Exercice corrigé EN 1944 EN 1937

Prédiction de la Cavitation à l'Entrée d'une Pompe

GCÉquipe EtudiantGénieCivilMis à jour le 27 juillet 2026 76 min de lecture 4 vues
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NIVEAU : Licence / Master — Machines Hydrauliques DOMAINE : Les Fondamentaux de l'Hydraulique THÈME : Cavitation & NPSH d'une conduite d'aspiration

Prédiction de la Cavitation à l'Entrée d'une Pompe

Bernoulli, pertes de charge et NPSH disponible d'une pompe aspirant de l'eau à 60 °C
⏱️
Temps Estimé 70 min
🧠
Prérequis Équation de continuité · Nombre de Reynolds · Colebrook-White et diagramme de Moody · Théorème de Bernoulli généralisé · Pression de vapeur saturante
1. Présentation du Projet CAHIER DES CHARGES
📋
🚨 Message Urgent / Note de Service

Objet : validation NPSH de la pompe de reprise du circuit d'eau chaude — avant mise en service. La pompe est installée, la tuyauterie est posée, et le fournisseur attend la note de validation avant démarrage. L'installation semble confortable, mais deux points méritent d'être regardés de près : la définition exacte du NPSH disponible , et la température de service de 60 °C — l'eau chaude réduit la marge bien plus vite qu'on ne l'imagine. 🌡️

  • 📧 Expéditeur : Service maintenance de l'usine, en copie le fournisseur de la pompe.
  • L'urgence : mise en service prévue lundi . Une pompe qui cavite ne tombe pas en panne tout de suite : elle s'use silencieusement pendant des mois, puis la roue lâche.
  • 🎯 L'attente : un NPSH disponible calculé selon la définition normalisée , une marge chiffrée, et surtout la température maximale que l'installation peut encaisser.
📝 Contexte de l'Étude & Enjeux
🌸

🌟 Le Contexte : Une pompe n'aspire pas l'eau : elle crée une dépression , et c'est la pression atmosphérique qui pousse l'eau dans la conduite. Cette dépression a une limite absolue — le jour où la pression locale descend jusqu'à la pression de vapeur saturante , l'eau se met à bouillir à froid . Les bulles ainsi formées sont entraînées vers la roue, où la pression remonte brutalement : elles implosent . Chaque implosion projette un micro-jet à plusieurs centaines de mètres par seconde contre le métal. C'est la cavitation , et elle mange une roue de pompe comme un jet de sable. Ici, l'eau est à 60 °C — sa pression de vapeur est déjà huit fois celle de l'eau froide. 🔥

🏗️ Les Points Clés du Projet

Pour avancer sereinement, voici les éléments fondamentaux que vous devez avoir à l'esprit. Gardez un œil attentif sur ces critères déterminants :

  • 🏢
    Enjeu Principal : Une pompe centrifuge placée 2 m au-dessus du plan d'eau, aspirant 40 m³/h d'eau à 60 °C par une conduite de 80 mm . Le constructeur exige NPSHr = 3,5 m.
  • 📐
    Environnement : Réservoir ouvert à l'atmosphère, au niveau de la mer . Deux paramètres qui jouent en notre faveur — et qu'il faudra rediscuter si l'installation était en altitude ou sous vide partiel.
  • 🎯
    L'objectif final : Comparer deux grandeurs homogènes : le NPSH que l' installation offre et celui que la pompe réclame . Encore faut-il les calculer de la même façon — c'est tout l'enjeu de la Question 4.
  • 💡
    L'astuce de l'ingénieur : Le NPSH disponible s'écrit sans la vitesse quand on part du réservoir. Si votre formule fait apparaître un terme cinétique, c'est que vous l'avez retranché deux fois . 🖍️
🎯
🏗️
Votre Mission (Si vous l'acceptez) :

Dérouler la chaîne complète : vitesse et Reynolds , puis pertes de charge de la conduite d'aspiration, puis pression absolue à l'entrée de la pompe par Bernoulli, et enfin le NPSH disponible . Et vérifier que la définition employée est bien celle sur laquelle le constructeur a mesuré son NPSHr. 👷

  • 🏗️ Le grand défi : le NPSH est défini sur la charge totale au bride d'aspiration — pression plus hauteur cinétique. Employer la pression seule, c'est comparer des grandeurs qui ne se comparent pas.
  • 📐 Votre rôle : livrer un NPSH disponible conforme à la définition normalisée , la marge associée, et les deux limites d'exploitation que l'énoncé ne calcule jamais : hauteur d'aspiration maximale et température maximale.
📐 PLAN DE REPÉRAGE
📌
📌
Point A — surface libre, P = P_atm = 101 325 Pa, v ≈ 0 RÉSERVOIR OUVERT Eau à 60 °C ρ = 983 kg/m³ P_v = 19 940 Pa crépine K = 1,5 coude 90° K = 0,4 Conduite d'aspiration — L = 5,0 m · D = 80 mm · ε = 0,05 mm v = 2,21 m/s · Re = 373 000 · λ = 0,0187 POMPE NPSH_r = 3,5 m Point E — bride d'aspiration refoulement z_asp = 2,0 m (pompe au-dessus du plan d'eau) plan de référence

Lecture du schéma : la pompe est en aspiration , c'est-à-dire au-dessus du plan d'eau. Entre le point A (surface libre, pression atmosphérique, vitesse nulle) et le point E (bride d'aspiration), l'eau perd de l'énergie de trois façons : elle monte de 2 m , elle accélère jusqu'à 2,21 m/s, et elle frotte contre la crépine, le coude et les parois. Le plan de référence du NPSH est l' axe de la pompe .

📋
Livrables Attendus (Checklist) :
  • Livrable 1 — Note NPSH : le NPSH disponible calculé selon la définition normalisée (charge totale au bride d'aspiration), la marge par rapport au NPSHr du constructeur et le ratio correspondant.
  • Livrable 2 — Limites d'exploitation : la hauteur d'aspiration maximale admissible et la température maximale du fluide. Ce sont ces deux nombres que l'exploitant doit connaître — bien plus qu'un NPSH isolé. 🌡️
🚨
🚨
Alerte de Dernière Minute

Le monteur signale que la crépine posée en fond de bâche est en réalité une crépine avec clapet de pied — indispensable pour garder la pompe amorcée entre deux démarrages. Or le calcul est établi avec K = 1,5 , qui correspond à une crépine sans clapet. 😱

  • 😱 Le problème inattendu : les tables usuelles donnent plutôt K ≈ 4 pour la crépine et K ≈ 2 pour le clapet , soit 6 au total — quatre fois la valeur retenue.
  • Conséquence immédiate : les pertes de charge passeraient de 0,76 m à 1,88 m , et le NPSH disponible chuterait de 5,68 m à 4,56 m . On reste au-dessus du requis, mais la marge fond de moitié. ⚠️
2. Données Techniques & Normes

Toutes les valeurs proviennent de l'énoncé et sont conservées telles quelles . Les propriétés de l'eau à 60 °C ont été recoupées avec les tables thermodynamiques et sont exactes. Le cadre normatif est celui de l' ISO 9906 pour la définition et la mesure du NPSH requis.

📚 Formulaire & Aide-Mémoire (À consulter en cas de besoin)

Retrouvez ici les formules principales pour cet exercice. Ne les apprenez pas par cœur, comprenez comment les appliquer !

  • Vitesse débitante \( v = \dfrac{Q_v}{S} = \dfrac{4 Q_v}{\pi D^2} \)
  • Nombre de Reynolds \( Re = \dfrac{v D}{\nu} \)
  • Colebrook-White (implicite) \( \dfrac{1}{\sqrt{\lambda}} = -2 \log_{10} \left( \dfrac{\varepsilon/D}{3{,}7} + \dfrac{2{,}51}{Re \sqrt{\lambda}} \right) \)
  • Approximation de Haaland (explicite) \( \dfrac{1}{\sqrt{\lambda}} = -1{,}8 \log_{10} \left[ \left( \dfrac{\varepsilon/D}{3{,}7} \right)^{1{,}11} + \dfrac{6{,}9}{Re} \right] \)
  • Pertes de charge totales \( J = \left( \lambda \dfrac{L}{D} + \sum K \right) \dfrac{v^2}{2g} \)
  • Bernoulli généralisé entre A et E \( \dfrac{P_A}{\rho g} + z_A + \dfrac{v_A^2}{2g} = \dfrac{P_E}{\rho g} + z_E + \dfrac{v_E^2}{2g} + J \)
  • NPSH disponible (définition normalisée) \( NPSH_a = \dfrac{P_E}{\rho g} + \dfrac{v_E^2}{2g} - \dfrac{P_v}{\rho g} \)
  • NPSH disponible (forme directe) \( NPSH_a = \dfrac{P_{atm} - P_v}{\rho g} - z_{asp} - J_{asp} \)
  • Condition de non-cavitation \( NPSH_a \geq NPSH_r + \text{marge} \)
📋
Hypothèses et Paramètres de l'Étude
🏗️ PROPRIÉTÉS DU FLUIDE — EAU À 60 °C
Symbole Description Valeur Unité
\(\rho\) Masse volumique de l'eau à 60 °C 📜 Tables de l'eau — vérifié 983 kg/m³
\(\nu\) Viscosité cinématique à 60 °C 📜 Tables de l'eau — vérifié 0,474 × 10−6 m²/s
\(P_v\) Pression de vapeur saturante à 60 °C — le paramètre le plus sensible de tout l'exercice 📜 Tables de l'eau — vérifié 19 940 Pa
\(P_{atm}\) Pression atmosphérique au niveau de la mer 101 325 Pa
🌡️
Ce que la température change vraiment
  • À 20 °C : \( P_v = 2\,339 \ \text{Pa} \), soit \( P_v / \rho g = 0{,}24 \ \text{m} \)
  • À 60 °C : \( P_v = 19\,940 \ \text{Pa} \), soit \( P_v / \rho g = 2{,}07 \ \text{m} \) — huit fois plus
  • À 80 °C : \( P_v = 47\,390 \ \text{Pa} \), soit \( P_v / \rho g = 4{,}97 \ \text{m} \) — vingt fois plus
⬇️ INSTALLATION D'ASPIRATION ET POMPE
Symbole Description Valeur Unité
\(Q_v\) Débit volumique aspiré 40 m³/h
\(z_{asp}\) Hauteur d'aspiration — axe de la pompe au-dessus du plan d'eau 2,0 m
\(L\) / \(D\) / \(\varepsilon\) Conduite d'aspiration : longueur, diamètre intérieur, rugosité 5,0 / 0,080 / 0,05 × 10−3 m
\(\sum K\) Pertes singulières : coude 90° (0,4) + crépine (1,5) ⚠️ Valeur optimiste — voir Q4 1,9
\(NPSH_r\) NPSH requis par la pompe — mesuré à la chute de 3 % de hauteur manométrique 📜 ISO 9906 — NPSH3 3,5 m
🌪️
Hypothèses de calcul
  • Régime : permanent , conduite pleine, section circulaire constante
  • Réservoir : surface libre grande devant la section de la conduite, donc \( v_A \approx 0 \)
  • Plan de référence : axe de la pompe , donc \( z_E = 0 \) et \( z_A = +2{,}0 \) m
  • Pressions : toutes absolues — Bernoulli et le NPSH ne se manipulent jamais en pression relative
📊 Extraits de Normes & Abaques (Documents Annexes)

Servez-vous des documents ci-dessous pour extraire les coefficients nécessaires à votre résolution.

📌 Propriétés de l'eau saturée — extrait
Température ρ (kg/m³) — P_v (Pa) — ν (m²/s)
20 °C 998,2 — 2 339 — 1,004 × 10−6
40 °C 992,2 — 7 384 — 0,658 × 10−6
60 °C — cas de l'étude 983,2 — 19 940 — 0,474 × 10−6
70 °C 977,8 — 31 190 — 0,413 × 10−6
80 °C 971,8 — 47 390 — 0,365 × 10−6
90 °C 965,3 — 70 140 — 0,326 × 10−6
📌 Coefficients de pertes singulières usuels en aspiration
Accessoire Coefficient K usuel
Coude 90° à grand rayon 0,3 à 0,5 — valeur de l'énoncé : 0,4 ✅
Coude 90° à petit rayon 0,75 à 0,9
Crépine simple (sans clapet) environ 4 — valeur de l'énoncé : 1,5 ⚠️
Clapet de pied (de retenue) environ 2, en plus de la crépine
📉 Lecture des abaques

Les deux tableaux se lisent ensemble . La table de l'eau montre que la pression de vapeur croît de façon explosive avec la température : de 20 à 80 °C, elle est multipliée par vingt . La table des coefficients montre que la valeur retenue pour la crépine est nettement optimiste . Ces deux incertitudes vont dans le même sens : elles font paraître l'installation plus sûre qu'elle ne l'est. C'est exactement le type d'accumulation qu'il faut traquer dans une note de NPSH. ⚠️

3. Méthodologie de Résolution & Travail Demandé

Afin d'assurer un dimensionnement sécuritaire et conforme aux standards, nous procédons selon les étapes méthodiques détaillées ci-dessous.

1

Question 1 : Vitesse dans la conduite et nombre de Reynolds

🏷️ Continuité ⏱️ 10 min | ⭐ Facile
🎯 But de l'étape : Deux grandeurs, deux rôles distincts : la vitesse servira au calcul des pertes de charge et de la hauteur cinétique, le Reynolds servira uniquement à choisir la bonne loi de frottement.
Énoncé Q1 : Calculer la vitesse moyenne de l'eau dans la conduite d'aspiration de 80 mm pour un débit de 40 m³/h , puis le nombre de Reynolds . 📐 Concluez sur le régime d'écoulement.
💡 Besoin d'un indice ? (Niveau 1)

Le piège de cette question n'est pas la formule mais les unités : le débit est en m³/ heure et le diamètre en millimètres .

🔑 Toujours bloqué ? (Indice Niveau 2)

\( v = 4 Q_v / (\pi D^2) \) avec \( Q_v \) en m³/s et \( D \) en m. Puis \( Re = v D / \nu \) — la viscosité est cinématique , donc pas de masse volumique à introduire.

2

Question 2 : Coefficient de frottement et pertes de charge d'aspiration

🏷️ Colebrook-White ⏱️ 20 min | ⭐⭐ Moyen
🎯 But de l'étape : Les pertes de charge sont l'ennemi direct du NPSH : chaque mètre perdu ici est un mètre de marge en moins face à la cavitation.
Énoncé Q2 : Déterminer le coefficient de perte de charge linéaire λ par la formule de Colebrook-White, puis calculer les pertes de charge totales de la conduite d'aspiration. ⚙️ Précisez la part respective des pertes linéaires et singulières.
💡 Besoin d'un indice ? (Niveau 1)

Colebrook est implicite : λ apparaît des deux côtés. On l'itère, ou l'on utilise une formule explicite approchée pour démarrer.

🔑 Toujours bloqué ? (Indice Niveau 2)

Posez \( x = 1/\sqrt{\lambda} \). L'équation devient \( x = -2 \log_{10}(\varepsilon/3{,}7D + 2{,}51 x / Re) \), qui converge en trois itérations depuis \( x = 7 \).

3

Question 3 : Pression absolue à l'entrée de la pompe

🏷️ Bernoulli généralisé ⏱️ 15 min | ⭐⭐ Moyen
🎯 But de l'étape : Établir la dépression réelle que subit le fluide au bride d'aspiration — le résultat le plus parlant physiquement, même s'il ne sera pas utilisé tel quel au calcul du NPSH.
Énoncé Q3 : Appliquer le théorème de Bernoulli généralisé entre la surface libre du réservoir (point A) et la bride d'aspiration (point E) pour calculer la pression absolue \( P_E \) . 💧 Détaillez les trois termes qui font chuter la pression entre A et E.
💡 Besoin d'un indice ? (Niveau 1)

Placez l'origine des altitudes à l'axe de la pompe . Le réservoir est alors à \( z_A = +2 \) m, et deux termes de l'équation s'annulent d'emblée.

🔑 Toujours bloqué ? (Indice Niveau 2)

\( \dfrac{P_E}{\rho g} = \dfrac{P_{atm}}{\rho g} - z_{asp} - \dfrac{v_E^2}{2g} - J_{asp} \). Trois retraits : l' élévation , l' accélération et le frottement .

4

Question 4 (Finale) : NPSH disponible, marge et limites d'exploitation

🏷️ Critère de cavitation ⏱️ 25 min | ☠️ BOSS
🎯 But de l'étape : Le verdict. Mais attention — la formule employée doit être exactement celle sur laquelle le constructeur a mesuré son NPSH requis, faute de quoi la comparaison n'a aucun sens.
☠️ Mention spéciale — le piège de la hauteur cinétique : le NPSH est défini sur la charge totale au bride d'aspiration : pression plus vitesse . Or on vient justement, en Question 3, de retrancher la hauteur cinétique pour obtenir \( P_E \). Si on l'oublie, on la compte deux fois .
👉 Calculer le NPSH disponible selon la définition normalisée, le comparer au NPSH requis et chiffrer la marge . Puis déterminer les deux limites d'exploitation que l'énoncé ne demande pas mais que l'exploitant réclamera : hauteur d'aspiration maximale et température maximale du fluide. Enfin, reprendre le calcul avec un clapet de pied .
💡 Besoin d'un indice ? (Niveau 1)

Écrivez le NPSH disponible directement à partir du réservoir , sans passer par \( P_E \). Vous constaterez que la vitesse disparaît d'elle-même de l'expression.

🔑 Toujours bloqué ? (Indice Niveau 2)

\( NPSH_a = \dfrac{P_{atm} - P_v}{\rho g} - z_{asp} - J_{asp} \). Pour les limites, il suffit d'inverser cette relation en imposant \( NPSH_a = NPSH_r + \text{marge} \).

🛑

Sas de Préparation

Avant de consulter la correction détaillée, assurez-vous d'avoir pris le temps de chercher. La vraie progression se trouve dans la réflexion, pas dans la lecture passive !

📝 Brouillon prêt 📐 Calculatrice ON 🧠 Neurones chauds
NOTE DE CALCULS

Prédiction de la Cavitation à l'Entrée d'une Pompe

1
Question 1 : Vitesse dans la conduite et nombre de Reynolds
🧠
💡
Dans la tête de l'ingénieur

"Deux nombres, deux usages complètement différents. La vitesse , je vais la retrouver partout : dans les pertes de charge, dans la hauteur cinétique, dans le NPSH. Le Reynolds , en revanche, je ne l'utiliserai qu'une seule fois — pour choisir la bonne formule de frottement. Et honnêtement, à cette vitesse et ce diamètre, je sais déjà qu'on sera turbulent : je le calcule pour la forme, et parce qu'il entre dans Colebrook."

  • 🔎 Observation : l'énoncé mélange les unités — m³/h pour le débit, mm pour le diamètre. C'est réaliste : c'est exactement ce qu'on trouve sur une fiche technique de pompe.
  • 🤔 Analyse du risque : une erreur sur le diamètre est catastrophique car elle intervient au carré dans la section, donc au carré dans la vitesse, donc à la puissance quatre dans les pertes de charge.
  • Choix stratégique : tout convertir en unités SI dès la première ligne et ne plus jamais y revenir. C'est la seule discipline qui protège vraiment.
  • 💡 Alternative : on pourrait travailler en m³/h et mm avec des facteurs correctifs. C'est plus rapide, et c'est la meilleure façon de se tromper .
  • 🎯 Objectif visé : obtenir la vitesse, dont le carré va gouverner à la fois les pertes de charge et la hauteur cinétique du NPSH.
👀 Voir uniquement le résultat final (Auto-évaluation)
v = 2,21 m/s ; Re ≈ 373 000 → écoulement turbulent
AIDE-MÉMOIRE
📋 Données extraites pour l'étape :
  • 🔸 Q_v = 40 m³/h (à convertir en m³/s)
  • 🔸 D = 80 mm (soit 0,080 m — diamètre intérieur)
  • 🔸 ν = 0,474 × 10−6 m²/s (viscosité cinématique à 60 °C)
  • 🔸 ρ = 983 kg/m³ (non utilisée ici — la viscosité est cinématique)
  • 🔸 g = 9,81 m/s²
Rappel Théorique : continuité et régimes d'écoulement

Deux notions élémentaires, mais dont la portée dans cet exercice est considérable : la vitesse conditionne tout le bilan énergétique, et le régime décide de la loi de frottement à employer. 💧

  • La continuité : en régime permanent et fluide incompressible, le débit se conserve. La vitesse débitante \( v = Q_v / S \) est celle qui transporte le bon débit à travers la section entière.
  • Le nombre de Reynolds : il compare les forces d' inertie aux forces de viscosité . En dessous de 2 000 , l'écoulement est laminaire — les filets de fluide glissent en couches parallèles. Au-dessus de 4 000 , il est turbulent — chaotique, tourbillonnaire, et c'est le cas quasi général dans l'industrie.
  • Pourquoi cette distinction est décisive : en laminaire, \( \lambda = 64/Re \) et la rugosité ne joue aucun rôle . En turbulent, il faut Colebrook et la rugosité devient déterminante. Se tromper de régime, c'est se tromper de physique.
  • La viscosité chute avec la température : l'eau à 60 °C a une viscosité deux fois plus faible qu'à 20 °C. Le Reynolds est donc doublé — encore plus turbulent.
  • Cinématique et non dynamique : attention, \( \nu \) (nu, cinématique, en m²/s) est le rapport \( \mu / \rho \). Si l'on vous donne \( \mu \) (dynamique, en Pa·s), il faut écrire \( Re = \rho v D / \mu \). 📐
📐 Équations Fondamentales

Deux formules élémentaires, mais dont dépend toute la suite de la note.

Vitesse débitante :

Elle convertit un débit en une cinématique — la grandeur qui gouverne l'énergie du fluide.

💡 Pourquoi cette formule ?

Parce que la conservation de la masse est une loi exacte, sans coefficient empirique. C'est le seul endroit de tout l'exercice où l'on ne fait aucune hypothèse discutable. ✅

  • 📐 Contexte de validité : écoulement permanent , fluide incompressible , conduite pleine — les trois sont vérifiés ici.
  • 🏗️ Avantage : elle relie directement une donnée de projet (le débit) à la grandeur physique qui pilote le risque de cavitation.
  • ⚙️ Paramètre clé : le diamètre au carré . Passer de 80 à 100 mm réduirait la vitesse de 36 % — et les pertes de charge de bien davantage.
  • 🔍 Vérification : recalculer le débit \( v \times S \) et vérifier qu'on retombe sur 40 m³/h. ✅
  • ⚠️ Limite : la vitesse obtenue est une moyenne de section . Le fluide au centre va plus vite ; en turbulent, l'écart reste toutefois modeste.
\[ \begin{aligned} v = \frac{Q_v}{S} = \frac{Q_v}{\pi D^2 / 4} = \frac{4 Q_v}{\pi D^2} \end{aligned} \]
🔍 Que dit cette équation physiquement ? Elle dit qu'un volume donné doit franchir une fenêtre donnée en une seconde. ⚙️ Plus la fenêtre est petite, plus l'eau doit courir vite pour faire passer le même volume. Et courir vite, pour un fluide, cela veut dire frotter davantage et perdre plus de pression . 📐
Décomposition des termes :
  • v : vitesse moyenne débitante dans la conduite, unité : m/s
  • Q_v : débit volumique, unité : m³/s
  • S : section intérieure de la conduite, unité :
  • D : diamètre intérieur (jamais extérieur), unité : m
  • v²/2g : hauteur cinétique, qui reviendra au cœur du calcul du NPSH, unité : m
Nombre de Reynolds :

Il ne sert qu'à une chose ici : décider quelle loi de frottement appliquer en Question 2.

💡 Pourquoi cette formule ?

Parce que la mécanique des fluides n'a pas une seule loi de frottement mais deux régimes distincts, séparés par une transition. Il faut savoir de quel côté on se trouve avant de choisir sa formule. 🔬

  • 📐 Contexte de validité : conduite cylindrique ; pour d'autres géométries, on emploie le diamètre hydraulique .
  • 🏗️ Avantage : c'est un nombre sans dimension : il se transpose d'un fluide à l'autre, d'une échelle à l'autre.
  • ⚙️ Paramètre clé : la viscosité cinématique , qui dépend fortement de la température — d'où l'importance de la préciser.
  • 🔍 Vérification : contrôle dimensionnel — \( (\text{m/s} \times \text{m}) / (\text{m}^2/\text{s}) \) est bien sans dimension . ✅
  • ⚠️ Limite : entre 2 000 et 4 000, on est en zone de transition , instable et mal prédictible. Les concepteurs évitent d'y dimensionner une installation.
\[ \begin{aligned} Re = \frac{v \, D}{\nu} = \frac{\rho \, v \, D}{\mu} \end{aligned} \]
🔍 Que dit cette équation physiquement ? Elle pèse deux tendances opposées. ⚙️ L' inertie veut désorganiser l'écoulement en tourbillons ; la viscosité veut le remettre en couches bien rangées. Quand le rapport dépasse quelques milliers, l'inertie l'emporte définitivement : c'est la turbulence. 📐
Décomposition des termes :
  • Re : nombre de Reynolds, sans dimension, unité :
  • ν : viscosité cinématique , unité : m²/s
  • μ : viscosité dynamique , liée à la précédente par \( \nu = \mu/\rho \), unité : Pa·s
  • ρ : masse volumique du fluide, unité : kg/m³
  • D : diamètre intérieur, longueur caractéristique de l'écoulement, unité : m

!
L'Erreur Classique (Le Piège)

"Beaucoup d'étudiants font l'erreur d'oublier de convertir les m³/h en m³/s . Le calcul se déroule alors sans le moindre message d'alerte, et l'on obtient une vitesse de 7 960 m/s..."

✅ L'approche d'ingénieur : Les unités ne se vérifient pas à la fin , elles se convertissent au début . 📐
  • L'erreur : utiliser 40 au lieu de 0,0111. Le facteur est de 3 600 , ce qui donne une vitesse manifestement absurde — encore faut-il la regarder.
  • La bonne méthode : écrire la conversion explicitement sur une ligne dédiée de la note de calcul, avec les unités barrées. C'est une ligne de plus, et un doute de moins.
  • L'astuce de pro : retenez qu'en conduite, 1 à 3 m/s est la plage économique usuelle. Tout résultat hors de cette fourchette doit déclencher une vérification immédiate.
  • Le moyen mnémotechnique : « divise par 3 600, multiplie par 1 000 » — pour passer des m³/h aux L/s, puis aux m³/s.
  • L'impact direct : un facteur 3 600 sur la vitesse donne un facteur 13 millions sur les pertes de charge, qui varient comme \( v^2 \). Autant dire que la note serait sans aucun rapport avec la réalité. 💥
Exécution de la Note de Calculs
⚠️ Check-up des Unités
  • Q_v : conversion de m³/h vers m³/s — diviser par 3 600
  • D : conversion de mm vers m — diviser par 1 000
  • ε : conversion de mm vers m — même précaution pour la rugosité
  • ν : déjà en m²/s — aucune conversion
  • P_atm et P_v : déjà en Pa , et surtout en pressions absolues

📐 Deux calculs enchaînés, précédés d'une conversion explicite . Le second sert uniquement à valider le choix de la loi de frottement de la Question 2.

1. Résolution Numérique Calcul 1 — Conversion et vitesse débitante

Pourquoi fait-on ce calcul ? Parce que la vitesse intervient au carré dans les pertes de charge et dans la hauteur cinétique. C'est la grandeur la plus réutilisée de tout l'exercice.

⚙️ Méthodologie du calcul :

Conversion d'abord, section ensuite, vitesse enfin. Jamais dans un autre ordre. ⚙️

  • ⚙️ Substitution : \( Q_v = 40/3600 = 0{,}011111 \) m³/s et \( D = 0{,}080 \) m.
  • 📐 Piège évité : utiliser le rayon au lieu du diamètre dans \( \pi D^2/4 \). L'erreur donnerait une section quatre fois trop petite.
  • 📋 Hypothèse validée : conduite pleine et de section constante sur les 5 m d'aspiration.
  • ⚙️ Vérification croisée : \( v \times S = 2{,}2105 \times 0{,}005027 = 0{,}011111 \) m³/s, soit 40,0 m³/h . ✅ Boucle refermée.
  • 🎯 Finalité : fournir \( v^2/2g = 0{,}249 \) m, terme qui reviendra en Q2, Q3 et surtout Q4.
\[ \begin{aligned} Q_v &= \frac{40 \ \text{m}^3/\text{h}}{3600 \ \text{s/h}} = 0{,}011111 \ \text{m}^3/\text{s} \\[4pt] S &= \frac{\pi D^2}{4} = \frac{\pi \times 0{,}080^{2}}{4} = 0{,}005027 \ \text{m}^2 \\[4pt] v &= \frac{0{,}011111}{0{,}005027} = \mathbf{2{,}21} \ \text{m/s} \end{aligned} \]
📊 Analyse intermédiaire du chiffre :

2,21 m/s est une vitesse tout à fait raisonnable en refoulement… mais un peu élevée en aspiration . Les bonnes pratiques recommandent de rester sous 1,5 à 2 m/s côté aspiration, précisément pour préserver le NPSH. ⚠️

  • Ordre de grandeur : dans la plage industrielle usuelle de 1 à 3 m/s — rien d'anormal, mais rien d'optimal non plus.
  • 🏗️ Impact sur la suite : \( v^2/2g = 0{,}249 \) m. C'est ce terme, précisément, qu'on oublie le plus souvent au calcul du NPSH.
  • 🔍 Cohérence : débit reconstitué = 40,0 m³/h. ✅
  • ⚠️ Attention : une conduite d'aspiration se dimensionne plus large que la conduite de refoulement. Ici, passer à DN 100 ferait tomber la vitesse à 1,41 m/s.
  • 📊 Comparaison : à 2,21 m/s, la hauteur cinétique représente 33 % des pertes de charge totales de l'aspiration. Ce n'est pas un terme négligeable.

💡 Remarque pédagogique : Retenez la règle métier : côté aspiration , on privilégie une conduite généreuse et courte ; côté refoulement , on peut serrer davantage. La cavitation ne se produit jamais au refoulement.

Calcul 2 — Nombre de Reynolds et régime d'écoulement

Pourquoi fait-on ce calcul ? Pour choisir la bonne loi de frottement en Question 2, et pour alimenter directement l'équation de Colebrook-White.

⚙️ Méthodologie du calcul :

Application directe, avec la viscosité cinématique — donc sans faire intervenir la masse volumique. 🔬

  • ⚙️ Substitution : \( v = 2{,}2105 \) m/s, \( D = 0{,}080 \) m, \( \nu = 0{,}474 \times 10^{-6} \) m²/s.
  • 📐 Piège évité : ajouter la masse volumique alors que la viscosité fournie est déjà cinématique . On obtiendrait un Reynolds mille fois trop grand.
  • 📋 Hypothèse validée : viscosité prise à 60 °C , la température réelle du fluide — et non à 20 °C par habitude.
  • ⚙️ Vérification croisée : à 20 °C, \( \nu \) vaudrait \( 1{,}004 \times 10^{-6} \) et le Reynolds 176 000 . La température double donc pratiquement le Reynolds.
  • 🎯 Finalité : valider l'emploi de Colebrook-White plutôt que de la loi laminaire.
\[ \begin{aligned} Re &= \frac{v \, D}{\nu} \\ &= \frac{2{,}2105 \times 0{,}080}{0{,}474 \times 10^{-6}} \\ &= \frac{0{,}17684}{0{,}474 \times 10^{-6}} \\ &= \mathbf{373\,000} \quad (\gg 4000 \Rightarrow \text{turbulent}) \end{aligned} \]
📊 Analyse intermédiaire du chiffre :

373 000, c'est quatre-vingt-treize fois le seuil de turbulence. Aucune ambiguïté possible : l'écoulement est pleinement turbulent , et la rugosité de la conduite va donc jouer un rôle réel. 🌀

  • Ordre de grandeur : quelques centaines de milliers — c'est la valeur typique d'une conduite industrielle de ce calibre.
  • 🏗️ Impact sur la suite : il faut employer Colebrook-White (ou le diagramme de Moody), et non \( \lambda = 64/Re \).
  • 🔍 Cohérence : avec \( \lambda = 64/Re \), on trouverait \( \lambda = 0{,}00017 \) — cent fois trop faible. Le régime turbulent dissipe bien davantage .
  • ⚠️ Attention : le Reynolds varie avec la température . Si l'installation démarre à froid, il faudra vérifier que le régime reste turbulent — ce qui sera le cas ici.
  • 📊 Comparaison : pour rester laminaire dans cette conduite, il faudrait un débit de 0,21 m³/h au lieu de 40. Autant dire jamais.

💡 Remarque pédagogique : Il est utile de calculer le Reynolds même quand on sait qu'on sera turbulent : il entre directement dans Colebrook. Ce n'est pas un contrôle, c'est une donnée d'entrée .

🎉
RÉSULTAT FINAL
v = 2,21 m/s — Re ≈ 373 000, écoulement turbulent
"Ce résultat sera crucial pour l'étape suivante !"
🌿
Le mot de la fin (Sur le Chantier)

"Sur une installation de pompage, la conduite d'aspiration est toujours celle qu'on néglige. Elle est courte, elle est en basse pression, elle a l'air anodine. C'est pourtant elle, et elle seule, qui décide si la pompe vivra dix ans ou dix-huit mois."

  • 🏗️ Conséquence pratique : une conduite d'aspiration se pose la plus courte et la plus droite possible , avec un diamètre supérieur à celui du refoulement.
  • 👷 Action corrective : proscrire tout point haut sur l'aspiration : une poche d'air s'y accumulerait et désamorcerait la pompe.
  • 📅 Délai : ces choix se font au tracé , pas à la mise en service. Après coup, il faut redéposer la tuyauterie.
  • 💰 Coût : passer de DN 80 à DN 100 sur 5 m représente un surcoût dérisoire face au remplacement d'une roue érodée par la cavitation.
  • 🤝 Communication : le monteur doit comprendre que la pente de l'aspiration est montante et continue vers la pompe — ce n'est pas un détail esthétique.
🏗️
🤔
Et si... ? (Analyse de Sensibilité)

Et si l'on posait une conduite de 100 mm au lieu de 80 mm ? C'est la question de l'énoncé, et c'est aussi la première solution qu'un ingénieur propose face à un NPSH insuffisant. 🔄

  • 🔄 Modification : \( D \) passe de 80 à 100 mm , soit une section 1,56 fois plus grande.
  • 📈 Nouvel Impact : la vitesse tombe à 1,41 m/s et la hauteur cinétique à 0,102 m au lieu de 0,249 — divisée par 2,4 .
  • 💡 Conclusion : les pertes de charge s'effondrent : elles varient comme \( v^2 \) et le terme \( L/D \) diminue. Le NPSH disponible gagnerait près de 0,5 m .
  • 📐 Bénéfice/Risque : attention toutefois — une conduite trop large et une vitesse trop faible favorisent le dépôt de particules et l'accumulation d'air aux points hauts.
  • 🔮 Perspective : c'est le réflexe numéro un en cas de NPSH insuffisant : élargir l'aspiration . Cela coûte quelques mètres de tuyau et ne demande aucune modification de la pompe. 🎯
2
Question 2 : Coefficient de frottement et pertes de charge d'aspiration
🧠
💡
Dans la tête de l'ingénieur

"Cinq mètres de tuyau. On serait tenté de dire que les pertes de charge sont négligeables. Elles ne le sont pas — mais surtout, elles ne viennent pas d'où l'on croit . Sur un tronçon aussi court, ce ne sont pas les frottements sur les parois qui dominent, ce sont la crépine et le coude . Deux accessoires qui tiennent dans une main pèsent plus lourd que cinq mètres de tuyauterie."

  • 🔎 Observation : \( L/D = 62{,}5 \) seulement. C'est très court en termes hydrauliques — un réseau industriel courant dépasse allègrement 1 000.
  • 🤔 Analyse du risque : négliger les pertes singulières. Ici elles représentent 62 % du total : les oublier reviendrait à sous-estimer les pertes de moitié et à surestimer la sécurité face à la cavitation.
  • Choix stratégique : résoudre Colebrook proprement par itération, et recouper avec deux formules explicites indépendantes.
  • 💡 Alternative : lire λ sur le diagramme de Moody . C'est parfaitement légitime, mais on perd une décimale — et surtout la traçabilité du calcul.
  • 🎯 Objectif visé : chiffrer l'énergie définitivement perdue entre le réservoir et la pompe. Chaque décimètre compte directement contre le NPSH.
👀 Voir uniquement le résultat final (Auto-évaluation)
λ = 0,0187 (Colebrook) ; J_asp = 0,763 m — dont 62 % de pertes singulières
AIDE-MÉMOIRE
📋 Données extraites pour l'étape :
  • 🔸 L = 5,0 m (longueur développée de l'aspiration)
  • 🔸 D = 0,080 m (donc L/D = 62,5)
  • 🔸 ε = 0,05 mm (rugosité — acier commercial)
  • 🔸 ΣK = 1,9 (coude 0,4 + crépine 1,5)
  • 🔸 v / Re = 2,21 m/s / 373 000 (résultats de la Question 1)
Rappel Théorique : frottement pariétal et pertes singulières

L'énergie perdue par un fluide en mouvement se répartit en deux familles bien distinctes : celle qui s'accumule mètre après mètre le long des parois, et celle qui se perd d'un coup au passage d'un obstacle. ⚙️

  • Les pertes linéaires : proportionnelles à la longueur et au carré de la vitesse . Elles s'écrivent \( \lambda \dfrac{L}{D} \dfrac{v^2}{2g} \), où λ est le coefficient de Darcy.
  • Les pertes singulières : indépendantes de la longueur, elles s'expriment par un coefficient \( K \) multipliant la hauteur cinétique. Chaque coude, chaque vanne, chaque changement de section a son \( K \) tabulé.
  • Colebrook-White, la référence : en régime turbulent, λ dépend à la fois du Reynolds et de la rugosité relative. L'équation est implicite — λ figure des deux côtés — d'où le recours à l'itération.
  • Le diagramme de Moody : c'est simplement la résolution graphique de Colebrook, publiée en 1944. Il reste dans tous les mémentos d'ingénieur, mais l'itération numérique lui est aujourd'hui préférée.
  • La règle du L/D : quand \( L/D \) est faible (moins de quelques centaines), les singularités dominent. Quand il est grand (un oléoduc, un aqueduc), les pertes linéaires écrasent tout le reste. Ici, avec 62,5, on est franchement dans le premier cas. 📊
📐 Équations Fondamentales

Une équation implicite à résoudre, puis une sommation directe.

Équation de Colebrook-White :

Elle donne le coefficient de frottement en régime turbulent, quelle que soit la rugosité.

💡 Pourquoi cette formule ?

Parce qu'elle couvre tout le domaine turbulent , du régime lisse au régime pleinement rugueux, avec une seule expression. C'est le standard de l'industrie depuis quatre-vingts ans. 📊

  • 📐 Contexte de validité : régime turbulent (Re supérieur à 4 000), conduite circulaire pleine. En laminaire, il faut \( \lambda = 64/Re \).
  • 🏗️ Avantage : elle intègre les deux effets — viscosité et rugosité — sans avoir à choisir un sous-régime.
  • ⚙️ Paramètre clé : la rugosité relative \( \varepsilon/D \). Sur un petit diamètre, une rugosité même faible pèse relativement lourd.
  • 🔍 Vérification : recouper avec Haaland et Swamee-Jain , deux formules explicites. Un écart supérieur à 2 % signalerait une erreur d'itération.
  • ⚠️ Limite : la rugosité ε est une valeur tabulée et vieillissante . Une conduite entartrée ou corrodée peut voir sa rugosité multipliée par dix en quelques années.
\[ \begin{aligned} \frac{1}{\sqrt{\lambda}} &= -2 \log_{10} \left( \frac{\varepsilon/D}{3{,}7} + \frac{2{,}51}{Re \sqrt{\lambda}} \right) \\[6pt] \text{en posant } x = \frac{1}{\sqrt{\lambda}} \ : \quad x &= -2 \log_{10} \left( \frac{\varepsilon/D}{3{,}7} + \frac{2{,}51 \, x}{Re} \right) \end{aligned} \]
🔍 Que dit cette équation physiquement ? Elle additionne deux causes de frottement . ⚙️ Le premier terme représente les aspérités de la paroi, qui déchirent l'écoulement ; le second représente la couche limite visqueuse , ce film mince et lent collé contre le métal. Quand le Reynolds devient très grand, ce second terme s'efface et seule la rugosité compte. 📐
Décomposition des termes :
  • λ : coefficient de perte de charge de Darcy, sans dimension, unité :
  • ε : rugosité absolue de la paroi interne, unité : m
  • ε/D : rugosité relative, seul paramètre géométrique qui compte, unité :
  • Re : nombre de Reynolds de l'écoulement, unité :
  • 3,7 et 2,51 : constantes empiriques calées par Colebrook et White en 1937, unité :
Pertes de charge totales de l'aspiration :

Elle additionne les deux familles de pertes en les rapportant à la même hauteur cinétique.

💡 Pourquoi cette formule ?

Parce que toutes les pertes, linéaires comme singulières, sont proportionnelles à la hauteur cinétique . On peut donc les regrouper sous un facteur commun et n'écrire qu'une multiplication. ⚙️

  • 📐 Contexte de validité : section constante sur tout le tronçon, sinon il faut décomposer par sous-tronçons.
  • 🏗️ Avantage : la somme \( \lambda L/D + \sum K \) est un coefficient global qui se transporte facilement d'un point de fonctionnement à l'autre.
  • ⚙️ Paramètre clé : les coefficients K , qui sont ici les plus incertains — et les plus lourds, puisqu'ils pèsent 62 % du total.
  • 🔍 Vérification : comparer les deux contributions. Sur un tronçon court, il est normal que les singularités dominent ; l'inverse serait suspect.
  • ⚠️ Limite : les coefficients K supposent des singularités suffisamment espacées . Deux coudes accolés interagissent et leur perte n'est pas la somme des deux.
\[ \begin{aligned} J_{asp} = \underbrace{\lambda \frac{L}{D} \frac{v^2}{2g}}_{\text{lineaires}} + \underbrace{\sum K \frac{v^2}{2g}}_{\text{singulieres}} = \left( \lambda \frac{L}{D} + \sum K \right) \frac{v^2}{2g} \end{aligned} \]
🔍 Que dit cette équation physiquement ? Elle mesure combien de mètres de colonne d'eau le fluide abandonne définitivement en chaleur entre le réservoir et la pompe. ⚙️ Cette énergie ne reviendra jamais : elle a réchauffé l'eau de quelques millièmes de degré, et c'est tout. 📐
Décomposition des termes :
  • J_asp : perte de charge totale de la conduite d'aspiration, unité : m
  • λ L/D : coefficient équivalent des pertes linéaires, unité :
  • ΣK : somme des coefficients de pertes singulières, unité :
  • v²/2g : hauteur cinétique de l'écoulement, unité : m
  • L/D : élancement hydraulique du tronçon, unité :

!
L'Erreur Classique (Le Piège)

"Beaucoup d'étudiants font l'erreur de ne calculer que les pertes linéaires , en se disant que quelques accessoires ne pèsent pas lourd. Sur cette installation, ils oublieraient ainsi 62 % des pertes..."

✅ L'approche d'ingénieur : Sur une conduite courte, ce sont les accessoires qui font la perte de charge, pas le tuyau. 🔧
  • L'erreur : ne retenir que \( \lambda L/D = 1{,}166 \) et ignorer \( \sum K = 1{,}9 \). Les pertes tomberaient de 0,763 m à 0,290 m .
  • La bonne méthode : inventorier systématiquement chaque singularité du tracé : entrée, crépine, coudes, réductions, vannes. Une check-list vaut mieux qu'une mémoire.
  • L'astuce de pro : comparez \( \sum K \) à \( \lambda L/D \). Si les singularités dominent, c'est qu'il faut chercher des gains — pas en changeant la nuance d'acier du tuyau.
  • Le moyen mnémotechnique : « tuyau court, accessoires lourds ». La bascule se situe autour de \( L/D \approx 300 \).
  • L'impact direct : oublier 0,47 m de pertes, c'est s'attribuer une marge de NPSH qu'on n'a pas . Sur une installation limite, c'est la différence entre une pompe saine et une roue à changer. 💥
Exécution de la Note de Calculs
⚠️ Check-up des Unités
  • ε : conversion de mm vers m , ou rapport ε/D calculé directement en mm/mm
  • ε/D : rapport de deux longueurs = sans dimension
  • λ L/D : sans dimension × sans dimension = sans dimension
  • v²/2g : (m/s)² ÷ (m/s²) = m
  • J_asp : sans dimension × m = m ✅ homogène à une hauteur de colonne

📐 Trois calculs : la rugosité relative , l' itération de Colebrook avec double contrôle, puis la somme des pertes avec la répartition entre les deux familles.

1. Résolution Numérique Calcul 1 — Résolution itérative de Colebrook-White

Pourquoi fait-on ce calcul ? Parce que λ ne se lit nulle part : il faut le construire à partir du Reynolds et de la rugosité relative.

⚙️ Méthodologie du calcul :

On pose \( x = 1/\sqrt{\lambda} \) pour rendre l'itération linéaire et rapidement convergente , puis on part de \( x = 7 \) (soit λ ≈ 0,020). 🔢

  • ⚙️ Substitution : \( \varepsilon/D = 0{,}000625 \) et \( Re = 373\,078 \).
  • 📐 Piège évité : en substituant \( x \), le terme \( 2{,}51/(Re\sqrt{\lambda}) \) devient \( 2{,}51 \, x / Re \) — au numérateur . Écrire \( 2{,}51/(Re \, x) \) est l'erreur d'algèbre la plus courante de cette itération.
  • 📋 Hypothèse validée : régime turbulent confirmé en Question 1, donc Colebrook est bien la loi applicable.
  • ⚙️ Vérification croisée : Haaland donne 0,01855 et Swamee-Jain 0,01878. Notre valeur de 0,01865 tombe entre les deux. ✅
  • 🎯 Finalité : obtenir le coefficient qui multiplie l'élancement L/D dans la formule des pertes.
\[ \begin{aligned} \frac{\varepsilon}{D} &= \frac{0{,}05 \ \text{mm}}{80 \ \text{mm}} = 0{,}000625 \\[6pt] x_0 = 7{,}000 \ &\rightarrow \ x_1 = -2 \log_{10}\left( 1{,}689 \cdot 10^{-4} + \frac{2{,}51 \times 7{,}000}{373\,078} \right) = 7{,}331 \\ &\rightarrow \ x_2 = 7{,}322 \ \rightarrow \ x_3 = 7{,}3223 \quad (\text{convergence}) \\[6pt] \lambda &= \frac{1}{x^{2}} = \frac{1}{7{,}3223^{2}} = \mathbf{0{,}01865} \end{aligned} \]
📊 Analyse intermédiaire du chiffre :

λ = 0,0187 est une valeur parfaitement classique pour de l'acier commercial neuf à ce Reynolds. La convergence est acquise en trois itérations — l'équation est docile malgré son air rébarbatif. ✅

  • Ordre de grandeur : on attend 0,015 à 0,025 pour une conduite industrielle en acier — on tombe en plein milieu.
  • 🏗️ Impact sur la suite : \( \lambda L/D = 1{,}166 \), à comparer aux \( \sum K = 1{,}9 \) des singularités.
  • 🔍 Cohérence : les trois méthodes — Colebrook itéré, Haaland, Swamee-Jain — s'accordent à 1,2 % près . Aucun doute sur la valeur. ✅
  • ⚠️ Attention : cette valeur vaut pour une conduite neuve . Après quelques années d'entartrage, ε peut décupler et λ grimper vers 0,03.
  • 📊 Comparaison : une valeur arrondie de 0,0185 , soit 0,8 % d'écart avec la valeur exacte. C'est tout à fait acceptable — sa résolution de Colebrook est correcte.

💡 Remarque pédagogique : Le changement de variable \( x = 1/\sqrt{\lambda} \) n'est pas une coquetterie : sans lui, l'itération directe sur λ converge beaucoup plus lentement , voire oscille. C'est une astuce à connaître.

Calcul 2 — Pertes de charge totales et leur répartition

Pourquoi fait-on ce calcul ? Parce que \( J_{asp} \) se retranche directement du NPSH disponible. C'est un terme de perte sèche, en concurrence frontale avec la marge anti-cavitation.

⚙️ Méthodologie du calcul :

On calcule séparément les deux coefficients, on les somme, puis on multiplie par la hauteur cinétique une seule fois. ⚙️

  • ⚙️ Substitution : \( \lambda = 0{,}01865 \), \( L/D = 62{,}5 \), \( \sum K = 1{,}9 \), \( v^2/2g = 0{,}249 \) m.
  • 📐 Piège évité : ne pas multiplier les \( K \) par \( L/D \). Les pertes singulières sont indépendantes de la longueur de conduite.
  • 📋 Hypothèse validée : les coefficients \( K \) sont pris constants , ce qui est légitime en régime pleinement turbulent.
  • ⚙️ Vérification croisée : \( J_{asp}/z_{asp} = 0{,}763/2{,}0 = 0{,}38 \) — les pertes de charge pèsent 38 % de la hauteur d'aspiration . Ordre de grandeur cohérent.
  • 🎯 Finalité : fournir le terme de perte qui entrera dans Bernoulli en Q3 et dans le NPSH en Q4.
\[ \begin{aligned} \lambda \frac{L}{D} &= 0{,}01865 \times \frac{5{,}0}{0{,}080} = 0{,}01865 \times 62{,}5 = 1{,}166 \\[4pt] \sum K &= K_{coude} + K_{crepine} = 0{,}4 + 1{,}5 = 1{,}900 \\[4pt] \frac{v^{2}}{2g} &= \frac{2{,}2105^{2}}{2 \times 9{,}81} = \frac{4{,}886}{19{,}62} = 0{,}249 \ \text{m} \\[4pt] J_{asp} &= (1{,}166 + 1{,}900) \times 0{,}249 = 3{,}066 \times 0{,}249 = \mathbf{0{,}763} \ \text{m} \end{aligned} \]
📊 Analyse intermédiaire du chiffre :

0,763 m de pertes sur une aspiration de 5 m à peine. Et surtout : 62 % viennent des deux accessoires, contre 38 % pour les cinq mètres de tuyau. La crépine à elle seule pèse la moitié du total. 🔧

  • Ordre de grandeur : moins d'un mètre de perte sur une aspiration courte — parfaitement plausible.
  • 🏗️ Impact sur la suite : ces 0,763 m se retranchent intégralement du NPSH disponible. C'est trois fois la hauteur cinétique.
  • 🔍 Cohérence : avec \( L/D = 62{,}5 \) seulement, la domination des singularités est attendue . Le calcul confirme l'intuition. ✅
  • ⚠️ Attention : on lit parfois que les singularités pèsent 61 % ; le chiffre exact est 62 % (1,900 / 3,066). Écart négligeable, mais autant être juste.
  • 📊 Comparaison : sur un oléoduc de plusieurs kilomètres, \( L/D \) dépasse 50 000 et les singularités tombent sous 1 % du total. Le rapport est exactement inversé.

💡 Remarque pédagogique : C'est ici que se joue la vraie marge de manœuvre du concepteur. Améliorer le tuyau ne rapporte presque rien ; changer la crépine ou le coude change tout . Encore faut-il avoir fait le calcul de répartition pour le savoir.

🎉
RÉSULTAT FINAL
J_asp = 0,763 m — dont 62 % de pertes singulières (λ = 0,0187)
"Ce résultat sera crucial pour l'étape suivante !"
🌿
Le mot de la fin (Sur le Chantier)

"La crépine, c'est la pièce que personne ne regarde et que personne ne nettoie. Elle est au fond de la bâche, invisible. Et c'est elle qui, en s'encrassant lentement, finit par faire caviter une pompe qui fonctionnait très bien depuis trois ans."

  • 🏗️ Conséquence pratique : la crépine doit être surdimensionnée par rapport à la conduite — sa section de passage doit valoir plusieurs fois celle du tuyau.
  • 👷 Action corrective : inscrire le nettoyage périodique de la crépine au plan de maintenance préventive, et non attendre le premier symptôme.
  • 📅 Délai : un contrôle semestriel suffit dans la plupart des cas ; en eau chargée, il faut passer au trimestriel .
  • 💰 Coût : une intervention d'une heure contre le remplacement d'une roue et l'arrêt de production associé. Le rapport n'est pas discutable.
  • 🤝 Communication : l' exploitant doit savoir que le bruit de gravier dans la pompe est le premier signe d'une crépine bouchée — et qu'il faut arrêter, pas attendre.
🏗️
🤔
Et si... ? (Analyse de Sensibilité)

Et si l'on remplaçait le coude par un modèle à grand rayon, avec K = 0,2 au lieu de 0,4 ? C'est la question posée par l'énoncé. 🔄

  • 🔄 Modification : \( \sum K \) passe de 1,9 à 1,7 .
  • 📈 Nouvel Impact : \( J_{asp} = (1{,}166 + 1{,}7) \times 0{,}249 = \mathbf{0{,}714} \ \text{m} \), soit 5 cm de gagnés.
  • 💡 Conclusion : le gain est réel mais modeste — 6 % des pertes. Ce n'est pas le coude qui pose problème.
  • 📐 Bénéfice/Risque : pour un gain substantiel, il faudrait s'attaquer à la crépine , qui pèse à elle seule 1,5 sur les 1,9 — soit près de quatre fois le coude.
  • 🔮 Perspective : la vraie leçon de méthode : avant d'optimiser, on classe les contributions par ordre décroissant . On travaille toujours le poste le plus lourd en premier. 🎯
3
Question 3 : Pression absolue à l'entrée de la pompe
🧠
💡
Dans la tête de l'ingénieur

"Le mot 'aspiration' est trompeur. Une pompe n'aspire rien du tout : elle crée une zone de basse pression, et c'est l' atmosphère qui pousse l'eau dedans. J'ai donc au départ 10,5 mètres de colonne d'eau offerts gratuitement par l'air ambiant, et je vais les dépenser en trois postes : monter , puis accélérer , puis frotter . Ce qu'il reste, c'est ce que la pompe voit."

  • 🔎 Observation : le choix des points A et E est déterminant . En A, on connaît la pression (atmosphérique) et la vitesse (nulle) : deux termes réglés d'avance.
  • 🤔 Analyse du risque : mélanger pressions relatives et absolues . Le NPSH ne se manipule qu'en absolu, parce que la pression de vapeur est elle-même une pression absolue.
  • Choix stratégique : raisonner en mètres de colonne d'eau du début à la fin, et ne convertir en pascals qu'à la toute dernière ligne. Les hauteurs s'additionnent, les pressions non.
  • 💡 Alternative : travailler directement en pascals. C'est possible, mais on multiplie par ρg à chaque terme et l'on multiplie d'autant les risques d'erreur.
  • 🎯 Objectif visé : obtenir \( P_E \), la pression réelle au bride d'aspiration. Résultat parlant physiquement — mais qui, attention, n'est pas le NPSH.
👀 Voir uniquement le résultat final (Auto-évaluation)
P_E / ρg = 7,495 m → P_E ≈ 72 300 Pa, soit 72,3 kPa absolus (dépression de 29 kPa)
AIDE-MÉMOIRE
📋 Données extraites pour l'étape :
  • 🔸 P_atm = 101 325 Pa (absolue, au niveau de la mer)
  • 🔸 z_asp = 2,0 m (la pompe est au-dessus du plan d'eau)
  • 🔸 v_E²/2g = 0,249 m (hauteur cinétique — Question 1)
  • 🔸 J_asp = 0,763 m (pertes de charge — Question 2)
  • 🔸 ρ g = 9 643 Pa/m (983 × 9,81 — facteur de conversion m ↔ Pa)
Rappel Théorique : le théorème de Bernoulli généralisé

Bernoulli exprime la conservation de l'énergie mécanique le long d'une ligne de courant. Pour un fluide réel, on lui ajoute un terme de pertes qui rend compte de l'énergie irréversiblement dégradée en chaleur par la viscosité. 💧

  • Trois formes d'énergie, une seule unité : la charge \( P/\rho g \) (énergie de pression), l'altitude \( z \) (énergie potentielle) et \( v^2/2g \) (énergie cinétique). Toutes trois s'expriment en mètres , ce qui permet de les additionner directement.
  • La charge totale ne peut que décroître : en l'absence de machine, la somme des trois termes diminue toujours dans le sens de l'écoulement, de la valeur exacte des pertes de charge.
  • Le choix des points est stratégique : en A, la surface libre est grande (donc \( v_A \approx 0 \)) et ouverte (donc \( P_A = P_{atm} \)). Deux termes disparaissent d'un coup.
  • Le plan de référence : on le place à l' axe de la pompe , qui est aussi le plan de référence du NPSH selon la norme. Cette coïncidence n'est pas un hasard : elle évite toute ambiguïté ultérieure.
  • Pressions absolues obligatoires : la cavitation se déclenche quand la pression absolue atteint la pression de vapeur. Travailler en pression relative n'a ici aucun sens physique . ⚠️
📐 Équations Fondamentales

Une seule équation, mais qu'il faut savoir simplifier avant de l'appliquer.

Bernoulli généralisé entre A et E :

Forme complète, puis forme réduite après application des conditions particulières.

💡 Pourquoi cette formule ?

Parce qu'elle relie un point où tout est connu (la surface du réservoir) à un point où l'on cherche une seule inconnue (la pression au bride). C'est le trajet le plus court entre le connu et l'inconnu. 🎯

  • 📐 Contexte de validité : écoulement permanent , fluide incompressible , le long d'une même ligne de courant, sans machine entre A et E.
  • 🏗️ Avantage : tous les termes sont en mètres , donc directement additionnables et comparables entre eux.
  • ⚙️ Paramètre clé : la hauteur d'aspiration \( z_{asp} \). C'est le seul terme sur lequel on peut agir de façon massive — en descendant la pompe.
  • 🔍 Vérification : le résultat doit être inférieur à la pression atmosphérique, et supérieur à la pression de vapeur. Sinon, la cavitation est déjà là.
  • ⚠️ Limite : Bernoulli suppose une répartition de vitesse uniforme . En turbulent, on introduit parfois un coefficient de Coriolis α ≈ 1,05, ici négligé.
\[ \begin{aligned} \frac{P_A}{\rho g} + z_A + \frac{v_A^{2}}{2g} &= \frac{P_E}{\rho g} + z_E + \frac{v_E^{2}}{2g} + J_{A \to E} \\[6pt] \text{avec } P_A = P_{atm}, \ v_A \approx 0, \ z_A = z_{asp}, \ z_E = 0 \ : \\[4pt] \frac{P_E}{\rho g} &= \frac{P_{atm}}{\rho g} - z_{asp} - \frac{v_E^{2}}{2g} - J_{asp} \end{aligned} \]
🔍 Que dit cette équation physiquement ? Elle raconte une dépense en trois postes . ⚙️ L'atmosphère met 10,5 m sur la table. L'eau en dépense 2,0 pour monter jusqu'à la pompe, 0,25 pour se mettre en vitesse , et 0,76 en frottements . Il reste 7,5 m dans la caisse. 📐
Décomposition des termes :
  • P_atm/ρg : hauteur de colonne d'eau équivalente à l'atmosphère, unité : m
  • z_asp : hauteur d'aspiration géométrique, positive si la pompe est au-dessus, unité : m
  • v_E²/2g : hauteur cinétique au bride d'aspiration, unité : m
  • J_asp : pertes de charge totales entre A et E, unité : m
  • P_E/ρg : hauteur de pression statique au bride d'aspiration, unité : m

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L'Erreur Classique (Le Piège)

"Beaucoup d'étudiants font l'erreur de conclure ici. Ils obtiennent \( P_E = 72{,}3 \) kPa, constatent que c'est bien au-dessus des 19,9 kPa de pression de vapeur, et déclarent l'installation sûre. Or cette comparaison ne prouve rien ..."

✅ L'approche d'ingénieur : La pression au bride d'aspiration n'est pas la pression minimale que rencontre le fluide. Le pire est encore à venir, à l'intérieur de la pompe . ⚠️
  • L'erreur : comparer \( P_E \) à \( P_v \). Entre le bride et le bord d'attaque des aubes, le fluide subit encore une accélération brutale et une chute de pression supplémentaire.
  • La bonne méthode : c'est précisément ce que quantifie le NPSH requis du constructeur : la dépression interne à la pompe, mesurée sur banc d'essai.
  • L'astuce de pro : ici, \( NPSH_r = 3{,}5 \) m signifie que la pompe perd encore 3,5 m entre son bride et le point le plus dépressionnaire de la roue. C'est énorme comparé aux 0,76 m de la tuyauterie.
  • Le moyen mnémotechnique : « le bride n'est pas le point bas ». Le point bas de pression est à l'intérieur de la machine, invisible.
  • L'impact direct : conclure sur \( P_E \) seul conduirait à valider des installations qui cavitent en réalité. C'est exactement pour cela que la notion de NPSH a été inventée. 💥
Exécution de la Note de Calculs
⚠️ Check-up des Unités
  • P_atm : conversion de Pa vers m en divisant par ρg = 9 643 Pa/m
  • z_asp : déjà en m — homogène aux autres termes
  • v²/2g et J : déjà en m — tout le bilan se fait en hauteurs
  • P_E : conversion finale de m vers Pa en multipliant par ρg
  • ⚠️ Toutes les pressions sont absolues , jamais relatives

📐 Deux calculs : le bilan en hauteurs , qui est la façon naturelle de raisonner en hydraulique, puis la conversion en pascals pour l'exploitation pratique.

1. Résolution Numérique Calcul 1 — Bilan énergétique en hauteurs de colonne d'eau

Pourquoi fait-on ce calcul ? Parce que c'est la seule façon lisible de voir où part l'énergie : chaque terme se lit directement en mètres et se compare aux autres d'un coup d'œil.

⚙️ Méthodologie du calcul :

On convertit d'abord l'atmosphère en mètres de colonne d'eau, puis on retranche les trois postes de dépense. ⚙️

  • ⚙️ Substitution : \( P_{atm} = 101\,325 \) Pa, \( \rho g = 983 \times 9{,}81 = 9\,643 \) Pa/m.
  • 📐 Piège évité : utiliser \( \rho = 1000 \) kg/m³ par réflexe. À 60 °C, l'eau ne pèse que 983 kg/m³ , et cela change la conversion de 1,7 %.
  • 📋 Hypothèse validée : réservoir ouvert à l'atmosphère et au niveau de la mer . En altitude, il faudrait corriger — et sévèrement.
  • ⚙️ Vérification croisée : 10,507 m de colonne d'eau à 60 °C, contre 10,35 m à 20 °C : l'eau chaude étant plus légère, la même pression correspond à une colonne plus haute. ✅
  • 🎯 Finalité : disposer de \( P_E/\rho g \), qui servira à la fois au calcul du NPSH et à l'interprétation physique.
\[ \begin{aligned} \frac{P_{atm}}{\rho g} &= \frac{101\,325}{983 \times 9{,}81} = \frac{101\,325}{9\,643} = 10{,}507 \ \text{m} \\[6pt] \frac{P_E}{\rho g} &= 10{,}507 - \underbrace{2{,}000}_{\text{elevation}} - \underbrace{0{,}249}_{\text{acceleration}} - \underbrace{0{,}763}_{\text{frottements}} \\ &= \mathbf{7{,}495} \ \text{m} \end{aligned} \]
📊 Analyse intermédiaire du chiffre :

Sur les 10,507 m offerts par l'atmosphère, il en reste 7,495 . On a donc dépensé 3,01 m , dont les deux tiers rien que pour l'élévation. La hauteur d'aspiration est bien le poste dominant. 📊

  • Ordre de grandeur : répartition de la dépense — 66 % pour l'élévation, 25 % pour les frottements, 8 % pour la mise en vitesse.
  • 🏗️ Impact sur la suite : attention — c'est bien 7,495 m de pression statique . Le NPSH exigera d'y rajouter la hauteur cinétique.
  • 🔍 Cohérence : 7,495 m est bien inférieur à 10,507 (l'atmosphère) et supérieur à 2,068 (la vapeur). L'eau ne bout donc pas dans la tuyauterie. ✅
  • ⚠️ Attention : abaisser la pompe d'un seul mètre rendrait un mètre entier de charge. C'est de très loin le levier le plus efficace de toute l'installation.
  • 📊 Comparaison : en altitude à 1 500 m, l'atmosphère ne vaudrait plus que 8,7 m de colonne d'eau. On perdrait 1,8 m d'un coup, sans rien changer à l'installation.

💡 Remarque pédagogique : Le raisonnement en hauteurs de colonne n'est pas qu'une commodité de calcul : c'est ce qui permet de voir instantanément que l'élévation coûte trois fois plus cher que la mise en vitesse. En pascals, cette lecture serait perdue.

Calcul 2 — Conversion en pression absolue

Pourquoi fait-on ce calcul ? Parce que c'est la grandeur qu'un manomètre lira sur site, et donc celle qui permettra de valider le calcul lors de la mise en service.

⚙️ Méthodologie du calcul :

Multiplication par ρg, avec la masse volumique à la température réelle du fluide. 🌡️

  • ⚙️ Substitution : 7,495 m × 9 643 Pa/m.
  • 📐 Piège évité : ne pas convertir en bar sans préciser « absolus ». Un manomètre courant affiche du relatif , et lirait donc −0,29 bar.
  • 📋 Hypothèse validée : masse volumique constante sur les 5 m d'aspiration, ce qui est exact pour un liquide.
  • ⚙️ Vérification croisée : la dépression est de \( 101{,}3 - 72{,}3 = 29{,}0 \) kPa, soit 0,29 bar — l'ordre de grandeur d'une aspiration domestique.
  • 🎯 Finalité : fournir une valeur mesurable sur site , qui permettra de recaler le modèle après mise en service.
\[ \begin{aligned} P_E &= \frac{P_E}{\rho g} \times \rho g \\ &= 7{,}495 \times 9\,643 \\ &= \mathbf{72\,300} \ \text{Pa} = 72{,}3 \ \text{kPa absolus} \\[4pt] \text{depression} &= 101{,}3 - 72{,}3 = 29{,}0 \ \text{kPa} = 0{,}29 \ \text{bar} \end{aligned} \]
📊 Analyse intermédiaire du chiffre :

72,3 kPa absolus, soit 0,29 bar de dépression . Un vacuomètre posé au bride d'aspiration afficherait donc environ −0,29 bar . C'est un excellent point de contrôle à la mise en service. 🔧

  • Ordre de grandeur : une dépression de 0,3 bar est modeste pour une pompe en aspiration ; on peut descendre à 0,6-0,7 bar sur des installations tendues.
  • 🏗️ Impact sur la suite : c'est cette valeur qui alimentera le calcul du NPSH — mais augmentée de la hauteur cinétique, comme l'exige la définition normalisée.
  • 🔍 Cohérence : 72,3 kPa reste très au-dessus des 19,9 kPa de pression de vapeur. Pas d'ébullition dans la conduite. ✅
  • ⚠️ Attention : ce constat ne suffit pas à conclure sur la cavitation. Le point le plus dépressionnaire est à l'intérieur de la roue, pas au bride.
  • 📊 Comparaison : si la pompe était en charge , 1 m sous le plan d'eau, on obtiendrait \( P_E = 101{,}2 \) kPa — soit pratiquement la pression atmosphérique. La configuration en charge est toujours préférable .

💡 Remarque pédagogique : Notez la puissance du contrôle terrain : il suffit d'un vacuomètre à 30 euros au bride d'aspiration pour vérifier toute cette note de calcul. Si l'aiguille descend nettement sous −0,29 bar, c'est que la crépine s'encrasse.

🎉
RÉSULTAT FINAL
P_E = 72,3 kPa absolus (7,495 m) — dépression de 0,29 bar
"Ce résultat sera crucial pour l'étape suivante !"
🌿
Le mot de la fin (Sur le Chantier)

"La règle la plus rentable de toute l'ingénierie du pompage tient en une phrase : mettez la pompe en charge . Sous le niveau d'eau, tous les problèmes de NPSH et d'amorçage disparaissent d'un coup. Quand ce n'est pas possible, on descend la pompe aussi bas que le permet le génie civil."

  • 🏗️ Conséquence pratique : chaque mètre gagné sur la hauteur d'aspiration est un mètre de NPSH . C'est un rendement de un pour un, imbattable.
  • 👷 Action corrective : si le NPSH est juste, examiner en priorité la possibilité de creuser une fosse pour descendre le groupe — avant toute autre modification.
  • 📅 Délai : décision de génie civil , à prendre très en amont. Impossible à rattraper une fois le massif coulé.
  • 💰 Coût : une fosse coûte cher, mais elle règle définitivement la question — là où une pompe surdimensionnée ne fait que déplacer le problème.
  • 🤝 Communication : l' architecte et le bureau de structure doivent être associés dès l'esquisse : la cote du local de pompage est une donnée hydraulique , pas un choix d'implantation.
🏗️
🤔
Et si... ? (Analyse de Sensibilité)

Et si la pompe était placée 1 m en dessous du plan d'eau — configuration dite « en charge » ? C'est la question posée par l'énoncé. 🔄

  • 🔄 Modification : \( z_{asp} \) passe de +2,0 m à −1,0 m . Le terme change de signe et vient s'ajouter au lieu de se retrancher.
  • 📈 Nouvel Impact : \( P_E/\rho g = 10{,}507 + 1{,}0 - 0{,}249 - 0{,}763 = \mathbf{10{,}495} \ \text{m} \), soit 101,2 kPa — pratiquement la pression atmosphérique.
  • 💡 Conclusion : le gain est de 3 mètres de charge, soit exactement la différence de cote. Le NPSH disponible passerait de 5,68 à 8,68 m .
  • 📐 Bénéfice/Risque : en charge, la pompe s' amorce seule et le clapet de pied devient inutile — ce qui supprime au passage sa perte de charge. Double bénéfice.
  • 🔮 Perspective : c'est pourquoi les eaux chaudes ou volatiles sont toujours pompées en charge dans l'industrie. Avec un fluide bouillant, le NPSH disponible en aspiration serait tout simplement négatif. 🎯
4
Question 4 : NPSH disponible, marge et limites d'exploitation
🧠
💡
Dans la tête de l'ingénieur

"Attention, piège. Le NPSH n'est pas défini sur la pression au bride : il est défini sur la charge totale , pression plus vitesse. Et c'est logique : le constructeur mesure son NPSH requis exactement de cette façon sur son banc d'essai. Si je calcule mon disponible autrement que lui a mesuré son requis, je compare deux choses qui n'ont pas la même définition — et mon verdict ne vaut rien."

  • 🔎 Observation : en Question 3, j'ai retranché la hauteur cinétique pour obtenir \( P_E \). Si je ne la remets pas maintenant, je l'aurai comptée deux fois.
  • 🤔 Analyse du risque : l'erreur est ici conservative — elle sous-estime le NPSH disponible. Mais une erreur qui protège par hasard reste une erreur : sur une installation limite, elle conduirait à refuser une pompe parfaitement valable .
  • Choix stratégique : écrire le NPSH directement depuis le réservoir . La hauteur cinétique disparaît alors d'elle-même de l'expression, et le piège n'existe plus.
  • 💡 Alternative : passer par \( P_E \) puis rajouter \( v^2/2g \). C'est mathématiquement identique, mais c'est la route où l'on se perd .
  • 🎯 Objectif visé : un verdict, une marge — et surtout les deux limites d'exploitation que l'exploitant devra respecter pendant vingt ans.
👀 Voir uniquement le résultat final (Auto-évaluation)
NPSH_a = 5,68 m > NPSH_r = 3,5 m → marge 2,18 m (ratio 1,62) — pas de cavitation
AIDE-MÉMOIRE
📋 Données extraites pour l'étape :
  • 🔸 P_atm/ρg = 10,507 m (ce que l'atmosphère offre)
  • 🔸 P_v/ρg = 2,068 m (le plancher absolu, à 60 °C)
  • 🔸 z_asp = 2,0 m (hauteur d'aspiration)
  • 🔸 J_asp = 0,763 m (pertes de charge — Question 2)
  • 🔸 NPSH_r = 3,5 m (constructeur, mesuré à 3 % de chute — ISO 9906)
Rappel Théorique : ce qu'est exactement le NPSH

Le NPSH — « Net Positive Suction Head », charge nette absolue à l'aspiration — est la marge d'énergie dont dispose le fluide au-dessus de son point d'ébullition, exprimée en mètres de colonne de ce fluide. Deux grandeurs portent ce nom, et elles n'ont rien à voir l'une avec l'autre. 🌡️

  • Le NPSH disponible : c'est une caractéristique de l'installation — tuyauterie, altitude, température, hauteur d'aspiration. La pompe n'y est pour rien. On peut le calculer avant même d'avoir choisi la machine.
  • Le NPSH requis : c'est une caractéristique de la pompe , et d'elle seule. Il traduit la chute de pression interne entre le bride d'aspiration et le point le plus dépressionnaire du bord d'attaque des aubes. Il croît fortement avec le débit.
  • La définition normalisée : \( NPSH = \dfrac{P}{\rho g} + \dfrac{v^2}{2g} - \dfrac{P_v}{\rho g} \), au plan de référence de la pompe. La hauteur cinétique en fait partie — c'est le point que l'on manque le plus souvent.
  • Comment le constructeur mesure le NPSH requis : selon l' ISO 9906 , on abaisse progressivement la pression d'aspiration à débit constant jusqu'à ce que la hauteur manométrique chute de 3 % . La valeur de NPSH atteinte à cet instant est le NPSH3. C'est bien une mesure de charge totale .
  • Attention au sens de « requis » : à NPSH3, la pompe cavite déjà — assez pour perdre 3 % de hauteur. Ce n'est pas un seuil d'apparition, c'est un seuil de dégradation mesurable . D'où la nécessité d'une marge. ⚠️
📐 Équations Fondamentales

La définition normalisée, sa forme directe équivalente, et la condition d'acceptation.

NPSH disponible — définition normalisée et forme directe :

Les deux écritures sont rigoureusement équivalentes ; la seconde est à l'épreuve du piège.

💡 Pourquoi cette formule ?

Parce qu'elle doit être homogène à la mesure du constructeur . La charge totale au plan de référence, moins la charge de vapeur : ni plus, ni moins. Toute autre écriture rend la comparaison invalide . ⚖️

  • 📐 Contexte de validité : pressions absolues , plan de référence à l' axe de la pompe , propriétés du fluide prises à la température de service .
  • 🏗️ Avantage : dans la forme directe, la vitesse disparaît complètement . On ne peut donc plus l'oublier ni la compter deux fois.
  • ⚙️ Paramètre clé : la pression de vapeur , de très loin le terme le plus volatil : elle est multipliée par vingt entre 20 et 80 °C.
  • 🔍 Vérification : calculer le NPSH par les deux chemins . S'ils ne donnent pas le même nombre, c'est la hauteur cinétique qui a été perdue en route.
  • ⚠️ Limite : la formule suppose un réservoir à surface libre . Pour une bâche sous pression ou sous vide, \( P_{atm} \) est remplacée par la pression réelle du ciel gazeux.
\[ \begin{aligned} \textbf{Definition normalisee} : \quad NPSH_a &= \underbrace{\frac{P_E}{\rho g} + \frac{v_E^{2}}{2g}}_{\text{charge TOTALE au bride}} - \frac{P_v}{\rho g} \\[8pt] \text{or, par Bernoulli} : \quad \frac{P_E}{\rho g} + \frac{v_E^{2}}{2g} &= \frac{P_{atm}}{\rho g} - z_{asp} - J_{asp} \\[8pt] \textbf{Forme directe} : \quad NPSH_a &= \frac{P_{atm} - P_v}{\rho g} - z_{asp} - J_{asp} \end{aligned} \]
🔍 Que dit cette équation physiquement ? Elle fait le compte de ce qui reste au-dessus de l'ébullition . ⚙️ L'atmosphère apporte 10,51 m ; l'ébullition en réclame 2,07 dès le départ, parce que l'eau est chaude. Sur les 8,44 m restants, on dépense 2,00 pour monter et 0,76 en frottements. Il reste 5,68 m de marge avant que l'eau ne se mette à bouillir. 📐
Décomposition des termes :
  • NPSH_a : charge nette absolue disponible à l'aspiration, unité : m
  • (P_atm − P_v)/ρg : marge brute offerte par l'atmosphère au-dessus de l'ébullition, unité : m
  • z_asp : hauteur d'aspiration, à retrancher (ou à ajouter si la pompe est en charge), unité : m
  • J_asp : pertes de charge de la conduite d'aspiration, unité : m
  • v_E²/2g : hauteur cinétique — présente dans la définition, absente de la forme directe car simplifiée , unité : m
Condition d'acceptation et marge :

L'inégalité stricte ne suffit pas : il faut une marge, et elle se justifie.

💡 Pourquoi cette formule ?

Parce que le NPSH requis est mesuré au point où la pompe cavite déjà — chute de 3 % de hauteur manométrique. Travailler juste au-dessus de cette valeur, c'est accepter une cavitation permanente. 🛡️

  • 📐 Contexte de validité : comparaison au même point de fonctionnement — même débit, même vitesse de rotation. Le NPSH requis croît fortement avec le débit.
  • 🏗️ Avantage : un seul nombre , la marge, résume tout le diagnostic et se lit en une seconde.
  • ⚙️ Paramètre clé : la valeur de marge retenue. Les pratiques usuelles vont de 0,6 m au minimum à 1,5 m en conception courante ; on raisonne aussi en ratio , entre 1,1 et 2,5 selon la criticité du service.
  • 🔍 Vérification : donner les deux — la marge absolue en mètres et le ratio. Ils ne disent pas la même chose sur les petites et les grosses pompes.
  • ⚠️ Limite : la marge doit couvrir les variations d'exploitation : montée en température, encrassement de la crépine, baisse du niveau de la bâche, surdébit. Ce ne sont pas des cas d'école.
\[ \begin{aligned} \text{Condition} : \quad NPSH_a &\geq NPSH_r + \text{marge} \\[4pt] \text{Marge absolue} &= NPSH_a - NPSH_r \qquad ; \qquad \text{Ratio} = \frac{NPSH_a}{NPSH_r} \end{aligned} \]
🔍 Que dit cette équation physiquement ? Elle compare ce que l'installation donne à ce que la machine réclame . ⚙️ Si l'offre dépasse la demande, l'eau reste liquide jusqu'aux aubes. Sinon, elle bout, les bulles implosent, et le métal part en poussière. Il n'y a pas d'état intermédiaire confortable. 📐
Décomposition des termes :
  • NPSH_r : NPSH requis, ou NPSH3, mesuré par le constructeur, unité : m
  • marge : réserve de sécurité imposée par le concepteur, unité : m
  • ratio : NPSH_a divisé par NPSH_r, sans dimension, unité :
  • 3 % : chute de hauteur manométrique définissant le NPSH3 selon ISO 9906, unité :
  • z_max : hauteur d'aspiration maximale admissible, obtenue en inversant la condition, unité : m

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L'Erreur Classique (Le Piège)

"Beaucoup d'étudiants écrivent \( NPSH_a = (P_E - P_v)/\rho g \). C'est presque juste, et c'est bien le problème : le résultat est plausible, l'ordre de grandeur est bon, et personne ne s'aperçoit qu'il manque un terme..."

✅ L'approche d'ingénieur : Le NPSH est une charge totale , pas une pression. La hauteur cinétique en fait partie intégrante. 📐
  • L'erreur : la Question 3 a retranché \( v_E^2/2g \) pour obtenir \( P_E \). Ne pas la rajouter au NPSH revient à la compter deux fois . Résultat : 5,43 m au lieu de 5,68 m .
  • La bonne méthode : partir du réservoir avec \( NPSH_a = \dfrac{P_{atm} - P_v}{\rho g} - z_{asp} - J_{asp} \). La vitesse ne figure nulle part , et l'erreur devient impossible.
  • L'astuce de pro : souvenez-vous pourquoi la vitesse doit y être : le constructeur mesure son NPSH requis sur la charge totale au bride. Deux définitions différentes ne se comparent pas.
  • Le moyen mnémotechnique : « le NPSH est une charge, pas une pression ». Une charge, cela contient toujours un terme de vitesse.
  • L'impact direct : ici l'erreur est conservative — 0,25 m en moins — et la conclusion tient quand même. Mais sur une installation où la marge serait de 0,2 m, elle ferait refuser une pompe parfaitement saine . 💥
Exécution de la Note de Calculs
⚠️ Check-up des Unités
  • P_v : conversion de Pa vers m en divisant par ρg — et avec le ρ de la bonne température
  • NPSH : exprimé en m de colonne du fluide pompé , pas en mCE conventionnels
  • Marge : différence de deux hauteurs = m
  • Ratio : rapport de deux hauteurs = sans dimension
  • ⚠️ P_atm et P_v sont toutes deux absolues — leur différence a donc un sens physique

📐 Quatre calculs : le NPSH disponible par les deux chemins, la marge , puis les deux limites d'exploitation — hauteur d'aspiration et température maximales — et enfin l'effet du clapet de pied signalé par le monteur.

1. Résolution Numérique Calcul 1 — NPSH disponible par les deux écritures

Pourquoi fait-on ce calcul ? Parce que produire le même nombre par deux chemins est la seule preuve qu'aucun terme n'a été perdu en route.

⚙️ Méthodologie du calcul :

On applique la définition normalisée à partir de \( P_E \), puis la forme directe à partir du réservoir. Les deux doivent coïncider. ⚖️

  • ⚙️ Substitution : \( P_E/\rho g = 7{,}495 \) m, \( v_E^2/2g = 0{,}249 \) m, \( P_v/\rho g = 19\,940/9\,643 = 2{,}068 \) m.
  • 📐 Piège évité : c'est ici que se joue tout l'exercice. Ne pas oublier \( +\, v_E^2/2g \) dans la première écriture.
  • 📋 Hypothèse validée : plan de référence à l'axe de la pompe, conforme à la convention normative pour une pompe centrifuge horizontale.
  • ⚙️ Vérification croisée : les deux écritures donnent 5,676 m . ✅ La cohérence est établie, la hauteur cinétique n'a été ni oubliée ni doublée.
  • 🎯 Finalité : disposer du NPSH disponible sur lequel s'engager vis-à-vis du constructeur.
\[ \begin{aligned} \frac{P_v}{\rho g} &= \frac{19\,940}{9\,643} = 2{,}068 \ \text{m} \\[8pt] \textbf{Chemin 1 (definition)} : \quad NPSH_a &= \frac{P_E}{\rho g} + \frac{v_E^{2}}{2g} - \frac{P_v}{\rho g} \\ &= 7{,}495 + 0{,}249 - 2{,}068 = \mathbf{5{,}676} \ \text{m} \\[8pt] \textbf{Chemin 2 (forme directe)} : \quad NPSH_a &= \frac{P_{atm} - P_v}{\rho g} - z_{asp} - J_{asp} \\ &= (10{,}507 - 2{,}068) - 2{,}000 - 0{,}763 \\ &= 8{,}439 - 2{,}763 = \mathbf{5{,}676} \ \text{m} \quad \checkmark \end{aligned} \]
📊 Analyse intermédiaire du chiffre :

5,68 m , et non 5,43 m. L'écart de 0,249 m est exactement la hauteur cinétique — la signature indiscutable du terme oublié. Les deux chemins concordent au millième près. ✅

  • Ordre de grandeur : 5,7 m de marge au-dessus de l'ébullition, pour une pompe qui en réclame 3,5. La situation est saine .
  • 🏗️ Impact sur la suite : c'est cette valeur, et non 5,43, qui sert de base à la marge et aux limites d'exploitation.
  • 🔍 Cohérence : écart relatif de 4,4 % entre les deux formules. Faible en apparence — mais systématique, et dans le sens qui pénalise l'installation.
  • ⚠️ Attention : plus la vitesse d'aspiration est élevée, plus l'oubli est lourd. À 4 m/s, la hauteur cinétique atteindrait 0,82 m — l'erreur deviendrait alors majeure.
  • 📊 Comparaison : la marge brute offerte par l'atmosphère au-dessus de l'ébullition est de 8,44 m . On en consomme un tiers en élévation et frottements.

💡 Remarque pédagogique : La forme directe est toujours préférable en pratique : elle ne fait intervenir que des grandeurs de projet — atmosphère, température, cote, pertes — et aucune grandeur intermédiaire susceptible d'être mal reprise.

Calcul 2 — Verdict et marge de sécurité

Pourquoi fait-on ce calcul ? C'est la conclusion attendue par le fournisseur : l'installation est-elle compatible avec la pompe proposée ?

⚙️ Méthodologie du calcul :

On donne la marge absolue et le ratio , puis on les confronte aux pratiques usuelles. 🛡️

  • ⚙️ Substitution : \( NPSH_a = 5{,}676 \) m et \( NPSH_r = 3{,}5 \) m.
  • 📐 Piège évité : se contenter de \( NPSH_a \gt NPSH_r \). L'inégalité stricte est nécessaire mais pas suffisante .
  • 📋 Hypothèse validée : le NPSH requis est celui du point de fonctionnement réel , à 40 m³/h — et non celui du meilleur rendement.
  • ⚙️ Vérification croisée : marge de 2,18 m et ratio de 1,62. Les deux critères sont satisfaits confortablement. ✅
  • 🎯 Finalité : délivrer un avis clair, avec le chiffre qui le fonde.
\[ \begin{aligned} NPSH_a = 5{,}68 \ \text{m} \ &\gt \ NPSH_r = 3{,}50 \ \text{m} \quad \checkmark \\[4pt] \text{marge} &= 5{,}68 - 3{,}50 = \mathbf{2{,}18} \ \text{m} \quad (\gt 1{,}5 \ \text{m recommande}) \\[4pt] \text{ratio} &= \frac{5{,}68}{3{,}50} = \mathbf{1{,}62} \quad (\gt 1{,}1 \ \text{a} \ 1{,}3 \ \text{usuel}) \end{aligned} \]
📊 Analyse intermédiaire du chiffre :

Une marge de 2,18 m et un ratio de 1,62 : les deux critères sont franchement satisfaits. L'installation est validée dans les conditions nominales. ✅

  • Ordre de grandeur : 2,18 m dépasse largement les 0,6 m minimum et les 1,5 m recommandés en conception courante.
  • 🏗️ Impact sur la suite : cette marge est la réserve d'exploitation . C'est elle qui va être consommée par la température, l'encrassement ou la baisse de niveau.
  • 🔍 Cohérence : en s'arrêtant à la pression seule, on trouverait 1,93 m de marge. Le chiffre correct est 2,18 m — la conclusion ne change pas, la valeur si.
  • ⚠️ Attention : cette marge est calculée au débit nominal . Le NPSH requis croît vite avec le débit : un surdébit de 30 % pourrait le porter au-delà de 5 m.
  • 📊 Comparaison : sur les services critiques (eau d'alimentation de chaudière, hydrocarbures légers), on exige couramment un ratio de 2 à 2,5 . Nous serions alors tout juste conformes.

💡 Remarque pédagogique : Donnez toujours la marge et le ratio. Sur une petite pompe (NPSHr = 1 m), une marge de 2 m est énorme ; sur une grosse (NPSHr = 10 m), la même marge est dérisoire .

Calcul 3 — Les deux limites d'exploitation

Pourquoi fait-on ce calcul ? Parce qu'un NPSH isolé n'aide pas l'exploitant. Ce qu'il doit connaître, ce sont les bornes à ne pas franchir.

⚙️ Méthodologie du calcul :

On inverse la relation en imposant \( NPSH_a = NPSH_r + 0{,}5 \) m, une fois pour la cote , une fois pour la température . 🌡️

  • ⚙️ Substitution : \( z_{max} = (P_{atm} - P_v)/\rho g - J_{asp} - NPSH_r - \text{marge} \).
  • 📐 Piège évité : pour la température, ne pas oublier que \( \rho \) et \( \nu \) varient aussi , pas seulement \( P_v \). L'effet dominant reste toutefois celui de la pression de vapeur.
  • 📋 Hypothèse validée : marge de sécurité fixée à 0,5 m pour ces limites, valeur volontairement basse afin d'obtenir des bornes extrêmes .
  • ⚙️ Vérification croisée : on retrouve bien \( z_{max} - z_{reel} = 3{,}68 - 2{,}00 = 1{,}68 \) m, cohérent avec la marge de 2,18 m diminuée des 0,5 m réservés. ✅
  • 🎯 Finalité : fournir deux nombres exploitables, à afficher sur la fiche de conduite de l'installation.
\[ \begin{aligned} \textbf{Hauteur d'aspiration maximale} : \quad z_{max} &= \frac{P_{atm} - P_v}{\rho g} - J_{asp} - NPSH_r - 0{,}5 \\ &= 8{,}439 - 0{,}763 - 3{,}50 - 0{,}50 = \mathbf{3{,}68} \ \text{m} \\ &\text{(soit } \mathbf{4{,}18} \ \text{m sans aucune marge)} \\[8pt] \textbf{Temperature maximale} : \quad &\text{on cherche } T \text{ tel que } NPSH_a(T) = 4{,}0 \ \text{m} \\ &\Rightarrow \quad T_{max} \approx \mathbf{74} \ ^\circ\text{C} \end{aligned} \]
📊 Analyse intermédiaire du chiffre :

Voilà les deux nombres que l'exploitant doit afficher : ne jamais dépasser 3,7 m de hauteur d'aspiration, et ne jamais dépasser 74 °C . On fonctionne à 2,0 m et 60 °C : la réserve en température n'est que de 14 °C . 🌡️

  • Ordre de grandeur : la hauteur d'aspiration maximale théorique de 10,3 m pour de l'eau froide tombe ici à 3,7 m — l'eau chaude et la pompe consomment le reste.
  • 🏗️ Impact sur la suite : ces deux bornes doivent figurer dans la notice d'exploitation , pas seulement dans la note de calcul.
  • 🔍 Cohérence : à 80 °C, le calcul donne \( NPSH_a = 2{,}90 \) m, soit en dessous du requis. La pompe caviterait franchement. ✅ La limite de 74 °C est bien encadrée.
  • ⚠️ Attention : la marge en température est faible . Une régulation défaillante, un appoint d'eau chaude mal maîtrisé, et l'on franchit les 74 °C sans s'en apercevoir.
  • 📊 Comparaison : de 20 à 74 °C, le NPSH disponible s'effondre de 7,33 m à 4,00 m . La température est de très loin le paramètre le plus dangereux de cette installation.

💡 Remarque pédagogique : Ce calcul de limites est ce qui distingue une note d'exercice d'une note de projet. Le chiffre de 5,68 m ne dit rien à un exploitant ; « ne dépassez pas 74 °C » lui dit tout.

Calcul 4 — Effet du clapet de pied signalé par le monteur

Pourquoi fait-on ce calcul ? Parce qu'une pompe en aspiration doit rester amorcée entre deux démarrages, et que le clapet de pied qui l'assure a une perte de charge bien supérieure à celle retenue.

⚙️ Méthodologie du calcul :

On reprend la chaîne complète avec les coefficients réalistes des tables usuelles, et l'on observe l'effondrement de la marge. 🔧

  • ⚙️ Substitution : \( \sum K \) passe de 1,9 à 6,4 (coude 0,4 + crépine 4 + clapet 2).
  • 📐 Piège évité : ne pas retenir un coefficient parce qu'il arrange le résultat. Les tables donnent des fourchettes ; il faut prendre le haut quand la conséquence est un risque de cavitation.
  • 📋 Hypothèse validée : ces coefficients supposent un clapet propre . Encrassé, l'ensemble peut atteindre K = 10 et davantage.
  • ⚙️ Vérification croisée : la vitesse et le λ ne changent pas — seuls les \( \sum K \) évoluent. Le calcul est donc immédiat.
  • 🎯 Finalité : quantifier une réserve qui pourrait, à elle seule, remettre en cause la validation.
\[ \begin{aligned} \sum K = 1{,}9 \ (\text{enonce}) : \quad J &= 0{,}763 \ \text{m} \ \Rightarrow \ NPSH_a = 5{,}68 \ \text{m}, \ \text{marge} = 2{,}18 \ \text{m} \\[4pt] \sum K = 4{,}4 \ (\text{crepine seule}) : \quad J &= 1{,}386 \ \text{m} \ \Rightarrow \ NPSH_a = 5{,}05 \ \text{m}, \ \text{marge} = 1{,}55 \ \text{m} \\[4pt] \sum K = 6{,}4 \ (\text{+ clapet de pied}) : \quad J &= 1{,}884 \ \text{m} \ \Rightarrow \ NPSH_a = \mathbf{4{,}56} \ \text{m}, \ \text{marge} = \mathbf{1{,}06} \ \text{m} \\[4pt] \sum K = 10{,}4 \ (\text{ensemble encrasse}) : \quad J &= 2{,}880 \ \text{m} \ \Rightarrow \ NPSH_a = \mathbf{3{,}56} \ \text{m}, \ \text{marge} = \mathbf{0{,}06} \ \text{m} \end{aligned} \]
📊 Analyse intermédiaire du chiffre :

Avec un clapet de pied, la marge tombe de 2,18 à 1,06 m — elle est divisée par deux . Et si l'ensemble s'encrasse, elle s'annule purement et simplement. 🚨

  • Ordre de grandeur : même avec un clapet propre, la marge de 1,06 m reste acceptable au regard des 0,6 m minimum usuels.
  • 🏗️ Impact sur la suite : la validation doit être assortie d'une réserve explicite sur la nature exacte de l'accessoire posé en fond de bâche.
  • 🔍 Cohérence : les pertes de charge sont multipliées par 2,5 quand \( \sum K \) passe de 1,9 à 6,4 — l'effet est direct puisque le terme linéaire ne bouge pas.
  • ⚠️ Attention : le cas « encrassé » n'a rien d'académique : c'est l'état réel de la plupart des crépines après deux ans sans nettoyage.
  • 📊 Comparaison : en configuration en charge (pompe 1 m sous le plan d'eau), le clapet de pied devient inutile et la question disparaît d'elle-même.

💡 Remarque pédagogique : Observez le cumul des optimismes : un coefficient de crépine bas, une hauteur cinétique oubliée dans le mauvais sens, et une marge d'exploitation non calculée. Pris isolément, chacun est mineur ; ensemble, ils font passer une installation limite pour une installation confortable.

🎉
RÉSULTAT FINAL
NPSH_a = 5,68 m > NPSH_r = 3,50 m — marge 2,18 m, ratio 1,62 ✅
"Ce résultat sera crucial pour l'étape suivante !"
🌿
Le mot de la fin (Sur le Chantier)

"La cavitation ne casse jamais une pompe d'un coup. Elle s'entend d'abord — ce bruit de gravier caractéristique — puis elle grignote . Six mois plus tard, on trouve les aubes criblées de petits cratères, et le rendement a chuté sans que personne ne s'en soit aperçu."

  • 🏗️ Conséquence pratique : afficher les deux limites — 3,7 m d'aspiration et 74 °C — directement sur l'armoire de commande, pas seulement dans un classeur.
  • 👷 Action corrective : si le bruit de gravier apparaît, arrêter la pompe et vérifier dans l'ordre : niveau de la bâche, propreté de la crépine, température du fluide.
  • 📅 Délai : une pompe qui cavite doit être arrêtée dans l'heure . Chaque heure de fonctionnement en cavitation compte double en usure.
  • 💰 Coût : une roue érodée se remplace ; un corps de pompe percé se remplace aussi, mais avec plusieurs semaines de délai d'approvisionnement.
  • 🤝 Communication : former l' équipe de conduite à reconnaître le bruit. C'est le diagnostic le plus fiable et le moins cher de toute l'installation.
🏗️
🤔
Et si... ? (Analyse de Sensibilité)

Et si le constructeur proposait une pompe plus sensible, avec NPSH_r = 6 m ? C'est la question finale de l'énoncé. 🔄

  • 🔄 Modification : \( NPSH_r \) passe de 3,5 à 6,0 m — une pompe plus rapide, ou à roue moins généreuse à l'ouïe.
  • 📈 Nouvel Impact : \( NPSH_a = 5{,}68 \ \text{m} \lt 6{,}0 \ \text{m} \). La condition n'est plus satisfaite : la pompe caviterait.
  • 💡 Conclusion : la réponse est « non, elle caviterait » — et le déficit est de 0,32 m avant même de compter la moindre marge de sécurité.
  • 📐 Bénéfice/Risque : pour rendre cette pompe utilisable, il faudrait descendre le groupe d'au moins 0,9 m, ou refroidir le fluide, ou élargir l'aspiration. Trois leviers, un seul à choisir.
  • 🔮 Perspective : c'est là qu'on mesure l'utilité du NPSH disponible : il se calcule avant de consulter les fournisseurs, et devient alors un critère de sélection — on écarte d'emblée toute pompe dont le requis dépasse 4,5 m. 🎯
SYNTHÈSE DU BUREAU D'ÉTUDES

BILAN FINAL & PERFORMANCES

📋
📝
Rapport de Fin de Mission

Checklist d'Auto-Évaluation

Avant de clore cet exercice, vérifiez que vous avez bien assimilé la démarche globale de conception :

Mission accomplie — l'installation est saine dans ses conditions nominales. Le NPSH disponible s'établit à 5,68 m face aux 3,50 m requis par la pompe, soit une marge de 2,18 m et un ratio de 1,62 . Ces valeurs dépassent nettement les pratiques usuelles — 0,6 m de marge au minimum, 1,5 m en conception courante, et un ratio de 1,1 à 2,5 selon la criticité du service. Pas de cavitation à craindre au point de fonctionnement étudié. 🌡️

Les deux limites d'exploitation à porter à la connaissance de l'exploitant. Un NPSH isolé n'aide personne à conduire une installation. Ce que l'exploitant doit connaître, ce sont les bornes à ne pas franchir : une hauteur d'aspiration de 3,68 m au maximum, et une température de fluide de 74 °C au maximum. Ce second chiffre mérite une attention particulière : l'installation fonctionne à 60 °C, il ne reste donc que 14 °C de réserve . Une dérive de régulation sur l'appoint d'eau chaude suffirait à franchir la limite, sans autre signal que le bruit de gravier dans la pompe — c'est-à-dire trop tard. ⚠️

La réserve sur la crépine. Le calcul retient K = 1,5 pour la crépine, valeur d'une crépine sans clapet de pied . Or une pompe placée 2 m au-dessus du plan d'eau doit rester amorcée entre deux démarrages, ce qui suppose normalement un clapet. Avec les valeurs usuelles — environ 4 pour la crépine et 2 pour le clapet — les pertes de charge passeraient de 0,76 à 1,88 m , le NPSH disponible tomberait à 4,56 m et la marge à 1,06 m : divisée par deux. Et si l'ensemble s'encrasse jusqu'à K = 10, la marge s'annule purement et simplement. La nature exacte de l'accessoire posé en fond de bâche doit donc être confirmée. 🔧

📊 Tableau de Bord des Performances

🎯
NPSH disponible (définition normalisée)
5,68 m
📐
Marge sur le requis (ratio)
2,18 m (1,62)
🛡️
Température maximale admissible
74 °C

DÉCISION DU DIRECTEUR TECHNIQUE

✅ MISE EN SERVICE AUTORISÉE — SOUS RÉSERVE SUR LA CRÉPINE

"L'installation est validée : NPSH disponible 5,68 m contre 3,50 m requis, marge de 2,18 m , ratio de 1,62 . La mise en service peut avoir lieu lundi.

Une réserve doit être levée dans la semaine : la nature exacte de l'accessoire posé en fond de bâche. Si c'est une simple crépine, le calcul tient. Si c'est une crépine avec clapet de pied — ce que le monteur affirme, et ce qui serait d'ailleurs normal pour une pompe en aspiration devant rester amorcée — alors le NPSH disponible tombe à 4,56 m et la marge à 1,06 m . Cela reste acceptable, mais cela change complètement le plan de maintenance : avec 1 m de marge, le nettoyage de la crépine devient une opération critique et non plus optionnelle. Je veux une photo de l'accessoire avant vendredi.

Deux limites à afficher sur l'armoire de commande : hauteur d'aspiration 3,7 m maximum , température du fluide 74 °C maximum . Ce second point m'inquiète davantage que le premier : nous exploitons à 60 °C, il ne reste donc que 14 °C de réserve . Une dérive de régulation sur l'appoint d'eau chaude, et l'on franchit la limite sans aucun signal — sinon le bruit de gravier dans la pompe, quand il sera déjà trop tard.

Sur la méthode, enfin, une règle que je veux voir appliquée dans toutes nos notes : le NPSH est une charge, pas une pression . Une charge contient toujours un terme de vitesse, et c'est bien sur la charge totale au bride que le constructeur mesure son NPSH requis, conformément à l'ISO 9906. Comparer un disponible calculé sur la pression seule à un requis mesuré sur la charge totale, c'est confronter deux grandeurs qui n'ont pas la même définition. Et si vous voulez ne jamais vous tromper, écrivez-le directement depuis le réservoir : la vitesse s'en élimine d'elle-même, et le piège n'existe plus."

Signature : L'Ingénieur en Chef 👷
Prédiction de la Cavitation à l'Entrée d'une Pompe
Les Fondamentaux de l'HydrauliqueÉtape 20 sur 88

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