Gestion Optimisée d'un Chantier
Établir le calendrier détaillé d'exécution d'une maison individuelle, en déduire le chemin critique et chiffrer, au titre du CCAG Travaux, ce que coûte un retard de livraison de la toiture.
Contexte de l'Étude & Enjeux
Le Contexte : Une entreprise générale vient de se voir notifier un marché de travaux portant sur la construction d'une maison individuelle. Le marché est entré dans sa période de préparation : avant que le premier coup de pelle ne soit donné, l'entreprise doit remettre au maître d'œuvre son programme d'exécution et le calendrier d'exécution qui l'accompagne. Ce n'est pas une formalité administrative. Une fois accepté, ce calendrier devient une pièce contractuelle du marché, et c'est lui qui servira d'étalon pour mesurer les retards et, le cas échéant, pour appliquer des pénalités journalières. Vous êtes le conducteur de travaux chargé de l'établir, puis d'analyser ce qui se passe lorsqu'un fournisseur annonce du retard.
Avant de tracer la moindre barre de Gantt, voici les éléments fondamentaux que vous devez avoir à l'esprit. Ce sont eux qui donnent au calendrier sa portée contractuelle :
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Enjeu Principal : L'ouvrage se décompose en six tâches élémentaires enchaînées par des relations d'antériorité. Tant que ces enchaînements ne sont pas posés, la durée du chantier reste inconnue : elle ne se lit dans aucune des durées prises isolément.
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Environnement contractuel : Le marché est un marché public de travaux qui renvoie au CCAG Travaux. Ce document impose le contenu du calendrier, fixe le taux des pénalités de retard et prévoit aussi les cas où elles ne s'appliquent pas.
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L'objectif final : Identifier les tâches sur lesquelles aucun retard n'est absorbable. Se tromper de tâche, c'est surveiller la mauvaise équipe et découvrir le retard quand il est trop tard pour le rattraper.
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L'astuce de l'ingénieur : Dessinez le réseau des tâches avant de calculer quoi que ce soit. Un enchaînement mal lu se voit immédiatement sur un croquis, alors qu'il reste invisible dans un tableau de chiffres.
Le maître d'œuvre attend votre calendrier sous huitaine. Il ne veut pas seulement une date de fin : il veut savoir quelles tâches sont tendues, lesquelles disposent d'un matelas de sécurité, et ce que coûterait concrètement un dérapage. Votre note de calculs doit répondre à ces trois questions, puis chiffrer en euros l'incident qui vient de vous être annoncé.
- Le grand défi : Un fournisseur annonce cinq jours de retard sur la livraison des tuiles. Faut-il s'alarmer, ou le planning peut-il l'encaisser sans bouger la date de livraison ?
- Votre rôle : Établir le calendrier, en extraire le chemin critique et les marges, puis appliquer les clauses du CCAG pour dire si l'entreprise sera pénalisée, et de combien.
- Le tableau complet des dates : pour chacune des six tâches, ses dates de début et de fin au plus tôt et au plus tard. C'est la matière première de tout le reste ; les trois questions suivantes s'y ramènent.
- Le chemin critique et la durée contractuelle : la séquence de tâches à marge nulle, et la durée d'exécution qui en découle, celle qui sera reportée dans le calendrier remis au maître d'œuvre.
- Les deux marges de la pose des fenêtres : la marge totale et la marge libre, distinctes l'une de l'autre, avec ce que chacune autorise réellement sur le terrain.
- Le chiffrage de l'incident : l'allongement du délai en jours, puis la pénalité en euros calculée selon le CCAG Travaux, en n'oubliant aucune des clauses qui l'encadrent.
Toutes les données de l'étude tiennent en deux familles. La première décrit l'ouvrage : les six tâches, leur durée d'exécution et les liens d'antériorité qui les relient. La seconde décrit le contrat : le montant du marché, l'origine du délai et le régime des pénalités. La première famille donne la durée du chantier, la seconde donne le prix d'un jour perdu. Les deux sont nécessaires ; travailler sur la première seule revient à établir un planning qu'aucune conséquence ne sanctionne.
Formulaire & Aide-Mémoire (À consulter en cas de besoin)
Retrouvez ici les formules principales pour cet exercice. Ne les apprenez pas par cœur, comprenez comment les appliquer ! Les quatre premières servent à remplir le tableau des dates, les deux suivantes à mesurer la souplesse du planning, la dernière à traduire un retard en jours de dérive.
- Fin au plus tôt \( \text{DFPT}(i) = \text{DDPT}(i) + \text{D}(i) \)
- Début au plus tôt \( \text{DDPT}(j) = \max_{i \in \text{Pred}(j)} \text{DFPT}(i) \)
- Début au plus tard \( \text{DDPTa}(i) = \text{DFPTa}(i) - \text{D}(i) \)
- Fin au plus tard \( \text{DFPTa}(i) = \min_{j \in \text{Succ}(i)} \text{DDPTa}(j) \)
- Marge totale \( M_{\text{T}}(i) = \text{DDPTa}(i) - \text{DDPT}(i) \)
- Marge libre \( M_{\text{L}}(i) = \min_{j \in \text{Succ}(i)} \text{DDPT}(j) - \text{DFPT}(i) \)
- Dérive du projet \( \Delta = \max\bigl(0 \,;\, R - M_{\text{T}}\bigr) \)
- Pénalité journalière \( p = \dfrac{M_{\text{HT}}}{3\,000} \)
TÂCHES ÉLÉMENTAIRES, DURÉES ET ANTÉRIORITÉS
| Tâche | Désignation | Durée | Prédécesseurs |
|---|---|---|---|
| A | Fondations Arrêté du 21/12/1993 | 10 | — |
| B | Élévation des murs | 15 | A |
| C | Pose de la charpente | 5 | B |
| D | Couverture de la toiture | 10 | C |
| E | Pose des fenêtres | 5 | B |
| F | Finitions intérieures | 5 | D, E |
- Origine des délais : \( t_{0} = \mathbf{0} \text{ jour} \)
- Type de liaison : fin-à-début, sans décalage
- Unité de temps : le jour ouvré, durées fermes
CONTRAINTES CONTRACTUELLES ET RÉGIME DES PÉNALITÉS
| Symbole | Description | Valeur | Unité |
|---|---|---|---|
| \( M_{\text{HT}} \) | Montant du marché hors taxes, assiette des pénalités CCAG Travaux, art. 19.2.3 | 240 000 | € |
| \( \tau \) | Taux de la pénalité journalière de retard CCAG Travaux, art. 19.2.3 | 1 / 3 000 | par jour |
| \( S \) | Seuil d'exonération, en deçà duquel aucune pénalité n'est due CCAG Travaux, art. 19.2.1 | 1 000 | € |
| \( P_{\max} \) | Plafond des pénalités de retard, en part du montant hors taxes CCAG Travaux, art. 19.2.2 | 10 | % |
| \( R \) | Retard annoncé par le fournisseur sur la livraison des tuiles | 5 | jours |
- Période de préparation : deux mois, incluse dans le délai d'exécution mais hors du présent calcul
- Intempéries : aucune journée d'arrêt prévisible retenue
- Action corrective : aucun renfort de moyens envisagé pour rattraper le retard
Extraits de Normes & Abaques (Documents Annexes)
Servez-vous des documents ci-dessous pour extraire les coefficients nécessaires à votre résolution. Les quatre articles reproduits sont ceux du CCAG Travaux qui gouvernent le calendrier et les pénalités ; le cinquième est l'arrêté qui définit la mission d'ordonnancement, et qui nomme explicitement le chemin critique comme un livrable attendu.
Extrait du CCAG Travaux (arrêté du 30 mars 2021 modifié)| Article | Stipulation retenue pour l'étude |
|---|---|
| Art. 4.1 | Le calendrier détaillé d'exécution établi selon l'article 28.2 est une pièce contractuelle du marché, de rang supérieur au CCTP. |
| Art. 28.2.1 | Le programme d'exécution précise les matériels et les méthodes ; le calendrier d'exécution précise la date de démarrage des travaux et leur durée d'exécution. |
| Art. 19.2.3 | En cas de retard imputable au titulaire, il est appliqué une pénalité journalière de 1/3 000 du montant hors taxes de l'ensemble du marché. |
| Art. 19.2.1 | Le titulaire est exonéré des pénalités dont le montant total ne dépasse pas 1 000 euros pour l'ensemble du marché. |
| Art. 19.2.2 | Le montant total des pénalités de retard ne peut excéder 10 % du montant total hors taxes du marché. |
3. Méthodologie de Résolution & Travail Demandé
Le calendrier ne se construit pas d'un bloc. On procède en quatre temps, et chacun s'appuie strictement sur le précédent : d'abord le squelette temporel du projet, ensuite les tâches tendues, puis la souplesse disponible là où il y en a, et enfin la traduction contractuelle de l'incident annoncé. Sauter une étape, c'est répondre à la quatrième question sans disposer de la marge calculée à la troisième.
Question 1 : Établir le tableau des dates au plus tôt et au plus tard
Besoin d'un indice ? (Niveau 1)
Traitez les tâches dans l'ordre où elles deviennent calculables, pas dans l'ordre alphabétique. La tâche F attend deux prédécesseurs : elle ne peut être traitée qu'une fois D et E connues.
Toujours bloqué ? (Indice Niveau 2)
Passe avant : on prend le maximum des fins au plus tôt des prédécesseurs. Passe arrière : on prend le minimum des débuts au plus tard des successeurs. La passe arrière démarre sur la valeur trouvée en fin de passe avant.
Question 2 : Identifier le chemin critique et la durée d'exécution
Besoin d'un indice ? (Niveau 1)
Une tâche est critique lorsque sa fenêtre de tir est réduite à un point : elle ne peut commencer ni plus tôt, ni plus tard.
Toujours bloqué ? (Indice Niveau 2)
Comparez colonne à colonne la date de début au plus tard et la date de début au plus tôt. Là où l'écart est nul, la tâche est critique. Le chemin critique doit former une chaîne continue du début à la fin du projet.
Question 3 : Calculer les deux marges de la pose des fenêtres
Besoin d'un indice ? (Niveau 1)
Les deux marges ne regardent pas le même horizon : l'une regarde la fin du projet, l'autre regarde seulement la tâche d'après.
Toujours bloqué ? (Indice Niveau 2)
La marge libre de E fait intervenir la date de début au plus tôt de F, pas sa date au plus tard. Repérez d'abord le seul successeur de E, puis appliquez la définition sans chercher plus loin.
Question 4 (Finale) : Chiffrer l'incident, du planning au bordereau de pénalités
Besoin d'un indice ? (Niveau 1)
Un retard ne se propage qu'au-delà de ce que la marge de la tâche peut absorber. Commencez par regarder si D dispose ou non d'une marge.
Toujours bloqué ? (Indice Niveau 2)
L'article 19.2 ne se résume pas au taux de 1/3 000. Lisez-le jusqu'au bout : trois clauses y interviennent, et l'une d'elles peut annuler purement et simplement le montant que vous venez de calculer.
Gestion Optimisée d'un Chantier
« Six tâches, six durées. La tentation est d'additionner : 10 + 15 + 5 + 10 + 5 + 5 = 50 jours. Ce serait juste si les tâches se suivaient toutes à la queue leu leu — or elles ne se suivent pas toutes. La pose des fenêtres et la pose de la charpente partent toutes deux des murs : elles se déroulent en parallèle. Additionner reviendrait à faire payer deux fois la même semaine. Inversement, la tentation opposée — prendre la tâche la plus longue — donnerait 15 jours, ce qui est absurde. La durée réelle n'est ni la somme ni le maximum : c'est le plus long chemin dans le réseau. Et pour l'obtenir, je n'ai pas besoin d'énumérer les chemins un par un : deux balayages du réseau suffisent. »
- Observation : Le réseau se dédouble après B et se referme sur F. Ces deux points de branchement sont les seuls endroits où un calcul demande un arbitrage ; partout ailleurs, on se contente d'ajouter une durée.
- Analyse du risque : Au point de convergence F, prendre la moyenne ou la première des fins des prédécesseurs au lieu de la plus tardive ferait démarrer les finitions avant que la toiture ne soit posée. Le planning serait cohérent sur le papier et impossible sur le terrain.
- Choix stratégique : Deux balayages complets plutôt qu'une énumération de chemins : une passe avant qui pousse les dates depuis l'origine, une passe arrière qui les tire depuis la fin. Le coût de calcul reste proportionnel au nombre de tâches, même sur un planning de plusieurs centaines de lignes.
- Alternative : On pourrait lister les trois chemins possibles et retenir le plus long. C'est faisable ici, mais la méthode ne donnerait aucune des dates au plus tard, donc aucune marge — et elle explose combinatoirement dès qu'on dépasse la dizaine de tâches.
- Objectif visé : Obtenir les quatre dates de chaque tâche. Tout le reste de l'étude — criticité, marges, impact d'un retard, montant des pénalités — n'est plus qu'une lecture ou une soustraction dans ce tableau.
Voir uniquement le résultat final (Auto-évaluation)
Un planning n'est pas une liste de durées, c'est un graphe orienté : les tâches en sont les nœuds, les relations d'antériorité les arcs. Dater ce graphe consiste à le parcourir deux fois, une fois dans chaque sens. Chaque parcours répond à une question différente, et c'est la confrontation des deux qui fait apparaître la souplesse du planning.
Quatre relations suffisent à dater n'importe quel réseau de tâches, quelle que soit sa taille. Les deux premières décrivent la passe avant, les deux suivantes la passe arrière. Elles fonctionnent par paires : une relation d'avancement le long d'une tâche, et une relation d'arbitrage à un point de branchement.
Formule 1 — Date de fin au plus tôt d'une tâche :Elle traduit l'avancement le long d'une tâche : on part de son début au plus tôt et on ajoute sa durée.
C'est la seule relation qui fasse intervenir la durée de la tâche dans la passe avant. Toutes les autres se contentent de propager des dates ; celle-ci consomme du temps. Sans elle, le réseau resterait un simple graphe de dépendances, sans échelle temporelle.
- \( \text{DFPT}(i) \) : date de fin au plus tôt de la tâche \( i \), unité : jour
- \( \text{DDPT}(i) \) : date de début au plus tôt de la tâche \( i \), unité : jour
- \( \text{D}(i) \) : durée d'exécution de la tâche \( i \), unité : jour
Elle arbitre le cas où plusieurs tâches doivent être achevées avant qu'une autre ne puisse démarrer.
Parce qu'une tâche à plusieurs prédécesseurs ne démarre pas en moyenne : elle démarre quand le dernier prédécesseur a fini. C'est la relation qui traduit l'attente, et c'est aussi celle qui crée les marges — car tous les prédécesseurs sauf un finissent en avance.
- \( \text{DDPT}(j) \) : date de début au plus tôt de la tâche \( j \), unité : jour
- \( \text{Pred}(j) \) : ensemble des tâches qui doivent être achevées avant \( j \), unité : sans
- \( \text{DFPT}(i) \) : date de fin au plus tôt du prédécesseur \( i \), unité : jour
Symétrique de la formule 1, elle recule d'une durée depuis la date de fin au plus tard.
Elle répond à la question que se pose réellement le conducteur de travaux : « jusqu'à quand puis-je attendre avant de lancer cette équipe ? » La date au plus tôt indique une possibilité, la date au plus tard indique une obligation.
- \( \text{DDPTa}(i) \) : date de début au plus tard de la tâche \( i \), unité : jour
- \( \text{DFPTa}(i) \) : date de fin au plus tard de la tâche \( i \), unité : jour
- \( \text{D}(i) \) : durée d'exécution de la tâche \( i \), unité : jour
Elle arbitre le cas où une tâche conditionne le démarrage de plusieurs autres.
Parce qu'une tâche qui alimente plusieurs successeurs doit satisfaire le plus exigeant d'entre eux. C'est le pendant exact de la formule 2, mais le sens de l'arbitrage s'inverse : on prend le minimum, pas le maximum.
- \( \text{DFPTa}(i) \) : date de fin au plus tard de la tâche \( i \), unité : jour
- \( \text{Succ}(i) \) : ensemble des tâches qui ne peuvent démarrer qu'après \( i \), unité : sans
- \( \text{DDPTa}(j) \) : date de début au plus tard du successeur \( j \), unité : jour
« Beaucoup d'étudiants traitent les tâches dans l'ordre alphabétique et arrivent à la tâche F sans avoir encore daté la tâche D... alors ils prennent la seule valeur dont ils disposent, celle de E. »
- L'erreur : dater F à partir de E seul donne \( 30 + 5 = 35 \) jours au lieu de 45. Le planning perd dix jours d'un coup et devient irréalisable, alors qu'aucune ligne du calcul ne paraît fausse.
- La bonne méthode : classer les tâches par rang avant de calculer. Rang 0 : A. Rang 1 : B. Rang 2 : C et E. Rang 3 : D. Rang 4 : F. On calcule rang par rang, jamais lettre par lettre.
- L'astuce de pro : barrer chaque flèche du réseau au fur et à mesure. Une tâche devient calculable quand toutes les flèches qui entrent dans elle sont barrées — un contrôle visuel qui ne trompe pas.
- Le moyen mnémotechnique : « en avant, le dernier commande ; en arrière, le premier commande ». Maximum à l'aller, minimum au retour.
- L'impact direct : sur le chantier, une date de fin sous-estimée de dix jours se traduit par des équipes du lot suivant convoquées pour rien, et par un calendrier contractuel intenable dès sa signature.
Exécution de la Note de Calculs
- Durées des tâches : fournies en jours ouvrés, aucune conversion nécessaire
- Origine des délais : le jour 0 est un instant, pas une durée — il ne s'ajoute à rien
- Dates calculées : homogènes aux durées, exprimées en jours depuis l'origine
- Résultat de la passe avant : une date, qui devient la durée totale car l'origine est nulle
- Marges à venir : différences de deux dates, donc des durées en jours
Le calcul se mène en deux temps, dans l'ordre des rangs établi plus haut. La passe avant part de l'origine et descend le réseau ; la passe arrière repart de la date de fin trouvée et le remonte. Les deux tâches à traiter avec attention sont F à l'aller, qui converge, et B au retour, qui diverge. Partout ailleurs, une simple addition ou soustraction suffit.
1. Résolution Numérique Calcul 1 — Passe avant : dates au plus tôt \( \text{DDPT} \) et \( \text{DFPT} \)Pourquoi fait-on ce calcul ? Pour obtenir la durée minimale du projet. C'est la seule grandeur que le maître d'ouvrage attend vraiment à ce stade, et elle n'apparaît qu'à la toute dernière ligne du calcul.
On applique la formule 1 à chaque tâche, en déterminant au préalable sa date de début par la formule 2. L'enchaînement suit les rangs : A, puis B, puis C et E, puis D, puis F. Une seule ligne demande un arbitrage, celle de F.
- Substitution : on injecte les six durées du tableau de données : 10, 15, 5, 10, 5 et 5 jours, chacune à sa place dans le réseau.
- Piège évité : C et E démarrent toutes deux au jour 25. Ce n'est pas une erreur de recopie : elles partent du même prédécesseur B et se déroulent en parallèle.
- Hypothèse validée : les liaisons étant fin-à-début sans décalage, la date de début d'une tâche est exactement la date de fin de son prédécesseur, sans jour tampon.
- Vérification croisée : la durée obtenue doit être comprise entre 15 jours (la tâche la plus longue seule) et 50 jours (toutes les tâches en série). Tout résultat hors de cette fourchette est faux.
- Finalité : la valeur de \( \text{DFPT}(F) \) servira de point de départ à la passe arrière et de durée contractuelle au calendrier d'exécution.
45 jours : le projet est donc plus court que la somme brute des durées (50 jours) sans être ramené à la tâche la plus longue. L'écart de 5 jours est exactement le temps que la pose des fenêtres passe à travailler pendant la charpente.
- Ordre de grandeur : 45 jours ouvrés, soit environ neuf semaines de chantier. C'est cohérent pour le gros œuvre et le clos-couvert d'une maison individuelle.
- Impact sur la suite : cette valeur devient la date de fin au plus tard de F et amorce la passe arrière. Toute erreur ici se propage à l'intégralité des marges.
- Cohérence : le résultat tombe bien dans la fourchette 15 à 50 jours annoncée, et le maximum retenu pour F est effectivement l'une des deux fins proposées.
- Attention : les dix jours d'avance de la tâche E ne raccourcissent en rien le projet. Ils ne disparaissent pas pour autant : ils vont réapparaître sous forme de marge à la question 3.
- Comparaison : cette durée de 45 jours est celle qui sera portée au calendrier d'exécution exigé par l'article 28.2.1 du CCAG Travaux. Elle n'a plus rien d'indicatif à partir de là.
Remarque pédagogique : Notez que \( \text{DFPT}(F) \) est à la fois une date et une durée. Cette coïncidence n'existe que parce que l'origine des délais a été prise à zéro. Si le marché fixait un ordre de service au jour 12, la fin tomberait au jour 57 pour une durée d'exécution inchangée de 45 jours.
Calcul 2 — Passe arrière : dates au plus tard \( \text{DFPTa} \) et \( \text{DDPTa} \)Pourquoi fait-on ce calcul ? Pour connaître la date limite de chaque tâche. C'est cette seconde série de dates qui, confrontée à la première, révélera où le planning est tendu et où il respire.
On pose \( \text{DFPTa}(F) = \text{DFPT}(F) = 45 \) jours, puis on remonte le réseau en appliquant la formule 3, la date de fin au plus tard étant fournie par la formule 4. L'ordre des rangs s'inverse : F, puis D et E, puis C, puis B, puis A.
- Substitution : on réutilise les mêmes six durées, mais en soustraction cette fois, en partant de la valeur 45 jours obtenue au calcul précédent.
- Piège évité : pour la tâche B, il faut prendre le minimum de 25 et 35, soit 25. Prendre le maximum, par symétrie mal comprise avec la passe avant, donnerait 35 et annulerait toutes les marges du projet.
- Hypothèse validée : on retient comme échéance la durée minimale issue de la passe avant. Le marché ne fixe ici aucun délai plus long qui viendrait desserrer le planning.
- Vérification croisée : la passe arrière doit ramener exactement \( \text{DDPTa}(A) = 0 \). C'est le contrôle de bouclage : il valide d'un coup les douze dates du tableau.
- Finalité : disposer des quatre dates par tâche nécessaires au calcul des marges totales, objet de la question suivante.
Le calcul reboucle exactement sur zéro. Ce n'est pas une coïncidence heureuse mais la preuve que le réseau a été parcouru sans faute : si une seule des douze dates était erronée, la dernière ligne ne retomberait pas sur l'origine.
- Ordre de grandeur : toutes les dates au plus tard sont égales à leurs homologues au plus tôt, sauf pour la tâche E. Une seule tâche du projet dispose donc de souplesse.
- Impact sur la suite : les marges de la question 2 se lisent désormais par simple soustraction ; plus aucun parcours de réseau n'est nécessaire.
- Cohérence : aucune date au plus tard n'est inférieure à la date au plus tôt correspondante. Le planning est donc faisable en l'état.
- Attention : la ligne de la tâche B est la seule qui exige un arbitrage. C'est la charpente, et non les fenêtres, qui impose aux murs d'être terminés au jour 25.
- Comparaison : l'écart de 10 jours constaté sur la seule tâche E correspond très exactement à l'avance qu'elle prenait déjà à la passe avant. Les deux calculs se confirment mutuellement.
Remarque pédagogique : Le contrôle de bouclage sur zéro est la vérification la plus rentable de tout l'exercice : elle ne coûte rien et valide l'ensemble du parcours. Prenez l'habitude de la faire avant de recopier quoi que ce soit au propre.
Tableau récapitulatif des dates — livrable de la question 1Les deux passes sont assemblées ci-dessous. La dernière colonne anticipe la question suivante : elle donne l'écart entre début au plus tard et début au plus tôt.
| Tâche | Durée | DDPT | DFPT | DDPTa | DFPTa | Écart |
|---|---|---|---|---|---|---|
| A | 10 | 0 | 10 | 0 | 10 | 0 |
| B | 15 | 10 | 25 | 10 | 25 | 0 |
| C | 5 | 25 | 30 | 25 | 30 | 0 |
| D | 10 | 30 | 40 | 30 | 40 | 0 |
| E | 5 | 25 | 30 | 35 | 40 | 10 |
| F | 5 | 40 | 45 | 40 | 45 | 0 |
« Le tableau de la question 1 contient déjà la réponse ; il ne me reste qu'à la faire apparaître. Chaque tâche possède une fenêtre de tir : elle peut commencer entre sa date au plus tôt et sa date au plus tard. Quand cette fenêtre a une largeur nulle, la tâche n'a aucun jeu — elle est critique. Ce que je cherche n'est pas une curiosité théorique : c'est la liste nominative des tâches sur lesquelles je devrai être présent tous les matins. Sur un chantier, on ne surveille pas tout avec la même intensité ; on surveille ce qui, en dérivant d'un jour, fait dériver la livraison d'un jour. »
- Observation : Dans le tableau récapitulatif, cinq tâches sur six affichent des dates au plus tôt et au plus tard identiques. L'exception saute aux yeux avant même tout calcul.
- Analyse du risque : Un chemin critique qui présenterait un trou — une tâche non critique au milieu de tâches critiques — serait le signe d'une erreur de datation. La criticité se propage de proche en proche, elle ne saute pas.
- Choix stratégique : Calculer les six marges, y compris celles que l'on devine nulles. Le coût est négligeable et le résultat sert de contrôle croisé : la continuité de la chaîne critique valide rétroactivement la question 1.
- Alternative : On pourrait énumérer les chemins et retenir le plus long : A-B-C-D-F donne 45, A-B-E-F donne 35. Cela désigne bien le chemin critique, mais ne chiffre aucune marge et devient impraticable dès qu'un planning dépasse quelques dizaines de tâches.
- Objectif visé : Produire le livrable que l'arrêté du 21 décembre 1993 attend explicitement de la mission d'ordonnancement : les enchaînements et leur chemin critique, sous forme de document graphique.
Voir uniquement le résultat final (Auto-évaluation)
Le chemin critique n'est pas une notion pédagogique : c'est un livrable réglementaire. L'arrêté du 21 décembre 1993, qui fixe les modalités techniques d'exécution des éléments de mission de maîtrise d'œuvre, décrit l'ordonnancement comme le fait d'analyser les tâches élémentaires, de déterminer leurs enchaînements ainsi que leur chemin critique, et d'en tirer des mesures visant au respect des délais.
Deux relations suffisent ici. La première mesure la souplesse d'une tâche, la seconde vérifie que le chemin identifié rend bien compte de la durée totale. La seconde n'apporte aucune information nouvelle : c'est un contrôle, et c'est précisément pour cela qu'elle a de la valeur.
Formule 1 — Marge totale d'une tâche :Elle mesure la largeur de la fenêtre de tir, c'est-à-dire le retard maximal admissible sans repousser la fin du projet.
Parce qu'elle transforme deux dates, qui ne se comparent pas spontanément, en une durée directement exploitable. Un conducteur de travaux ne raisonne pas en « jour 25 contre jour 35 » : il raisonne en « j'ai dix jours devant moi ».
- \( M_{\text{T}}(i) \) : marge totale de la tâche \( i \), unité : jour
- \( \text{DDPTa}(i) \) : date de début au plus tard de la tâche \( i \), unité : jour
- \( \text{DDPT}(i) \) : date de début au plus tôt de la tâche \( i \), unité : jour
Elle recalcule la durée totale par une voie entièrement indépendante de la passe avant.
Parce qu'un résultat obtenu deux fois par deux chemins différents n'est pratiquement jamais faux. La passe avant procède par propagation de dates, cette formule par simple addition de durées : une erreur commune aux deux méthodes est très improbable.
- \( T \) : durée totale d'exécution du projet, unité : jour
- \( \text{D}(i) \) : durée de la tâche critique \( i \), unité : jour
- Chemin critique : suite continue des tâches à marge totale nulle, unité : sans
« Beaucoup d'étudiants désignent comme critique le chemin qui compte le plus de tâches, ou celui qui contient la tâche la plus longue. »
- L'erreur : ici, les deux chemins comptent respectivement cinq et quatre tâches, et tous deux contiennent la tâche la plus longue, B. Aucun de ces deux indices ne permet de trancher.
- La bonne méthode : additionner. A-B-C-D-F donne 45 jours, A-B-E-F donne 35 jours. C'est la comparaison de ces deux sommes qui désigne le chemin critique, sans ambiguïté.
- L'astuce de pro : passer par les marges totales plutôt que par l'énumération des chemins. La méthode donne le même résultat, chiffre la souplesse au passage, et reste praticable sur un planning de trois cents lignes.
- Le moyen mnémotechnique : « critique = zéro marge ». Pas « critique = important », pas « critique = long ». Zéro marge, c'est-à-dire aucune liberté de manœuvre.
- L'impact direct : désigner A-B-E-F comme critique conduirait à renforcer les poseurs de fenêtres — l'unique équipe qui dispose déjà de dix jours d'avance — pendant que la charpente et la toiture, elles réellement tendues, resteraient sans surveillance.
Exécution de la Note de Calculs
- Dates d'entrée : issues du tableau de la question 1, toutes en jours
- Marge totale : différence de deux dates, donc une durée en jours
- Critère de criticité : comparaison à zéro jour, grandeur homogène
- Durée du chemin : somme de durées, donc une durée en jours
- Aucune conversion n'intervient dans cette question : toutes les grandeurs sont déjà homogènes
Le calcul se fait en deux temps. On établit d'abord la marge totale des six tâches, ce qui désigne mécaniquement les tâches critiques ; on contrôle ensuite la durée obtenue en additionnant les durées le long du chemin ainsi identifié. Le second calcul n'a d'autre objet que de valider le premier.
1. Résolution Numérique Calcul 1 — Marge totale \( M_{\text{T}} \) des six tâchesPourquoi fait-on ce calcul ? Pour trier les tâches en deux catégories : celles qui commandent la date de livraison et celles qui disposent d'un jeu. Ce tri conditionne toute la stratégie de surveillance du chantier.
On applique la formule 1 aux six lignes du tableau récapitulatif, dans l'ordre alphabétique cette fois — aucun enchaînement n'intervient plus, chaque marge se calcule indépendamment des autres. C'est la différence entre la quatrième et la troisième colonne du tableau.
- Substitution : on injecte les couples \( (\text{DDPTa} \,;\, \text{DDPT}) \) de chaque tâche, soit douze valeurs lues directement dans le tableau.
- Piège évité : on soustrait bien au plus tard moins au plus tôt. L'ordre inverse donnerait des marges négatives et laisserait croire à un planning infaisable.
- Hypothèse validée : la passe arrière a été amorcée sur la durée minimale du projet ; les marges obtenues sont donc les marges intrinsèques au réseau, sans desserrement contractuel.
- Vérification croisée : recalculer chaque marge sur les fins plutôt que sur les débuts, soit \( \text{DFPTa} - \text{DFPT} \), doit redonner les mêmes six valeurs.
- Finalité : obtenir la marge de la tâche D, indispensable à la question 4, et celle de la tâche E, objet de la question 3.
Cinq tâches critiques sur six. Le planning est donc très tendu : 83 % des tâches ne tolèrent aucun retard. La seule respiration du projet se trouve sur la pose des fenêtres, et elle vaut dix jours.
- Ordre de grandeur : toutes les marges sont positives ou nulles, comme attendu. Aucune valeur négative n'apparaît : le planning est faisable.
- Impact sur la suite : la valeur \( M_{\text{T}}(D) = 0 \) est celle qui, à la question 4, fera passer intégralement le retard du fournisseur sur la date de livraison.
- Cohérence : les tâches critiques A, B, C, D et F forment une chaîne continue du début à la fin du réseau, sans interruption. La structure du résultat est donc valide.
- Attention : ces dix jours de marge ne sont pas transférables à une autre tâche. On ne peut pas les prêter à la toiture : ils n'existent que sur la branche des fenêtres.
- Comparaison : un planning bien construit conserve en général de la marge sur les lots de second œuvre. Ici, la marge est concentrée sur une seule tâche, ce qui laisse peu de latitude au pilotage.
Remarque pédagogique : La colonne « Écart » du tableau de la question 1 contenait déjà ces six valeurs. Recalculer explicitement les marges n'est pas redondant : c'est ce qui permet de les nommer et de les interpréter, alors qu'une colonne de chiffres ne dit rien par elle-même.
Calcul 2 — Contrôle de la durée totale \( T \) par le chemin critiquePourquoi fait-on ce calcul ? Pour confirmer par une seconde voie la durée de 45 jours trouvée à la passe avant. C'est la durée qui figurera au calendrier contractuel : elle mérite une vérification indépendante.
On additionne les durées des cinq tâches à marge nulle, dans l'ordre du chemin : A, B, C, D puis F. On confronte ensuite le total à la valeur de \( \text{DFPT}(F) \), et l'on vérifie au passage que le chemin non critique est bien plus court.
- Substitution : on injecte les durées 10, 15, 5, 10 et 5 jours, à l'exclusion de la tâche E qui n'appartient pas au chemin critique.
- Piège évité : ne pas inclure la tâche E dans la somme. Elle est réelle et elle sera exécutée, mais elle ne consomme aucun jour du délai global : elle se déroule à couvert.
- Hypothèse validée : les tâches critiques se succèdent sans recouvrement, ce qui autorise la simple addition de leurs durées.
- Vérification croisée : le chemin concurrent A-B-E-F doit donner une somme strictement inférieure à 45 jours, faute de quoi le chemin critique aurait été mal identifié.
- Finalité : valider la durée d'exécution à porter au calendrier exigé par l'article 28.2.1 du CCAG Travaux.
Les deux méthodes concordent au jour près. Le chemin concurrent A-B-E-F totalise quant à lui \( 10 + 15 + 5 + 5 = 35 \) jours, soit dix jours de moins — écart qui est exactement la marge de la tâche E. Tout se recoupe.
- Ordre de grandeur : 45 jours pour cinq tâches critiques, soit une moyenne de 9 jours par tâche surveillée. Le rythme est régulier, sans tâche écrasante.
- Impact sur la suite : cette valeur de 45 jours devient la référence contractuelle à laquelle tout retard sera comparé pour le calcul des pénalités.
- Cohérence : l'écart de 10 jours entre les deux chemins coïncide avec la marge totale de E. Ce n'est pas fortuit : la marge d'une branche est l'écart entre les deux chemins.
- Attention : si la durée de E passait de 5 à 20 jours, le chemin A-B-E-F atteindrait 50 jours et deviendrait critique à son tour. Le chemin critique n'est jamais acquis définitivement.
- Comparaison : la tâche B, avec ses 15 jours, représente à elle seule un tiers du délai. C'est sur elle que porterait en priorité toute recherche d'accélération.
Remarque pédagogique : Un contrôle croisé n'a de valeur que s'il emprunte un chemin logique différent du calcul initial. Refaire la passe avant une seconde fois ne prouverait rien : on reproduirait la même erreur. Ici, la première méthode propage des dates, la seconde additionne des durées.
« J'ai déjà la marge totale de E : dix jours, calculée à la question précédente. Pourquoi en calculer une seconde ? Parce que la marge totale répond à la question du maître d'ouvrage — « la livraison bougera-t-elle ? » — alors que la marge libre répond à celle du conducteur de travaux — « vais-je gêner l'équipe suivante ? ». Ce ne sont pas les mêmes préoccupations, et sur beaucoup de plannings les deux valeurs diffèrent. Consommer toute la marge totale d'une tâche est sans conséquence pour le client, mais peut décaler trois équipes en aval et déclencher des immobilisations que personne n'avait budgétées. »
- Observation : La tâche E est la seule tâche non critique du réseau. C'est donc la seule sur laquelle la question des marges se pose réellement ; partout ailleurs, la réponse est zéro.
- Analyse du risque : Confondre les deux marges conduit à des promesses intenables. Annoncer dix jours de souplesse à un sous-traitant alors que la marge libre n'en vaut que deux, c'est programmer un conflit de coactivité.
- Choix stratégique : Calculer les deux séparément, puis expliquer leur égalité. Ici elles coïncident, mais cette coïncidence a une cause précise qu'il faut savoir énoncer, sinon la leçon ne se transpose pas.
- Alternative : On pourrait se contenter de la marge totale, largement suffisante pour piloter ce petit chantier. Mais dès qu'une branche non critique compte plusieurs tâches, la distinction devient indispensable : la marge totale est alors partagée, la marge libre est propre.
- Objectif visé : Savoir répondre précisément au poseur de fenêtres qui demande à décaler son intervention, en distinguant ce qui est possible sans risque de ce qui l'est au prix d'une contrainte reportée sur autrui.
Voir uniquement le résultat final (Auto-évaluation)
Les deux marges mesurent la même chose — une latitude en jours — mais ne regardent pas jusqu'au même endroit. L'une regarde jusqu'à la fin du projet, l'autre s'arrête à la tâche suivante. De cette différence d'horizon découlent toutes leurs propriétés.
Les deux définitions se ressemblent au point qu'on les confond aisément. La différence tient en un mot : la marge totale compare une tâche à elle-même — ses deux dates de début —, la marge libre la compare à son successeur. Repérez sur quelle tâche porte chaque terme, et la confusion disparaît.
Formule 1 — Marge totale de la tâche étudiée :Elle mesure l'écart entre les deux dates de début possibles d'une même tâche.
Parce qu'elle donne la réponse à la seule question contractuelle qui vaille : la date de livraison est-elle menacée ? Tous les termes portent sur la tâche étudiée, aucun ne fait intervenir le voisinage.
- \( M_{\text{T}}(E) \) : marge totale de la pose des fenêtres, unité : jour
- \( \text{DDPTa}(E) \) : date de début au plus tard de la tâche E, unité : jour
- \( \text{DDPT}(E) \) : date de début au plus tôt de la tâche E, unité : jour
Elle mesure l'espace disponible entre la fin au plus tôt d'une tâche et le début au plus tôt de son successeur le plus précoce.
Parce que le conducteur de travaux a besoin de savoir ce qu'il peut décider seul. Tant qu'il reste dans la marge libre, il n'a personne à prévenir. Au-delà, il empiète sur le planning d'un autre et doit arbitrer.
- \( M_{\text{L}}(E) \) : marge libre de la pose des fenêtres, unité : jour
- \( \text{Succ}(E) \) : ensemble des successeurs de E, réduit ici à la seule tâche F, unité : sans
- \( \text{DDPT}(j) \) : date de début au plus tôt du successeur \( j \), unité : jour
- \( \text{DFPT}(E) \) : date de fin au plus tôt de la tâche E, unité : jour
« Beaucoup d'étudiants calculent la marge libre avec la date au plus tard du successeur, parce que le mot “tard” leur paraît naturellement associé à l'idée de marge. »
- L'erreur : prendre \( \text{DDPTa}(F) = 40 \) au lieu de \( \text{DDPT}(F) = 40 \) donne ici le même résultat par hasard, F étant critique. Le calcul est faux et le chiffre est juste : c'est le pire des cas, car rien ne signale l'erreur.
- La bonne méthode : se souvenir que la marge libre décrit un planning exécuté au plus tôt. Toutes les tâches y démarrent dès qu'elles le peuvent ; les dates au plus tard n'ont aucune raison d'y apparaître.
- L'astuce de pro : tracer les deux barres sur le Gantt et mesurer le blanc entre elles. La marge libre est visible à l'œil nu ; aucune formule n'est nécessaire pour la contrôler.
- Le moyen mnémotechnique : « libre = local ». La marge libre ne regarde que le voisin immédiat, jamais la fin du projet.
- L'impact direct : sur un planning où F ne serait pas critique, l'erreur donnerait une marge libre surestimée. Le poseur décalerait son intervention en toute confiance et bloquerait l'équipe suivante, arrivée sur un chantier non prêt.
Exécution de la Note de Calculs
- Dates de la tâche E : DDPT = 25 j, DFPT = 30 j, DDPTa = 35 j, toutes en jours
- Date du successeur F : DDPT = 40 j, lue au plus tôt, en jours
- Marge totale : différence de deux dates de début, résultat en jours
- Marge libre : différence entre une date de début et une date de fin, résultat en jours
- Aucune conversion : toutes les grandeurs manipulées sont déjà des jours ouvrés
Les deux marges se calculent indépendamment l'une de l'autre, à partir du tableau de la question 1. La première ne mobilise que la ligne de la tâche E ; la seconde emprunte une valeur à la ligne de la tâche F. Le rapprochement des deux résultats sera fait ensuite, et c'est lui qui porte l'enseignement.
1. Résolution Numérique Calcul 1 — Marge totale \( M_{\text{T}}(E) \) de la pose des fenêtresPourquoi fait-on ce calcul ? Pour savoir de combien la pose des fenêtres peut glisser sans toucher à la date de livraison. C'est la réponse à donner au maître d'ouvrage si la question lui vient.
On lit sur la ligne E du tableau récapitulatif les deux dates de début, puis on les soustrait dans l'ordre au plus tard moins au plus tôt. Le résultat est ensuite recontrôlé sur les dates de fin.
- Substitution : on injecte \( \text{DDPTa}(E) = 35 \) jours et \( \text{DDPT}(E) = 25 \) jours, tous deux lus sur la même ligne du tableau.
- Piège évité : ne pas mélanger une date de début et une date de fin. Les deux termes doivent porter sur le même événement, ici le démarrage de la tâche.
- Hypothèse validée : la date de fin de projet retenue est bien 45 jours, valeur sur laquelle la passe arrière a été amorcée. Sans cela, la marge n'aurait pas la même signification.
- Vérification croisée : sur les fins, \( 40 - 30 = 10 \) jours. Les deux lectures concordent, les quatre dates de la ligne E sont donc cohérentes entre elles.
- Finalité : disposer de la borne supérieure à laquelle la marge libre sera comparée au calcul suivant.
Dix jours, soit deux semaines ouvrées, sur une tâche qui n'en dure que cinq. La marge vaut ici deux fois la durée de la tâche : la pose des fenêtres est de très loin l'intervention la plus souple du chantier.
- Ordre de grandeur : dix jours représentent 22 % de la durée totale du chantier. C'est une souplesse considérable, mais elle ne concerne qu'une seule tâche.
- Impact sur la suite : cette valeur va être comparée à la marge libre. L'écart entre les deux, ou son absence, est le véritable enseignement de la question.
- Cohérence : la valeur retrouve exactement celle de la question 2, où E était la seule tâche à marge non nulle. Les deux questions se recoupent.
- Attention : consommer les dix jours rend la tâche E critique à son tour. Le chantier n'aurait alors plus aucune marge nulle part, et deux chemins critiques parallèles.
- Comparaison : cette marge est l'unique amortisseur du planning. Une organisation prudente en conserverait une part, plutôt que de la dépenser dès le premier aléa.
Remarque pédagogique : Une marge supérieure à la durée de la tâche n'a rien d'anormal : elle indique simplement que la branche est largement plus courte que la branche critique parallèle. C'est même le cas le plus fréquent sur les lots de second œuvre.
Calcul 2 — Marge libre \( M_{\text{L}}(E) \) de la pose des fenêtresPourquoi fait-on ce calcul ? Pour savoir de combien la pose peut glisser sans gêner les finitions. C'est la seule marge que le conducteur de travaux peut engager sans consulter personne.
On repère d'abord les successeurs de E : il n'y en a qu'un, la tâche F. Le minimum de la formule porte donc sur un ensemble réduit à un élément et s'évalue immédiatement. On soustrait ensuite la fin au plus tôt de E.
- Substitution : on injecte \( \text{DDPT}(F) = 40 \) jours et \( \text{DFPT}(E) = 30 \) jours — deux valeurs lues sur deux lignes différentes du tableau.
- Piège évité : prendre la date de début au plus tôt de F, pas sa date au plus tard. Ici les deux valent 40 puisque F est critique, mais le raisonnement doit rester juste indépendamment du résultat.
- Hypothèse validée : la tâche E n'a qu'un seul successeur, ce que confirme le réseau logique de l'énoncé. Le minimum est donc trivial à évaluer.
- Vérification croisée : le résultat doit être inférieur ou égal à 10 jours, valeur de la marge totale trouvée au calcul précédent.
- Finalité : pouvoir répondre au poseur de fenêtres avec un chiffre engageant, et non avec une approximation issue de la seule marge totale.
Les deux marges sont rigoureusement égales. Ce n'est pas une coïncidence : le successeur de E est la tâche F, qui est critique. F ne pouvant absorber aucun retard, toute la souplesse de la branche doit être consommée avant d'arriver sur elle.
- Ordre de grandeur : l'inégalité \( M_{\text{L}} \le M_{\text{T}} \) est vérifiée, ici à l'égalité. Aucune incohérence entre les deux calculs.
- Impact sur la suite : le conducteur de travaux peut engager les dix jours entiers sans consulter qui que ce soit. C'est une latitude rare et directement exploitable.
- Cohérence : sur cette branche, la marge totale n'est partagée avec personne puisque E est la seule tâche non critique. Il est donc logique que sa marge propre soit la totalité de la marge de branche.
- Attention : cette égalité ne se généralise pas. Si une tâche de finition intermédiaire non critique s'intercalait entre E et F, les deux marges divergeraient aussitôt.
- Comparaison : pour les cinq autres tâches, marge totale et marge libre valent toutes deux zéro jour. E est la seule ligne du planning où ces deux colonnes ne sont pas vides.
Remarque pédagogique : Retenez la cause de l'égalité, pas l'égalité elle-même : elle tient au fait que le successeur est critique. C'est la règle qui se transpose à d'autres plannings, pas le chiffre de dix jours.
« Le téléphone sonne : cinq jours de retard sur les tuiles. Mon premier réflexe n'est pas de calculer, c'est de regarder sur quelle tâche tombe le retard. Si c'était sur les fenêtres, je raccrochais sans rien changer au planning : dix jours de marge absorbent tout. Mais c'est sur la toiture, et la toiture est critique. Donc le retard passe intégralement dans la date de livraison. Reste la seconde question, celle que le maître d'ouvrage va poser dans l'heure : combien ça coûte ? Et là, attention — le taux de 1/3 000 n'est que la première ligne de l'article 19.2. Il y en a deux autres, et l'une d'elles change complètement la réponse. »
- Observation : La tâche touchée est critique, marge nulle. Le résultat de la question 2 suffit à annoncer la conclusion sur les délais avant même d'écrire une ligne de calcul.
- Analyse du risque : S'arrêter au taux de 1/3 000 conduit à annoncer une pénalité de plusieurs centaines d'euros qui, en réalité, ne sera pas due. Annoncer un montant faux au maître d'ouvrage engage la crédibilité de l'entreprise.
- Choix stratégique : Traiter la question en trois temps distincts : la dérive en jours, la pénalité brute encourue, puis l'application complète de l'article 19.2. Chaque étape a sa propre conclusion.
- Alternative : On pourrait chercher à rattraper le retard en renforçant l'équipe de couverture, ou en démarrant les finitions par les pièces non couvertes. Ces options sortent du cadre posé, qui exclut toute action corrective — mais elles doivent être mentionnées au maître d'ouvrage.
- Objectif visé : Produire un chiffre opposable, c'est-à-dire un montant qui résiste à la lecture du CCAG par le comptable public. C'est la finalité de tout le travail d'ordonnancement.
Voir uniquement le résultat final (Auto-évaluation)
Un retard de chantier n'a de portée contractuelle que lorsqu'il est rapporté au calendrier d'exécution, pièce contractuelle du marché au titre de l'article 4.1 du CCAG Travaux. Le passage du jour à l'euro obéit ensuite à l'article 19.2, dont il faut lire les trois alinéas et non le seul qui donne le taux.
Trois relations, appartenant à deux mondes différents. La première relève du planning : elle convertit un retard de tâche en dérive de projet. Les deux suivantes relèvent du contrat : elles convertissent des jours en euros. C'est l'articulation des deux qui fait l'ingénieur, et non l'une ou l'autre prise isolément.
Formule 1 — Dérive de la date de fin de projet :Elle traduit le fait qu'une marge se comporte comme un amortisseur : elle absorbe le retard jusqu'à concurrence de sa valeur.
Parce qu'elle évite de recalculer tout le réseau à chaque aléa. La marge totale ayant déjà été établie, l'impact d'un retard s'obtient par une simple soustraction bornée à zéro.
- \( \Delta \) : dérive de la date de fin de projet, unité : jour
- \( R \) : retard annoncé sur la tâche touchée, unité : jour
- \( M_{\text{T}}(D) \) : marge totale de la tâche touchée, unité : jour
Elle convertit le montant du marché en un prix de la journée de retard.
Parce que le CCAG a choisi d'indexer la pénalité sur la taille du marché plutôt que sur un forfait. Un jour de retard sur un chantier de dix millions n'a pas le même poids économique qu'un jour sur un pavillon ; le taux 1/3 000 rend la sanction proportionnée.
- \( p \) : pénalité journalière de retard, unité : € par jour
- \( M_{\text{HT}} \) : montant hors taxes de l'ensemble du marché, unité : €
- 3 000 : diviseur fixé par l'article 19.2.3 du CCAG Travaux, unité : jour
Elle combine le montant brut, le seuil d'exonération de l'article 19.2.1 et le plafond de l'article 19.2.2.
Parce que l'article 19.2 forme un tout. Le taux donne un montant brut ; le seuil décide s'il est exigible ; le plafond le borne. Appliquer le premier alinéa sans les deux autres, c'est produire un chiffre qui ne résistera pas à la première contestation.
- \( P_{\text{due}} \) : pénalité effectivement retenue sur le décompte, unité : €
- \( p \times \Delta \) : pénalité brute encourue avant application des clauses, unité : €
- \( S \) : seuil d'exonération de l'article 19.2.1, soit 1 000, unité : €
- \( 0{,}10 \times M_{\text{HT}} \) : plafond de l'article 19.2.2, unité : €
« Beaucoup d'étudiants appliquent le taux de 1/3 000, trouvent 400 € et s'arrêtent là. Le chiffre est exact, la conclusion est fausse : rien ne sera retenu. »
- L'erreur : annoncer 400 € de pénalité au maître d'ouvrage alors que l'article 19.2.1 exonère tout montant total inférieur ou égal à 1 000 €. L'entreprise se déclarerait débitrice d'une somme qu'elle ne doit pas.
- La bonne méthode : calculer le montant brut, puis le confronter au seuil, puis au plafond. Trois lectures successives, dans cet ordre, avant toute annonce.
- L'astuce de pro : calculer une fois pour toutes le nombre de jours à partir duquel les pénalités mordent sur ce marché. C'est un repère que le conducteur de travaux garde en tête pendant toute la durée du chantier.
- Le moyen mnémotechnique : « taux, seuil, plafond » — trois mots, trois alinéas, toujours dans cet ordre. Un seul oublié et le montant est faux.
- L'impact direct : au-delà de l'erreur comptable, annoncer une pénalité inexistante affaiblit la position de l'entreprise dans la négociation qui suivra, alors qu'elle n'a rien à concéder.
Exécution de la Note de Calculs
- Retard annoncé : 5 jours, homogène aux marges du tableau
- Montant du marché : 240 000 € hors taxes, à ne jamais confondre avec un montant TTC
- Pénalité journalière : quotient d'un montant par un nombre de jours, donc en €/jour
- Pénalité totale : produit d'un €/jour par des jours, donc en €
- Seuil et plafond : deux montants en €, directement comparables au résultat précédent
Le calcul se déroule en trois temps, dont les deux premiers sont mécaniques et le troisième décisif. On établit d'abord la dérive en jours, puis la pénalité brute encourue, et l'on confronte enfin ce montant aux clauses de seuil et de plafond. C'est seulement à l'issue du troisième calcul qu'un chiffre peut être annoncé.
1. Résolution Numérique Calcul 1 — Dérive \( \Delta \) et nouvelle durée d'exécutionPourquoi fait-on ce calcul ? Parce que c'est la seule grandeur physique de la question : tout le volet financier n'en est que la traduction contractuelle. Sans le nombre de jours, aucun euro ne peut être calculé.
On récupère la marge totale de la tâche D, établie à la question 2, on la retranche du retard annoncé et l'on borne le résultat à zéro. La nouvelle durée s'obtient ensuite en ajoutant la dérive à la durée contractuelle de 45 jours.
- Substitution : on injecte \( R = 5 \) jours et \( M_{\text{T}}(D) = 0 \) jour, cette dernière valeur provenant directement du calcul 1 de la question 2.
- Piège évité : ne pas utiliser la marge de la tâche E. Le retard porte sur la toiture ; les dix jours de souplesse des fenêtres sont sur une autre branche et ne peuvent rien absorber ici.
- Hypothèse validée : aucune action corrective n'est engagée, conformément au cadre posé dans les données. Un renfort d'équipe modifierait la durée de D et invaliderait ce calcul.
- Vérification croisée : en refaisant la passe avant avec \( \text{D}(D) = 15 \) jours, on obtient \( \text{DFPT}(D) = 45 \) puis \( \text{DFPT}(F) = \max(45 \,;\, 30) + 5 = 50 \) jours. Les deux méthodes concordent.
- Finalité : obtenir le nombre de jours pénalisables, seule entrée du calcul financier qui suit.
La transmission est intégrale : les cinq jours de retard du fournisseur deviennent cinq jours de retard de livraison. La durée d'exécution passe de 45 à 50 jours, soit un allongement de 11,1 %.
- Ordre de grandeur : la dérive est comprise entre 0 et 5 jours, comme l'exige la formule. Elle atteint ici sa valeur maximale, ce qui est cohérent avec une marge nulle.
- Impact sur la suite : ces cinq jours constituent l'assiette en jours de la pénalité. Toute erreur ici se répercute proportionnellement sur le montant en euros.
- Cohérence : la vérification par recalcul complet de la passe avant donne bien 50 jours. Le raccourci par la marge est donc validé.
- Attention : le même retard de cinq jours sur la pose des fenêtres aurait donné \( \max(0 \,;\, 5 - 10) = 0 \) jour de dérive, et aucune pénalité. La tâche touchée fait toute la différence.
- Comparaison : après cet incident, la marge de la tâche E passe de 10 à 15 jours : le chemin critique s'allonge tandis que la branche des fenêtres, elle, ne bouge pas.
Remarque pédagogique : Un retard sur une tâche critique se transmet toujours intégralement : le \( \max \) et la soustraction sont formellement nécessaires, mais leur résultat était connu d'avance. La formule prend en revanche tout son sens sur une tâche à marge non nulle.
Calcul 2 — Pénalité journalière \( p \) et pénalité brute encouruePourquoi fait-on ce calcul ? Pour traduire les jours en euros selon l'article 19.2.3. C'est le montant que le maître d'ouvrage envisagera de retenir — sous réserve des deux alinéas suivants.
On divise le montant hors taxes du marché par 3 000 pour obtenir le prix d'une journée, puis on multiplie par le nombre de jours de dérive. Les deux opérations sont enchaînées sans arrondi intermédiaire, la division tombant ici sur un nombre entier.
- Substitution : on injecte \( M_{\text{HT}} = 240\,000 \) € et \( \Delta = 5 \) jours, cette dernière valeur provenant du calcul précédent.
- Piège évité : l'assiette est le montant hors taxes. Utiliser un montant TTC majorerait la pénalité de 20 % sans aucun fondement contractuel.
- Hypothèse validée : le retard est réputé imputable au titulaire, comme l'exige l'article 19.2.3. Un retard de livraison relève en effet de la responsabilité de l'entreprise vis-à-vis du maître d'ouvrage.
- Vérification croisée : en pourcentage, \( 400 / 240\,000 = 0{,}167 \% \) du marché, soit bien 5 fois 0,033 %. L'ordre de grandeur est confirmé.
- Finalité : disposer du montant brut à confronter au seuil d'exonération et au plafond.
80 € par jour sur un marché de 240 000 €. Rapporté au coût réel d'une journée de chantier — encadrement, immobilisation de matériel, location de grue —, ce montant est très inférieur à ce que le retard coûte effectivement à l'entreprise. La pénalité contractuelle n'est pas une réparation du préjudice.
- Ordre de grandeur : 400 € représentent 0,167 % du marché. On est très loin du plafond de 10 %, qui correspondrait à 24 000 €.
- Impact sur la suite : ce montant doit impérativement être confronté au seuil de 1 000 € avant toute annonce. Le calcul n'est pas terminé.
- Cohérence : la division tombe juste, 240 000 étant un multiple de 3 000. Aucun arrondi n'intervient, donc aucune propagation d'erreur possible.
- Attention : l'article 19.1.1 précise que les samedis, dimanches et jours fériés ne sont pas déduits. Cinq jours ouvrés de dérive peuvent donc représenter sept jours calendaires pénalisés selon leur position dans la semaine.
- Comparaison : une immobilisation de grue se facture couramment plusieurs centaines d'euros par jour. Le coût interne du retard dépasse ici largement la pénalité contractuelle.
Remarque pédagogique : Le montant de 400 € est parfaitement exact — et il ne sera pourtant pas retenu. Un résultat juste au milieu d'un raisonnement ne dispense jamais d'aller au bout du texte applicable.
Calcul 3 — Pénalité réellement due \( P_{\text{due}} \) et seuil de déclenchementPourquoi fait-on ce calcul ? Pour conclure. C'est le seul chiffre qui sera porté au décompte, et le seul qui puisse être annoncé au maître d'ouvrage sans risque d'être contredit.
On confronte le montant brut au seuil de l'article 19.2.1, puis au plafond de l'article 19.2.2. On détermine enfin, par division, le nombre de jours de retard à partir duquel les pénalités deviendraient effectivement exigibles sur ce marché.
- Substitution : on injecte \( P_{\text{brute}} = 400{,}00 \) €, \( S = 1\,000 \) € et le plafond \( 0{,}10 \times 240\,000 = 24\,000 \) €.
- Piège évité : le seuil n'est pas un abattement. On ne retient pas \( 400 - 1\,000 \) ni un quelconque excédent : en dessous du seuil, le montant dû est nul.
- Hypothèse validée : il s'agit du seul et unique retard du marché. Le seuil s'appréciant sur l'ensemble du marché, un second incident s'ajouterait à celui-ci dans le décompte.
- Vérification croisée : au seuil de déclenchement, la pénalité doit franchir 1 000 € : \( 13 \times 80 = 1\,040 \) € tandis que \( 12 \times 80 = 960 \) €. Le basculement se situe bien entre ces deux valeurs.
- Finalité : donner au conducteur de travaux un repère opérationnel qu'il conservera pendant toute la durée du chantier.
Aucune pénalité ne sera retenue. Les 400 € encourus restent sous le seuil d'exonération. L'entreprise devrait accumuler treize jours de retard avant que le premier euro ne soit exigible — et, ce jour-là, ce sont 1 040 € d'un coup qui deviendraient dus, non 40 €.
- Ordre de grandeur : le seuil de 13 jours représente 29 % de la durée contractuelle. Sur un marché de cette taille, la clause d'exonération couvre une part très large des aléas courants.
- Impact sur la suite : le conducteur de travaux dispose désormais d'un seuil d'alerte chiffré : tant que le cumul reste sous 12 jours, aucune retenue n'est possible.
- Cohérence : le plafond de 24 000 € correspondrait à 300 jours de retard, soit près de sept fois la durée du chantier. Il ne sera manifestement jamais atteint ici.
- Attention : l'absence de pénalité ne signifie pas l'absence de conséquence. Le retard reste opposable, les coûts internes sont réels, et la réception est décalée d'autant.
- Comparaison : sur un marché de 3 millions d'euros, la pénalité journalière atteindrait 1 000 € et le seuil serait franchi dès le second jour. Le même retard n'a pas du tout la même portée selon la taille du marché.
Remarque pédagogique : Retenez la mécanique du seuil, pas le chiffre de 13 jours : il dépend entièrement du montant du marché. Sur tout marché, le nombre de jours francs d'exonération vaut \( 3\,000 \times S / M_{\text{HT}} \) — c'est-à-dire qu'il décroît quand le marché grossit.
LA CHAÎNE COMPLÈTE, D'UN COUP D'ŒIL
Les quatre questions ne sont pas quatre exercices indépendants : elles forment une chaîne unique qui part de six durées et aboutit à un montant en euros. Chaque étage consomme la sortie du précédent. Le schéma ci-dessous reconstitue ce parcours et fait apparaître, à chaque niveau, la grandeur produite et la relation utilisée. Il montre aussi pourquoi une erreur commise en haut de la chaîne se paie tout en bas : la marge nulle de la toiture, établie à la question 2, est ce qui rend le retard intégralement transmissible à la question 4.
- Une seule donnée fait basculer la question 4 : la marge nulle de la toiture, établie à la question 2. Si elle avait valu cinq jours, la dérive aurait été nulle et aucune des lignes financières n'aurait eu lieu d'être.
- Deux contrôles indépendants jalonnent la chaîne : le bouclage sur zéro de la passe arrière, et la sommation du chemin critique. Chacun valide un étage entier sans rien coûter.
- Le dernier étage change de nature : les trois premiers relèvent de la géométrie du planning, le quatrième du texte contractuel. C'est le seul où la bonne réponse ne s'obtient pas par le calcul, mais par la lecture complète d'un article.
- La marge de dix jours n'a jamais servi : elle existe sur la branche des fenêtres, l'incident est tombé sur celle de la toiture. Une marge ne se transfère pas d'une branche à l'autre.
BILAN FINAL DE LA MISSION
Checklist d'Auto-Évaluation
Avant de clore cet exercice, vérifiez que vous avez bien assimilé la démarche globale d'ordonnancement :
La mission est remplie. Le calendrier d'exécution remis au maître d'œuvre annonce une durée de 45 jours, avec un chemin critique A → B → C → D → F nommément identifié et une unique réserve de dix jours située sur la pose des fenêtres. L'incident de livraison des tuiles reporte la réception au jour 50. La pénalité encourue s'élève à 400,00 €, mais l'article 19.2.1 du CCAG Travaux exonère l'entreprise de tout montant total inférieur ou égal à 1 000 € : aucune retenue ne sera opérée. Le maître d'ouvrage encaisse un décalage de calendrier, non une sanction financière.
La plus-value technique de l'étude ne tient pas au chiffre de 45 jours, qu'un logiciel produirait seul. Elle tient à trois choses qu'aucun logiciel ne dit. D'abord, que cinq tâches sur six sont critiques : ce chantier n'a presque aucune capacité d'absorption, et cela devait être signalé au maître d'ouvrage avant signature. Ensuite, que la seule marge disponible se trouve sur la mauvaise branche : elle n'a pas servi et ne servira jamais contre un aléa de couverture. Enfin, que le seuil d'exonération de 1 000 € couvre douze jours de retard sur ce marché : c'est un repère opérationnel que le conducteur de travaux gardera en tête, et qui aurait été totalement invisible en s'arrêtant au taux de 1/3 000. Sur un marché dix fois plus important, ce même seuil ne couvrirait plus qu'une seule journée.







