) pour 22 %). Cela démontre mathématiquement l'importance d'isoler la fraction solide pour le dosage chimique.
- \( L = 1\,200 \text{ m} \), \( l = 8{,}50 \text{ m} \), \( e = 0{,}35 \text{ m} \) : Valeurs extraites des plans d'exécution topographiques validés par la Maîtrise d'Œuvre (Cahier des charges, Section 2).
- \( \rho_{d} = 1{,}60 \text{ t/m}^3 \) : Valeur issue des essais Proctor Normal réalisés par le laboratoire géotechnique lors de la campagne de sondage initiale (Données Géotechniques, Section 2).
Assurez-vous toujours que les unités soient homogènes. Si l'épaisseur était donnée en centimètres (\( 35 \text{ cm} \)), il faudrait impérativement la convertir en mètres (\( 0{,}35 \text{ m} \)) pour obtenir un volume en mètres cubes (\( \text{m}^3 \)).
Exécution de la Note de Calculs
1. Résolution Numérique du VolumeNous remplaçons les variables de longueur, largeur et épaisseur par les cotes topographiques du projet en respectant l'unité commune (le mètre) pour définir le cubage exact de terre à brasser.
Maintenant que le cubage total est défini, nous le multiplions par la densité sèche de l'argile pour obtenir le tonnage strict des grains solides de notre plateforme.
INTERPRÉTATION DU RÉSULTAT : L'atelier de traitement devra brasser un volume total de \( 3\,570 \text{ m}^3 \) de terre. Si l'on extrayait virtuellement toute l'eau de ce volume, il représenterait un poids sec de référence de \( 5\,712 \text{ tonnes} \).
C'est un volume de terrassement classique pour de la réfection routière. La masse obtenue confirme que nous travaillons sur une échelle nécessitant une logistique d'approvisionnement en liants conséquente (silos sur site ou ballets de camions réguliers).
Il existe une distinction majeure de calcul selon l'échelle géométrique des travaux :
- Traitement de surface (Notre cas) : Notre calcul (\( V = L \times l \times e \)) est une simplification parfaitement acceptable sur une plateforme déjà nivelée.
- Terrassement lourd (Déblais/Remblais) : Le relief naturel impose d'utiliser la méthode des profils en travers moyens. Elle interpole les surfaces de coupe topographique pour intégrer les dévers et les pentes de talus.
Pourquoi ne pas avoir "purgé" l'argile molle pour la remplacer par de la bonne grave (remblai d'apport) ?
- Le Profil en Long ci-dessus apporte la réponse visuelle : la "Ligne Rouge" (le niveau fini de la route) est pratiquement confondue avec le "Terrain Naturel" (TN).
- Purger \( 1{,}2 \text{ km} \) de limon argileux sur presque \( 1 \text{ m} \) d'épaisseur représenterait des milliers de rotations de camions d'évacuation (vers une décharge) puis d'apport de matériaux nobles (depuis une carrière).
- Bilan : Un coût économique exorbitant et un bilan carbone désastreux. La stabilisation en place aux liants est, dans cette configuration géométrique, la seule réponse d'ingénierie viable.
L'erreur fatale serait de calculer les dosages de liants en utilisant le poids total humide (qui inclurait le poids de l'eau contenue dans le sol naturel). Le laboratoire prescrit toujours un dosage sur la fraction solide.
❓ Question Fréquente
Faut-il tenir compte d'un coefficient de foisonnement ici ?
- Non pour le calcul des tonnages : Le traitement "en place" s'effectue sur la base du volume naturel.
- Oui sur le terrain (Phénomène temporaire) : Le passage du pulvimixeur provoque un foisonnement. La couche travaillée passera d'une épaisseur théorique de 35 cm à environ 45 cm d'épaisseur foisonnée.
- Phase finale : L'intervention d'un compacteur lourd (type V5) est indispensable pour "casser" ce foisonnement, expulser l'air, et ramener la couche à son épaisseur finale de 35 cm.
🎯 Objectif Technique
Traduire les pourcentages de dosage fixés par l'étude géotechnique en masses réelles (tonnages) de chaux et de ciment à commander à la centrale.
Les dosages de 2 % et 4 % sont de simples ratios mathématiques. Pour obtenir les masses physiques de produits, il suffit d'appliquer ces pourcentages à la masse de la matrice cible (la masse sèche du sol calculée précédemment).
Le calcul d'un pourcentage correspond à une multiplication par la fraction de ce pourcentage. Soit \( X \% = \frac{X}{100} \). L'application d'un dosage géotechnique suit la règle universelle : Masse du Liant = Dosage prescrit \( \times \) Masse Sèche du Sol.
Pour quantifier la chaux nécessaire à l'assèchement, nous appliquons le ratio de l'étude (2 %) sur la masse sèche de référence calculée à l'étape précédente.
La logique reste strictement identique pour déterminer la quantité de ciment garantissant la portance finale, en appliquant son propre dosage prescrit (4 %).
- \( M_{\text{sèche}} = 5\,712 \text{ tonnes} \) : Valeur issue de notre résultat de calcul de l'Étape 1.
- Dosages (\( 2 \% \) chaux et \( 4 \% \) ciment) : Valeurs imposées par la fiche de formulation du laboratoire transmise dans le cahier des charges (Section 2).
Sur chantier, l'épandeur à liants est souvent paramétré en \( \text{kg/m}^2 \) (Taux d'épandage surfacique). Sachez qu'il est très simple de le trouver en divisant la masse totale du liant (convertie en kilos) par la surface totale de la route.
Exécution de la Note de Calculs
1. Calcul du Tonnage de ChauxNous substituons la masse de référence par la valeur obtenue (5 712 t) et multiplions par le ratio fractionnaire de 2% (soit 0,02).
Nous reconduisons la même substitution pour le ciment en appliquant son ratio spécifique de 4% (soit 0,04).
Afin de régler la machine, nous déterminons d'abord l'aire de la plateforme en multipliant la longueur par la largeur de traitement.
Nous convertissons la masse totale de chaux en kilos (x 1000) et la divisons par la surface totale pour trouver le dosage au mètre carré.
Nous répétons cette opération de conversion massique et de répartition surfacique pour la quantité totale de ciment.
INTERPRÉTATION DU RÉSULTAT : La transformation du limon argileux mou en une plateforme résistante nécessitera l'épandage de \( 114{,}24 \text{ tonnes} \) de chaux vive et de \( 228{,}48 \text{ tonnes} \) de ciment. Sur le terrain, le chauffeur réglera l'ordinateur de bord de son épandeur sur \( 11{,}2 \text{ kg/m}^2 \) lors de la première passe (chaux) et sur \( 22{,}4 \text{ kg/m}^2 \) lors de la seconde (ciment).
Ces tonnages sont très importants. Il faut prévoir un balisage spécifique sur chantier pour la rotation des super-lourds de livraison de pulvérulents afin de ne pas ralentir la production de la répandeuse à liants.
Il ne faut jamais additionner le dosage de la chaux et du ciment (2 % + 4 % = 6 %) pour calculer un poids de liant "mixte". Les deux opérations se font séquentiellement sur le chantier : épandage chaux \( \Rightarrow \) malaxage \( \Rightarrow \) repos \( \Rightarrow \) épandage ciment \( \Rightarrow \) malaxage.
❓ Question Fréquente
Pourquoi utiliser deux liants différents ? Chaque produit a un rôle temporel et mécanique distinct :
- Action immédiate (Chaux vive) : Elle réagit avec l'eau par réaction exothermique. Elle assèche le sol, flocule les argiles et baisse l'Indice de Plasticité. Le sol devient friable et manipulable.
- Action à long terme (Ciment) : Il est ajouté dans un second temps pour assurer une prise hydraulique, garantissant la portance mécanique définitive sous les charges du trafic routier.
🎯 Objectif Technique
Transformer les tonnages abstraits en nombres de camions physiques à coordonner avec les centrales de production et les transporteurs.
Chaque camion a une limite légale et volumétrique de chargement. Pour connaître le nombre de voyages nécessaires, il faut diviser le besoin total par la capacité d'un seul camion. Étant donné que l'on ne peut pas commander un "demi-camion" ou un fragment de camion pour une centrale, il faudra systématiquement arrondir le résultat à l'entier supérieur.
Le calcul du nombre de rotations est une simple division : Quantité Totale / Capacité Unitaire. Le résultat doit faire l'objet de la fonction plafond (arrondi supérieur) pour garantir que l'ensemble de la quantité nécessaire soit effectivement acheminée sur chantier.
Pour quantifier le nombre de rotations, nous divisons la masse totale de produit par la capacité unitaire d'un transporteur, en appliquant un arrondissement par excès.
- \( M_{\text{chaux}} = 114{,}24 \text{ t} \) et \( M_{\text{ciment}} = 228{,}48 \text{ t} \) : Valeurs issues de notre résultat de calcul de l'Étape 2.
- \( C_{\text{utile}} = 28 \text{ tonnes} \) : Capacité unitaire standard imposée par la règlementation routière des semi-remorques et mentionnée dans le sujet de la Question 3.
Le dernier camion livré sur le chantier ne sera pas obligatoirement plein. Dans l'industrie routière, ces "reliquats" sont parfois stockés dans un silo tampon mobile sur le bord du tracé routier pour ajuster les dosages sans stopper la machine.
Exécution de la Note de Calculs
1. Application Numérique : Rotations de ChauxNous divisons le tonnage total de chaux par la capacité d'un camion. Si le résultat contient une décimale, nous commandons un camion de plus pour sécuriser le reliquat.
Nous répétons rigoureusement la même division, suivie de l'opération de la fonction plafond (arrondi supérieur) pour la flotte chargée du ciment.
INTERPRÉTATION DU RÉSULTAT : Mathématiquement, nous avons besoin d'une fraction de camion. L'arrondi à l'entier supérieur s'impose. Il faudra commander 5 camions complets pour la chaux, et 9 camions pour le ciment.
En commandant 5 camions de 28 t de chaux, nous avons à disposition 140 tonnes (pour un besoin de 114,24 t). Ce surplus induit deux conséquences :
- Coût financier : Le surplus est une charge pour le projet. Sur un gros chantier, on négocie le retour du pulvérulent non utilisé à la centrale.
- Sécurité logistique : C'est une marge de sécurité obligatoire pour pallier les aléas de réglage de la machine ou les pertes par le vent.
Ne jamais réaliser l'arrondi "au plus proche" en logistique d'approvisionnement.
- Arrondir 4,08 à 4 camions signifierait qu'il manquera \( 0{,}08 \times 28 = 2{,}24 \text{ tonnes} \) de chaux.
- Conséquence : Impossibilité de traiter la dernière portion de la route et refus de validation géotechnique !
❓ Question Fréquente
Les camions livrent-ils directement dans la machine ?
Souvent, oui. Les camions-citernes sont accouplés par des tuyaux flexibles à l'épandeur (répandeuse à liant) qui avance en distribuant la poudre sur le sol. Sur de très gros chantiers, ils peuvent remplir des silos de stockage intermédiaires tampon.
🎯 Objectif Technique
- Analyser l'impact de l'excès d'eau sur la rhéologie du sol (portance, capacité de compactage).
- Proposer des actions correctives immédiates pour éviter l'arrêt complet du chantier.
Le sol étudié est un limon argileux (A3), qui possède par nature une forte affinité avec l'eau. L'augmentation de la teneur en eau (de 22 % à 26 %) entraîne une réaction en chaîne :
- Éloignement de l'Optimum : Le sol s'éloigne drastiquement de son Optimum Proctor (\( w_{\text{OPN}} = 17 \) %). Il bascule dans un état très humide (\( w \gg w_{\text{OPN}} \)), ruinant les conditions idéales de compactage.
- Effondrement mécanique : Chute drastique de l'Indice Portant Californien (IPI).
- Conséquence chantier : La plateforme devient boueuse et impossible à compacter sous les rouleaux lourds.
La chaux vive réagit avec l'eau libre du sol selon une réaction d'hydratation très exothermique (dégagement de chaleur intense) :
- L'eau excédentaire est consommée chimiquement et évaporée thermiquement.
- Règle empirique en terrassement : L'ajout de 1 % de chaux vive fait baisser la teneur en eau du sol d'environ 1 à 1,5 %.
Pour quantifier le désordre causé par l'aléa météorologique, nous calculons l'écart (\( \Delta w \)) entre la teneur en eau actuelle relevée sur le terrain et la teneur en eau initiale de l'étude géotechnique.
Si nous décidons d'assécher le sol chimiquement, nous divisons l'excédent d'eau par le pouvoir d'évaporation de la chaux vive (fixé empiriquement à 1,33 % d'eau supprimée par point de chaux ajouté).
- \( w_{\text{initiale}} = 22 \% \) : Donnée géotechnique extraite du rapport d'essais initiaux avant pluies (Section 2).
- \( w_{\text{actuelle}} = 26 \% \) : Résultat du prélèvement de contrôle in-situ effectué ce matin suite aux intempéries (Énoncé Q4).
- Capacité d'évaporation (\( 1{,}33 \)) : Valeur empirique admise dans la littérature géotechnique pour la réaction de l'oxyde de calcium.
Face à un excès d'eau important, deux stratégies de correction s'opposent :
- Le surdosage en chaux : Solution la plus rapide pour reprendre le chantier, mais la plus chère budgétairement.
- L'aérage mécanique : Passer une charrue ou le pulvimixeur à vide pour exposer le sol au soleil. Solution très économique, mais qui bloque l'avancement pendant un à deux jours de beau temps sec.
Exécution de la Note de Calculs et Justification
1. Évaluation Numérique de l'écart hydriqueNous soustrayons la teneur en eau mesurée avant intempéries à celle relevée après la pluie pour identifier le taux de saturation supplémentaire à traiter.
Afin d'absorber cet excédent pur de 4 points, nous appliquons la division par le coefficient empirique d'évaporation.
INTERPRÉTATION OBLIGATOIRE : L'excédent est de 4 %. Le calcul démontre qu'il faudrait ajouter au moins 3 % de chaux supplémentaire (faisant passer le dosage total de 2 % à 5 %) uniquement pour "pomper" l'eau de pluie, ce qui constitue une explosion du budget liant.
En tant qu'ingénieur, la décision financièrement optimale est de scarifier le sol et d'attendre l'évaporation naturelle si le planning le permet. Le surdosage massif de chaux (+3 %) ne sera validé par la Maîtrise d'Ouvrage qu'en cas d'urgence absolue pour la réception de la route.
Procéder au malaxage direct avec le ciment (qui nécessite peu d'eau pour sa prise) alors que le sol est à 26 % d'humidité transformera la plateforme en "soupe" incompactable. Les rouleaux compacteurs s'embourberont inexorablement (phénomène de matelassage).
❓ Question Fréquente
Peut-on utiliser de la chaux éteinte au lieu de la chaux vive ?
- Non. La chaux éteinte (\( \text{Ca(OH)}_2 \)) a déjà fait sa réaction d'hydratation en usine.
- Conséquence : Elle ne dégagera aucune chaleur et son pouvoir asséchant sur le chantier sera quasiment nul.
- Seule la chaux vive (\( \text{CaO} \)) possède la capacité de "pomper" l'eau in-situ.
La manipulation de la chaux vive (\( \text{CaO} \)) présente des risques majeurs. Sa réaction avec l'eau (incluant la transpiration et l'humidité des yeux ou des voies respiratoires) est violemment exothermique.
- EPI Obligatoires : Port strict d'une combinaison couvrante, de gants étanches, d'un masque de protection respiratoire (filtres à particules), et de lunettes-masque étanches.
- Risque Environnemental : L'épandage des pulvérulents doit être immédiatement stoppé en cas de rafales de vent afin de prévenir la dissémination de poussières toxiques vers les riverains ou les zones agricoles. L'utilisation d'une jupe anti-poussière sur l'épandeur est requise.
Synthèse des données logistiques à transmettre au service Achats et au Chef d'application :
| Paramètre | Valeur | Unité / Remarque |
|---|---|---|
| Volume Brut à malaxer | 3 570 | \( \text{m}^3 \) |
| Masse Sèche de référence | 5 712 | \( \text{tonnes} \) (Base de calcul) |
| Commande Chaux Vive (2%) | 114,24 | \( \text{tonnes} \) (\( \Rightarrow \) 5 camions) |
| Commande Ciment (4%) | 228,48 | \( \text{tonnes} \) (\( \Rightarrow \) 9 camions) |
| Taux d'épandage Chaux | 11,2 | \( \text{kg/m}^2 \) (Réglage machine) |
| Taux d'épandage Ciment | 22,4 | \( \text{kg/m}^2 \) (Réglage machine) |
Pour vérifier que le rotor du pulvimixeur a bien atteint l'épaisseur contractuelle de \( 35 \text{ cm} \), le géotechnicien pulvérise de la phénolphtaléine sur la paroi d'une tranchée de contrôle. La zone traitée se colore en fuchsia, mesurant au centimètre près la profondeur de malaxage.








