Comment classe-t-on un sol selon le GTR ?
Par trois familles de paramètres : la taille des grains, l'argilosité, et l'état hydrique. Attention si vous révisez sur un vieux cours — l'édition en vigueur a changé les lettres des classes par rapport au GTR de 1992.
Le changement qu'il faut connaître
La classification actuelle est conforme à la norme européenne NF EN 16907-2, tout en conservant l'esprit du GTR de 1992. Mais le guide prévient lui-même qu'elle peut « perturber les habitudes », et il désigne le principal point de friction : le changement des lettres utilisées pour identifier les classes, ainsi que des modifications de seuils et de références d'essai.
Les classes de la nomenclature en vigueur sont notées F pour les sols fins, I, S et G pour les sols intermédiaires, sableux et graveleux, et VC pour les sols blocailleux. Si votre cours parle de classes A, B, C et D, il décrit l'ancienne version.
Pourquoi une classification spécifique au terrassement
Le guide explique le raisonnement, et il vaut d'être compris : les classifications géotechniques universelles se sont montrées mal adaptées au remblai et à la couche de forme parce qu'elles occultaient trois aspects capitaux — l'état hydrique des sols sensibles à l'eau, le caractère évolutif de certains matériaux rocheux, et la dimension maximale des plus gros éléments.
Une classification n'est pas neutre : elle est faite pour un usage. Celle du GTR répond à une question précise — puis-je réemployer ce matériau, et comment ? — et pas à celle de la stabilité des pentes ou du dimensionnement des fondations.
Deux seuils de taille, deux rôles différents
- Lmax = 250 mm — c'est la dimension maximale des plus gros éléments, la plus grande longueur d'un bloc allongé. Ce seuil distingue les matériaux blocailleux des sols. Il commande aussi le choix des ateliers de terrassement et l'épaisseur des couches élémentaires.
- Dmax = 63 mm — c'est le plus grand diamètre : la dimension par laquelle le bloc passerait au travers d'une maille de tamis. En pratique, on le prend égal au D95 du sol.
Le seuil de 63 mm porte trois significations à la fois : il sépare les classes F, I, S et G de la classe VC ; c'est la limite couramment admise pour qu'un sol puisse être malaxé intimement avec un liant ; et c'est la fraction dont le comportement s'apprécie correctement avec les essais de laboratoire usuels.
Lire une désignation complète
Le guide donne l'exemple VC2150S3h. Il se décode ainsi : un sol de classe VC2, dont le Dmax vaut 150 mm, et dont la fraction 0/63 mm est un sol de classe S3 à l'état hydrique humide.
Un matériau blocailleux est donc décrit deux fois : par ses gros éléments, et par la matrice fine qui les entoure. C'est cette matrice qui décide du comportement à l'eau — le bloc, lui, ne bouge pas.
Ce que le GTR ne fait pas
À retenir avant tout devoir : la conception géotechnique d'un ouvrage en terre — stabilité, déformation — ne relève pas du GTR. Elle relève d'études géotechniques selon la NF P94-500 et de l'Eurocode 7. Le GTR ne répond qu'aux questions de réemploi et de mise en œuvre des matériaux.
Textes de référence
- Cerema, « Guide des terrassements des remblais et des couches de forme », édition 2024, fascicule 1 — chapitre 2, classification
- NF EN 16907-2 — Terrassements : classification des matériaux
- NF P11-300 — état hydrique des sols
Les références sont citées pour vous permettre de les consulter. Le texte des normes est protégé et n'est pas reproduit ici.
Mettre cette notion en pratique
Les exercices corrigés qui appliquent exactement ce qui précède.