Analyse et Interprétation de la Courbe Proctor
Contexte : Construire sur des bases solides.
En génie civil, la qualité du sol de fondation est primordiale. Qu'il s'agisse de construire une route, une piste d'aéroport ou le remblai d'un barrage, il est impératif de compacter le sol pour augmenter sa portance, réduire sa perméabilité et limiter les tassements futurs. L'essai ProctorTest de laboratoire standardisé qui consiste à compacter un échantillon de sol à différentes teneurs en eau pour déterminer sa densité sèche maximale et sa teneur en eau optimale. est l'outil de référence universel pour déterminer les caractéristiques de compactage optimales d'un sol. Cet exercice vous guidera dans l'analyse des données brutes d'un essai Proctor pour tracer la courbe, interpréter ses résultats et vérifier la conformité d'un compactage sur chantier.
Remarque Pédagogique : Cet exercice illustre le passage crucial du laboratoire au chantier. Nous allons transformer des mesures de masse et de teneur en eau en une courbe graphique qui a une signification physique directe : le point où le sol est le plus dense possible. Cette courbe devient ensuite la "cible" à atteindre sur le terrain, assurant ainsi la qualité et la pérennité de l'ouvrage.
Objectifs Pédagogiques
- Calculer le poids volumique sec (\(\gamma_d\)) à partir du poids volumique humide (\(\gamma_h\)) et de la teneur en eau (\(w\)).
- Tracer la courbe Proctor et déterminer graphiquement l'optimum Proctor (\(w_{\text{OPN}}\), \(\gamma_{d, \text{max}}\)).
- Calculer et tracer la courbe de saturation pour valider les résultats.
- Vérifier la conformité d'un point de contrôle de chantier par rapport aux spécifications du projet.
- Comprendre l'influence de l'eau sur le compactage des sols.
Données de l'étude
Schéma de l'Essai Proctor
Point N° | Teneur en eau \(w\) (%) | Poids volumique humide \(\gamma_h\) (kN/m³) |
---|---|---|
1 | 6.2 | 20.15 |
2 | 8.1 | 21.40 |
3 | 10.3 | 22.05 |
4 | 12.2 | 21.60 |
5 | 14.0 | 20.85 |
Questions à traiter
- Calculer le poids volumique sec \(\gamma_d\) pour chacun des 5 points de l'essai.
- Tracer la courbe Proctor (\(\gamma_d\) en fonction de \(w\)) et déterminer graphiquement le poids volumique sec maximal (\(\gamma_{d, \text{max}}\)) et la teneur en eau optimale (\(w_{\text{OPN}}\)).
- Tracer la courbe de saturation (\(S_r = 100\%\)) et vérifier la cohérence des résultats.
- Un contrôle sur chantier a donné un poids volumique sec de \(20.20 \, \text{kN/m³}\) pour une teneur en eau de \(11.0\%\). Le cahier des charges impose un taux de compactage de 95% de l'optimum Proctor Normal. Le compactage est-il conforme ?
Les bases du Compactage des Sols
Avant la correction, revoyons les concepts clés de l'essai Proctor.
1. Poids Volumiques et Teneur en Eau :
Le sol est un matériau triphasique (grains, eau, air). Le poids volumique humide \(\gamma_h\) est le poids total (solides + eau) divisé par le volume total. Le poids volumique sec \(\gamma_d\) ne considère que le poids des solides divisé par le volume total. La teneur en eau \(w\) est le rapport du poids de l'eau sur le poids des solides. La relation fondamentale qui les lie est :
\[ \gamma_d = \frac{\gamma_h}{1 + w} \]
2. La Courbe Proctor :
La courbe Proctor représente la variation de \(\gamma_d\) en fonction de \(w\) pour une énergie de compactage donnée.
- Côté sec (faible \(w\)): L'eau est insuffisante pour lubrifier les grains, le frottement est élevé, le compactage est difficile et \(\gamma_d\) est faible.
- Côté humide (fort \(w\)): L'eau en excès occupe le volume des pores et empêche les grains de se rapprocher, \(\gamma_d\) diminue.
- L'optimum: Il existe une teneur en eau optimale (\(w_{\text{OPN}}\)) pour laquelle l'eau agit comme un lubrifiant parfait, permettant aux grains de s'arranger de la manière la plus dense possible, atteignant ainsi le poids volumique sec maximal (\(\gamma_{d, \text{max}}\)).
3. La Courbe de Saturation :
C'est une courbe théorique qui représente la relation entre \(\gamma_d\) et \(w\) si le sol était complètement saturé en eau (\(S_r=100\%\)), c'est-à-dire sans air. Sa formule est :
\[ \gamma_d = \frac{G_s \cdot \gamma_w}{1 + w \cdot G_s} \]
La courbe Proctor doit toujours se situer en dessous de cette courbe, car il est physiquement impossible de compacter un sol à une densité qui nécessiterait plus de 100% de saturation.
Correction : Analyse et Interprétation de la Courbe Proctor
Question 1 : Calculer le poids volumique sec (\(\gamma_d\))
Principe (le concept physique)
Le poids volumique sec (\(\gamma_d\)) est l'indicateur clé du compactage. Il représente la quantité de matière solide que l'on a réussi à faire tenir dans un volume donné. L'objectif du compactage est de maximiser cette valeur. Pour l'obtenir, on doit "retirer" l'influence de la masse de l'eau des mesures de poids volumique humide (\(\gamma_h\)) réalisées en laboratoire.
Mini-Cours (approfondissement théorique)
La formule \(\gamma_d = \gamma_h / (1+w)\) découle directement des définitions. Si \(W_s\) est le poids des solides et \(W_w\) le poids de l'eau dans un volume total \(V\), alors \(\gamma_h = (W_s + W_w)/V\) et \(\gamma_d = W_s/V\). Comme la teneur en eau \(w = W_w/W_s\), on a \(W_w = w \cdot W_s\). En substituant, \(\gamma_h = (W_s + w \cdot W_s)/V = W_s(1+w)/V = \gamma_d(1+w)\), d'où la formule.
Remarque Pédagogique (le conseil du professeur)
Pensez à une éponge. Une éponge humide est lourde (\(\gamma_h\)). Pour savoir à quel point elle est "dense" (la quantité de matière d'éponge), il faut connaître son poids sec (\(\gamma_d\)). La teneur en eau (\(w\)) est le lien qui permet de passer de l'un à l'autre. C'est exactement la même logique pour le sol.
Normes (la référence réglementaire)
La procédure de l'essai Proctor et les calculs associés sont rigoureusement définis par des normes, telles que NF P94-093 en France ou ASTM D698 pour l'essai Proctor Standard (Normal) et ASTM D1557 pour l'essai Proctor Modifié.
Formule(s) (l'outil mathématique)
La relation entre le poids volumique sec, le poids volumique humide et la teneur en eau est :
Attention : la teneur en eau \(w\) doit être utilisée sous sa forme décimale dans la formule (ex: 6.2% devient 0.062).
Hypothèses (le cadre du calcul)
On suppose que les mesures de teneur en eau et de poids volumique humide en laboratoire sont précises et représentatives de l'échantillon de sol compacté dans le moule.
Donnée(s) (les chiffres d'entrée)
On utilise les données du tableau de l'énoncé. Prenons le Point 1 comme exemple :
- Teneur en eau, \(w = 6.2\%\)
- Poids volumique humide, \(\gamma_h = 20.15 \, \text{kN/m³}\)
Astuces(Pour aller plus vite)
Préparez un tableau dans un tableur (Excel, Google Sheets) pour effectuer ce calcul répétitif rapidement et sans erreur. Une colonne pour \(w\) en %, une pour \(w\) en décimal, une pour \(\gamma_h\), et une dernière avec la formule pour \(\gamma_d\).
Schéma (Avant les calculs)
Relation entre les Poids Volumiques
Calcul(s) (l'application numérique)
Pour le Point 1 (\(w=6.2\%\), \(\gamma_h=20.15\)) :
Pour le Point 2 (\(w=8.1\%\), \(\gamma_h=21.40\)) :
Pour le Point 3 (\(w=10.3\%\), \(\gamma_h=22.05\)) :
Pour le Point 4 (\(w=12.2\%\), \(\gamma_h=21.60\)) :
Pour le Point 5 (\(w=14.0\%\), \(\gamma_h=20.85\)) :
On obtient ainsi le tableau complété :
Schéma (Après les calculs)
Tableau des Résultats Complets
Point N° | \(w\) (%) | \(\gamma_h\) (kN/m³) | \(\gamma_d\) (kN/m³) |
---|---|---|---|
1 | 6.2 | 20.15 | 18.97 |
2 | 8.1 | 21.40 | 19.80 |
3 | 10.3 | 22.05 | 20.00 |
4 | 12.2 | 21.60 | 19.25 |
5 | 14.0 | 20.85 | 18.29 |
Réflexions (l'interprétation du résultat)
Les valeurs de \(\gamma_d\) augmentent d'abord avec la teneur en eau, atteignent un pic, puis diminuent. Ce comportement est caractéristique et confirme que les données sont cohérentes. Nous avons maintenant les coordonnées (\(w\), \(\gamma_d\)) nécessaires pour tracer la courbe Proctor.
Points de vigilance (les erreurs à éviter)
L'erreur la plus fréquente est d'oublier de convertir la teneur en eau de pourcentage à sa forme décimale avant de l'introduire dans la formule. Diviser par (1 + 6.2) au lieu de (1 + 0.062) donnerait un résultat complètement faux.
Points à retenir (permettre a l'apprenant de maitriser la question)
- Le poids volumique sec \(\gamma_d\) est l'indicateur de la performance du compactage.
- La formule de conversion est \(\gamma_d = \gamma_h / (1+w)\).
- La teneur en eau \(w\) doit être en format décimal pour le calcul.
Le saviez-vous ? (la culture de l'ingénieur)
Le poids volumique de l'eau, \(\gamma_w\), vaut environ \(9.81 \, \text{kN/m³}\). Le poids volumique des grains solides, \(\gamma_s\), est souvent compris entre 26 et 28 kN/m³ pour la plupart des sols. Le poids volumique sec d'un sol bien compacté se situe généralement entre 18 et 22 kN/m³.
FAQ (pour lever les doutes)
Résultat Final (la conclusion chiffrée)
A vous de jouer(pour verifier la comprehension de l'etudiant parrapport a la question)
Pour un point supplémentaire avec \(w=9.0\%\) et \(\gamma_h=21.80 \, \text{kN/m³}\), quel serait le \(\gamma_d\) en kN/m³ ?
Question 2 : Tracer la courbe et déterminer l'optimum Proctor
Principe (le concept physique)
La courbe Proctor est la représentation graphique de la performance du compactage. En reliant les points (\(w\), \(\gamma_d\)) calculés, on obtient une courbe en forme de cloche. Le sommet de cette cloche représente le "point idéal" : la teneur en eau optimale (\(w_{\text{OPN}}\)) qui permet d'atteindre la densité sèche maximale (\(\gamma_{d, \text{max}}\)) pour l'énergie de compactage fournie.
Mini-Cours (approfondissement théorique)
Le tracé n'est pas une simple ligne brisée reliant les points. Il s'agit d'une courbe lisse, généralement parabolique près du sommet, qui doit passer au mieux par les points expérimentaux. La détermination de l'optimum est graphique : on trace la courbe à la main ou à l'aide d'un logiciel, puis on identifie le point le plus haut. Les coordonnées de ce point sont les caractéristiques Proctor recherchées.
Remarque Pédagogique (le conseil du professeur)
L'interprétation graphique est une compétence clé de l'ingénieur. Les points expérimentaux ne sont jamais parfaits. Il faut faire preuve de jugement pour tracer une courbe "moyenne" qui représente le mieux la tendance physique. Le sommet n'est pas forcément l'un des points mesurés, il se situe souvent entre deux points.
Normes (la référence réglementaire)
La norme NF P94-093 spécifie la méthode pour tracer la courbe et déterminer l'optimum. Elle exige un nombre minimum de points (généralement 5) et une bonne répartition de ces points de part et d'autre du sommet présumé de la courbe.
Formule(s) (l'outil mathématique)
Il n'y a pas de formule directe. La méthode est graphique :
1. Placer les points (\(w\), \(\gamma_d\)) sur un graphique.
2. Dessiner une courbe lisse et régulière passant au mieux par ces points.
3. Repérer le sommet de la courbe.
4. Lire les coordonnées de ce sommet sur les axes.
Hypothèses (le cadre du calcul)
On suppose que les 5 points mesurés sont suffisants pour définir la forme de la courbe et localiser son sommet avec une précision acceptable.
Donnée(s) (les chiffres d'entrée)
On utilise le tableau de résultats de la Question 1.
- Point 1: (6.2, 18.97)
- Point 2: (8.1, 19.80)
- Point 3: (10.3, 20.00)
- Point 4: (12.2, 19.25)
- Point 5: (14.0, 18.29)
Astuces(Pour aller plus vite)
Lors du tracé à la main, commencez par dessiner légèrement la courbe pour trouver la meilleure forme, puis repassez plus fort. Le sommet est là où la tangente à la courbe est horizontale. Utilisez un pistolet à courbes (kérographe) si vous en avez un pour un tracé plus régulier.
Courbe Proctor et Optimum
Analyse Interactive de la Courbe Proctor
Cliquez sur le bouton pour construire et analyser la courbe étape par étape.
Calcul(s) (l'application numérique)
L'opération est graphique. En traçant la courbe et en identifiant son sommet (voir l'analyse interactive ci-dessus), on observe que le pic se situe légèrement à gauche du point 3. Une lecture graphique attentive nous donne :
Réflexions (l'interprétation du résultat)
Ces deux valeurs, \(w_{\text{OPN}}\) et \(\gamma_{d, \text{max}}\), sont les "empreintes digitales" du compactage de ce sol. Elles indiquent à l'ingénieur de chantier que pour obtenir la meilleure densité possible, il devra humidifier le sol pour atteindre une teneur en eau proche de 9.8%, puis le compacter avec l'énergie appropriée pour viser une densité sèche de 20.05 kN/m³.
Points de vigilance (les erreurs à éviter)
Attention à ne pas simplement prendre le point mesuré le plus haut comme étant l'optimum. La vraie valeur maximale de la courbe se trouve souvent entre deux points. Un tracé soigné est essentiel pour une bonne estimation.
Points à retenir (permettre a l'apprenant de maitriser la question)
- La courbe Proctor a une forme de cloche.
- Son sommet définit l'optimum Proctor : (\(w_{\text{OPN}}\), \(\gamma_{d, \text{max}}\)).
- La détermination est graphique, pas un calcul direct.
Le saviez-vous ? (la culture de l'ingénieur)
Il existe un essai "Proctor Modifié" qui utilise une énergie de compactage plus élevée (dame plus lourde, plus de coups). Il simule les engins de compactage modernes, plus performants. La courbe Proctor Modifié donne un \(\gamma_{d, \text{max}}\) plus élevé et un \(w_{\text{OPN}}\) plus faible que le Proctor Normal.
FAQ (pour lever les doutes)
Résultat Final (la conclusion chiffrée)
A vous de jouer(pour verifier la comprehension de l'etudiant parrapport a la question)
Si le point le plus haut mesuré avait été \(\gamma_d = 20.5 \, \text{kN/m³}\) à \(w=11\%\), quelle serait une estimation raisonnable pour \(\gamma_{d, \text{max}}\) ?
Question 3 : Tracer la courbe de saturation
Principe (le concept physique)
La courbe de saturation à 100% représente une limite physique théorique. Elle montre, pour chaque teneur en eau, la densité sèche maximale qu'on pourrait atteindre si on parvenait à chasser tout l'air du sol, ne laissant que des grains solides et de l'eau. La courbe Proctor expérimentale doit toujours se situer sous cette limite, car un compactage parfait (sans air) est impossible à atteindre en pratique.
Mini-Cours (approfondissement théorique)
La formule de la courbe de saturation dérive de la relation fondamentale \( \gamma_d = \frac{G_s \cdot \gamma_w}{1+e} \) et de la relation \( S_r \cdot e = w \cdot G_s \). En posant le degré de saturation \(S_r = 1\) (soit 100%), on obtient \(e = w \cdot G_s\). En substituant \(e\) dans la première équation, on trouve la formule de la courbe de saturation à 100%.
Remarque Pédagogique (le conseil du professeur)
Voyez la courbe de saturation comme la "ligne rouge" à ne pas franchir. Si un de vos points d'essai se retrouve au-dessus ou sur cette courbe, c'est une alerte immédiate : il y a probablement une erreur de mesure (sur la teneur en eau, le poids, ou la densité des grains \(G_s\)). C'est un outil de validation très puissant.
Normes (la référence réglementaire)
Les normes d'essai exigent souvent de tracer la courbe de saturation (ou plusieurs courbes pour \(S_r=80\%\), 90%, 100%) en superposition de la courbe Proctor pour juger de la validité de l'essai.
Formule(s) (l'outil mathématique)
Pour un degré de saturation \(S_r = 100\%\) (soit \(S_r=1\)) :
Avec \(G_s\) la densité spécifique des grains (\(\gamma_s / \gamma_w\)), et \(\gamma_w\) le poids volumique de l'eau (\(\approx 9.81 \, \text{kN/m³}\)).
Hypothèses (le cadre du calcul)
On suppose que la valeur de la densité des grains solides \(G_s\) est correcte et constante pour tout l'échantillon. On prend \(\gamma_w = 9.81 \, \text{kN/m³}\).
Donnée(s) (les chiffres d'entrée)
- Poids volumique des grains, \(\gamma_s = 26.5 \, \text{kN/m³}\)
- Poids volumique de l'eau, \(\gamma_w = 9.81 \, \text{kN/m³}\)
Astuces(Pour aller plus vite)
Calculez d'abord la densité spécifique \(G_s = \gamma_s / \gamma_w\). Ensuite, calculez la valeur de \(\gamma_d\) pour 3 ou 4 valeurs de \(w\) couvrant la plage de votre essai (par exemple w=6%, 10%, 14%) pour pouvoir tracer la courbe.
Schéma (Avant les calculs)
Composition du Sol à Saturation
Calcul(s) (l'application numérique)
1. Calcul de \(G_s\) :
2. Calcul de \(\gamma_d\) pour \(w=10.3\%\) (0.103) à \(S_r=100\%\) :
En calculant pour plusieurs teneurs en eau, on peut tracer la courbe. On vérifie que notre \(\gamma_{d, \text{max}}\) de 20.05 kN/m³ est bien inférieur à la valeur sur la courbe de saturation pour la même teneur en eau.
Schéma (Après les calculs)
Courbe Proctor et Courbe de Saturation
Réflexions (l'interprétation du résultat)
La courbe Proctor se situe bien en dessous de la courbe de saturation, ce qui valide la qualité des mesures. L'écart entre les deux courbes représente le volume d'air restant dans le sol après compactage. Cet écart est minimal près de l'optimum, montrant que c'est bien à cette teneur en eau que l'on arrive à chasser le plus d'air.
Points de vigilance (les erreurs à éviter)
Une erreur sur la valeur de \(G_s\) (ou \(\gamma_s\)) peut décaler la courbe de saturation et mener à une mauvaise interprétation. Cette valeur doit être mesurée précisément en laboratoire (essai au pycnomètre) et non estimée à la légère.
Points à retenir (permettre a l'apprenant de maitriser la question)
- La courbe de saturation (\(S_r=100\%\)) est une limite théorique.
- La courbe Proctor doit toujours être en dessous de la courbe de saturation.
- Elle sert à valider la cohérence des résultats de l'essai.
Le saviez-vous ? (la culture de l'ingénieur)
Pour les grands projets de terrassement, on définit souvent un "couloir de compactage" : le sol sur chantier doit avoir une teneur en eau comprise dans une fourchette autour de \(w_{\text{OPN}}\) (par ex. \(w_{\text{OPN}} \pm 2\%\)) et une densité supérieure à un certain pourcentage de \(\gamma_{d, \text{max}}\).
FAQ (pour lever les doutes)
Résultat Final (la conclusion chiffrée)
A vous de jouer(pour verifier la comprehension de l'etudiant parrapport a la question)
Si \(G_s\) était plus élevé (par ex. 2.75), la courbe de saturation serait-elle au-dessus ou en dessous de celle calculée ?
Question 4 : Vérifier la conformité du compactage sur chantier
Principe (le concept physique)
L'essai Proctor réalisé en laboratoire sert de référence. Sur le chantier, on effectue des mesures de contrôle pour s'assurer que le compactage réalisé par les engins (rouleaux compresseurs) atteint la qualité requise. Cette qualité est définie par un pourcentage de la densité sèche maximale obtenue en laboratoire. C'est une étape de contrôle qualité essentielle.
Mini-Cours (approfondissement théorique)
Le taux de compactage (\(T_c\)) est le rapport entre la densité sèche mesurée sur le site (\(\gamma_{d, \text{chantier}}\)) et la densité sèche maximale de référence (\(\gamma_{d, \text{max}}\)). La spécification du projet impose une valeur minimale pour ce rapport, par exemple \(T_c \ge 95\%\). La vérification consiste simplement à calculer ce rapport et à le comparer à l'exigence.
Remarque Pédagogique (le conseil du professeur)
C'est le moment où la théorie rencontre la réalité du terrain. L'objectif n'est pas forcément d'atteindre 100% de l'optimum Proctor (ce qui serait très coûteux), mais d'atteindre un objectif contractuel (95%, 98%...) qui garantit la performance attendue de l'ouvrage. Si le test n'est pas conforme, le chef de chantier doit ordonner des passes de compactage supplémentaires.
Normes (la référence réglementaire)
Les cahiers des charges des projets de construction (CCTP en France) spécifient les exigences de compactage pour chaque couche de matériau. Par exemple, 95% de l'OPN pour une couche de forme, 98% pour une couche de base de chaussée. Les méthodes de contrôle sur site sont aussi normalisées (essai au densitomètre à membrane, gammadensimètre, etc.).
Formule(s) (l'outil mathématique)
1. Calcul de la densité sèche minimale requise :
2. Condition de conformité :
Hypothèses (le cadre du calcul)
On suppose que le sol mis en œuvre sur le chantier est bien le même que celui testé en laboratoire et que la mesure de contrôle sur site est fiable.
Donnée(s) (les chiffres d'entrée)
- \(\gamma_{d, \text{max}} = 20.05 \, \text{kN/m³}\) (de la Q2)
- Taux de compactage requis = 95%
- Mesure chantier : \(\gamma_{d, \text{chantier}} = 20.20 \, \text{kN/m³}\)
Astuces(Pour aller plus vite)
Calculez directement le taux de compactage obtenu (\(\gamma_{d, \text{chantier}} / \gamma_{d, \text{max}}\)) et exprimez-le en pourcentage. La comparaison avec l'exigence de 95% est alors immédiate.
Schéma (Avant les calculs)
Comparaison Objectif vs Réalité
Calcul(s) (l'application numérique)
1. Calcul de la densité sèche minimale requise :
2. Comparaison :
La condition est vérifiée.
Schéma (Après les calculs)
Vérification de la Conformité
Réflexions (l'interprétation du résultat)
Le compactage est non seulement conforme, mais il est même excellent. Le taux de compactage atteint est de \(20.20 / 20.05 \approx 100.7\%\), ce qui est supérieur à l'objectif de 95%. La teneur en eau de 11.0% est également proche de l'optimum (9.8%), ce qui explique cette bonne performance. L'ingénieur peut valider la couche et autoriser la suite des travaux.
Points de vigilance (les erreurs à éviter)
Il faut être très rigoureux sur les valeurs de référence. Utiliser une valeur de \(\gamma_{d, \text{max}}\) issue d'un essai Proctor Modifié alors que le chantier vise un compactage Normal (ou inversement) est une erreur grave qui peut conduire soit à un surcoût inutile, soit à un ouvrage sous-dimensionné et dangereux.
Points à retenir (permettre a l'apprenant de maitriser la question)
- L'optimum Proctor du laboratoire est la référence (le 100%).
- Le chantier doit atteindre un pourcentage de cette référence (ex: 95%).
- La conformité est vérifiée par la comparaison : \(\gamma_{d, \text{chantier}} \ge \gamma_{d, \text{requis}}\).
Le saviez-vous ? (la culture de l'ingénieur)
Sur les grands chantiers de terrassement, les rouleaux compresseurs modernes sont équipés de capteurs et de GPS. Ils mesurent en continu la rigidité du sol et enregistrent le nombre de passes, permettant un contrôle qualité en temps réel et une optimisation du compactage sur toute la surface du projet.
FAQ (pour lever les doutes)
Résultat Final (la conclusion chiffrée)
A vous de jouer(pour verifier la comprehension de l'etudiant parrapport a la question)
Si une autre mesure donnait \(\gamma_{d, \text{chantier}} = 18.90 \, \text{kN/m³}\), le compactage serait-il conforme à l'exigence de 95% ?
Outil Interactif : Courbe Proctor
Visualisez l'influence de la densité des grains sur la position de la courbe de saturation.
Paramètres d'Entrée
Caractéristiques Proctor
Le Saviez-Vous ?
L'essai a été mis au point par l'ingénieur américain Ralph Roscoe Proctor en 1933. Il travaillait sur la construction de barrages en terre en Californie et a développé cette méthode simple et reproductible pour contrôler la qualité du compactage, qui a révolutionné le domaine des terrassements et est encore utilisée dans le monde entier aujourd'hui.
Pourquoi l'eau est-elle nécessaire pour compacter ?
À faible teneur, l'eau forme des films minces autour des grains de sol (ménisques) qui créent une "succion" et une cohésion apparente, rendant le sol difficile à réarranger. En ajoutant de l'eau, ces films s'épaississent, l'effet de succion diminue, et l'eau agit comme un lubrifiant qui aide les grains à glisser les uns sur les autres pour trouver une configuration plus dense sous l'effet des coups de la dame.
Que se passe-t-il si on compacte un sol trop humide ?
Si le sol est trop humide (bien au-delà de l'optimum), les pores sont presque entièrement remplis d'eau. Comme l'eau est quasi incompressible, l'énergie de compactage est absorbée par la pression de l'eau (pression interstitielle) au lieu de réarranger les grains. Le sol devient mou, instable, et il est impossible d'atteindre une bonne densité sèche.
Quiz Final : Testez vos connaissances
1. Si on augmente l'énergie de compactage (passage du Proctor Normal au Modifié), comment évolue l'optimum Proctor ?
2. Un taux de compactage de 102% de l'OPN sur chantier est...
- Poids volumique sec (\(\gamma_d\))
- Poids des particules solides d'un sol par unité de volume total. C'est l'indicateur principal de la densité d'un sol compacté.
- Teneur en eau (\(w\))
- Rapport du poids de l'eau contenue dans un sol au poids des particules solides de ce même sol, exprimé en pourcentage.
- Optimum Proctor
- Couple de valeurs (\(w_{\text{OPN}}\), \(\gamma_{d, \text{max}}\)) qui correspond au sommet de la courbe Proctor, représentant l'état de compactage maximal pour une énergie donnée.
3. Identification de l'optimum : Le sommet de la courbe nous donne \(\gamma_{d,max}\) et \(w_{OPN}\).
`; const optPoint = document.createElementNS(svgNS, 'path'); const starSize = 10; const starX = xScale(optimum.x); const starY = yScale(optimum.y); optPoint.setAttribute('d', `M ${starX} ${starY-starSize} L ${starX+starSize*0.22} ${starY-starSize*0.31} L ${starX+starSize*0.95} ${starY-starSize*0.31} L ${starX+starSize*0.36} ${starY+starSize*0.19} L ${starX+starSize*0.59} ${starY+starSize*0.81} L ${starX} ${starY+starSize*0.4} L ${starX-starSize*0.59} ${starY+starSize*0.81} L ${starX-starSize*0.36} ${starY+starSize*0.19} L ${starX-starSize*0.95} ${starY-starSize*0.31} L ${starX-starSize*0.22} ${starY-starSize*0.31} Z`); optPoint.setAttribute('class', 'optimum-point pop-in'); contentGroup.appendChild(optPoint); optPoint.addEventListener('mouseover', () => { tooltipText.textContent = `OPTIMUM: w=${optimum.x.toFixed(1)}%, γd=${optimum.y.toFixed(2)} kN/m³`; const textBBox = tooltipText.getBBox(); tooltipRect.setAttribute('width', textBBox.width + 20); tooltipRect.setAttribute('height', textBBox.height + 10); const x = starX - (textBBox.width / 2) - 10; const y = starY - 35; tooltip.setAttribute('transform', `translate(${x}, ${y})`); tooltip.style.opacity = 1; }); optPoint.addEventListener('mouseout', () => { tooltip.style.opacity = 0; }); const lineX = document.createElementNS(svgNS, 'line'); lineX.setAttribute('x1', xScale(optimum.x)); lineX.setAttribute('y1', yScale(optimum.y)); lineX.setAttribute('x2', xScale(optimum.x)); lineX.setAttribute('y2', margin.top + height); lineX.setAttribute('class', 'optimum-lines pop-in'); contentGroup.appendChild(lineX); const lineY = document.createElementNS(svgNS, 'line'); lineY.setAttribute('x1', xScale(optimum.x)); lineY.setAttribute('y1', yScale(optimum.y)); lineY.setAttribute('x2', margin.left); lineY.setAttribute('y2', yScale(optimum.y)); lineY.setAttribute('class', 'optimum-lines pop-in'); contentGroup.appendChild(lineY); }, 3500); setTimeout(() => { explanationDiv.innerHTML += `4. Interprétation : La courbe a une branche "sèche" (où la densité augmente) et une branche "humide" (où elle diminue).
`; const textDry = document.createElementNS(svgNS, 'text'); textDry.setAttribute('x', xScale(7.5)); textDry.setAttribute('y', yScale(19.3)); textDry.setAttribute('class', 'annotation'); textDry.textContent = 'Branche sèche : l\'eau lubrifie'; contentGroup.appendChild(textDry); textDry.classList.add('visible'); const textWet = document.createElementNS(svgNS, 'text'); textWet.setAttribute('x', xScale(12.5)); textWet.setAttribute('y', yScale(19.0)); textWet.setAttribute('text-anchor', 'end'); textWet.setAttribute('class', 'annotation'); textWet.textContent = 'Branche humide : l\'eau prend la place des grains'; contentGroup.appendChild(textWet); textWet.classList.add('visible'); const textOpt = document.createElementNS(svgNS, 'text'); textOpt.setAttribute('x', xScale(optimum.x)); textOpt.setAttribute('y', yScale(optimum.y) - 15); textOpt.setAttribute('text-anchor', 'middle'); textOpt.setAttribute('class', 'annotation'); textOpt.setAttribute('font-weight', 'bold'); textOpt.textContent = 'Optimum Proctor'; contentGroup.appendChild(textOpt); textOpt.classList.add('visible'); btn.disabled = false; btn.textContent = "Relancer l'analyse"; }, 4500); }; } initInteractiveProctorChart(); });D’autres exercices de Géotechnique:
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