Piquetage d'une courbe
Raccorder deux alignements droits par un arc de cercle : les éléments de la courbe, les coordonnées des points de tangence, et le rayon confronté aux seuils de conception routière
Contexte de l'Étude & Enjeux
Le Contexte : Deux routes ne se rencontrent jamais à angle vif : on les raccorde par un arc de cercle. Le projeteur trace les deux alignements droits, choisit un rayon, et le géomètre doit en déduire tout le reste — où commence la courbe, où elle finit, où se trouve son centre, et quels points jalonner sur l'arc. C'est le piquetage d'une courbe, l'opération la plus courante du tracé routier.
Avant tout calcul, mesurez ce qui distingue ce problème d'un simple rayonnement. Quatre éléments le gouvernent :
-
Enjeu Principal : Ne pas confondre l'angle au sommet et l'angle au centre. Ce sont deux angles supplémentaires l'un de l'autre, et les intervertir fausse la tangente, le développement et toutes les coordonnées.
-
Environnement : Un rayon de 50 m, imposé par le projet. C'est un rayon très serré : il faudra le confronter aux seuils de conception routière plutôt que l'accepter sans commentaire.
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L'objectif final : Une fiche de piquetage complète : les deux points de tangence, le centre du cercle et le milieu de l'arc, tous au millimètre.
-
L'astuce de l'ingénieur : Le sens du virage décide de quel côté se trouve le centre. Le signe de la déviation le donne sans ambiguïté — et c'est la première chose à écrire, avant toute perpendiculaire.
Vous êtes géomètre-projeteur. Le plan vous donne deux alignements droits définis par trois points, et un rayon de raccordement. Votre travail consiste à établir la fiche de piquetage complète de la courbe, puis à dire si le rayon retenu tient devant les seuils de conception.
- Le grand défi : passer des deux gisements aux éléments de la courbe sans intervertir les deux angles du quadrilatère sommet-tangence-centre-tangence.
- Votre rôle : calculer, contrôler depuis les données brutes et non depuis vos propres résultats, puis qualifier le rayon au regard des textes.
- Les gisements des deux alignements, leurs longueurs, et le sens du virage déduit du signe de la déviation.
- Les éléments de la courbe : angle au centre, angle au sommet, tangente, développement, corde, bissectrice et flèche — en distinguant clairement ces deux dernières.
- Les coordonnées de T1, T2, du centre C et du milieu de l'arc, au millimètre.
- Quatre contrôles dont un repartant des seules données brutes, et la confrontation du rayon aux seuils Sétra.
Le piquetage d'une courbe est un problème de géométrie pure : trois points et un rayon suffisent à tout déterminer. Mais le rayon, lui, n'est pas libre — il est encadré par les seuils de la conception routière, qui relient vitesse, dévers et stabilité des véhicules. Le dossier de normes fournit ces seuils. S'y ajoutent l'obligation de rattachement géodésique et le dispositif de contrôle de précision, qui s'appliquent dès que le piquetage est exécuté pour une personne publique.
Formulaire & Aide-Mémoire (À consulter en cas de besoin)
Retrouvez ici les formules principales pour cet exercice. Ne les apprenez pas par cœur, comprenez comment les appliquer ! La relation à retenir avant toutes les autres est celle qui lie l'angle au sommet et l'angle au centre : leur somme vaut 200 gon, et les confondre fausse tout le reste.
- Gisement entre deux points connus \( G_{\text{A-B}} = \arctan\left(\dfrac{\Delta X}{\Delta Y}\right) + k \cdot 200^{\text{gon}} \)
- Déviation du tracé \( \gamma = G_{\text{sortant}} - G_{\text{entrant}} \)
- Angle au centre et angle au sommet \( \theta = \left| \gamma \right| \) et \( \Omega = 200^{\text{gon}} - \theta \)
- Longueur de la tangente \( ST = R \cdot \tan\left(\dfrac{\theta}{2}\right) \)
- Développement de l'arc \( L = R \cdot \dfrac{\pi \cdot \theta}{200} \)
- Corde entre les deux tangences \( c = 2 R \cdot \sin\left(\dfrac{\theta}{2}\right) \)
- Bissectrice — du sommet au milieu de l'arc \( b = R \left( \dfrac{1}{\cos(\theta/2)} - 1 \right) \)
- Flèche — de la corde à l'arc \( f = R \left( 1 - \cos\left(\dfrac{\theta}{2}\right) \right) \)
- Rayonnement — abscisse \( X_{\text{P}} = X_{\text{O}} + D \sin G_{\text{O-P}} \)
- Rayonnement — ordonnée \( Y_{\text{P}} = Y_{\text{O}} + D \cos G_{\text{O-P}} \)
- Règle des quadrants \( k = 0 \) si \( \Delta X \geq 0, \Delta Y > 0 \) · \( k = 1 \) si \( \Delta Y < 0 \) · \( k = 2 \) si \( \Delta X < 0, \Delta Y > 0 \)
- Surlargeur de virage — rayon inférieur à 200 m \( s = \dfrac{50}{R} \)
PROPRIÉTÉS DU SYSTÈME / DES MATÉRIAUX
| Symbole | Description | Valeur | Unité |
|---|---|---|---|
| A | Point d'origine de l'alignement entrant. Coordonnées exprimées dans le système du chantier, à rattacher au système légal pour tout travail public Décret 2000-1276 du 26 déc. 2000 modifié par décret 2006-272, art. 1er | 1000,00 / 1500,00 | m |
| S | Sommet : intersection théorique des deux alignements. Il n'est jamais construit — la courbe le contourne | 1130,00 / 1350,00 | m |
| B | Point définissant l'alignement sortant. Sans lui, la direction de la seconde droite serait inconnue | 1260,00 / 1400,00 | m |
| R | Rayon du raccordement, imposé par le projet. C'est la seule grandeur de longueur du problème qui ne provienne pas des coordonnées | 50,00 | m |
- Planimétrie : système local de chantier, à rattacher au \( \text{RGF93} \) — projection \( \text{Lambert-93} \) — pour tout travail exécuté pour une personne publique
- Unité angulaire : le \( \text{grade} \), soit 400 par tour et 200 pour un angle plat
CONTRAINTES, SOLLICITATIONS ET ACTIONS
| Symbole | Description | Valeur | Unité |
|---|---|---|---|
| dmax | Dévers plafond : au-delà, la contribution à l'équilibre dynamique cesse d'être utile et des difficultés constructives apparaissent Sétra DT4044, janv. 2006 — Le profil en travers, § 4 | 7 | % |
| Rséc | Rayon au seuil de sécurité pour 50 km/h avec le dévers plafond de 7 %. C'est le plus petit rayon du tableau Sétra, toutes vitesses et tous dévers confondus | 54 | m |
| Rconf | Rayon au seuil de confort dans les mêmes conditions. Les guides de conception retiennent des valeurs généralement supérieures | 73 | m |
| Rlim | Seuil en dessous duquel une surlargeur de virage devient nécessaire lorsque le trafic poids lourds est important | 200 | m |
- Vitesse de référence : non précisée — la confrontation aux seuils se fera donc au cas le plus favorable du tableau, 50 km/h avec 7 % de dévers
- Raccordement progressif : aucune clothoïde n'est demandée — sa longueur sera néanmoins calculée, car elle change la position réelle des points de tangence
Extraits de Normes & Abaques (Documents Annexes)
Servez-vous des documents ci-dessous pour extraire les coefficients nécessaires à votre résolution. Le premier fixe les rayons minimaux par couple vitesse-dévers, le deuxième les corrections à apporter aux petits rayons, le troisième le dispositif de contrôle de précision. Le dernier encart précise ce que ces textes ne disent pas.
Extrait — Sétra DT4044 (janvier 2006), Le tracé en plan § 1 : rayons par couple vitesse-dévers| Classe / Catégorie | Coefficient ou Valeur |
|---|---|
| Seuil de sécurité | 2/3 du seuil de stabilité physique |
| Seuil de confort | 1/2 du seuil de stabilité physique |
| 50 km/h — dévers 0 % · 5 % · 7 % | 98 / 66 · 78 / 57 · 73 / 54 m (confort / sécurité) |
| 70 km/h — dévers 0 % · 5 % · 7 % | 242 / 162 · 184 / 134 · 168 / 125 m |
| 90 km/h — dévers 0 % · 5 % · 7 % | 473 / 318 · 345 / 254 · 311 / 235 m |
| Classe / Catégorie | Coefficient ou Valeur |
|---|---|
| Surlargeur de virage, rayon < 200 m | 50 / R |
| Giration réglementaire des véhicules | entre deux cercles concentriques de 5,30 m et 12,50 m |
| Clothoïde — route à 2 voies | Inf (6 R0,4 ; 67 m) |
| Clothoïde — route à 3 voies | Inf (9 R0,4 ; 100 m) |
| Classe / Catégorie | Coefficient ou Valeur |
|---|---|
| Coefficient de fiabilité k — planimétrie (n = 2) | 2,42 |
| Critère de moyenne | Emoy < [xx] × (1 + 1/8) |
| Tolérance individuelle | T = k × [xx] × (1 + 1/(2C²)), avec C ≥ 2 |
| Critère maximal — planimétrie | 4,08 × [xx] |
- Le rayon n'est pas un paramètre libre. Il est lié à la vitesse pratiquée et au dévers. Le tableau Sétra donne deux seuils : celui de sécurité, fixé aux deux tiers de la stabilité physique, et celui de confort, fixé à la moitié.
- Un petit rayon a des conséquences constructives. En dessous de 200 m, une surlargeur devient nécessaire pour que les semi-remorques ne débordent pas de leur voie ; le guide donne la valeur 50/R.
- Un raccordement circulaire pur est une simplification. En pratique, on introduit une clothoïde de part et d'autre, ce qui déplace les points de tangence. Le calcul mené ici reste le socle de tout tracé, mais il n'est pas le tracé définitif.
- Ce que le dossier ne contient pas. Le DT4044 renvoie lui-même à l'ARP et à l'ICTAAL pour le réseau national ; aucun des deux n'est présent dans le dossier de normes, et les seuils cités ici sont donc ceux du DT4044. L'ICTAAL ne s'appliquerait de toute façon pas, son champ étant l'autoroute interurbaine.
3. Méthodologie de Résolution & Travail Demandé
Afin d'assurer un dimensionnement sécuritaire et conforme aux standards, nous procédons selon les étapes méthodiques détaillées ci-dessous. La particularité de cet exercice tient à sa deuxième question : c'est là que se joue la distinction entre l'angle au sommet et l'angle au centre, et c'est là que l'on se trompe le plus souvent — en intervertissant les deux.
Question 1 : Les gisements et le sens du virage
Besoin d'un indice ? (Niveau 1)
Le premier alignement descend vers le sud-est : \( \Delta X \) positif et \( \Delta Y \) négatif, donc deuxième quadrant et correction de +200 gon. Le second remonte vers le nord-est : les deux écarts sont positifs, donc aucune correction.
Toujours bloqué ? (Indice Niveau 2)
Attendez-vous à un premier gisement voisin de 155 gon et à un second voisin de 77 gon. Le signe de leur différence donne le sens : négatif, le virage tourne à gauche.
Question 2 : Les éléments de la courbe
Besoin d'un indice ? (Niveau 1)
Regardez le quadrilatère formé par le sommet, les deux points de tangence et le centre. Les angles aux deux tangences valent 100 gon chacun, puisque le rayon est perpendiculaire à la tangente. Que reste-t-il pour les deux autres ?
Toujours bloqué ? (Indice Niveau 2)
L'angle au centre est égal à la déviation, pas à son complément. Attendez-vous à θ voisin de 78 gon, à une tangente voisine de 35 m et à un développement voisin de 61 m. Si vous trouvez 66 et 99 m, vous avez interverti les deux angles.
Question 3 : Les coordonnées des quatre points
Besoin d'un indice ? (Niveau 1)
Les deux points de tangence se rayonnent depuis le sommet, à la distance ST : T1 dans la direction du sommet vers A, T2 dans la direction du sommet vers B. Attention au gisement inverse pour le premier.
Toujours bloqué ? (Indice Niveau 2)
Le centre se rayonne depuis T1, à la distance R, sur la perpendiculaire à l'alignement entrant. Le virage tournant à gauche, il faut retrancher 100 gon au gisement de l'alignement, et non les ajouter. Le milieu de l'arc, lui, se rayonne depuis le centre en direction du sommet.
Question 4 : Contrôles et confrontation aux seuils
Besoin d'un indice ? (Niveau 1)
Le centre peut être atteint par deux chemins : depuis T1 et depuis T2. Leur écart mesure la cohérence entre la tangente, l'angle au centre et les deux gisements.
Toujours bloqué ? (Indice Niveau 2)
Le contrôle vraiment indépendant est la distance du centre aux deux droites A-S et S-B, calculée par le produit vectoriel. Elle doit valoir R sans utiliser aucun résultat intermédiaire. Pour les normes, comparez 50 m au plus petit rayon du tableau, qui vaut 54 m.
Piquetage d'une courbe
"Tout le raccordement découle de deux nombres : les gisements des deux alignements. Je les calcule donc avec le plus grand soin, en écrivant chaque rapport de coordonnées partielles avant de toucher à l'arctangente. Puis je fais quelque chose que l'énoncé ne demande pas : je regarde le signe de leur différence. Ce signe me dit si la route tourne à droite ou à gauche — et c'est cette information, qu'aucune formule ne produira plus tard, qui décidera de quel côté placer le centre du cercle."
- Observation : le premier alignement descend vers le sud-est, le second remonte vers le nord-est. Les deux quadrants sont différents, donc les corrections aussi.
- Analyse du risque : l'oubli de la correction de quadrant sur le premier alignement. L'arctangente ne rend que des valeurs comprises entre −100 et +100 gon ; elle ne sait rien du quadrant réel.
- Choix stratégique : je calcule aussi les longueurs des deux alignements, bien qu'elles ne servent pas au raccordement. Elles diront si la tangente trouvée tient dans les alignements disponibles.
- Alternative : lire les directions sur le plan au rapporteur. Écartée : la précision au dixième de grade est hors de portée d'une lecture graphique.
- Objectif visé : deux gisements à quatre décimales, deux longueurs au millimètre, et le sens du virage énoncé sans ambiguïté.
Voir uniquement le résultat final (Auto-évaluation)
Le gisement est l'angle que fait une direction avec le nord du quadrillage, compté dans le sens des aiguilles d'une montre, de 0 à 400 gon. Sa tangente vaut le rapport des coordonnées partielles, mais ce rapport ne suffit pas : deux directions opposées ont la même tangente. C'est le couple de signes de ΔX et ΔY qui lève l'ambiguïté.
Trois relations : le gisement, la distance, et la déviation qui les relie.
Gisement d'un alignement :Donne la direction d'une droite définie par deux points.
Parce que le raccordement ne dépend pas de la position des alignements mais uniquement de leurs directions. Le gisement est la façon topographique d'exprimer une direction.
- \( G \) : gisement de l'alignement, unité : gon
- \( \Delta X \) : coordonnée partielle en abscisse, unité : m
- \( \Delta Y \) : coordonnée partielle en ordonnée, unité : m
- \( k \) : correction de quadrant, 0, 1 ou 2, unité : sans dimension
- Le rapport : tangente du gisement, insuffisante à elle seule, unité : sans dimension
Distance horizontale entre les deux points qui le définissent.
Parce que la tangente calculée plus loin devra tenir dans l'alignement : si elle le dépasse, le point de tangence tomberait en amont du point A, ce qui est géométriquement impossible sur le terrain.
- \( D \) : longueur de l'alignement, unité : m
- \( \Delta X^{2} \) : carré de la coordonnée partielle en abscisse, unité : m²
- \( \Delta Y^{2} \) : carré de la coordonnée partielle en ordonnée, unité : m²
- La somme : carré de l'hypoténuse, unité : m²
- La racine : distance horizontale cherchée, unité : m
Mesure le changement de direction au passage du sommet.
Parce que c'est la grandeur qui commande le raccordement : elle est exactement l'angle au centre de l'arc. Et son signe donne le sens du virage, information que rien d'autre ne fournira.
- \( \gamma \) : déviation du tracé au sommet, unité : gon
- \( G_{\text{entrant}} \) : gisement de l'alignement parcouru avant la courbe, unité : gon
- \( G_{\text{sortant}} \) : gisement de l'alignement parcouru après la courbe, unité : gon
- Le signe du résultat : négatif à gauche, positif à droite, unité : sans dimension
- La valeur absolue : angle au centre de l'arc de raccordement, unité : gon
"Beaucoup d'étudiants tapent le rapport dans la calculatrice et recopient l'arctangente sans se demander dans quel quadrant ils se trouvent. Ici, le premier alignement descend vers le sud-est : l'arctangente rend −45,4604 gon, valeur qui n'est pas un gisement. Il manque les 200 gon du deuxième quadrant..."
- L'erreur : croire que l'arctangente rend un gisement. Elle rend un angle entre −100 et +100 gon, rien de plus.
- La bonne méthode : poser le tableau des signes, en déduire le quadrant, puis appliquer la correction. Trois lignes de note de calculs qui rendent l'erreur impossible.
- L'astuce de pro : vérifier le résultat sur le croquis : un gisement entre 100 et 200 gon doit pointer vers le sud-est, ce qui est bien le cas ici.
- Le moyen mnémotechnique : « Y négatif, +200 ; X négatif seul, +400 ».
- L'impact direct : la version précédente de cet exercice annonçait 152,2388 et 78,4349 gon. Ces deux valeurs ne correspondent à aucun rapport de coordonnées partielles de l'énoncé, et l'erreur se propage à absolument tous les résultats suivants.
Exécution de la Note de Calculs
- Coordonnées : en mètres , au centimètre tel que donné.
- Rapports de coordonnées partielles : sans dimension , sept décimales.
- Gisements : en grades , quatre décimales.
- Longueurs : en mètres horizontaux , au millimètre.
- Calculatrice impérativement en mode GRAD , jamais en degrés.
Nous traitons d'abord l'alignement entrant , puis le sortant, puis leur différence.
1. Résolution Numérique Étape 1 : l'alignement entrant A-SPourquoi fait-on ce calcul ? Parce que c'est la direction que suit la route avant la courbe, et l'origine de tous les reports d'angle qui suivront.
Le quadrant. ΔX est positif et ΔY négatif : la direction plonge vers le sud-est, donc le deuxième quadrant, et k vaut 1.
La longueur de cet alignement.
Pourquoi fait-on ce calcul ? Parce que c'est la direction que la route doit retrouver après la courbe. L'écart entre les deux est tout le problème.
Le quadrant. Les deux écarts sont positifs : direction nord-est, premier quadrant, k vaut 0 et aucune correction n'est nécessaire.
La longueur de cet alignement.
Pourquoi fait-on ce calcul ? Parce que cette différence est, à son signe près, l'angle au centre de l'arc. Et son signe est la seule information qui dira de quel côté placer le centre.
Le résultat étant négatif, le gisement diminue au passage du sommet : la route tourne dans le sens trigonométrique, c'est-à-dire à gauche. Le centre du cercle se trouve donc à gauche de la direction de marche.
La route braque de près de 78 grades vers la gauche, soit plus de 70 degrés. Ce n'est pas une inflexion, c'est un virage serré : la valeur annonce d'emblée que le rayon retenu devra être examiné de près.
- Ordre de grandeur : les deux gisements pointent bien dans les quadrants lus sur le croquis, l'un vers le sud-est, l'autre vers le nord-est
- Impact sur la suite : cette valeur est directement l'angle au centre de la question 2. Le signe, lui, servira à la question 3 pour orienter la perpendiculaire.
- Cohérence : les deux alignements mesurent 198 et 139 m ; la tangente devra tenir dans le plus court des deux, ce qui sera vérifié à la question 2.
- Attention : ne jamais prendre la valeur absolue trop tôt. Le signe est une donnée de projet, pas un artefact de calcul.
- Comparaison : la version précédente annonçait une déviation de 73,8039 gon. L'écart de 4,1 gon vient des deux gisements erronés, et il se répercute sur tout l'exercice.
Remarque pédagogique : Écrire « virage à gauche » en toutes lettres dans la note de calculs vaut mieux qu'un signe isolé au milieu d'une ligne : c'est cette phrase que l'on relira au moment de choisir le côté de la perpendiculaire.
Le schéma ci-dessous porte les deux gisements calculés, les deux longueurs, et la déviation mesurée entre le prolongement de l'alignement entrant et l'alignement sortant.
Une lecture utile pour le terrain : le prolongement de l'alignement entrant, tracé en pointillé, montre où la route irait sans la courbe. L'angle entre ce prolongement et l'alignement sortant est la déviation — et c'est exactement ce que l'arc devra absorber.
"Toute la courbe tient dans un seul angle. Encore faut-il prendre le bon. Le quadrilatère sommet-tangence-centre-tangence a deux angles droits — les rayons sont perpendiculaires aux tangentes — donc les deux autres se partagent 200 gon. L'angle au centre est la déviation ; l'angle au sommet en est le complément. Les intervertir, c'est calculer la tangente d'un virage qui n'existe pas. Je vérifie donc, avant tout, laquelle des deux valeurs je mets dans la tangente."
- Observation : l'angle au centre est ici inférieur à 100 gon, donc la demi-tangente est plus courte que le rayon. Un premier repère mental utile.
- Analyse du risque : l'interversion des deux angles. Elle ne provoque aucune absurdité visible : les longueurs restent plausibles, seulement fausses de près du double.
- Choix stratégique : je calcule six grandeurs et non deux : tangente, développement, corde, bissectrice et flèche serviront toutes, soit au piquetage, soit au contrôle.
- Alternative : passer par le triangle rectangle S-T1-C sans nommer les angles. Écartée : c'est justement là que naît la confusion.
- Objectif visé : une fiche d'éléments complète, avec la distinction explicite entre la flèche et la bissectrice.
Voir uniquement le résultat final (Auto-évaluation)
Un arc tangent à deux droites est entièrement déterminé par son rayon et par l'angle entre les deux droites. Toutes les autres grandeurs — tangente, développement, corde, flèche — s'en déduisent par la trigonométrie du triangle rectangle formé par le sommet, un point de tangence et le centre.
Quatre relations : le partage des 200 gon, la tangente, le développement et la corde.
Angle au sommet et angle au centre :Relie les deux angles du quadrilatère de raccordement.
Parce que la somme des angles d'un quadrilatère vaut 400 gon et que deux d'entre eux sont droits. Il ne reste donc que 200 gon à partager entre le sommet et le centre.
- \( \theta \) : angle au centre, égal à la valeur absolue de la déviation, unité : gon
- \( \Omega \) : angle au sommet, entre les deux tangentes, unité : gon
- Les deux angles droits : aux points de tangence, 100 gon chacun, unité : gon
- La somme du quadrilatère : 400 gon, unité : gon
- La demi-somme : θ/2, seul angle qui entrera dans les formules suivantes, unité : gon
Distance du sommet à chacun des deux points de tangence.
Parce que dans le triangle rectangle S-T1-C, le rayon est le côté opposé à la demi-ouverture au centre, et la tangente le côté adjacent. Leur rapport est donc une tangente trigonométrique.
- \( ST \) : longueur de la tangente, identique des deux côtés, unité : m
- \( R \) : rayon du raccordement, imposé par le projet, unité : m
- \( \theta / 2 \) : demi-angle au centre, unité : gon
- La tangente trigonométrique : rapport du rayon à la demi-corde du triangle rectangle, unité : sans dimension
- L'égalité des deux tangentes : conséquence de la symétrie de la figure, unité : m
Longueur réellement parcourue sur la courbe.
Parce que la longueur d'un arc est proportionnelle à l'angle qui le sous-tend. En grades, le facteur de conversion est π/200, l'angle plat valant 200 gon.
- \( L \) : développement de l'arc, unité : m
- \( R \) : rayon du raccordement, unité : m
- \( \theta \) : angle au centre entier, et non sa moitié, unité : gon
- \( \pi / 200 \) : passage du grade au radian, unité : rad par gon
- Le rapport à la corde : indicateur de la courbure, toujours supérieur à 1, unité : sans dimension
Distance en ligne droite de l'entrée à la sortie de la courbe.
Parce que la corde est la base d'un triangle isocèle de côtés R, dont l'angle au sommet est l'angle au centre. Sa moitié vaut donc R sin(θ/2).
- \( c \) : corde joignant les deux points de tangence, unité : m
- \( 2R \) : diamètre du cercle de raccordement, unité : m
- \( \sin(\theta/2) \) : demi-ouverture vue du centre, unité : sans dimension
- La flèche associée : \( R(1 - \cos(\theta/2)) \), distance de la corde à l'arc, unité : m
- La bissectrice : \( R(1/\cos(\theta/2) - 1) \), distance du sommet à l'arc, unité : m
"Beaucoup d'étudiants — et beaucoup de corrigés — appellent « angle au sommet » la différence des gisements, puis prennent son complément pour l'angle au centre. C'est exactement l'inverse. La différence des gisements est la déviation, donc l'angle au centre ; l'angle au sommet est ce qui reste des 200 gon..."
- L'erreur : confondre l'angle entre les deux routes et l'angle dont la route tourne. Ce sont deux angles supplémentaires.
- La bonne méthode : se souvenir qu'un virage à angle droit dévie de 100 gon : l'angle au sommet vaut alors 100 gon et l'angle au centre aussi. C'est le seul cas où les deux coïncident.
- L'astuce de pro : raisonner par cas limite. Deux alignements presque parallèles donnent une déviation quasi nulle et un angle au sommet proche de 200 gon : l'arc devient minuscule.
- Le moyen mnémotechnique : « le volant tourne de l'angle au centre ».
- L'impact direct : la version précédente annonçait ST = 66,86 m et L = 99,11 m, soit près du double des valeurs exactes. Les points de tangence sortaient de plus de trente mètres.
Exécution de la Note de Calculs
- Angles : en grades , repris sans arrondi depuis la question 1.
- Lignes trigonométriques : sans dimension , sept décimales.
- Rayon et longueurs : en mètres , au millimètre.
- Facteur de conversion : π / 200, en radian par grade .
- Calculatrice toujours en mode GRAD .
Nous partageons d'abord les 200 gon , puis nous en déduisons les cinq longueurs de la courbe.
1. Résolution Numérique Étape 1 : les deux angles du quadrilatèrePourquoi fait-on ce calcul ? Parce que c'est le point de bascule de tout l'exercice : le reste n'est que trigonométrie appliquée à l'angle retenu.
La demi-ouverture au centre. C'est elle, et non l'angle entier, qui entre dans la tangente, la corde et la flèche.
Pourquoi fait-on ce calcul ? Parce que ces deux longueurs sont celles que le chantier utilise : la première pour jalonner, la seconde pour métrer.
Cette tangente doit tenir dans chacun des deux alignements. Elle vaut 35,091 m contre 198,494 m disponibles avant le sommet et 139,284 m après : la marge est confortable des deux côtés.
Pourquoi fait-on ce calcul ? Parce que ces trois grandeurs servent aux contrôles de terrain — et parce que les deux dernières sont régulièrement confondues.
La flèche — distance de la corde à l'arc, mesurée en leur milieu commun :
La bissectrice — distance du sommet au milieu de l'arc, sur la bissectrice de l'angle au sommet :
Une courbe de 61 m de long, entrant 35 m avant le sommet. Le développement dépasse la corde de 3,7 m, soit un rapport de 1,065 : l'arc est nettement courbé, ce qui confirme le caractère serré du virage annoncé à la question 1.
- Ordre de grandeur : la somme des deux tangentes vaut 70,182 m, supérieure au développement de 61,194 m, lui-même supérieur à la corde de 57,446 m. L'encadrement attendu est respecté
- Impact sur la suite : la tangente donnera les deux points de tangence, la bissectrice servira de contrôle sur le milieu de l'arc.
- Cohérence : flèche et bissectrice diffèrent de 2,012 m. Les confondre déplacerait le point milieu de deux mètres — visible à l'œil nu sur le terrain.
- Attention : la version précédente donnait la formule de la bissectrice en l'appelant flèche. La confusion est fréquente et elle a un coût métrique.
- Comparaison : avec les valeurs erronées de la version précédente — 66,86 et 99,11 m —, la tangente aurait dépassé de trente mètres sa valeur réelle, sans pour autant sortir des alignements disponibles : rien n'aurait alerté.
Remarque pédagogique : L'encadrement corde < développement < somme des tangentes est un contrôle gratuit, valable pour tout raccordement circulaire. Il ne coûte que deux comparaisons et attrape l'interversion des angles dans la plupart des cas.
Le schéma ci-dessous porte tous les éléments calculés sur la figure du raccordement, avec les deux angles droits aux points de tangence.
Une lecture utile pour le terrain : la bissectrice part du sommet et rejoint l'arc en son milieu ; la flèche part de la corde et rejoint le même point. Les deux se terminent au même endroit mais ne commencent pas au même : d'où les 2,012 m d'écart entre elles.
"Quatre rayonnements, et c'est fini. Mais chacun exige de choisir le bon gisement, et le troisième exige de choisir le bon côté. Pour aller du sommet vers T1, je remonte l'alignement entrant : il me faut donc le gisement inverse. Pour aller de T1 vers le centre, je tourne de 100 gon — mais dans quel sens ? La question 1 a déjà répondu : le virage tourne à gauche, donc le centre est à gauche, donc je retranche. Cette phrase vaut mieux qu'une formule apprise par cœur."
- Observation : les deux points de tangence se rayonnent depuis le même point, le sommet, à la même distance. Seuls les gisements diffèrent.
- Analyse du risque : oublier le gisement inverse pour T1. On obtiendrait un point situé au-delà du sommet, sur le prolongement de la route, au lieu d'être en amont.
- Choix stratégique : je calcule le centre depuis T1, et je réserve le chemin par T2 pour la question 4 : il servira de contrôle de fermeture.
- Alternative : calculer le centre depuis le sommet, sur la bissectrice, à la distance déjà connue. Écartée : elle exigerait le gisement de la bissectrice, une grandeur supplémentaire à établir.
- Objectif visé : quatre points au millimètre — dont le milieu de l'arc, que la version précédente annonçait sans jamais le calculer.
Voir uniquement le résultat final (Auto-évaluation)
Le rayonnement polaire est l'opération la plus simple de la topographie : depuis un point connu, une direction et une longueur donnent un nouveau point. Toute la difficulté du piquetage d'une courbe tient à l'enchaînement de ces rayonnements, et au fait que l'un d'eux exige une information qui ne vient d'aucun calcul : le côté du virage.
Quatre relations : le gisement inverse, les deux projections du rayonnement, et la perpendiculaire menant au centre.
Gisement inverse :Retourne une direction pour remonter l'alignement.
Parce que le premier point de tangence se trouve en amont du sommet. Le rayonnement partant du sommet, il faut donc la direction qui remonte vers A, et non celle qui descend de A vers S.
- \( G_{\text{S-A}} \) : gisement du sommet vers le point A, unité : gon
- \( G_{\text{A-S}} \) : gisement de l'alignement entrant, calculé à la question 1, unité : gon
- Les 200 gon : demi-tour complet, unité : gon
- Le modulo 400 : à appliquer si la somme dépasse un tour, unité : gon
- La distance associée : la tangente ST, identique dans les deux sens, unité : m
Position en X d'un point rayonné.
Parce qu'une direction et une longueur se projettent sur les deux axes. Le gisement étant compté depuis l'axe des Y, c'est le sinus qui porte l'abscisse.
- \( X_{\text{P}} \) : abscisse du point rayonné, unité : m
- \( X_{\text{O}} \) : abscisse du point d'origine du rayonnement, unité : m
- \( D \) : longueur rayonnée — la tangente, puis le rayon, unité : m
- \( \sin(G_{\text{O-P}}) \) : projection de la direction sur l'axe des X, unité : sans dimension
- Le produit : coordonnée partielle en abscisse, unité : m
Position en Y d'un point rayonné.
Parce que l'axe des Y est la direction de référence du gisement : la projection sur cet axe fait donc intervenir le cosinus, qui devient négatif au-delà de 100 gon.
- \( Y_{\text{P}} \) : ordonnée du point rayonné, unité : m
- \( Y_{\text{O}} \) : ordonnée du point d'origine, unité : m
- \( \cos(G_{\text{O-P}}) \) : projection de la direction sur l'axe des Y, unité : sans dimension
- Le produit : coordonnée partielle en ordonnée, unité : m
- L'arrondi final : au millimètre, une seule fois, en fin de chaîne, unité : m
Oriente la visée du point de tangence vers le centre du cercle.
Parce que le rayon est perpendiculaire à la tangente au point de contact. Il suffit donc de tourner de 100 gon — du côté indiqué par le sens du virage.
- \( G_{\text{T1-C}} \) : gisement du premier point de tangence vers le centre, unité : gon
- \( G_{\text{A-S}} \) : gisement de l'alignement entrant, unité : gon
- Les 100 gon : angle droit entre la tangente et le rayon, unité : gon
- Le signe moins : imposé par le virage à gauche, unité : sans dimension
- La distance associée : le rayon R, unité : m
"Beaucoup d'étudiants ajoutent systématiquement 100 gon pour trouver le centre, parce que c'est ce qu'ils ont vu dans un exemple. Le calcul se déroule sans anomalie, la distance au point de tangence vaut bien R — mais le centre est de l'autre côté de la route, et la courbe tourne dans le mauvais sens..."
- L'erreur : croire qu'il existe un signe universel. Il dépend entièrement du sens du virage, qui change d'un raccordement à l'autre sur un même tracé.
- La bonne méthode : écrire le signe de la déviation dès la question 1, en toutes lettres, et s'y référer ici.
- L'astuce de pro : vérifier que le centre obtenu est bien du côté intérieur du virage — c'est immédiat sur un croquis, même grossier.
- Le moyen mnémotechnique : « on tourne le regard du côté où l'on tourne le volant ».
- L'impact direct : la version précédente écrivait G(A-S) + 100, ce qui plaçait le centre du mauvais côté — et le calculait de surcroît en degrés au lieu de grades.
Exécution de la Note de Calculs
- Gisements : en grades , quatre décimales.
- Sinus et cosinus : sans dimension , sept décimales, signes explicites.
- Coordonnées partielles : en mètres , quatre décimales pour ne rien perdre en chaîne.
- Coordonnées finales : en mètres , arrondies au millimètre en fin de calcul seulement.
- Calculatrice en mode GRAD — l'erreur la plus coûteuse de cet exercice.
Nous rayonnons successivement T1, T2, le centre puis le milieu de l'arc .
1. Résolution Numérique Étape 1 : le point de tangence d'entréePourquoi fait-on ce calcul ? Parce que T1 est le point où la route cesse d'être droite. C'est le premier piquet à planter.
Ce gisement se situe dans le quatrième quadrant : la direction pointe vers le nord-ouest, donc sinus négatif et cosinus positif.
Pourquoi fait-on ce calcul ? Parce que T2 est le point où la route redevient droite. Ici, aucun gisement inverse : on descend l'alignement sortant dans son sens naturel.
Les deux tangences encadrent le sommet, l'une au nord-ouest, l'autre au nord-est. La distance qui les sépare doit valoir la corde calculée à la question 2 : ce sera vérifié à la question 4.
- Ordre de grandeur : les quatre coordonnées partielles restent inférieures à 35,091 m en valeur absolue, comme l'exige la longueur rayonnée
- Impact sur la suite : T1 servira d'origine au rayonnement du centre ; T2 servira de chemin de contrôle à la question 4.
- Cohérence : les deux points se trouvent bien sur leurs alignements respectifs, du bon côté du sommet.
- Attention : les quatre décimales conservées ici ne sont pas de la coquetterie : elles évitent que l'arrondi ne s'accumule sur les deux rayonnements suivants.
- Comparaison : la version précédente annonçait T1 (1076,62 ; 1424,96), avec des coordonnées partielles de −53,38 et +74,96 m — dont le module vaut 92,03 m alors que la distance rayonnée annoncée était 66,86 m. Ces chiffres n'ont jamais été calculés.
Remarque pédagogique : Un contrôle immédiat et gratuit : la racine de la somme des carrés des deux coordonnées partielles doit redonner la distance rayonnée. Il suffit de le faire une fois pour attraper une faute de sinus.
Étape 3 : le centre du cerclePourquoi fait-on ce calcul ? Parce que le centre est le point depuis lequel tous les points de l'arc se piquettent. C'est ici qu'intervient le sens du virage.
Ce gisement pointe vers le nord-est, c'est-à-dire vers l'intérieur du virage : les deux lignes trigonométriques sont positives.
Pourquoi fait-on ce calcul ? Parce que ce point, annoncé par l'énoncé, n'avait jamais été calculé. Il se rayonne depuis le centre, à la distance R, en direction du sommet.
Les deux écarts sont négatifs : la direction plonge vers le sud-ouest, troisième quadrant, donc k vaut 1.
La fiche de piquetage est complète : quatre points, tous au millimètre. Le milieu de l'arc se trouve à quelques mètres au nord du sommet, ce qui correspond bien à la bissectrice de 11,085 m calculée à la question 2.
- Ordre de grandeur : le centre est à 59 m au nord et 15 m à l'est du sommet, soit une distance voisine de 61 m — cohérent avec les 61,085 m du segment sommet-centre
- Impact sur la suite : ces quatre points sont le livrable. Il reste à démontrer que la courbe qu'ils définissent est réellement tangente aux deux alignements.
- Cohérence : le centre se trouve bien à l'intérieur du virage, au nord de la ligne des deux alignements, comme l'exigeait le sens de rotation.
- Attention : sur le terrain, le centre est souvent inaccessible — dans un talus, un bâtiment ou une parcelle privée. Le piquetage se fait alors depuis les tangences, par abscisses et ordonnées.
- Comparaison : la version précédente donnait C (1028,86 ; 1410,18), soit 116 m à l'ouest du centre réel — conséquence directe d'un calcul mené en degrés et d'une perpendiculaire prise du mauvais côté.
Remarque pédagogique : Le milieu de l'arc est le point de contrôle privilégié d'un raccordement : il est le plus éloigné des deux tangences, donc le plus sensible à une erreur sur le rayon ou sur l'angle au centre.
Le schéma ci-dessous porte les coordonnées des quatre points calculés ainsi que les gisements de rayonnement employés.
Une lecture utile pour le terrain : le centre est du côté nord, à l'intérieur du virage. Si le calcul l'avait placé au sud, la courbe se serait éloignée du sommet au lieu de le contourner — anomalie immédiatement visible sur le croquis, et c'est bien pour cela qu'on le dessine.
"J'ai quatre points. Rien ne prouve encore que le cercle qu'ils définissent soit réellement tangent aux deux alignements. Je vais donc mesurer la distance du centre aux deux droites — pas aux points de tangence que j'ai moi-même calculés, mais aux droites définies par A, S et B. Ce contrôle-là ne réutilise aucun de mes résultats intermédiaires : ni la tangente, ni l'angle au centre, ni les gisements. Si le centre est bien à 50 m de chacune des deux droites, la courbe est tangente. Et enfin, je regarde ce rayon en face : cinquante mètres, est-ce raisonnable ?"
- Observation : le centre peut être atteint par deux chemins, depuis T1 ou depuis T2. Leur écart mesure la cohérence de la chaîne.
- Analyse du risque : se contenter de ce double chemin. Il teste la cohérence interne, mais il repose encore sur ma tangente et mon angle au centre.
- Choix stratégique : un contrôle qui repart des trois points de l'énoncé et de rien d'autre : la distance du centre aux deux droites.
- Le devoir de conseil : un rayon de 50 m n'est pas neutre. Le tableau du guide le situe sous le plus petit seuil qu'il propose, et cela doit figurer dans la note.
- Objectif visé : une courbe démontrée tangente, et un rayon dont les conséquences sont chiffrées.
Voir uniquement le résultat final (Auto-évaluation)
Un raccordement est correct si le cercle est tangent aux deux alignements, c'est-à-dire si son centre est exactement à la distance R de chacune des deux droites. Cette propriété se vérifie directement, sans passer par aucun des résultats intermédiaires. Quant au rayon lui-même, il n'est pas un choix libre : il découle de la vitesse pratiquée et du dévers admissible.
Trois relations : la distance d'un point à une droite, la restitution de l'angle au centre, et la surlargeur de virage.
Distance d'un point à une droite :Contrôle direct de la tangence, à partir des seules données de l'énoncé.
Parce qu'elle n'utilise que les coordonnées du centre et celles des points qui définissent la droite. Ni la tangente, ni l'angle au centre, ni les gisements n'y interviennent : c'est un contrôle véritablement indépendant.
- \( d \) : distance du centre à la droite, unité : m
- \( \Delta X_{\text{d}} \text{ , } \Delta Y_{\text{d}} \) : coordonnées partielles de la droite, unité : m
- Le numérateur : double de l'aire du triangle formé par la droite et le centre, unité : m²
- Le dénominateur : longueur du segment servant de base, unité : m
- L'écart à R : résidu du contrôle, unité : mm
Recalcule, depuis les coordonnées trouvées, l'angle qui commande la courbe.
Parce qu'elle referme la boucle : l'angle sous lequel le centre voit les deux tangences doit être exactement l'angle au centre calculé à la question 2.
- \( \theta_{\text{ctrl}} \) : angle au centre restitué, unité : gon
- \( G_{\text{C-T1}} \) : gisement du centre vers la tangence d'entrée, unité : gon
- \( G_{\text{C-T2}} \) : gisement du centre vers la tangence de sortie, unité : gon
- L'écart au calculé : résidu du contrôle, unité : mgon
- Les deux rayons : longueurs associées, qui doivent valoir R, unité : m
Élargissement nécessaire pour que les poids lourds ne débordent pas de leur voie.
Parce qu'un semi-remorque en virage ne suit pas la trajectoire de son tracteur : ses roues arrière coupent la courbe. Plus le rayon est faible, plus l'écart est grand.
- \( s \) : surlargeur à prévoir dans le virage, unité : m
- \( R \) : rayon du raccordement, unité : m
- Le seuil de 200 m : au-delà, la surlargeur devient négligeable, unité : m
- La giration réglementaire : entre deux cercles de 5,30 et 12,50 m, unité : m
- La clothoïde associée : Inf(6 R0,4 ; 67 m) pour une route à deux voies, unité : m
"Beaucoup d'étudiants livrent la fiche de piquetage sans aucun contrôle, ou se contentent de recalculer le centre par l'autre tangence. Ce second chemin réutilise la même tangente et le même angle au centre : il ne peut pas révéler qu'ils étaient faux..."
- L'erreur : confondre cohérence interne et vérification. Le double chemin vers le centre est un contrôle d'arithmétique.
- La bonne méthode : mesurer la distance du centre aux deux droites A-S et S-B. Aucun résultat intermédiaire n'y entre.
- L'astuce de pro : ce contrôle est celui que fait un logiciel de conception : il vérifie la tangence, pas la suite d'opérations.
- Le moyen mnémotechnique : « on contrôle avec ce qu'on n'a pas encore utilisé ».
- L'impact direct : appliqué au centre publié par la version précédente, ce contrôle aurait rendu une distance de plusieurs dizaines de mètres au lieu de 50 : l'erreur sautait aux yeux en une ligne.
Exécution de la Note de Calculs
- Coordonnées : en mètres , quatre décimales pour les contrôles.
- Écarts métriques : en millimètres .
- Écarts angulaires : en milligrades .
- Surlargeur et clothoïde : en mètres .
- Rayons de référence : en mètres , tels que lus dans le tableau du guide.
Nous menons les quatre contrôles , puis nous confrontons le rayon aux seuils du guide.
1. Résolution Numérique Étape 1 : premier contrôle — la fermeture sur le centrePourquoi fait-on ce calcul ? Parce qu'il teste la cohérence entre la tangente, l'angle au centre et les deux gisements. Le virage tournant à gauche, on retranche à nouveau 100 gon.
À comparer au centre obtenu depuis T1 à la question 3 :
Pourquoi fait-on ce calcul ? Parce que c'est le seul contrôle réellement indépendant : il n'utilise que le centre et les trois points de l'énoncé.
Le centre est à 50,0000 m d'une droite et à 50,0005 m de l'autre. La tangence est donc démontrée, à un demi-millimètre près, sans avoir réutilisé la tangente ni l'angle au centre. C'est le contrôle qui compte.
- Ordre de grandeur : les 0,5 mm résiduels correspondent exactement à l'arrondi de la tangente au millimètre
- Pouvoir de détection : avec l'angle au sommet à la place de l'angle au centre, ce contrôle aurait rendu des distances très éloignées de 50 m : il condamne immédiatement l'interversion.
- Cohérence : les deux numérateurs sont positifs, donc le centre est du même côté des deux droites — condition nécessaire d'un raccordement.
- Attention : la formule mesure la distance à la droite, non au segment. Ici les deux pieds de perpendiculaire tombent bien à l'intérieur des alignements, ce qui a été vérifié à la question 2.
- Comparaison : c'est exactement le contrôle qu'effectue un logiciel de conception routière quand il refuse un raccordement mal défini.
Remarque pédagogique : Le signe du numérateur est une information à part entière : il dit de quel côté de la droite se trouve le point. Deux signes identiques confirment que le centre est bien à l'intérieur du virage.
Étape 3 : troisième contrôle — l'angle au centre restituéPourquoi fait-on ce calcul ? Parce qu'il referme la boucle sur l'angle qui commande toute la courbe. On calcule les gisements du centre vers les deux tangences.
Pourquoi fait-on ce calcul ? Parce que ces deux longueurs ont été obtenues à la question 2 par la trigonométrie, et qu'on les recalcule ici depuis les coordonnées.
Pourquoi fait-on ce calcul ? Parce que livrer une fiche de piquetage sans dire un mot du rayon reviendrait à exécuter sans conseiller. Le tableau du Sétra DT4044 donne, pour 50 km/h et un dévers plafond de 7 %, un seuil de sécurité de 54 m et un seuil de confort de 73 m.
Le rayon du projet est donc inférieur de 4 m au plus petit rayon du tableau, alors même que ce seuil correspond déjà au cas le plus favorable : la vitesse la plus basse et le dévers maximal. Il relève de ce que le guide appelle le cas des virages de faible rayon — lacets, îlots de carrefours.
La surlargeur nécessaire. Le rayon étant très inférieur à 200 m :
La clothoïde d'introduction. Pour une route à deux voies :
Cette valeur étant inférieure au plafond de 67 m, c'est elle qui s'appliquerait. Introduire deux clothoïdes de près de 29 m de part et d'autre déplacerait les points de tangence et allongerait sensiblement le raccordement : la fiche calculée ici resterait le socle géométrique, mais ne serait plus le tracé définitif.
Cinquante mètres, contre cinquante-quatre au minimum. Le rayon ne satisfait aucun couple vitesse-dévers du tableau. Ce n'est pas une faute de calcul, c'est une donnée du projet — mais elle appelle une mention explicite dans la note.
- Lecture du tableau : les 54 m correspondent à 50 km/h avec 7 % de dévers, c'est-à-dire à la ligne la plus permissive du guide. À dévers nul, le seuil monterait à 66 m.
- Conséquence : un tel rayon n'est acceptable qu'en voirie à vitesse réduite — lacet, giratoire, îlot de carrefour — avec une signalisation adaptée.
- Impact constructif : une surlargeur de 1,00 m est à prévoir si le trafic poids lourds est significatif. Ce n'est pas un détail : c'est un mètre de chaussée supplémentaire sur tout le développement.
- Ordre de grandeur : la clothoïde de 28,691 m est du même ordre que la tangente de 35,091 m : elle occuperait donc l'essentiel de l'alignement disponible avant la courbe
- Ce qui n'est pas dit : le DT4044 renvoie à l'ARP pour le réseau routier national ; ce guide n'étant pas au dossier, les seuils cités sont ceux du DT4044 lui-même, qui précise que les guides de conception retiennent des valeurs généralement supérieures.
Remarque pédagogique : Un géomètre n'a pas à choisir le rayon — mais il a le devoir de signaler qu'il sort des seuils usuels. Une ligne dans la note de calculs suffit, et elle engage la responsabilité de celui qui l'a écrite comme de celui qui l'a lue.
3. Rattachement NormatifLes coordonnées sont exprimées dans le système du chantier. Dès lors que le piquetage est exécuté pour l'État, une collectivité ou une entreprise chargée d'une mission de service public, il doit être rattaché au RGF93 / Lambert-93 au titre du décret n° 2000-1276 du 26 décembre 2000 modifié par le décret n° 2006-272, pris en application de l'article 53 de la loi n° 95-115 du 4 février 1995.
Le contrôle de la précision relève de l'arrêté du 16 septembre 2003. En planimétrie, le coefficient de fiabilité vaut 2,42, l'écart moyen doit rester inférieur à 1,125 fois la classe visée, et aucun écart individuel ne doit dépasser 4,08 fois cette classe. Les quatre points piquetés ne forment pas à eux seuls un échantillon de contrôle au sens de l'article 5 : le raccordement doit être rattaché à un canevas déjà classé, et la fiche porter les quatre contrôles ci-dessus.
Le graphique ci-dessous situe le rayon du projet par rapport aux seuils du guide, lus dans la ligne la plus permissive du tableau : 50 km/h avec un dévers de 7 %.
Une lecture utile pour le terrain : le trait rouge marque la position du rayon retenu. Il tombe à gauche des deux seuils de conception et très loin du seuil de surlargeur. Le raccordement est géométriquement correct — les quatre contrôles le démontrent — mais il appartient à la catégorie des virages de faible rayon, et cela doit être écrit noir sur blanc.
BILAN FINAL DE LA MISSION
Checklist d'Auto-Évaluation
Avant de clore cet exercice, vérifiez que vous avez bien assimilé la démarche globale de conception :
Les deux alignements donnent des gisements de 154,5396 et 76,6250 gon, d'où un angle au centre de 77,9146 gon et un virage à gauche. La tangente vaut 35,091 m et le développement 61,194 m. Le centre se place en (1144,802 ; 1409,264), et les quatre points de la courbe s'en déduisent chacun directement.
L'angle au sommet et l'angle au centre sont supplémentaires, jamais égaux : les intervertir fausse à la fois la tangente et le développement. Calculer chaque point depuis le centre évite toute accumulation d'erreur, et les contrôles restent ici sous le millimètre. Un piquetage exact ne rend cependant pas le rayon conforme : à 50 m, il reste sous les seuils de sécurité et de confort d'un virage à 50 km/h, ce qui relève du dimensionnement et non du terrain.








