Qu'est-ce qui fait basculer une grue mobile ?
Un calage insuffisant, ou du vent sur une charge trop volumineuse. Le second cas surprend : ce n'est pas le poids qui est en cause mais le rapport entre la surface exposée et la masse levée.
Ce que font les stabilisateurs
Le châssis est très souvent muni de stabilisateurs télescopiques, qui remplissent deux fonctions distinctes :
- augmenter le polygone d'appui de l'appareil sur le sol à poste fixe — et donc sa capacité de levage ;
- mettre la grue de niveau en décollant les roues, même sur sol inégal, afin que tous les éléments participent à la stabilisation.
La seconde est celle qu'on néglige. Une grue calée mais pas de niveau ne mobilise pas toute sa base : les roues encore en contact faussent la répartition.
Trois configurations de calage
Certaines machines offrent trois positions — poutres rentrées, à moitié sorties, entièrement sorties — pour s'adapter aux encombrements difficiles.
Conséquence directe : l'abaque de charge dépend de la configuration retenue. Lire la capacité dans la colonne « poutres entièrement sorties » alors qu'on travaille poutres à moitié sorties, faute de place, est une erreur qui ne pardonne pas.
Le vent : une affaire de surface, pas de poids
Le constructeur définit dans son tableau des charges un vent admissible, noté Vtab, en km/h — souvent 50 km/h en service. Première règle : consulter l'anémomètre de l'appareil ou du chantier et vérifier qu'on est en dessous.
Mais le manuel ajoute un second critère, celui que les opérateurs ignorent : l'adéquation du rapport surface/poids de la charge levée.
Le manuel prend l'exemple d'un silo de 100 m² de prise au vent pesant 30 tonnes, avec un vent admissible de 50 km/h. Une charge volumineuse et légère — silo, panneau, banche, coffrage — subit une poussée sans commune mesure avec une charge compacte de même masse. Respecter la vitesse de vent du tableau ne suffit donc pas : il faut vérifier ce que le vent fait à cette charge-là.
Les phases où l'on se blesse
Le manuel identifie des situations d'écrasement qui n'ont rien à voir avec la charge levée : le repliement de la grue, où l'opérateur peut se trouver pris entre deux parties de la machine, et le déploiement des stabilisateurs, où un manque de visibilité peut coincer une tierce personne entre un élément fixe et le stabilisateur.
Le levage ne commence pas quand la charge décolle.
Et sur la route
Avant de circuler, il faut s'assurer que les stabilisateurs et leurs poutres support sont complètement rentrés et ne se déplacent pas intempestivement : une portée qui dépasse le gabarit peut accrocher un autre usager. Les grues automotrices dont la vitesse est limitée par construction à 25 km/h relèvent par ailleurs de règles de signalisation particulières.
Textes de référence
- INRS ED 6107 — Grues mobiles, manuel de sécurité : stabilisateurs, configurations de calage, prise en compte du vent dans les opérations de levage
Les références sont citées pour vous permettre de les consulter. Le texte des normes est protégé et n'est pas reproduit ici.
Mettre cette notion en pratique
Les exercices corrigés qui appliquent exactement ce qui précède.