Fonctionnement d'une Chargeuse en Terrassement
Capacité réelle du godet, foisonnement, décomposition du temps de cycle et rendement pratique d'un atelier de chargement
Contexte de l'Étude & Enjeux
Le Contexte : Une chargeuse sur pneus reprend de la terre meuble dans un stock et la verse dans la benne de camions. Elle ne creuse pas : elle reprend, transporte sur quelques mètres et décharge, indéfiniment. Toute la productivité du poste tient dans deux nombres — ce qu'un godet emporte, et le temps qu'il met à revenir
Pour avancer sereinement, voici les éléments fondamentaux que vous devez avoir à l'esprit. Gardez un œil attentif sur ces critères déterminants :
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Enjeu Principal : La capacité annoncée d'un godet est une donnée constructeur : elle ne dit pas ce que l'engin emporte réellement à chaque voyage.
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Deux états, deux volumes : Le godet emporte du foisonné ; le marché se règle en volume en place. La conversion doit être faite, et dans le bon sens.
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Le cycle est un aller-retour : La chargeuse revient toujours à son point de départ : la distance intervient deux fois dans le temps de cycle.
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L'astuce de l'ingénieur : Tout ramener aux mètres et aux minutes avant de calculer. Une vitesse en kilomètres par heure et une distance en mètres ne se divisent pas telles quelles
Vous êtes conducteur de travaux chargé d'établir la production prévisionnelle de ce poste de chargement. Vous devez déterminer le volume réellement emporté à chaque godet, son équivalent en volume en place, le temps de cycle complet de l'engin, le rendement pratique qui en découle, enfin la sensibilité de ce rendement à la distance de transport.
- Le grand défi : Trois unités de temps et deux unités de longueur coexistent dans les données. La vitesse est en kilomètres par heure, la distance en mètres, les temps en minutes et l'efficacité en minutes par heure : toute la difficulté du calcul est là.
- Votre rôle : Calculer le volume par godet, son équivalent en place, le temps de cycle décomposé en partie fixe et partie variable, les rendements théorique et pratique, enfin l'effet d'un allongement de la distance sur la production.
- La charge et le temps : le volume réel emporté par godet et son équivalent en volume en place, puis le temps de cycle complet, décomposé en partie fixe et partie variable.
- La production : les rendements théorique et pratique avec la perte qu'impose l'efficacité du chantier, enfin la sensibilité du rendement à un allongement de la distance de transport.
Les données de cette étude relèvent de trois origines. La capacité du godet est une caractéristique de la machine, donnée par son constructeur ; le coefficient de remplissage, le temps fixe, la vitesse moyenne et l'efficacité horaire sont des paramètres d'exécution, issus de l'observation du chantier ; le coefficient de foisonnement relève du dossier géotechnique. Ce que les documents normatifs définissent ici, c'est la désignation de l'engin et la composition de son cycle de travail, l'origine du coefficient de foisonnement, les bases de règlement des volumes de terrassement, la manière dont un rythme de production s'évalue, et les règles de circulation qui conditionnent la vitesse retenue.
Formulaire & Aide-Mémoire (À consulter en cas de besoin)
Retrouvez ici les formules principales pour cet exercice. Ne les apprenez pas par cœur, comprenez comment les appliquer !
- Volume réellement emporté par godet \( V_{\text{r}} = C_{\text{g}} \times k_{\text{r}} \)
- Volume en place équivalent \( V_{\text{p}} = \frac{V_{\text{r}}}{C_{\text{f}}} \)
- Part de vides dans le godet \( \theta = \frac{C_{\text{f}} - 1}{C_{\text{f}}} \times 100 \)
- Conversion d'une vitesse en mètres par minute \( V_{\text{m}} = V_{\text{km/h}} \times \frac{1000}{60} \)
- Temps variable pour un aller-retour \( T_{\text{v}} = \frac{2 \, D}{V_{\text{m}}} \)
- Temps de cycle complet \( T_{\text{c}} = T_{\text{f}} + T_{\text{v}} \)
- Part du temps fixe dans le cycle \( \varphi = \frac{T_{\text{f}}}{T_{\text{c}}} \times 100 \)
- Nombre de cycles en une heure pleine \( N_{\text{th}} = \frac{60}{T_{\text{c}}} \)
- Rendement théorique en volume en place \( R_{\text{th}} = \frac{60 \, V_{\text{p}}}{T_{\text{c}}} \)
- Nombre de cycles en une heure effective \( N_{\text{p}} = \frac{\eta}{T_{\text{c}}} \)
- Rendement pratique en volume en place \( R_{\text{p}} = \frac{V_{\text{p}} \times \eta}{T_{\text{c}}} \)
- Distance égalisant temps fixe et temps variable \( D_{\text{eq}} = \frac{T_{\text{f}} \times V_{\text{m}}}{2} \)
ENGIN, MATÉRIAU ET ORGANISATION DU POSTE
| Symbole | Description | Valeur | Unité |
|---|---|---|---|
| \( C_{\text{g}} \) | Capacité nominale du godet, donnée par le constructeur de l'engin ISO 6165:2012 — art. 4.2 | 3,00 | m³ |
| \( k_{\text{r}} \) | Coefficient de remplissage du godet pour la terre meuble reprise au stock INRS ED 6065 — § 9.2 | 0,95 | sans dimension |
| \( C_{\text{f}} \) | Coefficient de foisonnement du sol, issu du dossier géotechnique CCTG fasc. 2 — comm. art. 6.5.3 | 1,25 | sans dimension |
| \( T_{\text{f}} \) | Temps fixe du cycle : chargement du godet, soulèvement, déchargement et manœuvres ISO 6165:2012 — art. 4.2 | 0,60 | min |
| \( V_{\text{m}} \) | Vitesse moyenne de translation, aller en charge et retour à vide confondus OPPBTP — circulation sur chantier | 8,00 | km/h |
| \( D \) | Distance séparant le stock du point de déchargement, comptée en aller simple OPPBTP — création des pistes | 20,00 | m |
| \( \eta \) | Efficacité horaire du chantier : temps réellement productif dans une heure GTR 2024 — § 5.4.2 | 50,00 | min/h |
- Nature de l'opération : reprise de stock — l'engin puise dans un tas de terre déjà extraite, donc déjà foisonnée ; il ne réalise aucun déblai
- Remplissage : coefficient constant d'un cycle à l'autre, représentatif du matériau, de son état hydrique et de la conduite de l'engin
- Foisonnement : coefficient uniforme pour l'ensemble du stock, hypothèse acceptable pour un horizon homogène
- Translation : piste plane, stable et entretenue ; la vitesse moyenne retenue intègre les phases d'accélération et de décélération
- Temps fixe : supposé indépendant de la distance et du volume emporté ; il ne contient aucune attente de camion, celle-ci étant logée dans l'efficacité horaire
- Efficacité horaire : donnée forfaitaire du chantier, qui regroupe pauses, attentes, repositionnements et petits aléas ; elle n'est ni calculée ni normalisée
- Périmètre chiffré : production horaire de la seule chargeuse ; ni le nombre de camions, ni leur capacité, ni aucun prix ne figurent aux données et ne sont calculés
CE QUE CHAQUE DONNÉE COMMANDE, ET CE QU'ELLE NE FAIT PAS
| Grandeur | Ce qu'elle décrit | Où elle intervient | Ce qu'elle ne fait pas |
|---|---|---|---|
| Capacité du godet | Le volume géométrique de l'outil | charge par cycle | ne dit pas ce que l'engin emporte réellement |
| Coefficient de remplissage | L'écart entre le godet plein et le godet réel | charge réelle par cycle | n'a aucun effet sur la durée du cycle |
| Coefficient de foisonnement | Le rapport entre deux états du même sol | conversion du volume | ne modifie ni la masse ni le temps de cycle |
| Temps fixe, vitesse, distance | La cadence de l'engin | temps de cycle | ne dépendent pas du volume emporté |
| Efficacité horaire | Le temps réellement productif dans une heure | passage du théorique au pratique | n'est pas un coefficient de sécurité |
- Cycle de travail : selon l'ISO 6165:2012, celui d'une chargeuse « comprend un chargement et un soulèvement, ainsi qu'un transport et un déchargement des matériaux » — l'engin revient donc nécessairement à son point de départ
- Volume foisonné : volume occupé par le sol après extraction, vides compris ; c'est celui du stock, du godet et de la benne
- Volume en place : volume du sol avant extraction ; c'est l'unité de référence du métré et du règlement
- Rendement théorique : production rapportée à une heure entièrement productive, soit soixante minutes de cycles enchaînés sans interruption
- Rendement pratique : production rapportée à une heure de chantier, dont seule une partie est productive ; c'est la seule valeur utilisable en planification
Extraits de Normes & Abaques (Documents Annexes)
Servez-vous des documents ci-dessous pour extraire les coefficients nécessaires à votre résolution.
Ce qu'est une chargeuse et ce qu'est son cycle — ISO 6165:2012, article 4.23. Méthodologie de Résolution & Travail Demandé
Afin d'assurer un dimensionnement sécuritaire et conforme aux standards, nous procédons selon les étapes méthodiques détaillées ci-dessous.
Question 1 : Volume réellement emporté par godet
Besoin d'un indice ? (Niveau 1)
Le coefficient de remplissage est un facteur multiplicatif appliqué à la capacité nominale, et le volume obtenu est un volume foisonné.
Toujours bloqué ? (Indice Niveau 2)
\( V_{\text{r}} = C_{\text{g}} \times k_{\text{r}} \), puis comparez le résultat à \( C_{\text{g}} \).
Question 2 : Volume en place équivalent
Besoin d'un indice ? (Niveau 1)
Le volume en place est toujours plus petit que le volume foisonné : le sens de l'opération s'en déduit immédiatement.
Toujours bloqué ? (Indice Niveau 2)
\( V_{\text{p}} = \frac{V_{\text{r}}}{C_{\text{f}}} \), puis \( \theta = \frac{C_{\text{f}} - 1}{C_{\text{f}}} \times 100 \).
Question 3 : Temps de cycle de la chargeuse
Besoin d'un indice ? (Niveau 1)
La chargeuse revient toujours au stock pour recharger : la distance parcourue par cycle vaut deux fois la distance annoncée.
Toujours bloqué ? (Indice Niveau 2)
\( V_{\text{m}} = V_{\text{km/h}} \times \frac{1000}{60} \), puis \( T_{\text{v}} = \frac{2 \, D}{V_{\text{m}}} \) et \( T_{\text{c}} = T_{\text{f}} + T_{\text{v}} \).
Question 4 : Rendements théorique et pratique
Besoin d'un indice ? (Niveau 1)
Un rendement est un nombre de cycles multiplié par la charge d'un cycle : calculez d'abord le premier, il rend le second immédiat.
Toujours bloqué ? (Indice Niveau 2)
\( R_{\text{th}} = \frac{60 \, V_{\text{p}}}{T_{\text{c}}} \), puis \( R_{\text{p}} = \frac{V_{\text{p}} \times \eta}{T_{\text{c}}} \).
Question 5 (Finale) : Sensibilité à la distance de transport
Besoin d'un indice ? (Niveau 1)
Le rendement est inversement proportionnel au temps de cycle : c'est donc la variation relative du temps de cycle, et non celle de la distance, qui gouverne la production.
Toujours bloqué ? (Indice Niveau 2)
\( \varphi = \frac{T_{\text{f}}}{T_{\text{c}}} \times 100 \) et \( D_{\text{eq}} = \frac{T_{\text{f}} \times V_{\text{m}}}{2} \), puis recalculez \( R_{\text{p}} \) avec le nouveau temps de cycle.
Fonctionnement d'une Chargeuse en Terrassement
"Trois mètres cubes, c'est ce que le godet contiendrait s'il était rempli à ras bord d'un matériau parfaitement fluide. Sur un tas de terre meuble, la dent attaque, la charge se tasse d'un côté, une partie retombe : le godet part rarement plein. Le coefficient de remplissage traduit cet écart. Il est petit — cinq pour cent — mais il se répète à chaque voyage, et c'est bien lui qui fera la différence à la fin de la journée."
- Observation : La capacité annoncée est une donnée géométrique, pas une charge.
- Analyse du risque : Un écart de cinq pour cent se répète à chaque cycle.
- Choix stratégique : J'applique le coefficient dès la première ligne du calcul.
- Alternative : Je chiffre l'écart en godets équivalents, pour le rendre parlant.
- Objectif visé : Établir la charge par cycle sur laquelle tout le reste s'appuiera.
Voir uniquement le résultat final (Auto-évaluation)
La valeur annoncée par le constructeur décrit le volume intérieur de l'outil. Ce qu'un godet emporte réellement dépend du matériau, de son état hydrique et de la manière dont la charge est prise : c'est le rôle du coefficient de remplissage que de faire le lien.
Trois relations : la charge réelle du godet, le volume que le remplissage laisse de côté, et l'erreur relative qu'entraînerait son oubli.
Volume réellement emporté par godet :Il multiplie la capacité nominale par le coefficient de remplissage.
Parce que le coefficient est défini comme le rapport du volume contenu à la capacité nominale. Le produit restitue donc directement le volume cherché, sans qu'aucune hypothèse supplémentaire ne soit nécessaire.
- V indice r : volume réellement emporté par cycle, unité : m³ foisonnés
- C indice g : capacité nominale du godet, unité : m³
- k indice r : coefficient de remplissage, unité : sans dimension
- Origine de la capacité : fiche technique du constructeur, unité : sans objet
- Origine du coefficient : observation du chantier, unité : sans objet
Il multiplie la capacité nominale par le complément à un du coefficient.
Parce qu'un pourcentage abstrait se retient mal, alors qu'un volume manquant se visualise. Ce volume permettra ensuite d'exprimer la perte en nombre de godets équivalents, une grandeur immédiatement parlante sur un chantier.
- V manq : volume non chargé à chaque cycle, unité : m³
- C indice g : capacité nominale du godet, unité : m³
- Un moins k indice r : fraction du godet restée vide, unité : sans dimension
- Nature du manque : volume non chargé, non un matériau perdu, unité : sans objet
- Contrôle : la somme avec le volume réel redonne la capacité, unité : m³
Elle rapporte la fraction restée vide au coefficient de remplissage lui-même.
Parce que l'erreur d'une estimation se rapporte toujours à la valeur exacte, jamais à la valeur erronée. Le dénominateur est donc le volume réel, ce qui rend l'écart supérieur au complément à un du coefficient.
- epsilon : erreur relative sur le volume par cycle, unité : pour cent
- Numérateur : fraction du godet restée vide, unité : sans dimension
- Dénominateur : coefficient de remplissage, valeur de référence, unité : sans dimension
- Indépendance : la capacité du godet se simplifie et disparaît, unité : sans objet
- Comparaison : toujours supérieure au complément à un, unité : sans objet
"Le godet fait 3,00 m³, donc la chargeuse transporte 3,00 m³ par cycle — et l'écart n'est jamais que de 5 %..."
- Le volume que l'oubli ajoute : Le calcul retiendrait 3,00 m³ au lieu de 2,85, soit 0,15 m³ de trop à chaque cycle. Sur cent cycles, l'écart atteint 15,00 m³ — exactement cinq godets pleins de matériau que l'engin n'aura jamais transportés.
- Pourquoi l'écart n'est pas de 5,00 % : Les 5,00 % sont la fraction du godet restée vide, rapportée à la capacité nominale. Mais une erreur d'estimation se rapporte à la valeur exacte : 0,15 divisé par 2,85 donne 5,26 %. Le dénominateur juste n'est pas 3,00 mais 2,85, et la différence entre les deux lectures atteint 0,26 point.
- Cette erreur ne dépend d'aucune donnée du chantier : Le rapport vaut le complément à un du coefficient divisé par le coefficient lui-même, soit 0,05 sur 0,95. La capacité du godet se simplifie : la même erreur commise sur un godet de 1,00 m³ ou de 10,00 m³ donnerait exactement les mêmes 5,26 %.
- L'erreur se propage sans s'atténuer : Le volume par cycle est un facteur de toutes les grandeurs qui suivent — volume en place, rendement théorique, rendement pratique. Les 5,26 % se retrouveront donc à l'identique sur la production horaire, puis sur la production journalière.
- Le contrôle qui écarte l'erreur : Tant que le coefficient de remplissage reste inférieur à l'unité, le volume calculé doit être strictement inférieur à la capacité nominale. Retrouver exactement la valeur du catalogue signale que le coefficient n'a pas été appliqué.
Exécution de la Note de Calculs
- C indice g : capacité nominale du godet, exprimée en m³
- k indice r : coefficient de remplissage, grandeur sans dimension
- V indice r : volume réel par cycle, exprimé en m³ foisonnés
- V manq : volume non chargé, exprimé en m³
- epsilon : rapport de deux volumes, exprimé en pour cent
Le calcul se déroule en quatre temps . On établit le volume réel par godet, le volume non chargé, l'erreur relative d'un calcul mené sur la capacité nominale, enfin le nombre de cycles au bout duquel cet écart atteint un godet entier .
1. Résolution Numérique Volume réellement emporté par godetPourquoi fait-on ce calcul ? Parce que c'est la charge par cycle, facteur commun à toutes les grandeurs qui vont suivre.
On multiplie la capacité nominale du godet par le coefficient de remplissage.
- Substitution : On injecte 3,00 m³ et 0,95.
- Piège évité : La capacité nominale n'est pas la charge transportée.
- Hypothèse validée : Coefficient constant d'un cycle à l'autre.
- Vérification croisée : Le résultat doit être inférieur à 3,00 m³.
- Finalité : Fixer la charge par cycle de tout l'exercice.
Deux mètres cubes quatre-vingt-cinq de terre foisonnée à chaque voyage. Le résultat est bien inférieur à la capacité nominale, ce qui est la première vérification à faire : un coefficient de remplissage inférieur à l'unité ne peut qu'abaisser la charge. Ce volume est celui du matériau en tas, vides compris — la chargeuse puise dans un stock déjà extrait, donc déjà foisonné. Il ne pourra pas être comparé directement aux quantités du métré tant qu'il n'aura pas été converti.
- Ordre de grandeur : 2,85 m³ foisonnés par cycle.
- Impact sur la suite : C'est le facteur commun de tous les rendements.
- Cohérence : Le résultat est bien inférieur à la capacité nominale.
- Attention : C'est un volume foisonné, non un volume en place.
- Comparaison : Un coefficient de 0,80 ne donnerait que 2,40 m³.
Remarque pédagogique : Le coefficient dépend du matériau, de son état hydrique et de la conduite de l'engin. Il ne se lit dans aucun texte normatif : l'ISO 6165:2012, qui définit pourtant la chargeuse à son article 4.2, se borne à « donner les termes et les définitions et une structure d'identification » et ne fournit aucune performance.
Volume que le remplissage laisse de côtéPourquoi fait-on ce calcul ? Parce qu'un volume en mètres cubes parle davantage à un chef de chantier qu'un pourcentage.
On retranche le volume réel à la capacité nominale du godet.
- Substitution : On injecte 3,00 m³ et 2,85 m³.
- Piège évité : Ce volume n'est pas un matériau perdu.
- Hypothèse validée : Coefficient inférieur à l'unité.
- Vérification croisée : Il doit valoir 0,05 fois la capacité nominale.
- Finalité : Rendre l'écart tangible.
Cent cinquante litres voyagent à vide dans le godet, à chaque cycle. Le contrôle confirme la valeur : 3,00 multiplié par 0,05 redonne bien 0,15. Rien n'est perdu — le matériau reste au stock —, mais l'outil n'est pas employé à plein. C'est cet écart, répété, qui explique pourquoi l'expérience du conducteur pèse sur la production : mieux prendre sa charge sans allonger le temps de cycle est le gain le plus direct qui soit sur ce poste.
- Ordre de grandeur : 0,15 m³ non chargés par cycle.
- Impact sur la suite : Il mesure la marge de progrès du conducteur.
- Cohérence : Il vaut bien 0,05 fois la capacité nominale.
- Attention : Ce n'est pas un matériau perdu, seulement non chargé.
- Comparaison : Un dôme porterait le godet au-delà de sa capacité.
Remarque pédagogique : Chercher un coefficient supérieur à l'unité en formant un dôme se répercute sur la benne du camion. Le manuel ED 6065 de l'INRS y oppose une règle claire : « Ne chargez pas votre tombereau au-delà des valeurs indiquées par le constructeur », un excès entraînant « une diminution des capacités de roulage et de freinage ».
Erreur relative d'un calcul mené sur la capacité nominalePourquoi fait-on ce calcul ? Parce que l'écart de cinq pour cent que l'on croit lire n'est pas celui que l'on commet.
On rapporte le volume non chargé au volume réel, seule valeur de référence acceptable.
- Substitution : On injecte 0,05 et 0,95.
- Piège évité : Le dénominateur est la valeur exacte, non l'estimation.
- Hypothèse validée : Les deux volumes décrivent le même cycle.
- Vérification croisée : 0,15 divisé par 2,85 donne la même valeur.
- Finalité : Chiffrer l'erreur réellement commise.
Cinq virgule vingt-six pour cent, et non cinq. L'écart de 0,26 point avec la lecture naïve tient uniquement au choix du dénominateur : les 5,00 % rapportent le manque à la capacité nominale, tandis qu'une erreur d'estimation se rapporte à la valeur exacte, soit 2,85 m³. Le résultat est indépendant de la taille de l'engin, la capacité du godet se simplifiant dans le rapport : il vaudrait 5,26 % pour un godet d'un mètre cube comme pour un godet de dix.
- Ordre de grandeur : 5,26 % de surestimation évitée.
- Impact sur la suite : Cet écart se reporte tel quel sur les rendements.
- Cohérence : Le calcul direct sur les volumes donne la même valeur.
- Attention : Il dépasse nécessairement le complément à un du coefficient.
- Comparaison : Avec un coefficient de 0,80, l'écart atteindrait 25,00 %.
Remarque pédagogique : Cette dissymétrie est générale : sous-estimer de x pour cent et surestimer de x pour cent ne sont jamais deux erreurs de même ampleur. Le rapport entre les deux lectures vaut ici 5,26 sur 5,00, soit exactement l'inverse du coefficient de remplissage.
Nombre de cycles équivalant à un godet entierPourquoi fait-on ce calcul ? Parce qu'il traduit un pourcentage abstrait en une grandeur que le chantier reconnaît immédiatement.
On divise la capacité nominale par le volume non chargé à chaque cycle.
- Substitution : On injecte 3,00 m³ et 0,15 m³.
- Piège évité : Le résultat compte des cycles, non des mètres cubes.
- Hypothèse validée : Remplissage identique à chaque cycle.
- Vérification croisée : Le résultat vaut l'inverse du complément à un du coefficient.
- Finalité : Traduire l'écart en godets équivalents.
Tous les vingt cycles, le remplissage coûte l'équivalent d'un godet plein. Le contrôle est immédiat : vingt cycles à 2,85 m³ donnent 57,00 m³, quand vingt godets pleins en auraient donné 60,00 — l'écart vaut exactement une charge nominale. Le résultat ne dépend que du coefficient de remplissage, puisqu'il vaut l'inverse de son complément à un : il serait de cinq cycles seulement avec un coefficient de 0,80.
- Ordre de grandeur : 20,00 cycles pour un godet d'écart.
- Impact sur la suite : Il rend l'écart lisible pour le chantier.
- Cohérence : 57,00 contre 60,00 m³ : l'écart vaut bien un godet.
- Attention : Le résultat compte des cycles, non des mètres cubes.
- Comparaison : Avec un coefficient de 0,80, il n'en faudrait que cinq.
Remarque pédagogique : Cette lecture en godets équivalents est celle qui se transmet le mieux sur le terrain. Elle dit au conducteur ce qu'il gagnerait à mieux prendre sa charge, sans exiger de lui qu'il manipule des pourcentages — et sans jamais l'inciter à surcharger.
"Le godet emporte du foisonné, mais le métré et le règlement raisonnent en volume en place. Il faut donc convertir — et dans le bon sens. Un mètre cube de terrain devient plus d'un mètre cube de tas : pour revenir au terrain, on divise. La règle est simple, l'erreur est fréquente, et son coût n'est pas de vingt-cinq pour cent comme on pourrait le croire : c'est bien plus."
- Observation : Le godet et le métré ne parlent pas du même volume.
- Analyse du risque : Le sens de l'opération — diviser ou multiplier.
- Choix stratégique : Je pars du volume foisonné déjà établi.
- Alternative : Je chiffre à part le volume de vides contenu dans le godet.
- Objectif visé : Exprimer la charge dans l'état de référence du métré.
Voir uniquement le résultat final (Auto-évaluation)
L'extraction ne modifie ni la masse ni le volume des grains : elle détruit l'arrangement serré du sol en place et y introduit des vides. Le tas occupe donc plus de place que le terrain dont il provient, à masse rigoureusement identique.
Trois relations : le retour au volume en place, le volume de vides contenu dans le godet, et la part que ces vides occupent.
Volume en place équivalent :Il divise le volume foisonné par le coefficient de foisonnement.
Parce que le coefficient de foisonnement est défini comme le rapport du volume foisonné au volume en place. Le retrouver dans l'autre sens impose donc une division, et le résultat est nécessairement plus petit que le point de départ.
- V indice p : volume en place équivalent à un godet, unité : m³
- V indice r : volume foisonné réellement emporté, unité : m³
- C indice f : coefficient de foisonnement, unité : sans dimension
- Grandeur conservée : la masse de matériau, non son volume, unité : sans objet
- Base de règlement : mètre cube en place, avant extraction, unité : m³
Il retranche le volume en place au volume foisonné emporté.
Parce que la matière solide n'a pas varié entre les deux états : tout ce que le volume a gagné est du vide. Chiffrer ce vide donne un sens physique au foisonnement et explique pourquoi une benne se remplit avant d'être chargée.
- V indice v : volume de vides transporté par godet, unité : m³
- V indice r : volume foisonné emporté, unité : m³
- V indice p : volume de matière dans son état initial, unité : m³
- Nature du vide : macroporosité créée par l'extraction, unité : sans objet
- Masse associée : nulle, ce volume est occupé par de l'air, unité : sans objet
Elle rapporte l'augmentation de volume au coefficient de foisonnement lui-même.
Parce que cette part ne dépend que du coefficient, et jamais du volume traité. Elle constitue donc un repère universel, valable pour un godet comme pour une benne entière, dès lors que le matériau est le même.
- theta : part des vides dans le volume foisonné, unité : pour cent
- C indice f moins un : augmentation relative de volume, unité : sans dimension
- C indice f : coefficient de foisonnement, au dénominateur, unité : sans dimension
- Indépendance : le volume se simplifie et disparaît, unité : sans objet
- Grandeur liée : le rapport des masses volumiques apparentes, unité : sans dimension
"Le foisonnement vaut 1,25 : je multiplie donc le volume du godet par 1,25 pour avoir le volume en place..."
- Ce que donne l'erreur : Le calcul rendrait 3,5625 m³ au lieu de 2,28, soit une surestimation de 56,25 %. Le résultat obtenu dépasse même la capacité nominale du godet, ce qui suffit à le disqualifier sans autre vérification : aucun volume en place ne peut excéder le volume foisonné qui en provient.
- Pourquoi 56,25 % et non 25 % : Multiplier au lieu de diviser ne commet pas une erreur, mais deux fois la même. Le rapport entre le résultat erroné et le résultat exact vaut le produit du coefficient par lui-même, soit 1,25 au carré, c'est-à-dire 1,5625. Le supplément de 56,25 % est donc la conséquence arithmétique exacte de l'inversion, et non une approximation.
- Cette erreur ne dépend d'aucune donnée du chantier : Le volume du godet se simplifie dans le rapport : seul subsiste le carré du coefficient. La même inversion commise avec un foisonnement de 1,10 donnerait 21,00 % de trop, et avec un foisonnement de 1,40, 96,00 % — soit presque le double du volume réel.
- L'ampleur sur une série de cycles : Sur cent godets, le calcul annoncerait 356,25 m³ en place là où l'engin n'en aura repris que 228,00. L'écart de 128,25 m³ dépasse la moitié de la quantité réelle : à ce niveau, ce n'est plus une imprécision de métré, c'est un litige.
- Le contrôle qui écarte l'erreur : Le volume en place doit toujours être inférieur au volume foisonné, puisque l'extraction ne peut que créer des vides. Un résultat supérieur signale immédiatement une inversion du sens de la conversion.
Exécution de la Note de Calculs
- V indice r : volume foisonné par godet, exprimé en m³
- C indice f : coefficient de foisonnement, grandeur sans dimension
- V indice p : volume en place équivalent, exprimé en m³
- V indice v : volume de vides, exprimé en m³
- theta : part des vides dans le godet, exprimée en pour cent
Le calcul se déroule en quatre temps . On établit le volume en place équivalent, le volume de vides transporté, la part qu'il occupe dans le godet, enfin le rapport des masses volumiques apparentes des deux états .
1. Résolution Numérique Volume en place équivalent à un godetPourquoi fait-on ce calcul ? Parce que c'est l'unité dans laquelle le déblai se mesure et se règle.
On divise le volume foisonné emporté par le coefficient de foisonnement.
- Substitution : On injecte 2,85 m³ et 1,25.
- Piège évité : On divise, on ne multiplie pas.
- Hypothèse validée : Coefficient uniforme pour tout le stock.
- Vérification croisée : 2,28 multiplié par 1,25 redonne 2,85.
- Finalité : Exprimer la charge dans l'unité du métré.
Chaque godet représente 2,28 m³ de terrain d'origine. Le résultat est bien inférieur au volume foisonné, ce qui est la première vérification à faire : l'extraction ne peut qu'augmenter le volume, jamais le réduire. Le contrôle inverse confirme la valeur — 2,28 multiplié par 1,25 redonne exactement 2,85. Rapporté à la capacité nominale du godet, ce volume en place ne représente plus que 76,00 % : le remplissage et le foisonnement se cumulent pour éloigner la charge réelle de la charge affichée.
- Ordre de grandeur : 2,28 m³ en place par godet.
- Impact sur la suite : C'est la charge qui servira au rendement.
- Cohérence : Le contrôle inverse redonne bien 2,85 m³.
- Attention : Le résultat doit être inférieur au volume foisonné.
- Comparaison : Cela ne fait plus que 76,00 % de la capacité nominale.
Remarque pédagogique : Le commentaire de l'article 6.5.3 du fascicule 2 du CCTG impose l'état de référence : « soit au mètre cube en place (avant extraction) ; soit au mètre cube en œuvre (après compactage). La première formule doit être adoptée en règle générale. » Un rendement annoncé sans préciser son état n'a donc aucune valeur contractuelle.
Volume de vides transporté par godetPourquoi fait-on ce calcul ? Parce qu'il donne au foisonnement son contenu physique : ce que le godet gagne en volume, c'est de l'air.
On retranche le volume en place au volume foisonné emporté.
- Substitution : On injecte 2,85 m³ et 2,28 m³.
- Piège évité : Les deux volumes décrivent la même matière.
- Hypothèse validée : Masse de grains inchangée.
- Vérification croisée : Le résultat doit valoir 0,25 fois le volume en place.
- Finalité : Chiffrer l'air transporté à chaque cycle.
Plus d'un demi-mètre cube d'air à chaque voyage. Le contrôle confirme la valeur : 2,28 multiplié par 0,25 redonne bien 0,57. Ce volume est presque quatre fois celui que le coefficient de remplissage laissait de côté, ce qui situe les deux effets l'un par rapport à l'autre : le foisonnement pèse bien plus lourd sur la charge utile que le remplissage. C'est aussi lui qui explique qu'une benne atteigne son volume avant sa charge admissible.
- Ordre de grandeur : 0,57 m³ de vides par godet.
- Impact sur la suite : Ils expliquent le remplissage prématuré des bennes.
- Cohérence : Ils valent bien 0,25 fois le volume en place.
- Attention : Ce vide n'est pas l'indice des vides géotechnique.
- Comparaison : C'est 3,80 fois le volume laissé par le remplissage.
Remarque pédagogique : Ce vide est une macroporosité créée par l'extraction : le GTR 2024 le désigne explicitement comme l'ensemble des vides « générés au cours du processus d'extraction (foisonnement) », que le compactage aura pour objet de réduire. Il n'a rien à voir avec l'indice des vides que la géotechnique définit pour le sol en place.
Part des vides dans le godetPourquoi fait-on ce calcul ? Parce qu'il fournit un repère indépendant de l'engin, valable pour tout godet et toute benne.
On rapporte l'augmentation relative de volume au coefficient de foisonnement.
- Substitution : On injecte 0,25 et 1,25.
- Piège évité : La part se rapporte au godet, non au terrain.
- Hypothèse validée : Le volume se simplifie dans le rapport.
- Vérification croisée : 0,57 divisé par 2,85 donne la même valeur.
- Finalité : Disposer d'un repère transposable.
Un cinquième du godet n'est que de l'air. Le résultat se vérifie directement sur les volumes : 0,57 divisé par 2,85 donne bien 0,2000. Ce chiffre est indépendant du volume traité, celui-ci se simplifiant dans le rapport : il vaudrait 20,00 % pour un godet comme pour une benne entière, dès lors que le matériau est le même. Il est nécessairement inférieur à l'augmentation de 25,00 %, puisque la part se rapporte au tas et non au terrain d'origine.
- Ordre de grandeur : 20,00 % du godet est du vide.
- Impact sur la suite : C'est un repère valable pour tout contenant.
- Cohérence : Le rapport direct des volumes donne la même valeur.
- Attention : Elle est inférieure à l'augmentation de 25,00 %.
- Comparaison : Un foisonnement de 1,40 porterait la part à 28,57 %.
Remarque pédagogique : Deux pourcentages coexistent ici et ne se confondent jamais : 25,00 % est l'augmentation subie par le terrain, 20,00 % la part de vides dans le tas. Le premier a pour dénominateur le volume en place, le second le volume foisonné.
Rapport des masses volumiques apparentesPourquoi fait-on ce calcul ? Parce qu'il montre que le foisonnement se lit aussi bien sur les masses volumiques que sur les volumes.
On prend l'inverse du coefficient de foisonnement, la masse étant conservée.
- Substitution : On injecte 1,25 au dénominateur.
- Piège évité : Une masse volumique diminue quand le volume augmente.
- Hypothèse validée : Masse conservée entre les deux états.
- Vérification croisée : Le complément à un doit valoir la part de vides.
- Finalité : Relier volumes et masses volumiques.
Un mètre cube du tas ne pèse que 80,00 % d'un mètre cube du terrain. Le résultat découle directement de la conservation de la masse : si le même matériau occupe 1,25 fois plus de place, sa masse volumique apparente est divisée d'autant. Le complément à un vaut 20,00 %, exactement la part de vides déjà trouvée — les deux lectures décrivent le même phénomène, l'une par les volumes, l'autre par les masses volumiques. C'est cette baisse de densité que le compactage aura ensuite pour objet d'inverser.
- Ordre de grandeur : 0,80, soit 20,00 % de densité en moins.
- Impact sur la suite : C'est ce que le compactage devra inverser.
- Cohérence : Le complément à un vaut bien la part de vides.
- Attention : La masse, elle, est rigoureusement conservée.
- Comparaison : Un foisonnement de 1,40 donnerait 0,7143.
Remarque pédagogique : C'est exactement le mouvement inverse que décrit le GTR 2024 à propos du compactage : cette opération « permet de réduire le volume des vides » et « on augmente ainsi la masse volumique sèche et la résistance au cisaillement du matériau ». Foisonnement et compactage sont deux trajets opposés sur la même grandeur.
"Trois unités de temps et deux unités de longueur cohabitent dans les données : des kilomètres par heure, des mètres, des minutes. Rien ne se divise tant que tout n'a pas été ramené au même système. Ensuite, la question de fond est simple mais décisive : la chargeuse ne s'arrête pas devant le camion, elle repart chercher le godet suivant. La distance compte donc deux fois."
- Observation : Les données mêlent kilomètres par heure, mètres et minutes.
- Analyse du risque : Diviser des grandeurs exprimées dans des systèmes différents.
- Choix stratégique : Je convertis d'abord, je calcule ensuite.
- Alternative : Je sépare le cycle en une part fixe et une part variable.
- Objectif visé : Obtenir la cadence réelle de l'engin.
Voir uniquement le résultat final (Auto-évaluation)
Le temps fixe regroupe les opérations dont la durée ne dépend pas de la géométrie du poste ; le temps variable ne dépend que de la distance à parcourir et de la vitesse de translation. Séparer les deux permet de savoir sur quel levier agir.
Trois relations : la conversion de la vitesse, le temps de transport aller-retour, et la somme qui forme le cycle.
Conversion de la vitesse en mètres par minute :Elle multiplie par mille pour passer aux mètres et divise par soixante pour passer aux minutes.
Parce que la distance est donnée en mètres et le temps fixe en minutes. Ramener la vitesse dans ce même système rend toutes les grandeurs compatibles, et supprime la principale source d'erreur de l'exercice.
- V indice m : vitesse moyenne exprimée en mètres par minute, unité : m/min
- V en km par heure : vitesse telle que donnée aux données, unité : km/h
- Facteur mille : passage des kilomètres aux mètres, unité : m/km
- Diviseur soixante : passage des heures aux minutes, unité : min/h
- Nature de l'opération : conversion exacte, sans perte d'information, unité : sans objet
Il divise la distance parcourue par cycle, égale au double de la distance simple, par la vitesse.
Parce qu'un cycle est une boucle fermée : la chargeuse doit revenir au stock pour recharger, sans quoi il n'y aurait pas de cycle suivant. La distance effectivement parcourue est donc le double de celle qui sépare les deux points.
- T indice v : temps de translation par cycle, unité : min
- D : distance en aller simple entre le stock et le camion, unité : m
- Facteur deux : aller en charge et retour à vide, unité : sans dimension
- V indice m : vitesse moyenne en mètres par minute, unité : m/min
- Sensibilité : seule part du cycle qui dépend de la géométrie, unité : sans objet
Il additionne la part fixe des manœuvres et la part variable du transport.
Parce que les deux familles d'opérations se succèdent sans se recouvrir : l'engin charge, puis roule, puis décharge, puis revient. Les durées s'ajoutent donc, et la séparation des deux parts indique où porter l'effort d'optimisation.
- T indice c : durée d'un cycle complet, unité : min
- T indice f : temps fixe des manœuvres et du chargement, unité : min
- T indice v : temps de translation aller-retour, unité : min
- Contenu exclu : toute attente de camion, logée dans l'efficacité, unité : sans objet
- Usage : dénominateur de tous les rendements, unité : min
"La distance est de 20 m : le temps de transport vaut donc 20 divisé par la vitesse..."
- Ce que donne l'erreur : Le temps variable tomberait à 0,15 min et le cycle à 0,75 min, soit 45,00 s au lieu de 54,00. Les 9,00 s manquantes sont exactement la durée du trajet retour, à 133,3333 m par minute sur 20,00 m.
- Ce que l'erreur coûte sur la production : Le rendement est inversement proportionnel au temps de cycle : le rapport 0,90 sur 0,75 vaut 1,20, soit une surestimation de 20,00 % exactement de la production horaire. Sur un poste dimensionné à cette cadence, un camion sur six manquerait à l'appel.
- Pourquoi l'oubli est structurellement impossible : La recommandation R.482, reproduite par le manuel ED 6065 de l'INRS, classe la chargeuse sur pneus en catégorie C1 « Engins de chargement à déplacement alternatif ». Le mot alternatif décrit précisément le mouvement : l'engin fait la navette. Un cycle qui ne comporterait qu'un aller laisserait la machine au pied du camion, sans godet et sans moyen de recommencer.
- Le contrôle par la distance parcourue : À 133,3333 m par minute, un temps de 0,15 min correspond à 20,00 m parcourus, soit un simple aller. Multiplier le temps trouvé par la vitesse et vérifier qu'on retombe sur 40,00 m écarte l'erreur en une seule opération.
- La bonne méthode : Écrire la distance parcourue par cycle avant toute division — ici 2 fois 20,00 m — plutôt que de reprendre telle quelle la distance figurant aux données, qui n'est qu'un aller simple.
Exécution de la Note de Calculs
- Vitesse donnée aux données, exprimée en km/h
- V indice m : vitesse convertie, exprimée en m/min
- D : distance en aller simple, exprimée en m
- T indice f et T indice v : durées, exprimées en min
- Contrôle : diviser des mètres par des km/h donnerait un résultat sans signification
Le calcul se déroule en quatre temps . On convertit la vitesse, on établit le temps variable pour un aller-retour, puis le temps de cycle complet, enfin l'effet d'un gain de cinq secondes sur les manœuvres .
1. Résolution Numérique Conversion de la vitesse en mètres par minutePourquoi fait-on ce calcul ? Parce que la distance est en mètres et le temps fixe en minutes : sans conversion, aucune division n'a de sens.
On multiplie par mille pour passer aux mètres, puis on divise par soixante pour passer aux minutes.
- Substitution : On injecte 8,00 km/h.
- Piège évité : On ne divise jamais des mètres par des km/h.
- Hypothèse validée : Conversion exacte, sans approximation physique.
- Vérification croisée : Le résultat doit valoir 16,6667 fois la valeur en km/h.
- Finalité : Rendre toutes les données homogènes.
Cent trente-trois mètres par minute, soit un peu plus de deux mètres par seconde. L'ordre de grandeur est cohérent avec une allure de marche rapide, ce qui correspond bien à un engin manœuvrant sur une aire de chantier encombrée. Le facteur de conversion vaut 16,6667 : toute vitesse en kilomètres par heure se multiplie par ce nombre pour obtenir des mètres par minute, quel que soit l'engin considéré.
- Ordre de grandeur : 133,3333 m/min, soit 2,2222 m/s.
- Impact sur la suite : C'est le dénominateur du temps variable.
- Cohérence : Le facteur de conversion vaut bien 16,6667.
- Attention : Cette vitesse suppose une piste entretenue.
- Comparaison : C'est l'allure d'une marche rapide.
Remarque pédagogique : Cette vitesse n'est tenable que sur une piste conforme. Le guide de l'OPPBTP rappelle que « les pistes seront dimensionnées en fonction de la charge maximale des véhicules et engins qui y circuleront et leur durée de vie », et qu'« une pente transversale de 2,5 % à 4 % assure l'écoulement des eaux ». Une piste dégradée fait chuter la vitesse moyenne, donc la production.
Temps variable pour un aller-retourPourquoi fait-on ce calcul ? Parce que c'est la seule part du cycle qui dépend de l'implantation du stock.
On divise le double de la distance par la vitesse convertie.
- Substitution : On injecte 40,00 m et 133,3333 m/min.
- Piège évité : La distance parcourue vaut deux fois celle des données.
- Hypothèse validée : Même vitesse en charge et à vide.
- Vérification croisée : 0,30 fois 133,3333 redonne bien 40,00 m.
- Finalité : Isoler la part sensible à la distance.
Dix-huit secondes de roulage par cycle, aller et retour compris. Le contrôle est immédiat : 0,30 min multiplié par 133,3333 m/min redonne exactement 40,00 m, soit bien le double de la distance annoncée. Ce temps est entièrement improductif — l'engin transporte, mais ne charge ni ne décharge. Il ne représente pourtant que la moitié du temps fixe, ce qui indique déjà que l'optimisation du poste ne passera pas d'abord par le rapprochement du stock.
- Ordre de grandeur : 0,30 min, soit 18,00 s de roulage.
- Impact sur la suite : C'est la seule part sensible à la distance.
- Cohérence : Le produit inverse redonne bien 40,00 m.
- Attention : Ce temps est entièrement improductif.
- Comparaison : Il ne vaut que la moitié du temps fixe.
Remarque pédagogique : L'hypothèse d'une vitesse identique en charge et à vide est une simplification : un engin chargé accélère plus lentement et freine sur une distance plus longue. Le manuel ED 6065 de l'INRS le rappelle pour le tombereau — un excès de chargement entraîne « une diminution des capacités de roulage et de freinage » — et le principe vaut pour tout engin en charge.
Temps de cycle completPourquoi fait-on ce calcul ? Parce que c'est le dénominateur de tous les rendements que la question suivante établira.
On additionne le temps fixe des manœuvres et le temps variable du transport.
- Substitution : On injecte 0,60 min et 0,30 min.
- Piège évité : Les deux durées sont bien exprimées en minutes.
- Hypothèse validée : Opérations successives, sans recouvrement.
- Vérification croisée : Le total doit valoir 54,00 s.
- Finalité : Fournir la cadence de l'engin.
Cinquante-quatre secondes entre deux godets versés dans la benne. La répartition est instructive : 66,67 % du cycle relève du temps fixe et 33,33 % seulement du transport. Autrement dit, les manœuvres pèsent deux fois plus que le roulage. Sur un poste de reprise aussi ramassé, l'effort d'optimisation doit donc porter en priorité sur la conduite et sur le positionnement du camion, non sur le rapprochement du stock.
- Ordre de grandeur : 0,90 min, soit 54,00 s par cycle.
- Impact sur la suite : C'est le dénominateur de tous les rendements.
- Cohérence : Le total dépasse bien le seul temps fixe.
- Attention : Il ne contient aucune attente de camion.
- Comparaison : Le temps fixe pèse deux fois plus que le transport.
Remarque pédagogique : Ce temps de cycle décrit un enchaînement sans interruption. Le GTR 2024 parle pour sa part de « durée du cycle constatée » : la valeur calculée ici relève du stade de l'étude et devra être confrontée au chronométrage, seul juge de ce que le chantier fait réellement.
Effet d'un gain de cinq secondes sur les manœuvresPourquoi fait-on ce calcul ? Parce qu'il chiffre ce que vaut, en production, une amélioration en apparence dérisoire.
On rapporte le temps de cycle actuel au temps de cycle réduit, le rendement variant comme l'inverse du cycle.
- Substitution : On injecte 54,00 s et 49,00 s.
- Piège évité : Le gain de production n'est pas égal au gain de temps.
- Hypothèse validée : Charge par cycle inchangée.
- Vérification croisée : Le gain de temps vaut, lui, 9,26 %.
- Finalité : Mesurer le levier le plus accessible.
Cinq secondes gagnées valent 10,20 % de production supplémentaire. Le résultat mérite d'être lu attentivement, car deux pourcentages coexistent et ne se confondent pas : le temps diminue de 9,26 % — cinq secondes sur cinquante-quatre —, mais la production augmente de 10,20 %. L'écart tient à ce que le rendement varie comme l'inverse du temps de cycle : réduire le dénominateur de x pour cent augmente le quotient de davantage. Sur un poste où les manœuvres pèsent les deux tiers du cycle, c'est bien là que se trouve le gisement.
- Ordre de grandeur : +10,20 % de production pour 5,00 s gagnées.
- Impact sur la suite : Le temps fixe est le premier levier du poste.
- Cohérence : Le gain de temps ne vaut, lui, que 9,26 %.
- Attention : Production et temps varient en sens inverse.
- Comparaison : Il faudrait supprimer toute la distance pour gagner 50,00 %.
Remarque pédagogique : Cette dissymétrie est générale : une réduction de x pour cent du temps de cycle produit un gain de x sur (100 moins x) pour cent de production. Elle explique pourquoi les secondes se comptent sur un poste de chargement — et pourquoi un chronométrage vaut mieux qu'une estimation.
"Une charge par cycle, une durée de cycle : le rendement s'en déduit en une ligne. Mais une heure de chantier n'est jamais une heure de production. Il y a le camion qui se replace, l'instruction qu'on attend, la pause, le petit aléa. L'efficacité horaire résume tout cela d'un seul nombre. Deux rendements coexistent donc — et un seul des deux sert à planifier."
- Observation : Une heure de chantier n'est pas une heure de production.
- Analyse du risque : Planifier sur un rendement jamais atteint.
- Choix stratégique : Je calcule les deux, et je nomme celui que je retiens.
- Alternative : Je passe par le nombre de cycles, plus parlant qu'une formule.
- Objectif visé : Livrer une production horaire utilisable en planification.
Voir uniquement le résultat final (Auto-évaluation)
La production horaire se construit en deux temps : combien de cycles l'engin réalise-t-il en une heure, et que transporte-t-il à chaque cycle. L'efficacité horaire vient ensuite corriger le premier terme pour tenir compte de ce qui n'est pas de la production.
Trois relations : le nombre de cycles en une heure pleine, le rendement théorique, et le rendement pratique corrigé de l'efficacité.
Nombre de cycles en une heure pleine :Il divise soixante minutes par la durée d'un cycle.
Parce qu'elle rend le raisonnement concret : compter des cycles se vérifie d'un coup d'œil sur le chantier, alors qu'un rendement en mètres cubes par heure ne se contrôle qu'en fin de poste.
- N indice th : nombre de cycles en une heure pleine, unité : cycles/h
- Soixante : durée d'une heure exprimée en minutes, unité : min/h
- T indice c : durée d'un cycle complet, unité : min
- Nature du nombre : cadence idéale, non un comptage réel, unité : sans objet
- Contrôle : le produit par le temps de cycle redonne soixante, unité : min
Il multiplie le nombre de cycles d'une heure pleine par la charge en place d'un cycle.
Parce qu'elle fournit la borne supérieure de ce que l'atelier peut produire. Elle sert à comparer des matériels ou des configurations entre eux, à conditions d'organisation identiques — jamais à établir un planning.
- R indice th : rendement théorique, unité : m³ en place par heure
- V indice p : volume en place transporté par cycle, unité : m³
- T indice c : durée d'un cycle complet, unité : min
- Soixante : heure pleine, sans temps mort, unité : min/h
- Usage : comparaison de matériels, non planification, unité : sans objet
Il substitue l'efficacité horaire aux soixante minutes de l'heure pleine.
Parce que la seule grandeur qui change entre les deux rendements est le temps réellement disponible. Le remplacer directement au numérateur est plus clair que d'appliquer un coefficient correcteur au résultat.
- R indice p : rendement pratique, unité : m³ en place par heure
- eta : temps réellement productif dans une heure, unité : min/h
- V indice p : volume en place transporté par cycle, unité : m³
- T indice c : durée d'un cycle complet, unité : min
- Contenu de eta : pauses, attentes, repositionnements et aléas, unité : sans objet
"La chargeuse sort 152 m³ par heure : en huit heures, on aura fait 1 216 m³..."
- L'ampleur exacte de la surestimation : Le rapport du rendement théorique au rendement pratique vaut 60 sur 50, soit 1,20 — une surestimation de 20,00 % exactement. Ce facteur ne dépend ni du godet, ni du temps de cycle, ni du foisonnement : il ne dépend que de l'efficacité horaire retenue.
- Les deux pourcentages qu'il ne faut pas confondre : La perte vaut 16,67 % du rendement théorique — dix minutes sur soixante — mais la surestimation vaut 20,00 % du rendement pratique — dix minutes sur cinquante. Les deux lectures décrivent la même réalité avec des dénominateurs différents, et l'écart entre elles atteint 3,33 points.
- Ce que l'erreur produit sur une journée : Sur un poste de huit heures, la prévision annoncerait 1 216,00 m³ quand le chantier n'en sortira que 1 013,33. Il manquerait 202,67 m³ chaque jour, écart qui se creuse à mesure que le chantier avance.
- Ce que l'erreur produit sur le délai : Pour une quantité donnée, la durée nécessaire est inversement proportionnelle au rendement : elle est donc multipliée par 1,20. Un terrassement planifié en dix jours sur la base du rendement théorique en demanderait douze — deux jours de retard structurel, imputables à un seul choix de formule.
- Le contrôle qui écarte l'erreur : Le rendement pratique doit toujours être inférieur au rendement théorique, et leur rapport doit valoir exactement l'efficacité divisée par soixante. Retrouver deux valeurs identiques signale que l'efficacité n'a pas été appliquée.
Exécution de la Note de Calculs
- V indice p : volume en place par cycle, exprimé en m³
- T indice c : durée d'un cycle, exprimée en min
- eta : efficacité horaire, exprimée en min/h
- N : nombre de cycles par heure, exprimé en cycles/h
- R : rendement, exprimé en m³ en place par heure
Le calcul se déroule en quatre temps . On établit le nombre de cycles d'une heure pleine, le rendement théorique, le rendement pratique, enfin la perte imputable aux temps morts .
1. Résolution Numérique Nombre de cycles en une heure pleinePourquoi fait-on ce calcul ? Parce qu'un nombre de cycles se contrôle d'un coup d'œil sur le chantier, contrairement à un rendement.
On divise les soixante minutes de l'heure par la durée d'un cycle.
- Substitution : On injecte 60,00 min et 0,90 min.
- Piège évité : Ce nombre suppose une heure entièrement productive.
- Hypothèse validée : Cycles enchaînés sans interruption.
- Vérification croisée : Le produit par 0,90 doit redonner 60,00 min.
- Finalité : Obtenir une cadence vérifiable.
Deux cents godets en trois heures, soit près de soixante-sept en une heure pleine. Le contrôle confirme la valeur : 66,6667 multiplié par 0,90 redonne exactement 60,00 minutes. Ce nombre décrit une cadence idéale — un godet toutes les cinquante-quatre secondes, sans la moindre pause. Il constitue le repère par rapport auquel le comptage réel sur le terrain se jugera, et l'écart entre les deux mesurera directement la qualité de l'organisation du poste.
- Ordre de grandeur : 66,6667 cycles en une heure pleine.
- Impact sur la suite : C'est le facteur du rendement théorique.
- Cohérence : Le produit par 0,90 redonne bien 60,00 min.
- Attention : Cette cadence n'est jamais tenue une heure durant.
- Comparaison : Un cycle d'une minute n'en donnerait que 60,00.
Remarque pédagogique : Compter les cycles est le contrôle le plus simple qui soit sur un poste de chargement : il ne demande qu'une montre. C'est aussi ce que suggère le GTR 2024 en parlant de « durée du cycle constatée » — la valeur d'étude n'a de valeur que confrontée au terrain.
Rendement théorique en volume en placePourquoi fait-on ce calcul ? Parce qu'il fixe la borne supérieure du poste, utile pour comparer des configurations.
On multiplie le nombre de cycles d'une heure pleine par la charge en place d'un cycle.
- Substitution : On injecte 2,28 m³, 60,00 min et 0,90 min.
- Piège évité : On emploie le volume en place, non le foisonné.
- Hypothèse validée : Heure entièrement productive.
- Vérification croisée : 66,6667 fois 2,28 donne la même valeur.
- Finalité : Fixer la borne supérieure du poste.
Cent cinquante-deux mètres cubes en place par heure, dans l'absolu. Le contrôle par l'autre voie confirme la valeur : 66,6667 cycles multipliés par 2,28 m³ redonnent bien 152,00. Exprimé en volume foisonné, ce même rendement vaudrait 190,00 m³ par heure — même production, deux chiffres différents, et c'est précisément pourquoi l'état doit toujours être précisé. Cette valeur ne servira pas à planifier : elle sert à comparer, par exemple entre deux implantations du stock.
- Ordre de grandeur : 152,00 m³/h en place.
- Impact sur la suite : C'est la borne supérieure à corriger.
- Cohérence : Le calcul par les cycles donne la même valeur.
- Attention : En volume foisonné, la même production ferait 190,00 m³/h.
- Comparaison : Cette valeur sert à comparer, non à planifier.
Remarque pédagogique : Le même rendement s'écrit 152,00 ou 190,00 m³/h selon l'état retenu. Le commentaire de l'article 6.5.3 du fascicule 2 du CCTG tranche : la base est le « mètre cube en place (avant extraction) », formule qui « doit être adoptée en règle générale ».
Rendement pratique en volume en placePourquoi fait-on ce calcul ? Parce que c'est la seule valeur sur laquelle un planning peut être bâti.
On remplace les soixante minutes de l'heure pleine par l'efficacité horaire du chantier.
- Substitution : On injecte 2,28 m³, 50,00 min/h et 0,90 min.
- Piège évité : L'efficacité remplace 60,00, elle ne s'y ajoute pas.
- Hypothèse validée : Efficacité représentative du chantier.
- Vérification croisée : Le rapport au théorique doit valoir 0,8333.
- Finalité : Livrer la valeur de planification.
Environ cent vingt-sept mètres cubes en place par heure de chantier. Le rapport au rendement théorique vaut 0,8333, soit exactement cinquante minutes sur soixante : le contrôle est immédiat. Traduit en cycles, cela représente 55,5556 godets par heure de chantier au lieu de 66,6667 — soit onze godets perdus dans les temps morts. C'est cette valeur, et elle seule, qui permet de dire combien de jours durera le terrassement.
- Ordre de grandeur : 126,6667 m³/h en place.
- Impact sur la suite : C'est la valeur de planification.
- Cohérence : Le rapport au théorique vaut bien 0,8333.
- Attention : Elle repose sur une efficacité observée, non calculée.
- Comparaison : Cela fait 55,5556 godets par heure de chantier.
Remarque pédagogique : L'efficacité horaire ne se calcule pas : elle s'observe et se négocie. Le GTR 2024 énonce le principe pour l'ensemble de l'atelier : « au stade de l'étude, Q est estimé en tenant compte des données du projet et des contraintes d'exécution » — les contraintes d'exécution, ce sont précisément ces dix minutes.
Perte de production imputable aux temps mortsPourquoi fait-on ce calcul ? Parce qu'il chiffre l'enjeu de l'organisation du poste, indépendamment de la machine.
On retranche le rendement pratique au rendement théorique, puis on rapporte l'écart au théorique.
- Substitution : On injecte 152,00 et 126,6667 m³/h.
- Piège évité : Perte et surestimation n'ont pas le même dénominateur.
- Hypothèse validée : Même charge et même cycle dans les deux cas.
- Vérification croisée : La part perdue doit valoir 10 sur 60.
- Finalité : Chiffrer l'enjeu de l'organisation.
Vingt-cinq mètres cubes par heure perdus dans les temps morts. Rapportée au rendement théorique, cette perte vaut 16,67 % — dix minutes sur soixante, exactement. Mais lue dans l'autre sens, elle représente une surestimation de 20,00 % du rendement pratique — dix minutes sur cinquante. Les deux pourcentages décrivent la même réalité et diffèrent de 3,33 points par le seul choix du dénominateur : c'est la source de confusion la plus fréquente sur ce type de calcul.
- Ordre de grandeur : 25,3333 m³/h perdus.
- Impact sur la suite : C'est l'enjeu de l'organisation du poste.
- Cohérence : La part perdue vaut bien 10 sur 60.
- Attention : 16,67 % de perte valent 20,00 % de surestimation.
- Comparaison : Sur huit heures, cela fait 202,67 m³ par jour.
Remarque pédagogique : Une part de ces dix minutes tient à l'appariement avec les camions. Le manuel ED 6065 de l'INRS rappelle que, pour le tombereau, « le chargement est effectué par des moyens externes » : les deux cycles sont liés, et une chargeuse qui attend produit exactement autant qu'une chargeuse à l'arrêt.
"Le stock va devoir bouger : la question est de savoir ce que cela coûte. L'intuition dit qu'un stock deux fois plus loin fait deux fois moins de production — et l'intuition se trompe, parce que la distance n'entre que dans une partie du cycle. Avant de déplacer quoi que ce soit, je veux savoir laquelle des deux parties domine, et à partir de quelle distance le rapport s'inverse."
- Observation : La distance n'entre que dans une partie du cycle.
- Analyse du risque : Croire que le rendement varie proportionnellement à la distance.
- Choix stratégique : Je pèse d'abord les deux parts du cycle l'une contre l'autre.
- Alternative : Je cherche la distance qui égalise les deux parts.
- Objectif visé : Désigner le levier sur lequel l'effort doit porter.
Voir uniquement le résultat final (Auto-évaluation)
La production horaire est le quotient d'une charge constante par une durée. Toute variation de la distance n'agit donc sur elle qu'indirectement, à travers la seule partie variable du cycle — et la relation obtenue n'est jamais proportionnelle.
Trois relations : la part du temps fixe dans le cycle, la distance qui égalise les deux parts, et le rendement en fonction de la distance.
Part du temps fixe dans le cycle :Elle rapporte la durée des manœuvres à la durée totale du cycle.
Parce qu'elle désigne le levier dominant du poste. Un cycle où les manœuvres pèsent lourd s'améliore par la conduite ; un cycle où le transport domine s'améliore par l'implantation.
- phi : part du temps fixe dans le cycle, unité : pour cent
- T indice f : temps fixe des manœuvres, unité : min
- T indice c : durée totale du cycle, unité : min
- Complément à cent : part du transport dans le cycle, unité : pour cent
- Lecture : une part fixe élevée désigne la conduite comme levier, unité : sans objet
Elle multiplie le temps fixe par la vitesse et divise par deux, le trajet étant un aller-retour.
Parce qu'elle fournit un seuil immédiatement lisible : en deçà, l'optimisation passe par les manœuvres ; au-delà, elle passe par l'implantation du stock. Elle s'obtient en écrivant simplement l'égalité des deux durées.
- D eq : distance égalisant les deux parts, unité : m
- T indice f : temps fixe des manœuvres, unité : min
- V indice m : vitesse moyenne de translation, unité : m/min
- Diviseur deux : le trajet est un aller-retour, unité : sans dimension
- Nature du seuil : bascule de levier, non limite d'exploitation, unité : sans objet
Il divise la production horaire nominale par un temps de cycle où seule la part variable dépend de la distance.
Parce qu'elle montre où la distance intervient : au dénominateur, et dans un seul de ses deux termes. C'est de là que vient le caractère non proportionnel de la relation, et c'est ce qui rend l'intuition trompeuse.
- R indice p de D : rendement pratique à la distance D, unité : m³ en place par heure
- Numérateur : production nominale par minute de cycle, unité : m³ par minute et par heure
- T indice f : terme du dénominateur insensible à la distance, unité : min
- Deux D sur V : terme du dénominateur proportionnel à la distance, unité : min
- Forme de la courbe : hyperbolique décroissante, non linéaire, unité : sans objet
"Si le stock est deux fois plus loin, la chargeuse produira deux fois moins..."
- Ce que donne le calcul exact : À 40,00 m, le temps variable passe de 0,30 à 0,60 min et le cycle de 0,90 à 1,20 min, soit 33,33 % de plus. Le rendement tombe alors à 95,00 m³/h, soit 25,00 % de moins — et non 50,00 %.
- L'ampleur de l'erreur d'intuition : La règle naïve annoncerait 63,3333 m³/h au lieu de 95,00, soit une sous-estimation de 31,6667 m³/h ou 33,33 % de la production réelle. Sur un poste de huit heures, cela reviendrait à prévoir 253,33 m³ de moins que ce que le chantier sortira.
- La raison arithmétique exacte : Le rendement varie comme l'inverse du temps de cycle, et non comme l'inverse de la distance. Or le temps de cycle ne contient la distance que par sa part variable, qui ne pèse ici que 33,33 % du total. Doubler la distance ajoute donc 0,30 min à un cycle de 0,90 : le cycle croît de un tiers, le rendement baisse d'un quart.
- La conséquence sur la décision : Les mêmes 0,30 min gagnées sur le temps fixe feraient passer le cycle de 0,90 à 0,60 min et le rendement de 126,6667 à 190,00 m³/h, soit 50,00 % de plus. Une minute investie dans la conduite rapporte donc deux fois ce que rapporte la même minute gagnée sur le trajet.
- Le contrôle qui écarte l'erreur : Ne jamais raisonner sur la distance directement, mais recalculer le temps de cycle puis en prendre l'inverse. C'est la seule grandeur dont le rendement dépende, et la seule variation qui se lise sans risque d'erreur.
Exécution de la Note de Calculs
- T indice f et T indice c : durées, exprimées en min
- phi : rapport de deux durées, exprimé en pour cent
- V indice m : vitesse convertie, exprimée en m/min
- D eq : produit d'une durée par une vitesse, exprimé en m
- R : rendement, exprimé en m³ en place par heure
Le calcul se déroule en quatre temps . On établit la part du temps fixe, la distance d'équilibre, le rendement à 50,00 m, enfin l'écart relatif avec la configuration actuelle .
1. Résolution Numérique Part du temps fixe dans le cyclePourquoi fait-on ce calcul ? Parce qu'il désigne, avant tout autre calcul, le levier sur lequel l'effort doit porter.
On rapporte la durée des manœuvres à la durée totale du cycle.
- Substitution : On injecte 0,60 min et 0,90 min.
- Piège évité : Cette part change dès que la distance change.
- Hypothèse validée : Cycle décomposé en deux parts seulement.
- Vérification croisée : Le complément à cent doit valoir 33,33 %.
- Finalité : Désigner le levier dominant.
Deux tiers du cycle échappent complètement à la géométrie du poste. Les manœuvres pèsent donc deux fois plus que le roulage, ce qui tranche immédiatement la question du levier : sur cette configuration, l'effort doit porter sur la conduite et sur le positionnement du camion, non sur le rapprochement du stock. Ce rapport n'est pas une constante : il diminuera à mesure que la distance croîtra, et c'est précisément ce basculement qu'il faut savoir situer.
- Ordre de grandeur : 66,67 % pour les manœuvres.
- Impact sur la suite : Le levier est la conduite, non l'implantation.
- Cohérence : Le complément à cent vaut bien 33,33 %.
- Attention : Ce rapport diminue quand la distance augmente.
- Comparaison : Les manœuvres pèsent deux fois le roulage.
Remarque pédagogique : Ce temps fixe recouvre les opérations que l'ISO 6165:2012 énumère à l'article 4.2 : « un chargement et un soulèvement, ainsi qu'un transport et un déchargement des matériaux ». Sur un cycle court, ce sont elles qui commandent la production, et elles relèvent entièrement du savoir-faire du conducteur.
Distance égalisant les deux parts du cyclePourquoi fait-on ce calcul ? Parce qu'il fournit un seuil en mètres, immédiatement utilisable pour arbitrer une implantation.
On écrit l'égalité du temps variable et du temps fixe, puis on en tire la distance.
- Substitution : On injecte 0,60 min et 133,3333 m/min.
- Piège évité : Le trajet est un aller-retour, d'où le diviseur deux.
- Hypothèse validée : Temps fixe et vitesse inchangés.
- Vérification croisée : Le cycle y vaut 1,20 min, soit deux fois le temps fixe.
- Finalité : Situer le basculement du levier.
Le basculement se situe à quarante mètres, soit le double de la distance actuelle. Le contrôle est immédiat : à cette distance, le temps variable vaut 0,60 min, exactement le temps fixe, et le cycle atteint 1,20 min — deux fois le temps fixe. Le poste actuel est donc très en deçà du seuil : il reste largement gouverné par les manœuvres. Ce n'est pas une limite d'exploitation, mais un indicateur de priorité : au-delà, l'implantation du stock devient le premier levier.
- Ordre de grandeur : 40,00 m, soit le double de la distance actuelle.
- Impact sur la suite : Le poste actuel reste gouverné par les manœuvres.
- Cohérence : Le cycle y vaut bien 1,20 min.
- Attention : Ce n'est pas une distance à ne pas dépasser.
- Comparaison : Un temps fixe de 0,30 min abaisserait le seuil à 20,00 m.
Remarque pédagogique : Rapprocher un stock ne se décide pas sur le seul rendement. Le guide de l'OPPBTP rappelle que « la largeur des pistes doit être compatible avec celle des engins utilisés en privilégiant la séparation des flux » : une implantation plus courte mais mêlant chargeuse et camions peut coûter davantage qu'elle ne rapporte.
Rendement pratique à cinquante mètresPourquoi fait-on ce calcul ? Parce que c'est la configuration à envisager si le stock doit être reculé au-delà du seuil.
On recalcule le temps de cycle avec la nouvelle distance, puis on en déduit le rendement.
- Substitution : On injecte 100,00 m parcourus et 133,3333 m/min.
- Piège évité : Le temps fixe reste inchangé à 0,60 min.
- Hypothèse validée : Charge et efficacité inchangées.
- Vérification croisée : Le nouveau cycle doit valoir 1,35 min.
- Finalité : Chiffrer une implantation alternative.
Quatre-vingt-quatre mètres cubes par heure au lieu de cent vingt-sept. Le temps variable passe de 0,30 à 0,75 min et le cycle de 0,90 à 1,35 min : le contrôle confirme la valeur. À cette distance, la part du temps fixe est tombée à 44,44 % : le poste a changé de nature, le roulage y est devenu majoritaire et c'est désormais l'implantation qui commande la production.
- Ordre de grandeur : 84,4444 m³/h en place à 50,00 m.
- Impact sur la suite : Le roulage y est devenu majoritaire.
- Cohérence : Le nouveau cycle vaut bien 1,35 min.
- Attention : La part du temps fixe est tombée à 44,44 %.
- Comparaison : À 100,00 m, elle ne ferait plus que 54,2857 m³/h.
Remarque pédagogique : Au-delà d'une certaine distance, la chargeuse cesse d'être l'engin approprié : transporter n'est pas son métier. Le manuel ED 6065 de l'INRS rappelle que le tombereau est précisément l'engin « qui transporte, déverse, ou répand des matériaux », son chargement étant « effectué par des moyens externes ». C'est ce partage des rôles qui fonde l'atelier.
Écart relatif entre les deux configurationsPourquoi fait-on ce calcul ? Parce qu'il oppose la variation de la distance à celle de la production, et montre qu'elles n'ont rien de proportionnel.
On rapporte le rendement à cinquante mètres au rendement actuel.
- Substitution : On injecte 84,4444 et 126,6667 m³/h.
- Piège évité : Distance et rendement ne varient pas dans le même rapport.
- Hypothèse validée : Même charge et même efficacité dans les deux cas.
- Vérification croisée : Le rapport des temps de cycle vaut 0,90 sur 1,35.
- Finalité : Démontrer la non-proportionnalité.
La distance croît de 150,00 %, la production ne baisse que de 33,33 %. Trois pourcentages coexistent ici et se déduisent l'un de l'autre : la distance est multipliée par 2,50, le temps de cycle seulement par 1,50 — parce que le temps fixe ne bouge pas —, et le rendement est divisé par ce même 1,50, soit multiplié par 0,6667. La production suit donc l'inverse du temps de cycle, jamais l'inverse de la distance : c'est toute la démonstration de la question.
- Ordre de grandeur : 0,6667, soit 33,33 % de production en moins.
- Impact sur la suite : Un éloignement se chiffre par le cycle, non par la distance.
- Cohérence : Le rapport des cycles donne la même valeur.
- Attention : La distance a crû de 150,00 %, non de 33,33 %.
- Comparaison : Le temps de cycle, lui, n'a crû que de 50,00 %.
Remarque pédagogique : La courbe de rendement s'aplatit à mesure que la distance croît : les trente premiers mètres coûtent bien plus que les trente suivants. C'est pourquoi les gains d'implantation se jouent sur les premières dizaines de mètres — et pourquoi, au-delà, il vaut mieux changer d'engin que de raccourcir la piste.
Fonctionnement d'une Chargeuse en Terrassement
Checklist d'Auto-Évaluation
Avant de clore cet exercice, vérifiez que vous avez bien assimilé la démarche globale de conception :
Le godet emporte 2,85 m³ foisonnés, soit 2,28 m³ en place, dont 0,57 m³ de vides. Le cycle dure 0,90 min, soit 54,00 s, réparties en 0,60 min de manœuvres et 0,30 min de transport sur les 40,00 m parcourus. Il en résulte 66,6667 cycles en heure pleine, un rendement théorique de 152,00 m³/h et un rendement pratique de 126,6667 m³ en place par heure — la seule valeur utilisable en planification.
L'apport de l'étude tient aux ordres de grandeur des leviers. Les manœuvres pèsent 66,67 % du cycle contre 33,33 % pour le roulage, et l'équilibre ne se produirait qu'à 40,00 m. Cinq secondes gagnées sur les manœuvres rendent 10,20 % de production, quand porter la distance à 50,00 m n'en coûte que 33,33 % alors même que la distance croît de 150,00 %. Le rendement suit l'inverse du temps de cycle, jamais celui de la distance.








