C'est quoi le RQD ?
C'est la proportion d'une carotte de sondage constituée de morceaux de plus de 10 cm. Un indice global de fracturation, simple à obtenir — et c'est justement sa simplicité qui en fait la limite.
La définition
À partir d'un sondage carotté correctement exécuté, d'un diamètre de l'ordre de 50 mm, le RQD est le rapport entre la somme des longueurs de carottes de plus de 10 cm et la longueur totale de la passe de sondage.
Cette passe varie de 1 à 3 m, voire 5 m. Ce détail compte : le RQD n'est pas une propriété ponctuelle, c'est une moyenne sur une longueur qu'il faut annoncer. Deux RQD calculés sur des passes différentes ne se comparent pas directement.
Ce que le seuil de 10 cm implique
Le RQD ne compte pas les fractures : il compte les morceaux intacts assez longs. Deux massifs très différents peuvent donc afficher le même indice — l'un régulièrement fracturé tous les 12 cm, l'autre alternant zones saines et zones broyées. Le RQD ne distingue ni l'orientation des discontinuités, ni leur rugosité, ni leur remplissage.
C'est pourquoi l'AFTES a retenu comme indice de base un autre paramètre, l'intervalle entre les discontinuités (ID), proposé par la commission de classification des massifs rocheux de la Société internationale de mécanique des roches.
Les précautions de mesure
Un carottage mal exécuté casse la roche et fait chuter le RQD artificiellement. La qualité du forage fait donc partie du résultat : un RQD faible peut signaler un massif fracturé — ou un sondeur pressé. C'est la première question à poser devant une valeur basse.
Où il sert vraiment
Le RQD n'est pas un outil de dimensionnement à lui seul. Il est le premier paramètre d'entrée des deux grandes classifications géomécaniques, le RMR de Bieniawski et le Q-System de Barton, qui l'accompagnent d'autres descripteurs. Utilisé isolément, il ne décrit qu'une facette de la fracturation.
Un piège de vocabulaire
Les modules de déformation et coefficients de Poisson mesurés en laboratoire sont, dit le CETU, « rarement transposables » au calcul d'un ouvrage souterrain. Il faut des caractéristiques à l'échelle du massif, que l'on obtient par les corrélations des classifications géomécaniques — et le CETU ajoute aussitôt : « sous réserve d'utiliser celles-ci avec toute la prudence nécessaire ».
Textes de référence
- CETU, « Dossier pilote des tunnels, génie civil », section 2 « Géologie – Hydrogéologie – Géotechnique » — indices de densité des discontinuités et RQD
- AFTES — recommandations pour une description des massifs rocheux utile à l'étude de la stabilité des ouvrages souterrains
Les références sont citées pour vous permettre de les consulter. Le texte des normes est protégé et n'est pas reproduit ici.
Mettre cette notion en pratique
Les exercices corrigés qui appliquent exactement ce qui précède.