Stabilisation d’un sol argileux à la chaux
📝 Contexte de l'Étude
De : Direction des Travaux
À : Ingénieur d'Études / Conducteur de Travaux
Objet : URGENT - Portance insuffisante sur zone de déblai (Plateforme Logistique ZAC Sud)
L'équipe de terrassement vient de finaliser la phase de décapage sur la zone d'implantation de la future plateforme logistique.
Cependant, les derniers sondages géotechniques révèlent une problématique majeure sur le terrain :
- Présence d'une couche d'argiles très plastiques (classe A3/A4) affleurante sur toute l'emprise.
- Matériau actuellement inapte à la circulation des engins de chantier.
- Cause principale : une teneur en eau naturelle beaucoup trop élevée.
Afin de créer une PST capable de supporter les charges du chantier et de garantir la portance à long terme, nous devons procéder en urgence à un traitement in situ de ce sol avec de la chaux vive.
Vous devez dimensionner l'atelier de traitement de sol. Vos trois objectifs principaux sont les suivants :
- Déterminer les quantités exactes de chaux vive nécessaires pour stabiliser la plateforme.
- Calculer les paramètres d'épandage pour réguler l'asservissement des engins.
- Anticiper les mesures correctives face aux aléas climatiques (telles que de fortes précipitations).
La surface totale de la plateforme à traiter est de 5 000 m². L'épaisseur de traitement validée par le bureau d'études géotechniques est fixée à 0,40 m de sol compacté.
Les essais de laboratoire réalisés sur l'argile en place et les fiches techniques des engins sélectionnés pour l'atelier de traitement de sol nous imposent les paramètres suivants pour le dimensionnement de la stabilisation.
📚 Référentiel de Terrassement
GTR 92 Norme NF P11-300 (Classification des sols) NF EN 459-1 (Chaux)🪨 CARACTÉRISTIQUES DU SOL EN PLACE
-
Classification GTR : Argile très plastique, classe A3
- Limites d'Atterberg et Argilosité : \( W_{\text{L}} = \mathbf{45} \% \), \( W_{\text{P}} = \mathbf{20} \% \Rightarrow I_{\text{p}} = \mathbf{25} \) avec \( \text{VBS} = \mathbf{4{,}5} \)
- Caractéristiques OPN (Optimum Proctor Normal) : \( \gamma_{\text{d OPN}} = \mathbf{1{,}63} \text{ t/m}^3 \) pour \( W_{\text{OPN}} = \mathbf{18} \% \)
- Objectif de compactage (95 % de l'OPN) : \( \gamma_{\text{d}} = \mathbf{1{,}55} \text{ t/m}^3 \)
- Dosage en chaux vive prescrit : \( d_{\text{chaux}} = \mathbf{2{,}5} \% \) (par rapport à la masse de sol sec)
- Teneur en eau naturelle initiale : \( w_{\text{nat}} = \mathbf{26} \% \)
📊 Justification GTR (Extrait Classement des Sols Fins)📈 Courbe de Compactage (Essai Proctor Normal)Classe Passant à 80 µm Indice de Plasticité (\( I_{\text{p}} \)) VBS Description A3 > 35 % 12 < \( I_{\text{p}} \) ≤ 40 2,5 < VBS ≤ 6 Sols fins argileux, marnes, limons très plastiques Lecture : L'état initial du sol (point rouge) se situe loin sur la branche humide de la courbe Proctor. Un assèchement (traitement à la chaux) est indispensable pour ramener l'état vers l'optimum.
🧪 MATÉRIAU D'APPORT ET SÉCURITÉ
-
Chaux Calcique Vive (NF EN 459-1)
- Type sélectionné : CL 90-Q (Fort pouvoir exothermique pour un assèchement optimal de l'argile).
- Consigne HSE (Vent) : Arrêt immédiat de l'épandage de poudre si la vitesse du vent dépasse 15 km/h.
- EPI obligatoires : Masque respiratoire P3, lunettes étanches, gants et combinaison de protection.
🌬️ Tolérances Environnementales d'Épandage (Chaux Pulvérulente)Vitesse du vent Risque de dérive Action requise < 10 km/h Faible Épandage normal 10 à 15 km/h Modéré Épandage avec jupe de protection / ras du sol > 15 km/h Élevé (Danger) Arrêt immédiat de l'atelier Note : Distance de sécurité minimale de 50 m par rapport aux habitations, cours d'eau et cultures sensibles lors de l'épandage de pulvérulents.🗺️ Plan d'Exclusion et de Sécurité (Vue de Dessus)
🚜 MATÉRIEL DE TERRASSEMENT
-
Épandeur de liants pulvérulents
- Capacité utile de la cuve de l'épandeur : \( V_{\text{cuve}} = \mathbf{12} \text{ m}^3 \)
- Masse volumique apparente de la chaux vive en cuve : \( \gamma_{\text{chaux}} \approx \mathbf{0{,}90} \text{ t/m}^3 \)
3. Méthodologie du Mouvement de Terres
La planification d'un chantier de terrassement impliquant un traitement aux liants exige une progression rigoureuse : de la quantification précise de la matrice de sol sec jusqu'au réglage informatique du doseur de l'épandeur.
Question 1 : Calcul de la masse de sol à stabiliser
Déterminez le volume géométrique de la couche à traiter, puis calculez la masse totale de sol sec (\( M_{\text{sol sec}} \)) correspondante, sachant que le dosage en liant s'exprime toujours par rapport au poids sec des matériaux.
Question 2 : Dimensionnement du tonnage de chaux vive
En respectant le dosage prescrit par l'étude géotechnique (2,5 %), calculez la masse totale de chaux vive (\( M_{\text{chaux}} \)) à approvisionner pour l'ensemble de la plateforme.
Question 3 : Logistique et paramétrage de l'épandeur
Pour que l'opérateur règle l'ordinateur de bord de son camion, calculez le taux d'épandage surfacique (\( T_{\text{e}} \)) en kilogrammes de chaux par mètre carré (\( \text{kg/m}^2 \)). Déduisez-en ensuite le nombre de rechargements (rotations) de l'épandeur nécessaires pour traiter l'intégralité de la plateforme.
Question 4 : Aléa météorologique et correction de traitement
🚨 ALÉA DE CHANTIER : De fortes averses ont frappé le chantier durant la nuit. La teneur en eau naturelle de l'argile a grimpé en flèche. Le laboratoire indique qu'il faut augmenter le dosage en chaux à 3,5 % pour assécher correctement le sol et obtenir la portance souhaitée.
👉 Travail demandé : Calculez le tonnage supplémentaire de chaux vive que le conducteur de travaux doit commander en urgence à la centrale.
Stabilisation d’un sol argileux à la chaux
🎯 Objectif Technique
Déterminer avec précision la quantité de matière sèche présente dans le volume géométrique de la couche à traiter.
Cette étape est cruciale car toutes les études géotechniques basent leurs dosages sur la masse de sol sec, s'affranchissant ainsi des variations liées à la présence d'eau dans les vides du sol.
Pour trouver la masse de sol sec, je dois procéder en deux temps :
- D'abord, j'évalue le volume géométrique global du prisme de sol à malaxer (Surface de la plateforme multipliée par l'épaisseur de traitement).
- Ensuite, je convertis ce volume apparent en une masse solide à l'aide de la masse volumique apparente sèche (\( \gamma_{\text{d}} \)) imposée pour le compactage final.
La masse volumique sèche d'un sol (\( \gamma_{\text{d}} \)) relie la masse des grains solides (le squelette du sol sec) au volume total apparent qu'occupe le sol.
Ce volume global inclut les vides d'air et d'eau. L'unité classique en terrassement est la tonne par mètre cube (\( \text{t/m}^3 \)).
Le volume géométrique (\( V \)) se définit par l'espace tridimensionnel à traiter. Il est le produit direct de l'aire au sol (\( S \)) par la profondeur d'action du malaxeur (\( e \)).
La masse de sol sec (\( M_{\text{sol sec}} \)) permet de s'affranchir du poids de l'eau interstitielle. On l'obtient en multipliant le volume en place (\( V \)) par la masse volumique sèche (\( \gamma_{\text{d}} \)).
- Surface de traitement (\( S \)) : \( 5\,000 \text{ m}^2 \)
Source exacte : Extrait du plan topographique d'exécution (Réf : EXE-ZAC-01_RevB). - Épaisseur (\( e \)) : \( 0{,}40 \text{ m} \)
Source exacte : Rapport géotechnique de conception G2 PRO (Chapitre 4 : Recommandations PST). - Densité sèche cible (\( \gamma_{\text{d}} \)) : \( 1{,}55 \text{ t/m}^3 \)
Source exacte : Procès-verbal d'essai Proctor Normal (Norme NF P 94-093) réalisé par le laboratoire.
Je m'assure de bien harmoniser les unités. Garder l'épaisseur en mètres (\( \text{m} \)) et la surface en mètres carrés (\( \text{m}^2 \)) donne directement des mètres cubes (\( \text{m}^3 \)). Conserver la masse volumique en tonnes par mètre cube (\( \text{t/m}^3 \)) permet d'obtenir un résultat directement exploitable en tonnes (\( \text{t} \)) pour les commandes.
Exécution de la Note de Calculs
J'applique rigoureusement les formules ci-dessus pour quantifier la matière à stabiliser.
Je multiplie la surface totale de la plateforme par l'épaisseur de réglage du pulvimixeur pour obtenir le cubage total de terre.
J'applique la densité sèche de l'essai Proctor sur ce cubage géométrique pour déduire le tonnage pur de grains solides.
INTERPRÉTATION TECHNIQUE : La plateforme de 5 000 m² contient un volume foisonné ou en place qui devra, une fois compacté, représenter une ossature solide de 3 100 tonnes de grains d'argile purs.
Un tonnage de 3 100 tonnes est tout à fait standard pour un terrassement industriel.
À titre de comparaison, cela représente la charge utile d'environ 100 camions semi-remorques bennes si l'on devait l'évacuer. Traiter en place est donc bien plus économique et écologique.
L'erreur majeure consiste à utiliser la masse volumique humide (\( \gamma_{\text{h}} \)) au lieu de la masse volumique sèche (\( \gamma_{\text{d}} \)).
L'eau ajoutée par la nature ne nécessite pas d'être stabilisée à la chaux, seul le squelette solide compte !
❓ Question Fréquente
Pourquoi prendre la densité sèche ciblée APRÈS compactage plutôt que celle du sol en place avant travaux ?
Car c'est l'objectif final de la plateforme ! La chaux est répartie dans le volume final visé. De plus, c'est ce paramètre (\( \gamma_{\text{d}} \)) que le laboratoire utilise pour formuler son dosage optimal lors de l'étude géotechnique.
🎯 Objectif Technique
Définir le tonnage global de liant pulvérulent (chaux vive) nécessaire pour :
- Assécher l'argile.
- Modifier sa plasticité (floculation des argiles).
- Initier les réactions pouzzolaniques pour garantir la pérennité de la PST.
Sachant que le pourcentage de traitement prescrit (2,5 %) s'applique par définition à la masse de sol sec calculée à l'étape précédente, j'applique un simple ratio de pourcentage pour trouver le besoin global en liant.
En mécanique des sols, un dosage d'adjuvant (\( d \)) est toujours massique et s'exprime vis-à-vis du poids sec total des agrégats.
La chaux vive agit doublement : elle consomme l'eau interstitielle de l'argile par réaction fortement exothermique, puis elle modifie la structure chimique intime du sol.
| État hydrique (Wnat) | Objectif de Portance | Dosage préconisé (d_chaux) |
|---|---|---|
| Humide (\( W_{\text{nat}} \) < 22 %) | IPI ≥ 10 | 1,0 % à 1,5 % |
| Très Humide (22 % < \( W_{\text{nat}} \) < 28 %) | IPI ≥ 15 (Objectif PST) | 2,0 % à 3,0 % |
| Sur-humide (\( W_{\text{nat}} \) > 28 %) | IPI ≥ 10 | > 3,0 % (ou traitement mixte) |
Pour déterminer la quantité de liant à incorporer (\( M_{\text{chaux}} \)), on applique le pourcentage de traitement massique (\( d_{\text{chaux}} \)) directement sur la masse de la matrice solide du sol calculée précédemment (\( M_{\text{sol sec}} \)).
- Masse de sol sec (\( M_{\text{sol sec}} \)) : \( 3\,100 \text{ t} \)
Source exacte : Résultat calculé et validé à l'issue de la Question 1. - Dosage en chaux (\( d_{\text{chaux}} \)) : 2,5 %
Source exacte : Note de calcul G2 PRO - Paragraphe 4.2 Recommandations de traitement.
Je vérifie toujours que je manipule la valeur du pourcentage sous forme décimale dans les calculs (ex: 2,5 % = 0,025) pour éviter de me tromper d'un facteur 100 dans la commande de matériaux !
Exécution de la Note de Calculs
J'applique le ratio de dosage sur la masse totale sèche pour connaître mon besoin en commande.
Je traduis le pourcentage en valeur décimale puis je le multiplie par le tonnage de sol sec total de la plateforme.
INTERPRÉTATION LOGISTIQUE : J'approvisionnerai exactement 77,5 tonnes de chaux vive pour traiter cette parcelle dans les conditions idéales, soit le volume d'environ 3 camions-citernes pulvérulents complets (capacité typique de 25 t à 28 t par semi-remorque).
Un dosage à 2,5 % est très usuel pour de l'amélioration de sol (le seuil de floculation pur se situant généralement autour de 1 % à 1,5 %). Au-delà de 3 % on parle souvent de véritable "stabilisation" cherchant une forte augmentation des résistances mécaniques à long terme.
La valeur au bleu (\( \text{VBS} = 4{,}5 \)) et l'indice de plasticité (\( I_{\text{p}} = 25 \)) confirment que l'utilisation exclusive de chaux vive est obligatoire selon le GTR pour floculer ces argiles avant tout traitement hydraulique ultérieur.
Ne commandez jamais exactement "au kilogramme près".
Sur chantier, de multiples aléas imposent généralement de majorer discrètement la commande (souvent de l'ordre de +3 à +5 %) :
- Les pertes dues au vent (légère envolée de poussière lors de l'épandage).
- Les fonds de silo inexploitables.
- Les recroisements de passes obligatoires.
❓ Question Fréquente
Pourquoi utilise-t-on de la chaux vive plutôt que du ciment sur ces argiles ?
Le ciment est inefficace si le sol contient trop d'eau et de matières plastiques (le ciment a besoin d'un squelette "propre" pour lier les grains, comme le sable ou les graves). La chaux vive (Oxyde de Calcium, CaO), elle, assèche chimiquement le sol et casse la plasticité de l'argile. Sur une argile pure et très humide, la chaux est incontournable.
🎯 Objectif Technique
Traduire le tonnage global calculé en une consigne de terrain concrète : la quantité de liant que l'épandeur de chantier doit déposer par mètre carré lors de son passage. C'est cette valeur que l'opérateur saisira dans l'ordinateur de sa machine asservie.
L'objectif logistique secondaire est de déterminer le nombre de rotations (pleins) de l'engin afin de planifier les cycles de ravitaillement depuis le silo de stockage principal.
L'épandeur travaille en deux dimensions sur la surface du terrain. Le taux d'épandage représente simplement la "répartition" de la masse totale de chaux sur la surface totale de la plateforme.
Pour la logistique, je dois calculer la charge utile maximale que peut contenir la cuve de l'épandeur en multipliant son volume par la masse volumique de la chaux pulvérulente, puis je diviserai le besoin total par cette charge utile pour obtenir le nombre de trajets.
Le Taux d'épandage (\( T_{\text{e}} \)) s'exprime typiquement en \( \text{kg/m}^2 \). Les engins modernes régulent automatiquement leur débit de trappe en fonction de la vitesse d'avancement du porteur pour garantir que ce taux soit constant sur toute la surface de roulement.
Concernant la logistique, la masse transportée par un engin (\( M_{\text{cuve}} \)) est toujours contrainte par le volume de son contenant (\( V_{\text{cuve}} \)) et la densité du matériau transporté à l'état foisonné/non compacté (\( \gamma_{\text{chaux}} \)).
| Vitesse d'avancement du tracteur | Ouverture de la trappe d'épandage | Taux d'épandage cible (\( T_{\text{e}} \)) |
|---|---|---|
| 2,0 km/h | 40 % | 15,5 kg/m² |
| 3,0 km/h | 60 % | 15,5 kg/m² |
| 4,0 km/h | 80 % | 15,5 kg/m² |
L'approche consiste à répartir équitablement la masse totale de liant (\( M_{\text{chaux}} \)) sur la superficie totale de la plateforme (\( S \)). On applique un facteur de conversion multiplicatif (\( \times 1\,000 \)) pour transformer les tonnes en kilogrammes afin d'obtenir une densité surfacique continue (\( T_{\text{e}} \)) directement en kg/m².
Le tonnage maximum embarqué par l'épandeur (\( M_{\text{cuve}} \)) est le produit de son volume de cuve (\( V_{\text{cuve}} \)) par la masse volumique de la chaux en vrac (\( \gamma_{\text{chaux}} \)).
Le nombre de pleins théorique (\( N_{\text{rotations}} \)) s'obtient en divisant le besoin total de chaux par la capacité d'une cuve. Ce résultat doit être arrondi à l'entier supérieur.
- Masse de chaux totale (\( M_{\text{chaux}} \)) : 77,5 t = 77 500 kg
Source exacte : Bilan validé à l'issue de la Question 2. - Surface (\( S \)) : \( 5\,000 \text{ m}^2 \)
Source exacte : Plan d'emprise topographique (Réf: EXE-ZAC-01_RevB). - Capacité cuve (\( V_{\text{cuve}} \)) : \( 12 \text{ m}^3 \)
Source exacte : Fiche technique de l'épandeur (Section 2 - Matériel de terrassement). - Densité chaux en vrac (\( \gamma_{\text{chaux}} \)) : \( 0{,}90 \text{ t/m}^3 \)
Source exacte : Fiche technique liant (Section 2 - Matériel de terrassement).
Je m'assure de convertir la masse de chaux (calculée en tonnes) en kilogrammes avant la division par la surface, car les machines d'épandage s'étalonnent exclusivement en \( \text{kg/m}^2 \). Concernant le nombre de rotations, il faut toujours prévoir des entiers : on ne fait pas "0,17 plein".
Exécution de la Note de Calculs
J'applique les formules pour trouver le taux d'épandage, puis j'évalue la logistique du camion d'épandage.
Afin d'obtenir des kilogrammes par mètre carré pour l'épandeur, je convertis la masse totale de chaux en kg, puis je la divise par l'aire de la plateforme.
INTERPRÉTATION OPÉRATIONNELLE : L'opérateur de la répandeuse devra programmer son asservissement sur \( 15{,}5 \text{ kg/m}^2 \). Pour traiter l'ensemble des 5 000 m², le camion devra faire 8 rotations complètes depuis le silo de stockage principal jusqu'à la zone de travail.
Ce résultat de 8 pleins est un indicateur capital pour le chef de chantier : il permet d'estimer le temps de cycle global de l'atelier de traitement (temps de remplissage au silo + temps de trajet + temps de vidange de l'épandeur).
Le pulvimixeur, qui travaille plus lentement, ne sera de toute façon jamais freiné par l'épandeur dont le rendement de vidage est très élevé.
L'épaisseur de \( e = 0{,}40 \text{ m} \) est à la limite technologique supérieure des pulvimixeurs standards. De plus, le foisonnement de malaxage (estimé à environ + 20 %) fera gonfler la couche pendant le traitement : l'épaisseur géométrique non compactée atteindra alors \( 0{,}40 \times 1{,}20 = \mathbf{0{,}48 \text{ m}} \).
- Un taux d'épandage trop élevé (ex: au delà de \( 20 \text{ kg/m}^2 \)) en une seule "passe" crée des poches de chaux non hydratées au fond du malaxage.
- Si le rotor ne descend efficacement qu'à 30 cm, il faudra réaliser le traitement en deux passes croisées avec un décapage intermédiaire.
❓ Question Fréquente
Que se passe-t-il si la répandeuse roule plus vite ?
Sur les engins de dernière génération avec asservissement à l'avancement, l'ordinateur ouvre automatiquement plus grand la trappe d'épandage si la vitesse augmente, afin de maintenir le taux de consigne de \( 15{,}5 \text{ kg/m}^2 \) parfaitement constant de bout en bout de la ligne.
🎯 Objectif Technique
Adapter rapidement les quantités de matériaux en réponse à un bouleversement hydrique du chantier.
L'augmentation critique de la teneur en eau oblige l'ingénieur à "corriger" le tir en compensant cet excédent d'eau par l'apport chimique d'une quantité supplémentaire de chaux vive (effet asséchant par hydratation exothermique : \( CaO + H_2O \rightarrow Ca(OH)_2 + \text{Chaleur} \)).
Le laboratoire indique que le nouveau dosage salvateur s'élève à 3,5 %. Mon volume et ma masse sèche de sol à traiter en place (les argiles elles-mêmes) n'ont pas changé car la pluie n'a ajouté que de l'eau dans les vides !
Je calcule donc simplement le nouveau besoin théorique en chaux et je soustrais la chaux que j'avais déjà prévue de commander.
La masse de sol sec de référence reste rigoureusement identique (\( M_{\text{sol sec}} = 3\,100 \text{ t} \)). L'augmentation du dosage compense l'excès d'eau selon une règle géotechnique empirique : l'ajout de 1 % de chaux vive (CL 90-Q) permet de faire chuter la teneur en eau d'environ 2 % :
- 1 % consommé par hydratation chimique pure : \( CaO + H_2O \rightarrow Ca(OH)_2 \).
- Environ 1 % évaporé sous forme de vapeur grâce à la puissante chaleur exothermique dégagée.
Ce surdosage de +1 % absorbe donc virtuellement la hausse de +2 % de la teneur en eau causée par les averses. La différence de tonnage de liant détermine la commande d'urgence.
Le calcul de l'ajustement de commande (\( \Delta M_{\text{chaux}} \)) nécessite de soustraire la quantité de chaux initialement prévue (\( M_{\text{chaux (initial)}} \)) du nouveau besoin total estimé avec le dosage majoré (\( d'_{\text{chaux}} \)).
- Nouveau Dosage (\( d'_{\text{chaux}} \)) : 3,5 %
Source exacte : Fiche d'alerte météo et nouvelle consigne urgente du laboratoire (Mail de la Direction Technique du 06/05 à 08h15). - Masse de sol sec (\( M_{\text{sol sec}} \)) : \( 3\,100 \text{ t} \)
Source exacte : Résultat calculé et validé à l'issue de la Question 1 (valeur inchangée par la pluie). - Tonnage prévu initialement (\( M_{\text{chaux (initial)}} \)) : \( 77{,}5 \text{ t} \)
Source exacte : Bilan validé à l'issue de la Question 2.
Pour gagner du temps en cas d'urgence en réunion de chantier, je factorise la formule mentalement : l'écart de tonnage correspond à l'écart de pourcentage (3,5 % - 2,5 % = 1 %) appliqué à la masse sèche (donc 1 % de 3 100 t).
Exécution de la Note de Calculs
J'exécute le calcul du nouveau tonnage global cible en appliquant le nouveau ratio, puis je réalise la soustraction finale.
Je calcule d'abord le besoin intégral en liant avec le nouveau dosage de 3,5 % appliqué sur notre masse sèche de référence.
Je retranche de cette nouvelle valeur cible le tonnage de 77,5 tonnes que nous avions déjà planifié de commander.
INTERPRÉTATION LOGISTIQUE : Face à cet aléa climatique majeur, l'ingénieur déclenche d'urgence une commande supplémentaire de 31 tonnes de chaux vive. Cela représente un camion semi-remorque citerne complet en plus (soit un fort surcoût pour le chantier, à notifier au maître d'ouvrage via constat contradictoire).
Passer de 2,5 % à 3,5 % parait anodin sur le papier, mais génère une augmentation sèche de +40 % de la consommation de liant. La sensibilité économique du poste de traitement aux intempéries est colossale.
Sur le plan logistique, cet aléa impacte directement l'atelier : le besoin total de chaux passant à 108,5 t, l'épandeur devra désormais réaliser 11 rotations complètes (\( 108{,}5 / 10{,}8 \approx 10{,}04 \text{ pleins} \)) au lieu des 8 prévues initialement à la Question 3.
Par ailleurs, ce surdosage nécessitera d'allonger le délai de maturation (généralement 24h à 48h) avant d'autoriser le compactage de réglage, pour éviter un gonflement ultérieur de la PST.
N'omettez pas de recalculer la nouvelle consigne de l'épandeur (\( T_{\text{e}} \)) pour le conducteur de la machine. Le nouveau taux d'épandage sera de \( \frac{108\,500}{5\,000} = 21{,}7 \text{ kg/m}^2 \).
❓ Question Fréquente
Et si la teneur en eau avait baissé drastiquement à cause de la canicule ?
À l'inverse, l'argile deviendrait trop sèche pour permettre l'hydratation de la chaux (manque d'eau pour la réaction) et surtout pour atteindre l'optimum de compactage (OPN). Il faudrait alors utiliser une répandeuse à eau avant le passage de la chaux ou opter pour un lait de chaux.








