Ressource minérale d'un bloc de gisement aurifère
Projet Saut-Doré, Guyane française : du volume d'un bloc de modèle au métal qu'on peut en attendre, et de la marge du bloc à ce que le dossier autorise à déclarer.
Le bloc 12B du gisement de Saut-Doré est le premier bloc du modèle à sortir de la campagne de forages complémentaires. Vous trouverez au dossier la géométrie du modèle en blocs, les mesures de masse volumique sur carottes, la teneur estimée du bloc, les essais métallurgiques et les hypothèses économiques de cadrage.
Je veux le volume, le tonnage et le métal du bloc, puis un avis sur ce que ces chiffres permettent de déclarer. C'est ce dernier point qui m'intéresse le plus. La note qui m'est remontée du site conclut que le bloc est « une réserve prouvée », au motif que la maille de forage est serrée et que la marge du bloc est positive. Je ne veux pas d'un avis sur ce raisonnement, je veux qu'il soit confronté au référentiel applicable, clause par clause.
Un point de méthode, qui vaut consigne. La même note calcule la marge du bloc en vendant tout l'or contenu dans la roche. Aucune usine ne récupère tout, et le dossier porte les essais métallurgiques : je veux donc voir figurer le rendement de récupération, et la teneur de coupure qui en découle.
C. B., directrice de l'exploration
- 01 Bloc 12B — parallélépipède de 50 m sur 50 m en plan et 10 m de hauteur, unité du modèle en blocs du gisement.
- 02 Maille de forage — neuf sondages sur une maille régulière de 25 m recoupent le bloc. C'est cette densité d'information qui fondera, ou non, le classement de la question 4.
- 03 Filons de quartz aurifère — l'or est porté par des filons discrets ; le bloc est estimé sur le mélange des filons et de leur encaissant, et c'est ce mélange que la masse volumique doit décrire.
- 04 Encaissant métamorphique — la roche hôte, stérile ou faiblement minéralisée, qui constitue l'essentiel du volume du bloc.
- 05 Chaîne de l'étude — cinq étapes du volume à la marge, chacune faisant l'objet d'une question. La quatrième, du métal contenu au métal récupérable, est celle que les notes rapides omettent.
Bloc 12B — projet Saut-Doré · La vue en plan et la coupe sont tracées à la même échelle, indiquée sous le titre de la première. La coupe montre ce que la vue en plan ne peut pas montrer : l'or n'est pas réparti dans tout le volume, il est porté par des filons que le bloc moyenne avec leur encaissant. Les valeurs inscrites sont celles du dossier ; aucun résultat de la correction n'y figure.
Un bloc de cinquante mètres de côté pour quelques kilogrammes de métal — et toute la question de savoir ce qu'on a le droit d'écrire sur une feuille de résultats.
Le dossier réunit la géométrie du modèle en blocs, les mesures de masse volumique, l'estimation de teneur, les essais métallurgiques, les hypothèses économiques de cadrage et le référentiel de reporting applicable.
Le gisement de Saut-Doré est modélisé par des blocs de 50 m sur 50 m en plan et 10 m de hauteur. La dimension horizontale est calée sur la maille de forage, la dimension verticale sur la hauteur des gradins d'exploitation projetés. Le bloc 12B est recoupé par neuf sondages carottés disposés sur une maille régulière de 25 m, tous analysés en laboratoire accrédité. La minéralisation consiste en filons de quartz aurifère encaissés dans une roche métamorphique du socle guyanais.
Origine : service géologique du projet · rapport de modélisation, campagne de forages complémentaires, avril 2027.
La masse volumique sèche en place a été mesurée par pesée hydrostatique sur quarante-deux échantillons de carotte prélevés dans les deux lithologies — filon et encaissant —, au prorata de leur représentation dans le bloc. La valeur retenue est de 2,70 t/m³, porosité comprise, sur échantillons séchés à l'étuve. La teneur du bloc a été estimée par krigeage à partir des composites des neuf sondages : elle s'établit à 2,50 g/t d'or.
Origine : laboratoire du projet et service géostatistique · procès-verbaux de masse volumique et note d'estimation du bloc 12B, avril 2027.
Les essais conduits sur un composite représentatif du minerai à 2,50 g/t, par lixiviation cyanurée en cuve avec charbon en pulpe, donnent une récupération métallurgique de 92,0 % pour une finesse de broyage de 80 % passant à 75 µm. L'or est libre à l'échelle du broyage retenu ; aucun caractère réfractaire n'a été mis en évidence sur ce composite.
Origine : laboratoire métallurgique · rapport d'essais sur composite du secteur 12, mars 2027.
Le prix retenu pour l'or fin est de 65 000 € par kilogramme, prix long terme du groupe en euros constants. Le coût d'extraction et de traitement est estimé à 95,00 € par tonne de minerai traité : il réunit l'abattage, le chargement, le transport jusqu'à l'usine, le traitement et les frais généraux de site. Ce coût est un coût d'opération : il ne comprend ni l'investissement, ni les redevances, ni la fiscalité, ni les coûts de fermeture.
Origine : contrôle de gestion du projet · note de cadrage économique, indice B, avril 2027.
| Texte et clause | Ce qu'il établit |
|---|---|
| PERC Reporting Standard 2021, clause 6.1 | Une ressource minérale est une concentration de matériau solide en place, de qualité et de quantité telles qu'il existe « reasonable prospects for eventual economic extraction ». Ce référentiel européen, membre du CRIRSCO, est seul admis en Europe depuis le 1er janvier 2023. |
| PERC Reporting Standard 2021, clause 6.11 | Une ressource mesurée est la part d'une ressource « for which quantity, grade or quality, densities, shape, and physical characteristics are estimated with confidence sufficient to allow the application of Modifying Factors to support detailed mine planning and final evaluation of the economic viability of the deposit ». |
| PERC Reporting Standard 2021, clauses 6.12 et 6.13 | Une ressource mesurée « requires written confirmation in the Public Report that the geology, mineralogy, mineability, amenability to processing, and other relevant Modifying Factors have been considered ». Et : « A Competent Person(s) must determine the appropriate Mineral Resource category. […] Mineral Resource classification is a matter for professional judgement. » |
| PERC Reporting Standard 2021, clauses 6.16 et 6.19 | « Mineral Resources must not be reported in terms of contained metal unless corresponding tonnages and grades are also presented. » Et : « The words ‘ore’ and ‘reserves’ must not be used in stating Mineral Resource estimates […] as the terms imply technical feasibility and economic viability. » |
| PERC Reporting Standard 2021, clause 7.1 | Une réserve est la part économiquement exploitable d'une ressource mesurée ou indiquée. Elle « includes diluting materials and allowances for losses, which may occur when the material is mined », et elle est définie « by studies at a Pre-Feasibility Study or Feasibility Study level […] that include application of Modifying Factors ». Le point de référence, « usually the point where the Mineral is delivered to the processing plant, must be stated ». |
| PERC Reporting Standard 2021, clauses 7.2 et 7.3 | Les réserves sont les parts de ressources qui, « after the application of all relevant Modifying Factors, result in an estimated tonnage and grade […] which, in the opinion of the Competent Person(s) making the estimates, can be the basis of a viable project or operation ». Et : « Studies to Pre-Feasibility Study or Feasibility Study level must have been carried out before the determination of the Mineral Reserves. » |
| PERC Reporting Standard 2021, clause 4.8 | Les facteurs de conversion — Modifying Factors — comprennent les facteurs « mining, processing, metallurgical, infrastructure, economic, marketing, legal, environmental, social and governmental ». La récupération métallurgique en est un ; elle n'est pas une option de calcul. |
| ISO 80000-4:2006, items 4-2 et 4-3 | L'item 4-2 définit la masse volumique ρ = dm/dV, exprimée en kg/m³ ou en t/m³. L'item 4-3 définit la densité comme le rapport d = ρ/ρ₀ à une substance de référence, sans dimension, et n'a de sens que si les conditions sont précisées pour les deux substances. Une valeur en t/m³ est donc une masse volumique et jamais une densité. |
Origine : PERC Reporting Standard 2021, édition du 1er octobre 2021 · ISO 80000-4:2006, Grandeurs et unités — Partie 4 : Mécanique.
LA GÉOMÉTRIE ET LA MATIÈRE
| Symbole | Description | Valeur | Unité | Condition de validité |
|---|---|---|---|---|
| \( L \times l \times h \) | Dimensions du bloc de modèle Pièce nº1 — modèle en blocs | 50 × 50 × 10 | m | La dimension horizontale est calée sur la maille de forage de 25 m — un bloc de deux mailles de côté —, la dimension verticale sur la hauteur de gradin projetée. Une maille de bloc plus fine que la maille de forage produirait des teneurs que les données ne soutiennent pas ; une maille plus grossière lisserait la sélectivité réelle de l'exploitation |
| \( \rho \) | Masse volumique sèche en place ISO 80000-4, item 4-2 Pièce nº2 — 42 pesées hydrostatiques | 2,70 | t/m³ | Valeur sèche et en place, porosité comprise : c'est la seule qui convertisse un volume de modèle en tonnage de gisement. La masse volumique d'un tas abattu, plus faible du fait du foisonnement, ne conviendrait pas. Elle doit décrire le mélange filon-encaissant réellement estimé — le quartz seul avoisine 2,65 t/m³, l'encaissant métamorphique 2,70 à 2,90 —, ce que garantit l'échantillonnage au prorata de la pièce nº2. C'est une masse volumique et non une densité, laquelle est sans dimension |
| \( t_{\text{Au}} \) | Teneur estimée du bloc en or PERC 2021, cl. 6.11 Pièce nº2 — krigeage sur 9 sondages | 2,50 | g/t | Teneur estimée et non mesurée : c'est une valeur de bloc produite par krigeage à partir des composites, non la moyenne d'analyses. Elle vaut pour le volume entier du bloc, filons et encaissant confondus, et non pour le filon seul. L'unité g/t équivaut à la partie par million |
LE PROCÉDÉ ET L'ÉCONOMIE
| Symbole | Description | Valeur | Unité | Condition de validité |
|---|---|---|---|---|
| \( \eta \) | Récupération métallurgique PERC 2021, cl. 4.8 Pièce nº3 — essais sur composite | 92,0 | % | Paramètre porté aux données, sans lequel aucun calcul économique n'a de sens. Établi sur un composite à 2,50 g/t et pour un broyage à 80 % passant à 75 µm : un minerai plus pauvre ou une finesse moindre donneraient une valeur différente. Il s'applique au métal contenu et non au tonnage de minerai. C'est un facteur de conversion au sens de la clause 4.8, non une option de calcul |
| \( P_{\text{Au}} \) | Prix de l'or fin Pièce nº4 — note de cadrage indice B | 65 000 | €/kg | Prix de l'or fin, en euros constants : il s'applique au métal récupéré et affiné, jamais au métal contenu dans la roche. Prix long terme, supposé plat ; aucune fourchette n'accompagne la valeur, ce qui borne l'usage du résultat |
| \( c \) | Coût d'extraction et de traitement Pièce nº4 — note de cadrage indice B | 95,00 | €/t | Assiette : la tonne de minerai traité, et non le gramme ni le kilogramme d'or produit. C'est un coût d'opération : il ne comprend ni l'investissement, ni les redevances, ni la fiscalité, ni les coûts de fermeture, si bien que la marge qui s'en déduit n'est pas un profit |
Le dossier appelle deux séries d'observations : ce qu'il ne dit pas et qu'il faudra signaler, et ce que coûterait chacune des erreurs auxquelles il expose.
Ce que le dossier ne dit pas
- Aucune dilution d'exploitation ni perte minière ne figure au dossier. Or la clause 7.1 précise qu'une réserve « includes diluting materials and allowances for losses » : sans ces deux facteurs, aucun tonnage de réserve ne peut être établi. Sur des filons encaissés dans une roche stérile, la dilution n'est pas un détail — la question 4 en chiffre l'effet.
- Aucune étude de préfaisabilité ni de faisabilité n'est mentionnée, alors que la clause 7.3 en fait une condition préalable à toute détermination de réserve. Le dossier est un dossier d'estimation de ressource, et il ne peut pas produire autre chose.
- Aucun avis de personne compétente n'accompagne l'estimation, alors que la clause 6.13 fait du classement une décision qui lui revient et « a matter for professional judgement ». Un calcul, si juste soit-il, ne classe pas une ressource.
- Le coût de 95,00 €/t ne comprend ni redevance, ni fiscalité, ni investissement, ni coût de fermeture. La marge qui s'en déduit est donc une marge d'opération et non un profit, et elle ne dit rien de la rentabilité du projet.
- Aucune fourchette n'accompagne la teneur estimée, ni le prix de l'or. Sur un gisement filonien où l'or présente un fort effet de pépite, une valeur unique donne au résultat une précision qu'il n'a pas.
Ce que coûte une erreur
- Vendre le métal contenu au lieu du métal récupérable. C'est l'erreur que la commande signale. Elle revient à supposer une usine parfaite, et elle majore la marge du bloc de 23,9 %. Elle abaisse au passage la teneur de coupure de 1,59 à 1,46 g/t, ce qui ferait entrer à l'usine des blocs qui n'y ont pas leur place.
- Confondre ressource et réserve. Les deux mots ne décrivent pas la même chose : une ressource est un objet géologique, une réserve est le résultat de l'application de tous les facteurs de conversion, établie par une étude de niveau préfaisabilité au minimum. La clause 6.19 interdit expressément d'employer les mots « minerai » et « réserve » pour énoncer une estimation de ressources.
- Appliquer une masse volumique de tas abattu au volume du modèle. Le foisonnement fait chuter la masse volumique apparente d'un minerai fragmenté de l'ordre de trente pour cent ; employer une telle valeur ferait perdre au bloc près d'un tiers de son tonnage. La masse volumique doit être sèche et en place.
- Appliquer le coût unitaire à l'or au lieu du minerai. Le coût s'entend par tonne de roche traitée, le revenu par kilogramme de métal vendu. Multiplier les 95,00 €/t par la masse d'or — 0,168 75 tonne — donnerait un coût de seize euros pour un bloc qui en coûte plus de six millions. L'absurdité du résultat sauve ici de l'erreur, mais elle ne sauverait pas d'une confusion plus discrète entre tonne de minerai et tonne de concentré.
4. Ce qui doit sortir de votre bureau
Les cinq questions suivent la matière dans son ordre réel : les trois premières descendent du volume au métal, la quatrième dit ce que ces chiffres autorisent à déclarer, et la cinquième confronte le bloc à ce qu'il coûte pour établir le seuil au-delà duquel il vaut la peine d'être traité.
Question 1 : Volume du bloc 12B
Le service géostatistique · pour alimenter le modèle en blocs · avant la revue de modèle
Ce que vous rendez : un volume en mètres cubes, et la justification du choix des dimensions du bloc.
Sur quoi s'appuyer
Le calcul lui-même est un produit de trois nombres. Ce qui mérite l'attention est ailleurs : d'où viennent ces trois dimensions, et pourquoi celles-là plutôt que d'autres. Deux contraintes indépendantes les fixent, l'une géologique, l'autre minière.
La piste que donnerait votre chef de projet
Rapprochez la dimension horizontale du bloc de l'espacement des sondages, et sa hauteur de ce que la pièce nº1 dit du mode d'exploitation. Un bloc plus petit que la maille de forage donnerait des teneurs que rien ne soutient.
Question 2 : Tonnage de minerai en place
La planification minière · pour dimensionner la production du secteur · avant la revue de modèle
Ce que vous rendez : un tonnage en tonnes, avec le point de référence auquel il se rapporte.
Sur quoi s'appuyer
Une seule grandeur relie un volume à une masse, et le dossier la fournit. Toute la vigilance porte sur ce qu'elle décrit exactement : l'état de la roche au moment où elle a été mesurée, et le mélange de matériaux auquel elle se rapporte.
La piste que donnerait votre chef de projet
Demandez-vous ce que deviendrait cette grandeur après l'abattage à l'explosif, et vous saurez pourquoi la pièce nº2 précise « en place ». Vérifiez ensuite le nom que la norme donne à une grandeur exprimée en tonnes par mètre cube.
Question 3 : Métal contenu et métal récupérable
La direction de l'exploration · pour établir la base du bilan économique · avant la revue de modèle
Ce que vous rendez : deux masses, en grammes puis en kilogrammes, et ce qui les sépare.
Sur quoi s'appuyer
La première masse s'obtient par un produit dont l'analyse dimensionnelle donne aussitôt la forme. La seconde en découle par un facteur que le dossier fournit et que les notes rapides omettent — et c'est cette omission qui fausse tout ce qui vient après.
La piste que donnerait votre chef de projet
Posez le contrôle d'ordre de grandeur avant de calculer : deux grammes et demi par tonne pour quelques dizaines de milliers de tonnes, cela doit faire quelques centaines de kilogrammes. Demandez-vous ensuite à laquelle des deux masses un prix de vente peut s'appliquer.
Question 4 : Classement de la ressource
La personne compétente du projet · pour arrêter la catégorie déclarable · avant la revue de modèle
Ce que vous rendez : une catégorie, les clauses qui la fondent, et la liste de ce qui manquerait pour aller plus loin.
Sur quoi s'appuyer
La densité des forages est un argument nécessaire, et il est tentant de le croire suffisant. Le référentiel exige davantage, et il le dit en toutes lettres : lisez ce que les clauses 6.12 et 6.13 réclament en plus de la confiance géologique.
La piste que donnerait votre chef de projet
Cherchez dans la clause 7.1 les deux choses qu'une réserve contient et qu'une ressource ne contient pas, puis demandez-vous si le tonnage que vous venez de calculer les contient. La réponse tranche la question.
Question 5 : Marge du bloc et teneur de coupure
Le contrôle de gestion · pour fixer le seuil d'envoi à l'usine · avant la revue de modèle
Ce que vous rendez : une marge en euros et par tonne, une teneur de coupure en grammes par tonne, et la nature exacte de ce solde.
Sur quoi s'appuyer
Deux branches indépendantes se rejoignent à la fin : ce que le bloc rapporte tient au métal vendu, ce qu'il coûte tient au tonnage traité. Ne les mêlez pas avant la soustraction. La teneur de coupure s'obtient ensuite en annulant leur différence.
La piste que donnerait votre chef de projet
Ramenez tout à la tonne traitée avant de raisonner : un revenu par tonne, un coût par tonne, une marge par tonne. La teneur de coupure apparaît alors d'elle-même, et le contrôle du résultat global devient immédiat.
Ressource minérale d'un bloc de gisement aurifère
Objet : volume occupé par le bloc 12B dans le modèle, et justification des trois dimensions qui le définissent.
- Bloc de modèle de 50 m sur 50 m en plan et 10 m de hauteur — pièce nº1
- Maille de forage régulière de 25 m, neuf sondages recoupant le bloc — pièce nº1
- Hauteur des gradins d'exploitation projetés — pièce nº1
- Minéralisation en filons de quartz dans un encaissant métamorphique — pièce nº1
Voir le résultat seul (auto-évaluation)
Le calcul est un produit de trois nombres, et il serait vain de prétendre qu'il présente une difficulté. Ce qui en présente une, et que le résultat masque, c'est la question de savoir d'où viennent ces trois dimensions. Un bloc de modèle n'est pas un objet naturel : c'est une maille de calcul, choisie par le géostatisticien, et ce choix est contraint des deux côtés. Trop grande, la maille lisse les variations de teneur et fait disparaître la sélectivité que l'exploitation pourra réellement exercer — on croit alors pouvoir trier une matière qu'on ne saura pas distinguer sur le terrain. Trop petite, elle produit des teneurs de bloc que les données ne soutiennent pas : estimer un cube de cinq mètres à partir de sondages espacés de vingt-cinq revient à interpoler sur une distance qui dépasse la portée de l'information, et le modèle affiche alors une précision qu'il n'a pas. Le dossier cale donc la dimension horizontale sur la maille de forage et la dimension verticale sur la hauteur des gradins, c'est-à-dire sur les deux contraintes réelles du problème — l'une géologique, l'autre minière. Une seconde remarque accompagne ce feuillet et vaut d'être posée d'emblée : ce volume est celui du bloc entier, filons et encaissant confondus, et non celui de la seule matière aurifère. C'est cohérent avec la teneur du dossier, qui est elle aussi une teneur de bloc — les deux grandeurs se rapportent au même objet, et c'est ce qui rendra leur produit licite au feuillet 3.
Pourquoi le bloc mesure-t-il 50 m de côté plutôt que 25 m, soit la maille de forage elle-même ?
- Par commodité de calcul : un chiffre rond simplifie le modèle.
- Parce qu'un bloc doit couvrir plusieurs mailles pour que sa teneur repose sur assez de données.
- Parce que la maille de forage n'a aucun lien avec la taille des blocs du modèle.
Ce qu'a retenu le bureau, et pourquoi
La deuxième. Estimer la teneur d'un bloc consiste à interpoler entre des points de mesure ; la qualité de cette interpolation dépend du rapport entre la taille du bloc et la distance entre les mesures. Un bloc plus petit que la maille de forage se trouve, pour l'essentiel de son volume, plus loin des données que ses propres dimensions : le modèle affiche alors une résolution que les sondages ne portent pas. Un bloc de deux mailles de côté, en revanche, contient neuf nœuds d'information sur son contour et repose sur quatre cellules complètes.
L'option 3 est celle qui se rencontre le plus souvent, et elle est fausse dans les deux sens : la maille du modèle se choisit en fonction de la maille de forage, et une campagne de forages complémentaires se dimensionne en fonction de la maille de bloc visée. Les deux sont liées, et le référentiel de reporting le confirme indirectement — la clause 6.11 fait dépendre le classement d'une confiance « sufficient to allow the application of Modifying Factors to support detailed mine planning », c'est-à-dire d'une résolution compatible avec la planification. L'option 1 n'est pas absurde — les mailles rondes facilitent effectivement la gestion du modèle — mais elle inverse la cause et la conséquence : c'est parce que la maille de forage vaut 25 m que le bloc en fait 50, et non l'inverse. Une dernière remarque mérite d'être retenue : la dimension verticale, elle, n'est pas fixée par la géologie mais par le gradin d'exploitation. Les deux contraintes sont indépendantes, et c'est pourquoi un bloc de modèle est rarement cubique.
Quatre notions suffisent à lire ce feuillet, et la troisième explique le choix des dimensions.
- Le bloc est un parallélépipède rectangle parfait. or c'est vrai par construction et non par approximation : un bloc de modèle est un parallélépipède, puisqu'il est une maille de calcul et non un objet géologique. L'approximation se situe ailleurs — dans le fait que les limites réelles de la minéralisation ne coïncident pas avec les faces du bloc, ce qui produit des blocs partiellement minéralisés en bordure de gisement. Le bloc 12B étant intérieur au domaine estimé, ce point ne le concerne pas garantie par la pièce nº1 — bloc intérieur au domaine minéralisé
- Les dimensions du bloc sont compatibles avec la maille de forage et la sélectivité minière. or c'est la condition qui rend le modèle exploitable, et elle se vérifie dans les deux sens. Côté données, le bloc couvre deux mailles de 25 m, ce qui donne neuf nœuds d'information sur son contour. Côté exploitation, la hauteur de 10 m correspond au gradin projeté. Un bloc de 5 m de côté aurait la même géométrie et ne vaudrait rien : sa teneur reposerait sur une extrapolation de vingt-cinq mètres garantie par la pièce nº1 — maille calée sur les forages et les gradins
- Le volume calculé est celui du bloc entier, filons et encaissant confondus. or c'est ce qui le rend homogène à la teneur du dossier, elle aussi établie sur le bloc entier. La cohérence entre le support du volume et le support de la teneur est une condition de validité du produit qui sera formé au feuillet 3 : mêler un volume de filon et une teneur de bloc, ou l'inverse, donnerait un résultat faux sans qu'aucune unité ne le signale garantie par la pièce nº2 — teneur estimée sur le bloc entier
Domaine d'emploi : ce volume est celui d'un bloc de modèle, c'est-à-dire d'un volume de roche en place, avant tout abattage. Il ne décrit ni le volume qui sera réellement excavé — l'exploitation en retirera davantage, du fait de la dilution —, ni le volume du tas abattu, qui sera plus grand du fait du foisonnement. Il vaut pour un bloc intérieur au domaine estimé ; un bloc de bordure, partiellement minéralisé, demanderait un volume proportionnel à sa part minéralisée. Il ne préjuge enfin en rien du classement du bloc, qui relève de la question 4 : un volume se calcule de la même façon quelle que soit la confiance qu'on accorde à l'estimation.
D'où elle découle : de la définition du volume d'un parallélépipède rectangle, produit de ses trois arêtes. Le bloc de modèle étant par construction un tel solide, la formule est exacte et non approchée.
- \( V \) : volume du bloc, en m³
- \( L \) : longueur du bloc selon l'axe X, en m
- \( l \) : largeur du bloc selon l'axe Y, en m
- \( h \) : hauteur du bloc selon l'axe Z, en m
D'où elle découle : du rapport entre les dimensions horizontales du bloc et l'espacement des sondages. Ce n'est pas une formule de calcul du volume : c'est le contrôle de cohérence entre la maille du modèle et la densité des données.
- \( n \) : nombre de cellules élémentaires couvertes, sans dimension
- \( m \) : maille de forage, en m
- \( L, l \) : dimensions horizontales du bloc, en m
D'où elle découle : du produit des deux dimensions horizontales. Elle sert de grandeur intermédiaire au calcul et fournit un contrôle mental commode.
- \( A \) : aire du bloc en plan, en m²
- \( L, l \) : dimensions horizontales du bloc, en m
Application numérique
- \( L = 50 \text{ m} \text{ et } l = 50 \text{ m} \) pièce nº1 — dimensions horizontales, calées sur la maille de forage
- \( h = 10 \text{ m} \) pièce nº1 — hauteur, calée sur le gradin d'exploitation projeté
- \( m = 25 \text{ m} \) pièce nº1 — maille de forage, pour le contrôle de cohérence
Vous tenez le volume du bloc. Cherchez maintenant, seul, de combien le volume varierait si la hauteur du bloc était portée de 10 à 15 mètres, les dimensions horizontales restant inchangées, et exprimez cet écart en valeur relative. Demandez-vous ensuite si un tel changement relèverait d'une décision géologique ou d'une décision minière. Chercher avant de lire est ce qui fixe la méthode ; lire d'abord ne fixe rien.
Comparer avec le corrigé
L'écart : \( 37\,500 / 25\,000 = 1{,}50 \), soit 50 % de plus. Le résultat n'a rien de surprenant — la relation est proportionnelle — mais la question qui suit l'est davantage. Un tel changement relèverait d'une décision minière et non géologique : la hauteur d'un bloc suit le gradin d'exploitation, lequel dépend de la taille des engins et de la méthode d'abattage. La géologie, elle, ne commande que les dimensions horizontales, par la maille de forage. Ce partage mérite d'être retenu, parce qu'il éclaire un compromis constant du métier : un gradin plus haut réduit le coût d'exploitation mais dégrade la sélectivité, puisqu'on ne peut plus trier à l'intérieur de sa hauteur. Le tonnage du bloc augmenterait donc, mais sa teneur moyenne baisserait, du stérile venant se mêler au minerai. Si votre résultat diffère : une valeur de 33 750 m³ signalerait qu'on a appliqué le rapport 1,5 à l'aire au lieu de la hauteur — l'aire, elle, n'a pas changé.
Le bloc 12B occupe 25 000 m³. Ce nombre n'a d'intérêt par lui-même que comme point de départ, mais deux lectures méritent d'être conduites avant de passer à la suite. La première porte sur la cohérence du modèle. Le bloc couvre exactement quatre cellules de la maille de forage, et neuf sondages en occupent les nœuds. C'est un rapport confortable : la teneur du bloc résultera d'une interpolation entre des points qui l'encadrent, et non d'une extrapolation au-delà d'eux. Ce contrôle ne coûte rien et il devrait accompagner toute maille de modèle, car il révèle une faute qu'aucun calcul de volume ne peut détecter — un bloc de vingt-cinq mètres de côté aurait ici la même apparence de rigueur et reposerait sur une information quatre fois moins dense. La seconde lecture porte sur ce que le nombre ne dit pas, et elle prépare la question 4. Ces 25 000 m³ sont un volume en place : c'est le volume que le bloc occupe dans le massif, non celui qui sera excavé. L'exploitation en retirera davantage, parce qu'elle ne saura pas suivre exactement les faces du bloc et qu'elle emportera du stérile avec le minerai ; et le tas abattu occupera davantage encore, du fait du foisonnement. Trois volumes distincts, donc, pour le même bloc, et le premier ne se substitue à aucun des deux autres. Une dernière observation sur la sensibilité, qui servira à juger les résultats suivants : la hauteur est la plus petite des trois dimensions, si bien qu'une même erreur absolue y pèse cinq fois plus que sur une dimension horizontale. Un mètre d'erreur sur la hauteur déplace le volume de dix pour cent ; un mètre sur la longueur, de deux pour cent seulement. C'est donc la cote verticale qu'il faut vérifier en priorité.
La partie haute situe le bloc dans la maille de forage : les neuf cercles marquent les sondages, les traits fins découpent les quatre cellules élémentaires que le bloc recouvre. C'est ce rapport de deux mailles de côté qui fait reposer la teneur du bloc sur une interpolation plutôt que sur une extrapolation, et il sera invoqué au feuillet 4. La partie basse compare, sur une échelle unique, le volume obtenu à celui qu'aurait donné une confusion entre la maille du modèle et celle des forages — quatre fois moins, sans qu'aucune unité ni aucun ordre de grandeur ne signale l'erreur.
PERC 2021, clause 6.11
| Forme | Ce qui est donné | Ce qui est cherché | Ce qui change dans la démarche |
|---|---|---|---|
| Directe | Trois dimensions et une maille de forage | Le volume du bloc | Aucun changement — c'est le cas traité ci-dessus. |
| Inverse | Un volume visé et l'emprise en plan | La hauteur du bloc | On divise au lieu de multiplier. La difficulté n'est pas arithmétique : il faut vérifier que la hauteur obtenue reste compatible avec le gradin d'exploitation, faute de quoi le modèle promet une sélectivité que le chantier ne saura pas exercer. Traitée juste en dessous. |
| Condition modifiée | Un bloc de bordure, minéralisé sur 60 % de son emprise | Le même volume | Le volume à retenir n'est plus celui du bloc mais celui de sa part minéralisée, soit 15 000 m³. Les modèles traitent ce cas par un facteur de remplissage attaché au bloc. L'oublier surestimerait le tonnage de 67 %, et l'erreur se concentrerait sur les bordures du gisement, là où les décisions de limite d'exploitation se prennent. |
| Données incomplètes | La maille de forage n'est pas indiquée | Le même volume | Le volume reste calculable, mais le contrôle de cohérence devient impossible et le classement du feuillet 4 avec lui. Il faut demander la maille et la porter aux données : sans elle, rien ne distingue un bloc solidement estimé d'un bloc extrapolé. |
Ce qui ne change jamais : une maille de calcul se choisit d'après la densité des données d'un côté et la finesse de l'action de l'autre — jamais pour elle-même. Cet invariant vaut pour tout modèle discrétisé : modèle en blocs d'un gisement, maillage d'un calcul aux éléments finis, pas d'un profil en long. La question à poser devant toute maille est toujours la même — que peuvent porter les données, et que saura faire le chantier ?
La forme inverse, traitéeÉnoncé : la planification envisage de porter les blocs à 40 000 m³ pour réduire le nombre d'unités du modèle, l'emprise en plan restant inchangée. Quelle hauteur cela suppose-t-il, et que faut-il en penser ? Traitez-la avant d'ouvrir : c'est le calcul qu'on pose chaque fois qu'un modèle doit être allégé.
Voir la résolution de la forme inverse
Ce que la forme inverse change : elle transforme un calcul en une décision, et la réponse arithmétique est la partie facile. Seize mètres de hauteur de bloc supposeraient un gradin d'exploitation de seize mètres — ou trois blocs pour deux gradins de dix, ce qui désaligne le modèle et le plan minier. Deux conséquences doivent être pesées. La première tient à la sélectivité : on ne peut pas trier à l'intérieur d'un bloc, si bien qu'un bloc plus haut oblige à décider en une fois du sort d'un volume plus grand. Sur un gisement filonien, où la minéralisation est concentrée dans des structures étroites, cette perte de finesse se paie en teneur — du stérile part à l'usine, du minerai part à la halde. La seconde tient au lissage : la teneur d'un bloc plus grand est une moyenne sur un volume plus grand, donc moins dispersée. Le modèle paraît alors plus régulier qu'il ne l'est, et la proportion de blocs au-dessus de la coupure s'en trouve modifiée sans qu'aucune tonne de roche n'ait bougé. Alléger un modèle n'est jamais une opération neutre : c'est un choix de sélectivité, et il doit être arbitré avec la planification minière, non décidé par le géostatisticien seul.
Les deux erreurs ci-dessous portent l'une sur les unités, l'autre sur l'objet mesuré. La première se voit à l'ordre de grandeur ; la seconde ne se voit pas du tout, et c'est elle qui coûte le plus cher.
Trois questions, à traiter de tête et avant de cocher. Un corrigé limpide se lit d'un trait et donne l'illusion de savoir refaire : ces trois-là sont le seul moyen de le vérifier. Les trois jetons s'allument, et le feuillet reçoit son tampon.
Le feuillet établit 25 000 m³. Qu'est-ce que cela permet d'affirmer, et qu'est-ce que cela n'autorise pas ?
Un relevé donne finalement 9,5 m de hauteur au lieu de 10, les dimensions horizontales étant inchangées. Que devient le volume ?
Lequel de ces trois énoncés relève de la méthode ci-dessus ? Décidez avant de cocher. En examen, l'échec vient rarement du calcul : il vient de ne pas avoir reconnu de quelle question il s'agissait.
Objet : masse de roche minéralisée que le bloc contient, à son point de référence en place, avant tout abattage.
- Volume du bloc, 25 000 m³ de roche en place — feuillet 1
- Masse volumique sèche en place, 2,70 t/m³, porosité comprise — pièce nº2
- Quarante-deux pesées hydrostatiques au prorata des deux lithologies — pièce nº2
- Point de référence à déclarer avec tout tonnage — pièce nº5, clause 7.1
Voir le résultat seul (auto-évaluation)
Une seule grandeur relie un volume à une masse, et le dossier la fournit. Le calcul tient donc en une multiplication, et l'attention doit se porter entièrement sur ce que cette grandeur décrit exactement. Trois précisions la définissent, et chacune écarte une erreur courante. Elle est d'abord en place : elle décrit la roche telle qu'elle se trouve dans le massif, non telle qu'elle sera après l'abattage — le foisonnement fera chuter la masse volumique apparente d'un tiers environ, et l'appliquer au volume du modèle amputerait le tonnage d'autant. Elle est ensuite sèche : mesurée sur échantillons séchés à l'étuve, elle exclut l'eau que la porosité peut contenir, ce qui est la convention des estimations de ressources ; une valeur humide majorerait le tonnage sans majorer le métal, donc abaisserait artificiellement la teneur. Elle décrit enfin le mélange réellement estimé — filons de quartz et encaissant métamorphique confondus — et non l'une des deux lithologies : c'est pourquoi la pièce nº2 précise que les échantillons ont été prélevés au prorata de leur représentation. Une dernière exigence accompagne ce feuillet et vient du référentiel lui-même : tout tonnage doit être énoncé avec son point de référence. Celui-ci est le bloc en place, et non le minerai livré à l'usine — la différence entre les deux, qui tient à la dilution et aux pertes d'exploitation, fera l'objet de la question 4.
Pourquoi la pièce nº2 précise-t-elle que la masse volumique est mesurée « sèche et en place » ?
- Par précaution rédactionnelle : la valeur serait la même dans les autres états.
- Parce que c'est le seul état homogène au volume du modèle, lui aussi en place.
- Parce que la roche du gisement est effectivement sèche à cette profondeur.
Ce qu'a retenu le bureau, et pourquoi
La deuxième. Une masse volumique n'a de sens que rapportée à un état de la matière, et un même minerai en présente au moins trois : en place dans le massif, fragmenté en tas après abattage, et broyé. Le volume calculé au feuillet précédent est un volume en place ; seule une masse volumique en place lui est homogène. La mention n'est donc pas une précaution de style : c'est la condition de validité du produit.
L'option 3 est fausse et la nuance mérite d'être comprise. « Sèche » ne décrit pas l'état du gisement mais celui de l'échantillon au moment de la pesée : les carottes sont séchées à l'étuve avant mesure, ce qui donne une masse volumique sèche indépendante de la teneur en eau du massif. C'est la convention des estimations de ressources, et elle a une raison — l'eau n'est pas vendue. Une masse volumique humide majorerait le tonnage de quelques pour cent sans majorer le métal contenu d'un gramme, et la teneur déclarée en serait abaissée d'autant. L'option 1 est celle qui coûte le plus cher, parce qu'elle rend indifférent à une distinction qui pèse un tiers du résultat : la masse volumique d'un tas abattu vaut environ 1,74 t/m³ contre 2,70 en place, et rien dans le nombre ne dit lequel des deux on tient. Une masse volumique se lit toujours avec l'état auquel elle se rapporte, faute de quoi elle ne veut rien dire.
Quatre notions gouvernent ce feuillet, et les deux premières sont celles que le langage courant confond.
- La masse volumique de 2,70 t/m³ est homogène dans tout le volume du bloc. or elle est une moyenne pondérée de deux lithologies dont les masses volumiques diffèrent — quartz filonien voisin de 2,65, encaissant métamorphique de 2,70 à 2,90. L'hypothèse est acceptable parce que les quarante-deux échantillons ont été prélevés au prorata de la représentation des deux matériaux, ce que la pièce nº2 atteste. Elle cesserait de l'être si la proportion de filon variait fortement d'un bloc à l'autre, auquel cas la masse volumique devrait être estimée bloc par bloc au même titre que la teneur garantie par la pièce nº2 — échantillonnage au prorata des lithologies
- Le tonnage se rapporte au bloc en place, avant tout abattage. or c'est le point de référence que la clause 7.1 impose de déclarer, et il n'est pas celui d'une réserve. Une réserve se compte usuellement au point où la matière est livrée à l'usine de traitement, et ce tonnage-là diffère du nôtre : il comprend les matériaux de dilution et il est diminué des pertes d'exploitation. Confondre les deux points de référence est l'une des erreurs les plus répandues des notes de ressources, et elle sera chiffrée à la question 4 garantie par la pièce nº5 — clause 7.1, point de référence à déclarer
- Quarante-deux mesures suffisent à caractériser la masse volumique du bloc. or le nombre nécessaire dépend de la dispersion des valeurs, que la pièce nº2 ne fournit pas. Sur un ensemble de deux lithologies aux masses volumiques voisines, quarante-deux mesures constituent un échantillon confortable ; sur un gisement à sulfures massifs, où la masse volumique peut doubler d'un faciès à l'autre, ce serait insuffisant. La clause 6.11 range d'ailleurs expressément les densities parmi les grandeurs dont la confiance conditionne le classement — l'écart-type devrait figurer au dossier posée par vous — dispersion à demander, absente de la pièce nº2
Domaine d'emploi : ce tonnage est celui de la roche en place, au point de référence du bloc de modèle. Il ne comprend ni les matériaux de dilution que l'exploitation ajoutera, ni les pertes qu'elle subira : il ne peut donc pas être présenté comme un tonnage de réserve, quel qu'en soit par ailleurs le mérite. Il est établi sur une masse volumique sèche : un tonnage humide serait supérieur de quelques pour cent sans porter davantage de métal. Il vaut enfin pour un bloc entièrement minéralisé ; un bloc de bordure demanderait l'application d'un facteur de remplissage. Il ne préjuge en rien du classement du bloc, qui relève de la question 4.
D'où elle découle : de l'item 4-2 de la norme des grandeurs mécaniques, qui définit la masse volumique comme la dérivée de la masse par rapport au volume. Pour un matériau homogène, elle se réduit au quotient de la masse totale par le volume total.
- \( \rho \) : masse volumique, en t/m³
- \( m \) : masse du matériau, en t
- \( V \) : volume occupé, en m³
D'où elle découle : de l'inversion de la définition précédente. C'est la forme sous laquelle un modèle en blocs convertit chacune de ses mailles en tonnage.
- \( T \) : tonnage de minerai en place, en t
- \( V \) : volume du bloc, en m³
- \( \rho \) : masse volumique sèche en place, en t/m³
D'où elle découle : de l'item 4-3 de la même norme, qui la définit comme le rapport de la masse volumique d'une substance à celle d'une substance de référence. Elle ne figure ici que pour être distinguée de la précédente.
- \( d \) : densité, sans dimension
- \( \rho \) : masse volumique de la substance, en kg/m³
- \( \rho_0 \) : masse volumique de la substance de référence, en kg/m³
Application numérique
- \( V = 25\,000 \text{ m}^3 \) feuillet 1 — volume du bloc, roche en place
- \( \rho = 2{,}70 \text{ t/m}^3 \) pièce nº2 — masse volumique sèche en place, porosité comprise
Vous tenez le tonnage en place. Cherchez maintenant, seul, quel tonnage on obtiendrait en appliquant au volume du modèle la masse volumique apparente du minerai abattu, pour un coefficient de foisonnement de 1,55, et mesurez l'écart. C'est l'erreur que produit la lecture d'une fiche de transport à la place d'un procès-verbal de laboratoire. Chercher avant de lire est ce qui fixe la méthode ; lire d'abord ne fixe rien.
Comparer avec le corrigé
L'écart : 43 500 t au lieu de 67 500, soit 35,6 % de moins. La faute est de méthode et non d'arithmétique : on a associé un volume en place à une masse volumique de tas. Le raisonnement qui rétablit la cohérence mérite d'être suivi jusqu'au bout, car il éclaire ce qu'est le foisonnement. L'abattage ne change pas la masse : les 67 500 tonnes restent 67 500 tonnes. Il change le volume apparent, qui passe de 25 000 à \( 25\,000 \times 1{,}55 = 38\,750 \) m³ — et c'est ce volume-là, celui du tas, qu'il faudrait associer à 1,74 t/m³ pour retrouver le bon tonnage. Les deux couples sont cohérents, le mélange ne l'est pas. Si votre résultat diffère : une valeur de 104 625 t signalerait qu'on a multiplié par le coefficient de foisonnement au lieu de diviser — le tas est plus volumineux, donc moins dense, jamais l'inverse.
Le bloc 12B porte 67 500 tonnes de roche minéralisée en place. Le calcul n'appelle aucun commentaire ; ce qu'il faut retenir tient à ce que ce nombre décrit et à ce qu'il ne décrit pas. Il décrit une masse en place, à un point de référence précis — le bloc dans le massif —, et cette précision est une obligation et non une élégance : la clause 7.1 du référentiel impose que le point de référence de tout tonnage soit déclaré. La raison en est simple et vaut d'être mesurée. La même roche donne trois tonnages différents selon l'endroit où on la compte, et rien dans l'unité ne les distingue : en place, elle pèse 67 500 t ; livrée à l'usine, elle en pèsera davantage, l'exploitation ayant emporté du stérile avec elle ; et une partie ne parviendra jamais à l'usine, restée au fond ou partie à la halde. Ces écarts ne sont pas marginaux — la question 4 les chiffrera —, et ils vont en sens contraire, si bien qu'ils ne se compensent pas d'eux-mêmes. La seconde observation porte sur la sensibilité du résultat. La relation étant un produit, une erreur relative sur la masse volumique se retrouve à l'identique sur le tonnage : retenir 2,90 t/m³, valeur pourtant plausible pour un encaissant métamorphique, donnerait 72 500 t, soit 7,4 % de plus. Cet écart peut sembler modeste ; il faut le rapporter à ce qu'il devient en aval, où il se propagera tel quel au métal contenu puis à la marge du bloc. La dernière remarque touche au vocabulaire, et elle n'est pas de pure forme. La grandeur employée ici s'exprime en tonnes par mètre cube : c'est une masse volumique, définie par l'item 4-2 de la norme des grandeurs mécaniques. La densité, définie à l'item suivant, est le rapport de deux masses volumiques et reste sans dimension. Les deux coïncident numériquement lorsque la référence est l'eau, ce qui explique la confusion — mais une grandeur sans dimension ne convertit aucun volume en masse, et écrire « une densité de 2,7 t/m³ » revient à attribuer une unité à un nombre pur.
Les quatre barres du haut sont tracées à la même échelle et partent du même volume : seule la masse volumique retenue les distingue. L'écart entre les deux lithologies prises séparément reste modeste — six pour cent —, ce qui rend la moyenne pondérée robuste sur ce gisement ; il n'en irait pas de même sur un minerai à sulfures massifs. L'écart avec le tas abattu, en revanche, atteint plus d'un tiers, et c'est la seule des quatre valeurs qui soit franchement incompatible avec un volume en place. La partie basse rappelle les trois points de référence auxquels un tonnage peut se rapporter : le référentiel impose de déclarer lequel est énoncé, précisément parce que rien dans l'unité ne les distingue.
PERC 2021, clause 7.1
| Forme | Ce qui est donné | Ce qui est cherché | Ce qui change dans la démarche |
|---|---|---|---|
| Directe | Un volume et une masse volumique en place | Le tonnage de minerai | Aucun changement — c'est le cas traité ci-dessus. |
| Inverse | Un tonnage visé et le volume du bloc | La masse volumique correspondante | On divise au lieu de multiplier. L'intérêt de cette forme est le contrôle : elle permet de vérifier qu'une masse volumique implicite dans un tonnage publié reste plausible pour la lithologie annoncée. Traitée juste en dessous. |
| Condition modifiée | Une masse volumique mesurée à l'état humide, teneur en eau de 2,0 % | Le même tonnage | Le tonnage humide vaudrait 68 850 t, soit 2,0 % de plus, pour exactement le même métal. La teneur déclarée en serait abaissée à 2,45 g/t. Le métal contenu, lui, ne bouge pas d'un gramme : c'est le signe que la convention sèche n'est pas un raffinement mais une condition de cohérence entre tonnage et teneur. |
| Données incomplètes | L'état de la masse volumique n'est pas précisé | Le même tonnage | Le calcul ne peut pas être conduit sans hypothèse. L'écart entre les états possibles atteint 35 %, ce qui interdit de trancher au jugé. Il faut obtenir le protocole de mesure et le porter aux données : sèche ou humide, en place ou en tas, le nombre est le même mais la grandeur ne l'est pas. |
Ce qui ne change jamais : une masse volumique n'a de sens que rapportée à l'état de la matière au moment où elle a été mesurée, et elle ne se combine qu'avec un volume pris dans le même état. Cet invariant vaut partout où l'on passe d'un volume à une masse : terrassements, granulats, bétons frais, stocks de matériaux. La question à poser devant toute masse volumique est toujours la même — dans quel état la matière se trouvait-elle quand on l'a pesée ?
La forme inverse, traitéeÉnoncé : un rapport concurrent annonce 70 000 tonnes pour ce même bloc, sans préciser la masse volumique employée. Quelle valeur cela suppose-t-il, et que faut-il en penser ? Traitez-la avant d'ouvrir : c'est le calcul qu'on pose pour auditer un tonnage publié dont on ne connaît pas le détail.
Voir la résolution de la forme inverse
Ce que la forme inverse change : elle transforme un tonnage en un paramètre vérifiable, et c'est tout son intérêt. Une masse volumique de 2,80 t/m³ est plausible pour un encaissant métamorphique, mais elle ne l'est pas pour le mélange que le bloc contient : elle situerait le matériau au-dessus des deux lithologies pondérées, ce que la pièce nº2 contredit. Trois explications sont alors possibles, et il faut les distinguer avant de conclure. Le rapport concurrent peut avoir retenu une masse volumique d'encaissant seul, oubliant la part filonienne, plus légère. Il peut avoir mesuré à l'état humide, ce qui majorerait la valeur de la teneur en eau. Il peut enfin avoir employé un volume différent, ce que ce calcul ne permettrait pas de voir. C'est pourquoi un tonnage publié sans sa masse volumique et sans son point de référence n'est pas auditable — et c'est exactement ce que la clause 7.1 vise en imposant la déclaration du point de référence. L'écart, ici, n'est que de 3,7 % ; il suffit pourtant à déplacer la marge du bloc de plus de cent mille euros.
Les deux erreurs ci-dessous portent l'une sur l'état de la matière, l'autre sur le matériau décrit. Aucune ne produit un nombre invraisemblable, et toutes deux se propagent à l'identique jusqu'à la marge du bloc.
Trois questions, à traiter de tête et avant de cocher. Un corrigé limpide se lit d'un trait et donne l'illusion de savoir refaire : ces trois-là sont le seul moyen de le vérifier. Les trois jetons s'allument, et le feuillet reçoit son tampon.
Le feuillet établit 67 500 t. Qu'est-ce que cela permet d'engager, et qu'est-ce que cela n'autorise pas ?
De nouvelles pesées portent la masse volumique à 2,85 t/m³. Que devient le tonnage ?
Lequel de ces trois énoncés relève de la méthode ci-dessus ? Décidez avant de cocher. En examen, l'échec vient rarement du calcul : il vient de ne pas avoir reconnu de quelle question il s'agissait.
Objet : masse d'or que le bloc contient, puis masse que le procédé en tirera réellement, et écart entre les deux.
- Tonnage de minerai en place, 67 500 t — feuillet 2
- Teneur estimée du bloc, 2,50 g/t sur le volume entier — pièce nº2
- Récupération métallurgique, 92,0 % sur composite à 2,50 g/t — pièce nº3
- La récupération est un facteur de conversion — pièce nº5, clause 4.8
Voir le résultat seul (auto-évaluation)
Deux masses sont demandées, et confondre l'une avec l'autre est l'erreur qui fausse tout le bilan économique. La première, le métal contenu, est une grandeur géologique : c'est l'or que la roche renferme, tel qu'il est dans le massif. Elle s'obtient en multipliant le tonnage par la teneur, et l'analyse dimensionnelle en donne aussitôt la forme — des tonnes multipliées par des grammes par tonne laissent des grammes. La seconde, le métal récupérable, est une grandeur de procédé : c'est l'or que l'usine saura effectivement extraire. Aucune installation ne récupère tout, et l'écart n'a rien de marginal — huit pour cent du métal du bloc, ici, restera dans les résidus. Cette perte n'est pas un défaut d'exploitation qu'on pourrait corriger : elle est inhérente au procédé, elle a été mesurée en laboratoire, et le référentiel de reporting range la récupération métallurgique parmi les facteurs de conversion qu'une étude doit appliquer. Elle n'est donc pas une option de calcul. Une conséquence en découle immédiatement, et elle commandera la question 5 : un prix de vente s'applique à de l'or fin, c'est-à-dire au métal récupéré et affiné, jamais au métal contenu dans la roche. Vendre le métal contenu revient à supposer une usine parfaite, et à majorer d'autant la marge annoncée.
À laquelle des deux masses le prix de vente de l'or peut-il s'appliquer ?
- Au métal contenu : c'est l'or que le bloc renferme, et il a bien cette valeur.
- Au métal récupérable : le prix porte sur de l'or fin, donc sur ce que l'usine produit.
- À la moyenne des deux, la récupération réelle étant toujours incertaine.
Ce qu'a retenu le bureau, et pourquoi
La deuxième. Un prix de marché s'applique à un produit vendable, et l'or disséminé dans une roche n'en est pas un. Ce qui se vend est de l'or fin, obtenu après extraction, broyage, lixiviation, désorption et affinage — et chacune de ces étapes laisse une part du métal derrière elle. Le rendement global de la chaîne est ce que la pièce nº3 appelle la récupération métallurgique, et les 8,0 % qu'elle laisse échapper partiront au parc à résidus, physiquement présents dans la boue mais économiquement perdus.
L'option 1 est celle que la note remontée du site a retenue, et elle revient à supposer une usine parfaite. Elle n'est pas seulement optimiste : elle est incohérente avec le dossier lui-même, qui porte le résultat des essais métallurgiques. Employer une donnée pour justifier le procédé et l'ignorer dans le calcul économique est une contradiction interne, et c'est ce que la commande signale. L'option 3 mérite un mot, car elle traduit une intuition juste appliquée au mauvais endroit. L'incertitude sur la récupération est réelle, et un projet sérieux la traite — mais par une fourchette déclarée, en conduisant le calcul aux deux bornes, non en moyennant une valeur mesurée avec une valeur qui ne correspond à rien. Prendre la moyenne de 168,75 et de 155,25 reviendrait à retenir une récupération de 96 %, valeur qu'aucun essai ne soutient et que rien ne justifierait devant un vérificateur.
Quatre notions gouvernent ce feuillet, et la troisième est celle que les estimations rapides omettent.
- La teneur estimée de 2,50 g/t est représentative de l'ensemble du bloc. or c'est une valeur estimée par krigeage et non mesurée, et l'or est le métal où cette distinction pèse le plus lourd. Sa distribution présente un effet de pépite marqué — de fortes teneurs concentrées sur de très faibles volumes — qui rend la moyenne d'un bloc sensible aux valeurs extrêmes des composites. La pièce nº2 ne fournit ni variance de krigeage ni traitement des valeurs aberrantes, si bien que la précision de cette teneur n'est pas connue posée par vous — variance d'estimation à demander, absente de la pièce nº2
- La récupération de 92,0 % vaut pour le minerai de ce bloc. or elle a été mesurée sur un composite à 2,50 g/t et pour un broyage à 80 % passant à 75 µm : ces deux paramètres définissent son domaine de validité. Un minerai plus pauvre récupère généralement moins bien, les pertes du procédé étant en partie indépendantes de la teneur ; un broyage plus grossier libérerait moins d'or. La teneur du bloc coïncidant exactement avec celle du composite, l'hypothèse est ici vérifiée et non supposée — elle ne le serait pas pour un bloc à 1,0 g/t garantie par la pièce nº3 — essais sur composite à la teneur du bloc
- Le minerai n'est pas réfractaire et l'or est libre au broyage retenu. or c'est ce qui rend une récupération de cette hauteur atteignable, et la pièce nº3 l'atteste explicitement pour le composite testé. Un or enfermé dans des sulfures ou associé au carbone organique demanderait un prétraitement — grillage, oxydation sous pression, bio-oxydation — dont le coût n'a rien de commun avec celui du dossier. La vérification porte donc autant sur la valeur de la récupération que sur le coût du procédé qui la produit garantie par la pièce nº3 — aucun caractère réfractaire mis en évidence
Domaine d'emploi : le métal contenu est une grandeur in situ : il décrit ce que la roche renferme et ne peut être ni vendu, ni porté à un bilan économique. Le métal récupérable est une grandeur de procédé, établie pour la teneur et la finesse de broyage de la pièce nº3 ; il suppose que tout le bloc parvienne à l'usine, ce que la dilution et les pertes d'exploitation démentiront — ces deux facteurs sont absents du dossier et font l'objet de la question 4. Ni l'une ni l'autre de ces masses ne peut être publiée seule : la clause 6.16 impose qu'un métal contenu soit toujours accompagné du tonnage et de la teneur dont il découle.
D'où elle découle : de la définition même de la teneur, masse de métal rapportée à l'unité de masse de minerai. Multiplier par le tonnage revient à remonter de la concentration à la quantité.
- \( Q_{\text{cont}} \) : métal contenu dans le bloc, en g
- \( T \) : tonnage de minerai en place, en t
- \( t_{\text{Au}} \) : teneur estimée du bloc, en g/t
D'où elle découle : de l'application du rendement du procédé au métal contenu. La clause 4.8 du référentiel range ce rendement parmi les facteurs de conversion, dont l'application est ce qui distingue une étude d'une simple estimation géologique.
- \( Q_{\text{rec}} \) : métal récupérable, en g
- \( Q_{\text{cont}} \) : métal contenu, en g
- \( \eta \) : récupération métallurgique, sans dimension
D'où elle découle : de la différence entre les deux masses précédentes. Elle ne sert à aucun calcul économique, mais elle donne au rendement une traduction physique que le pourcentage seul ne donne pas.
- \( Q_{\text{res}} \) : métal partant aux résidus, en g
- \( Q_{\text{cont}} \) : métal contenu, en g
- \( \eta \) : récupération métallurgique, sans dimension
Application numérique
- \( T = 67\,500 \text{ t} \) feuillet 2 — tonnage de minerai en place
- \( t_{\text{Au}} = 2{,}50 \text{ g/t} \) pièce nº2 — teneur estimée du bloc par krigeage
- \( \eta = 0{,}920 \) pièce nº3 — essais sur composite à 2,50 g/t, broyage à 75 µm
Vous tenez les deux masses. Cherchez maintenant, seul, la teneur du parc à résidus en or, sachant que la totalité du minerai traité y aboutit et que la masse du résidu est pratiquement égale à celle du minerai entré. Comparez-la ensuite à la teneur de coupure que vous établirez au feuillet 5. Chercher avant de lire est ce qui fixe la méthode ; lire d'abord ne fixe rien.
Comparer avec le corrigé
Ce que ce nombre dit : les résidus titrent 0,200 g/t, soit exactement huit centièmes de la teneur d'alimentation — ce qui n'a rien d'un hasard, la récupération étant de 92,0 %. Ce résultat mérite deux lectures. La première est un contrôle : la teneur des résidus doit toujours valoir \( (1 - \eta) \) fois celle de l'alimentation lorsque la masse se conserve, et c'est le calcul que l'exploitant refait chaque jour pour surveiller son usine. Une dérive de cette teneur signale une perte de récupération avant même que le bilan mensuel ne la révèle. La seconde lecture est économique et elle éclaire ce que signifie une teneur de coupure. Ces 0,200 g/t se comparent au seuil de rentabilité du traitement, que le feuillet 5 établira à 1,59 g/t : les résidus titrent près de huit fois moins, et leur retraitement coûterait donc bien davantage qu'il ne rapporterait. Le métal y est physiquement présent et économiquement absent — c'est toute la différence entre une quantité et une ressource. Si votre résultat diffère : une valeur de 2,30 g/t signalerait qu'on a calculé la teneur du concentré et non celle du résidu, en retenant le métal récupéré au lieu du métal perdu.
Le bloc contient 168,75 kg d'or et en rendra 155,25 kg. L'écart de 13,50 kg est ce que la question demandait de faire apparaître, et il vaut d'être mesuré sous plusieurs angles. En proportion, il représente huit pour cent du métal — la part que le procédé laisse échapper. En valeur, aux prix du dossier, il vaut 877 500 euros pour ce seul bloc, soit davantage que le coût de traitement de neuf mille tonnes de minerai. Rapporté au raisonnement du feuillet 5, il déplace la teneur de coupure de 1,46 à 1,59 g/t, ce qui change le sort de tous les blocs situés entre ces deux valeurs. Ce n'est donc pas une correction du second ordre : c'est un facteur de conversion au sens de la clause 4.8, et son omission ne produit pas une estimation approximative mais une estimation d'une autre nature. Une deuxième observation porte sur ce que ce feuillet établit et sur ce qu'il laisse en suspens. Les 155,25 kg supposent que la totalité du bloc parvienne à l'usine : ni la dilution, qui fera entrer du stérile avec le minerai, ni les pertes d'exploitation, qui laisseront du minerai au fond, ne figurent au dossier. Le métal réellement produit sera donc inférieur à cette valeur, et la question 4 en chiffrera l'effet. La troisième observation est de méthode et concerne l'ordre de grandeur, qu'il faut savoir juger sans calculatrice : deux grammes et demi par tonne sur soixante-sept mille tonnes, cela fait cent soixante-huit mille grammes, soit un cube d'or d'à peine vingt centimètres de côté. Cette image dit mieux que toute autre ce qu'est un gisement aurifère — vingt-cinq mille mètres cubes de roche à déplacer pour un volume de métal qui tiendrait dans un carton, et c'est ce rapport qui rend le moindre point de récupération économiquement décisif.
Les trois barres du haut sont à la même échelle : la première, en trait fin, est le métal que la roche renferme ; la deuxième, pleine, celui que l'usine produira ; la troisième, en trait masqué, ce qui part au parc à résidus. La proportion est visuellement modeste — huit pour cent — et elle vaut pourtant plus de huit cent mille euros sur ce seul bloc. Les deux barres du bas, tracées sur leur propre échelle indiquée sous le titre, donnent les teneurs correspondantes et expliquent pourquoi ce métal est perdu : à 0,200 g/t, les résidus titrent huit fois moins que le seuil au-delà duquel un traitement se paie. Le métal y est physiquement présent et économiquement absent.
PERC 2021, clauses 4.8 et 6.16
| Forme | Ce qui est donné | Ce qui est cherché | Ce qui change dans la démarche |
|---|---|---|---|
| Directe | Un tonnage, une teneur et une récupération | Le métal contenu et le métal récupérable | Aucun changement — c'est le cas traité ci-dessus. |
| Inverse | Une masse d'or visée et le tonnage du bloc | La teneur correspondante | On divise au lieu de multiplier. L'intérêt de cette forme est qu'elle donne la teneur qu'il faudrait pour atteindre un objectif de production, grandeur que la planification manie constamment. Traitée juste en dessous. |
| Condition modifiée | Un minerai réfractaire, récupération ramenée à 65 % | Le même métal récupérable | Le métal contenu ne bouge pas — c'est une grandeur géologique — mais le métal récupérable tombe à 109,7 kg, soit 29,3 % de moins. La teneur de coupure monterait de 1,59 à 2,25 g/t, et le bloc, à 2,50 g/t, n'aurait plus qu'une marge étroite. Un caractère réfractaire ne dégrade pas un peu un projet : il en change la nature. |
| Données incomplètes | Aucun essai métallurgique n'est disponible | Le même métal récupérable | Le métal récupérable ne peut pas être établi, et aucun bilan économique ne peut donc être conduit. Il faut demander les essais et porter la récupération aux données : la clause 4.8 en fait un facteur de conversion, non une hypothèse de calcul, et le retenir au jugé reviendrait à inventer un rendement d'usine. |
Ce qui ne change jamais : un prix de marché s'applique à un produit vendable, jamais à ce qu'un matériau contient. Cet invariant vaut dans tous les métiers de la matière première : minerai et métal, bois sur pied et bois d'œuvre, betterave et sucre. La question à poser devant toute valorisation est toujours la même — cette masse existe-t-elle sous une forme que quelqu'un achète ?
La forme inverse, traitéeÉnoncé : la direction souhaite savoir quelle teneur ce bloc devrait présenter pour contenir 200 kg d'or, son tonnage restant inchangé. Traitez-la avant d'ouvrir : c'est le calcul qu'on pose pour traduire un objectif de production en exigence géologique.
Voir la résolution de la forme inverse
Ce que la forme inverse change : elle traduit un objectif de production en une exigence sur le gisement, et c'est le sens dans lequel une planification minière raisonne le plus souvent. Le résultat, 2,96 g/t contre 2,50 estimés, représente 18,5 % de teneur en plus — et la remarque qui suit importe davantage que le nombre. Une teneur ne se décide pas : elle est ce que la géologie a mis en place, et aucune décision d'entreprise ne la modifie. Ce que la planification peut faire, en revanche, c'est choisir les blocs qu'elle envoie à l'usine, et donc relever la teneur moyenne d'alimentation en réservant les blocs les plus riches. Cette pratique porte un nom — l'exploitation sélective — et elle a un prix : les blocs écartés restent en place, ce qui réduit le tonnage exploité et peut compromettre la durée de vie de la mine. Le second enseignement tient à la proportionnalité : la relation étant un produit, le même objectif serait atteint par un tonnage supérieur de 18,5 % à teneur inchangée. Tonnage et teneur sont substituables sur le métal contenu — ils ne le sont pas du tout sur l'économie, puisque seul le tonnage engendre un coût.
Les deux erreurs ci-dessous portent l'une sur la masse retenue, l'autre sur la grandeur à laquelle le rendement s'applique. La seconde est la plus insidieuse : elle donne le bon métal et ne se révèle qu'au bilan économique, deux feuillets plus loin.
Trois questions, à traiter de tête et avant de cocher. Un corrigé limpide se lit d'un trait et donne l'illusion de savoir refaire : ces trois-là sont le seul moyen de le vérifier. Les trois jetons s'allument, et le feuillet reçoit son tampon.
Le feuillet établit 155,25 kg récupérables. Qu'est-ce que cela permet d'engager, et qu'est-ce que cela n'autorise pas ?
De nouveaux essais ramènent la récupération de 92,0 à 88,0 %, soit quatre points de moins. Que devient le métal récupérable ?
Lequel de ces trois énoncés relève de la méthode ci-dessus ? Décidez avant de cocher. En examen, l'échec vient rarement du calcul : il vient de ne pas avoir reconnu de quelle question il s'agissait.
Objet : catégorie que le dossier permet de déclarer pour le bloc 12B, clauses qui la fondent, et éléments qui manqueraient pour aller au-delà.
- Tonnage en place, 67 500 t, et métal contenu, 168,75 kg — feuillets 2 et 3
- Maille de forage de 25 m, neuf sondages, bloc de deux mailles de côté — pièce nº1
- Masses volumiques mesurées et essais métallurgiques disponibles — pièces nº2 et nº3
- Les clauses de classement et de conversion du référentiel — pièce nº5
Voir le résultat seul (auto-évaluation)
La question porte sur des mots, et c'est ce qui la rend difficile — les mots d'un rapport minier sont des termes définis, non des qualificatifs. « Ressource » et « réserve » ne désignent pas deux degrés d'une même chose : ils désignent deux objets de nature différente. Une ressource est un objet géologique, une concentration en place dont on estime la quantité et la teneur, et pour laquelle il existe des perspectives raisonnables d'extraction économique éventuelle. Une réserve est le résultat d'un travail d'ingénieur : la part de cette ressource dont une étude a démontré qu'elle peut être extraite, après application de l'ensemble des facteurs de conversion — miniers, de traitement, économiques, juridiques, environnementaux et quelques autres. Deux raccourcis conduisent l'un et l'autre à une déclaration irrégulière. Le premier consiste à déduire la catégorie de la seule densité des forages : la confiance géologique est nécessaire, elle n'est pas suffisante, et le référentiel énumère ce qu'il exige en plus. Le second consiste à convertir une ressource en réserve au vu d'une marge positive : une marge calculée sur un bloc n'est pas une étude, et le référentiel exige un niveau d'étude minimal avant toute détermination de réserve. Ce feuillet ne comporte donc pas de calcul au sens ordinaire ; il comporte une vérification, clause par clause, et un chiffrage de ce que l'absence des facteurs miniers coûte au tonnage et à la teneur.
La maille de forage est serrée et la marge du bloc est positive. Que peut-on déclarer ?
- Une réserve prouvée : la confiance géologique et la rentabilité sont toutes deux établies.
- Une ressource minérale, dont la personne compétente arrêtera la catégorie.
- Une ressource mesurée, la maille serrée suffisant à fonder la catégorie la plus haute.
Ce qu'a retenu le bureau, et pourquoi
La deuxième. Le dossier établit ce qu'il faut pour déclarer une ressource minérale : une concentration en place, dont la quantité, la teneur, les masses volumiques et la forme sont estimées, et pour laquelle des perspectives raisonnables d'extraction économique éventuelle existent — le feuillet 5 le confirmera. Mais la catégorie à l'intérieur de cette classe ne se déduit d'aucun calcul : la clause 6.13 dispose que « a Competent Person(s) must determine the appropriate Mineral Resource category » et que ce classement « is a matter for professional judgement ». Aucun bureau d'études ne peut donc trancher seul ; il peut seulement fournir les éléments et signaler ceux qui manquent.
L'option 3 est la plus tentante et elle achoppe sur une clause précise. La clause 6.12 exige, pour une ressource mesurée, une confirmation écrite au rapport public que la géologie, la minéralogie, l'exploitabilité, l'aptitude au traitement et les autres facteurs de conversion pertinents ont été pris en considération. Le dossier couvre trois de ces cinq points ; il ne dit rien de l'exploitabilité, faute de méthode d'exploitation, de dilution, de pertes et de plan minier. La même clause avertit d'ailleurs que la personne compétente « should be aware of the consequences of declaring material of the highest confidence category » avant de s'être assurée que tous les paramètres nécessaires sont établis au même niveau de confiance. L'option 1 est celle de la note remontée du site, et elle cumule deux fautes. La première est de croire qu'une marge positive vaut démonstration : la clause 7.3 exige une étude de niveau préfaisabilité ou faisabilité préalable, et un calcul sur un bloc n'en est pas une. La seconde est plus mécanique et elle se chiffre : la clause 7.1 précise qu'une réserve « includes diluting materials and allowances for losses ». Le tonnage de 67 500 t n'en comprend aucune, puisqu'il a été déclaré en place — il ne peut donc pas être un tonnage de réserve, quelles que soient par ailleurs les qualités du gisement. Enfin, la clause 6.19 interdit d'employer les mots « minerai » et « réserve » pour énoncer une estimation de ressources, « as the terms imply technical feasibility and economic viability ».
Quatre notions gouvernent ce feuillet, et la première est celle que le langage courant efface.
- Le bloc présente des perspectives raisonnables d'extraction économique éventuelle. or c'est la condition même de la définition d'une ressource, posée par la clause 6.1 : une concentration qui n'offrirait aucune perspective de ce genre ne serait pas une ressource, mais une simple occurrence minéralisée. Le feuillet 5 établira que la teneur du bloc dépasse de plus de moitié la teneur de coupure, ce qui vérifie la condition. Elle devrait toutefois être appréciée à l'échelle du gisement et non d'un bloc isolé, ce que le dossier ne permet pas vérifiée au feuillet 5 : teneur du bloc très au-dessus de la coupure
- Les valeurs de dilution et de perte employées plus bas sont illustratives. or c'est un point sur lequel il ne faut laisser aucune ambiguïté : le dossier ne les fournit pas, et elles ne peuvent venir que du plan minier, comme l'exige la clause 7.4. Les valeurs de 10 % et de 95 % retenues ci-dessous servent uniquement à chiffrer l'ordre de grandeur de ce qui manque ; elles ne fondent aucun résultat de la note, et les tonnages qui en découlent ne peuvent être publiés sous aucune catégorie posée par vous — valeurs illustratives, à obtenir du plan minier
- Le classement relève de la personne compétente et non du bureau d'études. or c'est ce que la clause 6.13 dispose expressément, et la conséquence pratique est nette : ce feuillet ne peut pas conclure à une catégorie, il peut seulement établir ce que le dossier soutient et ce qui lui manque. La confusion inverse est fréquente et lourde de conséquences — un classement est un acte engageant la responsabilité d'un professionnel nommé, non le résultat d'une procédure de calcul garantie par la pièce nº5 — clause 6.13, jugement professionnel
Domaine d'emploi : ce feuillet établit ce que le dossier soutient et ce qui lui manque ; il n'arrête aucune catégorie, cette décision revenant à la personne compétente. Les tonnages et teneurs calculés plus bas sous facteurs miniers illustratifs sont des ordres de grandeur pédagogiques : ils montrent l'effet de la dilution et des pertes, et ne peuvent être publiés sous aucune catégorie. Le raisonnement porte enfin sur un bloc isolé, alors qu'une déclaration de ressources s'établit sur un domaine minéralisé entier — un bloc rentable pris dans un ensemble qui ne l'est pas ne fonde aucune perspective d'extraction.
D'où elle découle : du fait que l'abattage ne suit pas exactement les limites du bloc et emporte du stérile avec le minerai. La clause 7.1 range ces matériaux de dilution dans la définition même d'une réserve.
- \( T_{\text{dil}} \) : tonnage dilué, en t
- \( T \) : tonnage en place du bloc, en t
- \( \delta \) : taux de dilution, sans dimension
D'où elle découle : du fait qu'une partie du minerai reste en place — piliers, bordures, zones inaccessibles. La clause 7.1 range également ces provisions pour pertes dans la définition d'une réserve.
- \( T_{\text{res}} \) : tonnage exploitable, en t
- \( T_{\text{dil}} \) : tonnage dilué, en t
- \( r_m \) : récupération minière, sans dimension
D'où elle découle : de la définition de la teneur, rapport du métal au tonnage, appliquée aux grandeurs corrigées. Le métal suit la récupération minière ; le tonnage suit la dilution et la récupération minière.
- \( t_{\text{res}} \) : teneur du minerai exploitable, en g/t
- \( Q_{\text{cont}} \) : métal contenu en place, en g
- \( r_m \) : récupération minière, sans dimension
- \( T_{\text{res}} \) : tonnage exploitable, en t
Application numérique
- \( T = 67\,500 \text{ t} \text{ et } Q_{\text{cont}} = 168\,750 \text{ g} \) feuillets 2 et 3 — tonnage et métal en place
- \( \delta = 0{,}100 \) valeur illustrative — le dossier ne fournit pas la dilution, qui relève du plan minier
- \( r_m = 0{,}950 \) valeur illustrative — le dossier ne fournit pas la récupération minière
Vous tenez les grandeurs corrigées des facteurs miniers. Comparez-les maintenant, seul, aux grandeurs en place : de combien varient le tonnage, la teneur et le métal, en valeur relative ? Un des trois écarts est de sens contraire aux deux autres, et c'est celui-là qui rend l'ensemble trompeur. Chercher avant de lire est ce qui fixe la méthode ; lire d'abord ne fixe rien.
Comparer avec le corrigé
Ce que ces trois rapports disent : le tonnage augmente de 4,5 %, la teneur baisse de 9,1 % et le métal baisse de 5,0 %. C'est le premier écart, positif là où les deux autres sont négatifs, qui rend l'ensemble trompeur : un tonnage de réserve supérieur au tonnage en place semble démentir toute idée de perte, alors qu'il traduit exactement le contraire — on a ajouté du stérile. Trois enseignements en découlent. Le premier : un tonnage ne se lit jamais seul, il se lit avec sa teneur, et le couple (74 250 t à 2,27 g/t) dit tout autre chose que (67 500 t à 2,50 g/t). Le deuxième : les deux facteurs miniers ne jouent pas le même rôle — la dilution seule modifie la teneur, puisque la récupération minière retire du minerai et du stérile dans les mêmes proportions. Le troisième est économique et sera repris au feuillet 5 : on traite plus de tonnes pour moins de métal, si bien que la marge du bloc en subit les deux effets à la fois. Si votre résultat diffère : une teneur de 2,25 g/t signalerait qu'on a appliqué la récupération minière à la teneur — elle se simplifie, et n'y intervient pas.
Le dossier permet de déclarer une ressource minérale, et rien de plus. La catégorie à l'intérieur de cette classe — inférée, indiquée ou mesurée — relève de la personne compétente, à qui la clause 6.13 confie expressément cette détermination en la qualifiant de jugement professionnel. Ce que le bureau d'études peut faire, et qu'il fait ici, c'est établir l'état du dossier au regard des exigences. Du côté favorable, la clause 6.11 demande que la quantité, la teneur, les masses volumiques, la forme et les caractéristiques physiques soient estimées avec confiance : les quatre premiers points sont couverts, et le troisième l'est mieux que dans bien des dossiers, quarante-deux pesées valant beaucoup plus qu'une valeur d'atelier. Du côté défavorable, la clause 6.12 exige une confirmation écrite que la géologie, la minéralogie, l'exploitabilité et l'aptitude au traitement ont été considérées : trois de ces quatre points sont documentés, l'exploitabilité ne l'est pas du tout — aucune méthode d'exploitation, aucune dilution, aucune perte, aucun plan minier. Sur les dix familles de facteurs de conversion qu'énumère la clause 4.8, trois seulement trouvent un élément au dossier. Le passage à la réserve, lui, ne se discute pas : il est exclu par trois clauses indépendantes, et il suffirait de la première. Le tonnage du feuillet 2 est un tonnage en place ; celui d'une réserve comprend la dilution et les provisions pour pertes. Le calcul mené ci-dessus donne l'ordre de grandeur de cet écart sous des facteurs illustratifs : 70 538 t à 2,27 g/t au lieu de 67 500 t à 2,50 g/t, soit 4,5 % de tonnage en plus pour 5,0 % de métal en moins. Les deux effets se cumulent défavorablement sur l'économie, et le feuillet 5 montrera qu'ils amputent la marge du bloc de plus d'un cinquième. Une dernière observation, sur le vocabulaire, et elle n'est pas de pure forme : la clause 6.19 interdit d'employer les mots « minerai » et « réserve » pour énoncer une estimation de ressources, « car ces termes impliquent la faisabilité technique et la viabilité économique ». Ce n'est pas une question de style. Un rapport public engage la responsabilité de son signataire, et les investisseurs qui le lisent attachent à ces deux mots un sens précis — celui qu'une étude a démontré.
La bande du haut oppose les deux objets que le vocabulaire minier distingue : à gauche, en trait plein, la ressource que le dossier soutient — un tonnage en place et sa teneur ; à droite, en trait masqué, ce que deviendrait une réserve une fois les facteurs miniers appliqués, et le trait masqué dit précisément que le dossier ne permet pas de l'établir. Les quatre barres du centre chiffrent le déplacement : le tonnage augmente de 4,5 %, la teneur baisse de 9,1 %, et les deux effets se cumulent défavorablement puisqu'on traite davantage de matière pour moins de métal. La partie basse dresse l'état du dossier — deux exigences documentées, trois manquantes —, et c'est cette liste, plus que les chiffres, qui constitue la réponse à la question.
PERC 2021, clauses 7.1, 7.2 et 7.3
| Forme | Ce qui est donné | Ce qui est cherché | Ce qui change dans la démarche |
|---|---|---|---|
| Directe | Un dossier d'estimation et un référentiel | La catégorie déclarable | Aucun changement — c'est le cas traité ci-dessus. |
| Inverse | Une catégorie visée — la réserve prouvée | Les éléments à produire | On remonte des clauses vers les livrables : étude de préfaisabilité, plan minier, dilution et pertes, avis de la personne compétente. La liste est fermée, et c'est ce qui la rend utile — elle se coche. Traitée juste en dessous. |
| Condition modifiée | Une dilution portée de 10 à 20 % | Le même tonnage exploitable | Le tonnage monterait à 76 950 t et la teneur tomberait à 2,08 g/t. Sur un gisement filonien, où la minéralisation est étroite, une dilution de vingt pour cent n'a rien d'extrême — et elle amputerait la marge du bloc de plus du tiers. C'est pourquoi la méthode d'exploitation doit être arrêtée avant toute conversion. |
| Données incomplètes | Aucun plan minier n'est disponible | La même catégorie | La conversion en réserve ne peut pas être conduite, quelle que soit la qualité de l'estimation géologique. C'est la situation du dossier, et il faut la déclarer comme telle plutôt que de retenir des facteurs par défaut : une réserve établie sur une dilution supposée n'est pas une réserve. |
Ce qui ne change jamais : dans un rapport technique, les mots sont des termes définis et non des qualificatifs — employer l'un pour l'autre est une erreur de même nature qu'une erreur de calcul. Cet invariant vaut partout où une nomenclature réglementaire existe : ressources et réserves minières, classes d'exposition d'un béton, catégories de terrain, classes de précision d'un levé. La question à poser devant tout mot technique est toujours la même — ce terme est-il défini quelque part, et l'objet que je décris satisfait-il cette définition ?
La forme inverse, traitéeÉnoncé : la direction souhaite pouvoir déclarer ce bloc en réserve prouvée à l'horizon d'un an. Quels éléments faut-il produire, et dans quel ordre ? Traitez-la avant d'ouvrir : c'est la liste qu'on établit pour bâtir un programme d'études.
Voir la résolution de la forme inverse
Cinq éléments, et leur ordre n'est pas indifférent. Le premier est le classement de la ressource en mesurée par la personne compétente, car la clause 6.11 dispose qu'« a Measured Mineral Resource may be converted to a Proved Mineral Reserve or to a Probable Mineral Reserve » — seule une ressource mesurée ouvre donc l'accès à la catégorie prouvée. Cela suppose, au titre de la clause 6.12, une confirmation écrite que l'exploitabilité a été considérée — donc les éléments qui suivent. Le deuxième est une méthode d'exploitation arrêtée, d'où découleront la dilution et la récupération minière que le feuillet a dû supposer. Le troisième est un plan minier techniquement réalisable, qu'exige la clause 7.4. Le quatrième est une étude de niveau préfaisabilité au minimum, que la clause 7.3 impose d'avoir conduite avant toute détermination de réserve. Le cinquième est le traitement des facteurs restants de la clause 4.8 — infrastructure, commercialisation, juridique, environnemental, social et gouvernemental —, dont aucun ne figure au dossier et dont plusieurs sont, en contexte guyanais, déterminants.
Ce que la forme inverse change : elle transforme une objection en un programme, et c'est ce qu'un maître d'ouvrage attend d'un bureau d'études. Deux remarques l'accompagnent. La première tient à l'ordre : la clause 7.3 est chronologique — l'étude doit avoir été conduite avant, et non produite après coup pour justifier une déclaration déjà faite. La seconde tient au chemin de retour : une réserve n'est pas acquise une fois pour toutes. Une hausse des coûts, une baisse durable du cours ou un refus d'autorisation la font redevenir ressource, sans qu'aucune tonne de roche n'ait bougé. C'est la conséquence directe du fait que la réserve est définie par des facteurs économiques et réglementaires, et non par la géologie.
Les deux erreurs ci-dessous ne portent sur aucun nombre. Elles portent sur des mots, et c'est ce qui les rend indétectables par toute vérification arithmétique — comme par toute relecture qui ne remonterait pas au texte du référentiel.
Trois questions, à traiter de tête et avant de cocher. Un corrigé limpide se lit d'un trait et donne l'illusion de savoir refaire : ces trois-là sont le seul moyen de le vérifier. Les trois jetons s'allument, et le feuillet reçoit son tampon.
Le feuillet conclut à une ressource minérale. Qu'est-ce que cela permet d'écrire, et qu'est-ce que cela n'autorise pas ?
La dilution s'avère finalement de 20 % au lieu de 10 %, la récupération minière restant à 95 %. Que deviennent le tonnage exploitable et sa teneur ?
Lequel de ces trois énoncés relève de la méthode ci-dessus ? Décidez avant de cocher. En examen, l'échec vient rarement du calcul : il vient de ne pas avoir reconnu de quelle question il s'agissait.
Objet : marge que le bloc laisse une fois son traitement payé, teneur en deçà de laquelle il n'en laisserait plus, et nature exacte de ce solde.
- Tonnage de minerai en place, 67 500 t — feuillet 2
- Métal récupérable, 155,25 kg d'or fin — feuillet 3
- Prix de l'or fin, 65 000 €/kg, et coût de traitement, 95,00 €/t — pièce nº4
- Le coût ne comprend ni redevance, ni fiscalité, ni investissement — pièce nº4
Voir le résultat seul (auto-évaluation)
Deux branches indépendantes se rejoignent ici, et tout le soin consiste à ne pas les mêler avant la soustraction finale. La première est celle du revenu : elle part du métal récupérable — seule masse qu'un acheteur paie — et le multiplie par le prix de l'or fin. La seconde est celle du coût : elle part du tonnage de minerai traité, car c'est la roche entière qui passe à l'usine, y compris la part qui ne rendra pas son or. Les deux branches ne portent donc ni sur la même matière, ni sur la même unité, et les mélanger produit des résultats sans commune mesure avec la réalité. Une fois la marge obtenue, une seconde question se pose, plus utile encore pour l'exploitation : à partir de quelle teneur un bloc cesse-t-il de valoir la peine d'être traité ? C'est la teneur de coupure, et elle s'obtient en annulant la marge unitaire. Elle est l'outil de tri de toute la mine — c'est elle qui décide, bloc par bloc, de la direction que prend un camion à la sortie de la fosse. Un dernier point conditionne la lecture de tout ce feuillet, et il tient à ce que le coût du dossier contient. Ces 95,00 €/t sont un coût d'opération : ils ne comprennent ni l'investissement, ni les redevances, ni la fiscalité, ni les coûts de fermeture. Le solde qui en résulte est donc une marge d'opération, non un profit — et confondre les deux est précisément l'erreur qui a fait renvoyer la note remontée du site.
À quel tonnage le coût de 95,00 €/t doit-il s'appliquer ?
- Au tonnage de minerai entier : toute la roche passe à l'usine et doit être payée.
- Au tonnage utile, corrigé de la récupération : on ne paie que ce qui rend son or.
- À la masse d'or produite, puisque c'est elle qui engendre le revenu.
Ce qu'a retenu le bureau, et pourquoi
La première. Le coût du dossier s'entend par tonne de minerai traité, et l'usine traite la totalité du minerai qu'on lui envoie — y compris les tonnes dont elle ne tirera rien. L'abattage, le chargement, le transport, le broyage et la lixiviation s'appliquent à toute la roche, sans distinguer celle qui rendra son or de celle qui ne le rendra pas. Le rendement de récupération diminue le métal produit ; il ne diminue pas d'une tonne le minerai à traiter.
L'option 2 est la plus instructive parce qu'elle est presque invisible. Appliquer la récupération au tonnage donne exactement le même métal — le produit est identique —, si bien que rien ne signale la faute au feuillet 3. Elle se révèle ici, et seulement ici : avec 62 100 t au lieu de 67 500, le coût de traitement serait sous-estimé de 513 000 € et la marge du bloc majorée de 13,9 %. C'est le type d'erreur qu'aucune vérification en aval ne rattrape, parce que le nombre faux n'apparaît jamais seul. L'option 3 est d'un autre ordre et son absurdité protège : appliquer 95,00 €/t aux 0,168 75 tonne d'or donnerait un coût de seize euros pour traiter le bloc. Le contrôle qui l'écarte tient en une phrase, et il vaut d'être retenu : un coût unitaire s'applique toujours à la grandeur qui figure au dénominateur de son unité — ici la tonne de minerai, et rien d'autre.
Quatre notions gouvernent ce feuillet, et la deuxième est l'outil de tri de toute exploitation minière.
- La totalité du bloc est envoyée à l'usine et traitée. or c'est une hypothèse de calcul et non une donnée : les facteurs miniers absents du dossier — dilution et pertes d'exploitation — modifieraient à la fois le tonnage traité et le métal produit. Sous les valeurs illustratives du feuillet précédent, la marge du bloc tomberait à 2 885 625 €, soit 21,6 % de moins. L'ordre de grandeur du résultat n'en serait pas changé, mais son exactitude n'est pas acquise posée par vous — facteurs miniers absents, à obtenir du plan minier
- Le coût de 95,00 €/t couvre l'ensemble des dépenses d'exploitation du bloc. or la pièce nº4 énumère précisément ce qu'il exclut : investissement, redevances, fiscalité et coûts de fermeture. Le solde obtenu est donc une marge d'opération, et il ne peut fonder aucune conclusion sur la rentabilité du projet. Il ne peut pas davantage fonder une conversion en réserve, la clause 7.2 exigeant l'application de tous les facteurs de conversion, dont les facteurs juridiques et gouvernementaux qui portent précisément les redevances garantie par la pièce nº4 — périmètre du coût explicitement borné
- Le prix de 65 000 €/kg et le coût de 95,00 €/t sont des valeurs uniques et stables. or aucune fourchette ne les accompagne, et ce sont les deux paramètres les plus volatils du calcul. Le prix de l'or a varié de plus de moitié en quelques années, et le coût d'exploitation dépend du prix de l'énergie et des consommables. La marge du bloc s'annulerait pour un prix de 41 304 €/kg, ce qui laisse une marge de sécurité de 36,5 % — cette valeur est plus informative que la marge elle-même, et elle devrait figurer à la note posée par vous — fourchette de prix et de coût à demander
Domaine d'emploi : ce solde est une marge d'opération et non un profit : il ne comprend ni investissement, ni redevance, ni fiscalité, ni coût de fermeture. Il est établi sur le tonnage en place, hors dilution et hors pertes d'exploitation, et sur un bloc isolé — la rentabilité d'un projet minier se juge sur un plan d'exploitation entier, non bloc par bloc. La teneur de coupure qui en découle est une coupure de traitement : elle répond à la question « faut-il envoyer cette roche à l'usine plutôt qu'à la halde ? » et non à la question « faut-il l'extraire ? », laquelle ferait intervenir le coût de découverture. Elle se recalcule enfin à chaque révision du prix, du coût ou de la récupération, et une teneur de coupure sans son jeu d'hypothèses est inexploitable.
D'où elle découle : de la valorisation du métal que chaque tonne de minerai rend effectivement, produit de la teneur, du rendement du procédé et du prix du métal fin.
- \( v \) : valeur récupérable par tonne traitée, en EUR/t
- \( t_{\text{Au}} \) : teneur du minerai, en g/t
- \( \eta \) : récupération métallurgique, sans dimension
- \( P_{\text{Au}} \) : prix de l'or fin, en EUR/g
D'où elle découle : de la différence entre la valeur du métal vendu et le coût supporté pour le produire, l'une et l'autre rapportées à la même quantité de minerai traité.
- \( M \) : marge d'opération du bloc, en EUR
- \( T \) : tonnage de minerai traité, en t
- \( v \) : valeur récupérable par tonne, en EUR/t
- \( c \) : coût d'opération par tonne, en EUR/t
D'où elle découle : de l'annulation de la marge unitaire dans l'équation précédente, résolue en teneur. C'est la teneur pour laquelle une tonne traitée rapporte exactement ce qu'elle coûte.
- \( t_c \) : teneur de coupure du traitement, en g/t
- \( c \) : coût d'opération par tonne, en EUR/t
- \( \eta \) : récupération métallurgique, sans dimension
- \( P_{\text{Au}} \) : prix de l'or fin, en EUR/g
Application numérique
- \( T = 67\,500 \text{ t} \text{ et } Q_{\text{rec}} = 155{,}25 \text{ kg} \) feuillets 2 et 3 — tonnage traité et métal vendable
- \( P_{\text{Au}} = 65 \text{ EUR/g} \) pièce nº4 — 65 000 EUR/kg d'or fin, ramenés au gramme
- \( c = 95{,}00 \text{ EUR/t} \) pièce nº4 — coût d'opération par tonne de minerai traité
- \( t_{\text{Au}} = 2{,}50 \text{ g/t} \text{ et } \eta = 0{,}920 \) pièces nº2 et nº3 — teneur du bloc et récupération métallurgique
Vous tenez la marge et la coupure. Cherchez maintenant, seul, le prix de l'or auquel la marge du bloc s'annulerait, le tonnage, la teneur, la récupération et le coût restant inchangés. C'est la question que pose tout comité avant d'engager une campagne, parce qu'elle mesure d'un seul nombre la résistance du projet à un retournement de marché. Chercher avant de lire est ce qui fixe la méthode ; lire d'abord ne fixe rien.
Comparer avec le corrigé
Ce que ce nombre dit : la marge du bloc s'annulerait à 41 304 €/kg, soit 36,5 % en dessous du prix de cadrage. C'est une marge de sécurité confortable, et c'est elle — bien plus que le montant de la marge — qui renseigne un décideur. Une remarque de méthode l'accompagne et vaut au-delà de ce cas. Le prix seuil se lit comme le coût de production du gramme d'or de ce bloc : \( 6\,412\,500 / 155\,250 = 41{,}30 \) €/g, soit 41 304 €/kg. Cette écriture est celle que l'industrie emploie couramment sous le nom de coût unitaire à l'once, et elle a un mérite décisif — elle rend le bloc comparable à n'importe quel autre gisement du monde, indépendamment de sa taille et de sa teneur. Un second enseignement porte sur ce que ce seuil ne couvre pas : il est établi sur un coût d'opération, si bien qu'un prix supérieur à 41 304 €/kg rend le traitement du bloc préférable à son abandon, sans dire pour autant que le projet rembourse son investissement. Si votre résultat diffère : une valeur de 38 000 €/kg signalerait qu'on a rapporté le coût au métal contenu et non au métal vendable — l'or resté aux résidus a coûté son traitement sans rien rapporter.
Le bloc 12B laisse 3 678 750 euros de marge d'opération, soit 54,50 euros par tonne traitée. Les deux écritures disent la même chose et la seconde est la plus utile, parce qu'elle se compare directement au coût : la tonne rapporte 149,50 € et en coûte 95,00, si bien que 36,5 % de la valeur récupérée reste après le traitement. Trois lectures méritent d'être conduites. La première porte sur la teneur de coupure, qui est le véritable produit de ce feuillet. À 1,59 g/t, elle constitue l'outil de tri de toute l'exploitation : chaque bloc du modèle sera comparé à ce seuil, et c'est lui qui décidera de la direction que prend un camion à la sortie de la fosse. Le bloc 12B, à 2,50 g/t, le dépasse d'un facteur 1,57 — il n'est donc pas marginal, et une révision modérée des hypothèses ne le ferait pas basculer. La deuxième lecture porte sur la sensibilité de cette coupure à la récupération, et elle justifie à elle seule l'insistance du feuillet 3. Calculée sur le métal contenu, c'est-à-dire en supposant une usine parfaite, la coupure tomberait à 1,46 g/t. L'écart paraît mince — treize centièmes de gramme — et il ne l'est pas : tous les blocs situés entre 1,46 et 1,59 g/t partiraient à l'usine et y perdraient de l'argent à chaque tonne. Sur un gisement entier, cette bande de teneur peut représenter une fraction considérable du tonnage, et l'erreur ne se manifesterait qu'au bilan d'exploitation, des mois plus tard. La troisième lecture porte sur la nature du solde, et c'est celle qui borne tout le reste. Ces 3,68 millions sont une marge d'opération : le coût du dossier exclut expressément l'investissement, les redevances, la fiscalité et les coûts de fermeture. Le chiffre répond donc à la question « ce bloc mérite-t-il d'être traité plutôt qu'abandonné ? » — à laquelle la réponse est oui, et nettement. Il ne répond pas à la question « ce projet est-il rentable ? », qui suppose un plan d'exploitation entier, les facteurs miniers absents du dossier, l'ensemble des facteurs de conversion de la clause 4.8 et une actualisation. Confondre les deux questions est exactement l'erreur qui a fait renvoyer la note remontée du site, et le prix seuil de 41 304 €/kg donne la mesure de ce que le calcul, lui, établit solidement.
La partie haute décompose une tonne traitée sur une échelle unique. La barre en trait fin donne ce que la tonne renferme, valeur qui n'est jamais vendable en entier ; la barre pleine, ce que l'usine en tire, et c'est la seule qui compte. Les deux barres suivantes la partagent entre le coût du traitement et la marge, dans un rapport de près de deux tiers contre un tiers. La partie basse situe la teneur du bloc par rapport aux deux teneurs de coupure : celle qu'on obtient en tenant compte de la récupération, seule juste, et celle qu'on obtiendrait en supposant une usine parfaite. Le trait vertical marque le seuil juste, et la bande qui le sépare du seuil faux est exactement la zone où un bloc paraît rentable et ne l'est pas.
PERC 2021, clause 6.1
| Forme | Ce qui est donné | Ce qui est cherché | Ce qui change dans la démarche |
|---|---|---|---|
| Directe | Un tonnage, un métal récupérable, un prix et un coût | La marge et la teneur de coupure | Aucun changement — c'est le cas traité ci-dessus. |
| Inverse | Une marge nulle et la structure de coûts | Le prix de l'or correspondant | On égale le revenu au coût et on résout en prix. Le résultat se lit comme le coût de production du gramme d'or, grandeur qui rend le bloc comparable à n'importe quel gisement du monde. Traitée juste en dessous. |
| Condition modifiée | Une redevance de 3,0 % du revenu s'ajoutant au coût | La même marge et la même coupure | La valeur récupérable nette tombe à 145,02 EUR/t, la marge à 50,02 EUR/t et la coupure monte à 1,64 g/t. L'effet paraît modeste et il ne l'est pas : une redevance assise sur le revenu est due que le bloc soit rentable ou non, et elle pèse donc le plus lourd sur les blocs les plus pauvres. |
| Données incomplètes | La récupération métallurgique n'est pas connue | La même coupure | La coupure ne peut pas être établie, et l'exploitation n'a donc aucun critère de tri. La retenir à 100 % par défaut abaisserait le seuil de 1,59 à 1,46 g/t : il faut obtenir les essais et porter la récupération aux données plutôt que de supposer une usine parfaite. |
Ce qui ne change jamais : un revenu et un coût ne se soustraient que rapportés à la même assiette — et cette assiette est celle qui figure au dénominateur de l'unité du coût. Cet invariant vaut dans tout bilan économique : minerai traité, mètre cube terrassé, mètre carré de coffrage, heure de matériel. La question à poser devant tout coût unitaire est toujours la même — par quoi se multiplie-t-il, et cette grandeur est-elle bien celle que je manipule ?
La forme inverse, traitéeÉnoncé : le contrôle de gestion demande à quel prix de l'or la marge du bloc s'annulerait, toutes les autres hypothèses restant inchangées. Traitez-la avant d'ouvrir : c'est le calcul qui mesure la résistance du bloc à un retournement de marché.
Voir la résolution de la forme inverse
Ce que la forme inverse change : elle donne au résultat une portée que le montant de la marge n'a pas. Un décideur ne retient pas 3,68 millions d'euros ; il retient que le bloc reste rentable tant que l'or vaut plus de 41 304 €/kg, c'est-à-dire tant que le cours ne perd pas 36,5 %. Deux lectures accompagnent ce nombre. La première : il s'agit du coût de production du gramme d'or de ce bloc, 41,30 €/g, et cette écriture est celle sous laquelle l'industrie compare les gisements entre eux, indépendamment de leur taille et de leur teneur. La seconde : ce seuil est établi sur un coût d'opération. Un cours supérieur rend donc le traitement du bloc préférable à son abandon, ce qui n'est pas la même chose que rembourser l'investissement de la mine — un projet peut parfaitement continuer à produire au-dessus de son coût d'opération tout en perdant de l'argent au total. Un seuil de rentabilité ne vaut que pour la décision qu'il éclaire, et celle-ci est une décision de traitement, non d'investissement.
Les deux erreurs ci-dessous portent l'une sur la masse valorisée, l'autre sur l'assiette du coût. La première majore la marge de près d'un quart ; la seconde donne pourtant le bon métal, et c'est ce qui la rend difficile à débusquer.
Trois questions, à traiter de tête et avant de cocher. Un corrigé limpide se lit d'un trait et donne l'illusion de savoir refaire : ces trois-là sont le seul moyen de le vérifier. Les trois jetons s'allument, et le feuillet reçoit son tampon.
Le feuillet établit 3 678 750 € de marge. Qu'est-ce que cela permet d'engager, et qu'est-ce que cela n'autorise pas ?
Le coût d'exploitation passe de 95,00 à 110,00 €/t, soit 15,8 % de plus. Que devient la teneur de coupure ?
Lequel de ces trois énoncés relève de la méthode ci-dessus ? Décidez avant de cocher. En examen, l'échec vient rarement du calcul : il vient de ne pas avoir reconnu de quelle question il s'agissait.
BILAN FINAL DE LA MISSION
La bande du haut suit la chaîne dans son ordre réel et met en évidence la quatrième boîte, celle du passage du métal contenu au métal vendable : c'est la seule que le calcul initial omettait, et son absence majore la marge d'un quart tout en abaissant le seuil de tri. Les trois barres du centre, tracées à la même échelle, situent la teneur du bloc par rapport au seuil retenu et à celui qu'un cours dégradé imposerait — le trait vertical marque la coupure actuelle, et l'on voit que le confort du bloc tient au prix de l'or bien plus qu'à sa richesse. La partie basse oppose en trait plein ce que l'étude établit et en trait masqué ce qu'elle ne permet pas de déclarer : quatre manques, dont trois portent sur des mots que le référentiel définit et que ce dossier ne peut pas employer.
RÉCAPITULATIF DES RÉSULTATS
| Question | Grandeur | Valeur | Ce qui la conditionne | Statut |
|---|---|---|---|---|
| Q1 | Volume du bloc de modèle | 25 000 m³ | Maille calée sur les forages et le gradin — cl. 6.11 | VÉRIFIÉ |
| Q2 | Tonnage de minerai en place | 67 500 t | Masse volumique sèche en place — ISO 80000-4, item 4-2 | DÉCLARÉ |
| Q3 | Métal contenu · métal récupérable | 168,75 kg · 155,25 kg | Récupération 92,0 % sur composite à 2,50 g/t — cl. 4.8 | DÉCLARÉ |
| Q4 | Catégorie déclarable | ressource, non réserve | Ni dilution, ni pertes, ni étude préalable — cl. 7.1 et 7.3 | DÉCLARÉ |
| Q5 | Marge d'opération · teneur de coupure | 3 678 750 EUR · 1,59 g/t | Coût d'opération seul, hors redevance et fiscalité | VÉRIFIÉ |
L'estimation du bloc 12B est achevée. Le bloc, de cinquante mètres de côté sur dix de hauteur, occupe 25 000 m³ ; sa maille est calée sur les deux contraintes réelles du problème — la maille de forage de 25 m et la hauteur du gradin d'exploitation —, si bien que sa teneur repose sur une interpolation entre neuf sondages et non sur une extrapolation. La masse volumique sèche en place de 2,70 t/m³, mesurée sur quarante-deux échantillons au prorata des deux lithologies, en tire un tonnage de 67 500 tonnes, énoncé avec son point de référence : la roche en place, sans matériau de dilution ni provision pour pertes. À 2,50 g/t, le bloc renferme 168,75 kg d'or ; le procédé, dont les essais donnent une récupération de 92,0 % sur un composite de même teneur, en tirera 155,25 kg, les 13,50 kg restants partant au parc à résidus à 0,200 g/t. Valorisé au prix de l'or fin et diminué du coût de traitement, le bloc laisse 3 678 750 euros de marge d'opération, soit 54,50 euros par tonne traitée, et la teneur de coupure du traitement s'établit à 1,59 g/t — la teneur du bloc la dépasse d'un facteur 1,57. Le dossier soutient donc la déclaration d'une ressource minérale, dont la catégorie revient à la personne compétente ; il ne soutient en aucun cas une réserve.
Ce dossier appelle une observation de méthode qui dépasse ce bloc. Les trois premières questions sont des chaînes de multiplications sans difficulté ; les deux dernières ne sont pas des calculs mais des qualifications, et c'est là que tout se joue. Trois réserves accompagnent l'avis, par ordre d'importance. La première tient à ce qu'on valorise. Le métal contenu est une grandeur géologique et n'existe nulle part sous forme vendable : le valoriser au prix de l'or fin revient à supposer une usine parfaite, majore la marge du bloc de 23,9 % et — bien plus grave — abaisse la teneur de coupure de 1,59 à 1,46 g/t. Ce déplacement de seuil ne concerne pas un bloc mais toute la mine : les blocs situés entre ces deux valeurs partiraient à l'usine y perdre de l'argent à chaque tonne, et l'erreur ne se révélerait qu'au bilan d'exploitation, des mois plus tard. La deuxième réserve tient au vocabulaire, et elle est normative. Une ressource et une réserve ne sont pas deux degrés d'une même chose : la clause 7.1 dispose qu'une réserve « includes diluting materials and allowances for losses » et qu'elle est définie par des études de niveau préfaisabilité au minimum, la clause 7.3 exigeant que ces études aient été conduites avant toute détermination. Le tonnage établi ici est un tonnage en place, et le calcul illustratif du feuillet 4 montre ce que la conversion déplacerait — 4,5 % de tonnage en plus pour 5,0 % de métal en moins, et 21,6 % de marge en moins. La clause 6.19 interdit d'ailleurs les mots « minerai » et « réserve » dans l'énoncé d'une estimation de ressources. La troisième réserve tient à ce que le dossier ne contient pas : ni dilution, ni pertes d'exploitation, ni plan minier, ni avis de personne compétente, ni fourchette sur la teneur ou sur le prix, ni redevance, ni fiscalité, ni investissement. Sur les dix familles de facteurs de conversion qu'énumère la clause 4.8, trois seulement trouvent un élément au dossier. L'avis remis à la direction conclut donc à une ressource minérale, assortie de la teneur de coupure retenue et de la liste des éléments à produire pour envisager une conversion.
On modifie une seule donnée : le prix de l'or retenu tombe de 65 000 à 45 000 € par kilogramme, soit une baisse de 30,8 %. Tout le reste est inchangé : dimensions du bloc, masse volumique, teneur, récupération et coût d'exploitation. Que deviennent la marge du bloc et la teneur de coupure, et que faut-il en conclure sur le classement du bloc ? Traitez-le avant d'ouvrir.
Voir la réponse
La valeur récupérable par tonne tombe à \( 2{,}50 \times 0{,}92 \times 45 = \) 103,50 €/t, la marge unitaire à \( 103{,}50 - 95{,}00 = \) 8,50 €/t et la marge du bloc à \( 67\,500 \times 8{,}50 = \) 573 750 €. La teneur de coupure, elle, monte à \( 95 / (0{,}92 \times 45) = \) 2,29 g/t. Le tonnage, le métal contenu et le métal récupérable, eux, ne bougent pas d'un gramme : ce sont des grandeurs physiques, indifférentes au cours de l'or.
Ce que cela enseigne d'abord : la marge d'un bloc est bien plus volatile que le prix qui la produit. Une baisse de 30,8 % du cours ampute la marge de 84,4 %, parce que le coût, lui, ne baisse pas d'un centime. C'est l'effet de levier des coûts fixes, et il joue dans les deux sens : c'est aussi lui qui rend les exploitations minières si profitables en haut de cycle. Le second enseignement porte sur le seuil de tri. La coupure passant de 1,59 à 2,29 g/t, le bloc ne la dépasse plus que de 9,0 % au lieu de 57 %. Il cesse donc d'être confortable pour devenir marginal — et un bloc marginal n'appelle pas la même conduite : sa décision de traitement doit être reprise à chaque révision du plan minier, et la précision de son estimation de teneur devient déterminante alors qu'elle ne l'était pas.
Ce que cela enseigne enfin, et qui importe davantage : le classement lui-même peut basculer. La clause 6.1 subordonne l'existence d'une ressource à des « perspectives raisonnables d'extraction économique éventuelle », et cette condition s'apprécie au prix retenu. Un bloc qui ne dépasse plus le seuil que de neuf pour cent la vérifie encore, mais de peu ; les blocs du gisement situés entre 1,59 et 2,29 g/t, eux, ne la vérifient plus du tout et sortiraient de la ressource déclarée. Une réserve subirait le même sort et redeviendrait ressource. Ni les ressources ni les réserves ne sont acquises une fois pour toutes : elles sont définies par des hypothèses économiques, et elles se révisent quand ces hypothèses changent, sans qu'une seule tonne de roche n'ait bougé.
Contrôle de mémoire
Trois questions à traiter sans remonter dans le document. Répondre de mémoire d'abord, ouvrir ensuite. L'écart entre les deux est la seule mesure honnête de ce qui est acquis.
1. Qu'est-ce qui sépare une ressource minérale d'une réserve minérale, et pourquoi une marge positive ne suffit-elle pas à passer de l'une à l'autre ?
Les deux ne sont pas deux degrés d'une même chose : ce sont deux objets de nature différente. Une ressource est un objet géologique — une concentration en place, dont on estime la quantité, la teneur, les masses volumiques et la forme, et pour laquelle il existe des « perspectives raisonnables d'extraction économique éventuelle » au sens de la clause 6.1. Une réserve est un objet d'ingénieur : la part de cette ressource dont une étude a démontré qu'elle peut être extraite, après application de tous les facteurs de conversion que la clause 4.8 énumère — miniers, de traitement, métallurgiques, d'infrastructure, économiques, de commercialisation, juridiques, environnementaux, sociaux et gouvernementaux.
Une marge positive ne suffit donc pas, et trois clauses le disent chacune à sa façon. La clause 7.1 précise qu'une réserve « includes diluting materials and allowances for losses » : un tonnage déclaré en place, comme les 67 500 t de ce dossier, ne peut structurellement pas être un tonnage de réserve. La clause 7.3 exige qu'une étude de niveau préfaisabilité ou faisabilité ait été conduite avant la détermination — un calcul de marge sur un bloc n'en est pas une. La clause 7.2 exige enfin l'application de tous les facteurs de conversion et l'opinion de la personne compétente. Un contrôle simple résume tout cela : si le tonnage de la prétendue réserve est identique à celui de la ressource, aucun facteur minier n'a été appliqué, et la conversion n'a pas eu lieu.
2. Pourquoi le prix de l'or ne peut-il pas s'appliquer au métal contenu, et que coûte cette confusion au-delà du bloc étudié ?
Parce qu'un prix de marché s'applique à un produit vendable, et que l'or disséminé dans une roche n'en est pas un. Ce qui se vend est de l'or fin, obtenu après extraction, broyage, lixiviation et affinage, et chacune de ces étapes laisse une part du métal derrière elle. Le rendement global de la chaîne est ce que les essais métallurgiques mesurent — 92,0 % ici —, et les 8,0 % qu'il laisse échapper partent au parc à résidus, physiquement présents et économiquement perdus. Le référentiel range cette récupération parmi les facteurs de conversion de la clause 4.8, au même titre que la dilution ou la fiscalité : ce n'est pas une option de calcul.
Sur le bloc, la confusion majore le revenu de 8,7 % et la marge de 23,9 %. Mais son effet le plus lourd est ailleurs, et il porte sur toute la mine : elle abaisse la teneur de coupure de 1,59 à 1,46 g/t. Tous les blocs du modèle situés entre ces deux valeurs seraient alors envoyés à l'usine, où chaque tonne traitée coûterait plus qu'elle ne rapporterait. Sur un gisement entier, cette bande de teneur peut représenter une fraction considérable du tonnage, et rien ne signalerait l'erreur avant le bilan d'exploitation. Une teneur de coupure fausse ne se trompe pas une fois : elle se trompe à chaque camion.
3. La marge du bloc s'établit à 3 678 750 €. Qu'est-ce que ce nombre établit exactement, et que faut-il se garder d'en conclure ?
Il établit que le bloc mérite d'être traité plutôt qu'abandonné, et il le fait solidement : sa teneur dépasse la coupure d'un facteur 1,57, et la marge ne s'annulerait que pour un cours de l'or inférieur de 36,5 % au prix de cadrage. C'est cette dernière valeur — 41 304 €/kg, soit un coût de production de 41,30 € le gramme — qui renseigne le mieux un décideur, parce qu'elle rend le bloc comparable à n'importe quel gisement du monde, indépendamment de sa taille et de sa teneur.
Trois conclusions doivent être écartées. La première est celle de la rentabilité du projet : le coût employé est un coût d'opération, à l'exclusion de l'investissement, des redevances, de la fiscalité et des coûts de fermeture. Le solde est une marge d'opération, et un projet peut parfaitement produire au-dessus de son coût d'opération tout en perdant de l'argent au total. La deuxième est celle de la conversion en réserve : la clause 7.2 exige l'application de tous les facteurs de conversion, et la clause 7.3 une étude préalable. La troisième est celle de l'extrapolation au gisement : ce calcul porte sur un bloc isolé, alors que la condition de perspectives raisonnables d'extraction économique posée par la clause 6.1 s'apprécie sur un domaine minéralisé entier. Un bloc rentable pris dans un ensemble qui ne l'est pas ne fonde aucune perspective — et c'est le plan minier, absent de ce dossier, qui seul permettrait d'en juger.






