Fondations

C'est quoi l'approche de calcul 2 en géotechnique ?

C'est la façon dont on place la sécurité dans un calcul géotechnique : on pondère les actions et la résistance du terrain, prise globalement. C'est celle que la France retient par défaut pour les états limites STR et GEO — l'approche 1 n'y est pas utilisée du tout.

Le problème que les approches résolvent

Dans un calcul de structure, on sait où mettre les coefficients de sécurité : sur les charges d'un côté, sur la résistance des matériaux de l'autre. En géotechnique, le sol est les deux à la fois — il pousse sur l'ouvrage et il le porte. Où placer la sécurité n'est donc plus évident, et l'Eurocode 7 propose trois réponses possibles.

Deux approches seulement en France

  • Approche 2 — on pondère les actions (ou leurs effets) et les résistances du terrain.
  • Approche 3 — on pondère les actions (ou leurs effets) et les paramètres de résistance du terrain.

La nuance est fine à l'énoncé mais lourde en pratique. L'approche 2 minore une résistance déjà calculée, prise en bloc. L'approche 3 minore la cohésion et l'angle de frottement avant le calcul, et refait toute la mécanique avec un sol affaibli.

L'approche 1 n'est pas utilisée en France, bien qu'elle figure dans l'Eurocode 7. Un manuel étranger qui la présente comme la voie normale ne décrit pas la pratique française.

Laquelle, et quand

L'annexe nationale recommande l'approche 2 pour les justifications des états limites STR et GEO, de manière générale, dès lors qu'il y a des actions géotechniques — pour les fondations d'ouvrages d'art comme de bâtiment.

L'approche 3 est réservée à un domaine précis : la stabilité générale d'un site, la stabilité d'ensemble des écrans de soutènement, les ouvrages en remblais renforcés, les massifs en sols cloués. Le point commun de cette liste est qu'on y cherche une surface de rupture dans le sol — et là, minorer les paramètres du sol lui-même a un sens physique que la pondération d'une résistance globale n'a pas.

Les facteurs sur les actions

Pour les états limites ultimes en situations durables et transitoires, le guide du Cerema rappelle les valeurs générales : γG vaut 1,35 pour une action permanente défavorable et 1,0 si elle est favorable ; γQ vaut 1,5 pour une action variable défavorable et 0 si elle est favorable.

Ce zéro mérite un temps d'arrêt : une charge variable qui vous arrange est purement et simplement retirée du calcul. On ne compte jamais sur une charge qui peut ne pas être là.

Les erreurs fréquentes

  • Mélanger les deux approches dans un même projet — pondérer les paramètres du sol puis appliquer en plus un facteur sur la résistance obtenue.
  • Appliquer 1,35 au poids propre d'une semelle qui s'oppose au soulèvement : il est favorable, donc il entre à 1,0.
  • Reprendre un exemple de manuel britannique ou allemand sans vérifier l'approche employée.

Textes de référence

  • NF EN 1997-1, annexe nationale française, clause 2.4.7.3.4.1 (1) — choix de l'approche de calcul en France
  • NF EN 1997-1, clause 2.4.7.3.4.3 (1) NOTE 1 — définition de l'approche 2
  • NF EN 1997-1, clause 2.4.7.3.4.4 (1) NOTE 1 — définition de l'approche 3
  • NF P94-261, tableau B.3.1 — facteurs partiels sur les actions

Les références sont citées pour vous permettre de les consulter. Le texte des normes est protégé et n'est pas reproduit ici.

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