Pathologies du béton

C'est quoi une classe de cure ?

L'exigence qui fixe combien de temps il faut protéger un béton frais de la dessiccation. Le fascicule 65 impose la classe 2 — et c'est la peau du béton, celle qui protège les armatures, qui se joue là.

Ce que la classe exprime

Le choix de la classe de cure traduit l'exigence du maître d'œuvre concernant la prévention des effets de la dessiccation du béton. Elle relève de sa responsabilité et doit figurer au CCTP.

La durée minimale de cure est celle au-delà de laquelle le béton de surface présente une maturité suffisante pour que le risque de dessiccation soit minimisé.

Quatre classes, deux façons de les définir

La NF EN 13670/CN introduit les classes 1 à 4. La distinction est plus subtile qu'il n'y paraît :

  • la classe 1 est définie par une durée de cure ;
  • les classes 2 à 4 sont définies par un pourcentage de la résistance caractéristique à 28 jours spécifiée.

Autrement dit, à partir de la classe 2, on ne décure pas au calendrier mais à la performance atteinte. Cette résistance de surface se détermine notamment par maturométrie — suivi de la montée en résistance au jeune âge — ou par essai au scléromètre.

Le lien direct avec la durabilité

Plus la cure est longue, meilleures sont les propriétés du béton d'enrobage : meilleure hydratation, porosité plus faible, et — la conséquence qui intéresse l'ingénieur — progression du front de carbonatation plus lente.

La cure n'est donc pas une précaution de finition. C'est l'opération qui détermine la qualité des premiers centimètres de béton, précisément ceux qui protègent les armatures pendant cinquante ans.

Ce que ça coûte

L'AFGC ne le cache pas : allonger la cure — et donc le délai de décoffrage s'il n'y a pas de cure complémentaire pour les parties verticales — a une incidence non négligeable sur les coûts et les délais. C'est un arbitrage réel, pas une évidence.

Le piège inverse

Une note de l'AFGC mérite d'être retenue, parce qu'elle contredit l'intuition : un délai de décoffrage trop important peut engendrer un retrait gêné.

Le béton qui se rétracte alors qu'il est encore bloqué par son coffrage se fissure. Il n'y a donc pas de « plus c'est long, mieux c'est » : la durée doit être suffisante, pas maximale.

De quoi dépend la durée nécessaire

Du type de béton, de l'évolution de ses propriétés dans la zone de surface, et des conditions climatiques du chantier — vent, température, humidité. Le vent figure en tête, et ce n'est pas un hasard : il assèche la surface bien plus vite que la chaleur seule.

Textes de référence

  • NF EN 13670/CN — exécution des structures en béton : classes de cure 1 à 4
  • Fascicule 65 du CCTG — impose la classe de cure 2
  • AFGC, « Bien prescrire les bétons » — RECO Classes de cure

Les références sont citées pour vous permettre de les consulter. Le texte des normes est protégé et n'est pas reproduit ici.

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