Retrait-gonflement d'une poutre en Douglas et conséquences sur les assemblages
Anisotropie du bois, variations dimensionnelles et contraintes de gonflement empêché — EN 1995-1-1
Contexte de l'Étude & Enjeux
Le Contexte : Le bois est un matériau hygroscopique : il échange en permanence de l'humidité avec l'air ambiant, et ses dimensions suivent. Ce qui rend le phénomène redoutable en construction n'est pas son ampleur — quelques pour cent — mais son anisotropie : le bois ne gonfle pas de la même façon dans les trois directions, et le rapport entre la plus forte et la plus faible atteint un facteur cinquante. Une pièce qui change d'humidité ne grandit donc pas, elle se déforme. Cet exercice porte sur une poutre en Douglas, section 150 × 300 mm sur 5,00 m, dont le local passe de chauffé à non chauffé. Il s'agit de quantifier le mouvement dans les trois directions, puis d'en tirer ce qui intéresse vraiment le projeteur : le jeu à prévoir dans les assemblages.
Pour avancer sereinement, voici les éléments fondamentaux que vous devez avoir à l'esprit. Gardez un œil attentif sur ces critères déterminants :
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Enjeu Principal : Une poutre en Douglas, section 150 × 300 mm, longueur 5,00 m, débitée sur quartier : la largeur suit la direction radiale, la hauteur la direction tangentielle. Il s'agit de dire de combien elle bouge, et surtout ce que cela impose aux assemblages.
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Environnement : État initial : local chauffé, humidité d'équilibre du bois de 12 %, classe de service 1. État final : local non chauffé, humidité d'équilibre de 22 %, classe de service 2. Les deux valeurs restent sous le point de saturation des fibres, condition de validité du modèle.
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L'objectif final : Produire les trois variations dimensionnelles, le gonflement volumique, et surtout la contrainte transversale qui apparaîtrait si le mouvement était empêché. Le risque n'est pas la déformation elle-même : c'est la fissuration que provoque son blocage.
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L'astuce de l'ingénieur : Avant tout calcul, repérez l'orientation des cernes sur la section. C'est elle, et elle seule, qui décide quel coefficient s'applique à quelle dimension. Se tromper de direction fausse le résultat de 62 % sur cette poutre.
Vous êtes ingénieur structure et l'entreprise vous consulte avant de commander les sabots métalliques d'un plancher dont le local va changer d'affectation. Votre travail consiste à quantifier le mouvement dans les trois directions du bois, à en déduire le gonflement volumique, puis à évaluer la contrainte de gonflement empêché pour dire quel jeu prévoir. Chaque coefficient s'appuie sur une source : vous devrez la citer.
- Le grand défi : Ne pas s'arrêter aux millimètres. Le calcul dimensionnel est immédiat ; c'est ce qu'on en fait qui compte. Bloquer un gonflement tangentiel de 2,6 % développerait une contrainte transversale vingt-quatre fois supérieure à la résistance du bois en traction perpendiculaire.
- Votre rôle : Produire une note traçable : chaque coefficient rattaché à sa direction et à sa source, les dimensions finales, le gonflement volumique, et une prescription de jeu exploitable directement par l'entreprise.
- Livrable 1 — les variations dimensionnelles : la variation d'humidité et la vérification du PSF, les variations \( \Delta b \), \( \Delta h \) et \( \Delta L \) dans les trois directions, et les dimensions finales de la poutre.
- Livrable 2 — les conséquences : le gonflement volumique exact et son approximation linéaire, la contrainte de gonflement empêché comparée à la résistance transversale du bois, et une prescription de jeu pour les assemblages.
Le retrait-gonflement n'est pas traité par une clause de calcul de l'Eurocode 5 : la NF EN 1995-1-1 l'aborde par les classes de service du § 2.3.1.3 et impose au § 10.2 de tenir compte des variations dimensionnelles dans la conception des assemblages. Les coefficients de retrait proviennent des fiches d'essence, ici pour le Douglas. Les caractéristiques mécaniques transversales viennent de la NF EN 338. Un point mérite attention : ces coefficients sont des valeurs moyennes d'essence, dispersées d'une bille à l'autre — les résultats sont des ordres de grandeur, pas des valeurs garanties.
Formulaire & Aide-Mémoire (À consulter en cas de besoin)
Retrouvez ici les formules principales pour cet exercice. Ne les apprenez pas par cœur, comprenez comment les appliquer !
- Variation d'humidité du bois \( \Delta H = H_{\text{f}} - H_{\text{i}} \), valable si \( H < H_{\text{psf}} \)
- Variation dimensionnelle dans une direction \( \Delta d = d_{\text{i}}\;\alpha\;\Delta H \)
- Dimension finale \( d_{\text{f}} = d_{\text{i}} + \Delta d = d_{\text{i}}\,(1 + \alpha\,\Delta H) \)
- Déformation unitaire dans une direction \( \varepsilon = \alpha\;\Delta H \)
- Gonflement volumique exact \( \dfrac{\Delta V}{V} = (1+\varepsilon_{\text{R}})(1+\varepsilon_{\text{T}})(1+\varepsilon_{\text{L}}) - 1 \)
- Gonflement volumique approché \( \dfrac{\Delta V}{V} \approx \varepsilon_{\text{R}} + \varepsilon_{\text{T}} + \varepsilon_{\text{L}} \)
- Contrainte de gonflement totalement empêché \( \sigma_{90} = E_{90,\text{mean}}\;\varepsilon \)
- Jeu minimal à prévoir dans un assemblage \( j \ge \Delta d \) dans la direction concernée
PROPRIÉTÉS DU SYSTÈME / DES MATÉRIAUX
| Symbole | Description | Valeur | Unité |
|---|---|---|---|
| \( b_{\text{i}} \) | Largeur initiale, suivant la direction radiale | 150 | mm |
| \( h_{\text{i}} \) | Hauteur initiale, suivant la direction tangentielle | 300 | mm |
| \( L_{\text{i}} \) | Longueur initiale, suivant la direction longitudinale | 5 000 | mm |
| \( \alpha_{\text{R}} \) | Coefficient de retrait-gonflement radial du Douglas Fiche essence | 0,0016 | par % |
| \( \alpha_{\text{T}} \) | Coefficient de retrait-gonflement tangentiel du Douglas Fiche essence | 0,0026 | par % |
| \( \alpha_{\text{L}} \) | Coefficient de retrait-gonflement longitudinal, environ 50 fois plus faible Fiche essence | 0,00005 | par % |
| \( E_{90,\text{mean}} \) | Module moyen perpendiculaire au fil, classe C24 NF EN 338 - Tableau 1 | 370 | N/mm² |
| \( f_{\text{c},90,\text{k}} \) | Résistance caractéristique en compression transversale, C24 NF EN 338 - Tableau 1 | 2,5 | N/mm² |
| \( f_{\text{t},90,\text{k}} \) | Résistance caractéristique en traction transversale, C24 NF EN 338 - Tableau 1 | 0,4 | N/mm² |
- Tangentiel : \( \alpha_{\text{T}} = 0{,}0026 \text{ — le plus fort, aucune armature naturelle} \)
- Radial : \( \alpha_{\text{R}} = 0{,}0016 \text{ — freine par les rayons ligneux} \)
- Longitudinal : \( \alpha_{\text{L}} = 0{,}00005 \text{ — les fibres ne s allongent pas} \)
CONTRAINTES, SOLLICITATIONS ET ACTIONS
| Symbole | Description | Valeur | Unité |
|---|---|---|---|
| \( H_{\text{i}} \) | Humidité d'équilibre initiale, local chauffé — classe de service 1 | 12 | % |
| \( H_{\text{f}} \) | Humidité d'équilibre finale, local non chauffé — classe de service 2 | 22 | % |
| \( H_{\text{psf}} \) | Point de saturation des fibres — limite de validité du modèle | 30 | % |
- Fluage et effet mecano-sorptif : \( \text{EN 1995-1-1 } \S\,2.3.2.2 \text{ — relaxent les contraintes de bridage} \)
- Tuilage et distorsion de section : \( \text{lie au debit — non traite ici} \)
- Verification mecanique de l assemblage : \( \text{EN 1995-1-1 } \S\,8 \text{ — a traiter separement} \)
Extraits de Normes & Abaques (Documents Annexes)
Servez-vous des documents ci-dessous pour extraire les coefficients nécessaires à votre résolution.
Ordres de grandeur des coefficients de retrait unitaires| Direction | Coefficient et rapport |
|---|---|
| Tangentielle — tangente aux cernes | \( \alpha_{\text{T}} \approx 0{,}0026 \) — référence |
| Radiale — perpendiculaire aux cernes | \( \alpha_{\text{R}} \approx 0{,}0016 \) — soit 1,6 fois moins |
| Longitudinale — le long des fibres | \( \alpha_{\text{L}} \approx 0{,}00005 \) — soit 52 fois moins |
Le rapport \( \alpha_{\text{T}}/\alpha_{\text{R}} \) se situe couramment entre 1,5 et 2 selon les essences. Un jeu de coefficients dont le rapport sortirait de cette plage doit être vérifié : il traduit souvent une confusion entre les deux directions. Ces valeurs sont des moyennes d'essence, dispersées d'une bille à l'autre : les résultats obtenus sont des ordres de grandeur.
- Longitudinal : les microfibrilles de cellulose sont orientées selon l'axe de la fibre. L'eau s'insère entre elles et les écarte, sans les allonger.
- Radial : les rayons ligneux, cellules orientées du centre vers l'écorce, agissent comme des armatures qui bride le mouvement.
- Tangentiel : aucune structure ne s'oppose au gonflement. C'est la direction la plus libre, donc la plus mobile.
C'est le rapport entre retraits tangentiel et radial qui provoque le tuilage des planches débitées sur dosse : la face proche de l'écorce, plus tangentielle, se rétracte davantage que la face proche du cœur. Un débit sur quartier, où les cernes sont perpendiculaires à la face, limite fortement ce défaut — c'est le débit retenu ici.
- Sous le PSF : l'eau est liée aux parois cellulaires. Toute variation d'humidité modifie les dimensions, proportionnellement.
- Au-dessus du PSF : l'eau est libre dans les cavités. Elle alourdit la pièce mais ne la fait plus gonfler.
- Valeur usuelle : \( H_{\text{psf}} \approx 30 \) % pour la plupart des essences tempérées.
La formule linéaire ne vaut que sous le PSF, sur toute l'amplitude de la variation. Ici, 12 % et 22 % sont tous deux inférieurs à 30 % : le modèle s'applique intégralement. Si l'état final dépassait le PSF, il faudrait tronquer la variation à 30 % et le gonflement cesserait au-delà.
Les clauses employées ici proviennent de la documentation officielle de la Commission européenne sur l'EN 1995-1-1. Les valeurs suivantes sont rattachées à leur source :
- \( \alpha_{\text{R}} \), \( \alpha_{\text{T}} \) et \( \alpha_{\text{L}} \) du Douglas — fiche d'essence CIRAD ou CTBA, valeurs moyennes dispersées
- \( E_{90,\text{mean}} = 370 \) N/mm², \( f_{\text{c},90,\text{k}} = 2{,}5 \) et \( f_{\text{t},90,\text{k}} = 0{,}4 \) N/mm² — NF EN 338, tableau 1, classe C24
- \( H_{\text{psf}} = 30 \) % — valeur conventionnelle, variable de 26 à 32 % selon l'essence
- Humidités d'équilibre de 12 % et 22 % — correspondent aux classes de service 1 et 2 de l'EN 1995-1-1 § 2.3.1.3
3. Méthodologie de Résolution & Travail Demandé
Afin d'assurer un dimensionnement sécuritaire et conforme aux standards, nous procédons selon les étapes méthodiques détaillées ci-dessous.
Question 1 : Variations dimensionnelles de la section
- calculer la variation d'humidité \( \Delta H \) et vérifier que le modèle s'applique ;
- calculer la variation de largeur \( \Delta b \), en précisant quelle direction du bois elle suit ;
- calculer la variation de hauteur \( \Delta h \), et comparer les deux résultats.
Besoin d'un indice ? (Niveau 1)
Regardez le tracé des cernes sur la section du plan de repérage. Ils sont dessinés verticaux, donc parallèles à la hauteur : la hauteur est tangente aux cernes, la largeur leur est perpendiculaire. Vérifiez ensuite que les deux humidités sont bien inférieures au PSF, sans quoi la formule ne s'applique pas sur toute l'amplitude.
Toujours bloqué ? (Indice Niveau 2)
\( \Delta H = 22 - 12 = 10 \) %, et 22 % reste sous le PSF de 30 % : le modèle s'applique. Puis \( \Delta b = 150 \times 0{,}0016 \times 10 \) avec le coefficient radial, et \( \Delta h = 300 \times 0{,}0026 \times 10 \) avec le coefficient tangentiel. Vous devez trouver 2,40 mm et 7,80 mm.
Question 2 : Variation longitudinale et dimensions finales
- calculer la variation de longueur \( \Delta L \) de la poutre ;
- en déduire les trois dimensions finales \( b_{\text{f}} \), \( h_{\text{f}} \) et \( L_{\text{f}} \) ;
- commenter l'écart entre variation relative et variation absolue dans cette direction.
Besoin d'un indice ? (Niveau 1)
Le coefficient longitudinal est cinquante fois plus faible que le tangentiel — mais la longueur de la poutre est plus de seize fois sa hauteur. Faites le calcul avant de conclure : les deux effets se compensent partiellement, et le résultat en millimètres n'est pas celui qu'on attend.
Toujours bloqué ? (Indice Niveau 2)
\( \Delta L = 5\,000 \times 0{,}00005 \times 10 = 2{,}50 \) mm. C'est 0,05 % de la longueur — négligeable en relatif — mais 2,5 mm en absolu, soit plus que la variation de largeur ne l'est en proportion d'un jeu d'assemblage courant.
Question 3 : Gonflement volumique
- calculer les volumes initial et final de la poutre ;
- en déduire le gonflement volumique exact, en pourcentage ;
- comparer à l'approximation par somme des déformations, et quantifier l'écart.
Besoin d'un indice ? (Niveau 1)
Le volume est le produit des trois dimensions : son rapport final sur initial est donc le produit des trois rapports. Développez ce produit et regardez quels termes vous négligez en le remplaçant par une somme — ce sont les termes croisés, du second ordre en déformation.
Toujours bloqué ? (Indice Niveau 2)
\( V_{\text{f}}/V_{\text{i}} = 1{,}016 \times 1{,}026 \times 1{,}0005 \), soit un gonflement exact de 4,29 %. L'approximation \( 1{,}60 + 2{,}60 + 0{,}05 \) donne 4,25 % : l'écart n'est que de 0,04 point, soit 1 % en relatif.
Question 4 (Finale) : Gonflement empêché et jeu à prévoir
Besoin d'un indice ? (Niveau 1)
Empêcher totalement une déformation revient à appliquer la déformation opposée par une contrainte. La loi de Hooke donne directement cette contrainte, à condition d'employer le module perpendiculaire au fil — bien plus faible que le module axial, mais la déformation imposée, elle, est bien plus grande qu'en flexion.
Toujours bloqué ? (Indice Niveau 2)
\( \sigma_{90} = E_{90,\text{mean}} \times \varepsilon_{\text{T}} = 370 \times 0{,}026 \). Vous obtenez 9,62 N/mm², à comparer aux 2,5 N/mm² admissibles en compression transversale et surtout aux 0,4 N/mm² en traction transversale. Le jeu à prévoir vaut simplement \( \Delta h \), arrondi au millimètre supérieur.
Retrait-gonflement d'une poutre en Douglas et conséquences sur les assemblages
"Le calcul lui-même est trivial : un produit de trois nombres. Ce qui n'est pas trivial, c'est de savoir quel nombre mettre où. Le bois n'a pas un coefficient de gonflement, il en a trois, et ils ne se rattachent pas aux dimensions de la pièce mais aux directions de l'arbre. Une poutre de 150 × 300 mm peut avoir sa largeur radiale et sa hauteur tangentielle, ou l'inverse : tout dépend de la façon dont elle a été sciée dans la grume. Rien dans les dimensions ne le dit ; seule l'observation des cernes sur la section le révèle. C'est la seule information de l'énoncé que je ne peux pas déduire et que je dois lire sur le plan. Et si je me trompe, l'erreur ne sera pas de quelques pour cent : elle sera de 62 % sur la largeur."
- Observation : Le plan de repérage montre des cernes verticaux sur la section, donc parallèles à la hauteur. La hauteur est tangente aux cernes, la largeur leur est perpendiculaire : débit sur quartier.
- Analyse du risque : Intervertir les deux coefficients donnerait 3,90 mm de variation en largeur au lieu de 2,40, soit 62 % de trop, et 4,80 mm en hauteur au lieu de 7,80, soit 38 % de moins. La seconde erreur est non conservative : elle sous-estime le jeu à prévoir.
- Choix stratégique : Je vérifie d'abord le PSF, avant tout calcul. Si l'humidité finale le dépassait, la formule linéaire ne vaudrait que sur une partie de l'amplitude et il faudrait tronquer.
- Alternative : J'aurais pu employer un coefficient volumique unique, souvent tabulé, pour estimer directement le gonflement global. Je l'écarte : il ne dirait rien de la répartition entre les directions, alors que c'est précisément elle qui décide du jeu à prévoir.
- Objectif visé : Sortir avec deux variations rattachées à leur direction. Un millimètre sans sa direction ne sert à rien : c'est la direction qui dira dans quel plan prévoir le jeu.
Voir uniquement le résultat final (Auto-évaluation)
Le retrait-gonflement n'est pas un défaut du bois : c'est la conséquence directe de sa structure cellulaire. Comprendre d'où vient l'anisotropie, c'est cesser de la subir.
Deux relations, dont la première n'est pas un calcul mais une condition de validité. Négliger cette vérification préalable est la faute de méthode la plus fréquente sur ce type d'exercice.
Variation d'humidité et condition de validité :Elle donne l'amplitude du changement, et fixe en même temps le domaine où la formule de gonflement s'applique.
Parce que le bois ne réagit qu'à l'eau liée aux parois cellulaires. Au-delà du point de saturation des fibres, l'eau supplémentaire remplit les cavités sans écarter quoi que ce soit : la pièce s'alourdit mais ne bouge plus. La variation utile est donc bornée par le PSF.
- \( \Delta H \) : variation d'humidité du bois, positive en gonflement, unité : %
- \( H_{\text{i}} \) : humidité d'équilibre initiale, 12 % en local chauffé, unité : %
- \( H_{\text{f}} \) : humidité d'équilibre finale, 22 % en local non chauffé, unité : %
- \( H_{\text{psf}} \) : point de saturation des fibres, environ 30 %, unité : %
- Référence : l'humidité du bois se rapporte à sa masse anhydre, et non à sa masse humide, unité : sans objet
Elle donne le mouvement d'une dimension, à condition d'employer le coefficient de la direction du bois qu'elle suit.
Parce que le gonflement est un phénomène proportionnel sous le PSF : chaque point de pourcentage d'humidité produit toujours le même allongement relatif. Le coefficient \( \alpha \) n'est rien d'autre que cette proportion, mesurée expérimentalement pour chaque essence et chaque direction.
- \( \Delta d \) : variation de la dimension considérée, unité : mm
- \( d_{\text{i}} \) : dimension initiale dans cette direction, unité : mm
- \( \alpha \) : coefficient de retrait-gonflement de la direction du bois concernée, unité : par %
- \( \Delta H \) : variation d'humidité, issue de la formule précédente, unité : %
- \( \alpha\,\Delta H \) : déformation relative dans la direction, unité : sans dimension
"Beaucoup d'étudiants font l'erreur d'affecter le coefficient tangentiel à la plus grande dimension, en croyant que le plus grand coefficient va naturellement avec le plus grand côté..."
- L'erreur : Intervertir les coefficients donne \( \Delta b = 3{,}90 \) mm au lieu de 2,40, soit 62 % de trop, et \( \Delta h = 4{,}80 \) mm au lieu de 7,80, soit 38 % de moins. La seconde erreur est la plus grave : elle sous-estime le jeu à prévoir.
- La bonne méthode : Lire l'orientation des cernes sur la section avant tout calcul. Cernes parallèles à une face : cette face est tangentielle. Cernes perpendiculaires : elle est radiale.
- L'astuce de pro : Sur un plan, notez les lettres R et T directement à côté des cotes de section. C'est une seconde d'écriture qui supprime toute ambiguïté pour tous ceux qui reprendront le dossier.
- Le moyen mnémotechnique : « T comme tangent, donc le long du cerne » — et le mouvement maximal est toujours dans cette direction.
- L'impact direct : Un jeu de sabot calculé à 4,8 mm au lieu de 7,8 serait insuffisant de 3 mm. Le gonflement viendrait buter sur l'acier, et la contrainte transversale ferait fendre la poutre au droit de l'assemblage.
Exécution de la Note de Calculs
- \( H_{\text{i}} \) et \( H_{\text{f}} \) : exprimées en % de la masse anhydre — leur différence est un nombre de points
- \( \alpha \) : exprimé par point de % — 0,0026 signifie 0,26 % de gonflement par point d'humidité
- \( \alpha\,\Delta H \) : grandeur sans dimension , la déformation relative
- \( d_{\text{i}} \) : conservée en mm — la variation sort alors directement en mm
- Le PSF : exprimé en % , à comparer aux deux humidités
Le piège d'unité de cette question est discret. Le coefficient \( \alpha \) s'exprime par point de pourcentage, et \( \Delta H \) se compte donc en points — soit 10, et non 0,10. Traiter \( \Delta H \) comme une fraction diviserait le résultat par cent, et donnerait des variations de quelques centièmes de millimètre, absurdes mais assez petites pour ne pas choquer.
1. Résolution Numérique Variation d'humidité et vérification du domainePourquoi fait-on ce calcul ? Parce que c'est le moteur de tout le phénomène, et parce que la vérification du PSF conditionne la validité de tout ce qui suit.
Soustraction directe, suivie de la vérification que les deux états restent sous le point de saturation des fibres.
- Substitution : \( H_{\text{i}} = 12 \) % en local chauffé et \( H_{\text{f}} = 22 \) % en local non chauffé.
- Piège évité : Exprimer \( \Delta H \) en points et non en fraction. Écrire 0,10 au lieu de 10 diviserait toutes les variations par cent.
- Hypothèse validée : Les deux humidités sont inférieures au PSF de 30 % : la formule linéaire s'applique sur toute l'amplitude, sans troncature.
- Vérification croisée : Les deux valeurs correspondent aux classes de service 1 et 2 de l'EN 1995-1-1 : le changement d'ambiance décrit est cohérent avec le référentiel.
- Finalité : Cette amplitude sera multipliée par chacun des trois coefficients directionnels.
10 points d'humidité, entièrement sous le PSF. Voyons ce que ce chiffre représente et comment le situer.
- Ordre de grandeur : Dix points, c'est le tiers de l'amplitude totale possible entre bois anhydre et PSF. Le changement d'ambiance est donc substantiel, pas marginal.
- Impact sur la suite : Toutes les variations sont proportionnelles à cette amplitude. Une erreur ici se propage à l'identique dans les trois directions.
- Cohérence : Les deux humidités correspondent aux classes de service 1 et 2. C'est le même changement d'ambiance qui, dans un calcul de résistance, ferait passer \( k_{\text{def}} \) de 0,60 à 0,80.
- Attention : Si l'état final atteignait 35 %, la variation utile serait tronquée à 18 points seulement — de 12 à 30 % — car au-delà du PSF le bois ne bouge plus.
- Comparaison : Un séchage de 12 à 8 % donnerait \( \Delta H = -4 \) points : la même formule décrirait alors un retrait, avec des variations négatives.
Remarque pédagogique : Faites toujours vérifier le PSF avant de calculer, comme un réflexe. C'est une condition de validité, pas une formalité : appliquer la formule linéaire au-delà du point de saturation revient à prédire un gonflement qui n'aura pas lieu. Et c'est l'occasion de rappeler qu'un modèle sans domaine de validité explicite n'est pas un modèle d'ingénieur.
Variation de largeur, direction radialePourquoi fait-on ce calcul ? Parce que la largeur suit la direction radiale du bois, celle que les rayons ligneux freinent. C'est la plus stable des deux dimensions de la section.
Application directe de la formule avec le coefficient radial, choix qui doit apparaître explicitement dans la note.
- Substitution : \( b_{\text{i}} = 150 \) mm, \( \alpha_{\text{R}} = 0{,}0016 \) par % et \( \Delta H = 10 \) points.
- Piège évité : Ne pas employer \( \alpha_{\text{T}} = 0{,}0026 \). Les cernes étant perpendiculaires à la largeur, c'est bien le coefficient radial qui s'applique.
- Hypothèse validée : Débit sur quartier, lisible sur le plan de repérage : les cernes sont parallèles à la hauteur.
- Vérification croisée : La déformation relative vaut \( 0{,}0016 \times 10 = 1{,}6 \) %, soit 1,6 % de 150 mm : 2,4 mm. Les deux chemins concordent.
- Finalité : Cette variation donnera la largeur finale et entrera dans le gonflement volumique.
2,40 mm de plus sur 150, soit une déformation de 1,6 %. Voyons ce que ce chiffre représente.
- Ordre de grandeur : Deux millimètres et demi : c'est visible à l'œil nu sur un joint, et très supérieur aux tolérances de fabrication d'un sabot métallique.
- Impact sur la suite : Cette variation est la plus faible des deux de la section, alors qu'elle porte sur la dimension la plus petite. L'anisotropie renforce l'effet de taille.
- Cohérence : La déformation de 1,6 % est cohérente avec un retrait radial total de l'ordre de 4,8 % entre l'état anhydre et le PSF, réparti sur 30 points d'humidité.
- Attention : Avec le coefficient tangentiel par erreur, on trouverait 3,90 mm — soit 62 % de trop. L'erreur serait ici du côté sécuritaire, mais elle ne l'est pas sur la hauteur.
- Comparaison : Une humidité finale de 15 % au lieu de 22 ne donnerait que 0,72 mm. La variation est strictement proportionnelle à l'amplitude d'humidité.
Remarque pédagogique : Faites exprimer le résultat en pourcentage autant qu'en millimètres. Le pourcentage est transposable à toute autre section, alors que le millimètre ne vaut que pour cette poutre. C'est la différence entre retenir un résultat et retenir une propriété du matériau — et cela évite de refaire le calcul à chaque changement de dimension.
Variation de hauteur, direction tangentiellePourquoi fait-on ce calcul ? Parce que la hauteur suit la direction tangentielle, la plus mobile du bois. C'est cette variation qui commandera le jeu à prévoir dans les assemblages.
Même formule, avec le coefficient tangentiel et la dimension correspondante. Deux facteurs changent en même temps, ce qui amplifie l'écart avec la largeur.
- Substitution : \( h_{\text{i}} = 300 \) mm, \( \alpha_{\text{T}} = 0{,}0026 \) par % et \( \Delta H = 10 \) points.
- Piège évité : Ne pas employer \( \alpha_{\text{R}} \). Les cernes étant parallèles à la hauteur, c'est le coefficient tangentiel qui s'applique — et l'erreur inverse serait non conservative.
- Hypothèse validée : Section supposée homogène en orientation sur toute la hauteur. Sur une pièce contenant le cœur, l'orientation varierait d'un point à l'autre.
- Vérification croisée : Le rapport à la variation de largeur vaut \( 7{,}80/2{,}40 = 3{,}25 \), soit le produit du rapport des dimensions, 2, par celui des coefficients, 1,625. La décomposition est exacte.
- Finalité : Cette variation donnera la hauteur finale et, surtout, le jeu minimal à prescrire en question 4.
7,80 mm de plus sur 300, soit une déformation de 2,6 % — plus de trois fois la variation de largeur. Voyons ce que ce chiffre implique.
- Ordre de grandeur : Près de huit millimètres : c'est l'épaisseur d'un contreplaqué, et bien au-delà de ce qu'un assemblage rigide peut absorber.
- Impact sur la suite : C'est la variation dimensionnante pour les assemblages. Le jeu à prévoir en découle directement.
- Cohérence : Le rapport de 3,25 avec la largeur se décompose en deux fois pour la dimension et 1,625 fois pour le coefficient. Les deux effets se cumulent au lieu de se compenser.
- Attention : Avec le coefficient radial par erreur, on trouverait 4,80 mm — soit 3 mm de moins que la réalité. Un jeu dimensionné sur cette valeur serait insuffisant.
- Comparaison : En chêne, dont le coefficient tangentiel avoisine 0,0040, la même poutre gonflerait de 12,0 mm. L'essence pèse autant que la géométrie.
Remarque pédagogique : Faites décomposer le rapport 3,25 en ses deux facteurs — la dimension et le coefficient — plutôt que de le constater. Les étudiants découvrent alors que l'anisotropie amplifie l'effet de taille au lieu de le compenser, et comprennent pourquoi les pièces hautes débitées sur quartier sont les plus délicates à assembler.
"On m'a appris que le gonflement longitudinal du bois est négligeable, et c'est vrai — en relatif. Le coefficient est cinquante fois plus faible que le tangentiel, et personne ne se soucie de 0,05 % de déformation. Mais la longueur, elle, n'est pas cinquante fois plus petite que la hauteur : elle est seize fois plus grande. Le produit d'un très petit coefficient par une très grande dimension n'est pas forcément petit. Avant d'écarter cette direction d'un revers de main, je veux le nombre en millimètres — parce que c'est en millimètres que se mesurent les jeux d'assemblage, pas en pourcentage. Et je soupçonne que le résultat va surprendre : négligeable devant quoi ? est la seule question qui vaille."
- Observation : Le rapport \( \alpha_{\text{T}}/\alpha_{\text{L}} \) vaut 52, mais le rapport \( L/h \) vaut 16,7. Les deux effets se compensent partiellement : le mouvement longitudinal ne sera que trois fois plus petit que le mouvement tangentiel.
- Analyse du risque : Écarter la direction longitudinale sans la calculer revient à ignorer 2,5 mm sur une poutre de 5 m. Sur un assemblage à broches en série, cet allongement suffit à faire porter la charge sur les seules broches d'extrémité.
- Choix stratégique : Je calcule les trois directions et je présente les dimensions finales dans un tableau complet. Ce sont ces trois nombres, et non deux, que l'entreprise reportera sur ses plans d'exécution.
- Alternative : J'aurais pu exprimer les résultats en déformations relatives uniquement, plus universelles. Je m'y refuse ici : l'entreprise commande des sabots en millimètres, et la conversion doit être faite par celui qui connaît le contexte.
- Objectif visé : Obtenir les trois dimensions finales, et savoir laquelle des trois variations est réellement négligeable — en le démontrant plutôt qu'en l'affirmant.
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En génie civil, aucune grandeur n'est négligeable dans l'absolu. Elle l'est devant une autre grandeur, dans un contexte donné. Le gonflement longitudinal du bois en est l'illustration parfaite.
Deux relations : la même que celle de la question 1, appliquée à la troisième direction, et une simple addition pour remonter aux dimensions finales. Aucune difficulté de calcul — toute la valeur est dans l'interprétation.
Variation longitudinale :Elle donne le mouvement le long des fibres, celui que l'on écarte d'ordinaire sans le calculer.
Parce que c'est exactement la même loi que dans les deux autres directions : seul le coefficient change. Le bois n'a pas de comportement particulier le long des fibres, il y a simplement une rigidité structurelle — les microfibrilles de cellulose — qui limite fortement l'écartement.
- \( \Delta L \) : variation de longueur de la poutre, unité : mm
- \( L_{\text{i}} \) : longueur initiale, 5 000 mm ici, unité : mm
- \( \alpha_{\text{L}} \) : coefficient longitudinal, 0,00005 par %, unité : par %
- \( \Delta H \) : variation d'humidité, 10 points, unité : %
- Rapport à \( \alpha_{\text{T}} \) : environ 52 fois plus faible, unité : sans dimension
Elle donne la cote réelle de la pièce dans son nouvel état d'équilibre.
Parce que le gonflement est un phénomène additif à ce niveau de déformation : la pièce part de sa cote initiale et s'accroît de la variation calculée. L'écriture factorisée \( d_{\text{i}}(1 + \alpha\,\Delta H) \) est équivalente et plus commode pour enchaîner plusieurs états.
- \( d_{\text{f}} \) : dimension finale à l'équilibre, unité : mm
- \( d_{\text{i}} \) : dimension initiale, cote d'usinage, unité : mm
- \( \Delta d \) : variation calculée dans la direction, unité : mm
- \( 1 + \alpha\,\Delta H \) : facteur de gonflement de la direction, unité : sans dimension
- Condition : pièce libre — sinon la variation se convertit en contrainte, unité : sans objet
"Beaucoup d'étudiants font l'erreur d'écarter la direction longitudinale sans la calculer, parce qu'on leur a enseigné qu'elle est négligeable..."
- L'erreur : Ignorer 2,50 mm sur 5 m. C'est moins d'un tiers de la variation tangentielle, alors que le coefficient est 52 fois plus faible : la longueur a compensé l'essentiel de l'écart.
- La bonne méthode : Calculer puis négliger, jamais l'inverse. Une négligence chiffrée est une décision documentée ; une négligence de principe est un pari sur la géométrie.
- L'astuce de pro : Retenez le rapport 52 contre 16,7 : tant que la longueur ne dépasse pas cinquante fois la hauteur, le mouvement longitudinal reste le plus petit des trois. Au-delà, il peut devenir le plus grand.
- Le moyen mnémotechnique : « Négligeable devant quoi ? » — la seule question à se poser avant d'écarter un terme.
- L'impact direct : Sur une file de broches de 2 m, un allongement différentiel de 1 mm entre le bois et l'acier concentre la charge sur les fixations d'extrémité. C'est ce mécanisme qui limite l'efficacité des longues files et impose des règles d'espacement.
Exécution de la Note de Calculs
- \( L_{\text{i}} \) : conservée en mm — 5 000 et non 5, pour rester homogène avec la section
- \( \alpha_{\text{L}} \) : exprimé par point de % , comme les deux autres coefficients
- \( \Delta L \) : obtenue en mm — à comparer aux variations de section
- Les trois dimensions finales : toutes en mm , directement reportables au plan
- Les déformations relatives : grandeurs sans unité , à exprimer en pourcentage
Toute cette question se mène en millimètres. Le point de vigilance est la longueur en mètres qu'il serait tentant de conserver telle quelle : 5,00 m au lieu de 5 000 mm donnerait un allongement de 0,0025 m, exact mais impossible à comparer d'un coup d'œil aux 7,80 mm de la hauteur. Garder une unité unique est ce qui rend les trois résultats comparables.
1. Résolution Numérique Variation de longueur, direction longitudinalePourquoi fait-on ce calcul ? Pour chiffrer ce que l'on s'apprête à négliger. Sans ce nombre, l'affirmation « le gonflement longitudinal est négligeable » reste un principe non vérifié.
Même formule que pour la section, avec le coefficient longitudinal et la longueur exprimée en millimètres.
- Substitution : \( L_{\text{i}} = 5\,000 \) mm, \( \alpha_{\text{L}} = 0{,}00005 \) par % et \( \Delta H = 10 \) points.
- Piège évité : Ne pas conserver la longueur en mètres. Le résultat en mètres serait exact mais incomparable d'un coup d'œil aux variations de section.
- Hypothèse validée : Bois de fil droit, sans bois de réaction. Une pièce à fil incliné pourrait présenter un retrait longitudinal dix fois supérieur.
- Vérification croisée : La déformation relative vaut \( 0{,}00005 \times 10 = 0{,}05 \) %, soit 0,05 % de 5 000 mm : 2,5 mm. Les deux chemins concordent.
- Finalité : Cette variation complètera le gonflement volumique et la longueur finale.
2,50 mm sur 5 mètres, soit 0,05 %. Voyons ce que ce chiffre représente réellement.
- Ordre de grandeur : Deux millimètres et demi, soit plus que la tolérance de fabrication d'un sabot métallique. Le résultat n'est pas négligeable en valeur absolue.
- Impact sur la suite : Dans le gonflement volumique, cette direction ne pèsera que 1,2 % du total. Là, elle est parfaitement négligeable.
- Cohérence : Le coefficient est 52 fois plus faible que le tangentiel, mais la longueur est 16,7 fois plus grande que la hauteur : le mouvement n'est donc que 3,1 fois plus petit.
- Attention : Sur un assemblage à broches en série, cet allongement crée un décalage progressif entre bois et acier qui concentre la charge sur les fixations d'extrémité.
- Comparaison : Sur une poutre de 15 m, l'allongement atteindrait 7,5 mm — soit autant que le gonflement tangentiel de la hauteur. Le classement des trois directions dépend de la géométrie.
Remarque pédagogique : Demandez aux étudiants, avant le calcul, si le mouvement longitudinal sera dix, cent ou mille fois plus petit que le tangentiel. La plupart répondront cinquante — le rapport des coefficients — et découvriront qu'il n'est que trois fois plus petit. C'est une leçon durable sur la différence entre un rapport de coefficients et un rapport de résultats.
Largeur finale de la poutrePourquoi fait-on ce calcul ? Parce que c'est la cote réelle que rencontrera l'assemblage. La cote nominale du plan ne vaut qu'à l'humidité d'usinage.
Simple addition de la dimension initiale et de sa variation, avec vérification par l'écriture factorisée.
- Substitution : \( b_{\text{i}} = 150 \) mm et \( \Delta b = 2{,}40 \) mm de la question 1.
- Piège évité : Ne pas arrondir avant d'avoir terminé. L'arrondi des dimensions finales fausserait le gonflement volumique de la question 3.
- Hypothèse validée : Pièce libre de se déformer dans cette direction. Si elle était bridée latéralement, la cote resterait proche de 150 et une contrainte apparaîtrait.
- Vérification croisée : \( 150 \times 1{,}016 = 152{,}40 \) mm par l'écriture factorisée. Les deux voies concordent exactement.
- Finalité : Cette cote entrera dans le calcul du volume final.
152,40 mm au lieu de 150. Voyons ce que ce chiffre représente pour l'exécution.
- Ordre de grandeur : Un gonflement de 1,6 %, à comparer aux tolérances d'usinage du bois qui sont de l'ordre de 1 mm. Le mouvement dépasse largement la tolérance.
- Impact sur la suite : Dans un sabot dimensionné au nu de 150 mm, la poutre viendrait buter latéralement sur les deux ailes.
- Cohérence : Le rapport \( b_{\text{f}}/b_{\text{i}} = 1{,}016 \) redonne exactement \( 1 + \alpha_{\text{R}}\,\Delta H \). Le contrôle est immédiat.
- Attention : Cette cote est un état d'équilibre, atteint après plusieurs mois sur une section de 150 mm d'épaisseur. La pièce passera par des états intermédiaires non uniformes.
- Comparaison : Un séchage vers 8 % donnerait 149,04 mm au lieu de 150, soit près d'un millimètre de moins. Le mouvement est réversible, dans les deux sens.
Remarque pédagogique : Insistez sur la phrase « un bois de 150 n'est plus un bois de 150 ». Elle heurte l'intuition acquise sur l'acier et le béton, dont les cotes sont stables. Elle explique pourtant l'essentiel des désordres en construction bois : des pièces conçues comme si leurs dimensions ne changeaient pas, dans un matériau dont c'est la propriété la plus constante.
Hauteur finale de la poutrePourquoi fait-on ce calcul ? Parce que c'est la cote dimensionnante pour les assemblages : c'est dans cette direction que le mouvement est maximal.
Même addition, avec la variation tangentielle établie en question 1.
- Substitution : \( h_{\text{i}} = 300 \) mm et \( \Delta h = 7{,}80 \) mm de la question 1.
- Piège évité : Ne pas confondre avec la largeur. Les deux dimensions ont des coefficients différents : leurs variations ne sont pas proportionnelles à leurs valeurs.
- Hypothèse validée : Pièce libre en hauteur. C'est précisément cette liberté que la question 4 va interroger.
- Vérification croisée : \( 300 \times 1{,}026 = 307{,}80 \) mm par l'écriture factorisée. Les deux voies concordent exactement.
- Finalité : Cette cote donnera le jeu minimal à prescrire, et entrera dans le volume final.
307,80 mm au lieu de 300, soit près de huit millimètres de plus. Voyons ce que ce chiffre implique.
- Ordre de grandeur : Un gonflement de 2,6 %. Sur une retombée visible, huit millimètres se voient à l'œil nu par comparaison avec une pièce voisine restée sèche.
- Impact sur la suite : C'est la variation qui commande le jeu des assemblages. Elle sera reprise telle quelle en question 4.
- Cohérence : Le rapport \( h_{\text{f}}/h_{\text{i}} = 1{,}026 \) redonne exactement \( 1 + \alpha_{\text{T}}\,\Delta H \). Le contrôle est immédiat.
- Attention : Le gonflement se répartit de part et d'autre de l'axe si la pièce est libre. Posée sur un appui, elle monte de 7,80 mm en face supérieure.
- Comparaison : En chêne, la même hauteur atteindrait 312,0 mm. En bois thermo-traité, dont les coefficients sont réduits de moitié ou plus, elle resterait sous 304 mm.
Remarque pédagogique : Faites comparer les deux gonflements de la section : 1,6 % et 2,6 %. Cet écart, apparemment modeste, est exactement ce qui provoque le tuilage des planches débitées sur dosse et la fente radiale des rondins. Un même phénomène explique deux désordres que les étudiants apprennent d'ordinaire séparément.
Longueur finale de la poutrePourquoi fait-on ce calcul ? Pour compléter le jeu de trois cotes que l'entreprise reportera sur ses plans, et pour disposer du volume final en question 3.
Même addition, avec la variation longitudinale établie juste avant.
- Substitution : \( L_{\text{i}} = 5\,000 \) mm et \( \Delta L = 2{,}50 \) mm du premier calcul de cette question.
- Piège évité : Ne pas arrondir à 5 000 mm en jugeant l'écart insignifiant. C'est précisément cet écart que la question 3 va peser dans le volume.
- Hypothèse validée : Poutre libre en longueur, appuyée sans blocage axial. Un encastrement aux deux extrémités transformerait cet allongement en effort normal.
- Vérification croisée : \( 5\,000 \times 1{,}0005 = 5\,002{,}50 \) mm par l'écriture factorisée. Les deux voies concordent exactement.
- Finalité : Cette cote complétera le volume final et permettra de mesurer le poids réel de la direction longitudinale.
5 002,50 mm au lieu de 5 000, soit 0,05 %. Voyons ce que ce chiffre représente.
- Ordre de grandeur : Deux millimètres et demi d'allongement. C'est peu en relatif mais du même ordre que le jeu d'un trou de broche surdimensionné.
- Impact sur la suite : Dans le gonflement volumique, ce facteur 1,0005 pèsera 1,2 % du total. Sa contribution y est effectivement marginale.
- Cohérence : Les trois facteurs de gonflement s'échelonnent en 1,0005 / 1,016 / 1,026. Cet étalement d'un facteur cinquante entre le premier et le dernier est la signature de l'anisotropie du bois.
- Attention : Sur une poutre encastrée aux deux extrémités, cet allongement empêché produirait un effort normal de compression. Le module axial étant trente fois le module transversal, la contrainte serait considérable.
- Comparaison : Un profilé acier de 5 m subissant une variation de 20 °C s'allongerait de 1,2 mm. La poutre bois bouge donc deux fois plus sous ce changement d'humidité que l'acier sous une variation thermique courante.
Remarque pédagogique : Terminez cette question par la comparaison avec la dilatation thermique de l'acier. Les étudiants ont intégré qu'il faut prévoir des joints de dilatation sur une charpente métallique ; ils découvrent que le bois bouge davantage, pour une cause différente, et que la même logique de liberté de mouvement s'y applique.
"J'ai trois mouvements ; je veux un chiffre. Le gonflement volumique est l'indicateur que l'on compare d'une essence à l'autre, celui que l'on trouve dans les fiches techniques et celui qui intervient dans les calculs de masse volumique. Deux voies y mènent : le produit exact des trois facteurs, et la somme des déformations, plus rapide. Je vais faire les deux — non par excès de zèle, mais parce que l'écart entre elles est instructif. La somme néglige les termes croisés, ces produits de deux déformations qui apparaissent quand on développe le produit. Ils sont du second ordre, donc petits, mais « petit » n'est pas « nul » : je veux savoir de combien, pour pouvoir dire dans quel contexte l'approximation reste acceptable."
- Observation : Le volume est un produit de trois dimensions. Son rapport final sur initial est donc le produit des trois rapports — jamais leur somme, même si les deux se ressemblent beaucoup ici.
- Analyse du risque : Additionner les variations en millimètres au lieu des déformations relatives est l'erreur d'homogénéité type. Elle donnerait un « gonflement » de 12,7, nombre sans unité ni signification.
- Choix stratégique : Je calcule le produit exact comme résultat de référence, et l'approximation comme contrôle. Deux voies indépendantes qui convergent valent mieux qu'un résultat unique.
- Alternative : J'aurais pu employer un coefficient de retrait volumique tabulé, de l'ordre de 0,45 % par point pour le Douglas. Je l'écarte : il donnerait un résultat voisin sans permettre de vérifier la cohérence avec les trois directions calculées.
- Objectif visé : Sortir avec un gonflement volumique et une idée claire de la validité de l'approximation linéaire — parce que c'est elle que l'on emploiera en pratique, une fois qu'on saura ce qu'elle coûte.
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Remplacer un produit par une somme est l'une des approximations les plus employées en ingénierie. Elle repose sur un développement limité, et elle a un domaine de validité qu'il faut connaître pour l'utiliser sans risque.
Deux relations qui décrivent la même grandeur : l'une exacte, l'autre approchée. Les confronter est tout l'intérêt de la question, et c'est ce qui permettra ensuite d'employer la seconde en connaissance de cause.
Gonflement volumique exact :Il donne la variation relative de volume par le produit des trois facteurs directionnels.
Parce que le volume d'un parallélépipède est le produit de ses trois dimensions. Chacune étant multipliée par son propre facteur de gonflement, le volume est multiplié par le produit de ces facteurs. Aucune approximation n'intervient à ce stade : la relation est exacte.
- \( \Delta V/V \) : gonflement volumique relatif, unité : sans dimension
- \( \varepsilon_{\text{R}} \) : déformation radiale, 1,6 % ici, unité : sans dimension
- \( \varepsilon_{\text{T}} \) : déformation tangentielle, 2,6 % ici, unité : sans dimension
- \( \varepsilon_{\text{L}} \) : déformation longitudinale, 0,05 % ici, unité : sans dimension
- Le « −1 » : retranche le volume initial pour ne garder que la variation, unité : sans dimension
Il remplace le produit par une somme, en ne gardant que les termes du premier ordre.
Parce que le développement du produit fait apparaître des termes croisés en \( \varepsilon_i\,\varepsilon_j \), du second ordre : pour des déformations de quelques pour cent, ils valent quelques dix-millièmes. Les négliger transforme un produit en somme, calculable de tête.
- \( \varepsilon_{\text{R}} + \varepsilon_{\text{T}} + \varepsilon_{\text{L}} \) : somme des trois déformations relatives, unité : sans dimension
- Termes négligés : les produits deux à deux, du second ordre, unité : sans dimension
- Terme dominant négligé : \( \varepsilon_{\text{R}}\,\varepsilon_{\text{T}} \), soit 0,042 % ici, unité : sans dimension
- Sens de l'erreur : la somme sous-estime toujours le gonflement, unité : sans objet
- Domaine : acceptable tant que les déformations restent sous quelques pour cent, unité : sans objet
"Beaucoup d'étudiants font l'erreur d'additionner les variations en millimètres — 2,40 + 7,80 + 2,50 — au lieu des déformations relatives..."
- L'erreur : La somme des millimètres vaut 12,70 — un nombre dont on ne sait que faire. Interprété comme un pourcentage, il donnerait un gonflement trois fois trop grand.
- La bonne méthode : Ramener chaque variation à sa dimension d'origine avant de sommer : 2,40/150, 7,80/300 et 2,50/5 000. On additionne alors des grandeurs sans dimension, ce qui a un sens.
- L'astuce de pro : Écrivez les trois déformations en pourcentage dès le départ : 1,60 %, 2,60 %, 0,05 %. La somme est alors immédiate et l'erreur d'homogénéité devient impossible.
- Le moyen mnémotechnique : « On somme des pour cent, pas des millimètres » — l'unité du résultat dit toujours ce qu'il fallait sommer.
- L'impact direct : Un gonflement volumique annoncé à 12,7 % au lieu de 4,29 % fausserait tout calcul de masse volumique à humidité donnée, et donc les charges permanentes dérivées.
Exécution de la Note de Calculs
- \( V_{\text{i}} \) et \( V_{\text{f}} \) : obtenus en mm³ — produit de trois longueurs en mm
- Leur rapport : grandeur sans dimension , les mm³ se simplifient
- Les déformations : grandeurs sans dimension , à exprimer en %
- \( \Delta V/V \) : grandeur sans dimension , jamais en mm³
- Conversion utile : 1 m³ vaut 10⁹ mm³ — la poutre fait 0,225 m³
Cette question ne comporte aucune conversion, mais elle comporte un piège d'homogénéité. Le gonflement volumique est un rapport : il n'a pas d'unité. Tout résultat exprimé en mm³ ou en millimètres signale qu'on a sommé ou soustrait au lieu de diviser. L'unité du résultat est ici le meilleur des contrôles.
1. Résolution Numérique Volume initial de la poutrePourquoi fait-on ce calcul ? Pour disposer d'une référence. Le gonflement volumique n'a de sens que rapporté au volume de départ.
Produit des trois dimensions nominales, celles de l'état initial à 12 % d'humidité.
- Substitution : \( b_{\text{i}} = 150 \) mm, \( h_{\text{i}} = 300 \) mm et \( L_{\text{i}} = 5\,000 \) mm.
- Piège évité : Conserver les millimètres pour les trois dimensions. Mélanger mm et m donnerait un volume faux d'un facteur mille ou un million.
- Hypothèse validée : Section constante sur toute la longueur : la poutre est un parallélépipède droit.
- Vérification croisée : \( 0{,}150 \times 0{,}300 \times 5{,}000 = 0{,}225 \) m³, soit 2,25 × 10⁸ mm³. Les deux systèmes d'unités concordent.
- Finalité : Ce volume servira de dénominateur au gonflement volumique.
2,25 × 10⁸ mm³, soit 0,225 m³ de bois. Voyons ce que ce chiffre représente.
- Ordre de grandeur : Un peu plus d'un cinquième de mètre cube : à 520 kg/m³ pour du Douglas à 12 %, la poutre pèse environ 117 kg.
- Impact sur la suite : C'est l'étalon auquel sera rapporté le volume final. Il ne sert à rien d'autre dans le calcul.
- Cohérence : Le mètre cube est l'unité de commande du bois de charpente. Exprimer le volume dans cette unité est ce qui permet de dialoguer avec le fournisseur.
- Attention : Ce volume est celui de l'état initial à 12 %. Un volume de bois n'a de sens qu'assorti de son humidité de référence.
- Comparaison : La section seule vaut 45 000 mm², soit 450 cm². C'est cette grandeur, et non le volume, qui interviendrait dans un calcul de compression.
Remarque pédagogique : Faites convertir le volume en mètres cubes et en déduire la masse. Un nombre en mm³ ne parle à personne ; 0,225 m³ et 117 kg se visualisent immédiatement. C'est aussi l'occasion de rappeler qu'une masse volumique de bois s'accompagne toujours d'une humidité — sans quoi elle ne veut rien dire.
Volume final de la poutrePourquoi fait-on ce calcul ? Parce que c'est le volume réel de la poutre dans son nouvel état d'équilibre, celui qu'elle occupera dans l'ouvrage.
Produit des trois dimensions finales établies à la question 2, sans arrondi intermédiaire.
- Substitution : \( b_{\text{f}} = 152{,}40 \) mm, \( h_{\text{f}} = 307{,}80 \) mm et \( L_{\text{f}} = 5\,002{,}50 \) mm.
- Piège évité : Ne pas arrondir les dimensions finales. Ramener 5 002,50 à 5 000 supprimerait la contribution longitudinale et fausserait le résultat de 0,05 point.
- Hypothèse validée : La pièce reste parallélépipédique : les faces demeurent planes et les angles droits, ce qui suppose un débit sur quartier régulier.
- Vérification croisée : La section finale vaut \( 152{,}40 \times 307{,}80 = 46\,908{,}72 \) mm², soit 4,24 % de plus que les 45 000 mm² initiaux. Cohérent avec la somme des deux déformations de section.
- Finalité : Ce volume sera rapporté au volume initial pour donner le gonflement.
2,3466 × 10⁸ mm³, soit près de 0,235 m³. Voyons ce que ce chiffre représente.
- Ordre de grandeur : Près de dix litres de bois en plus, pour une pièce qui n'a pourtant pas gagné un gramme de matière ligneuse — seulement de l'eau.
- Impact sur la suite : C'est le numérateur du rapport. Le gonflement volumique s'en déduit par une simple division.
- Cohérence : La section à elle seule gonfle de 4,24 %, et la longueur ajoute 0,05 %. Le total de 4,29 % se retrouve bien.
- Attention : La masse volumique ne suit pas la même loi : la masse augmente aussi, du fait de l'eau absorbée. Les deux effets se compensent partiellement.
- Comparaison : La masse d'eau ajoutée vaut environ 46 kg par mètre cube de bois sec, soit près de 10 kg pour cette poutre. C'est autant de charge permanente supplémentaire.
Remarque pédagogique : Profitez de ce calcul pour poser la question de la masse : la poutre a-t-elle grossi sans changer de poids ? Non — elle a absorbé de l'eau, et gagné une dizaine de kilogrammes. C'est un effet que les calculs de charge permanente négligent souvent, et qui n'est pas anodin sur une charpente entière passant en classe de service 2.
Gonflement volumique exactPourquoi fait-on ce calcul ? Parce que c'est l'indicateur de synthèse : celui qui figure dans les fiches d'essence et permet de comparer un bois à un autre.
Rapport des deux volumes, diminué de 1, et exprimé en pourcentage.
- Substitution : \( V_{\text{f}} = 2{,}3466 \times 10^{8} \) mm³ et \( V_{\text{i}} = 2{,}2500 \times 10^{8} \) mm³.
- Piège évité : Ne pas oublier de retrancher 1. Le rapport brut vaut 1,0429 : l'annoncer tel quel donnerait un « gonflement de 104 % ».
- Hypothèse validée : Les deux volumes portent sur la même pièce, dans deux états d'équilibre. Le rapport isole donc bien l'effet de l'humidité.
- Vérification croisée : Le produit \( 1{,}016 \times 1{,}026 \times 1{,}0005 \) donne 1,0429 sans passer par les volumes. Les deux voies concordent.
- Finalité : Fournir le résultat de référence, auquel sera comparée l'approximation linéaire.
4,29 % de gonflement volumique pour dix points d'humidité. Voyons ce que ce chiffre représente et comment le situer.
- Ordre de grandeur : Soit environ 0,43 % par point d'humidité, valeur cohérente avec le coefficient de retrait volumique tabulé du Douglas.
- Impact sur la suite : Cet indicateur sert à comparer les essences entre elles, mais il ne dit rien du jeu à prévoir : c'est la variation tangentielle qui commande.
- Cohérence : La direction tangentielle apporte 2,60 points sur 4,29, la radiale 1,60 et la longitudinale 0,05. Le tangentiel pèse à lui seul plus de la moitié.
- Attention : Ce gonflement modifie la masse volumique apparente : à masse de bois sec constante, un volume plus grand donne une masse volumique anhydre plus faible.
- Comparaison : Le bois thermo-traité, dont les coefficients sont réduits de moitié à trois quarts, gonflerait de 1 à 2 % seulement dans les mêmes conditions.
Remarque pédagogique : Faites ramener le résultat à un point d'humidité : 0,43 % par point. Cette forme est directement comparable au coefficient de retrait volumique des fiches d'essence, et elle permet de vérifier la cohérence de l'ensemble sans refaire le calcul. C'est aussi sous cette forme que le résultat devient transposable à une autre amplitude.
Comparaison avec l'approximation linéairePourquoi fait-on ce calcul ? Pour savoir ce que coûte l'approximation que l'on emploiera en pratique. Une approximation dont on a mesuré l'erreur devient un outil ; sans cela, c'est un pari.
Somme des trois déformations relatives, puis comparaison au résultat exact.
- Substitution : \( \varepsilon_{\text{R}} = 1{,}60 \) %, \( \varepsilon_{\text{T}} = 2{,}60 \) % et \( \varepsilon_{\text{L}} = 0{,}05 \) %.
- Piège évité : Sommer des pourcentages et non des millimètres. La somme des variations dimensionnelles vaudrait 12,70 mm, grandeur sans rapport avec un gonflement volumique.
- Hypothèse validée : Déformations faibles, de quelques pour cent : le développement au premier ordre reste légitime.
- Vérification croisée : Le terme croisé dominant vaut \( 0{,}016 \times 0{,}026 = 0{,}042 \) %, ce qui explique presque exactement l'écart de 0,04 point observé.
- Finalité : Établir le domaine dans lequel l'approximation peut remplacer le calcul exact.
4,25 % contre 4,29 % : un écart de 0,04 point, soit 1 % en relatif. Voyons ce que cela signifie.
- Ordre de grandeur : Un écart très inférieur à la dispersion des coefficients eux-mêmes, qui atteint 20 % d'une bille à l'autre. L'approximation est donc largement acceptable.
- Impact sur la suite : On peut employer la somme en avant-projet sans scrupule, et réserver le produit exact aux cas de fortes amplitudes.
- Cohérence : L'écart est toujours du même signe : la somme sous-estime le gonflement, parce que tous les termes croisés négligés sont positifs.
- Attention : L'erreur croît comme le carré des déformations. Pour un séchage complet depuis le PSF, avec des déformations trois fois plus grandes, elle atteindrait près de 10 % en relatif.
- Comparaison : La direction longitudinale ne pèse que 0,05 sur 4,25, soit 1,2 % du total. Elle est ici pleinement négligeable — ce qui n'était pas le cas en millimètres.
Remarque pédagogique : Faites rapprocher ce résultat de celui de la question 2 : la direction longitudinale y était non négligeable en millimètres, elle est ici négligeable en contribution volumique. Même grandeur, même calcul, deux conclusions opposées selon le critère retenu. C'est la meilleure illustration possible de ce qu'une approximation n'a de sens que rapportée à un usage.
"J'ai trois nombres en millimètres. Seuls, ils n'intéressent personne : l'entreprise ne me demande pas de combien la poutre gonfle, elle me demande quel sabot commander. Or un gonflement libre ne fait aucun dégât — la poutre grandit, et voilà tout. Ce qui casse, c'est le gonflement empêché. Et là, le bois est dans la pire configuration possible : il est très mobile perpendiculairement au fil, et très faible dans cette même direction. Il pousse fort et il résiste peu. Je vais donc estimer la contrainte que développerait un bridage total, et la comparer aux résistances transversales. Je sais d'avance que le résultat sera écrasant — c'est justement pour cela qu'un ordre de grandeur suffit : je ne cherche pas à dimensionner un bridage, je cherche à établir qu'il est hors de question."
- Observation : Le module perpendiculaire au fil vaut 370 N/mm², contre 11 000 dans le sens axial : le bois est trente fois plus souple en travers. Mais la déformation imposée par l'humidité y est, elle, cent fois plus grande qu'en flexion de service.
- Analyse du risque : Un sabot dimensionné au nu de la cote nominale bloque le gonflement dès les premiers points d'humidité. La contrainte de traction transversale induite dépasse la résistance d'un facteur vingt-quatre : la poutre fend au droit de l'assemblage.
- Choix stratégique : Je calcule la contrainte dans la direction tangentielle, la plus défavorable, et je la compare aux deux résistances transversales — compression et traction — parce que le mécanisme de ruine n'est pas le même selon la géométrie du bridage.
- Alternative : J'aurais pu mener un calcul mécano-sorptif complet, tenant compte du fluage sous humidité variable qui relaxe une part importante de la contrainte. Je l'écarte : il donnerait une valeur plus faible, mais toujours très au-delà de la résistance. La conclusion ne changerait pas.
- Objectif visé : Sortir avec une prescription, pas un constat. L'entreprise doit recevoir un nombre de millimètres à reporter sur sa commande, assorti de la raison qui le justifie.
Voir uniquement le résultat final (Auto-évaluation)
Un matériau qui se déforme librement ne développe aucune contrainte. Toute la pathologie du bois en service vient de ce que quelque chose s'oppose à un mouvement que rien ne peut arrêter.
Deux relations : une loi de comportement lue à l'envers, et un critère de conception qui n'a rien d'un calcul mais qui est le vrai livrable de l'étude.
Contrainte de gonflement totalement empêché :Elle donne la contrainte qu'il faudrait appliquer pour annuler le gonflement — donc celle que développe un bridage parfait.
Parce qu'empêcher une déformation revient à superposer la déformation opposée, et que la loi de Hooke donne la contrainte associée. Le raisonnement est le même que pour une dilatation thermique bridée : la cause diffère, la mécanique est identique.
- \( \sigma_{90} \) : contrainte perpendiculaire au fil développée par le bridage, unité : N/mm²
- \( E_{90,\text{mean}} \) : module moyen perpendiculaire au fil, 370 N/mm² pour le C24, unité : N/mm²
- \( \varepsilon \) : déformation empêchée, ici la déformation tangentielle 0,026, unité : sans dimension
- À ne pas employer : \( E_{0,\text{mean}} = 11\,000 \) N/mm², module axial, unité : N/mm²
- Nature du résultat : borne haute élastique, non relaxée par le fluage, unité : sans objet
Il traduit la seule stratégie viable : prévoir un jeu au moins égal au mouvement attendu.
Parce que résister au gonflement est impossible : la contrainte développée dépasse de très loin la résistance transversale du bois, quelle que soit la robustesse de l'assemblage. La seule conception qui tient est celle qui accompagne le mouvement au lieu de s'y opposer.
- \( j \) : jeu à prévoir dans l'assemblage, unité : mm
- \( \Delta d \) : variation dimensionnelle attendue dans la direction concernée, unité : mm
- Direction critique : celle du plus grand coefficient, ici la tangentielle, unité : sans objet
- Arrondi : toujours au millimètre supérieur, unité : mm
- Référence normative : EN 1995-1-1 § 10.2, prise en compte des variations dimensionnelles, unité : sans objet
"Beaucoup d'étudiants font l'erreur de conclure que le gonflement est faible et donc sans conséquence, parce que quelques millimètres sur trente centimètres paraissent négligeables..."
- L'erreur : Juger 7,80 mm sur 300 « négligeable » revient à ignorer une déformation de 2,6 %. C'est près de trente fois la déformation qu'une poutre subit en flexion sous charge de service.
- La bonne méthode : Convertir systématiquement une déformation empêchée en contrainte, et la comparer à la résistance. C'est le seul raisonnement qui permet de trancher.
- L'astuce de pro : Retenez que le bois est mobile et faible dans la même direction : il pousse fort perpendiculairement au fil, et c'est précisément là qu'il ne résiste à rien.
- Le moyen mnémotechnique : « Le bois ne casse pas en bougeant, il casse en étant retenu ».
- L'impact direct : Les fentes au droit des assemblages sont la pathologie la plus fréquente des charpentes bois. Elles ne viennent presque jamais d'un défaut de résistance mécanique, mais d'un mouvement hygroscopique bridé.
Exécution de la Note de Calculs
- \( E_{90,\text{mean}} \) : exprimé en N/mm² — identique au MPa, aucune conversion
- \( \varepsilon \) : grandeur sans dimension — 0,026 et non 2,6
- \( \sigma_{90} \) : obtenue en N/mm² — directement comparable aux résistances
- \( f_{\text{c},90,\text{k}} \) et \( f_{\text{t},90,\text{k}} \) : en N/mm² , valeurs caractéristiques
- Le jeu : en mm , arrondi au millimètre supérieur
Le seul piège d'unité de cette question porte sur la déformation. Elle vaut 0,026 en valeur décimale, et non 2,6 comme on l'écrit en pourcentage. Employer 2,6 donnerait une contrainte de 962 N/mm², cent fois trop grande — absurde, mais dans le même sens que le résultat correct, donc facile à ne pas voir.
1. Résolution Numérique Contrainte de gonflement empêchéPourquoi fait-on ce calcul ? Pour chiffrer le danger du bridage. Sans ce nombre, l'affirmation « il faut laisser bouger le bois » reste un principe que rien ne justifie.
Loi de Hooke appliquée à la déformation tangentielle, la plus grande des trois, avec le module perpendiculaire au fil.
- Substitution : \( E_{90,\text{mean}} = 370 \) N/mm² pour le C24 et \( \varepsilon_{\text{T}} = 0{,}026 \) issue de la question 1.
- Piège évité : Ne pas employer \( E_{0,\text{mean}} = 11\,000 \) N/mm². Le gonflement se produit perpendiculairement au fil : c'est le module transversal qui s'applique.
- Hypothèse validée : Bridage total et comportement élastique. Deux hypothèses volontairement défavorables : le résultat est une borne haute.
- Vérification croisée : \( 370 \times 0{,}026 \) revient à prendre 2,6 % de 370, soit environ 9,6. Le calcul mental confirme.
- Finalité : Cette contrainte sera confrontée aux deux résistances transversales du bois.
9,62 N/mm² perpendiculairement au fil. Voyons ce que ce chiffre représente et comment le situer.
- Ordre de grandeur : Près de dix N/mm², soit 98 kg par centimètre carré de surface bridée. Le gonflement contrarié développe des pressions considérables.
- Impact sur la suite : C'est le numérateur des deux comparaisons qui suivent. Le verdict est déjà lisible : cette valeur dépasse largement les résistances transversales.
- Cohérence : C'est près des deux tiers de la contrainte de flexion admissible du C24 en service — obtenue sans aucune charge extérieure, par la seule variation d'humidité.
- Attention : Cette valeur est une borne haute élastique. Le fluage mécano-sorptif en relaxerait une part importante — sans jamais ramener la contrainte sous la résistance.
- Comparaison : Dans la direction radiale, avec \( \varepsilon_{\text{R}} = 0{,}016 \), la contrainte tomberait à 5,92 N/mm². Toujours bien au-delà du supportable.
Remarque pédagogique : Convertissez la contrainte en kilogrammes par centimètre carré : environ 98. Ce chiffre rend tangible ce qu'un N/mm² ne dit pas, et il rejoint une technique attestée — celle des coins de bois sec humidifiés que l'on employait pour fendre la pierre. Le calcul retrouve un procédé millénaire.
Comparaison aux résistances transversalesPourquoi fait-on ce calcul ? Parce qu'une contrainte n'a de sens que rapportée à une résistance. Et le bois en possède deux, très différentes, selon que le bridage comprime ou tire.
Deux rapports, à la compression et à la traction transversales, parce que le mécanisme de ruine dépend de la géométrie du bridage.
- Substitution : \( \sigma_{90} = 9{,}62 \) N/mm², \( f_{\text{c},90,\text{k}} = 2{,}5 \) et \( f_{\text{t},90,\text{k}} = 0{,}4 \) N/mm² pour le C24.
- Piège évité : Ne pas comparer à \( f_{\text{m},\text{k}} = 24 \) N/mm². La résistance en flexion n'a rien à voir : elle s'exerce parallèlement au fil, pas en travers.
- Hypothèse validée : Comparaison à des valeurs caractéristiques, sans coefficients partiels. L'objet est un ordre de grandeur, pas une vérification réglementaire.
- Vérification croisée : Le rapport entre les deux résistances vaut \( 2{,}5/0{,}4 = 6{,}25 \) : le bois résiste six fois mieux à l'écrasement transversal qu'à la fente.
- Finalité : Établir que le bridage est impraticable, quelle que soit la nature de l'effort qu'il induit.
3,85 fois la résistance en compression transversale, 24 fois celle en traction. Voyons ce que cela implique.
- Ordre de grandeur : Un dépassement d'un facteur 4 à 24 : ce n'est pas un ajustement de conception, c'est l'impossibilité physique de brider.
- Impact sur la suite : La seule stratégie viable est de libérer le mouvement. Le jeu à prévoir en découle immédiatement.
- Cohérence : En compression, le bois s'écrase localement et absorbe une partie du mouvement sans rompre. En traction, il fend — et la fente ne se referme jamais.
- Attention : Le mode traction transversale est le plus dangereux : ruine fragile, sans déformation annonciatrice, et irréversible. C'est le mécanisme des fentes au droit des assemblages.
- Comparaison : Même en divisant la contrainte par trois pour tenir compte du fluage mécano-sorptif, le rapport resterait de 8 en traction. La conclusion ne dépend pas de l'hypothèse élastique.
Remarque pédagogique : Faites comparer aux deux résistances plutôt qu'à une seule. Les étudiants découvrent que le bois encaisse honorablement l'écrasement transversal — il se tasse — mais qu'il ne supporte quasiment rien en traction perpendiculaire. Cette dissymétrie explique pourquoi un assemblage qui serre est moins grave qu'un assemblage qui retient.
Jeu minimal à prescrirePourquoi fait-on ce calcul ? Parce que c'est le livrable de toute l'étude. L'entreprise attend un nombre de millimètres, pas un exposé sur l'anisotropie du bois.
Reprise de la variation tangentielle, la plus grande, et arrondi au millimètre supérieur.
- Substitution : \( \Delta h = 7{,}80 \) mm, variation maximale, issue de la question 1.
- Piège évité : Ne pas retenir la variation de largeur, plus faible. Le jeu doit couvrir le mouvement le plus grand, pas le plus commode.
- Hypothèse validée : Assemblage dont la géométrie autorise un jeu : sabot, étrier ou trou oblong. Un assemblage collé exigerait une autre stratégie.
- Vérification croisée : Le jeu retenu doit rester compatible avec la tenue mécanique de l'assemblage : 8 mm sur une hauteur de 300 représente 2,7 %, ce qui reste acceptable.
- Finalité : Fournir la prescription à porter sur le plan d'exécution.
8 mm de jeu à prévoir en hauteur. Voyons ce que cette prescription implique concrètement.
- Ordre de grandeur : Huit millimètres, soit 2,7 % de la hauteur. C'est un jeu important, qui doit être annoncé explicitement pour ne pas être pris pour un défaut de fabrication.
- Impact sur la suite : Le sabot doit être commandé pour une hauteur de 308 mm, ou muni de trous oblongs permettant ce déplacement.
- Cohérence : En largeur, un jeu de 3 mm suffirait — 2,40 arrondi au supérieur. Les deux directions n'appellent pas la même prescription.
- Attention : Le jeu doit être maintenu libre en service : ni cale, ni mousse expansive, ni scellement ne doivent venir le combler après coup.
- Comparaison : Si le bois était posé à 17 % plutôt qu'à 12 — humidité intermédiaire — l'amplitude tomberait à 5 points et le jeu à 4 mm. Poser le bois à l'humidité d'équilibre du local divise le problème par deux.
Remarque pédagogique : Terminez sur la meilleure des solutions, qui n'est pas le jeu : c'est de poser le bois à une humidité proche de son équilibre en service. Un bois séché à 12 % puis installé dans un local à 22 % subira toute l'amplitude ; le même bois livré à 17 % n'en subira que la moitié, dans un sens puis dans l'autre. C'est une décision de chantier, pas de calcul — et c'est souvent la plus efficace.
BILAN FINAL DE LA MISSION
Checklist d'Auto-Évaluation
Avant de clore cet exercice, vérifiez que vous avez bien assimilé la démarche globale de conception :
Avis technique — jeu de 8 mm à prévoir en hauteur ; bridage à proscrire. Le passage de 12 à 22 % d'humidité fait gonfler la poutre de 2,40 mm en largeur, direction radiale, de 7,80 mm en hauteur, direction tangentielle, et de 2,50 mm en longueur. La section finale mesure 152,40 × 307,80 mm et le gonflement volumique atteint 4,29 %. Un bridage total de la hauteur développerait une contrainte transversale de 9,62 N/mm², soit 3,85 fois la résistance en compression perpendiculaire et 24 fois celle en traction perpendiculaire du C24. Les sabots doivent donc être commandés pour une hauteur de 308 mm, ou munis de trous oblongs autorisant ce déplacement.
Les trois directions s'échelonnent en 0,05 %, 1,60 % et 2,60 % — un rapport de 52. C'est cette anisotropie, et non l'amplitude du mouvement, qui fait toute la difficulté du bois : une pièce qui change d'humidité ne grandit pas, elle se déforme. Un gonflement libre ne cause d'ailleurs aucun dommage ; ce qui casse, c'est le gonflement empêché. La plus-value technique de cette étude tient à ce qu'elle passe de quelques millimètres jugés anodins à une prescription chiffrée.
Les valeurs de coefficients et les résistances caractéristiques employées dans cet exercice proviennent des tableaux de la NF EN 1995-1-1 et des normes produits associées. Chacune est rattachée ci-dessous à la clause ou au tableau qui la fixe, de sorte qu'un tiers puisse la retrouver et vérifier le calcul sans le refaire. Les valeurs relevant d'un paramètre national sont signalées comme telles : c'est l'annexe nationale du pays du projet qui les arrête. Les coefficients qui ont pu être confirmés sur source — \( k_{\text{mod}} \), \( \gamma_{M} \) et \( \beta_{\text{c}} \) — ne figurent pas dans cette liste.








