Exercice corrigé NF EN 1097-6 NF EN 1097-3 NF EN 206-1 NF EN 1097

Masse Volumique Apparente et Absolue d'un Granulat

GCÉquipe EtudiantGénieCivilMis à jour le 25 mars 2026 141 min de lecture
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Étude de cas · Note de calculs Réf. MAT-GRA-52

Le mot « apparente » désigne trois grandeurs : laquelle la formulation attend-elle ?

Une masse volumique en vrac qui change de huit pour cent selon la manière dont on remplit le récipient, deux masses volumiques réelles que le même essai produit et que le vocabulaire courant intervertit, une compacité de squelette qui borne ce qu'un gravillon seul peut occuper dans un mètre cube, et un volume de pâte prescrit qui se révèle doublement insuffisant.

NiveauLicence 2 · BUT 2 Génie civil
DomaineMatériaux de construction
ThèmeGranulats : masse volumique en vrac, masses volumiques réelles, compacité et demande en pâte
PrérequisBilan de masse et de volume, principe d'Archimède, fractions volumiques, conversion d'un rapport massique en rapport volumique
1. La commande CAHIER DES CHARGES
À rendre le 12/11
Note de service NS-2040-206 · Direction technique → Laboratoire matériaux · 5 novembre 2040

Le fournisseur nous transmet une fiche de gravillon 5/20 qui annonce une « masse volumique apparente » sans autre précision, et le bureau de formulation s'en sert pour convertir des volumes en masses. Je voudrais tirer cela au clair avant que la première gâchée ne parte. Le mot recouvre au moins trois grandeurs distinctes selon le texte qui l'emploie, et elles diffèrent ici de plus de quarante pour cent : autant dire que la fiche, en l'état, n'est pas exploitable.

Reprenez donc les essais depuis le début. Mesurez la masse volumique en vrac au récipient, en faisant varier le mode de remplissage — je veux voir de combien le résultat se déplace. Dépouillez ensuite les pesées au pycnomètre et donnez-moi les masses volumiques réelles avec le vocabulaire de la norme d'essai, pas celui de la fiche. Vous en tirerez la compacité du squelette et son indice des vides, puis vous confronterez cette compacité à ce que le mètre cube de béton exige réellement du gravillon. Terminez par le dosage en ciment que le volume de pâte prescrit au marché permet d'atteindre. Le comité de formulation se réunit le 16 novembre.

R. B., directrice technique

Ce qui est demandé La masse volumique en vrac du gravillon sous deux modes de remplissage, les masses volumiques réelles déduites des pesées au pycnomètre avec leur dénomination normative, la compacité et l'indice des vides du squelette granulaire, et le dosage en ciment que le volume de pâte prescrit permet d'atteindre.
Critère de validation Le gravillon doit satisfaire les deux conditions du classement en granulat courant, portant l'une sur sa masse volumique en vrac et l'autre sur sa masse volumique après séchage à l'étuve ; la compacité que le mètre cube exige du squelette doit rester atteignable, et le dosage en ciment doit atteindre la teneur minimale en liant équivalent de la classe d'exposition.
2. Le site et l'ouvrage PLAN
PLAN DE REPÉRAGE
07 216 344 01 02 03 RÉCIPIENT NORMALISÉ ARASÉ À LA RÈGLE LES TROIS VOLUMES D'UN MÊME ÉCHANTILLON Volume en vrac grains + vides entre grains Volume des grains matière + pores accessibles Volume de la matière pores fermés compris 04 05 06 DU TAS AU GRAIN, PUIS À LA MATIÈRE
Laboratoire matériaux — caractérisation du gravillon 5/20 destiné au béton de la dalle haute Éch. 1:2 · Indice A · 05/11/2040
  1. 01 Règle d'arasement, passée à ras du bord supérieur du récipient
  2. 02 Paroi du récipient normalisé, de volume intérieur connu et constant
  3. 03 Vides entre grains, comptés dans le volume du récipient
  4. 04 Grain de gravillon, dont le volume propre exclut les vides qui l'entourent
  5. 05 Pore accessible, rempli d'eau après immersion, compté dans le volume du grain
  6. 06 Pore fermé, sans communication avec la surface, compté dans le volume de la matière
  7. 07 Tige métallique à extrémité arrondie, employée pour le remplissage damé en trois couches

À gauche, le récipient normalisé dans lequel se mesure la masse volumique en vrac : on y verse le granulat, on arase à la règle, et l'on pèse. La grandeur obtenue rapporte la masse du granulat sec au volume du récipient, vides entre grains compris — c'est ce que le langage courant appelle la masse volumique apparente, et elle dépend entièrement de la manière dont le récipient a été rempli. À droite, les trois volumes qu'un même échantillon peut se voir attribuer, du plus grand au plus petit : celui du tas, qui comprend les vides entre les grains ; celui des grains, qui les exclut mais comprend les pores accessibles à l'eau ; celui de la matière, qui n'en garde que les pores fermés. Trois volumes, trois masses volumiques, et un seul mot pour les désigner dans le langage courant : c'est de cette ambiguïté que l'étude doit sortir. Le dessin ne porte aucune valeur calculée.

Ordre de grandeur : entre le volume du tas et celui de la matière, le rapport atteint un et trois quarts. Un camion qui transporte trente mètres cubes de gravillon ne transporte donc que dix-sept mètres cubes de roche : le reste est de l'air. Employer l'une des deux valeurs pour l'autre dans une formulation revient à se tromper de trois quarts sur la quantité de matière commandée.

3. Le dossier PIÈCES ET DONNÉES

« Gravillon 5/20 — roche massive concassée, carrière de Roche-Haute, première livraison de cette origine. »

« Masse volumique apparente : 1 435 kg/m³. » (mention portée telle quelle sur la fiche produit, sans référence à une norme d'essai ni indication du volume compté)

« Béton commandé : C25/30, classe d'exposition XC1, dimension nominale supérieure du plus gros granulat D = 20 mm, destiné à la dalle haute du niveau R+2 du bâtiment tertiaire. »

« Le fournisseur ne transmet ni la masse volumique après séchage à l'étuve, ni le coefficient d'absorption d'eau. »

Origine : fiche produit FP-RH-5/20 indice A de la carrière de Roche-Haute, et bon de commande BC-2040-711 de la centrale de béton prêt à l'emploi.

« Essai au récipient. Récipient cylindrique métallique de volume intérieur mesuré par pesée d'eau, diamètre intérieur 216 mm, hauteur intérieure 344 mm. Deux essais ont été conduits sur le même gravillon séché à l'étuve jusqu'à masse constante : le premier par déversement libre à la pelle depuis une hauteur de 50 mm au-dessus du bord, le second en trois couches damées chacune de vingt-cinq coups de tige. Dans les deux cas la surface a été arasée à la règle passée à ras du bord supérieur. »

Pesée Symbole Valeur
Volume intérieur du récipient Vr 12,60 L
Tare du récipient vide et sec mr 4,250 kg
Récipient + gravillon, remplissage par déversement libre m1 22,330 kg
Récipient + gravillon, remplissage en trois couches damées m2 23,880 kg

« Essai au pycnomètre. Prise d'essai immergée pendant vingt-quatre heures, amenée à l'état saturé surface sèche par essuyage, pesée à l'air, introduite dans le pycnomètre rempli d'eau et arasé au trait de jauge, puis extraite et séchée à l'étuve jusqu'à masse constante. »

Pesée Symbole Valeur
Prise d'essai saturée surface sèche, pesée à l'air Msss 505,0 g
Pycnomètre + prise d'essai saturée + eau, arasé au trait M2 2 155,0 g
Pycnomètre + eau seule, arasé au trait M1 1 850,5 g
Prise d'essai séchée à l'étuve, pesée à l'air Msec 500,0 g

« Température de la salle d'essai et de l'eau du pycnomètre pendant les deux séries de pesées : 20,0 °C. »

Domaine de validité de la lecture : les deux séries de pesées ne se lisent pas dans les mêmes conditions. Celles du récipient supposent le gravillon sec — une humidité résiduelle s'ajouterait à la masse pesée sans que le volume du récipient change, et gonflerait le résultat — et elles n'ont de sens que rapportées au mode de remplissage, qui est ici le seul paramètre distinguant les deux essais. Celles du pycnomètre supposent l'immersion de vingt-quatre heures, qui définit conventionnellement le remplissage des pores accessibles, l'essuyage de la pellicule superficielle avant la pesée saturée, et le volume constant du pycnomètre garanti par l'arasement au trait, sans quoi la différence M2 − M1 ne mesurerait pas une masse d'eau chassée. La dimension des grains, comprise entre 5 et 20 mm, place la prise d'essai dans le domaine de la méthode au pycnomètre applicable aux grains passant au tamis de 31,5 mm et retenus sur celui de 4 mm.

NF EN 1097 — Essais pour déterminer les caractéristiques mécaniques et physiques des granulats

« Partie 3 : Méthode pour la détermination de la masse volumique en vrac et de la porosité intergranulaire. »

« Partie 6 : Détermination de la masse volumique réelle et du coefficient d'absorption d'eau. »

La partie 6 définit les méthodes de référence pour la détermination de trois masses volumiques réelles — masse volumique après séchage à l'étuve, masse volumique saturée et superficiellement sèche, masse volumique réelle apparente — et du coefficient d'absorption d'eau, déterminés après une période d'immersion de vingt-quatre heures.

Les méthodes de référence pour les granulats de masse volumique normale sont : la méthode au panier en fil métallique pour les grains retenus sur le tamis de 31,5 mm ; la méthode au pycnomètre pour les grains passant au tamis de 31,5 mm et retenus sur celui de 4 mm ; la méthode au pycnomètre pour les grains passant au tamis de 4 mm et retenus sur celui de 0,063 mm.

La masse volumique se calcule par le rapport de la masse au volume. La masse est déterminée en pesant la prise d'essai à l'état saturé et superficiellement sec, puis à nouveau à l'état séché à l'étuve. Le volume est déterminé à partir de la masse d'eau déplacée, par une perte de masse dans la méthode au panier ou par des pesées dans la méthode au pycnomètre.

Domaine de validité de la lecture : ces deux parties ne décrivent pas le même objet, et c'est le point décisif de l'étude. La partie 3 décrit le tas : elle rapporte une masse au volume d'un récipient, vides entre grains compris, et la porosité qu'elle atteint est celle qui sépare les grains les uns des autres. La partie 6 décrit le grain : elle rapporte une masse au volume que la matière déplace dans l'eau, et la porosité qu'elle laisse entrevoir est celle qui creuse le grain lui-même. Aucune des deux ne fournit une grandeur qui serait « la » masse volumique du matériau : la partie 3 en produit une qui dépend du tassement, la partie 6 en produit trois qui dépendent du volume compté et de l'état d'humidité pesé. La question « quelle est la masse volumique de ce granulat ? » appelle donc quatre réponses distinctes, et le mot « apparente » ne suffit jamais à désigner celle que l'on veut.

NF EN 206-1 — Béton : spécification, performance, production et conformité

« 3.1.25 granulat courant — granulat ayant après séchage à l'étuve une masse volumique > 2 000 kg/m³ et < 3 000 kg/m³, déterminée selon l'EN 1097-6. »

« 3.1.26 granulat léger — granulat d'origine minérale ayant après séchage à l'étuve une masse volumique ≤ 2 000 kg/m³ déterminée selon l'EN 1097-6, ou une masse volumique en vrac ≤ 1 200 kg/m³, déterminée selon l'EN 1097-3. »

« 3.1.27 granulat lourd — granulat ayant après séchage à l'étuve une masse volumique ≥ 3 000 kg/m³ déterminée selon l'EN 1097-6. »

« Tableau 22 — Contrôle des matériaux constituants, ligne 7, granulats : essai conformément à l'EN 1097-3 — objet : mesurer la masse volumique en vrac — fréquence : à la première livraison provenant d'une nouvelle origine lorsque l'information du fournisseur n'est pas disponible ; en cas de doute après examen visuel ; périodiquement en fonction des conditions locales ou de livraison. »

« Tableau NA.F.1 — valeurs limites applicables en France. Classe d'exposition XC1 : rapport Eeff/liant équivalent maximal 0,65 ; classe de résistance minimale C20/25 ; teneur minimale en liant équivalent 260 kg/m³. »

« Note e) du tableau NA.F.1 : ces valeurs sont définies pour Dmax = 20 mm. La quantité de liant équivalent à ajouter (+) ou à déduire (–) en pourcentage de la valeur indiquée, en fonction de la dimension nominale supérieure du plus gros granulat, exprimée en millimètre est D ≤ 12,5 : + 10 % ; D = 14 : + 7,5 % ; D 16 : + 5 % ; D = 22,4 : – 2,5 % ; D = 25 : – 5 % ; D ≥ 31,5 : – 10 %. »

Domaine de validité de la lecture : trois points commandent l'emploi de ces textes. Le premier est que le classement d'un granulat repose sur deux conditions distinctes et alternatives : l'une porte sur la masse volumique après séchage à l'étuve, l'autre sur la masse volumique en vrac, et la seconde suffit à elle seule à faire basculer un granulat dans la catégorie des légers. Les deux doivent donc être vérifiées séparément, et chacune avec la norme d'essai que la définition désigne — la partie 6 pour l'une, la partie 3 pour l'autre. Le deuxième est que la mesure de la masse volumique en vrac est expressément prescrite lorsque l'information du fournisseur n'est pas disponible à la première livraison d'une origine nouvelle : c'est exactement la situation d'un gravillon dont la fiche n'annonce qu'une valeur sans norme d'essai attachée. Le troisième est que la teneur minimale en liant équivalent de 260 kg/m³ est indexée sur la dimension du plus gros granulat : elle est écrite pour Dmax = 20 mm et se corrige de plus dix à moins dix pour cent de part et d'autre — la lire sans vérifier Dmax reviendrait à appliquer une exigence qui n'est pas celle du béton étudié.

« Article 4.3 du CCTP — la formulation du béton de la dalle haute est établie par la méthode des volumes absolus. Le volume de pâte, comprenant le ciment, l'eau efficace et l'air occlus, est fixé à 0,240 m³ par mètre cube de béton. Le rapport eau efficace sur ciment est fixé à 0,55. La teneur en air occlus retenue pour le calcul est de 2,0 % du volume de béton. »

« Fiche technique du ciment CEM I 52,5 N — masse volumique absolue du ciment anhydre : 3 100 kg/m³, déterminée au pycnomètre à liquide non réactif. »

« Masse volumique de l'eau en fonction de la température, table du laboratoire : »

Température (°C) 10 20 25 30
Masse volumique (kg/m³) 999,7 998,2 997,0 995,6

Domaine de validité de la lecture : le volume de pâte, le rapport eau efficace sur ciment et la teneur en air sont des clauses de marché et non des exigences normatives : ce sont des choix de formulation que l'étude doit prendre pour données et dont elle doit vérifier les conséquences, non des valeurs à justifier. La masse volumique du ciment, elle, est une donnée de fiche technique propre au ciment employé, et elle varie sensiblement d'un ciment à l'autre selon la nature et la proportion des constituants secondaires : elle ne se reporte pas d'une fiche à une autre. La masse volumique de l'eau, enfin, n'est pas une constante mais une fonction de la température, et c'est la valeur correspondant à la température relevée pendant les pesées qui doit être retenue ; l'écart entre dix et trente degrés atteint quatre dixièmes de pour cent, ce qui se reporte intégralement sur les masses volumiques calculées.

Données de l'étude
LES MESURES ET LEURS CONDITIONS
Symbole Description Valeur Unité Condition de validité
\( V_{\text{r}} \) Volume intérieur du récipient d'essai Pièce nº2 — procès-verbal des essais 12,60 L Volume mesuré par pesée d'eau et non calculé sur les cotes nominales : c'est lui qui sert de référence à toutes les masses volumiques en vrac. Il n'a de sens que si la surface du granulat est arasée à ras du bord, faute de quoi le volume réellement occupé n'est pas celui que l'on divise
\( m_1 - m_{\text{r}} \) Masse de gravillon sec, remplissage par déversement libre Pièce nº2 — procès-verbal des essais 18,080 kg Masse obtenue sur granulat séché à l'étuve jusqu'à masse constante et par déversement libre depuis 50 mm. L'humidité résiduelle s'ajouterait à la masse sans modifier le volume du récipient ; une hauteur de chute plus grande tasserait le tas et augmenterait la masse logée
\( m_2 - m_{\text{r}} \) Masse de gravillon sec, remplissage en trois couches damées Pièce nº2 — procès-verbal des essais 19,630 kg Même granulat, même récipient, même arasement : le mode de remplissage est le seul paramètre qui change entre les deux essais. C'est donc lui, et lui seul, qui explique l'écart des deux masses volumiques en vrac obtenues
\( M_2 - M_1 \) Différence des deux pesées du pycnomètre, arasé au trait de jauge Pièce nº2 — procès-verbal des essais 304,5 g Cette différence ne mesure une masse d'eau chassée que si le pycnomètre occupe rigoureusement le même volume aux deux pesées, ce que garantit l'arasement au trait de jauge. Toute bulle d'air restée piégée entre les grains serait comptée comme du volume de grain et abaisserait les masses volumiques réelles
\( M_{\text{sss}} \cdot M_{\text{sec}} \) Masses de la prise d'essai, saturée surface sèche puis séchée à l'étuve Pièce nº2 — procès-verbal des essais 505,0 · 500,0 g La première suppose l'immersion de vingt-quatre heures puis l'essuyage de la pellicule superficielle ; la seconde le séchage jusqu'à masse constante. Leur écart est exactement l'eau que les pores accessibles retenaient : un essuyage incomplet ou un séchage écourté le fausse dans un sens ou dans l'autre
θ Température de l'eau et de la salle pendant les pesées Pièce nº2 — procès-verbal des essais 20,0 °C Paramètre dont dépend la masse volumique de l'eau, seule grandeur physique extérieure aux pesées. Elle vaut 998,2 kg/m³ à cette température ; retenir l'unité en grammes par centimètre cube majorerait toutes les masses volumiques réelles de 0,18 %
LES GRANDEURS DE RÉFÉRENCE
Symbole Description Valeur Unité Condition de validité
\( \rho_{\text{w}} \) Masse volumique de l'eau à la température de l'essai Pièce nº5 — table du laboratoire 998,2 kg/m³ Valeur lue à 20,0 °C, température relevée pendant les pesées. La table du laboratoire donne 999,7 à 10 °C et 995,6 à 30 °C : l'écart de quatre dixièmes de pour cent se reporte intégralement sur les masses volumiques réelles et sur la compacité qui en dérive
Borne inférieure du classement en granulat courant, en vrac Pièce nº4 — NF EN 206-1 § 3.1.26 NF EN 206-1 § 3.1.26 1 200 kg/m³ Borne portant sur la masse volumique en vrac déterminée selon NF EN 1097-3, condition alternative de la définition du granulat léger : elle bascule le granulat dans cette catégorie même si sa masse volumique après séchage dépasse 2 000 kg/m³. Elle s'apprécie donc sur la valeur en vrac la plus basse des modes de remplissage envisagés
Bornes du classement en granulat courant, après séchage à l'étuve Pièce nº4 — NF EN 206-1 § 3.1.25 et 3.1.27 NF EN 206-1 § 3.1.25 2 000 à 3 000 kg/m³ Bornes portant sur la masse volumique après séchage à l'étuve déterminée selon NF EN 1097-6, et sur elle seule des trois que cet essai produit. La masse volumique réelle apparente, plus élevée, conduirait à un classement différent sur un granulat de valeur limite
\( C_{\min} \) Teneur minimale en liant équivalent, classe d'exposition XC1 Pièce nº4 — NF EN 206-1, tableau NA.F.1 NF EN 206-1 tabl. NA.F.1 260 kg/m³ Valeur écrite pour Dmax = 20 mm, ce qui est la dimension du gravillon étudié : aucune correction de la note e) ne s'applique. Elle serait portée à 286 kg/m³ pour un D ≤ 12,5 mm et ramenée à 234 kg/m³ pour un D ≥ 31,5 mm. Elle est en outre associée à un rapport Eeff/liant équivalent d'au plus 0,65 et à une classe minimale C20/25, l'une et l'autre satisfaites ici
\( \rho_{\text{c}} \) Masse volumique absolue du ciment anhydre Pièce nº5 — fiche technique du ciment 3 100 kg/m³ Donnée propre au ciment employé, ici un CEM I, et déterminée au pycnomètre à liquide non réactif — l'eau dissoudrait le ciment. Elle varie sensiblement avec la nature et la proportion des constituants secondaires : un ciment aux laitiers ou aux cendres descend nettement plus bas, et la valeur ne se reporte pas d'une fiche à une autre
\( V_{\text{p}} \cdot E/C \cdot a \) Volume de pâte, rapport eau efficace sur ciment, teneur en air occlus Pièce nº5 — article 4.3 du CCTP 0,240 · 0,55 · 2,0 m³ · — · % Clauses de marché et non exigences normatives : ce sont des choix de formulation que l'étude prend pour données et dont elle vérifie les conséquences. Le volume de pâte est défini comme ciment + eau efficace + air occlus, et la teneur en air est rapportée au volume de béton, non à celui de la pâte : la rapporter à la pâte fausserait le partage des trois termes

Ce que le dossier ne dit pas

  • La fiche fournisseur annonce une « masse volumique apparente » sans citer de norme d'essai ni préciser quel volume a été compté. Le mot désigne selon les textes le volume du tas, celui des grains saturés ou celui de la matière seule, et rien dans la fiche ne permet de trancher.
  • Aucune masse volumique après séchage à l'étuve n'est transmise, alors que c'est elle, et non la valeur en vrac, que la définition du granulat courant met en jeu. La fiche ne permet donc pas à elle seule de classer le granulat.
  • Le mode de remplissage ayant servi à établir la valeur de la fiche n'est pas indiqué. Comme la grandeur en dépend, la valeur transmise ne peut pas être comparée à une mesure de laboratoire sans que cette condition soit connue.

Ce que coûte une erreur ici

  • Prendre la valeur en vrac de la fiche pour une masse volumique réelle conduit à sous-estimer cette dernière de quarante-deux pour cent, et à surestimer d'autant le volume que le gravillon occupe dans le mètre cube : le bilan des volumes absolus ne peut plus se refermer.
  • Retenir un remplissage damé au lieu d'un remplissage lâche déplace la masse volumique en vrac de huit virgule six pour cent, ce qui suffit à faire basculer un granulat de valeur limite d'un côté ou de l'autre de la borne de classement.
  • Formuler avec un volume de pâte insuffisant laisse au squelette granulaire une compacité que le gravillon seul ne peut pas atteindre et prive le béton de huit kilogrammes de ciment par mètre cube : la teneur minimale en liant de la classe d'exposition n'est plus tenue.

4. Ce qui doit sortir de votre bureau

Les quatre feuillets suivent l'ordre d'une caractérisation de granulat conduite pour lever une ambiguïté de vocabulaire : on établit d'abord la grandeur du tas en montrant qu'elle dépend du geste de l'opérateur, puis les grandeurs du grain en nommant chacune par le terme de la norme d'essai ; on rapproche ensuite les deux familles pour en tirer la compacité du squelette et confronter cette compacité à ce que le mètre cube de béton exige ; on termine par le dosage en ciment que le volume de pâte prescrit permet d'atteindre.

1
Le tas

Question 1 : La masse volumique en vrac et ce que le mode de remplissage lui fait

Dépouillement d'un essai au récipient et lecture d'une condition alternative de classement

La directrice technique · pour statuer sur la valeur portée par la fiche fournisseur · le 7 novembre

Ce qu'on cherche : les deux masses volumiques en vrac obtenues sous les deux modes de remplissage, l'écart relatif qui les sépare, et la vérification de la condition de classement portant sur cette grandeur.

Ce que vous rendez : la première ligne de la fiche de caractérisation : « ρ en vrac, remplissage lâche = …, remplissage damé = …, écart = … % ».

Sur quoi s'appuyer

Une masse volumique est un quotient. Ici le dénominateur ne bouge pas d'un essai à l'autre : c'est le volume du récipient. Demandez-vous alors d'où vient l'écart des résultats.

La piste que donnerait votre chef de projet

Le classement se vérifie sur la valeur la plus défavorable. Entre un remplissage lâche et un remplissage damé, cherchez lequel des deux met la condition le plus en difficulté avant de conclure.

2
Le grain

Question 2 : Les masses volumiques réelles et le mot qui convient à chacune

Bilan de masse et de volume sur quatre pesées et emploi rigoureux du vocabulaire normatif

La directrice technique · pour compléter la fiche du gravillon · le 9 novembre

Ce qu'on cherche : les deux volumes que les pesées permettent d'établir, les trois masses volumiques réelles qui en découlent avec leur dénomination normative, le coefficient d'absorption d'eau, et la vérification de la condition de classement portant sur la masse volumique après séchage.

Ce que vous rendez : la deuxième ligne de la fiche : « ρ après séchage = …, ρ saturée surface sèche = …, ρ réelle apparente = …, absorption = … % ».

Sur quoi s'appuyer

Deux masses et deux volumes se combinent en quatre quotients, mais l'un des quatre n'a pas de sens physique. Cherchez lequel, et pourquoi les trois autres en ont un.

La piste que donnerait votre chef de projet

Écrivez d'abord ce que mesure la différence des deux pesées du pycnomètre, puis demandez-vous quelle masse il faut lui retrancher selon que l'on veut le volume de la matière seule ou celui du grain saturé.

3
Le squelette

Question 3 : La compacité du squelette et ce que le mètre cube exige de lui

Rapprochement de deux familles de masses volumiques et confrontation à un bilan de volumes

La directrice technique · pour arbitrer la composition granulaire · le 11 novembre

Ce qu'on cherche : la compacité et l'indice des vides du squelette sous les deux modes de remplissage, le volume que le mètre cube laisse au granulat une fois la pâte déduite, et la confrontation de la compacité exigée à celle que le gravillon seul peut atteindre.

Ce que vous rendez : la troisième ligne de la fiche : « compacité lâche = …, compacité damée = …, compacité exigée par le mètre cube = … », et la conclusion sur la faisabilité d'une formulation à une seule fraction.

Sur quoi s'appuyer

La compacité est un rapport de volumes, et deux masses volumiques suffisent à la former si elles se rapportent à la même masse de matière. Vérifiez que c'est bien le cas avant de diviser.

La piste que donnerait votre chef de projet

Un mètre cube de béton est un mètre cube de granulat dans lequel la pâte a pris la place des vides. Écrivez cette phrase sous forme de bilan de volumes, et la compacité exigée apparaîtra d'elle-même.

4
Le dosage

Question 4 : Le dosage en ciment que le volume de pâte prescrit permet

Conversion d'un rapport massique en rapport volumique et vérification d'une exigence de durabilité

La directrice technique · pour la réunion du comité de formulation · le 16 novembre

Ce qu'on cherche : le partage du volume de pâte entre le ciment, l'eau efficace et l'air, le dosage en ciment qui en résulte, et sa confrontation à la teneur minimale en liant équivalent de la classe d'exposition, corrections de dimension comprises.

Ce que vous rendez : la conclusion de la fiche : le dosage en ciment atteint, l'exigence applicable au béton commandé, et le volume de pâte qu'il faudrait prescrire pour la tenir.

Sur quoi s'appuyer

Le rapport eau sur ciment est un rapport de masses, le volume de pâte un volume. Il faut convertir l'un dans le langage de l'autre avant de pouvoir les combiner.

La piste que donnerait votre chef de projet

Avant d'appliquer la teneur minimale du tableau, vérifiez sur quelle dimension de granulat elle est écrite et si le béton commandé relève d'une correction.

NOTE DE CALCULS

Gravillon 5/20 : masse volumique en vrac, masses volumiques réelles, compacité du squelette et dosage en ciment

1
Question 1 : La masse volumique en vrac et ce que le mode de remplissage lui fait
Note de calculs · feuillet 1/4 Indice A · 07/11/2040

Objet : établir la masse volumique en vrac du gravillon 5/20 à partir des deux essais au récipient, chiffrer l'écart que le seul changement de mode de remplissage introduit, identifier lequel des deux modes correspond à la valeur portée par la fiche fournisseur, et confronter le résultat à la condition de classement qui porte sur cette grandeur.

Ce qu'on a déjà sur la table
  • Volume intérieur du récipient, mesuré par pesée d'eau : 12,60 L — pièce nº2
  • Tare du récipient vide et sec : 4,250 kg — pièce nº2
  • Deux pesées, remplissage par déversement libre et remplissage en trois couches damées — pièce nº2
  • Gravillon séché à l'étuve jusqu'à masse constante avant chaque essai — pièce nº2
  • Valeur portée par la fiche fournisseur : 1 435 kg/m³, sans norme d'essai attachée — pièce nº1
  • Borne du classement portant sur la masse volumique en vrac : 1 200 kg/m³ — pièce nº4
Voir le résultat seul (auto-évaluation)
Remplissage lâche 1 434,9 kg/m³ — remplissage damé 1 557,9 kg/m³ — écart 8,6 % — la fiche fournisseur correspond au remplissage lâche
Le problème posé :

Le calcul lui-même est d'une simplicité désarmante : une masse divisée par un volume. Toute la difficulté est ailleurs, et elle tient dans la nature de la grandeur obtenue. Une masse volumique de solide est une propriété du matériau : elle ne dépend ni de l'opérateur, ni du récipient, ni du geste. Une masse volumique en vrac n'en est pas une. Elle rapporte la masse d'un tas de grains au volume du récipient qui le contient, et ce volume comprend tout ce qui sépare les grains les uns des autres. Or l'arrangement des grains n'est pas fixé par la nature du matériau : il dépend de la manière dont on les a mis en place. Verser le granulat depuis une faible hauteur laisse les grains se poser au hasard ; les damer en couches les force à se réorganiser en se glissant dans les intervalles libres. Le même matériau, dans le même récipient, avec le même arasement, donne alors deux résultats différents. Le feuillet doit donc produire non pas un nombre mais deux, chacun assorti de sa condition d'obtention, et il doit chiffrer l'écart pour que le lecteur mesure ce que vaut une valeur transmise sans son mode de remplissage. Il s'achève sur la vérification du seul critère normatif que cette grandeur commande.

Ce que le chargé d'études regarde d'abord
Observation La valeur obtenue par déversement libre, 1 434,9 kg/m³, coïncide à un dixième de kilogramme près avec les 1 435 kg/m³ de la fiche fournisseur. Cette coïncidence n'est pas une confirmation de la fiche mais un renseignement : elle identifie le mode de remplissage que le fournisseur a employé, information que la fiche ne donnait pas.
Le risque Traiter cette valeur comme une caractéristique du matériau. L'écart entre les deux modes atteint 123,0 kg/m³, soit 8,6 % : sur un granulat dont la valeur lâche s'établirait à 1 250 kg/m³, la valeur damée dépasserait 1 350 et le classement basculerait selon le geste de l'opérateur. Une masse volumique en vrac transmise sans son mode de remplissage n'est pas une donnée exploitable.
Écartée On aurait pu calculer le volume du récipient à partir de ses cotes intérieures plutôt que de retenir le volume mesuré par pesée d'eau. Les 216 mm de diamètre et 344 mm de hauteur donnent 12,60 L, ce qui semble concordant — mais un récipient dont le fond n'est pas rigoureusement plan ou dont la paroi présente une légère conicité s'écarterait de ce calcul sans que rien ne le signale. Le volume mesuré est celui qui a servi ici.
À vous de trancher — avant d'ouvrir

Trois lectures de l'écart entre les deux essais sont proposées. Deux d'entre elles attribuent à la mesure un défaut qu'elle n'a pas.

  1. L'un des deux essais est entaché d'une erreur, puisqu'un même matériau ne peut pas avoir deux masses volumiques
  2. Les deux essais sont justes et mesurent la même grandeur sous deux états d'arrangement différents
  3. Le damage a brisé des grains, ce qui explique la masse supérieure
Ce qu'a retenu le bureau, et pourquoi

L'option 2. Le raisonnement se conduit en identifiant ce qui varie et ce qui ne varie pas. Le récipient est le même, son volume est le même, l'arasement est le même, et le granulat est le même — séché à l'étuve dans les deux cas. Un seul paramètre change : la manière dont les grains ont été mis en place. La masse logée dans le même volume augmente donc parce que les grains se sont mieux rangés, chacun venant occuper un intervalle que l'arrangement lâche laissait vide. L'option 1 suppose qu'une masse volumique en vrac serait une propriété du matériau, ce qu'elle n'est pas : elle décrit un tas, et un tas n'a pas d'arrangement unique. C'est précisément pour cette raison que la valeur doit toujours être accompagnée de son mode de remplissage — sans quoi elle n'est pas reproductible. L'option 3 avance une explication physique qu'il faut écarter par le chiffre : une brisure de grains ne changerait pas la masse totale introduite, qui est pesée après remplissage, mais seulement la finesse du matériau. Elle augmenterait il est vrai la masse logée, en produisant des éclats capables de se glisser entre les gros grains ; mais l'ampleur observée, huit virgule six pour cent, correspond à ce que le simple réarrangement d'un granulat concassé produit couramment, et un damage à la tige sur trois couches n'a pas l'énergie d'une fragmentation. Il faut retenir le principe général : une grandeur définie sur un assemblage, et non sur une matière, ne prend de valeur qu'assortie du protocole d'assemblage.

  • Masse volumique en vrac — masse de granulat sec rapportée au volume du récipient qui le contient, vides entre grains compris. Elle décrit un tas, non une matière.
  • Arasement — passage d'une règle à ras du bord supérieur du récipient. C'est lui qui fait du volume du récipient le volume réellement occupé, et sans lui la division n'a pas de sens.
  • Remplissage lâche — déversement libre depuis une faible hauteur, sans intervention sur le tas formé. Il donne la valeur la plus basse, donc la plus défavorable vis-à-vis d'une borne inférieure.
  • Remplissage damé — mise en place en couches successives, chacune compactée. Il donne la valeur la plus haute, et représente l'état d'un granulat stocké depuis longtemps ou transporté sur une longue distance.
Hypothèses retenues, leur contrôle et leur garant
  • Le granulat est sec dans les deux essais une humidité résiduelle s'ajouterait à la masse pesée sans modifier le volume du récipient, et gonflerait donc directement le résultat ; sur un gravillon portant un pour cent d'eau, la masse volumique en vrac serait surestimée d'autant, soit une quinzaine de kilogrammes par mètre cube garantie par la pièce nº2
  • Le volume du récipient est celui mesuré par pesée d'eau c'est le dénominateur commun aux deux essais, et une erreur sur lui se reporterait identiquement sur les deux résultats sans altérer leur écart relatif ; le calcul sur les cotes intérieures donne la même valeur, ce qui confirme la géométrie du récipient mais ne remplace pas la mesure garantie par la pièce nº2
  • Le mode de remplissage est le seul paramètre distinguant les deux essais c'est ce qui autorise à attribuer l'intégralité de l'écart au réarrangement des grains ; si les deux essais avaient porté sur des prises d'essai différentes, une variation de granularité entre elles entrerait aussi dans l'écart et le raisonnement tomberait posée par vous — elle figure dans la note

Domaine d'emploi : les deux valeurs établies ici décrivent le tas que forme le gravillon 5/20 dans ce récipient, et rien d'autre : elles ne disent rien de la masse volumique des grains, qui relève d'une norme d'essai distincte et qui est nécessairement plus élevée. Elles sont attachées à l'état sec du granulat et au mode de remplissage indiqué, et elles ne se transposent ni à un granulat humide, ni à une autre granularité — un 0/20 continu, dont les fins remplissent les intervalles des gros, atteindrait une masse volumique en vrac sensiblement supérieure sans que la nature de la roche ait changé. Elles encadrent enfin, et c'est leur usage le plus direct, les masses de granulat que peut contenir un volume de stockage ou de transport donné.

Équations mobilisées Masse de granulat logée dans le récipient

D'où elle découle : de la pesée par différence, seule manière d'atteindre la masse d'un matériau qu'on ne peut pas poser directement sur le plateau.

\[ \begin{aligned} m_{\text{g}} = m_{\text{i}} - m_{\text{r}} \end{aligned} \]
Ce que dit cette équation : Elle n'énonce qu'une soustraction, mais il faut relever ce qu'elle suppose. La tare \( m_{\text{r}} \) doit être celle du récipient vide et sec, mesurée sur la même balance et dans la même séance : un récipient dont la paroi reste humide d'un essai précédent porterait une masse d'eau qui serait attribuée au granulat. Il faut noter ensuite que cette masse est celle qui a effectivement trouvé place dans le récipient après arasement, et non celle qui y a été versée : le granulat excédentaire, écarté par la règle, ne figure dans aucun des deux termes. C'est ce qui fait de \( m_{\text{g}} \) une masse liée au volume \( V_{\text{r}} \) et non une quantité arbitraire.
  • \( m_{\text{g}} \) : masse de granulat sec logée dans le récipient, en kg
  • \( m_{\text{i}} \) : masse du récipient rempli et arasé, en kg
  • \( m_{\text{r}} \) : tare du récipient vide et sec, en kg
Masse volumique en vrac

D'où elle découle : de la définition même de la grandeur, qui rapporte la masse du granulat sec au volume du récipient, vides entre grains compris.

\[ \begin{aligned} \rho_{\text{b}} = \frac{m_{\text{g}}}{V_{\text{r}}} \end{aligned} \]
Ce que dit cette équation : Elle ressemble à la définition d'une masse volumique de matériau, et c'est ce qui la rend trompeuse. Le dénominateur n'est pas le volume de la matière ni celui des grains : c'est le volume d'un récipient, dans lequel les grains n'occupent qu'une fraction. Il faut en tirer trois conséquences. La première est que \( \rho_{\text{b}} \) est nécessairement inférieure à toutes les masses volumiques du grain, dans le rapport de cette fraction — un contrôle immédiat de vraisemblance. La deuxième est qu'elle dépend de tout ce qui modifie l'arrangement : mode de remplissage, granularité, forme des grains, et jusqu'à la taille du récipient au regard de celle des grains. La troisième est qu'elle est la seule des masses volumiques d'un granulat à s'obtenir sans immersion : elle se mesure en pesant et en divisant, ce qui explique qu'elle soit la plus souvent transmise et la plus souvent mal interprétée.
  • \( \rho_{\text{b}} \) : masse volumique en vrac, en kg/m³
  • \( V_{\text{r}} \) : volume intérieur du récipient, en
Écart relatif entre les deux modes de remplissage

D'où elle découle : du rapport de la différence des deux résultats à celui obtenu par déversement libre, pris comme état de référence non travaillé.

\[ \begin{aligned} \delta = \frac{\rho_{\text{b,d}} - \rho_{\text{b,l}}}{\rho_{\text{b,l}}} \times 100 \end{aligned} \]
Ce que dit cette équation : Elle chiffre l'indétermination attachée à une masse volumique en vrac transmise sans son protocole. Il faut relever le choix du dénominateur : c'est la valeur lâche qui sert de référence, parce qu'elle correspond à l'état que le granulat prend spontanément, sans intervention. Il faut noter ensuite que \( \delta \) ne dépend pas du volume du récipient : celui-ci figure au dénominateur des deux masses volumiques et disparaît du rapport, de sorte que l'écart relatif se calcule aussi bien directement sur les masses logées. Il faut souligner enfin la portée pratique de ce nombre : il donne la largeur de la plage dans laquelle se situe la vraie valeur d'un granulat dont on ignore comment il a été mis en place, et c'est cette plage qu'il faut confronter à un seuil réglementaire lorsque le protocole n'est pas connu.
  • \( \delta \) : écart relatif entre les deux modes de remplissage, en %
  • \( \rho_{\text{b,l}} \cdot \rho_{\text{b,d}} \) : masses volumiques en vrac, remplissage lâche et damé, en kg/m³
Application numérique
Valeurs retenues pour ce calcul
  • \( V_{\text{r}} = 12{,}60 \) L \( = 0{,}01260 \) m³ pièce nº2 — volume mesuré par pesée d'eau
  • \( m_{\text{r}} = 4{,}250 \) kg pièce nº2 — tare du récipient vide et sec
  • \( m_1 = 22{,}330 \) kg · \( m_2 = 23{,}880 \) kg pièce nº2 — remplissage lâche puis damé
1. Masses de granulat logées dans le récipient Pesée par différence pour les deux modes de remplissage
\[ \begin{aligned} m_{\text{g,l}} &= 22{,}330 - 4{,}250 = \mathbf{18{,}080} \text{ kg} \\ m_{\text{g,d}} &= 23{,}880 - 4{,}250 = \mathbf{19{,}630} \text{ kg} \end{aligned} \]
Analyse du chiffre :

Un kilogramme et demi de plus dans le même récipient, sans qu'un seul grain supplémentaire n'ait été forcé au-delà du bord : la règle d'arasement est passée dans les deux cas. Il faut mesurer ce que cela signifie physiquement — 1,550 kg de gravillon a trouvé place dans des intervalles que l'arrangement lâche laissait vides. Le damage n'a rien comprimé : la roche est incompressible à cette échelle de sollicitation. Il a seulement permis aux grains de se réorganiser, chacun descendant dans le creux que ses voisins lui offraient. C'est ce réarrangement, et lui seul, qui produit toute la suite du feuillet.

2. Les deux masses volumiques en vrac Division par le volume du récipient, identique dans les deux essais
\[ \begin{aligned} \rho_{\text{b,l}} &= \frac{18{,}080}{0{,}01260} = \mathbf{1\,434{,}9} \text{ kg/m}^3 \\ \rho_{\text{b,d}} &= \frac{19{,}630}{0{,}01260} = \mathbf{1\,557{,}9} \text{ kg/m}^3 \end{aligned} \]
Analyse du chiffre :

La première valeur, 1 434,9 kg/m³, coïncide à un dixième de kilogramme près avec les 1 435 kg/m³ portés par la fiche fournisseur. Il ne faut pas y voir une confirmation de la fiche mais un renseignement qu'elle ne donnait pas : le fournisseur a mesuré sur un remplissage lâche, et sa valeur ne vaut que dans cet état. Il faut relever ensuite ce que ces deux nombres ne sont pas : ils ne décrivent pas la roche. Une roche silicatée présente une masse volumique voisine de deux mille cinq cents kilogrammes par mètre cube, et les valeurs obtenues ici en représentent à peine les trois cinquièmes — la différence est l'air qui circule entre les grains. Il faut enfin noter l'usage immédiat de ces chiffres sur un chantier : une benne de dix mètres cubes de ce gravillon pèse quatorze tonnes trois si elle a été chargée en vrac, et une tonne et quart de plus si le transport l'a tassée en route.

3. Écart imputable au seul mode de remplissage Rapport de la différence à la valeur obtenue par déversement libre
\[ \begin{aligned} \delta &= \frac{1\,557{,}9 - 1\,434{,}9}{1\,434{,}9} \times 100 \\ &= \frac{123{,}0}{1\,434{,}9} \times 100 = \mathbf{8{,}6} \text{ \%} \end{aligned} \]
Analyse du chiffre :

Huit virgule six pour cent, obtenus sans changer ni le matériau, ni le récipient, ni l'opérateur : le seul geste de mise en place. Il faut apprécier cette ampleur en la comparant à ce que d'autres incertitudes valent — une pesée au gramme près sur dix-huit kilogrammes vaut cinq millièmes de pour cent, et l'erreur sur le volume du récipient, mesuré par pesée d'eau, reste du même ordre. L'indétermination du protocole pèse donc plus de mille fois celle des instruments. Il faut en tirer la conséquence qui commande la lecture de toute fiche produit : sur un granulat dont la valeur lâche s'établirait à 1 250 kg/m³, la valeur damée atteindrait 1 357, et la borne de 1 200 kg/m³ serait franchie ou non selon le geste — ce qui ferait dépendre un classement normatif d'une modalité que la fiche ne mentionne pas.

Vérification normative
Résultat du feuillet
1 434,9 kg/m³ en vrac, remplissage lâche
Grandeur Masse volumique en vrac du gravillon 5/20, valeur la plus défavorable des deux modes
Valeur obtenue 1 434,9 kg/m³
Exigence > 1 200 kg/m³
NF EN 206-1 § 3.1.26 — condition alternative de la définition du granulat léger, valeur déterminée selon l'EN 1097-3
Taux de travail 83,6 %
Ce que ce critère protège : il protège la cohérence de la technologie du béton courant en interceptant, par une seconde voie, les granulats qui n'en relèvent pas. La définition du granulat léger est en effet alternative : un granulat bascule dans cette catégorie soit parce que sa masse volumique après séchage à l'étuve descend à 2 000 kg/m³ ou en dessous, soit parce que sa masse volumique en vrac descend à 1 200 kg/m³ ou en dessous. La seconde condition n'est pas une redite de la première : un granulat très anguleux ou très caverneux peut présenter des grains parfaitement denses et former néanmoins un tas anormalement léger, et c'est ce cas que la borne en vrac intercepte. Il faut souligner que le critère s'apprécie sur la valeur la plus basse des modes de remplissage envisageables, soit ici le déversement libre : retenir la valeur damée, plus favorable de 8,6 %, reviendrait à faire dépendre le classement du geste de l'opérateur. Il faut enfin noter ce que ce critère ne couvre pas : il ne dit rien de la masse volumique des grains, sur laquelle porte la condition principale, ni de l'absorption d'eau, ni de la résistance du granulat.
CRITÈRE VÉRIFIÉ — avec 1 434,9 kg/m³ dans l'état de remplissage le plus défavorable, le gravillon reste très au-dessus de la borne de 1 200 kg/m³ : la condition alternative du granulat léger n'est pas activée. La valeur portée par la fiche fournisseur correspond au remplissage lâche. Reste à établir les masses volumiques des grains, sur lesquelles porte la condition principale du classement.
Établi par vous, chargé d'essais au laboratoire matériaux
Vérifié par le responsable du laboratoire · 07/11/2040
Le résultat part à la direction technique — première ligne de la fiche de caractérisation
Maîtriser cette question, et vérifier qu'on l'a comprise
Les formes sous lesquelles elle tombe
Forme Ce qui est donné Ce qui est cherché Ce qui change dans la démarche
Directe Volume du récipient, tare et deux pesées Les deux masses volumiques en vrac et leur écart Aucun changement — c'est le cas traité ci-dessus.
Inverse Une masse volumique en vrac et un volume de stockage La masse de granulat que le stock représente On remonte de la grandeur au tonnage, ce qui est l'usage quotidien de cette valeur sur un chantier. Traitée juste en dessous.
Condition modifiée Le granulat porte 1,5 % d'humidité au lieu d'être sec La même masse volumique en vrac La masse pesée croît de 1,5 % sans que le volume change, et le résultat monte à 1 456,4 kg/m³ en remplissage lâche. L'erreur est systématique et joue toujours vers le haut : elle attribue à la roche une masse qui est celle de l'eau.
Données incomplètes La tare du récipient n'a pas été relevée L'écart entre les deux modes de remplissage L'écart absolu des masses reste calculable, soit 1,550 kg, mais l'écart relatif ne l'est pas : il exige la masse de granulat au dénominateur, donc la tare. Aucune des deux masses volumiques n'est accessible.

Ce qui ne change jamais : une masse volumique en vrac se forme sur une masse de granulat sec, obtenue par différence, et sur le volume d'un récipient arasé ; elle décrit un tas et non une matière, ce qui la rend nécessairement inférieure à toutes les masses volumiques du grain ; et elle n'a de valeur qu'assortie du mode de remplissage, dont l'effet se chiffre ici à 8,6 %. Ces trois gestes sont identiques dans les quatre formes ; seuls l'inconnue, l'état d'humidité et la complétude des pesées se déplacent.

La forme inverse, traitée

Énoncé : la directrice technique doit dimensionner une trémie de stockage de 40 m³ pour ce gravillon et demande quelle masse elle devra supporter. Le granulat y sera déversé en continu depuis un convoyeur et se tassera sous son propre poids au fil du remplissage. Traitez-la avant d'ouvrir : c'est sous cette forme que la masse volumique en vrac sert le plus souvent.

Voir la résolution de la forme inverse
\[ \begin{aligned} m_{\min} &= \rho_{\text{b,l}} \times V = 1\,434{,}9 \times 40 = 57\,396 \text{ kg} \\ m_{\max} &= \rho_{\text{b,d}} \times V = 1\,557{,}9 \times 40 = 62\,316 \text{ kg} \\ \Delta m &= 62\,316 - 57\,396 = \mathbf{4\,920} \text{ kg} \end{aligned} \]

Ce que la forme inverse change : on cesse de caractériser un matériau pour dimensionner un ouvrage, et le choix de la valeur cesse d'être indifférent. La trémie devra supporter entre 57,4 et 62,3 tonnes selon l'état d'arrangement du granulat qu'elle contient. Trois enseignements en découlent. Le premier est que le sens du choix s'inverse par rapport à celui du feuillet : la vérification de classement retenait la valeur la plus basse, le dimensionnement d'une structure retient la plus haute — c'est toujours la valeur défavorable pour la vérification considérée qu'il faut prendre, et non une valeur intrinsèquement prudente. Le deuxième est que l'énoncé désigne lui-même le bon état : un granulat déversé en continu et se tassant sous son propre poids ne reste pas dans l'arrangement lâche, ce qui écarte d'emblée la valeur basse. Le troisième est quantitatif et vaut d'être retenu : l'écart de 4,9 tonnes représente 8,6 % de charge supplémentaire sur la structure, soit largement de quoi consommer une marge de dimensionnement si l'on a retenu la valeur de la fiche sans se demander à quel arrangement elle correspondait.

Les erreurs de cette question

Les deux erreurs de ce feuillet portent l'une sur la nature du volume au dénominateur, l'autre sur l'état d'humidité du granulat pesé. Toutes deux produisent un nombre plausible.

Prendre la masse volumique en vrac pour celle du matériau
Ce que ça donne Employée à la place de la masse volumique réelle du grain dans une formulation par volumes absolus, la valeur de 1 434,9 kg/m³ attribuerait au gravillon un volume de 0,760 m³ au lieu de 0,438 pour une même masse de 1 090 kg par mètre cube de béton, soit un volume majoré de 73 %. Le bilan des volumes absolus ne pourrait plus se refermer et la formulation serait irréalisable.
Le signe qui la trahit L'ordre de grandeur du résultat rapporté à celui d'une roche : aucune roche de construction ne descend sous deux mille kilogrammes par mètre cube. Le contrôle de fond porte sur le dénominateur : le volume d'un récipient n'est pas le volume d'un solide. Le rapport des deux grandeurs, voisin de trois cinquièmes, est précisément la compacité du tas.
Peser un granulat humide sans le sécher au préalable
Ce que ça donne Un gravillon portant 1,5 % d'eau donnerait 1 456,4 kg/m³ en remplissage lâche au lieu de 1 434,9. L'erreur n'est que de 1,5 %, donc invisible à la lecture, mais elle est systématique et joue toujours vers le haut : elle attribue à la roche une masse qui est celle de l'eau, et le stock de granulat s'en trouve surestimé de la même fraction.
Le signe qui la trahit Aucun signe numérique — c'est ce qui rend cette erreur redoutable. Le contrôle est de protocole et se fait avant la pesée : le procès-verbal doit mentionner le séchage à l'étuve jusqu'à masse constante. Un contrôle indirect existe cependant : une masse volumique en vrac anormalement élevée au regard de la compacité attendue du granulat signale une humidité résiduelle.
Contrôle — trois questions avant de tourner la page
Vérifier qu'on a compris, pas qu'on a lu

Trois questions, à traiter de tête et avant de cocher. Un corrigé limpide se lit d'un trait et donne l'illusion de savoir refaire : ces trois-là sont le seul moyen de le vérifier. Les trois jetons s'allument, et le feuillet reçoit son tampon.

1 Ce que le résultat autorise

Le feuillet établit deux masses volumiques en vrac et montre que la fiche fournisseur correspond au remplissage lâche. Qu'est-ce que cela permet d'engager dès maintenant, et qu'est-ce que cela n'autorise pas ?

2 Sensibilité — la bonne valeur, pas la bonne impression

Le gravillon portait en réalité 1,5 % d'humidité lors des pesées, contrairement à ce que le procès-verbal indique. Que devient la masse volumique en vrac en remplissage lâche, et dans quel sens ?

3 Reconnaître la question

Lequel de ces trois énoncés relève de la méthode ci-dessus ? Décidez avant de cocher. En examen, l'échec vient rarement du calcul : il vient de ne pas avoir reconnu de quelle question il s'agissait.

Feuillet visé — 3/3 Renvoyé à l'étude
Si un item ne tombe pas juste
Item 1 Relire le sens du critère et la distinction entre condition principale et condition alternative.
Item 2 Relire la première hypothèse et la première équation, en observant lequel des deux termes du quotient varie.
Item 3 Relire le tableau des formes et son invariant, en tête de cette section.
2
Question 2 : Les masses volumiques réelles et le mot qui convient à chacune
Note de calculs · feuillet 2/4 Indice A · 09/11/2040

Objet : déduire des quatre pesées au pycnomètre les deux volumes que la prise d'essai occupe selon que l'on compte ou non les pores accessibles à l'eau, en tirer les trois masses volumiques réelles ainsi que le coefficient d'absorption, désigner chacune par le terme de la norme d'essai, et confronter la masse volumique après séchage à l'étuve aux bornes du classement des granulats.

Ce qu'on a déjà sur la table
  • Quatre pesées sur la prise d'essai de gravillon 5/20 — pièce nº2
  • Immersion de vingt-quatre heures, état saturé surface sèche obtenu par essuyage — pièce nº2
  • Pycnomètre arasé au trait de jauge aux deux pesées — pièce nº2
  • Masse volumique de l'eau à 20,0 °C : 998,2 kg/m³ — pièce nº5
  • La norme d'essai définit trois masses volumiques réelles et un coefficient d'absorption — pièce nº3
  • Bornes du granulat courant : 2 000 à 3 000 kg/m³ après séchage à l'étuve — pièce nº4
Voir le résultat seul (auto-évaluation)
Volume des grains saturés 200,86 cm³ — matière et pores fermés 195,85 cm³ — masse volumique après séchage 2 489,3 kg/m³, saturée surface sèche 2 514,2, réelle apparente 2 553,0 — absorption 1,00 %
Le problème posé :

Le grain de roche n'est pas un solide plein. Il est creusé de cavités, dont certaines débouchent en surface et se remplissent d'eau quand on l'immerge, tandis que d'autres restent closes et vides en toutes circonstances. Cette structure interne interdit de parler d'un volume du grain : il y en a deux, selon que l'on compte ou non les cavités débouchantes, et deux masses aussi, selon que ces cavités sont pleines ou vides. La norme d'essai en tire trois masses volumiques et non une, et c'est le point que la fiche fournisseur ignore. Le mécanisme de mesure est celui d'Archimède : le pycnomètre étant arasé au même trait de jauge avec et sans granulat, la différence des deux pesées donne la masse d'eau que les grains ont chassée, donc leur volume. Encore faut-il préciser lequel — l'eau chassée est celle que les grains occupent réellement dans le récipient, pores débouchants compris puisqu'ils sont déjà pleins d'eau. Le second volume s'obtient par une simple substitution de masse dans la même expression. Toute la valeur du feuillet tient dans le fait que les trois grandeurs qu'il produit doivent être nommées : la difficulté n'est pas de calculer trois quotients, elle est de savoir lequel des trois répond à la question posée.

Ce que le chargé d'études regarde d'abord
Observation C'est la plus élevée des trois valeurs, 2 553,0 kg/m³, que la norme d'essai appelle masse volumique réelle apparente. Le même adjectif désigne dans le langage courant la plus basse des grandeurs du granulat, celle du tas, qui vaut ici 1 434,9 kg/m³. Deux valeurs dans un rapport de 1,78 portent donc le même qualificatif selon le texte qui l'emploie.
Le risque Retenir la masse volumique réelle apparente pour convertir un volume en masse dans une formulation. Elle dépasse de 2,6 % la masse volumique après séchage, seule appropriée à cet usage, ce qui attribuerait au gravillon onze litres de moins dans le mètre cube et empêcherait le bilan des volumes de se refermer.
Écartée On aurait pu ne calculer qu'une seule valeur, celle que la question du classement appelle, et laisser les deux autres de côté. Cette économie serait illusoire : les deux volumes sont établis en une seule opération et les trois quotients ne coûtent rien de plus. Elle serait surtout dangereuse, car c'est l'échelonnement des trois valeurs qui fournit le contrôle de vraisemblance — un résultat isolé ne peut être vérifié par rien.
À vous de trancher — avant d'ouvrir

La fiche fournisseur annonce « masse volumique apparente : 1 435 kg/m³ ». Trois lectures de cette mention sont proposées. Deux d'entre elles conduisent à une erreur de plus de mille kilogrammes par mètre cube.

  1. C'est la masse volumique réelle apparente au sens de la norme d'essai, soit la plus élevée des trois grandeurs du grain
  2. C'est la masse volumique en vrac, qui décrit le tas et non le grain, et qu'aucune des trois grandeurs du grain n'égale
  3. C'est la masse volumique après séchage à l'étuve, la norme employant le mot « apparente » pour l'état sec
Ce qu'a retenu le bureau, et pourquoi

L'option 2, et c'est l'ordre de grandeur qui tranche, non le mot. Le raisonnement se conduit ainsi : le gravillon est issu d'une roche massive, et aucune roche de construction ne présente une masse volumique inférieure à deux mille kilogrammes par mètre cube. Une valeur de 1 435 ne peut donc décrire ni la matière, ni le grain : elle décrit nécessairement un assemblage comportant du vide, c'est-à-dire le tas. L'option 1 attribue à la fiche le vocabulaire de la norme d'essai, mais elle bute sur le chiffre : la masse volumique réelle apparente vaut ici 2 553,0 kg/m³, soit 1,78 fois la valeur annoncée. Il faut relever le piège de langage : l'adjectif « apparente » figure bien dans la norme d'essai, mais il y qualifie la plus élevée des trois grandeurs, alors que dans l'usage courant il désigne la plus basse de toutes — le même mot pour les deux extrêmes. L'option 3 est doublement fausse : la norme d'essai nomme cette grandeur « masse volumique après séchage à l'étuve » sans employer l'adjectif, et cette grandeur vaut ici 2 489,3 kg/m³, soit encore 1,73 fois la valeur de la fiche. Il faut retenir la règle de lecture : devant une masse volumique de granulat, on vérifie d'abord l'ordre de grandeur, qui départage le tas du grain, et l'on ne discute du qualificatif qu'ensuite.

  • Masse volumique après séchage à l'étuve — masse de la matière seule rapportée au volume des grains saturés. C'est la plus faible des trois et celle sur laquelle porte le classement du granulat.
  • Masse volumique saturée et superficiellement sèche — masse des grains saturés rapportée au même volume. Elle décrit l'état dans lequel le granulat n'échange plus d'eau avec la pâte.
  • Masse volumique réelle apparente — masse de la matière seule rapportée au volume de cette matière augmentée des seuls pores fermés. C'est la plus élevée des trois, et l'adjectif y signale une porosité que l'eau ne peut pas atteindre.
  • Coefficient d'absorption d'eau — masse d'eau retenue par les pores débouchants après vingt-quatre heures, rapportée à la masse sèche. C'est une fraction massique, non volumique.
Hypothèses retenues, leur contrôle et leur garant
  • Les pores débouchants sont entièrement remplis après vingt-quatre heures c'est la convention que la norme d'essai fixe, et elle définit à elle seule ce que l'on appelle un pore accessible ; une immersion écourtée laisserait des pores partiellement vides, qui seraient comptés dans le volume chassé sans l'être dans la masse saturée, et les trois masses volumiques en seraient surestimées garantie par la pièce nº3
  • Aucune bulle d'air n'est restée piégée entre les grains dans le pycnomètre une bulle occuperait du volume dans le récipient sans peser : elle serait donc comptée comme du volume de grain et abaisserait les trois masses volumiques ; c'est la raison pour laquelle la mise en place de la prise d'essai s'accompagne d'un dégazage avant l'arasement au trait posée par vous — elle figure dans la note
  • La masse volumique de l'eau retenue est celle de la température des pesées elle est la seule grandeur physique extérieure aux pesées et elle divise les deux volumes, donc multiplie les trois résultats ; la table donne 998,2 kg/m³ à vingt degrés, et retenir l'unité en grammes par centimètre cube majorerait les trois valeurs de 0,18 % de façon systématique garantie par la pièce nº5

Domaine d'emploi : les trois masses volumiques établies ici décrivent les grains du gravillon 5/20 et rien d'autre : elles ne disent rien du tas que ces grains forment, dont la masse volumique relève d'une norme d'essai distincte et vaut ici sensiblement moins. Elles sont attachées à la convention des vingt-quatre heures d'immersion, qui définit ce que l'on appelle un pore accessible, et à la température des pesées. Elles valent enfin pour la fraction essayée : un même gisement livré en 0/4 donnerait un coefficient d'absorption plus élevé, la surface développée par unité de masse croissant lorsque la finesse augmente, et les masses volumiques s'en trouveraient légèrement déplacées.

Équations mobilisées Volume des grains, pores débouchants compris

D'où elle découle : du volume constant du pycnomètre : la masse d'eau chassée par les grains saturés est la différence entre leur masse et l'accroissement de masse du récipient.

\[ \begin{aligned} V_{\text{ssd}} = \frac{M_{\text{sss}} - \left( M_2 - M_1 \right)}{\rho_{\text{w}}} \end{aligned} \]
Ce que dit cette équation : Elle traduit un bilan que l'on suit en imaginant l'opération. On part du pycnomètre plein d'eau et arasé au trait, de masse \( M_1 \). On y introduit les grains saturés, de masse \( M_{\text{sss}} \), et l'on réarase : de l'eau s'écoule. Le récipient pèse alors \( M_2 \), et cet accroissement vaut la masse des grains diminuée de celle de l'eau partie ; la masse d'eau chassée est donc la différence, et son volume s'obtient en divisant par la masse volumique de l'eau. Il faut relever ce que ce volume contient : les grains ayant trempé vingt-quatre heures, leurs pores débouchants sont déjà pleins et l'eau du récipient n'y pénètre plus — ils font partie du volume chassé, exactement comme la matière. Il faut noter enfin ce qu'il ne contient pas : les vides entre les grains, que l'eau occupe et qui ne chassent donc rien. C'est la différence de principe entre cet essai et celui du récipient.
  • \( V_{\text{ssd}} \) : volume des grains saturés, pores débouchants compris, en cm³
  • \( M_{\text{sss}} \) : masse de la prise d'essai saturée surface sèche, en g
  • \( \rho_{\text{w}} \) : masse volumique de l'eau à la température de l'essai, en g/cm³
Volume de la matière et des pores fermés

D'où elle découle : du même bilan, la masse saturée étant remplacée par la masse sèche, ce qui revient à retrancher du volume l'eau que les pores débouchants retenaient.

\[ \begin{aligned} V_{\text{a}} = \frac{M_{\text{sec}} - \left( M_2 - M_1 \right)}{\rho_{\text{w}}} \end{aligned} \]
Ce que dit cette équation : Elle ne diffère de la précédente que par la masse portée au numérateur, et c'est toute la subtilité du dépouillement. La substitution retire du numérateur exactement la masse d'eau que les pores débouchants contenaient, donc du volume exactement leur volume. Le résultat est le volume de la matière augmentée des seuls pores fermés, ceux qui ne communiquent pas avec la surface : c'est de là que vient l'adjectif « apparente » de la masse volumique qui s'en déduit. Il faut noter une conséquence de méthode : ce second volume ne demande aucune manipulation supplémentaire, il s'obtient par une seconde lecture de la même série de pesées — voilà pourquoi la norme d'essai produit trois masses volumiques sans multiplier les opérations. Il faut relever enfin que \( V_{\text{a}} \) est nécessairement inférieur à \( V_{\text{ssd}} \), la masse sèche étant inférieure à la masse saturée : leur ordre fournit un contrôle immédiat.
  • \( V_{\text{a}} \) : volume de la matière et des pores fermés, en cm³
  • \( M_{\text{sec}} \) : masse de la prise d'essai séchée à l'étuve, en g
Masse volumique après séchage à l'étuve

D'où elle découle : du rapport de la masse de matière seule au volume que les grains occupent réellement, pores débouchants compris.

\[ \begin{aligned} \rho_{\text{rd}} = \frac{M_{\text{sec}}}{V_{\text{ssd}}} \end{aligned} \]
Ce que dit cette équation : Elle est la plus faible des trois, rapportant la plus petite masse au plus grand volume, et c'est celle dont les usages sont les plus nombreux. C'est elle que la définition du granulat courant met en jeu, et elle seule des trois. C'est elle encore qui convertit une masse pesée sèche en volume occupé dans une formulation par volumes absolus, puisqu'elle associe précisément ces deux quantités. Il faut relever pourquoi son dénominateur est le volume saturé alors que son numérateur est la masse sèche — l'appariement paraît incohérent et il ne l'est pas : dans un béton, les pores débouchants des granulats sont remplis d'eau et occupent bel et bien de la place, tandis que la masse effectivement pesée à la centrale est celle de la matière sèche. Le quotient associe donc exactement ce que l'on pèse à ce que l'on occupe.
  • \( \rho_{\text{rd}} \) : masse volumique après séchage à l'étuve, en g/cm³ ou kg/m³
Masse volumique saturée et superficiellement sèche

D'où elle découle : du rapport de la masse des grains saturés au même volume, celui qu'ils occupent pores débouchants compris.

\[ \begin{aligned} \rho_{\text{ssd}} = \frac{M_{\text{sss}}}{V_{\text{ssd}}} \end{aligned} \]
Ce que dit cette équation : Elle décrit le granulat dans l'état où il n'échange plus d'eau avec la pâte : ses pores sont pleins, sa surface est sèche, il ne prend rien au béton et ne lui rend rien. Cet état n'est pas une commodité de laboratoire mais la référence de toute la technologie de l'eau de gâchage : c'est par rapport à lui que se définit l'eau efficace, celle qui reste disponible pour hydrater le ciment. Il faut noter que cette masse volumique partage son dénominateur avec la précédente et n'en diffère que par le numérateur, de sorte que leur rapport est directement lié au coefficient d'absorption. Il faut souligner enfin qu'elle n'a de sens que parce que l'état saturé surface sèche est reproductible : c'est l'essuyage normalisé de la pellicule superficielle qui en fait un état défini, et non une simple étape de manipulation.
  • \( \rho_{\text{ssd}} \) : masse volumique saturée surface sèche, en g/cm³ ou kg/m³
Masse volumique réelle apparente

D'où elle découle : du rapport de la masse de matière seule au volume de cette matière augmentée des seuls pores fermés.

\[ \begin{aligned} \rho_{\text{a}} = \frac{M_{\text{sec}}}{V_{\text{a}}} \end{aligned} \]
Ce que dit cette équation : Elle est la plus élevée des trois, rapportant la même masse au plus petit volume, et c'est celle qui approche le mieux la densité de la roche dont les grains proviennent. Son usage diffère de celui des deux autres : elle sert à identifier la nature minéralogique d'un granulat et à déceler un mélange de gisements, non à convertir des volumes en masses. L'adjectif qu'elle porte mérite d'être expliqué car il déroute et il est la source de la confusion que ce dossier doit lever : « apparente » ne signifie pas que la valeur serait approchée, mais que le volume compté englobe une porosité — celle des pores fermés — qu'aucune mesure par déplacement d'eau ne peut retrancher. Il faut relever que son écart avec la masse volumique après séchage donne directement la porosité accessible du grain, ce qui en fait la seule des trois à renseigner sur la structure interne de la roche.
  • \( \rho_{\text{a}} \) : masse volumique réelle apparente, en g/cm³ ou kg/m³
Coefficient d'absorption d'eau

D'où elle découle : de la masse d'eau que les pores débouchants retiennent après vingt-quatre heures d'immersion, rapportée à la masse sèche de la prise d'essai.

\[ \begin{aligned} WA_{24} = \frac{M_{\text{sss}} - M_{\text{sec}}}{M_{\text{sec}}} \times 100 \end{aligned} \]
Ce que dit cette équation : Elle chiffre exactement ce que les deux volumes précédents se disputaient, et c'est pourquoi la norme d'essai la détermine dans la même opération que les masses volumiques : les grandeurs sont indissociables. Il faut relever la nature du quotient, car elle commande tous les emplois du résultat : c'est une fraction massique, et non volumique. La porosité accessible du grain, qui est une fraction volumique, s'en déduit en multipliant par le rapport de la masse volumique du granulat à celle de l'eau — facteur voisin de deux et demi qu'il ne faut jamais omettre. Il faut noter enfin que le dénominateur est la masse sèche et non la masse saturée : cette convention n'est pas indifférente, rapporter la même eau à la masse saturée donnerait un nombre plus faible d'environ un centième de sa valeur.
  • \( WA_{24} \) : coefficient d'absorption d'eau après 24 h, en %
Application numérique
Valeurs retenues pour ce calcul
  • \( M_{\text{sss}} = 505{,}0 \) g · \( M_{\text{sec}} = 500{,}0 \) g pièce nº2 — prise d'essai saturée puis séchée
  • \( M_2 = 2\,155{,}0 \) g · \( M_1 = 1\,850{,}5 \) g pièce nº2 — pycnomètre avec et sans granulat
  • \( \rho_{\text{w}} = 0{,}9982 \) g/cm³ à 20,0 °C pièce nº5 — table du laboratoire
1. Volume des grains, pores débouchants compris Masse d'eau chassée par la prise d'essai saturée
\[ \begin{aligned} M_2 - M_1 &= 2\,155{,}0 - 1\,850{,}5 = 304{,}5 \text{ g} \\ V_{\text{ssd}} &= \frac{505{,}0 - 304{,}5}{0{,}9982} = \frac{200{,}5}{0{,}9982} \\ &= \mathbf{200{,}86} \text{ cm}^3 \end{aligned} \]
Analyse du chiffre :

Deux cents centimètres cubes pour un demi-kilogramme de gravillon : le contrôle de vraisemblance est immédiat et il faut prendre l'habitude de le conduire avant toute suite. Le rapport de la masse à ce volume donne 2,5 g/cm³, ordre de grandeur d'une roche silicatée, ce qui valide d'un coup les quatre pesées. Il faut relever ce que ce volume ne contient pas : les vides entre les grains, que l'eau du pycnomètre occupe et qui ne chassent donc rien. C'est là toute la différence de principe avec l'essai au récipient, où le volume mesuré est celui du tas et les vides intergranulaires au contraire comptés — et c'est l'origine de l'écart de près de mille cent kilogrammes par mètre cube entre les deux familles de grandeurs.

2. Volume de la matière et des pores fermés Même bilan avec la masse sèche au numérateur
\[ \begin{aligned} V_{\text{a}} &= \frac{500{,}0 - 304{,}5}{0{,}9982} = \frac{195{,}5}{0{,}9982} \\ &= \mathbf{195{,}85} \text{ cm}^3 \end{aligned} \]
Analyse du chiffre :

Cent quatre-vingt-quinze centimètres cubes et huit dixièmes, soit 5,01 cm³ de moins que le volume saturé. Cet écart est exactement le volume des pores débouchants de la prise d'essai — cinq millilitres, l'équivalent d'une cuillerée à café, pour un demi-kilogramme de cailloux. Il faut noter que ce second volume n'a demandé aucune manipulation supplémentaire : il s'obtient en relisant la même série de pesées avec la masse sèche à la place de la masse saturée. Il faut relever aussi que la porosité fermée reste hors d'atteinte : elle est comprise dans les 195,85 cm³ sans qu'aucune mesure par déplacement d'eau puisse l'en séparer, et c'est précisément ce que l'adjectif « apparente » signale sur la masse volumique qui s'en déduit.

3. Les trois masses volumiques réelles Deux masses et deux volumes, trois combinaisons ayant un sens
\[ \begin{aligned} \rho_{\text{rd}} &= \frac{500{,}0}{200{,}86} = 2{,}4893 \text{ g/cm}^3 = \mathbf{2\,489{,}3} \text{ kg/m}^3 \\ \rho_{\text{ssd}} &= \frac{505{,}0}{200{,}86} = 2{,}5142 \text{ g/cm}^3 = \mathbf{2\,514{,}2} \text{ kg/m}^3 \\ \rho_{\text{a}} &= \frac{500{,}0}{195{,}85} = 2{,}5530 \text{ g/cm}^3 = \mathbf{2\,553{,}0} \text{ kg/m}^3 \end{aligned} \]
Analyse du chiffre :

Les trois valeurs s'échelonnent sur 63,7 kg/m³, soit 2,6 % de l'ensemble, et leur ordre est une nécessité physique qu'il faut vérifier systématiquement : la plus petite masse rapportée au plus grand volume donne la plus faible, la même masse rapportée au plus petit volume donne la plus forte, et la troisième s'intercale nécessairement. Un résultat qui romprait cet ordre signalerait une erreur de pesée sans qu'aucun autre contrôle ne soit nécessaire. Il faut ensuite confronter ces trois nombres à la fiche fournisseur : la plus élevée d'entre elles, celle que la norme d'essai appelle réelle apparente, vaut 1,78 fois les 1 435 kg/m³ que la fiche annonce sous le nom de « masse volumique apparente ». Le même adjectif désigne donc, selon le texte qui l'emploie, la plus haute et la plus basse des grandeurs de ce granulat — et c'est pourquoi il ne peut jamais suffire à lui seul.

4. Absorption d'eau et porosité accessible du grain D'une fraction massique à une fraction volumique
\[ \begin{aligned} WA_{24} &= \frac{505{,}0 - 500{,}0}{500{,}0} \times 100 = \mathbf{1{,}00} \text{ \%} \\ p_{\text{acc}} &= \left( 1 - \frac{2\,489{,}3}{2\,553{,}0} \right) \times 100 = \mathbf{2{,}50} \text{ \%} \end{aligned} \]
Analyse du chiffre :

Un pour cent d'absorption, deux et demi de porosité accessible : les deux nombres décrivent la même réalité physique et diffèrent pourtant d'un facteur 2,5. Il faut nommer précisément l'origine de ce facteur, car il est la source d'une confusion fréquente : l'absorption rapporte une masse d'eau à une masse de roche, la porosité un volume d'eau à un volume de roche, et le passage de l'une à l'autre exige donc le rapport des deux masses volumiques — voisin de deux et demi. Il faut ensuite mesurer ce que représente ce pour cent dans l'usage : sur un mètre cube de béton contenant onze cents kilogrammes de ce gravillon, l'eau que ses pores peuvent retenir atteint onze kilogrammes, soit près d'un quinzième de l'eau de gâchage — un granulat livré sec la prendrait à la pâte, un granulat déjà saturé la lui laisserait entière.

Vérification normative
Résultat du feuillet
2 489,3 kg/m³ après séchage à l'étuve
Grandeur Masse volumique du gravillon 5/20 après séchage à l'étuve
Valeur obtenue 2 489,3 kg/m³
Exigence > 2 000 et < 3 000 kg/m³
NF EN 206-1 § 3.1.25 — classement en granulat courant, valeur déterminée selon l'EN 1097-6
Taux de travail 80,3 %
Ce que ce critère protège : il protège la cohérence de toute la technologie du béton courant. Les valeurs limites de composition, les classes de résistance, les tolérances de dosage et les méthodes de formulation supposent toutes un granulat dont la masse volumique se situe dans cette fourchette : un granulat léger appelle des règles de formulation, de malaxage et de calcul distinctes, et un granulat lourd relève d'usages particuliers. Il faut souligner que la borne s'apprécie sur la masse volumique après séchage à l'étuve et sur elle seule des trois que l'essai produit : la masse volumique réelle apparente, plus élevée de 2,6 %, conduirait à un classement différent sur un granulat de valeur limite, et la valeur en vrac, inférieure de 42 %, le ferait basculer à coup sûr dans la catégorie des légers. C'est la raison pour laquelle une valeur transmise sans son qualificatif normatif ne permet aucun classement, quelle que soit la précision du nombre. Il faut enfin noter ce que ce critère ne couvre pas : il ne dit rien de la porosité, de l'absorption d'eau, ni de la résistance mécanique du granulat, que d'autres essais caractérisent.
CRITÈRE VÉRIFIÉ — avec 2 489,3 kg/m³ après séchage à l'étuve, le gravillon 5/20 s'inscrit dans la fourchette du granulat courant. Son coefficient d'absorption s'établit à 1,00 % et la porosité accessible de ses grains à 2,50 %. Les deux familles de masses volumiques étant maintenant établies, leur rapport donne la compacité du squelette.
Établi par vous, chargé d'essais au laboratoire matériaux
Vérifié par le responsable du laboratoire · 09/11/2040
Le résultat part à la direction technique — deuxième ligne de la fiche de caractérisation
Maîtriser cette question, et vérifier qu'on l'a comprise
Les formes sous lesquelles elle tombe
Forme Ce qui est donné Ce qui est cherché Ce qui change dans la démarche
Directe Quatre pesées au pycnomètre Les trois masses volumiques réelles et l'absorption Aucun changement — c'est le cas traité ci-dessus.
Inverse Une masse volumique après séchage et une porosité accessible Le coefficient d'absorption correspondant On remonte d'une fraction volumique à une fraction massique, ce qui exige le facteur de passage. Traitée juste en dessous.
Condition modifiée Une prise d'essai insuffisamment essuyée, portant 1,0 g d'eau superficielle Les mêmes masses volumiques L'eau superficielle gonfle la masse saturée et la pesée du pycnomètre, si bien qu'elle se compense dans \( V_{\text{ssd}} \) : la masse volumique après séchage reste à 2 489,3 kg/m³ et le classement est indemne. En revanche \( \rho_{\text{ssd}} \) monte à 2 519,2 kg/m³, \( \rho_{\text{a}} \) à 2 566,1 et l'absorption à 1,20 % : la correction d'eau, elle, est faussée.
Données incomplètes La masse saturée surface sèche n'a pas été relevée Les mêmes trois masses volumiques Seule la masse volumique réelle apparente reste calculable : les deux autres et l'absorption exigent la masse saturée. La prise d'essai devrait retourner vingt-quatre heures à l'immersion, ce qui décale l'essai d'une journée.

Ce qui ne change jamais : une mesure par déplacement d'eau atteint le volume dont l'eau est exclue, ce qui comprend les pores déjà pleins et exclut les vides entre grains ; deux masses et deux volumes se combinent en trois masses volumiques dont l'ordre est une nécessité physique servant de contrôle ; et chacune doit être nommée par le terme de la norme d'essai, faute de quoi le nombre le plus exact reste inexploitable. Ces trois gestes sont identiques dans les quatre formes ; seuls l'inconnue, la qualité de l'essuyage et la complétude des pesées se déplacent.

La forme inverse, traitée

Énoncé : un rapport pétrographique caractérise une roche de carrière par une masse volumique après séchage de 2 380 kg/m³ et une porosité accessible à l'eau de 4,60 %, sans donner de coefficient d'absorption. La direction technique demande de reconstituer ce dernier pour comparer cette roche au gravillon du dossier. Traitez-la avant d'ouvrir : c'est sous cette forme que l'on rapproche une donnée de géologue d'une donnée de laboratoire d'essais.

Voir la résolution de la forme inverse
\[ \begin{aligned} \rho_{\text{a}} &= \frac{\rho_{\text{rd}}}{1 - p_{\text{acc}}} = \frac{2\,380}{1 - 0{,}0460} = 2\,494{,}8 \text{ kg/m}^3 \\ WA_{24} &= p_{\text{acc}} \times \frac{\rho_{\text{w}}}{\rho_{\text{rd}}} \times 100 = 0{,}0460 \times \frac{998{,}2}{2\,380} \times 100 \\ &= \mathbf{1{,}93} \text{ \%} \end{aligned} \]

Ce que la forme inverse change : on cesse de dépouiller des pesées pour traduire dans un langage le résultat exprimé dans un autre. Le coefficient d'absorption de cette roche s'établit à 1,93 %, soit près du double de celui du gravillon du dossier. Trois enseignements en découlent. Le premier est que le facteur de passage entre porosité et absorption n'est pas une constante universelle mais le rapport des masses volumiques : il vaut 2,39 pour cette roche contre 2,49 pour celle du dossier, et l'appliquer sans le recalculer introduirait une erreur de quatre pour cent sur le résultat. Le deuxième est de méthode : un géologue exprime volontiers une porosité, un laboratoire d'essais une absorption, et les deux nombres ne se comparent qu'après conversion — les confronter directement laisserait croire que la roche de carrière est deux fois moins absorbante qu'elle ne l'est. Le troisième est pratique : avec une porosité de 4,60 % contre 2,50 %, cette roche est nettement plus ouverte, et un béton formulé sur elle exigerait une correction d'eau presque double.

Les erreurs de cette question

Les deux erreurs de ce feuillet portent l'une sur le nom donné au résultat, l'autre sur la nature du quotient qui exprime l'absorption. Toutes deux produisent un nombre exact et une conclusion fausse.

Annoncer « la masse volumique absolue » sans préciser laquelle des trois
Ce que ça donne Le nombre annoncé serait 2 553,0 kg/m³ — parfaitement exact, c'est la masse volumique réelle apparente — mais sous un nom que la norme d'essai n'emploie pas. Employé pour convertir un volume en masse dans une formulation, il attribuerait au gravillon onze litres de moins dans le mètre cube que la valeur appropriée, et le bilan des volumes absolus ne se refermerait plus.
Le signe qui la trahit Aucun signe numérique : les trois valeurs sont également plausibles pour une roche silicatée et ne s'écartent que de 2,6 %. Le contrôle est de nomenclature et se fait avant tout calcul — employer le vocabulaire de la norme d'essai, qui distingue trois grandeurs et n'emploie jamais le mot « absolue ». Une valeur annoncée sans son qualificatif normatif n'est pas exploitable, quelle que soit la précision du nombre.
Prendre le coefficient d'absorption pour la porosité du grain
Ce que ça donne On annoncerait une porosité accessible de 1,00 % au lieu de 2,50 %, soit une sous-estimation de 60 %. Sur une étude de durabilité, où le volume de pores ouverts commande la pénétration des agents agressifs, l'erreur conduirait à juger la roche deux fois et demie moins perméable qu'elle ne l'est.
Le signe qui la trahit L'homogénéité des grandeurs, qu'il faut vérifier avant d'écrire un pourcentage : l'absorption est un rapport de masses, la porosité un rapport de volumes. Le facteur de passage est le rapport de la masse volumique du granulat à celle de l'eau, soit 2,49 ici, et il change d'une roche à l'autre. Deux pourcentages ne se comparent jamais sans vérifier ce qu'ils rapportent à quoi.
Contrôle — trois questions avant de tourner la page
Vérifier qu'on a compris, pas qu'on a lu

Trois questions, à traiter de tête et avant de cocher. Un corrigé limpide se lit d'un trait et donne l'illusion de savoir refaire : ces trois-là sont le seul moyen de le vérifier. Les trois jetons s'allument, et le feuillet reçoit son tampon.

1 Ce que le résultat autorise

Le feuillet établit trois masses volumiques réelles, une absorption et une porosité accessible. Qu'est-ce que cela permet d'engager dès maintenant, et qu'est-ce que cela n'autorise pas ?

2 Sensibilité — la bonne valeur, pas la bonne impression

L'opérateur a mal essuyé la prise d'essai, qui portait encore 1,0 g d'eau superficielle lors de la pesée saturée. Cette eau accompagne la prise d'essai jusque dans le pycnomètre. Laquelle des grandeurs du feuillet échappe au défaut ?

3 Reconnaître la question

Lequel de ces trois énoncés relève de la méthode ci-dessus ? Décidez avant de cocher. En examen, l'échec vient rarement du calcul : il vient de ne pas avoir reconnu de quelle question il s'agissait.

Feuillet visé — 3/3 Renvoyé à l'étude
Si un item ne tombe pas juste
Item 1 Relire la dernière équation et la distinction entre porosité accessible et porosité totale.
Item 2 Relire la première équation en observant comment l'eau superficielle y figure deux fois, avec des signes opposés.
Item 3 Relire le tableau des formes et son invariant, en tête de cette section.
3
Question 3 : La compacité du squelette et ce que le mètre cube exige de lui
Note de calculs · feuillet 3/4 Indice A · 11/11/2040

Objet : former, à partir des deux familles de masses volumiques établies, la compacité et l'indice des vides du squelette granulaire sous les deux modes de remplissage, établir la compacité que le mètre cube de béton exige du squelette une fois le volume de pâte prescrit déduit, et confronter cette exigence à ce que le gravillon 5/20 employé seul peut atteindre.

Ce qu'on a déjà sur la table
  • Masses volumiques en vrac : 1 434,9 kg/m³ en remplissage lâche, 1 557,9 en remplissage damé
  • Masse volumique après séchage à l'étuve : 2 489,3 kg/m³
  • Masse volumique réelle apparente : 2 553,0 kg/m³
  • Volume de pâte prescrit, ciment, eau efficace et air compris : 0,240 m³ par mètre cube — pièce nº5
  • La formulation est établie par la méthode des volumes absolus — pièce nº5
  • Le gravillon 5/20 est la seule fraction actuellement envisagée — pièce nº1
Voir le résultat seul (auto-évaluation)
Compacité lâche 0,5764 — compacité damée 0,6258 — indices des vides 0,7348 et 0,5979 — compacité exigée par le mètre cube 0,760, inatteignable à une seule fraction
Le problème posé :

Les deux feuillets précédents ont produit deux familles de grandeurs qui décrivent des objets différents : l'une le tas, l'autre les grains. Prises séparément, elles ne renseignent que sur le matériau. Rapprochées, elles livrent une information d'une tout autre portée : la fraction du volume que les grains occupent réellement dans le tas, et par complément la fraction de vide. Cette fraction est la compacité du squelette, et c'est elle qui commande la formulation d'un béton — car un béton n'est rien d'autre qu'un empilement de grains dont la pâte a rempli les vides. Le feuillet doit donc conduire deux raisonnements distincts. Le premier est descriptif : établir la compacité et l'indice des vides du gravillon dans les deux états d'arrangement mesurés, et mesurer ce que le damage a effectivement gagné. Le second est prescriptif : partir du volume de pâte que le marché fixe, en déduire par différence le volume que les grains doivent occuper dans le mètre cube, et confronter cette exigence à ce que le gravillon peut fournir. La confrontation ne porte pas sur des masses volumiques mais sur des fractions volumiques, ce qui rend le raisonnement homogène et le verdict lisible.

Ce que le chargé d'études regarde d'abord
Observation Le gravillon 5/20 damé n'atteint qu'une compacité de 0,6258, alors que le mètre cube en exige 0,760. L'écart, 0,134 m³ par mètre cube, ne se comble par aucun réglage de mise en œuvre : c'est un déficit de volume de grains, et il demande une seconde fraction granulaire capable de se loger dans les intervalles de la première.
Le risque Compter sur la vibration du béton frais pour rattraper l'écart. Le damage de laboratoire, sensiblement plus énergique qu'une vibration d'aiguille dans une pâte, n'a gagné que 8,6 % de compacité. Passer de 0,6258 à 0,760 en demanderait 21,4 % de plus, soit deux fois et demie l'effet du damage : aucune énergie de serrage n'y parvient sur une fraction unique.
Écartée On aurait pu former la compacité avec la masse volumique réelle apparente, plus élevée et plus proche de la densité de la roche. Elle donnerait 0,5620 au lieu de 0,5764, soit 2,5 % de moins. Le rapport ne décrirait plus rien de physique : le volume au dénominateur exclurait les pores accessibles, qui occupent pourtant bel et bien de la place dans le tas comme dans le béton.
À vous de trancher — avant d'ouvrir

Trois manières de combler le déficit de 0,134 m³ par mètre cube sont proposées. Deux d'entre elles ne peuvent pas fonctionner.

  1. Augmenter l'énergie de vibration jusqu'à porter le squelette à la compacité exigée
  2. Introduire une fraction granulaire plus fine, dont les grains se logent dans les intervalles du 5/20
  3. Augmenter la masse de gravillon dosée, ce qui augmentera le volume qu'il occupe
Ce qu'a retenu le bureau, et pourquoi

L'option 2. Le raisonnement se conduit en identifiant ce qui borne la compacité d'un empilement. Une fraction granulaire unique, dont tous les grains ont des dimensions voisines, laisse entre eux des intervalles que rien ne peut occuper : les grains sont trop gros pour y entrer et la seule chose qui puisse s'y loger est un grain plus petit. L'option 1 se heurte au chiffre : le damage de laboratoire, plus énergique qu'une vibration dans une pâte, a fait passer la compacité de 0,5764 à 0,6258, soit un gain de 8,6 % ; atteindre 0,760 depuis l'état damé en exigerait 21,4 % de plus, deux fois et demie l'effet obtenu — et l'énergie n'y suffirait pas puisque ce n'est pas l'énergie qui manque mais la matière fine. L'option 3 mérite d'être écartée avec soin, car elle paraît élémentaire et elle est instructive : augmenter la masse de gravillon augmente bien le volume qu'il occupe, mais elle augmente dans le même rapport le volume des vides entre ses grains, puisque la compacité de l'empilement ne dépend pas de la quantité. Le mètre cube se remplirait avant que la compacité n'ait bougé, et la pâte manquerait plus encore. Il faut retenir le principe qui commande toute composition granulaire : la compacité d'un empilement ne se gagne pas en quantité ni en énergie, mais en étendue de la distribution des tailles.

  • Compacité — fraction du volume total effectivement occupée par les grains. C'est un nombre sans dimension, compris entre zéro et un, qui ne dépend pas de la nature de la roche.
  • Porosité intergranulaire — complément à un de la compacité, soit la fraction de vide entre les grains. Elle est le volume que la pâte doit remplir.
  • Indice des vides — rapport du volume des vides au volume des grains, et non au volume total. Il n'est pas borné par un et croît beaucoup plus vite que la porosité lorsque l'empilement se desserre.
  • Squelette granulaire — assemblage de toutes les fractions granulaires d'un béton, considéré indépendamment de la pâte qui l'enrobe. Sa compacité commande le volume de pâte nécessaire.
Hypothèses retenues, leur contrôle et leur garant
  • La compacité se forme sur la masse volumique après séchage à l'étuve c'est la seule des trois masses volumiques réelles dont le volume au dénominateur soit celui que les grains occupent effectivement, pores accessibles compris ; former le rapport avec la masse volumique réelle apparente donnerait 0,5620 au lieu de 0,5764, et le nombre obtenu ne décrirait plus aucune fraction volumique réelle garantie par la pièce nº3
  • Le volume de pâte prescrit comprend l'air occlus c'est la définition que le marché retient, et elle commande le complément : les grains doivent occuper 0,760 m³ et non davantage ; si l'air était compté hors de la pâte, le volume laissé aux grains tomberait à 0,740 m³ et l'exigence de compacité serait plus sévère encore garantie par la pièce nº5
  • La compacité mesurée au récipient représente celle que le squelette prendra dans le béton c'est une transposition qu'il faut assumer : l'essai au récipient se fait à sec et sans pâte, tandis que dans un béton la pâte lubrifie les contacts et permet un arrangement légèrement meilleur ; l'écart va dans le sens favorable, ce qui rend la conclusion du feuillet conservative — le déficit réel sera un peu inférieur à 0,134 m³ sans changer de nature posée par vous — elle figure dans la note

Domaine d'emploi : les compacités établies ici valent pour le gravillon 5/20 employé seul et pour les deux modes de remplissage mesurés. Elles ne se transposent pas à un mélange : dès qu'une seconde fraction est introduite, la compacité de l'ensemble dépasse celle de chacune prise isolément, et elle ne se calcule pas par une moyenne mais par une étude de composition granulaire. Elles supposent en outre que le volume de pâte prescrit comprend l'air occlus, définition propre au marché étudié. Elles ne disent enfin rien de l'ouvrabilité du béton : un squelette de compacité suffisante peut rester impossible à mettre en œuvre si la pâte, quoique en volume suffisant, ne parvient pas à enrober toute la surface des grains.

Équations mobilisées Compacité du squelette granulaire

D'où elle découle : du rapport des deux masses volumiques, formé sur une même masse de granulat sec, ce qui fait disparaître la masse et ne laisse subsister que le rapport des volumes.

\[ \begin{aligned} g = \frac{\rho_{\text{b}}}{\rho_{\text{rd}}} \end{aligned} \]
Ce que dit cette équation : Elle paraît n'être qu'une division et elle exige pourtant d'être justifiée. Les deux masses volumiques rapportent la même masse de granulat sec à deux volumes différents : celui du récipient pour la première, celui des grains pour la seconde. Leur quotient élimine donc la masse et ne conserve que le rapport des volumes, c'est-à-dire la fraction du récipient que les grains occupent. Il faut relever pourquoi la masse volumique après séchage à l'étuve est seule appropriée au dénominateur : c'est celle dont le volume est celui que les grains occupent réellement, pores accessibles compris. Employer la masse volumique réelle apparente reviendrait à retirer ces pores du volume des grains tout en les laissant dans celui du récipient, et le nombre obtenu ne serait plus une fraction volumique. Il faut noter enfin que \( g \) est sans dimension et ne dépend pas de la nature de la roche : deux granulats de densités très différentes peuvent présenter la même compacité si leurs grains ont même forme et même granularité.
  • \( g \) : compacité du squelette, sans dimension
  • \( \rho_{\text{b}} \) : masse volumique en vrac, en kg/m³
  • \( \rho_{\text{rd}} \) : masse volumique après séchage à l'étuve, en kg/m³
Indice des vides du squelette

D'où elle découle : du rapport du volume de vide au volume des grains, obtenu en divisant le complément de la compacité par la compacité elle-même.

\[ \begin{aligned} e = \frac{1 - g}{g} \end{aligned} \]
Ce que dit cette équation : Elle exprime le même état d'empilement que la compacité, mais rapporté à une autre référence, et cette différence de référence est la source d'erreurs fréquentes. La porosité intergranulaire \( 1 - g \) rapporte le vide au volume total et reste bornée par un ; l'indice des vides le rapporte au volume des grains et n'est borné par rien. Il faut mesurer la conséquence pratique de cette différence : lorsque la compacité descend de 0,6258 à 0,5764, la porosité ne croît que de 5,0 points, tandis que l'indice des vides bondit de 0,5979 à 0,7348, soit 23 % de plus. L'indice des vides est donc l'indicateur le plus sensible des deux, et c'est pour cette raison qu'il sert à comparer des états d'empilement voisins. Il faut noter enfin que la relation s'inverse sans difficulté, la compacité valant \( 1/(1+e) \).
  • \( e \) : indice des vides du squelette, sans dimension
Compacité exigée du squelette par le mètre cube

D'où elle découle : du bilan des volumes absolus d'un mètre cube de béton, dans lequel les grains et la pâte se partagent la totalité du volume sans laisser d'autre vide.

\[ \begin{aligned} g_{\text{ex}} = \frac{1{,}000 - V_{\text{p}}}{1{,}000} \end{aligned} \]
Ce que dit cette équation : Elle traduit une évidence géométrique dont il faut tirer toutes les conséquences : dans un béton durci, il n'existe rien d'autre que des grains et de la pâte — l'air occlus étant compté dans cette dernière — de sorte que les deux volumes doivent totaliser exactement le mètre cube. Les grains occupent donc \( 1{,}000 - V_{\text{p}} \), et comme ils sont répartis dans la totalité du volume, cette valeur est la compacité que le squelette doit présenter. Il faut relever le renversement de perspective que l'équation opère : la compacité cesse d'être une grandeur que l'on mesure sur un matériau pour devenir une exigence que la formulation impose. Il faut noter que les deux nombres se comparent directement, sans conversion, puisqu'ils sont tous deux des fractions du même volume unité. Il faut souligner enfin que la condition n'est pas un seuil réglementaire mais une nécessité physique : une formulation qui ne la satisfait pas n'est pas non conforme, elle est irréalisable.
  • \( g_{\text{ex}} \) : compacité exigée du squelette, sans dimension
  • \( V_{\text{p}} \) : volume de pâte prescrit par mètre cube de béton, en
Application numérique
Valeurs retenues pour ce calcul
  • \( \rho_{\text{b,l}} = 1\,434{,}9 \) kg/m³ · \( \rho_{\text{b,d}} = 1\,557{,}9 \) kg/m³ feuillet 1 — essais au récipient
  • \( \rho_{\text{rd}} = 2\,489{,}3 \) kg/m³ feuillet 2 — masse volumique après séchage à l'étuve
  • \( V_{\text{p}} = 0{,}240 \) m³ par m³ de béton pièce nº5 — article 4.3 du CCTP
1. Compacité du squelette sous les deux modes de remplissage Rapport des deux masses volumiques, formé sur une même masse sèche
\[ \begin{aligned} g_{\text{l}} &= \frac{1\,434{,}9}{2\,489{,}3} = \mathbf{0{,}5764} \\ g_{\text{d}} &= \frac{1\,557{,}9}{2\,489{,}3} = \mathbf{0{,}6258} \end{aligned} \]
Analyse du chiffre :

Près de cinquante-huit pour cent de grains et quarante-deux pour cent de vide dans l'état lâche, près de soixante-trois contre trente-sept après damage. Il faut apprécier ces valeurs en les rapportant à ce que la géométrie autorise : un empilement de sphères de même diamètre plafonne à une compacité de 0,74 dans son arrangement régulier le plus dense, et se situe entre 0,55 et 0,64 selon le serrage lorsque l'arrangement est aléatoire. Les deux valeurs obtenues, 0,5764 et 0,6258, se placent à l'intérieur de cette dernière plage et en occupent presque toute l'étendue, ce qui confirme à la fois la mesure et la nature du matériau — un granulat concassé, dont les grains anguleux s'imbriquent moins bien que des sphères, ne dépasse pas le haut de cette plage. Il faut relever ce que cela dit du damage : il n'a pas comprimé la roche, il a seulement déplacé l'empilement de l'arrangement le plus lâche vers l'arrangement aléatoire dense.

2. Porosité intergranulaire et indice des vides Deux manières de rapporter le même volume de vide
\[ \begin{aligned} e_{\text{l}} &= \frac{1 - 0{,}5764}{0{,}5764} = \frac{0{,}4236}{0{,}5764} = \mathbf{0{,}7348} \\ e_{\text{d}} &= \frac{1 - 0{,}6258}{0{,}6258} = \frac{0{,}3742}{0{,}6258} = \mathbf{0{,}5979} \end{aligned} \]
Analyse du chiffre :

Dans l'état lâche, le vide représente près des trois quarts du volume des grains ; après damage, un peu moins des trois cinquièmes. Il faut comparer la sensibilité des deux indicateurs sur le même changement d'état : la porosité intergranulaire passe de 42,4 à 37,4 %, soit une baisse de cinq points, quand l'indice des vides chute de 0,7348 à 0,5979, soit 18,6 % de sa valeur. C'est le même fait physique lu sur deux échelles, et l'indice des vides, dont le dénominateur diminue quand le numérateur diminue, amplifie systématiquement l'écart. Il faut en tirer une règle de lecture : deux empilements ne se comparent que sur le même indicateur, et confronter une porosité à un indice des vides revient à comparer deux nombres qui ne rapportent pas au même dénominateur.

3. Compacité que le mètre cube exige du squelette Complément à l'unité du volume de pâte prescrit
\[ \begin{aligned} g_{\text{ex}} &= \frac{1{,}000 - 0{,}240}{1{,}000} = \mathbf{0{,}760} \end{aligned} \]
Analyse du chiffre :

Soixante-seize pour cent de grains dans le mètre cube de béton. Il faut immédiatement confronter ce nombre à la borne géométrique rappelée plus haut : 0,760 dépasse la compacité maximale d'un empilement de sphères de même taille, qui plafonne à 0,74. Un squelette formé d'une fraction unique ne peut donc en aucun cas y parvenir, quelle que soit la forme des grains ou l'énergie de mise en place — et le gravillon concassé du dossier, à 0,6258, en est encore plus loin. Il faut relever ce que ce constat signifie pour la formulation : le volume de pâte prescrit au marché n'est pas seulement un peu juste, il impose au squelette une exigence qu'aucune fraction unique ne satisfait. La sortie n'est pas dans le réglage de la mise en œuvre mais dans l'étendue de la distribution granulaire, qui seule permet aux petits grains de se loger entre les gros.

4. Déficit de volume de grains dans le mètre cube Écart entre l'exigence et ce que le gravillon damé fournit
\[ \begin{aligned} \Delta V &= \left( 0{,}760 - 0{,}6258 \right) \times 1{,}000 \\ &= \mathbf{0{,}134} \text{ m}^3 \text{ par m}^3 \text{ de béton} \end{aligned} \]
Analyse du chiffre :

Cent trente-quatre litres de grains manquent dans chaque mètre cube. Il faut lire ce nombre dans les deux sens, car les deux lectures sont exactes et se renforcent : ou bien le squelette manque de 0,134 m³ de matière fine capable de se loger dans ses intervalles, ou bien la pâte manque de 0,134 m³ pour remplir les vides que le gravillon laisse — le squelette damé en présente 0,3742 m³ quand la pâte n'en offre que 0,240. Il faut noter que ce déficit désigne lui-même son remède : une fraction sableuse d'environ cent trente-quatre litres de grains par mètre cube, ce qui correspond à l'ordre de grandeur usuel d'un sable dans un béton courant. Il faut souligner enfin que la valeur retenue est celle de l'état damé, la plus favorable des deux : le déficit calculé sur l'état lâche atteindrait 0,184 m³, et le retenir surestimerait le besoin.

Vérification normative
Résultat du feuillet
0,6258 compacité atteignable, contre 0,760 exigée
Grandeur Compacité du squelette formé du gravillon 5/20 seul, état damé
Valeur obtenue 0,6258
Exigence ≥ 0,760
Condition de fermeture du bilan des volumes absolus pour un volume de pâte de 0,240 m³ (article 4.3 du CCTP) — grandeurs déterminées selon NF EN 1097-3 et NF EN 1097-6
Taux de travail 121,4 %
Ce que ce critère protège : il faut d'abord dire ce qu'il est, car sa nature commande sa portée. Ce n'est pas un seuil réglementaire : aucune norme ne fixe de compacité minimale à un squelette granulaire. C'est une condition de fermeture du bilan des volumes, c'est-à-dire une nécessité géométrique — un mètre cube de béton contient un mètre cube de matière, et rien de plus. Une formulation qui ne la satisfait pas n'est donc pas non conforme, elle est irréalisable : la centrale ne pourrait pas la fabriquer, et le refus viendrait de la physique avant de venir du contrôle. Il faut souligner ce que ce constat protège en pratique : il intercepte, au stade de l'étude, une composition qui se serait révélée impossible à la première gâchée, après commande des matériaux et immobilisation d'une centrale. Il faut enfin délimiter ce que ce critère ne couvre pas. Il ne dit rien de l'ouvrabilité : un squelette de compacité suffisante peut rester impossible à mettre en œuvre si la pâte n'enrobe pas toute la surface des grains, question qui relève de la surface développée et non du volume. Il ne dit rien non plus des exigences de durabilité attachées à la classe d'exposition, qui portent sur le dosage en liant et le rapport eau sur ciment et qui font l'objet d'un feuillet distinct.
CRITÈRE NON VÉRIFIÉ — avec 0,6258 dans son état le plus dense, le gravillon 5/20 employé seul est à 121,4 % de ce que le mètre cube exige de lui. Il manque 0,134 m³ de grains par mètre cube, déficit qu'aucune énergie de serrage ne comble : une seconde fraction, plus fine, est nécessaire. Reste à vérifier ce que le volume de pâte prescrit permet d'atteindre en dosage de ciment.
Établi par vous, chargé d'essais au laboratoire matériaux
Vérifié par le responsable du laboratoire · 11/11/2040
Le résultat part à la direction technique — troisième ligne de la fiche de caractérisation
Maîtriser cette question, et vérifier qu'on l'a comprise
Les formes sous lesquelles elle tombe
Forme Ce qui est donné Ce qui est cherché Ce qui change dans la démarche
Directe Deux masses volumiques et un volume de pâte La compacité atteignable et la compacité exigée Aucun changement — c'est le cas traité ci-dessus.
Inverse La compacité du squelette et l'exigence de fermeture Le volume de pâte qu'il faudrait prescrire On remonte de la compacité mesurée au volume de pâte compatible, ce qui est la manière normale de conduire une formulation. Traitée juste en dessous.
Condition modifiée L'air occlus est compté hors du volume de pâte La même compacité exigée Les grains ne disposent plus que de \( 1{,}000 - 0{,}240 - 0{,}020 = 0{,}740 \) m³ et l'exigence tombe à 0,740. Elle reste inatteignable, mais le déficit se réduit à 0,114 m³ : la définition du volume de pâte doit donc être lue avant tout calcul.
Données incomplètes La masse volumique après séchage à l'étuve n'est pas connue La même compacité Aucune compacité n'est calculable : la masse volumique en vrac seule ne dit rien de la fraction occupée. Substituer la masse volumique réelle apparente donnerait 0,5620 au lieu de 0,5764, soit une sous-estimation de 2,5 % du volume réellement occupé par les grains.

Ce qui ne change jamais : une compacité se forme sur deux masses volumiques rapportées à une même masse de granulat sec, celle du tas et celle des grains, et la seconde doit être la masse volumique après séchage à l'étuve ; l'indice des vides et la porosité intergranulaire décrivent le même empilement sur deux dénominateurs différents et ne se comparent jamais l'un à l'autre ; et la compacité exigée par un mètre cube de béton est le simple complément à l'unité du volume de pâte, l'air occlus étant compté du côté où le marché le place. Ces trois gestes sont identiques dans les quatre formes ; seuls l'inconnue, la définition du volume de pâte et la complétude des masses volumiques se déplacent.

La forme inverse, traitée

Énoncé : la directrice technique demande, à titre de contre-épreuve, quel volume de pâte il faudrait prescrire pour qu'un squelette formé du seul gravillon 5/20, dans son état damé, referme le bilan des volumes du mètre cube. Traitez-la avant d'ouvrir : c'est sous cette forme que se conduit normalement une formulation, la compacité du squelette étant connue avant que le volume de pâte ne soit arrêté.

Voir la résolution de la forme inverse
\[ \begin{aligned} V_{\text{p,min}} &= \left( 1 - g_{\text{d}} \right) \times 1{,}000 = \left( 1 - 0{,}6258 \right) \times 1{,}000 \\ &= \mathbf{0{,}374} \text{ m}^3 \text{ par m}^3 \text{ de béton} \\ \Delta V_{\text{p}} &= 0{,}374 - 0{,}240 = \mathbf{0{,}134} \text{ m}^3 \end{aligned} \]

Ce que la forme inverse change : on cesse de vérifier une formulation arrêtée pour la construire, et le raisonnement retrouve son ordre naturel. Il faudrait 0,374 m³ de pâte par mètre cube pour qu'un squelette de gravillon 5/20 seul referme le bilan, soit 56 % de plus que ce que le marché prescrit. Trois enseignements en découlent. Le premier est que la valeur obtenue n'est autre que la porosité intergranulaire du squelette damé, ce qui donne à cette grandeur son sens le plus concret : elle est le volume de pâte qu'un squelette réclame pour être exactement rempli. Le deuxième est que ce volume de pâte serait techniquement absurde dans un béton courant : il conduirait, au rapport eau sur ciment prescrit, à un dosage en ciment voisin de quatre cent cinq kilogrammes par mètre cube, avec le retrait et le coût qui l'accompagnent. Le troisième est que la comparaison des deux voies désigne la seule issue raisonnable : il ne s'agit ni d'augmenter la pâte, ni de damer davantage, mais d'élever la compacité du squelette en lui adjoignant une fraction plus fine — ce qui réduira simultanément le volume de pâte nécessaire et le dosage en ciment.

Les erreurs de cette question

Les deux erreurs de ce feuillet portent l'une sur la masse volumique retenue au dénominateur de la compacité, l'autre sur le dénominateur qui sert à exprimer le vide. Toutes deux produisent un nombre plausible.

Former la compacité avec la masse volumique réelle apparente
Ce que ça donne On obtiendrait 0,5620 au lieu de 0,5764 en remplissage lâche, soit 2,5 % de moins, et un déficit de volume surestimé de 0,014 m³ par mètre cube. L'erreur est faible en valeur mais elle est systématique, et elle vicie le sens de la grandeur : le nombre obtenu ne mesure plus aucune fraction volumique, puisqu'il retire les pores accessibles du volume des grains tout en les laissant dans celui du récipient.
Le signe qui la trahit Aucun signe numérique : les deux compacités restent plausibles pour un granulat concassé. Le contrôle est de cohérence des volumes et se fait avant la division : les deux masses volumiques doivent rapporter la même masse à deux volumes emboîtés, celui du récipient et celui que les grains y occupent réellement — ce qui désigne la masse volumique après séchage à l'étuve et elle seule.
Confronter un indice des vides à une porosité intergranulaire
Ce que ça donne Retenir l'indice des vides de l'état damé, 0,5979, comme volume de pâte nécessaire conduirait à prescrire 0,598 m³ de pâte par mètre cube au lieu des 0,374 m³ que la porosité intergranulaire commande, soit 60 % de trop. Le béton obtenu serait une pâte chargée de quelques cailloux, avec un dosage en ciment voisin de six cent soixante kilogrammes par mètre cube.
Le signe qui la trahit Le dépassement de l'unité dès que l'empilement se desserre : un indice des vides peut valoir 1,2 sans que rien ne soit absurde, alors qu'un volume de pâte de 1,2 m³ dans un mètre cube l'est manifestement. Le contrôle de fond porte sur le dénominateur : la porosité intergranulaire rapporte le vide au volume total, l'indice des vides au volume des grains. Seule la première est directement un volume de pâte par mètre cube.
Contrôle — trois questions avant de tourner la page
Vérifier qu'on a compris, pas qu'on a lu

Trois questions, à traiter de tête et avant de cocher. Un corrigé limpide se lit d'un trait et donne l'illusion de savoir refaire : ces trois-là sont le seul moyen de le vérifier. Les trois jetons s'allument, et le feuillet reçoit son tampon.

1 Ce que le résultat autorise

Le feuillet établit que le gravillon seul n'atteint pas la compacité exigée et qu'il manque 0,134 m³ de grains par mètre cube. Qu'est-ce que cela permet d'engager dès maintenant, et qu'est-ce que cela n'autorise pas ?

2 Sensibilité — la bonne valeur, pas la bonne impression

Le marché comptait en réalité l'air occlus hors du volume de pâte, et non dedans. Que devient la compacité exigée du squelette ?

3 Reconnaître la question

Lequel de ces trois énoncés relève de la méthode ci-dessus ? Décidez avant de cocher. En examen, l'échec vient rarement du calcul : il vient de ne pas avoir reconnu de quelle question il s'agissait.

Feuillet visé — 3/3 Renvoyé à l'étude
Si un item ne tombe pas juste
Item 1 Relire le sens du critère et la distinction entre condition géométrique et seuil normatif.
Item 2 Relire la troisième équation et la deuxième hypothèse, qui fixe où l'air occlus est compté.
Item 3 Relire le tableau des formes et son invariant, en tête de cette section.
4
Question 4 : Le dosage en ciment que le volume de pâte prescrit permet
Note de calculs · feuillet 4/4 Indice A · 16/11/2040

Objet : partager le volume de pâte prescrit entre l'air occlus, le ciment et l'eau efficace, en déduire le dosage en ciment du mètre cube de béton, confronter ce dosage à la teneur minimale en liant équivalent de la classe d'exposition en vérifiant au préalable la dimension de granulat pour laquelle cette teneur est écrite, et établir le volume de pâte qu'il faudrait prescrire pour la tenir.

Ce qu'on a déjà sur la table
  • Volume de pâte prescrit, air occlus compris : 0,240 m³ par mètre cube — pièce nº5
  • Teneur en air occlus retenue pour le calcul : 2,0 % du volume de béton — pièce nº5
  • Rapport eau efficace sur ciment fixé au marché : 0,55 — pièce nº5
  • Masse volumique absolue du ciment anhydre : 3 100 kg/m³ — pièce nº5
  • Béton commandé en classe d'exposition XC1, dimension D = 20 mm, classe C25/30 — pièce nº1
  • Teneur minimale en liant équivalent en XC1 : 260 kg/m³, écrite pour Dmax = 20 mm — pièce nº4
Voir le résultat seul (auto-évaluation)
Volume de ciment 0,08124 m³ — dosage 251,8 kg/m³ contre 260 exigés — eau efficace 138,5 kg/m³ — volume de pâte à prescrire 0,247 m³
Le problème posé :

Le marché a fixé trois nombres : un volume de pâte, un rapport eau sur ciment, une teneur en air. Ces trois nombres déterminent entièrement le dosage en ciment, mais ils ne le donnent pas directement — et l'obstacle est d'homogénéité. Le volume de pâte est un volume, la teneur en air une fraction de volume, tandis que le rapport eau sur ciment est un rapport de masses. Or on ne partage un volume qu'entre des volumes. Il faut donc commencer par traduire le rapport massique en rapport volumique, ce qui exige les masses volumiques du ciment et de l'eau, et c'est là que le feuillet peut se perdre : le ciment étant trois fois plus dense que l'eau, un rapport massique de 0,55 correspond à un rapport volumique de 1,71 — l'eau occupe près des deux tiers de la pâte alors qu'elle n'en représente pas le tiers en masse. La traduction faite, le partage se conduit sans difficulté et le dosage en ciment se déduit. Reste à le confronter à l'exigence de durabilité, ce qui suppose une précaution que le feuillet ne peut pas escamoter : la teneur minimale du tableau n'est pas un nombre absolu mais une valeur indexée sur la dimension du plus gros granulat, et il faut vérifier laquelle s'applique au béton commandé avant de la lire.

Ce que le chargé d'études regarde d'abord
Observation Le dosage atteint, 251,8 kg/m³, manque de 8,2 kg la teneur minimale de 260. L'écart vaut 3,2 % de l'exigence, c'est-à-dire peu — mais une teneur minimale n'admet pas de tolérance de lecture : elle est un plancher, et le béton se trouve dessous.
Le risque Lire les 260 kg/m³ sans vérifier la dimension de granulat pour laquelle ils sont écrits. La valeur du tableau vaut pour Dmax = 20 mm et se corrige de +10 % à −10 % de part et d'autre : sur un béton à D ≤ 12,5 mm elle monterait à 286 kg/m³, sur un béton à D ≥ 31,5 mm elle tomberait à 234. Lire le nombre sans son indexation reviendrait à appliquer une exigence de 234 ou de 286 à un béton qui relève de 260.
Écartée On aurait pu déduire le dosage en ciment du seul rapport eau sur ciment et d'une teneur en eau supposée, sans passer par le volume de pâte. Cette voie escamote la contrainte réelle : c'est le volume que le marché a fixé, et l'eau comme le ciment doivent s'y loger ensemble. Une teneur en eau supposée transformerait une donnée du dossier en hypothèse et masquerait l'origine du déficit.
À vous de trancher — avant d'ouvrir

Trois valeurs sont proposées pour le rapport des volumes d'eau et de ciment dans la pâte, le rapport des masses valant 0,55. Deux d'entre elles conduisent à un dosage faux de plus de cent cinquante kilogrammes par mètre cube.

  1. Le rapport volumique vaut 0,55 lui aussi, un rapport étant sans dimension
  2. Le rapport volumique vaut environ 1,71, l'eau occupant plus de volume que le ciment à masse trois fois moindre
  3. Le rapport volumique vaut environ 0,18, le ciment étant trois fois plus dense que l'eau
Ce qu'a retenu le bureau, et pourquoi

L'option 2. Le raisonnement se conduit sur un exemple concret plutôt que sur la formule. Prenons cent kilogrammes de ciment : le rapport massique impose cinquante-cinq kilogrammes d'eau. Les cent kilogrammes de ciment occupent 100/3 100, soit 32,3 litres ; les cinquante-cinq kilogrammes d'eau occupent 55/0,9982, soit 55,1 litres. L'eau occupe donc 1,71 fois le volume du ciment tout en pesant près de deux fois moins — et elle représente 63 % du volume de la pâte hors air pour 35 % de sa masse. L'option 1 confond deux rapports qui sont l'un et l'autre sans dimension mais ne portent pas sur les mêmes grandeurs : un rapport de masses ne devient un rapport de volumes qu'après division par les masses volumiques respectives, et il n'y a aucune raison pour que les deux coïncident. Retenue, elle conduirait à un dosage de 440,0 kg/m³ au lieu de 251,8. L'option 3 mérite d'être écartée avec soin, car elle mobilise la bonne grandeur dans le mauvais sens : elle multiplie par le rapport des masses volumiques au lieu de diviser. Le contrôle qui la démasque est immédiat — à masse plus faible et à densité plus faible, l'eau ne peut pas occuper moins de volume que le ciment. Il faut retenir la règle générale : avant de partager un volume, on convertit tout ce qui est massique en volumique, et l'on vérifie le sens de la conversion sur un ordre de grandeur.

  • Volume de pâte — somme des volumes de ciment, d'eau efficace et d'air occlus dans un mètre cube de béton. C'est la part du volume qui n'est pas occupée par les grains.
  • Eau efficace — eau réellement disponible pour hydrater le ciment, c'est-à-dire l'eau totale diminuée de celle que les pores des granulats absorbent. C'est elle qui figure au rapport plafonné par les classes d'exposition.
  • Air occlus — volume d'air que le malaxage et la mise en œuvre laissent inévitablement dans le béton. Il occupe du volume sans peser, et le bilan des volumes doit lui faire une place.
  • Teneur minimale en liant équivalent — plancher de dosage attaché à une classe d'exposition, indexé sur la dimension nominale supérieure du plus gros granulat. Il n'admet pas de tolérance de lecture.
Hypothèses retenues, leur contrôle et leur garant
  • La teneur en air occlus est rapportée au volume de béton et non à celui de la pâte c'est la définition que le marché retient, et elle fixe le volume à retrancher : 0,020 m³ et non 2,0 % de 0,240 qui ne vaudrait que 0,0048 m³ ; retenir la seconde lecture laisserait 0,235 m³ au couple ciment-eau et porterait le dosage à 269,2 kg/m³, ce qui inverserait le verdict du feuillet garantie par la pièce nº5
  • Le liant équivalent se réduit ici au seul ciment la formulation ne comporte aucune addition, de sorte que la teneur en liant équivalent que la classe d'exposition plafonne se confond avec le dosage en ciment ; une addition modifierait le calcul par son coefficient de prise en compte et par sa propre masse volumique, qui n'est pas celle du ciment posée par vous — elle figure dans la note
  • La masse volumique du ciment est celle de la fiche technique du ciment employé elle commande la conversion du rapport massique en rapport volumique et donc tout le partage ; un ciment aux laitiers, dont la masse volumique descend vers 2 900 kg/m³, donnerait un rapport volumique de 1,598 et un dosage de 245,6 kg/m³ pour le même volume de pâte — soit deux et demi pour cent de moins sans qu'aucune donnée de marché ait changé garantie par la pièce nº5

Domaine d'emploi : le dosage établi ici vaut pour le volume de pâte prescrit à l'article 4.3 du marché, pour le rapport eau efficace sur ciment qui y figure et pour le ciment de la fiche technique jointe : changer l'un quelconque de ces trois termes change le résultat. Il suppose en outre que la teneur en air soit rapportée au volume de béton, définition propre au marché étudié. La confrontation à la teneur minimale, enfin, vaut pour la classe d'exposition XC1 et pour la dimension D = 20 mm du béton commandé : une autre classe d'exposition appellerait une autre valeur du tableau, et une autre dimension de granulat appellerait la correction correspondante, de plus dix à moins dix pour cent.

Équations mobilisées Volume que le ciment et l'eau se partagent

D'où elle découle : de la définition du volume de pâte, qui comprend l'air occlus : ce dernier occupe sa place sans peser et doit être retranché avant tout partage.

\[ \begin{aligned} V_{\text{c}} + V_{\text{e}} = V_{\text{p}} - a \end{aligned} \]
Ce que dit cette équation : Elle n'énonce qu'une soustraction et c'est pourtant là que se joue le verdict du feuillet, car tout dépend de ce que \( a \) désigne. La teneur en air est ici rapportée au volume de béton : elle vaut 2,0 % de 1,000 m³, soit 0,020 m³. La rapporter au volume de pâte donnerait 2,0 % de 0,240 m³, soit 0,0048 m³ — quatre fois moins — et laisserait au couple ciment-eau un volume plus grand de quinze litres. Il faut mesurer la portée de cette lecture : elle déplace le dosage en ciment de dix-sept kilogrammes par mètre cube, assez pour faire passer le béton d'un côté à l'autre de la teneur minimale. Il faut retenir que ce genre d'ambiguïté ne se lève pas par le raisonnement mais par la lecture du texte qui fixe la donnée, ici l'article 4.3 du marché.
  • \( V_{\text{c}} \cdot V_{\text{e}} \) : volumes de ciment et d'eau efficace par mètre cube de béton, en
  • \( V_{\text{p}} \) : volume de pâte prescrit, air compris, en
  • \( a \) : volume d'air occlus par mètre cube de béton, en
Conversion du rapport massique en rapport volumique

D'où elle découle : du remplacement de chaque masse par le produit de son volume et de sa masse volumique dans le rapport eau sur ciment.

\[ \begin{aligned} \frac{V_{\text{e}}}{V_{\text{c}}} = \frac{E}{C} \times \frac{\rho_{\text{c}}}{\rho_{\text{w}}} \end{aligned} \]
Ce que dit cette équation : Elle est le pivot du feuillet et le lieu de l'erreur la plus coûteuse. Il faut d'abord justifier le sens de la conversion, car le facteur peut aussi bien se placer au numérateur qu'au dénominateur selon l'étourderie : la masse d'eau vaut \( \rho_{\text{w}} V_{\text{e}} \), celle du ciment \( \rho_{\text{c}} V_{\text{c}} \), et le quotient des masses fait donc apparaître le rapport des volumes multiplié par \( \rho_{\text{w}}/\rho_{\text{c}} \) — d'où le rapport inverse lorsqu'on isole les volumes. Il faut ensuite retenir l'ordre de grandeur du facteur, qui vaut 3,11 pour un ciment ordinaire : un rapport massique se traduit donc toujours par un rapport volumique environ trois fois plus grand. Il faut souligner enfin la conséquence physique, souvent contre-intuitive : dans une pâte de rapport 0,55, l'eau occupe près des deux tiers du volume pour un peu plus du tiers de la masse — c'est pourquoi une augmentation apparemment modeste du rapport eau sur ciment vide la pâte de sa matière à un rythme surprenant.
  • \( E/C \) : rapport eau efficace sur ciment, en masse, sans dimension
  • \( \rho_{\text{c}} \) : masse volumique absolue du ciment anhydre, en kg/m³
  • \( \rho_{\text{w}} \) : masse volumique de l'eau, en kg/m³
Volume de ciment dans le mètre cube

D'où elle découle : de la substitution du rapport volumique dans le partage du volume disponible, qui laisse le volume de ciment comme seule inconnue.

\[ \begin{aligned} V_{\text{c}} = \frac{V_{\text{p}} - a}{1 + \dfrac{E}{C} \times \dfrac{\rho_{\text{c}}}{\rho_{\text{w}}}} \end{aligned} \]
Ce que dit cette équation : Elle referme le raisonnement en une seule expression, et sa structure mérite d'être lue plutôt que retenue. Le numérateur est le volume que le marché laisse au couple ciment-eau ; le dénominateur est le nombre de parts en lesquelles ce volume se divise, une pour le ciment et 1,71 pour l'eau, soit 2,71 parts au total. Le ciment n'en reçoit donc qu'un peu plus du tiers. Il faut relever la sensibilité de l'expression au rapport eau sur ciment : porter celui-ci de 0,55 à 0,60 ferait passer le dénominateur de 2,708 à 2,863, et le dosage tomberait à 238,2 kg/m³, soit treize kilogrammes de moins. Il faut souligner que cette sensibilité est le mécanisme même par lequel un excès d'eau appauvrit un béton en ciment lorsque le volume de pâte est contraint — le litre d'eau supplémentaire ne s'ajoute pas au mélange, il y prend la place du ciment.
  • \( V_{\text{c}} \) : volume de ciment par mètre cube de béton, en
Dosage en ciment

D'où elle découle : de la définition de la masse volumique absolue du ciment, qui convertit le volume occupé en masse à peser.

\[ \begin{aligned} C = \rho_{\text{c}} \times V_{\text{c}} \end{aligned} \]
Ce que dit cette équation : Elle ramène le raisonnement au langage dans lequel s'expriment le marché, la centrale et la norme : des kilogrammes par mètre cube. Il faut relever laquelle des masses volumiques du ciment y figure — la masse volumique absolue de la poudre anhydre, celle qui rapporte la masse au volume que les grains de ciment occupent réellement, et non la masse volumique en vrac d'un sac de ciment qui vaut à peine le tiers. La confusion est ici de même nature que celle qui pèse sur les granulats, et elle est de même conséquence : retenir une valeur en vrac de l'ordre de 1 000 kg/m³ diviserait le dosage par trois. Il faut noter enfin que le dosage ainsi obtenu est celui du liant à confronter à la teneur minimale, la formulation ne comportant aucune addition.
  • \( C \) : dosage en ciment, en kg/m³
Application numérique
Valeurs retenues pour ce calcul
  • \( V_{\text{p}} = 0{,}240 \) m³ · \( a = 0{,}020 \) m³ pièce nº5 — article 4.3, air rapporté au volume de béton
  • \( E/C = 0{,}55 \) pièce nº5 — article 4.3 du CCTP
  • \( \rho_{\text{c}} = 3\,100 \) kg/m³ · \( \rho_{\text{w}} = 998{,}2 \) kg/m³ pièce nº5 — fiche technique du ciment et table du laboratoire
1. Volume laissé au ciment et à l'eau Retrait de l'air occlus du volume de pâte prescrit
\[ \begin{aligned} V_{\text{c}} + V_{\text{e}} &= 0{,}240 - 0{,}020 \\ &= \mathbf{0{,}220} \text{ m}^3 \end{aligned} \]
Analyse du chiffre :

Deux cent vingt litres pour loger tout le ciment et toute l'eau du mètre cube. Il faut apprécier le poids de l'air dans ce bilan : ses vingt litres représentent 8,3 % du volume de pâte, une part que l'intuition sous-estime volontiers parce que l'air ne pèse rien. Il faut aussi relever la sensibilité du résultat à la manière dont la teneur en air est rapportée : lue comme 2,0 % du volume de pâte, elle ne vaudrait que 4,8 litres et laisserait 235,2 litres au couple ciment-eau, ce qui porterait le dosage final à 269,2 kg/m³ au lieu de 251,8. Une seule préposition du marché, « du volume de béton », déplace donc le verdict de ce feuillet.

2. Traduction du rapport massique en rapport volumique Passage par les masses volumiques du ciment et de l'eau
\[ \begin{aligned} \frac{V_{\text{e}}}{V_{\text{c}}} &= 0{,}55 \times \frac{3\,100}{998{,}2} \\ &= 0{,}55 \times 3{,}1056 = \mathbf{1{,}7081} \end{aligned} \]
Analyse du chiffre :

Un rapport massique de 0,55 devient un rapport volumique de 1,71 : l'eau occupe plus de volume que le ciment alors qu'elle pèse près de deux fois moins. Il faut se donner le moyen de contrôler ce résultat sans refaire le calcul — sur cent kilogrammes de ciment, la pâte comporte 32,3 litres de ciment et 55,1 litres d'eau, ce qui redonne bien 1,71. Il faut ensuite tirer de ce nombre la lecture qui commande la suite : la pâte hors air est faite de 63 % d'eau et de 37 % de ciment en volume, quand elle est faite de 35 % d'eau et de 65 % de ciment en masse. Les deux descriptions sont exactes et se contredisent en apparence : c'est qu'elles ne rapportent pas à la même grandeur, et confondre l'une avec l'autre suffit à fausser un dosage de près de deux cents kilogrammes par mètre cube.

3. Volume de ciment et dosage du mètre cube Partage du volume disponible en 2,71 parts, dont une pour le ciment
\[ \begin{aligned} V_{\text{c}} &= \frac{0{,}220}{1 + 1{,}7081} = \frac{0{,}220}{2{,}7081} = 0{,}08124 \text{ m}^3 \\ C &= 3\,100 \times 0{,}08124 = \mathbf{251{,}8} \text{ kg/m}^3 \\ E &= 998{,}2 \times \left( 0{,}220 - 0{,}08124 \right) = \mathbf{138{,}5} \text{ kg/m}^3 \end{aligned} \]
Analyse du chiffre :

Deux cent cinquante et un kilogrammes de ciment et cent trente-huit d'eau. Le contrôle de cohérence est immédiat et il faut le conduire : le rapport des deux masses vaut 138,5/251,8, soit 0,550, ce qui referme le calcul sur la donnée de départ. Il faut ensuite mesurer la place que le ciment occupe dans le mètre cube — 81 litres, soit huit pour cent du volume, pour un matériau qui commande à lui seul la résistance et la durabilité de l'ouvrage. Il faut enfin relever le point qui fait le verdict : le dosage manque de 8,2 kg la teneur minimale de la classe d'exposition, soit 3,2 % de l'exigence. C'est peu au regard des incertitudes ordinaires d'une formulation, et c'est pourtant décisif : une teneur minimale n'est pas une valeur cible assortie d'une tolérance, c'est un plancher que le béton doit dépasser.

À vous — le dernier calcul, avant de lire la réponse

Le dosage manque la teneur minimale de 8,2 kg/m³. Le marché ne peut ni relever le rapport eau sur ciment, qui augmenterait encore le déficit, ni réduire la teneur en air, qui n'est pas un choix mais un constat. Reste à relever le volume de pâte. Quel volume de pâte faudrait-il prescrire pour que le dosage atteigne exactement 260 kg/m³ ? Conduisez le calcul en sens inverse du précédent, puis vérifiez son effet sur la compacité que le squelette devrait présenter.

Voir le calcul et sa lecture
4. Volume de pâte à prescrire pour tenir la teneur minimale Remontée du dosage exigé au volume de pâte correspondant
\[ \begin{aligned} V_{\text{c,req}} &= \frac{260}{3\,100} = 0{,}08387 \text{ m}^3 \\ V_{\text{e,req}} &= 1{,}7081 \times 0{,}08387 = 0{,}14326 \text{ m}^3 \\ V_{\text{p,req}} &= 0{,}08387 + 0{,}14326 + 0{,}020 = \mathbf{0{,}247} \text{ m}^3 \end{aligned} \]
Analyse du chiffre :

Sept litres de pâte de plus par mètre cube suffisent à combler les 8,2 kg de ciment manquants. Il faut relever la disproportion entre les deux nombres, car elle est instructive : trois pour cent de volume de pâte en plus valent trois pour cent de ciment en plus, les deux grandeurs étant proportionnelles à volume d'air et rapport eau sur ciment fixés — l'écart paraît faible parce qu'il l'est, et c'est précisément ce qui rend l'oubli du contrôle si facile. Il faut ensuite vérifier l'effet sur le feuillet précédent : le volume laissé aux grains tombe de 0,760 à 0,753 m³, et la compacité exigée du squelette avec lui. L'exigence reste très au-dessus des 0,6258 que le gravillon seul atteint, de sorte que la conclusion sur la nécessité d'une seconde fraction granulaire est inchangée. Il faut enfin noter ce que cette correction ne règle pas : elle rétablit la teneur minimale en liant, mais elle laisse entier le déficit de compacité, qui relève de la composition granulaire et non du volume de pâte.

Vérification normative
Résultat du feuillet
251,8 kg de ciment par m³ de béton
Grandeur Teneur en liant équivalent du béton, réduite ici au seul ciment
Valeur obtenue 251,8 kg/m³
Exigence ≥ 260 kg/m³
NF EN 206-1, tableau NA.F.1 — classe d'exposition XC1, valeur écrite pour Dmax = 20 mm, aucune correction de la note e) ne s'appliquant à D = 20 mm
Taux de travail 103,3 %
Ce que ce critère protège : il protège la durabilité du béton armé vis-à-vis de la corrosion des armatures par carbonatation, qui est l'agression que désigne la classe XC1. Le mécanisme mérite d'être rappelé car il explique la forme du critère : le dioxyde de carbone de l'air pénètre le béton et neutralise progressivement l'alcalinité qui protège l'acier ; plus la pâte est riche en produits d'hydratation, plus elle consomme de dioxyde de carbone avant que le front n'atteigne les armatures. Une teneur minimale en liant est donc une réserve d'alcalinité, et c'est pourquoi elle est exprimée en masse de liant par mètre cube et non en résistance. Il faut souligner que cette teneur est indexée sur la dimension du plus gros granulat : elle est écrite pour Dmax = 20 mm, qui est la dimension du béton commandé, et se corrigerait de +10 % pour un D ≤ 12,5 mm ou de −10 % pour un D ≥ 31,5 mm — un béton à gros granulats comportant moins de surface à enrober réclame moins de liant à durabilité égale. Il faut noter que les deux autres exigences de la même ligne du tableau sont tenues : le rapport eau efficace sur liant équivalent, à 0,55, reste sous le plafond de 0,65, et la classe C25/30 dépasse la classe minimale C20/25. Il faut enfin délimiter ce que ce critère ne couvre pas : il ne dit rien de la résistance, qui relève de la classe C25/30 et se vérifie sur éprouvettes, ni de la faisabilité géométrique de la formulation, qui relève du bilan des volumes.
CRITÈRE NON VÉRIFIÉ — avec 251,8 kg/m³, le béton est à 103,3 % de la teneur minimale en liant équivalent exigée en classe d'exposition XC1 : il manque 8,2 kg de ciment par mètre cube. Porter le volume de pâte de 0,240 à 0,247 m³ rétablit l'exigence sans modifier la conclusion sur la composition granulaire. Les quatre feuillets sont établis : le bilan de l'étude peut être rendu.
Établi par vous, chargé d'essais au laboratoire matériaux
Vérifié par le responsable du laboratoire · 16/11/2040
Le résultat part à le comité de formulation — conclusion de la fiche de caractérisation
Maîtriser cette question, et vérifier qu'on l'a comprise
Les formes sous lesquelles elle tombe
Forme Ce qui est donné Ce qui est cherché Ce qui change dans la démarche
Directe Volume de pâte, teneur en air et rapport eau sur ciment Le dosage en ciment du mètre cube Aucun changement — c'est le cas traité ci-dessus.
Inverse Un dosage en ciment exigé et un rapport eau sur ciment Le volume de pâte à prescrire On remonte du dosage au volume, ce qui est l'ordre normal d'une formulation. Traitée juste en dessous.
Condition modifiée Le béton est commandé avec un granulat D = 12,5 mm Le même dosage confronté à la même classe d'exposition La note e) du tableau majore la teneur minimale de 10 % : l'exigence passe à 286 kg/m³ et le déficit de 8,2 à 34,2 kg/m³. Le volume de pâte à prescrire monte alors à 0,270 m³.
Données incomplètes La masse volumique du ciment n'est pas donnée Le même dosage Le partage du volume de pâte est impossible : le rapport massique ne se convertit pas. Retenir par défaut 3 100 kg/m³ conviendrait à un CEM I mais surestimerait de 2,5 % le dosage d'un ciment aux laitiers à 2 900 kg/m³.

Ce qui ne change jamais : on ne partage un volume qu'entre des volumes, ce qui impose de convertir tout rapport massique en rapport volumique par les masses volumiques des constituants ; l'air occlus occupe du volume sans peser et doit être retranché avant le partage, à la place exacte où le texte qui le fixe le compte ; et une teneur minimale en liant se lit après vérification de la dimension de granulat pour laquelle elle est écrite. Ces trois gestes sont identiques dans les quatre formes ; seuls l'inconnue, la dimension du granulat et la complétude des masses volumiques se déplacent.

La forme inverse, traitée

Énoncé : le comité de formulation envisage de retenir un ciment aux laitiers, de masse volumique 2 900 kg/m³, en conservant le dosage de 260 kg/m³ et le rapport eau sur ciment de 0,55. Il demande le volume de pâte que cette substitution appellerait. Traitez-la avant d'ouvrir : c'est sous cette forme que se mesure l'effet d'un changement de ciment sur une formulation arrêtée.

Voir la résolution de la forme inverse
\[ \begin{aligned} V_{\text{c}} &= \frac{260}{2\,900} = 0{,}08966 \text{ m}^3 \\ V_{\text{e}} &= 0{,}55 \times \frac{2\,900}{998{,}2} \times 0{,}08966 = 1{,}5981 \times 0{,}08966 = 0{,}14328 \text{ m}^3 \\ V_{\text{p}} &= 0{,}08966 + 0{,}14328 + 0{,}020 = \mathbf{0{,}253} \text{ m}^3 \end{aligned} \]

Ce que la forme inverse change : on cesse de vérifier une formulation pour mesurer l'effet d'une substitution de constituant. Le ciment aux laitiers appellerait 0,253 m³ de pâte au lieu de 0,247, soit six litres de plus par mètre cube. Trois enseignements en découlent. Le premier est que le volume d'eau ne bouge pratiquement pas — 143,3 litres contre 143,3 — ce qui n'a rien d'un hasard : le rapport eau sur ciment étant massique et le dosage en ciment inchangé, la masse d'eau est fixée quelle que soit la densité du liant, et son volume l'est donc aussi. Le deuxième est que toute la différence vient du ciment, qui occupe 89,7 litres au lieu de 83,9 pour la même masse : un liant moins dense encombre davantage. Le troisième est pratique et va à contre-courant de l'intuition : substituer un liant plus léger à dosage constant desserre le squelette granulaire au lieu de le resserrer, puisqu'il faut lui céder six litres de plus — et la compacité exigée des grains tombe de 0,753 à 0,747.

Les erreurs de cette question

Les deux erreurs de ce feuillet portent l'une sur la conversion du rapport massique, l'autre sur la lecture de la teneur minimale du tableau. La première produit un nombre absurde, la seconde un nombre plausible.

Partager le volume de pâte avec le rapport massique tel quel
Ce que ça donne Le volume disponible se diviserait en 1,55 parts au lieu de 2,71, et le dosage s'établirait à 440,0 kg/m³ au lieu de 251,8 — soit 75 % de trop. Le déficit apparent se changerait en excédent confortable, et la formulation serait déclarée conforme alors qu'elle ne l'est pas.
Le signe qui la trahit La masse d'eau qui en résulte : 440,0 × 0,55 donne 242,0 kg, qui occuperaient 242,4 litres à eux seuls — davantage que les 220 litres disponibles pour le ciment et l'eau. Le contrôle est de fermeture : on recalcule les deux volumes et l'on vérifie qu'ils totalisent bien le volume de départ. Ici la somme atteindrait 384 litres pour 220 disponibles, ce qui démasque l'erreur immédiatement.
Lire la teneur minimale du tableau sans vérifier la dimension du granulat
Ce que ça donne Sur un béton à D ≤ 12,5 mm, l'exigence réelle est 286 kg/m³ et non 260 : le déficit passerait de 8,2 à 34,2 kg/m³, et une formulation déclarée à peine insuffisante serait en réalité à 113,6 % de l'exigence. À l'inverse, sur un béton à D ≥ 31,5 mm, l'exigence tomberait à 234 kg/m³ et la formulation serait conforme sans aucune modification.
Le signe qui la trahit Aucun signe numérique : 260 est un nombre parfaitement plausible dans tous les cas. Le contrôle est de lecture normative et se fait avant d'écrire la valeur : une valeur lue dans un tableau se recopie avec la condition sous laquelle elle est écrite. La note du tableau indique explicitement la dimension de référence et l'échelle des corrections, de plus dix à moins dix pour cent.
Contrôle — trois questions avant de tourner la page
Vérifier qu'on a compris, pas qu'on a lu

Trois questions, à traiter de tête et avant de cocher. Un corrigé limpide se lit d'un trait et donne l'illusion de savoir refaire : ces trois-là sont le seul moyen de le vérifier. Les trois jetons s'allument, et le feuillet reçoit son tampon.

1 Ce que le résultat autorise

Le feuillet établit un dosage de 251,8 kg/m³ contre 260 exigés, et montre qu'un volume de pâte de 0,247 m³ rétablirait l'exigence. Qu'est-ce que cela permet d'engager dès maintenant, et qu'est-ce que cela n'autorise pas ?

2 Sensibilité — la bonne valeur, pas la bonne impression

Le marché portait en réalité le rapport eau efficace sur ciment à 0,60 et non 0,55, le volume de pâte restant inchangé. Que devient le dosage en ciment ?

3 Reconnaître la question

Lequel de ces trois énoncés relève de la méthode ci-dessus ? Décidez avant de cocher. En examen, l'échec vient rarement du calcul : il vient de ne pas avoir reconnu de quelle question il s'agissait.

Feuillet visé — 3/3 Renvoyé à l'étude
Si un item ne tombe pas juste
Item 1 Relire le sens du critère et la liste de ce qu'il ne couvre pas.
Item 2 Relire la troisième équation et observer où le rapport eau sur ciment y intervient.
Item 3 Relire le tableau des formes et son invariant, en tête de cette section.
SYNTHÈSE DU LABORATOIRE

BILAN FINAL DE LA MISSION

SCHÉMA BILAN
UN SEUL GRAVILLON, CINQ MASSES VOLUMIQUES · kg/m³ En vrac, lâche En vrac, damé Après séchage Sat. surf. sèche Réelle apparente 1 434,9 1 557,9 2 489,3 2 514,2 2 553,0 1 200 2 000 0 500 1 000 1 500 2 000 2 500 « apparente » au sens courant « apparente » au sens de la norme d'essai Le même adjectif désigne la plus basse et la plus haute des cinq valeurs, dans un rapport de 1,78. LE MÈTRE CUBE · exigé et atteignable pâte 0,240 grains 0,760 EXIGÉ vides 0,374 grains 0,626 ATTEIGNABLE, 5/20 SEUL Déficit 0,134 m³ de grains par mètre cube : aucune énergie de serrage ne le comble. LE VOLUME DE PÂTE · litres par m³ de béton 20 81 139 air · ciment · eau efficace — total prescrit 240 L 20 84 143 total à prescrire pour tenir 260 kg/m³ de liant — 247 L Sept litres de pâte de plus suffisent à combler les 8,2 kg de ciment manquants ; la compacité exigée du squelette ne tombe que de 0,760 à 0,753. TAUX D'EMPLOI DES QUATRE CRITÈRES Q1 — MASSE VOLUMIQUE EN VRAC, REMPLISSAGE LÂCHE 83,6 % Q2 — MASSE VOLUMIQUE APRÈS SÉCHAGE À L'ÉTUVE 80,3 % Q3 — COMPACITÉ DU SQUELETTE EXIGÉE PAR LE MÈTRE CUBE 121,4 % Q4 — TENEUR MINIMALE EN LIANT ÉQUIVALENT, XC1 103,3 %
Bilan — caractérisation du gravillon 5/20 et vérification de la formulation du béton de la dalle haute Masses volumiques, compacité du squelette et dosage en liant · Indice A · 16/11/2040

En haut, les cinq masses volumiques qu'un seul et même gravillon peut se voir attribuer, portées sur une échelle commune avec les deux bornes du classement. Les deux flèches marquent les deux emplois de l'adjectif « apparente » : le langage courant l'attache à la plus basse des cinq valeurs, celle du tas, tandis que la norme d'essai le réserve à la plus haute, celle du grain privé de ses pores accessibles — deux valeurs dans un rapport de 1,78. En bas à gauche, le mètre cube de béton dans les deux lectures qui s'opposent : celle que le volume de pâte prescrit impose, où les grains doivent occuper 0,760 m³, et celle que le gravillon damé peut réellement fournir, où ils n'en occupent que 0,626. En bas à droite, le partage du volume de pâte entre l'air, le ciment et l'eau, et le volume qu'il faudrait prescrire pour tenir la teneur minimale en liant. Les quatre jauges donnent le taux d'emploi de chaque critère.

Rapport de fin de mission
RÉCAPITULATIF DES RÉSULTATS
Question Grandeur Valeur Critère Statut
Q1 Masse volumique en vrac, remplissage lâche 1 434,9 kg/m³ > 1 200 kg/m³ VÉRIFIÉ
Q2 Masse volumique après séchage à l'étuve 2 489,3 kg/m³ 2 000 à 3 000 kg/m³ VÉRIFIÉ
Q3 Compacité du squelette, gravillon seul à l'état damé 0,6258 ≥ 0,760 NON VÉRIFIÉ
Q4 Teneur en liant équivalent, classe d'exposition XC1 251,8 kg/m³ ≥ 260 kg/m³ NON VÉRIFIÉ
LES CINQ GRANDEURS QUE LE MOT RECOUVRE
Dénomination normative Volume au dénominateur Valeur Emploi
Masse volumique en vrac, remplissage lâche Récipient, vides entre grains compris 1 434,9 kg/m³ Classement, tonnage d'un stock
Masse volumique en vrac, remplissage damé Le même récipient, grains réarrangés 1 557,9 kg/m³ Charge d'une trémie, d'un silo
Masse volumique après séchage à l'étuve Grains, pores accessibles compris 2 489,3 kg/m³ Classement, volumes absolus, compacité
Masse volumique saturée superficiellement sèche Le même volume, grains pesés saturés 2 514,2 kg/m³ Fiches de formulation, eau efficace
Masse volumique réelle apparente Matière et pores fermés seulement 2 553,0 kg/m³ Identification minéralogique

L'étude établit que le gravillon 5/20 est conforme au classement des granulats courants, et que ce sont la fiche fournisseur et la formulation du marché, non le matériau, qui appellent une correction. Les essais au récipient donnent une masse volumique en vrac de 1 434,9 kg/m³ par déversement libre et de 1 557,9 après damage en trois couches, soit 8,6 % d'écart pour le seul changement de geste de l'opérateur — la première de ces deux valeurs coïncidant avec les 1 435 kg/m³ de la fiche, ce qui identifie le mode de remplissage que le fournisseur avait employé sans le déclarer. Les pesées au pycnomètre établissent ensuite les deux volumes que la prise d'essai occupe, 200,86 et 195,85 cm³, et les trois masses volumiques réelles qui en découlent : 2 489,3 · 2 514,2 · 2 553,0 kg/m³, accompagnées d'un coefficient d'absorption de 1,00 % et d'une porosité accessible des grains de 2,50 %. Un seul et même granulat porte donc cinq masses volumiques distinctes, et l'adjectif « apparente » s'attache, selon le texte qui l'emploie, à la plus basse ou à la plus haute — deux valeurs dans un rapport de 1,78. Le rapprochement des deux familles livre la compacité du squelette, 0,5764 à l'état lâche et 0,6258 à l'état damé, et son indice des vides, 0,7348 et 0,5979. Confrontée au volume de pâte prescrit, cette compacité se révèle insuffisante : le mètre cube exige 0,760, valeur qui dépasse même le maximum théorique d'un empilement de sphères de même diamètre, et le déficit atteint 0,134 m³ de grains. Le partage du volume de pâte donne enfin 251,8 kg de ciment et 138,5 kg d'eau efficace par mètre cube, la teneur minimale en liant équivalent exigée en classe XC1 pour Dmax = 20 mm étant de 260 kg/m³ : il manque 8,2 kg.

Les décisions que cette caractérisation permet de prendre sont au nombre de trois. La première est de faire compléter la fiche fournisseur : la valeur qu'elle porte est exacte mais elle n'est pas désignée, et une masse volumique de granulat n'est exploitable qu'accompagnée de la norme d'essai qui la détermine, du volume qu'elle compte et, pour une valeur en vrac, du mode de remplissage employé. La deuxième est d'introduire une seconde fraction granulaire à hauteur d'environ 0,134 m³ de grains par mètre cube : le déficit de compacité ne se comble ni par l'énergie de serrage, qui n'a gagné que 8,6 % là où il en faudrait 21,4, ni par une augmentation de la masse de gravillon, qui augmenterait les vides dans le même rapport. La troisième est de porter le volume de pâte de 0,240 à 0,247 m³, ce qui rétablit la teneur minimale en liant sans modifier la conclusion précédente, la compacité exigée ne tombant que de 0,760 à 0,753. Quatre réserves accompagnent ces décisions. La première est que la compacité mesurée au récipient est celle d'un granulat sec et sans pâte : dans un béton, la pâte lubrifie les contacts et permet un arrangement légèrement meilleur, de sorte que le déficit réel sera un peu inférieur à 0,134 m³ sans changer de nature. La deuxième est que le bilan des volumes est une condition nécessaire et non suffisante : un squelette de compacité satisfaisante peut rester impossible à mettre en œuvre si la pâte n'enrobe pas toute la surface des grains, question qui relève de la surface développée et qu'aucun bilan de volumes ne tranche. La troisième est que la teneur minimale retenue vaut pour la dimension D = 20 mm du béton commandé : une autre dimension appellerait la correction de la note du tableau, de plus dix à moins dix pour cent, et déplacerait le verdict. La quatrième est que le dosage établi suppose le ciment de la fiche technique jointe : un liant moins dense occuperait davantage de volume à masse égale et appellerait un volume de pâte supérieur.

Ce qu'il faut emporter
Le type de problème Caractérisation complète d'un granulat : masse volumique en vrac au récipient sous deux modes de remplissage, trois masses volumiques réelles au pycnomètre, compacité et indice des vides du squelette, puis confrontation au bilan des volumes d'un mètre cube de béton et à la teneur minimale en liant d'une classe d'exposition.
Ce qui le trahit dans un énoncé Une masse volumique de granulat annoncée sans qualificatif, ou un adjectif — « apparente », « absolue » — employé sans norme d'essai attachée. Dès qu'ils apparaissent, la question n'est pas « combien vaut-elle ? » mais « quel volume compte-t-on au dénominateur, quelle masse au numérateur, et dans quel état le matériau a-t-il été mis en place ? ».
La démarche Vérifier l'ordre de grandeur avant le qualificatif — sous 2 000 kg/m³ il s'agit d'un tas, au-dessus d'un grain ; assortir toute masse volumique en vrac de son mode de remplissage, dont l'effet atteint 8,6 % ; se rappeler qu'une mesure par déplacement d'eau atteint le volume dont l'eau est exclue, pores déjà pleins compris et vides entre grains exclus ; obtenir le second volume en substituant la masse sèche à la masse saturée, sans manipulation supplémentaire ; vérifier l'ordre nécessaire des trois masses volumiques réelles, qui sert de contrôle de pesée ; former la compacité sur les deux masses volumiques qui portent la même masse sèche, ce qui désigne celle après séchage à l'étuve ; ne jamais confronter un indice des vides à une porosité, leurs dénominateurs différant ; déduire la compacité exigée du complément à l'unité du volume de pâte, l'air occlus étant compté du côté où le texte le place ; convertir tout rapport massique en rapport volumique avant de partager un volume ; et lire une teneur minimale en liant après vérification de la dimension de granulat pour laquelle elle est écrite.
Là où la méthode casse Dès qu'on prend une valeur en vrac pour une masse volumique réelle : 1 434,9 au lieu de 2 489,3 kg/m³, 42 % de moins, et un volume de granulat majoré de 73 % dans le mètre cube. Dès qu'on transmet une valeur en vrac sans son mode de remplissage : 8,6 % d'indétermination, mille fois l'incertitude des instruments, et un classement qui peut basculer sur un granulat de valeur limite. Dès qu'on annonce « la masse volumique absolue » sans préciser laquelle : trois valeurs possibles à 2,6 % d'écart et onze litres de trop ou de moins dans un bilan de volumes absolus. Dès qu'on prend un coefficient d'absorption pour une porosité : 1,00 % au lieu de 2,50, le facteur de passage valant 2,49 et changeant d'une roche à l'autre. Dès qu'on forme la compacité sur la masse volumique réelle apparente : 0,5620 au lieu de 0,5764, et un nombre qui ne mesure plus aucune fraction volumique. Dès qu'on prend un indice des vides pour un volume de pâte : 0,598 au lieu de 0,374 m³, 60 % de trop, et un béton dosé à six cent soixante kilogrammes de ciment. Dès qu'on partage un volume de pâte avec un rapport massique : 440,0 au lieu de 251,8 kg/m³, et une somme de volumes qui dépasse le volume disponible. Et dès qu'on lit une teneur minimale sans sa dimension de référence : 234 ou 286 au lieu de 260 kg/m³, un verdict qui s'inverse dans un sens comme dans l'autre.

Contrôle de mémoire

Trois questions à traiter sans remonter dans le document. Répondre de mémoire d'abord, ouvrir ensuite. L'écart entre les deux est la seule mesure honnête de ce qui est acquis.

1. Pourquoi un même granulat porte-t-il cinq masses volumiques, et comment reconnaît-on celle qu'un énoncé attend ?

Parce que deux questions indépendantes se posent à propos du même matériau, et que chacune admet plusieurs réponses. La première est quel volume compte-t-on ? Celui du récipient, vides entre grains compris, donne la masse volumique en vrac ; celui des grains, pores accessibles compris, donne les masses volumiques après séchage et saturée surface sèche ; celui de la matière et des pores fermés donne la masse volumique réelle apparente. La seconde est dans quel état le matériau se trouve-t-il ? Un tas admet au moins deux arrangements — lâche et damé, ici séparés de 8,6 % — et un grain deux états d'humidité, sec ou saturé. Cinq combinaisons ont un usage, et elles s'échelonnent de 1 434,9 à 2 553,0 kg/m³, soit un rapport de 1,78. Le moyen de reconnaître celle qu'un énoncé attend tient en deux gestes. Le premier est l'ordre de grandeur : une valeur inférieure à 2 000 kg/m³ ne peut décrire aucune roche de construction et désigne donc nécessairement un tas. Le second est l'usage visé : un classement ou une conversion de volume en masse appelle la masse volumique après séchage, une fiche de formulation la valeur saturée surface sèche, une identification minéralogique la valeur réelle apparente, un tonnage de stock la valeur en vrac. Il faut retenir que l'adjectif « apparente » ne tranche rien : la norme d'essai l'attache à la plus haute des cinq valeurs, l'usage courant à la plus basse.

2. Pourquoi une compacité de 0,760 est-elle hors d'atteinte pour une fraction granulaire unique ?

Parce que la compacité d'un empilement est bornée par la géométrie, et que cette borne ne dépend ni de l'énergie de mise en place ni de la quantité de matériau. Un empilement de sphères de même diamètre plafonne à 0,74 dans son arrangement régulier le plus dense, et se situe entre 0,55 et 0,64 selon le serrage lorsque l'arrangement est aléatoire. Le gravillon 5/20 mesuré atteint 0,5764 à l'état lâche et 0,6258 après damage : il occupe presque toute cette dernière plage, et le damage l'a porté de l'arrangement le plus lâche à l'arrangement aléatoire dense. L'exigence de 0,760 est donc située au-delà même du maximum théorique d'un empilement régulier de sphères, et très au-delà de ce qu'un granulat concassé, aux grains anguleux qui s'imbriquent mal, peut fournir. Deux voies de rattrapage doivent être écartées explicitement. Augmenter l'énergie de serrage ne suffit pas : le damage de laboratoire, plus énergique qu'une vibration d'aiguille dans une pâte, n'a gagné que 8,6 % de compacité, quand il en faudrait 21,4 de plus. Augmenter la masse de granulat ne suffit pas davantage, et il faut voir pourquoi : la compacité d'un empilement ne dépend pas de sa quantité, de sorte que le volume des grains et celui des vides croissent dans le même rapport. Il faut retenir la seule issue : la compacité se gagne en étendue de la distribution des tailles, une fraction plus fine venant se loger dans les intervalles que la première laisse — c'est le principe même d'une composition granulaire.

3. Pourquoi un rapport eau sur ciment de 0,55 donne-t-il un rapport volumique de 1,71, et pourquoi cela change-t-il tout ?

Parce que le rapport eau sur ciment est un rapport de masses alors qu'un volume de pâte se partage entre des volumes, et que le ciment est trois fois plus dense que l'eau. Le contrôle se conduit sur un exemple plutôt que sur une formule : cent kilogrammes de ciment occupent 32,3 litres, les cinquante-cinq kilogrammes d'eau correspondants en occupent 55,1, et le rapport des volumes vaut donc 1,71. La pâte hors air est ainsi faite de 63 % d'eau et de 37 % de ciment en volume, quand elle est faite de 35 % d'eau et de 65 % de ciment en masse — deux descriptions exactes qui se contredisent en apparence parce qu'elles ne rapportent pas à la même grandeur. Ce que cela change tient en trois points. Le premier est numérique : partager le volume de pâte avec le rapport massique tel quel donnerait 440,0 kg/m³ de ciment au lieu de 251,8, et la somme des volumes obtenus, 384 litres, dépasserait les 220 disponibles — le contrôle de fermeture démasque l'erreur immédiatement. Le deuxième est physique : à volume de pâte contraint, l'eau et le ciment se disputent la même place, de sorte que tout litre d'eau supplémentaire se paie en ciment — porter le rapport de 0,55 à 0,60 ferait tomber le dosage de 251,8 à 238,2 kg/m³. Le troisième est de méthode et vaut au-delà de ce dossier : avant de partager une grandeur, on convertit tout ce qui n'est pas exprimé dans son unité, et l'on vérifie le sens de la conversion sur un ordre de grandeur.

Et si l'on changeait un paramètre ?

On modifie une seule donnée : le gravillon 5/20 est remplacé par un granulat 0/20 à granularité continue, issu du même gisement et donc de mêmes masses volumiques réelles, dont la masse volumique en vrac damée s'établit à 1 892 kg/m³ — tout le reste étant inchangé. Que devient le bilan de l'étude ? Traitez-le avant d'ouvrir.

Voir la réponse

La compacité du squelette passe à 0,7601, soit 1 892 divisé par 2 489,3, et l'exigence de 0,760 est tout juste atteinte : le déficit de 0,134 m³ disparaît sans qu'une seule masse volumique réelle ait changé. Quatre enseignements en découlent, et le dernier est le plus important. Le premier est que ce sont bien les fines qui font toute la différence : les grains les plus petits d'une granularité continue se logent dans les intervalles des plus gros, ce qu'une fraction 5/20 ne peut faire par construction. Le deuxième est que le classement du granulat n'en est pas affecté : la masse volumique après séchage à l'étuve reste de 2 489,3 kg/m³ et la valeur en vrac, quoique montée à 1 892 kg/m³, reste très au-dessus de la borne de 1 200 — les deux conditions restent satisfaites, et pour cause, elles ne portent pas sur la granularité. Le troisième est que le feuillet du dosage en ciment ne bouge pas d'un gramme : le partage du volume de pâte ne fait intervenir aucune grandeur du granulat, de sorte que les 251,8 kg/m³ et le déficit de 8,2 kg subsistent entiers. Le quatrième est de méthode : un même matériau, décrit par les mêmes masses volumiques réelles, peut satisfaire ou non une exigence de formulation selon sa seule granularité — ce qui montre que la caractérisation d'un granulat ne se réduit jamais à ses masses volumiques, et que la question de savoir quelles fractions composent le squelette est distincte de celle de savoir de quelle roche elles sont faites.

Masse volumique d'un granulat : valeur en vrac, masses volumiques réelles, compacité du squelette et dosage en liant du mètre cube
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