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DatePar EGC
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Exercice : Durabilité du Béton Armé
BOÎTE À OUTILS
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Durabilité d'un mur de soutènement existant en béton armé

Contexte : Diagnostic de Durabilité d'un mur de soutènement existant.

La carbonatation est l'une des principales causes de dégradation des structures en béton armé. Le dioxyde de carbone (CO2Gaz atmosphérique qui réagit avec la chaux du béton.) pénètre dans les pores du béton et réagit avec l'hydroxyde de calcium. Ce processus abaisse le pHPotentiel Hydrogène : mesure de l'acidité ou basicité. Le béton sain a un pH > 12. du béton, détruisant la couche passive qui protège les armatures contre la corrosion.

Remarque Pédagogique : Cet exercice vous apprend à estimer la durée de vie d'un ouvrage avant que la corrosion ne commence, en utilisant la loi de la racine carrée du temps.


Objectifs Pédagogiques

  • Comprendre le mécanisme de carbonatation du béton.
  • Appliquer la loi de progression de la carbonatation.
  • Vérifier la condition de sécurité vis-à-vis de l'enrobage.

Données de l'étude

On considère un mur de soutènement en béton armé exposé à l'air libre (classe d'exposition XC3). Nous cherchons à déterminer la profondeur de carbonatation après 50 ans de service.

Fiche Technique / Données
Paramètre Valeur
Classe d'exposition XC3 (Humidité modérée)
Coefficient KVitesse de carbonatation dépendant de la porosité du béton et de l'environnement. \(4 \text{ mm} \cdot \text{an}^{-0,5}\)
Durée de service prévue 50 ans
Schéma : Coupe du voile en béton
SOL (Remblai) Armature HA c = 35mm Surface exposée (Air Libre) CO2 CO2 CO2
Nom du Paramètre Symbole Valeur Unité
Profondeur de carbonatation \(x_{\text{c}}(t)\) ? \(\text{mm}\)
Coefficient de carbonatation \(K\) 4 \(\text{mm} \cdot \text{an}^{-0,5}\)
Enrobage nominal \(c_{\text{nom}}\) 35 \(\text{mm}\)
Questions à traiter
  1. Calculer la profondeur de carbonatation \(x_{\text{c}}\) après 50 ans.
  2. Comparer cette valeur à l'enrobage. Les aciers sont-ils en danger ?
  3. Calculer le temps théorique avant que la carbonatation n'atteigne les armatures.
  4. Question Bonus (Diagnostic) : Lors d'une inspection sur un ouvrage similaire âgé de 25 ans, on mesure par carottage une profondeur carbonatée réelle de \(15 \text{ mm}\). Déterminer le coefficient \(K_{\text{réel}}\) de ce béton et conclure sur sa qualité par rapport à l'étude théorique.

Les bases théoriques

La pénétration du front de carbonatation est un phénomène diffusif. Elle suit généralement une loi proportionnelle à la racine carrée du temps. C'est ce qu'on appelle la Loi de la racine carréeRelation parabolique typique des phénomènes de diffusion..

Modèle de carbonatation simplifié
La profondeur carbonatée \(x_{\text{c}}\) à un instant \(t\) est donnée par :

Loi de progression

\[ x_{\text{c}}(t) = K \cdot \sqrt{t} \]

Où :

  • \(x_{\text{c}}(t)\) est la profondeur de carbonatation en mm.
  • \(K\) est le coefficient de carbonatation (dépend de la porosité et de l'humidité).
  • \(t\) est le temps en années.

Critère de durabilité
L'ouvrage est considéré comme durable (sûr) tant que le front de carbonatation n'atteint pas l'acier.

Condition de sécurité

\[ x_{\text{c}}(t) < c_{\text{nom}} \]

Si cette condition n'est plus respectée, la dépassivation des aciers commence et la corrosion peut s'initier.


Correction : Durabilité d'un mur de soutènement existant en béton armé

Question 1 : Profondeur à 50 ans

Principe

L'objectif est de quantifier la pénétration du front de carbonatation dans le béton après un demi-siècle d'exposition. Ce phénomène est régi par la diffusion du CO2 gazeux dans les pores du matériau. Comme la couche carbonatée déjà formée agit comme un frein à la diffusion, la progression ralentit avec le temps, suivant une loi en racine carrée.

Mini-Cours

La Réaction Chimique :
Le ciment hydraté contient de la portlandite, \(\text{Ca}(\text{OH})_2\), qui maintient un pH basique élevé (~13). Au contact du \(\text{CO}_2\) de l'air, une réaction se produit : \[ \text{Ca}(\text{OH})_2 + \text{CO}_2 \rightarrow \text{CaCO}_3 + \text{H}_2\text{O} \] Cette transformation en calcite (\(\text{CaCO}_3\)) fait chuter le pH à environ 9. À ce niveau d'acidité relative, l'acier n'est plus passivé.

Remarque Pédagogique

Ne confondez pas ce modèle avec une progression linéaire (\(x = a \cdot t\)). Ici, pour doubler la profondeur atteinte, il faut quadrupler le temps d'exposition ! C'est un phénomène auto-ralenti.

Normes

La norme NF EN 206/CN classe les environnements agressifs. Ici, XC3 correspond à un environnement "modérément humide" (ex: béton abrité de la pluie mais exposé à l'air extérieur), ce qui est le pire cas pour la carbonatation car les pores ne sont ni totalement secs ni totalement saturés.

Formule(s)

Modèle de Tuuti

\[ x_{\text{c}}(t) = K \cdot \sqrt{t} \]
Hypothèses

Pour que ce calcul soit valide, nous posons les hypothèses suivantes :

  • Le coefficient \(K\) est constant (pas de variation majeure du climat ou de la pollution).
  • Le béton est homogène et non fissuré (une fissure est une "autoroute" pour le CO2).
  • Le béton n'a pas reçu de revêtement protecteur (peinture).
Donnée(s)
ParamètreSymboleValeurUnité
Coefficient de carbonatation\(K\)4\(\text{mm} \cdot \text{an}^{-0,5}\)
Temps d'exposition\(t\)50\(\text{ans}\)
Astuces

Calcul mental rapide : \(\sqrt{50}\) est très proche de \(\sqrt{49} = 7\). Donc le résultat sera très légèrement supérieur à \(4 \times 7 = 28\).

[Situation Initiale - t=0]
Position de l'Armature (c = 35mm) Béton Sain (pH > 9)
Calcul(s) Détails
1. Substitution

On commence par identifier les valeurs données : \(K = 4\) et \(t = 50\). On les insère directement dans l'équation du modèle :

\[ x_{\text{c}}(50) = 4 \times \sqrt{50} \]

L'équation est posée. Nous allons maintenant résoudre le terme sous la racine.

2. Calcul de la racine

On calcule d'abord la racine carrée de 50, qui représente le facteur de ralentissement temporel :

\[ \sqrt{50} \approx 7,071 \]

Ce chiffre signifie que la progression n'est pas de 50 unités, mais d'environ 7 unités "temporelles".

3. Produit final

On multiplie ce facteur temps par la vitesse de carbonatation \(K\) pour obtenir la profondeur physique :

\[ \begin{aligned} x_{\text{c}}(50) &\approx 4 \times 7,071 \\ &\approx 28,284 \text{ mm} \end{aligned} \]

Le résultat brut comporte trop de décimales. Par réalisme physique (on ne mesure pas des microns sur un chantier), nous arrondissons le résultat final à 28,3 mm.

Schéma (Après les calculs)
Armature (c = 35mm) Front de carbonatation (x = 28,3mm) Zone Carbonatée (pH < 9) Zone Saine
Réflexions

Le front de carbonatation a progressé de près de 3 cm. Cela illustre que le béton, bien que solide mécaniquement, est un matériau poreux qui interagit chimiquement avec son environnement sur le long terme.

Points de vigilance

Attention aux unités ! \(t\) doit être en années car \(K\) est donné en \(\text{mm} \cdot \text{an}^{-0,5}\). Si \(K\) était donné en \(\text{mm} \cdot \text{j}^{-0,5}\), il aurait fallu convertir les 50 ans en jours (\(50 \times 365\)).

Points à Retenir

L'essentiel :

  • La profondeur \(x_{\text{c}}\) est proportionnelle à la racine carrée du temps.
  • La vitesse de pénétration diminue avec le temps.
Le saviez-vous ?

Le test à la phénolphtaléine utilisé pour mesurer cette profondeur a été inventé au 19ème siècle. C'est un indicateur pH simple et robuste : incolore si pH < 9 (béton carbonaté), rose fuchsia si pH > 9 (béton sain).

FAQ
Pourquoi K=4 ? Est-ce une valeur standard ?

K=4 est une valeur typique pour un béton de qualité moyenne en extérieur abrité. Pour un béton haute performance (très compact), K peut descendre à 1 ou 2. Pour un mauvais béton très poreux, K peut monter à 8 ou 10.

Profondeur \(x_{\text{c}} \approx 28,3 \text{ mm}\)

A vous de jouer
Quelle serait la profondeur si le coefficient K était de 6 \(\text{mm} \cdot \text{an}^{-0,5}\) (béton plus poreux) ? (Arrondir à l'entier)

📝 Mémo
La qualité du béton (son coefficient K) a un impact direct et majeur sur la profondeur atteinte. Un béton compact protège mieux ses aciers.


Question 2 : Diagnostic de Sécurité

Principe

Le diagnostic de durabilité repose sur une comparaison simple : l'agression a-t-elle atteint la cible ? On compare la profondeur de carbonatation (agression) à l'épaisseur d'enrobage (protection).

Mini-Cours

La Passivation est l'état naturel de l'acier dans un béton sain (pH > 12). Une fine couche d'oxydes imperméable se forme à la surface du métal et bloque la corrosion. La carbonatation détruit cette couche en abaissant le pH sous 9, rendant l'acier vulnérable à l'oxydation.

Remarque Pédagogique

Attention : le front de carbonatation n'est jamais une ligne parfaitement droite. Il présente des "vagues" dues à l'hétérogénéité des granulats. La marge de sécurité doit tenir compte de cette irrégularité.

Normes

L'Eurocode 2 impose un enrobage nominal \(c_{\text{nom}} = c_{\text{min}} + \Delta c_{\text{dev}}\). La marge \(\Delta c_{\text{dev}}\) (généralement 10mm) sert justement à compenser les aléas de pose sur chantier pour garantir que \(c_{\text{min}}\) est respecté partout.

Formule(s)

Inéquation de sécurité

\[ \text{Marge} = c_{\text{nom}} - x_{\text{c}}(t) > 0 \]
Hypothèses

On considère que l'enrobage réel est bien égal à l'enrobage nominal de 35mm partout, c'est-à-dire qu'il n'y a pas eu de défaut d'exécution lors du coulage du béton.

Donnée(s)
ParamètreValeur
Profondeur calculée \(x_{\text{c}}\)28,3 mm
Enrobage \(c_{\text{nom}}\)35 mm
Astuces

Une marge positive de moins de 5mm est souvent considérée comme "critique" en diagnostic réel, car la précision de mesure sur chantier est de cet ordre.

Calcul(s) Détails
1. Pose de l'inéquation

Le critère de sécurité est binaire : la profondeur atteinte est-elle inférieure à la couche protectrice disponible ? Posons la comparaison :

\[ 28,3 \text{ mm} \stackrel{?}{<} 35 \text{ mm} \]

Visuellement, on voit que 28,3 est bien inférieur à 35. La condition est respectée.

2. Calcul de la marge

Pour quantifier cette sécurité, on soustrait l'attaque (profondeur carbonatée) à la défense (épaisseur d'enrobage) :

\[ \begin{aligned} \text{Marge} &= c_{\text{nom}} - x_{\text{c}} \\ &= 35 - 28,3 \\ &= 6,7 \text{ mm} \end{aligned} \]

Ce résultat positif de 6,7 mm représente l'épaisseur de béton sain qu'il reste avant que le front acide ne touche le métal.

Schéma (Zoom Marge)
Front Marge 6.7mm

Zoom : La "réserve" de sécurité.

Réflexions

La marge est positive (+6,7mm). Les aciers baignent encore dans un milieu basique protecteur. Il n'y a donc pas de corrosion active due à la carbonatation pour l'instant. La structure remplit sa fonction.

Points de vigilance

Ne pas crier victoire trop vite : si le béton présente des "nids de cailloux" (zones mal vibrées) ou une porosité locale plus forte, le front peut déjà avoir atteint l'acier par endroits malgré le calcul théorique favorable.

Points à Retenir

Tant que \(x_{\text{c}} < c_{\text{nom}}\), on est en Phase d'Initiation. Dès que \(x_{\text{c}} \ge c_{\text{nom}}\), on bascule en Phase de Propagation (début des dégâts potentiels).

Le saviez-vous ?

La corrosion de l'acier produit de la rouille qui gonfle (jusqu'à 6 à 8 fois le volume de l'acier initial). Cette expansion crée une pression interne énorme qui fait éclater le béton d'enrobage (épaufrure).

FAQ
Et si la marge était négative ?

Cela signifierait que l'acier est dépassivé. La corrosion a potentiellement commencé si de l'eau et de l'oxygène sont présents. Un diagnostic approfondi de corrosion (mesure de potentiel électrochimique) serait alors urgent.

DIAGNOSTIC : SÉCURISÉ (Marge positive)

📝 Mémo
Le diagnostic est une "photo" à un instant T. Il doit être impérativement complété par une projection dans le futur (Question 3) pour anticiper les problèmes.


Question 3 : Durée de vie restante

Principe

Puisque le front de carbonatation avance, la marge de sécurité va inévitablement se réduire jusqu'à 0. Nous cherchons à prédire cette date critique \(t_{\text{max}}\). C'est un calcul d'extrapolation temporelle basé sur le modèle établi en question 1.

Mini-Cours

Le modèle de Tuuti divise la vie d'un ouvrage en deux temps :
1. Initiation (\(t_{\text{init}}\)) : Pénétration des agents agressifs (\(\text{CO}_2\), Chlorures). L'acier est sain.
2. Propagation (\(t_{\text{prop}}\)) : Corrosion active, fissuration, éclatement. L'acier se dégrade.
Ici, nous calculons la fin de la période d'initiation.

Remarque Pédagogique

Plus on avance dans le temps, plus la progression est lente. Les derniers millimètres de béton sain sont les plus longs à carbonater, ce qui nous offre un répit significatif.

Normes

L'estimation de la durée de vie résiduelle est une exigence croissante pour la gestion de patrimoine (Asset Management, normes ISO 55000). Elle permet d'optimiser les budgets de maintenance.

Formule(s)

Inversion de la loi racine

\[ c_{\text{nom}} = K \cdot \sqrt{t_{\text{max}}} \Rightarrow t_{\text{max}} = \left( \frac{c_{\text{nom}}}{K} \right)^2 \]
Hypothèses

On suppose que les conditions environnementales (humidité, température, concentration en CO2) resteront stables dans les prochaines décennies et que le béton ne se fissurera pas mécaniquement.

Donnée(s)
ParamètreValeur
Enrobage cible à atteindre \(c_{\text{nom}}\)35 mm
Coefficient K4
Âge actuel de l'ouvrage50 ans
Astuces

Notez l'effet "carré" de la formule : si on avait voulu doubler la durée de vie à la construction, il n'aurait pas fallu doubler l'enrobage, mais seulement le multiplier par \(\sqrt{2} \approx 1,41\) (passer de 35mm à 50mm).

Calcul(s) Détails
1. Manipulation algébrique

Partons de l'équation de base où l'on cherche \(t\) quand \(x_{\text{c}}\) vaut \(c_{\text{nom}}\) :

\[ c_{\text{nom}} = K \times \sqrt{t} \]

On isole la racine en divisant par \(K\) :

\[ \sqrt{t} = \frac{c_{\text{nom}}}{K} \]

On élève tout au carré pour trouver \(t\) :

\[ t = \left( \frac{c_{\text{nom}}}{K} \right)^2 \]
2. Application Numérique

Appliquons les valeurs : \(c_{\text{nom}} = 35\) et \(K = 4\). On commence par la division entre parenthèses :

\[ \frac{35}{4} = 8,75 \]

Ce chiffre intermédiaire est la "racine carrée" de l'âge limite. On l'élève maintenant au carré pour obtenir les années :

\[ \begin{aligned} t_{\text{max}} &= 8,75^2 \\ &= 8,75 \times 8,75 \\ &= 76,56 \text{ ans} \end{aligned} \]

C'est la durée de vie totale théorique de l'ouvrage avant corrosion.

3. Calcul de la durée de vie résiduelle

L'ouvrage n'est pas neuf, il a déjà vécu 50 ans. On soustrait cet âge à la durée totale pour savoir ce qu'il reste :

\[ \begin{aligned} t_{\text{restant}} &= t_{\text{max}} - t_{\text{actuel}} \\ &= 76,56 - 50 \\ &\approx 26,6 \text{ ans} \end{aligned} \]

Il reste donc environ 26 ans et demi de marge de sécurité temporelle.

Schéma (Projection)
0 50 ans (Auj.) 76 ans (Fin) Reste 26 ans
Réflexions

Il reste une vingtaine d'années de tranquillité avant d'atteindre le seuil critique. C'est suffisant pour ne pas intervenir immédiatement, mais il faudra surveiller l'ouvrage tous les 5 ans.

Points de vigilance

Le changement climatique est un facteur aggravant : l'augmentation du taux de \(\text{CO}_2\) atmosphérique va augmenter le gradient de concentration et donc potentiellement accélérer la cinétique de carbonatation.

Points à Retenir

La "fin de vie" calculée ici n'est pas l'écroulement du mur, mais le début du risque de corrosion. L'ouvrage restera debout bien après 76 ans, mais il demandera des réparations coûteuses.

Le saviez-vous ?

Pour les ouvrages très importants comme les centrales nucléaires ou les grands ponts, on vise dès la conception des durées de vie de 100 ans, ce qui impose des enrobages très importants (50mm et plus) et des bétons très compacts.

FAQ
Que faire dans 26 ans ?

Il faudra soit accepter la corrosion et réparer ponctuellement, soit appliquer une protection préventive (revêtement, inhibiteur de corrosion, protection cathodique) avant cette échéance.

Durée restante : ~26 ans.

📝 Mémo
Gouverner, c'est prévoir. Ce type de calcul prédictif permet au gestionnaire de l'ouvrage de provisionner les budgets de travaux futurs bien avant l'urgence.


Question 4 : Calcul inverse (Diagnostic réel)

Principe

Dans la réalité, on ne connaît pas la valeur de K à l'avance car elle dépend de la formulation exacte du béton (rapport Eau/Ciment, type de ciment) et du micro-climat. On la déduit donc des observations in-situ. C'est une démarche d'ingénierie inverse : partir de la conséquence (profondeur) pour trouver la cause (qualité du béton).

Mini-Cours

Le coefficient \(K\) est un indicateur direct de la porosité du béton. Un béton avec beaucoup d'eau au gâchage sera très poreux et aura un \(K\) élevé (> 5). Un béton compact et bien curé aura un \(K\) faible (< 3).

Remarque Pédagogique

C'est la méthode de "recalage du modèle". Les hypothèses théoriques de bureau d'études (souvent conservatives) sont remplacées par la vérité du terrain mesurée sur l'ouvrage réel.

Normes

La mesure de la profondeur de carbonatation se fait selon la norme NF EN 14630. Elle impose de casser une carotte par fendage et de nettoyer la surface avant de pulvériser l'indicateur pour éviter les faux positifs dus à la poussière de forage.

Formule(s)

Extraction de K

\[ x_{\text{c}} = K \cdot \sqrt{t} \Rightarrow K_{\text{réel}} = \frac{x_{\text{c}}}{\sqrt{t}} \]
Hypothèses

On suppose que l'échantillon prélevé (carotte) est représentatif de l'ensemble de la zone étudiée et qu'il n'y a pas de défaut local (fissure) à l'endroit du prélèvement.

Données
ParamètreValeur
Profondeur mesurée in-situ \(x_{\text{c}}\)15 mm
Âge réel de l'ouvrage \(t\)25 ans
Astuces

Le calcul est parfait pour le calcul mental : \(\sqrt{25} = 5\). La division \(15 / 5\) donne un entier simple.

Calcul(s) Détails
1. Manipulation algébrique

L'inconnue est ici la qualité du béton, représentée par \(K\). On part de la formule connue reliant profondeur et temps :

\[ x_{\text{c}} = K \times \sqrt{t} \]

Pour isoler \(K\), on divise les deux côtés de l'égalité par le facteur temps \(\sqrt{t}\) :

\[ K = \frac{x_{\text{c}}}{\sqrt{t}} \]

La formule est prête. \(K\) est le ratio entre la pénétration observée et la racine de l'âge.

2. Application Numérique

On calcule d'abord la racine du temps :

\[ \sqrt{25} = 5 \]

Puis on divise la profondeur par ce facteur temps :

\[ \begin{aligned} K_{\text{réel}} &= \frac{15}{\sqrt{25}} \\ &= \frac{15}{5} \\ &= 3 \text{ mm} \cdot \text{an}^{-0,5} \end{aligned} \]

On obtient un coefficient entier de 3. C'est une valeur intrinsèque qui caractérise la performance réelle du matériau en place.

Schéma (Comparaison)
Réel (K=3) : 15mm Modèle (K=4) : 20mm
Réflexions

Nous comparons cette valeur à celle de l'étude théorique (\(K=4\)). La vitesse réelle est plus faible (\(3 < 4\)). Cela signifie que le béton en place est de meilleure qualité (moins poreux) que prévu.

Points de vigilance

Une seule mesure ne suffit pas pour conclure définitivement. Le béton est un matériau hétérogène. Sur un ouvrage réel, on ferait une campagne de mesures (10 à 20 points) pour obtenir une moyenne fiable et surtout un écart-type pour connaître la dispersion.

Points à Retenir

Si \(K_{\text{réel}} < K_{\text{théo}}\), la durée de vie réelle sera supérieure à la durée de vie calculée. C'est une "bonne surprise" pour le propriétaire de l'ouvrage.

Le saviez-vous ?

Certains bétons romains ont des coefficients K extrêmement faibles grâce à la réaction pouzzolanique qui se poursuit sur des siècles, bouchant progressivement les pores.

FAQ
Comment mesure-t-on 15 mm ?

On pulvérise un indicateur pH (phénolphtaléine) sur une cassure fraîche de béton. La zone saine vire au violet/rose, la zone carbonatée reste incolore. On mesure la largeur de la zone incolore avec un pied à coulisse.

Coefficient réel \(K = 3\) (Meilleure qualité)

📝 Mémo
Rien ne vaut la mesure in-situ pour valider les hypothèses de calcul et ajuster la stratégie de maintenance.


Schéma Bilan de l'Exercice

Résumé de la cinétique de carbonatation et des marges de sécurité.

Temps (années) Profondeur x = K√t Enrobage (35mm) 50 ans 76 ans (Fin)

📝 Grand Mémo : Ce qu'il faut retenir

Points clés pour la durabilité du béton :

  • 📉
    Loi en racine carrée : La vitesse de carbonatation ralentit avec le temps car le \(\text{CO}_2\) doit traverser une couche carbonatée de plus en plus épaisse.
  • 🛡️
    Rôle de l'enrobage : L'épaisseur de béton recouvrant les aciers est le paramètre le plus critique pour la durée de vie. C'est la première ligne de défense.
  • 💧
    Influence de l'eau : Un béton saturé d'eau ne carbonate presque pas (pores bouchés), un béton très sec non plus (pas d'eau pour la réaction). Le pire est une humidité moyenne.
"La durabilité d'un ouvrage se joue dès sa conception (enrobage) et sa mise en œuvre (compacité du béton)."

🎛️ Simulateur : Prédiction de Durée de Vie

Ajustez le coefficient K (qualité du béton) et le temps pour voir la progression du front.

Paramètres
Profondeur Carbonatée : -
Marge (Enrobage 35mm) : -

📝 Quiz final : Testez vos connaissances

1. Que se passe-t-il chimiquement lors de la carbonatation ?

2. Si je double l'enrobage (ex: 30mm -> 60mm), la durée de vie théorique est multipliée par :

📚 Glossaire

Alcalinité
Propriété chimique basique. Le béton sain a une forte alcalinité qui protège l'acier.
Enrobage
Distance minimale entre la surface du béton et l'armature la plus proche.
Phénolphtaléine
Indicateur coloré qui devient rose sur le béton sain (pH > 9) et incolore sur le béton carbonaté.
Carbonatation
Réaction du \(\text{Ca}(\text{OH})_2\) avec le \(\text{CO}_2\) pour former du \(\text{CaCO}_3\) et de l'eau.
Exercice - Durabilité du Béton
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