Sécurité de chantier

Dans quel ordre prévient-on les chutes de hauteur ?

Éviter, évaluer, combattre à la source, puis seulement protéger — et la protection collective passe avant l'individuelle. Le harnais n'est pas la première réponse, c'est la dernière.

1. Éviter le risque

Le premier principe, et l'ED 6110 reconnaît honnêtement qu'il « ne peut trouver une application que dans des situations très particulières ». Deux exemples qu'il donne :

  • assembler une charpente au sol puis la mettre en place à la grue, plutôt que de la monter traditionnellement en hauteur ;
  • concevoir des installations techniques permettant la maintenance depuis le sol — un mât d'éclairage motorisé dont la couronne descend pour changer les ampoules.

Notez que les deux relèvent de la conception, pas de l'exécution. Éviter le risque de chute est une décision de projeteur.

2. Évaluer les risques qui ne peuvent être évités

L'évaluation ne porte pas que sur la hauteur. Le guide liste : la hauteur du dénivelé, la fréquence d'accès, le temps d'intervention, le risque de glissade, les câbles sous tension accessibles depuis la zone d'évolution, les éléments mobiles accessibles, et le risque présenté par le travail lui-même.

Un accès quotidien de trente secondes et une intervention annuelle de trois heures n'appellent pas la même solution, à hauteur identique.

3. Combattre les risques à la source

L'illustration du guide est parlante : on préférera un garde-corps périphérique temporaire en rive de dalle plutôt qu'un filet horizontal sur consoles en contrebas de cette rive.

Le garde-corps empêche la chute ; le filet la rattrape. Les deux protègent, mais l'un agit à la source.

4. Intégrer la sécurité dès le choix du matériel

Quand plusieurs matériels de conceptions différentes coexistent sur le marché, la priorité doit aller à ceux dont la conception est la plus avancée en matière d'intégration de la sécurité. Le choix d'un équipement est un acte de prévention.

5. Collectif avant individuel

Le principe est explicite, et il s'accompagne d'un second niveau de hiérarchie que l'on oublie souvent :

  • lorsqu'on ne peut éviter l'exposition, il faut envisager des équipements assurant une protection collective ;
  • et parmi ceux-ci, les installations permanentes seront privilégiées par rapport aux installations temporaires.

Autrement dit, trois crans : permanent collectif, temporaire collectif, individuel. Le harnais arrive au bout de la chaîne, quand tout le reste a été écarté avec des arguments.

Pourquoi cet ordre est opposable

Ce n'est pas une préférence de méthode : c'est la déclinaison des principes généraux de prévention. Un chantier qui équipe ses compagnons de harnais sans avoir examiné les protections collectives n'a pas fait le travail, même si personne ne tombe.

Textes de référence

  • INRS ED 6110 — Prévention des risques de chutes de hauteur, principes généraux de prévention

Les références sont citées pour vous permettre de les consulter. Le texte des normes est protégé et n'est pas reproduit ici.

Mettre cette notion en pratique

Les exercices corrigés qui appliquent exactement ce qui précède.

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