Les Essais In Situ : Pressiomètre & Pénétromètre
Comment déterminer les paramètres de sol (c, φ) sur le terrain sans passer par le laboratoire ? Découvrez le fonctionnement des essais PMT et CPT.
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En mécanique des sols, la capacité portante désigne la pression maximale qu'un sol peut supporter avant de céder par cisaillement. Si la charge dépasse cette limite, la fondation s'enfonce brusquement ou bascule. Karl Terzaghi (1943) a développé la première méthode rationnelle pour calculer cette valeur limite pour les fondations superficielles. Ce cours détaille les mécanismes physiques en jeu, les équations fondamentales et les subtilités de leur application (drainage, nappe, géométrie).
Navigation rapide à travers les concepts théoriques et pratiques.
Pour résoudre le problème complexe de la rupture du sol, Terzaghi a dû faire des simplifications. Il a modélisé une semelle filante, c'est-à-dire une fondation très longue par rapport à sa largeur (comme sous un mur porteur).
Pourquoi cette simplification ? Cela permet de travailler en 2 dimensions (coupe transversale). Les contraintes sont supposées identiques sur toute la longueur.
Les hypothèses clés à retenir :
Le sol ne casse pas toujours de la même manière. Son comportement dépend de sa compacité (est-il dense ou lâche ?).
C'est le cas standard pour les sols denses (sable compact, argile raide). La surface de rupture se développe complètement jusqu'à la surface du terrain. On observe un soulèvement du sol autour de la fondation. La rupture est soudaine, avec un pic de résistance net. L'équation de Terzaghi est conçue pour ce cas.
Pour les sols moyennement denses ou mous. La surface de rupture commence à se former mais s'arrête dans le sol ("en poire"). Le sol sous la fondation se compacte au lieu de glisser. Il n'y a pas de pic net, mais un enfoncement progressif.
Pour les sols très lâches. La fondation s'enfonce verticalement en cisaillant le sol sur ses bords, sans créer de zone de rupture latérale. C'est un enfoncement pur.
Comment le sol bouge-t-il lors d'une rupture générale ? Terzaghi, en s'inspirant de la théorie de la plasticité, a identifié trois zones distinctes sous la fondation.
La capacité portante ultime \(q_u\) est la somme de trois contributions physiques distinctes. C'est le principe de superposition : on calcule chaque résistance séparément et on les additionne.
$$ q_u = \underbrace{c \cdot N_c}_{\text{1. Terme de Cohésion}} + \underbrace{q \cdot N_q}_{\text{2. Terme de Surcharge}} + \underbrace{0.5 \cdot \gamma \cdot B \cdot N_\gamma}_{\text{3. Terme de Poids}} $$Les coefficients \(N_c, N_q, N_\gamma\) dépendent uniquement de l'angle de frottement interne du sol (\(\phi\)). Ils traduisent la géométrie des zones de rupture. Plus \(\phi\) est grand (sol rugueux), plus les zones de rupture sont étendues, et plus les facteurs \(N\) augmentent exponentiellement.
| Angle (\(\phi\)) | \(N_c\) (Cohésion) | \(N_q\) (Surcharge) | \(N_\gamma\) (Poids) | Exemple de Sol |
|---|---|---|---|---|
| 0° | 5.7 | 1.0 | 0.0 | Argile saturée (Non drainé) |
| 20° | 17.7 | 7.4 | 5.0 | Sable lâche / Limon |
| 30° | 37.2 | 22.5 | 19.7 | Sable moyen |
| 35° | 57.8 | 41.4 | 42.4 | Sable dense |
| 40° | 95.7 | 81.3 | 100.4 | Grave compacte |
En géotechnique, le temps joue un rôle majeur, surtout pour les sols fins (argiles) qui retiennent l'eau.
Concerne les argiles saturées chargées rapidement. L'eau n'a pas le temps de s'évacuer. Le sol se comporte comme un matériau purement cohésif incompressible.
Paramètres : \(\phi_u = 0\) et \(c = c_u\) (cohésion non drainée).
Conséquence : Comme \(\phi=0\), alors \(N_\gamma = 0\) et \(N_q = 1\). L'équation se simplifie : \(q_u = 5.7 c_u + q\). La largeur de la fondation n'influence pas la portance !
Concerne les sables (perméables) ou les argiles après consolidation (années). L'eau s'est évacuée, les grains sont en contact.
Paramètres : \(c', \phi'\) (paramètres effectifs).
Conséquence : Les trois termes de l'équation sont actifs. Attention : la présence d'une nappe phréatique réduit le poids volumique efficace (\(\gamma'\)).
L'équation de base est pour une semelle "infinie". Si la fondation est carrée ou circulaire, le sol est mieux confiné (tenu sur 4 côtés au lieu de 2). Cela modifie les coefficients.
L'eau exerce une poussée d'Archimède sur les grains du sol, ce qui réduit leur poids apparent et donc le frottement inter-granulaire. C'est souvent un facteur critique de rupture.
Si la charge \(Q\) n'est pas centrée (excentricité \(e\)), la pression n'est pas uniforme et il y a un risque de basculement. Pour utiliser l'équation de Terzaghi, on utilise une astuce : on considère une semelle fictive plus petite, de largeur \(B'\), centrée sous la charge.
$$ B' = B - 2e $$On utilise \(B'\) dans le terme de poids (\(0.5 \gamma B' N_\gamma\)) pour calculer la contrainte ultime.
Bien que très utilisée, la méthode de Terzaghi a des limites :
Semelle \(2m \times 2m\), ancrage \(D_f = 1.5m\).
Sol : Sable dense, \(\gamma = 18 \text{ kN/m}^3\), \(c' = 0\) (pas de cohésion), \(\phi' = 35^\circ\).
Pas de nappe phréatique.
Facteur de sécurité requis \(FS = 3\).
Semelle filante largeur \(B = 1.5m\), ancrage \(D_f = 1.0m\).
Sol : Argile molle saturée, \(\gamma_{sat} = 19 \text{ kN/m}^3\).
Paramètres : \(c_u = 40 \text{ kPa}\), \(\phi_u = 0^\circ\) (Court terme).
Observation : Comparé au sable (576 kPa), l'argile molle (82 kPa) porte très peu. De plus, augmenter la largeur B de la fondation sur l'argile saturée n'améliore pas la portance (car le terme en B est nul), cela ne fait que répartir la charge sur une plus grande surface.
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