Solive de plancher 75 × 225 en C24 : le terme oublié de la flèche finale
Descente de charges, flexion, flèche nette finale et compression transversale sur appui — EN 1995-1-1 § 2.2.3, § 6.1.5 et § 7.2
Contexte de l'Étude & Enjeux
Le Contexte : Une solive de plancher ne casse presque jamais. Elle fléchit, elle vibre, elle écrase le bois de la lisse sur laquelle elle repose — et c'est par là qu'elle devient inacceptable bien avant d'être dangereuse. Cet exercice vérifie une solive 75 × 225 mm en C24, portée 4,00 m, entraxe 400 mm, sous un plancher d'habitation. La section est imposée : il s'agit de la vérifier, pas de la chercher. Deux points y sont systématiquement traités trop vite : le poids propre de la solive, qu'on oublie de rajouter aux charges permanentes, et le terme de fluage de la charge d'exploitation, qu'on supprime purement et simplement de la flèche finale.
Pour avancer sereinement, voici les éléments fondamentaux que vous devez avoir à l'esprit. Gardez un œil attentif sur ces critères déterminants :
-
Enjeu Principal : Une solive en bois massif C24, section 75 × 225 mm, portée 4,00 m sur deux appuis simples, entraxe 400 mm, sous un plancher d'habitation.
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Environnement : Classe de service 1, logement chauffé. La charge d'exploitation de catégorie A est de moyen terme : \( k_{\text{mod}} = 0{,}80 \) et \( k_{\text{def}} = 0{,}60 \).
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L'objectif final : Vérifier la solive en flexion, en flèche nette finale et en compression transversale sur son appui — cette dernière étant absente de la note reprise.
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L'astuce de l'ingénieur : Le fluage ne touche pas que le permanent. Une part de la charge d'exploitation reste en place assez longtemps pour faire fluer le bois : c'est ce que traduit le coefficient \( \psi_{2} \).
Vous êtes ingénieur structure et vous reprenez la note de calculs d'un plancher déjà commandé. Votre travail consiste à refaire les vérifications avec la formulation complète de la norme, à mesurer l'écart, et à dire dans quelles conditions cette solive cesserait de convenir.
- Le grand défi : La flèche nette finale. La note reprise en a supprimé le terme de fluage de l'exploitation, et a comparé le résultat au critère le plus permissif du tableau 7.2.
- Votre rôle : Produire une note traçable : la descente de charges complète, le taux de flexion, les deux flèches, la vérification d'appui, et un avis conditionnel précisant le domaine de validité de la conclusion.
- Livrable 1 — la résistance : la descente de charges complète, poids propre de la solive compris, le moment de calcul, la contrainte de flexion et le taux de travail à l'état limite ultime.
- Livrable 2 — le service : la flèche instantanée, la flèche nette finale avec ses deux termes de fluage, les taux vis-à-vis des critères, la vérification en compression transversale sur appui, et le domaine de validité de la conclusion.
Le calcul est mené selon la NF EN 1995-1-1 avec les valeurs de l'annexe nationale française, les caractéristiques du C24 provenant de la NF EN 338 et les coefficients de combinaison de l'EN 1990. Trois points appellent une vigilance particulière : le poids propre de la solive, qui n'est pas compris dans la charge permanente annoncée ; l'expression complète de la flèche nette finale, qui comporte un terme de fluage sur la charge d'exploitation ; et le critère de flèche retenu, qui dépend de la nature des cloisons portées.
Formulaire & Aide-Mémoire (À consulter en cas de besoin)
Retrouvez ici les formules principales pour cet exercice. Ne les apprenez pas par cœur, comprenez comment les appliquer !
- Charge linéique reprise par une solive \( q = p \times e \)
- Combinaison fondamentale ELU — EN 1990 (6.10) \( q_{\text{Ed}} = 1{,}35\,q_{\text{G}} + 1{,}50\,q_{\text{Q}} \)
- Moment maximal, charge répartie sur deux appuis \( M_{\text{Ed}} = \dfrac{q_{\text{Ed}}\,L^{2}}{8} \)
- Contrainte de flexion et module de flexion \( \sigma_{m,\text{d}} = \dfrac{M_{\text{Ed}}}{W_{y}} \) · \( W_{y} = \dfrac{b\,h^{2}}{6} \)
- Résistance de calcul en flexion — § 2.4.1 \( f_{m,\text{d}} = \dfrac{k_{\text{mod}}\,f_{m,\text{k}}}{\gamma_{\text{M}}} \)
- Flèche d'une poutre sur deux appuis \( w = \dfrac{5\,q\,L^{4}}{384\,E_{0,\text{mean}}\,I_{y}} \)
- Flèche nette finale — § 2.2.3(5) \( w_{\text{net,fin}} = w_{\text{G}}(1 + k_{\text{def}}) + w_{\text{Q}}(1 + \psi_{2}k_{\text{def}}) \)
- Compression transversale sur appui — § 6.1.5 \( \sigma_{c,90,\text{d}} \le k_{c,90}\,f_{c,90,\text{d}} \)
PROPRIÉTÉS DU SYSTÈME / DES MATÉRIAUX
| Symbole | Description | Valeur | Unité |
|---|---|---|---|
| \( b \times h \) | Section de la solive, imposée par le projet | 75 × 225 | mm |
| \( L \) | Portée entre nus d'appuis, deux appuis simples | 4 000 | mm |
| \( e \) | Entraxe des solives — c'est la largeur d'influence de chacune | 400 | mm |
| \( f_{m,\text{k}} \) | Résistance caractéristique en flexion du C24 NF EN 338 | 24 | N/mm² |
| \( E_{0,\text{mean}} \) | Module axial moyen du C24 — c'est bien lui qu'on emploie pour les flèches NF EN 338 | 11 000 | N/mm² |
| \( f_{c,90,\text{k}} \) | Résistance caractéristique en compression perpendiculaire au fil NF EN 338 | 2,5 | N/mm² |
| \( \rho_{\text{mean}} \) | Masse volumique moyenne du C24 — sert au poids propre NF EN 338 | 420 | kg/m³ |
| \( \gamma_{\text{M}} \) | Coefficient partiel du bois massif EN 1995-1-1 - Tableau 2.3 | 1,30 | — |
| \( k_{\text{mod}} \) et \( k_{\text{def}} \) | Classe de service 1, charge de moyen terme EN 1995-1-1 - Tableaux 3.1 et 3.2 | 0,80 et 0,60 | — |
- La charge : \( G_{\text{k}} \text{ est annonce } \textbf{hors} \text{ poids propre des solives} \)
- Le fluage : \( w_{\text{Q}} \text{ est majore de } (1 + \psi_{2}k_{\text{def}}) \text{, pas laisse tel quel} \)
- Le critere : \( \text{il porte sur } w_{\text{net,fin}} \text{ et depend de la nature des cloisons} \)
CONTRAINTES, SOLLICITATIONS ET ACTIONS
| Symbole | Description | Valeur | Unité |
|---|---|---|---|
| \( G_{\text{k}} \) | Charges permanentes du plancher — panneau, isolant, revêtement, hors poids propre des solives | 1,2 | kN/m² |
| \( Q_{\text{k}} \) | Charge d'exploitation, catégorie A — logement EN 1991-1-1 - Tableau 6.2 | 2,0 | kN/m² |
| \( \psi_{2} \) | Coefficient quasi-permanent de la catégorie A — part de la charge qui reste en place et fait fluer EN 1990 - Tableau A1.1 | 0,3 | — |
| \( \ell \) | Longueur d'appui de la solive sur la lisse | 45 | mm |
| Cloisons | Le plancher porte des cloisons non fragiles — hypothèse à confirmer auprès du maître d'ouvrage | Non fragiles | — |
- Vibrations : \( \S\,7.3.3 \text{ — frequence propre et raideur ponctuelle du plancher} \)
- Cisaillement : \( \S\,6.1.7 \text{ — avec le coefficient de fissuration } k_{\text{cr}} \)
- Deversement : \( \S\,6.3.3 \text{ — empeche ici par le panneau cloue sur les solives} \)
Extraits de Normes & Abaques (Documents Annexes)
Servez-vous des documents ci-dessous pour extraire les coefficients nécessaires à votre résolution.
Extrait de la NF EN 338 — résineux de structure| Grandeur | C18 | C24 | C30 |
|---|---|---|---|
| Flexion \( f_{m,\text{k}} \) | 18 | 24 | 30 |
| Module moyen \( E_{0,\text{mean}} \) | 9 000 | 11 000 | 12 000 |
| Compression transversale \( f_{c,90,\text{k}} \) | 2,2 | 2,5 | 2,7 |
| Masse volumique moyenne \( \rho_{\text{mean}} \) | 380 | 420 | 460 |
Les résistances et modules sont en N/mm². Le point remarquable de ce tableau est l'écart entre les colonnes : passer du C24 au C30 gagne 25 % de résistance en flexion mais seulement 9 % de rigidité. Dès qu'un plancher est gouverné par la flèche — ce qui est le cas général — monter en classe de bois n'apporte donc presque rien. La compression transversale, elle, ne varie que de 8 % : c'est une propriété du bois perpendiculairement au fil, quasi indépendante du classement mécanique.
| Flèche | Poutre sur deux appuis | Retenu ici |
|---|---|---|
| \( w_{\text{inst}} \) — instantanée | L/300 à L/500 | L/300 |
| \( w_{\text{net,fin}} \) — nette finale | L/250 à L/350 | L/300 |
| \( w_{\text{net,fin}} \) — cloisons fragiles | jusqu'à L/500 | à confirmer |
Le tableau 7.2 donne des plages, non des valeurs : le choix relève de l'annexe nationale et du cahier des charges. Retenir systématiquement la borne la plus permissive — L/250 sur la flèche nette finale — est un choix qu'il faut au minimum énoncer, et qui devient indéfendable dès que le plancher porte des cloisons fragiles ou un carrelage collé. Sur cet exercice, l'écart entre L/250 et L/500 fait passer le taux de travail de 58 à 97 %.
| Action | \( \psi_{0} \) | \( \psi_{1} \) | \( \psi_{2} \) |
|---|---|---|---|
| Catégorie A — habitation | 0,7 | 0,5 | 0,3 |
| Catégorie C — réunion | 0,7 | 0,7 | 0,6 |
| Catégorie E — stockage | 1,0 | 0,9 | 0,8 |
Le coefficient \( \psi_{2} \) mesure la part de la charge d'exploitation qui reste en place assez longtemps pour faire fluer le bois. En logement, on estime que 30 % du mobilier ne bouge jamais : c'est cette fraction qui participe au fluage. En zone de stockage, la proportion monte à 80 %, et le terme de fluage de l'exploitation devient prépondérant. Le supprimer purement et simplement, comme le fait la note reprise, revient à supposer que le mobilier d'un logement est intégralement déplacé en permanence.
- La flèche : critère dimensionnant dans la quasi-totalité des cas, parce qu'elle varie en \( L^{4} \) quand le moment varie en \( L^{2} \)
- Les vibrations : critère de confort qui devient sensible au-delà de 4,50 m de portée
- La compression transversale : souvent oubliée, elle décide de la longueur d'appui et de la nature de la lisse
- La flexion : rarement dimensionnante pour un plancher courant, mais toujours à écrire
Une note de plancher qui ne vérifie que la flexion et la flèche laisse deux critères de côté. L'un, la vibration, relève du confort ; l'autre, la compression transversale, relève de la tenue de l'ouvrage — un appui insuffisant fait s'enfoncer la solive dans sa lisse, et le plancher s'affaisse sans que la solive elle-même n'ait souffert.
Les clauses et formules employées ici proviennent de la documentation officielle de la Commission européenne sur l'EN 1995-1-1. Les valeurs tabulées suivantes sont rattachées à la norme et, le cas échéant, au paramètre national qui les fixe :
- \( f_{m,\text{k}} = 24 \), \( E_{0,\text{mean}} = 11\,000 \), \( f_{c,90,\text{k}} = 2{,}5 \) N/mm² et \( \rho_{\text{mean}} = 420 \) kg/m³ pour le C24 — NF EN 338
- \( k_{\text{mod}} = 0{,}80 \) et \( k_{\text{def}} = 0{,}60 \) — tableaux 3.1 et 3.2, classe de service 1, moyen terme
- \( \psi_{2} = 0{,}3 \) pour la catégorie A — EN 1990, tableau A1.1 et annexe nationale
- \( k_{c,90} = 1{,}25 \) pour une solive sur appui continu — § 6.1.5(4)
- Les limites de flèche retenues, L/300 sur \( w_{\text{inst}} \) et sur \( w_{\text{net,fin}} \) — tableau 7.2 et annexe nationale
3. Méthodologie de Résolution & Travail Demandé
Afin d'assurer un dimensionnement sécuritaire et conforme aux standards, nous procédons selon les étapes méthodiques détaillées ci-dessous.
Question 1 : Descente de charges et charge linéique de calcul
- calculer le poids propre de la solive et l'exprimer en charge surfacique équivalente ;
- établir les deux charges linéiques de service \( q_{\text{G}} \) et \( q_{\text{Q}} \), gardées séparées ;
- appliquer la combinaison fondamentale de l'EN 1990 pour obtenir \( q_{\text{Ed}} \).
Besoin d'un indice ? (Niveau 1)
Chaque solive reprend une bande de plancher large d'un entraxe : jusqu'à mi-chemin de sa voisine de gauche et de sa voisine de droite. Son poids propre, lui, se calcule à partir de l'aire de sa section et de la masse volumique moyenne du bois — et non de la masse volumique caractéristique.
Toujours bloqué ? (Indice Niveau 2)
Le poids propre vaut 0,070 kN/m, soit 0,174 kN/m² ramené à l'entraxe. La charge permanente passe donc de 1,2 à 1,374 kN/m², et \( q_{\text{Ed}} = \) 1,942 kN/m au lieu des 1,848 de la note reprise.
Question 2 : Vérification de la résistance en flexion
- calculer le moment fléchissant maximal à mi-portée ;
- en déduire la contrainte de flexion dans les fibres extrêmes ;
- établir la résistance de calcul et conclure sur le taux de travail.
Besoin d'un indice ? (Niveau 1)
La contrainte de flexion se calcule avec le module de flexion \( W_{y} = bh^{2}/6 \), qui varie en \( h^{2} \) — à ne pas confondre avec le moment quadratique \( I_{y} = bh^{3}/12 \), qui varie en \( h^{3} \) et sert aux flèches.
Toujours bloqué ? (Indice Niveau 2)
\( M_{\text{Ed}} = 3{,}88 \) kN·m et \( W_{y} = 632\,813 \) mm³, d'où \( \sigma_{m,\text{d}} = \) 6,14 N/mm² pour une résistance de calcul de 14,77. Le taux atteint 42 %.
Question 3 : Flèche instantanée et flèche nette finale
- calculer le moment quadratique puis les deux flèches instantanées, séparément ;
- en déduire la flèche instantanée totale ;
- calculer la flèche nette finale en appliquant à chaque terme son propre coefficient de fluage.
Besoin d'un indice ? (Niveau 1)
Le fluage ne touche pas seulement les charges permanentes. Une fraction de la charge d'exploitation reste en place assez longtemps pour faire fluer le bois, et c'est le coefficient \( \psi_{2} \) qui la quantifie. Le supprimer revient à supposer qu'un logement est vidé de son mobilier en permanence.
Toujours bloqué ? (Indice Niveau 2)
\( w_{\text{inst,G}} = 2{,}34 \) mm et \( w_{\text{inst,Q}} = 3{,}41 \) mm, d'où \( w_{\text{inst}} = \) 5,74 mm. La flèche nette finale vaut \( 2{,}34 \times 1{,}60 + 3{,}41 \times 1{,}18 = \) 7,76 mm, contre 6,69 dans la note reprise.
Question 4 (Finale) : Critères de service et vérification d'appui
Besoin d'un indice ? (Niveau 1)
La compression transversale se vérifie sur une aire efficace, plus grande que l'aire d'appui réelle : la norme autorise à étendre l'appui de 30 mm au-delà de la lisse, parce que les fibres voisines participent à la reprise de l'effort.
Toujours bloqué ? (Indice Niveau 2)
Les taux valent 43 % en flèche instantanée et 58 % en flèche nette finale, pour un critère L/300 de 13,33 mm. La compression transversale donne 36 %. Mais en classe de service 2 avec cloisons fragiles, le taux atteint 105 % et la solive est refusée.
Solive de plancher 75 × 225 en C24 : le terme oublié de la flèche finale
"Le tableau de données est explicite : la charge permanente de 1,2 kN/m² couvre le panneau, l'isolant et le revêtement, hors poids propre des solives. La note que je reprends l'a lu en diagonale et s'est arrêtée à 1,2. Ce n'est pas négligeable : une solive 75 × 225 tous les 40 cm pèse à elle seule 0,174 kN/m², soit près de 15 % de la charge permanente annoncée. Je vais aussi garder \( q_{\text{G}} \) et \( q_{\text{Q}} \) séparées jusqu'au bout : je sais qu'à la question 3 il me faudra les traiter différemment vis-à-vis du fluage, et les avoir sommées trop tôt m'obligerait à revenir en arrière."
- Observation : L'entraxe de 400 mm est la largeur d'influence de chaque solive : jusqu'à mi-chemin de chacune de ses voisines.
- Analyse du risque : Le poids propre d'une solive est faible en valeur absolue mais représente 14,5 % de la charge permanente ici, parce que l'entraxe est serré.
- Choix stratégique : Je garde le permanent et l'exploitation séparés dès la première ligne, et jusqu'à la dernière.
- Alternative : Si la section était cherchée et non imposée, il faudrait itérer : le poids propre dépend de la section, qui dépend de la charge.
- Objectif visé : Sortir avec une charge de calcul à l'ELU et deux charges de service prêtes pour les flèches.
Voir uniquement le résultat final (Auto-évaluation)
Une descente de charges est une suite de transferts : du plancher vers la solive, de la solive vers la poutre, de la poutre vers le poteau. Chaque transfert change l'unité.
Deux relations élémentaires — mais dont l'ordre et le contenu font toute la rigueur d'une descente de charges.
Charge linéique reprise par une solive :Le passage du plancher à la poutre.
Parce qu'un plancher se comporte comme une suite de petites dalles portant d'une solive à l'autre. Chacune se partage également entre ses deux appuis, et une solive reçoit donc une demi-travée de chaque côté — soit exactement un entraxe. Le raisonnement suppose que les solives sont régulièrement espacées et de même rigidité, ce qui est le cas d'un plancher courant.
- \( q \) : charge linéique reprise par une solive, unité : kN/m
- \( p \) : charge surfacique du plancher, unité : kN/m²
- \( e = 0{,}40 \) : entraxe, converti en mètres, unité : m
- \( \rho_{\text{mean}} = 420 \) : masse volumique moyenne du C24, unité : kg/m³
- \( b\,h \) : aire de la section de la solive, unité : m²
La pondération des actions à l'état limite ultime.
Parce que les deux familles d'actions ne sont pas connues avec la même précision. Le poids d'un plancher se mesure au décimètre près et ne change pas ; la charge d'exploitation, elle, dépend de ce que les occupants poseront sur le sol pendant cinquante ans. Le coefficient 1,50 couvre cette incertitude bien plus large que le 1,35 du permanent. Les deux valeurs sortent d'une calibration probabiliste, pas d'une convention arbitraire.
- \( q_{\text{Ed}} \) : charge linéique de calcul à l'ELU, unité : kN/m
- \( q_{\text{G}} \) : charge permanente linéique, poids propre compris, unité : kN/m
- \( q_{\text{Q}} \) : charge d'exploitation linéique, unité : kN/m
- 1,35 : coefficient partiel du permanent défavorable, unité : —
- 1,50 : coefficient partiel de l'exploitation, unité : —
"Beaucoup d'étudiants font l'erreur d'oublier le poids propre de la solive, en supposant qu'il est compris dans la charge annoncée..."
- L'erreur : Retenir \( G = 1{,}2 \) kN/m². La charge de calcul tombe à 1,848 kN/m au lieu de 1,942, soit 5 % de moins.
- La bonne méthode : Lire la définition de la charge permanente avant de l'employer, et calculer le poids propre à part si elle ne le comprend pas.
- L'astuce de pro : L'ordre de grandeur se retient : une solive de bois pèse environ 0,17 kN/m² à entraxe 400, et deux fois moins à entraxe 800.
- Le moyen mnémotechnique : « La poutre porte aussi la poutre ».
- L'impact direct : Sur la flèche nette finale, l'oubli du poids propre représente 0,47 mm — et le fluage l'amplifie, puisque cette charge est permanente.
Exécution de la Note de Calculs
- \( e \) : converti de 400 mm en 0,40 m
- \( b \times h \) : converti en m² , soit 0,016875
- \( \rho_{\text{mean}} \times g \) : donne un poids volumique en kN/m³
- kN/m² × m : donne bien des kN/m
- \( q_{\text{Ed}} \) : en kN/m , à passer en N/mm pour les flèches
Le piège dimensionnel de cette question est l'entraxe : donné en millimètres, employé en mètres. Multiplier 3,2 kN/m² par 400 donnerait 1 280 kN/m, soit le poids d'un immeuble sur une solive — l'erreur se voit. Le second piège est plus discret : le passage de la masse volumique au poids volumique exige l'accélération de la pesanteur, et un poids volumique de bois se situe autour de 4 kN/m³.
1. Résolution Numérique Poids propre de la solivePourquoi fait-on ce calcul ? Parce que la charge permanente annoncée ne le comprend pas, et qu'il pèse ici 15 % de celle-ci.
Aire de la section multipliée par le poids volumique du bois, puis ramenée à l'entraxe.
- Substitution : \( 0{,}075 \times 0{,}225 = 0{,}016875 \) m², multipliés par \( 420 \times 9{,}81 = 4{,}12 \) kN/m³.
- Piège évité : Employer \( \rho_{\text{mean}} \) et non \( \rho_{\text{k}} \). Pour un poids propre, on cherche la valeur probable, pas un fractile bas.
- Hypothèse validée : Le panneau de plancher et l'isolant sont déjà comptés dans les 1,2 kN/m² : seule l'ossature manque.
- Vérification croisée : 0,070 kN/m sur 4 m fait 0,28 kN par solive, soit 28 kg : c'est bien l'ordre de grandeur d'un madrier de 4 mètres.
- Finalité : Compléter la charge permanente avant toute combinaison.
0,174 kN/m² : petit en valeur absolue, mais pas en proportion.
- Ordre de grandeur : 14,5 % de la charge permanente annoncée. L'oublier n'est pas une approximation, c'est une omission.
- Impact sur la suite : La charge permanente passe à 1,374 kN/m², et cette part entière subira le fluage à la question 3.
- Cohérence : C'est l'équivalent d'une chape de 8 mm d'épaisseur répartie sur tout le plancher — une comparaison qui rend le chiffre tangible.
- Attention : La proportion dépend de l'entraxe. À 800 mm, elle tomberait à 0,087 kN/m², soit 7 % seulement.
- Comparaison : Une poutre en béton armé de même portée pèserait environ six fois plus, et son poids propre dominerait la charge permanente.
Remarque pédagogique : Faites toujours lire la définition d'une charge avant sa valeur. « 1,2 kN/m² » ne veut rien dire tant qu'on ne sait pas ce que le chiffre recouvre : avec ou sans ossature, avec ou sans cloisons de distribution, avec ou sans chape. C'est en lisant la colonne « description » plutôt que la colonne « valeur » qu'on évite la moitié des erreurs de descente de charges.
Charge permanente linéiquePourquoi fait-on ce calcul ? Parce que c'est la charge qui subira le fluage complet à la question 3.
Charge permanente complétée, multipliée par la largeur d'influence.
- Substitution : \( 1{,}2 + 0{,}174 = 1{,}374 \) kN/m², multipliés par \( e = 0{,}40 \) m.
- Piège évité : Ne pas sommer avec l'exploitation. Les deux charges suivront des chemins différents aux états limites de service.
- Hypothèse validée : Charge uniformément répartie sur toute la portée, ce que garantit un plancher courant sans charge concentrée.
- Vérification croisée : 0,550 kN/m sur 4 m représente 2,20 kN par solive, soit 224 kg — cohérent pour 1,6 m² de plancher.
- Finalité : Alimenter la combinaison ELU et, séparément, le calcul de flèche.
0,550 kN/m de permanent, contre 0,800 kN/m d'exploitation.
- Ordre de grandeur : L'exploitation dépasse le permanent de 45 %. C'est caractéristique d'une construction légère.
- Impact sur la suite : Comme le fluage frappe surtout le permanent, cette répartition limite la flèche à long terme.
- Cohérence : En béton, le rapport serait inversé : le permanent y dépasse largement l'exploitation, et le fluage y devient prépondérant.
- Attention : Sans le poids propre, ce terme serait de 0,480 kN/m : l'écart de 0,070 kN/m paraît dérisoire mais se propage jusqu'au bout.
- Comparaison : En catégorie C — salle de réunion à 4 kN/m² — l'exploitation linéique atteindrait 1,60 kN/m, soit le triple du permanent.
Remarque pédagogique : Faites tenir un tableau à deux colonnes — permanent, exploitation — depuis la première ligne de la note jusqu'à la dernière. La tentation de sommer tout de suite est forte, parce que l'ELU ne demande qu'un nombre ; mais les états limites de service en réclameront deux, chacun avec son propre traitement du fluage. Une note bien tenue ne revient jamais en arrière.
Charge linéique de calcul à l'ELUPourquoi fait-on ce calcul ? Parce que c'est la charge qui servira à toutes les vérifications de résistance.
Application de la combinaison fondamentale (6.10) aux deux charges linéiques.
- Substitution : \( q_{\text{G}} = 0{,}550 \) kN/m et \( q_{\text{Q}} = 2{,}0 \times 0{,}40 = 0{,}800 \) kN/m.
- Piège évité : Ne pas appliquer 1,35 à l'ensemble. Chaque famille d'actions a son coefficient partiel.
- Hypothèse validée : Une seule action variable : aucun coefficient \( \psi_{0} \) n'intervient dans cette combinaison.
- Vérification croisée : Le rapport à la charge de service, \( 1{,}942/1{,}350 = 1{,}44 \), tombe bien entre 1,35 et 1,50.
- Finalité : Fournir l'entrée du calcul de moment de la question 2.
1,942 kN/m, contre 1,848 dans la note reprise : 5 % d'écart.
- Ordre de grandeur : Près de 200 kg par mètre de solive. La quasi-totalité de l'écart vient du poids propre oublié.
- Impact sur la suite : Le moment et la contrainte augmenteront dans la même proportion, le taux de flexion passant de 40 à 42 %.
- Cohérence : L'exploitation pèse 62 % de la charge de calcul, contre 38 % pour le permanent : le coefficient 1,50 amplifie encore l'écart de départ.
- Attention : Cette charge est pondérée : elle ne doit jamais servir à un calcul de flèche, qui emploie les charges de service.
- Comparaison : À entraxe 600 mm, elle atteindrait 2,91 kN/m, et le taux de flexion 62 %.
Remarque pédagogique : Faites contrôler le rapport entre charge pondérée et charge de service : il doit toujours tomber entre 1,35 et 1,50, plus près de 1,50 quand l'exploitation domine. Ce contrôle de dix secondes attrape à la fois les coefficients inversés, les termes oubliés et les erreurs de somme. Un ingénieur expérimenté le fait sans y penser, et c'est une habitude qui s'acquiert très tôt.
"Sur cette question, la note que je reprends est méthodologiquement juste : bonne formule, bon coefficient de durée — moyen terme pour une charge d'exploitation de logement — et bon coefficient partiel. Elle trouve 40 % ; avec le poids propre rétabli, je trouverai 42 %. L'écart est mince et la conclusion inchangée. Mais je vais quand même écrire cette question en entier, parce qu'elle donne le repère qui compte : un plancher bois travaille en flexion à moins de la moitié de sa capacité. Ce n'est jamais la flexion qui décide, et c'est précisément ce qui rend les questions suivantes indispensables."
- Observation : La hauteur de 225 mm dépasse le seuil de 150 mm : le coefficient d'échelle \( k_{\text{h}} \) vaut 1 et n'apporte rien.
- Analyse du risque : La charge d'exploitation de logement est classée moyen terme, ce qui donne \( k_{\text{mod}} = 0{,}80 \). C'est bien la plus courte durée de la combinaison qui gouverne.
- Choix stratégique : Je passe par le module de flexion plutôt que par le moment quadratique : c'est la voie directe pour une contrainte.
- Alternative : Le déversement est empêché par le panneau cloué sur les solives : aucun coefficient \( k_{\text{crit}} \) n'intervient.
- Objectif visé : Établir le taux de flexion et montrer qu'il laisse une marge considérable.
Voir uniquement le résultat final (Auto-évaluation)
Le mécanisme est le plus classique de la résistance des matériaux — mais les coefficients qui l'accompagnent sont propres au bois.
Trois relations enchaînées : la sollicitation, la contrainte, puis la capacité.
Moment fléchissant maximal — charge répartie sur deux appuis :La sollicitation dimensionnante, à mi-portée.
Parce qu'une poutre sur deux appuis simples sous charge uniforme prend une déformée parabolique, et que le moment suit la même parabole : nul aux appuis, maximal au milieu. Le facteur 8 vient de l'intégration : chaque appui reprend \( qL/2 \), et le moment à mi-portée est la différence entre le moment de la réaction et celui de la demi-charge. C'est la formule la plus utilisée de toute la résistance des matériaux.
- \( M_{\text{Ed}} \) : moment fléchissant de calcul à mi-portée, unité : kN·m
- \( q_{\text{Ed}} = 1{,}942 \) : charge linéique pondérée de la question 1, unité : kN/m
- \( L = 4{,}00 \) : portée entre nus d'appuis, unité : m
- Facteur 8 : propre aux deux appuis simples ; il vaudrait 2 pour une console, unité : —
- Position : à mi-portée, là où l'effort tranchant s'annule, unité : —
La traduction du moment en contrainte.
Parce que sous flexion, les fibres du haut se raccourcissent et celles du bas s'allongent, avec une variation linéaire entre les deux. Les fibres les plus éloignées de l'axe neutre travaillent le plus, et ce sont elles qui décident. Le module de flexion \( W_{y} = bh^{2}/6 \) condense toute cette géométrie : c'est le rapport du moment quadratique à la demi-hauteur, autrement dit ce qu'il faut pour convertir un moment en contrainte de fibre extrême.
- \( \sigma_{m,\text{d}} \) : contrainte de flexion de calcul, unité : N/mm²
- \( W_{y} \) : module de flexion de la section, unité : mm³
- \( b = 75 \) : largeur de la solive, unité : mm
- \( h = 225 \) : hauteur de la solive, au carré, unité : mm
- Conversion : le moment doit passer en N·mm, soit ×10⁶ depuis les kN·m, unité : —
La capacité opposable à la contrainte.
Parce que la valeur caractéristique du C24 est mesurée en laboratoire, en quelques minutes, sur éprouvette conditionnée. Un plancher porte pendant cinquante ans dans une ambiance variable. Le coefficient de durée corrige le temps et l'humidité, le coefficient partiel couvre la dispersion du matériau et du modèle. Le classement en moyen terme vient de ce que la charge d'exploitation d'un logement est présente de façon durable mais non permanente.
- \( f_{m,\text{d}} \) : résistance de calcul en flexion, unité : N/mm²
- \( k_{\text{mod}} = 0{,}80 \) : moyen terme, classe de service 1, tableau 3.1, unité : —
- \( f_{m,\text{k}} = 24 \) : résistance caractéristique en flexion du C24, unité : N/mm²
- \( \gamma_{\text{M}} = 1{,}30 \) : coefficient partiel du bois massif, tableau 2.3, unité : —
- \( k_{\text{h}} = 1 \) : pas de majoration d'échelle, la hauteur dépassant 150 mm, unité : —
"Beaucoup d'étudiants font l'erreur de conclure dès que la flexion est vérifiée..."
- L'erreur : Considérer qu'une marge de 58 % en flexion garantit le reste. Elle ne garantit ni la flèche, ni les vibrations, ni la tenue de l'appui.
- La bonne méthode : Traiter la flexion comme une étape, pas comme une conclusion. Sur un plancher bois, c'est presque toujours le critère le moins contraignant.
- L'astuce de pro : Quand le taux de flexion d'un plancher tombe sous 50 %, il faut s'attendre à ce que la flèche gouverne — et le vérifier immédiatement.
- Le moyen mnémotechnique : « Un plancher bois ne casse pas, il gêne ».
- L'impact direct : Ici, la flèche nette finale atteindra 58 % de son critère, et 97 % si les cloisons s'avéraient fragiles. La flexion n'aurait rien signalé.
Exécution de la Note de Calculs
- \( q_{\text{Ed}} \) : en kN/m , et \( L \) en m, donc \( M_{\text{Ed}} \) en kN·m
- \( M_{\text{Ed}} \) : converti en N·mm , soit ×10⁶
- \( W_{y} \) : en mm³
- N·mm divisés par mm³ : donnent bien des N/mm²
- \( k_{\text{mod}} \) et \( \gamma_{\text{M}} \) : grandeurs sans unité
Le piège dimensionnel est la conversion du moment : 1 kN·m vaut 10⁶ N·mm, et non 10³. L'erreur donnerait une contrainte mille fois trop faible, soit 0,006 N/mm² — invraisemblable, mais qui passe si l'on ne regarde que le verdict « vérifié ». L'ordre de grandeur attendu pour un plancher courant est de 4 à 10 N/mm² de contrainte de flexion.
1. Résolution Numérique Moment fléchissant de calculPourquoi fait-on ce calcul ? Parce que c'est la sollicitation dont découle toute la vérification de résistance.
Application de la formule statique avec la charge pondérée de la question 1.
- Substitution : \( q_{\text{Ed}} = 1{,}942 \) kN/m et \( L = 4{,}00 \) m.
- Piège évité : Employer la charge pondérée et non la charge de service. Cette question relève de l'ELU.
- Hypothèse validée : Solive isostatique sur deux appuis simples : aucune continuité n'est mobilisée.
- Vérification croisée : La charge totale sur la solive vaut 7,77 kN ; le moment doit valoir un huitième de ce total multiplié par la portée, soit 3,88 kN·m.
- Finalité : Fournir l'entrée du calcul de contrainte.
3,88 kN·m, contre 3,70 dans la note reprise.
- Ordre de grandeur : L'équivalent d'une charge de 400 kg suspendue à un bras de levier d'un mètre. Pour une solive de plancher, c'est banal.
- Impact sur la suite : L'écart de 5 % avec la note reprise vient intégralement du poids propre rétabli.
- Cohérence : Si la solive était continue sur trois appuis, le moment en travée tomberait à 0,070 qL² au lieu de 0,125, soit 44 % de moins : la continuité est un levier considérable.
- Attention : La portée intervient au carré. À 4,50 m, le moment atteindrait 4,92 kN·m sans qu'aucune charge n'ait changé.
- Comparaison : À entraxe 600 mm, il monterait à 5,83 kN·m, soit 50 % de plus.
Remarque pédagogique : Faites systématiquement calculer la charge totale reprise par l'élément avant le moment. Ici 7,77 kN, soit environ 790 kg sur une seule solive : le chiffre parle, alors que « 3,88 kN·m » ne parle à personne. Rattacher chaque grandeur de calcul à une quantité physique imaginable est ce qui permet de sentir qu'un résultat est faux avant même de le vérifier.
Contrainte de flexion en fibre extrêmePourquoi fait-on ce calcul ? Parce que c'est la grandeur directement comparable à une résistance.
Division du moment par le module de flexion de la section rectangulaire.
- Substitution : \( W_{y} = 75 \times 225^{2}/6 = 632\,813 \) mm³ et \( M_{\text{Ed}} = 3{,}88 \times 10^{6} \) N·mm.
- Piège évité : Ne pas employer le moment quadratique \( bh^{3}/12 \), qui est en \( h^{3} \) et sert aux flèches.
- Hypothèse validée : Section pleine, sans entaille ni percement à mi-portée qui réduirait le module.
- Vérification croisée : Le module de flexion représente environ 633 cm³ : un ordre de grandeur qu'on retient pour cette section très courante.
- Finalité : Fournir le membre de gauche du critère de vérification.
6,14 N/mm² dans les fibres extrêmes, contre 5,84 dans la note reprise.
- Ordre de grandeur : Un quart seulement de la résistance caractéristique du C24. La marge sur la matière est confortable.
- Impact sur la suite : Cette valeur va être comparée à 14,77 N/mm², et le taux qui en résulte laissera plus de la moitié de marge.
- Cohérence : La fibre supérieure est comprimée, l'inférieure tendue, à la même valeur en valeur absolue : la section est symétrique.
- Attention : Une section 75 × 200 donnerait 7,77 N/mm², soit 27 % de plus pour 11 % de hauteur en moins : l'effet du carré.
- Comparaison : Une entaille de 30 mm en partie basse à mi-portée ferait chuter le module de 25 % et monter la contrainte d'autant.
Remarque pédagogique : Faites écrire côte à côte \( W_{y} = bh^{2}/6 \) et \( I_{y} = bh^{3}/12 \), avec leur usage respectif. La confusion entre les deux est l'erreur la plus fréquente de tout le calcul des poutres, et elle se voit à peine : les deux nombres ont le même air, et seule l'unité — mm³ contre mm⁴ — trahit l'échange. Un étudiant qui vérifie ses unités ne fait jamais cette erreur.
Résistance de calcul en flexionPourquoi fait-on ce calcul ? Parce que c'est la seule valeur qu'on ait le droit d'opposer à la contrainte de calcul.
Application du § 2.4.1 avec le coefficient de durée du moyen terme.
- Substitution : \( f_{m,\text{k}} = 24 \) N/mm², \( k_{\text{mod}} = 0{,}80 \) et \( \gamma_{\text{M}} = 1{,}30 \).
- Piège évité : Le classement en moyen terme vient de la charge d'exploitation de logement. Une charge permanente seule donnerait 0,60.
- Hypothèse validée : Classe de service 1 : logement chauffé, humidité du bois inférieure à 12 %.
- Vérification croisée : Le rapport global vaut 0,615 : la résistance de calcul représente 62 % de la valeur caractéristique.
- Finalité : Fournir le membre de droite du critère.
14,77 N/mm² pour un bois annoncé à 24.
- Ordre de grandeur : 62 % de la valeur caractéristique. Le coefficient de durée en retire 20 %, le coefficient partiel 23 % du reste.
- Impact sur la suite : Comparée aux 6,14 N/mm² appliqués, elle laisse une marge de plus de la moitié.
- Cohérence : Si la charge était permanente, le coefficient tomberait à 0,60 et la résistance à 11,08 N/mm².
- Attention : Aucune majoration par \( k_{\text{h}} \) : la hauteur de 225 mm dépasse le seuil de 150 mm.
- Comparaison : En C30, elle atteindrait 18,46 N/mm² — mais on verra que monter en classe ne sert à rien ici.
Remarque pédagogique : Faites justifier la classe de durée en une phrase à chaque fois : « charge d'exploitation de logement, catégorie A, moyen terme d'après le tableau 2.2 ». Le coefficient de durée fait varier la résistance de 0,60 à 1,10, soit un facteur presque deux — c'est le paramètre le plus lourd du calcul bois, et le seul qui se choisisse par lecture plutôt que par calcul.
Taux de travail en flexionPourquoi fait-on ce calcul ? Parce qu'il conclut la vérification — et qu'il annonce que ce n'est pas la flexion qui décidera.
Rapport de la contrainte appliquée à la résistance de calcul.
- Substitution : \( \sigma_{m,\text{d}} = 6{,}14 \) et \( f_{m,\text{d}} = 14{,}77 \) N/mm².
- Piège évité : Ne pas conclure sur le plancher. Ce taux ne concerne que la rupture de la solive.
- Hypothèse validée : Déversement empêché par le panneau de plancher cloué sur les fibres comprimées.
- Vérification croisée : La solive supporterait 2,4 fois la charge appliquée avant d'atteindre sa résistance de calcul en flexion.
- Finalité : Conclure sur l'état limite ultime et passer aux états limites de service.
42 % : vérifié, et très largement. La note reprise annonçait 40 %.
- Ordre de grandeur : Il reste 58 % de marge. Un tel taux sur un plancher est le signe que le dimensionnement vient d'ailleurs.
- Impact sur la suite : C'est la flèche qu'il faut maintenant vérifier, et elle sera bien plus proche de son critère.
- Cohérence : L'écart avec les 40 % de la note reprise vient du seul poids propre : 2 points, sans effet sur la conclusion.
- Attention : Un taux faible n'est pas un gage de bon dimensionnement. Il annonce seulement que le critère dimensionnant est ailleurs.
- Comparaison : En C30, le taux tomberait à 33 % — un gain sur un critère qui n'était de toute façon pas contraignant.
Remarque pédagogique : Faites interpréter un taux de flexion faible comme un signal, et non comme un succès. Sous 50 %, il faut aller voir la flèche immédiatement, parce que c'est elle qui commandera la section. Un étudiant qui a intégré ce réflexe cesse de traiter les vérifications comme une liste à cocher et commence à les hiérarchiser — ce qui est exactement ce qu'on attend d'un ingénieur.
"Voici le défaut de fond de la note que je reprends. Elle écrit la flèche finale sous la forme \( w_{\text{G}}(1+k_{\text{def}}) + w_{\text{Q}} \), et l'explique très clairement : « les charges variables ne provoquent pas de fluage ». C'est faux. Le § 2.2.3(5) applique à la charge d'exploitation un facteur \( (1 + \psi_{2}k_{\text{def}}) \), parce qu'une fraction de cette charge ne bouge jamais — l'armoire, le lit, la bibliothèque. En logement, cette fraction est estimée à 30 %. Supprimer le terme revient à supposer qu'on déménage l'appartement toutes les semaines. L'erreur coûte 8,6 % sur la flèche finale ; ajoutée au poids propre oublié, elle en fait 16 %."
- Observation : Les deux charges appellent des traitements différents : \( (1+k_{\text{def}}) \) pour le permanent, \( (1 + \psi_{2}k_{\text{def}}) \) pour l'exploitation.
- Analyse du risque : Le fluage ajoute ici 2,02 mm, soit 35 % de la flèche instantanée. C'est loin d'être un raffinement.
- Choix stratégique : Je calcule les deux flèches instantanées séparément, puisque chacune sera majorée différemment.
- Alternative : En catégorie E — stockage — le coefficient \( \psi_{2} \) monte à 0,8, et le terme de fluage de l'exploitation devient prépondérant.
- Objectif visé : Sortir avec deux flèches, l'instantanée et la nette finale, prêtes à être confrontées à leurs critères.
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Le bois chargé continue de se déformer pendant des années. La norme traduit ce phénomène par un coefficient — mais appliqué différemment selon la nature de la charge.
La flèche élastique, puis la composition des termes de fluage.
Flèche d'une poutre sur deux appuis sous charge uniforme :La déformation instantanée, à mi-portée.
Parce qu'elle résulte de la double intégration de la courbure le long de la poutre. La courbure en chaque point vaut \( M(x)/(EI) \) ; intégrée deux fois avec des appuis simples aux extrémités, elle donne cette expression dont le coefficient 5/384 est purement géométrique. Le produit \( EI \) est la rigidité de flexion : c'est lui qu'on augmente pour raidir, par le matériau ou par la section — et la section y intervient au cube de la hauteur.
- \( w \) : flèche instantanée à mi-portée, unité : mm
- \( q \) : charge linéique de service, en N/mm, unité : N/mm
- \( L = 4\,000 \) : portée en millimètres, élevée à la puissance 4, unité : mm
- \( E_{0,\text{mean}} = 11\,000 \) : module axial moyen du C24, unité : N/mm²
- \( I_{y} \) : moment quadratique, en \( h^{3} \), unité : mm⁴
La composition des deux termes de fluage.
Parce que le fluage dépend de la durée pendant laquelle la charge reste en place, et que cette durée n'est pas la même pour les deux familles d'actions. Le poids du plancher ne s'en va jamais : sa flèche est intégralement amplifiée. Le mobilier, lui, se déplace — mais pas entièrement : une partie ne bouge jamais. Le coefficient \( \psi_{2} \) mesure cette partie, et le terme \( (1 + \psi_{2}k_{\text{def}}) \) traduit le fluage qu'elle provoque. Le supprimer serait supposer que le logement est vide en permanence.
- \( w_{\text{net,fin}} \) : flèche nette finale, celle qu'on compare au critère, unité : mm
- \( 1 + k_{\text{def}} = 1{,}60 \) : facteur du permanent, en classe de service 1, unité : —
- \( 1 + \psi_{2}k_{\text{def}} = 1{,}18 \) : facteur de l'exploitation en logement, unité : —
- \( k_{\text{def}} = 0{,}60 \) : coefficient de fluage, classe de service 1, tableau 3.2, unité : —
- \( \psi_{2} = 0{,}3 \) : fraction quasi-permanente de la charge d'exploitation, unité : —
"Beaucoup d'étudiants font l'erreur de croire que les charges variables ne fluent pas..."
- L'erreur : Écrire \( w_{\text{fin}} = w_{\text{G}}(1+k_{\text{def}}) + w_{\text{Q}} \). La flèche finale tombe à 7,15 mm au lieu de 7,76, soit 8,6 % de moins.
- La bonne méthode : Appliquer à chaque terme son facteur : \( (1+k_{\text{def}}) \) au permanent, \( (1 + \psi_{2}k_{\text{def}}) \) à l'exploitation.
- L'astuce de pro : L'erreur symétrique existe aussi : appliquer \( (1+k_{\text{def}}) \) aux deux termes majorerait la flèche de 18 %, dans le sens de la sécurité mais tout aussi faux.
- Le moyen mnémotechnique : « L'armoire du fond ne bouge jamais ».
- L'impact direct : Cumulée au poids propre oublié, l'erreur sous-estime la flèche nette finale de 16 % — assez pour faire passer un plancher qui serait limite.
Exécution de la Note de Calculs
- \( q \) : converti de kN/m en N/mm — heureusement, le facteur est 1
- \( L \) : en mm , soit 4 000, élevé à la puissance 4
- \( E_{0,\text{mean}} \) : en N/mm²
- \( I_{y} \) : en mm⁴
- Le résultat : en mm , directement comparable au critère
Une coïncidence commode : 1 kN/m vaut exactement 1 N/mm. La charge se reporte donc telle quelle. Le vrai piège est la portée, élevée à la puissance quatre : l'exprimer en mètres au lieu de millimètres donnerait un résultat 10¹² fois trop petit. Le contrôle est immédiat — une flèche de plancher se mesure en millimètres, jamais en microns ni en centimètres.
1. Résolution Numérique Moment quadratique de la sectionPourquoi fait-on ce calcul ? Parce que c'est la rigidité géométrique de la solive, et qu'elle intervient dans les deux flèches.
Formule de la section rectangulaire, avec la hauteur au cube.
- Substitution : \( b = 75 \) mm et \( h = 225 \) mm, soit \( 225^{3} = 11\,390\,625 \).
- Piège évité : Ne pas reprendre le module de flexion de la question 2, qui est en \( h^{2} \) et divisé par 6.
- Hypothèse validée : Section pleine et constante sur toute la portée, sans entaille d'appui ni percement.
- Vérification croisée : Le rapport à \( W_{y} \) doit valoir exactement \( h/2 = 112{,}5 \) mm : 71 191 406 divisé par 632 813 donne bien 112,5.
- Finalité : Alimenter les deux calculs de flèche instantanée.
71,19 × 10⁶ mm⁴, soit 7 119 cm⁴.
- Ordre de grandeur : La rigidité de flexion \( E I \) vaut 783 kN·m². C'est cette grandeur qui s'oppose à la déformation.
- Impact sur la suite : Elle figure au dénominateur des deux flèches : la doubler les diviserait par deux.
- Cohérence : Le contrôle \( I_{y}/W_{y} = h/2 \) est vérifié : 112,5 mm, la demi-hauteur.
- Attention : La hauteur intervient au cube. Une section 75 × 200 donnerait 50,0 × 10⁶ mm⁴, soit 30 % de moins pour 11 % de hauteur en moins.
- Comparaison : Élargir à 100 mm au lieu de monter en hauteur ne gagnerait que 33 %, proportionnellement à la largeur.
Remarque pédagogique : Faites systématiquement contrôler que \( I_{y}/W_{y} = h/2 \). Ce rapport est vrai pour toute section symétrique, et il ne coûte qu'une division. Il attrape à la fois les erreurs de puissance, les confusions entre les deux grandeurs et les fautes de frappe — trois des erreurs les plus fréquentes du calcul de poutres, détectées d'un coup.
Flèche instantanée sous charge permanentePourquoi fait-on ce calcul ? Parce que c'est la part de flèche qui subira le fluage complet.
Formule de la flèche élastique avec la seule charge permanente, non pondérée.
- Substitution : \( q_{\text{G}} = 0{,}550 \) N/mm, \( L^{4} = 2{,}56 \times 10^{14} \) mm⁴ et \( E_{0,\text{mean}}I_{y} \) au dénominateur.
- Piège évité : Employer la charge de service, sans coefficient 1,35. La flèche est un état limite de service.
- Hypothèse validée : Module moyen et non fractile 5 % : c'est le comportement d'ensemble du plancher qui importe.
- Vérification croisée : Cette flèche représente L/1 710 : très faible, ce qui est attendu pour la seule charge permanente d'un plancher léger.
- Finalité : Fournir le terme qui sera majoré de 1,60.
2,34 mm, contre 2,05 dans la note reprise.
- Ordre de grandeur : Deux millimètres et demi sous le seul poids du plancher : invisible à l'œil nu sur 4 mètres.
- Impact sur la suite : Elle sera majorée de 60 % par le fluage, ce qui la portera à 3,74 mm.
- Cohérence : L'écart de 14 % avec la note reprise correspond exactement à la majoration de charge due au poids propre.
- Attention : Cette flèche est celle qui se produit au décintrement, avant même que le logement soit occupé.
- Comparaison : Le poids propre de la solive à lui seul en représente 0,30 mm.
Remarque pédagogique : Faites exprimer chaque flèche en fraction de la portée autant qu'en millimètres. « 2,34 mm » ne dit rien ; « L/1 710 » situe immédiatement le résultat par rapport aux critères, qui sont tous exprimés sous cette forme. C'est une habitude de lecture qui rend la comparaison instantanée et évite de recalculer le critère à chaque fois.
Flèche instantanée sous charge d'exploitationPourquoi fait-on ce calcul ? Parce qu'elle ne subira qu'un fluage partiel, et doit donc rester séparée.
Même formule, avec la seule charge d'exploitation.
- Substitution : \( q_{\text{Q}} = 0{,}800 \) N/mm, le reste inchangé.
- Piège évité : Ne pas pondérer par 1,50. La flèche se calcule sur la valeur caractéristique de la charge.
- Hypothèse validée : Charge d'exploitation uniformément répartie, sans charge concentrée de cloison ou de mobilier lourd localisé.
- Vérification croisée : La formule étant linéaire, le rapport des deux flèches doit égaler celui des charges : \( 3{,}41/2{,}34 = 1{,}455 = 0{,}800/0{,}550 \).
- Finalité : Fournir le terme qui sera majoré de 1,18.
3,41 mm : la charge d'exploitation domine la déformation instantanée.
- Ordre de grandeur : 59 % de la flèche instantanée totale. C'est la signature d'une construction légère.
- Impact sur la suite : Elle ne sera majorée que de 18 %, contre 60 % pour le permanent : le fluage la touche peu.
- Cohérence : Le rapport à la flèche permanente vaut 1,455, exactement le rapport des charges : la linéarité est confirmée.
- Attention : Cette flèche est réversible : elle disparaît quand la charge s'en va, contrairement à la part de fluage.
- Comparaison : En catégorie C — 4 kN/m² — elle atteindrait 6,81 mm, et dominerait complètement le calcul.
Remarque pédagogique : Faites vérifier la linéarité en comparant le rapport des flèches à celui des charges. C'est un contrôle gratuit qui valide d'un coup les deux calculs : si le rapport ne colle pas, l'un des deux comporte une erreur, et il suffit de savoir lequel est le plus simple pour trouver laquelle. Ce genre de recoupement interne vaut mieux qu'une seconde exécution du même calcul.
Flèche instantanée totalePourquoi fait-on ce calcul ? Parce que c'est la déformation visible le jour de la mise en charge, et qu'elle a son propre critère.
Somme des deux flèches instantanées, sans aucun coefficient de fluage.
- Substitution : \( 2{,}34 + 3{,}41 \) mm.
- Piège évité : Aucun coefficient ici : le fluage n'intervient pas dans la flèche instantanée, par définition.
- Hypothèse validée : Combinaison caractéristique : la charge d'exploitation est prise à sa valeur pleine.
- Vérification croisée : Elle représente L/696, très loin du critère de L/300.
- Finalité : Fournir la première des deux flèches à confronter à ses limites.
5,74 mm, contre 5,46 dans la note reprise.
- Ordre de grandeur : L/696 : plus de deux fois mieux que le critère de L/300. La marge est réelle.
- Impact sur la suite : C'est la flèche nette finale, une fois le fluage ajouté, qui sera la plus proche de son critère.
- Cohérence : Une flèche de 5,7 mm sur 4 mètres correspond à une pente de 0,46 % près des appuis : imperceptible.
- Attention : Cette valeur ne dit rien du confort dynamique. Un plancher peu fléchi peut parfaitement vibrer sous le pas.
- Comparaison : À 4,50 m de portée, elle atteindrait 9,2 mm — la puissance quatre est impitoyable.
Remarque pédagogique : Faites remarquer que passer de 4,00 à 4,50 m — 12 % de portée en plus — majore la flèche de 60 %. C'est le chiffre qui fait comprendre pourquoi les portées de planchers bois sont si conservatrices dans les catalogues de fabricants, et pourquoi allonger une trame de 50 cm en cours de projet est une décision qui coûte toujours plus cher qu'il n'y paraît.
Flèche nette finalePourquoi fait-on ce calcul ? Parce que c'est la déformation qu'observera l'occupant au bout de cinquante ans, et le critère principal du plancher.
Application du § 2.2.3(5) avec deux facteurs de fluage distincts.
- Substitution : \( 1 + k_{\text{def}} = 1{,}60 \) sur le permanent et \( 1 + 0{,}3 \times 0{,}60 = 1{,}18 \) sur l'exploitation.
- Piège évité : Ne pas laisser le terme d'exploitation tel quel. C'est l'erreur de la note reprise, et elle coûte 8,6 %.
- Hypothèse validée : Aucune contreflèche n'est prévue : la flèche nette finale se confond avec la flèche finale.
- Vérification croisée : Le fluage ajoute 2,02 mm à la flèche instantanée, soit une majoration de 35 % — plage habituelle en classe de service 1.
- Finalité : Fournir la valeur qui décidera de l'acceptabilité du plancher.
7,76 mm, soit L/515 — contre 6,69 mm dans la note reprise.
- Ordre de grandeur : 16 % de plus que la note reprise. Un peu plus de la moitié de l'écart vient du terme \( \psi_{2}k_{\text{def}} \), le reste du poids propre.
- Impact sur la suite : Comparée au critère L/300 de 13,33 mm, elle donnera un taux de 58 % — acceptable, mais plus du tout confortable si les cloisons étaient fragiles.
- Cohérence : Le fluage représente 2,02 mm, soit 26 % de la flèche finale : il n'a rien d'un terme correctif.
- Attention : En classe de service 2, avec \( k_{\text{def}} = 0{,}80 \), elle atteindrait 8,43 mm : la nature du local n'est pas un détail.
- Comparaison : Sans le terme d'exploitation, on trouverait 7,15 mm ; en appliquant à tort 1,60 aux deux charges, 9,19 mm. La bonne valeur est entre les deux.
Remarque pédagogique : Faites écrire les deux facteurs de fluage l'un sous l'autre, 1,60 et 1,18, avant de les appliquer. Vus côte à côte, ils racontent une histoire simple : le plancher ne s'en va jamais, le mobilier s'en va aux trois quarts. Un étudiant qui a compris cette phrase ne supprimera plus jamais le second terme, et ne l'appliquera pas non plus au premier — les deux erreurs symétriques disparaissent ensemble.
"Deux choses me gênent dans la conclusion de la note reprise. D'abord le critère : elle compare la flèche finale à L/250, qui est la borne la plus permissive de la plage du tableau 7.2. Ce n'est pas interdit, mais cela doit être énoncé — et cela devient indéfendable si le plancher porte des cloisons fragiles ou un carrelage collé, où l'on descend à L/500. Ensuite, il manque une vérification entière : la compression transversale sur appui. Une solive de 75 mm de large posée sur 45 mm de lisse concentre toute sa réaction sur 34 cm². Le bois s'y écrase perpendiculairement au fil, où il est dix fois moins résistant que dans le sens du fil. Cette vérification décide de la longueur d'appui, et personne ne la fait."
- Observation : Le tableau 7.2 donne des plages, pas des valeurs. Le choix à l'intérieur de la plage est une décision, pas une lecture.
- Analyse du risque : Perpendiculairement au fil, la résistance du C24 n'est que de 2,5 N/mm², contre 24 en flexion. C'est le point faible du bois.
- Choix stratégique : Je conclus par un avis conditionnel : la solive convient, sous trois hypothèses que j'énonce explicitement.
- Alternative : En classe de service 2 — plancher sur vide sanitaire ventilé — avec des cloisons fragiles, cette même solive serait refusée.
- Objectif visé : Sortir avec des taux pour tous les critères, et un domaine de validité explicite.
Voir uniquement le résultat final (Auto-évaluation)
Un plancher se juge sur plusieurs critères de natures différentes : la rupture, la déformation, l'écrasement local. Aucun ne dispense des autres.
Les critères de flèche, puis la vérification de compression transversale.
Critères de flèche — EN 1995-1-1 tableau 7.2 :Deux vérifications distinctes, sur deux flèches différentes.
Parce que les deux flèches gênent de manières différentes. L'instantanée se produit à la mise en charge : elle est visible tout de suite, et c'est elle qui fissure un carrelage fraîchement posé. La nette finale s'installe sur des années : elle donne au plancher son affaissement définitif, celui qui fait coincer les portes et se décoller les plinthes. Les limites sont exprimées en fraction de portée parce qu'une flèche de 10 mm est imperceptible sur 6 mètres et gênante sur 2.
- \( w_{\text{inst}} = 5{,}74 \) : flèche à la mise en charge, unité : mm
- \( w_{\text{net,fin}} = 7{,}76 \) : flèche après fluage, unité : mm
- \( L/300 = 13{,}33 \) : critère courant, cloisons non fragiles, unité : mm
- \( L/500 = 8{,}00 \) : critère renforcé, cloisons fragiles, unité : mm
- \( L/250 = 16{,}00 \) : borne la plus permissive de la plage, unité : mm
La vérification absente de la note reprise.
Parce que le bois est un matériau anisotrope : ses fibres sont des tubes orientés dans le sens du fil. Comprimé dans ce sens, il oppose la résistance de ces tubes ; comprimé perpendiculairement, il les écrase comme on écrase un paquet de pailles. Le rapport est d'environ un à dix. Sur un appui de solive, toute la réaction transite par une surface minuscule, et c'est là que le bois s'enfonce — non par rupture, mais par déformation permanente qui fait descendre le plancher.
- \( R_{\text{d}} \) : réaction d'appui de calcul, soit \( q_{\text{Ed}}L/2 \), unité : N
- \( \ell = 45 \) : longueur d'appui réelle sur la lisse, unité : mm
- \( \ell_{\text{ef}} = 75 \) : longueur efficace, majorée de 30 mm, unité : mm
- \( f_{c,90,\text{k}} = 2{,}5 \) : résistance perpendiculaire au fil du C24, unité : N/mm²
- \( k_{c,90} = 1{,}25 \) : majoration pour appui continu, unité : —
"Beaucoup d'étudiants font l'erreur de retenir le critère le plus permissif de la plage, sans le justifier..."
- L'erreur : Comparer \( w_{\text{net,fin}} \) à L/250. Le taux affiché tombe à 42 %, contre 58 % avec L/300 et 97 % avec L/500.
- La bonne méthode : Demander au maître d'ouvrage la nature des cloisons et du revêtement de sol, puis retenir le critère correspondant et l'écrire.
- L'astuce de pro : Un carrelage collé sur un plancher bois impose presque toujours L/500. C'est la question à poser en premier.
- Le moyen mnémotechnique : « Le critère est dans le cahier des charges, pas dans le tableau ».
- L'impact direct : Entre L/250 et L/500, le taux de cette solive passe de 42 à 97 %. Le même calcul, deux conclusions opposées.
Exécution de la Note de Calculs
- Flèches et critères : tous deux en mm , leur rapport est sans unité
- \( R_{\text{d}} \) : converti de kN en N
- \( b \times \ell_{\text{ef}} \) : en mm²
- N divisés par mm² : donnent bien des N/mm²
- \( k_{c,90} \) : grandeur sans unité
Le seul risque dimensionnel de cette question est la réaction d'appui, à convertir en newtons avant de diviser par une aire en mm². L'oubli donnerait 0,0007 N/mm², soit un taux de 0,04 % — visiblement absurde. Le repère utile : une contrainte de compression transversale sur appui de solive se situe entre 0,3 et 1,5 N/mm², et la capacité disponible avoisine 2 N/mm². La marge y est toujours mince.
1. Résolution Numérique Vérification de la flèche instantanéePourquoi fait-on ce calcul ? Parce que c'est la déformation visible immédiatement, celle qui fissure un revêtement neuf.
Rapport de la flèche instantanée au critère L/300 du tableau 7.2.
- Substitution : \( w_{\text{inst}} = 5{,}74 \) mm et \( L/300 = 4\,000/300 = 13{,}33 \) mm.
- Piège évité : Comparer la flèche instantanée et non la finale : chaque flèche a son propre critère.
- Hypothèse validée : Cloisons non fragiles, ce qui autorise la valeur L/300 plutôt que L/400 ou L/500.
- Vérification croisée : La flèche vaut L/696 : elle est bien plus de deux fois inférieure au critère.
- Finalité : Écarter le premier des deux critères de flèche.
43 % : large marge sur le critère instantané.
- Ordre de grandeur : Presque le même taux qu'en flexion, 42 %. Sur ce plancher, les deux critères « immédiats » se valent.
- Impact sur la suite : C'est le critère sur la flèche nette finale qui sera plus contraignant, le fluage s'y ajoutant.
- Cohérence : Avec le critère renforcé L/400, ce taux monterait à 57 % : encore acceptable.
- Attention : La flèche instantanée n'inclut aucun fluage. Elle ne représente que l'état du plancher le jour de sa mise en service.
- Comparaison : À entraxe 600 mm, elle atteindrait 8,6 mm, soit 65 % du critère.
Remarque pédagogique : Faites nommer chaque critère par ce qu'il protège. Le critère instantané protège les revêtements posés après le décintrement — carrelage, parquet collé, plinthes. Le critère final protège l'aspect général et le fonctionnement des menuiseries. Rattacher un nombre à un désordre concret est ce qui permet de discuter du bon critère avec un maître d'ouvrage plutôt que de le subir.
Vérification de la flèche nette finalePourquoi fait-on ce calcul ? Parce que c'est le critère principal d'un plancher bois, et celui que la note reprise a comparé à la mauvaise limite.
Rapport de la flèche nette finale au critère, avec les deux valeurs envisageables.
- Substitution : \( w_{\text{net,fin}} = 7{,}76 \) mm, \( L/300 = 13{,}33 \) mm et \( L/500 = 8{,}00 \) mm.
- Piège évité : Ne pas retenir L/250 sans le justifier. C'est la borne la plus permissive de la plage du tableau 7.2.
- Hypothèse validée : Cloisons non fragiles — hypothèse à confirmer, car elle décide de la conclusion.
- Vérification croisée : La flèche vaut L/515 : elle satisfait tout juste un critère de L/500, à 3 % près.
- Finalité : Établir le taux du critère dimensionnant et son sensibilité aux hypothèses.
58 % avec des cloisons courantes, 97 % avec des cloisons fragiles.
- Ordre de grandeur : Le critère retenu fait varier le taux de 39 points. Aucun autre paramètre n'a autant d'effet.
- Impact sur la suite : Avec des cloisons fragiles, la marge tombe à 3 % : il faudrait passer en 75 × 250 pour retrouver de l'aise.
- Cohérence : La note reprise affichait 42 % en comparant 6,69 mm à L/250 : deux erreurs de sens opposé, un taux divisé par plus de deux par rapport au cas fragile.
- Attention : C'est le critère le plus contraignant de tout l'exercice. Il gouverne le dimensionnement, comme presque toujours sur un plancher bois.
- Comparaison : En classe de service 2, avec cloisons fragiles, le taux dépasserait 100 % : c'est le calcul suivant.
Remarque pédagogique : Faites présenter deux taux chaque fois qu'un critère relève d'une plage. Un tableau à deux colonnes — cloisons courantes, cloisons fragiles — montre au maître d'ouvrage ce que coûte son choix de revêtement, et transforme une hypothèse cachée en décision explicite. C'est aussi la meilleure protection de l'ingénieur, qui ne peut être tenu responsable d'un critère qu'il a énoncé.
Contrainte de compression transversale sur appuiPourquoi fait-on ce calcul ? Parce que cette vérification est absente de la note reprise, et qu'elle décide de la longueur d'appui.
Réaction d'appui divisée par l'aire efficace définie au § 6.1.5.
- Substitution : \( R_{\text{d}} = 1{,}942 \times 4{,}00/2 = 3\,884 \) N, et \( \ell_{\text{ef}} = 45 + 30 = 75 \) mm.
- Piège évité : Employer la longueur efficace et non l'appui réel de 45 mm : la norme reconnaît la participation des fibres voisines.
- Hypothèse validée : Appui direct du bois sur la lisse, sans sabot métallique ni cale de répartition.
- Vérification croisée : L'aire efficace vaut 5 625 mm², soit 56 cm² — la taille d'une carte de crédit pour porter 396 kg.
- Finalité : Fournir la contrainte à comparer à la capacité perpendiculaire au fil.
0,69 N/mm² sur l'appui — une contrainte modeste en apparence.
- Ordre de grandeur : Neuf fois moins que la contrainte de flexion. Mais la résistance perpendiculaire au fil est dix fois plus faible.
- Impact sur la suite : Rapportée à une capacité d'environ 1,9 N/mm², elle donnera un taux du même ordre que celui de la flexion.
- Cohérence : Sans la majoration de 30 mm, l'aire tomberait à 3 375 mm² et la contrainte monterait à 1,15 N/mm² : la clause du § 6.1.5 n'est pas anecdotique.
- Attention : Cette contrainte s'applique aussi à la lisse, qui subit la même pression perpendiculairement à son propre fil.
- Comparaison : Avec un appui de 100 mm, elle tomberait à 0,40 N/mm², soit 42 % de moins.
Remarque pédagogique : Faites calculer l'aire d'appui en centimètres carrés avant la contrainte : 56 cm² pour 396 kg. Le chiffre saisit immédiatement, là où « 0,69 N/mm² » reste abstrait. C'est aussi le meilleur moyen de faire comprendre pourquoi un plancher ancien s'affaisse aux appuis avant de fléchir en travée — le bois s'y est simplement tassé, millimètre par millimètre, pendant un siècle.
Taux de travail en compression transversalePourquoi fait-on ce calcul ? Parce qu'il valide — ou non — la longueur d'appui retenue au plan.
Rapport de la contrainte à la capacité, majorée par \( k_{c,90} \).
- Substitution : \( f_{c,90,\text{d}} = 0{,}80 \times 2{,}5/1{,}30 = 1{,}54 \) N/mm², majorée par \( k_{c,90} = 1{,}25 \).
- Piège évité : Ne pas oublier \( k_{c,90} \) : il vaut 1,25 pour une solive sur appui continu et majore la capacité d'un quart.
- Hypothèse validée : Solive sur appui continu — une lisse filante et non un appui ponctuel.
- Vérification croisée : La capacité de 1,92 N/mm² est huit fois plus faible que la résistance en flexion : c'est bien l'anisotropie du bois.
- Finalité : Conclure sur la vérification absente de la note reprise.
36 % : l'appui de 45 mm suffit, et confortablement.
- Ordre de grandeur : Comparable au taux de flexion. Sur un plancher courant, l'appui passe généralement — mais il faut l'écrire.
- Impact sur la suite : Réduit à 30 mm, l'appui donnerait encore 45 % : ce critère ne peut pas devenir dimensionnant sur cette configuration.
- Cohérence : Sans le coefficient \( k_{c,90} \), le taux monterait à 45 % : la majoration d'un quart n'est pas négligeable.
- Attention : Sur des portées plus longues ou des entraxes plus larges, ce critère devient rapidement dimensionnant : la réaction croît quand l'aire d'appui reste la même.
- Comparaison : À entraxe 600 mm et 5,00 m de portée, la réaction doublerait presque et le taux passerait à 67 %.
Remarque pédagogique : Faites vérifier la compression transversale systématiquement, même quand elle paraît évidente. Elle passe neuf fois sur dix — et la dixième fois, elle explique pourquoi un plancher s'est affaissé de deux centimètres aux appuis alors que la solive était largement dimensionnée en flexion. C'est une vérification courte, et son absence dans une note se remarque immédiatement.
Variante : classe de service 2 avec cloisons fragilesPourquoi fait-on ce calcul ? Parce qu'il délimite le domaine de validité de la conclusion.
Reprise de la flèche nette finale avec \( k_{\text{def}} = 0{,}80 \), comparée au critère L/500.
- Substitution : Les facteurs deviennent \( 1 + 0{,}80 = 1{,}80 \) et \( 1 + 0{,}3 \times 0{,}80 = 1{,}24 \).
- Piège évité : Ne changer que \( k_{\text{def}} \). Le coefficient \( k_{\text{mod}} \) resterait aussi à 0,80 en classe 2, sans effet sur la flèche.
- Hypothèse validée : Classe de service 2 : plancher sur vide sanitaire ventilé ou local non chauffé — configuration très courante.
- Vérification croisée : Les flèches instantanées sont inchangées : seul le fluage augmente.
- Finalité : Montrer que la conclusion favorable dépend étroitement de deux hypothèses.
105 % : la même solive, dans un autre local, avec d'autres cloisons, ne convient plus.
- Ordre de grandeur : Dépassement de 5 %. Faible, mais il change la conclusion — et rien dans le calcul de flexion ne l'annonçait.
- Impact sur la suite : Il faudrait passer en 75 × 250, ce qui ramènerait la flèche à 6,19 mm et le taux à 77 %.
- Cohérence : Le passage de \( k_{\text{def}} \) de 0,60 à 0,80 majore la flèche finale de 8,7 % seulement : c'est le changement de critère qui fait le reste.
- Cas d'école : Deux hypothèses non écrites — la classe de service et la nature des cloisons — suffisent à inverser une conclusion. C'est exactement ce qu'un avis technique doit énoncer.
- Comparaison : En classe de service 2 avec des cloisons courantes, le taux ne serait que de 63 % : c'est bien la combinaison des deux qui pose problème.
Remarque pédagogique : Faites terminer toute note par un test de sensibilité sur les hypothèses non contractuelles. Ici, deux d'entre elles — classe de service et nature des cloisons — n'apparaissent nulle part sur un plan et pourtant décident du résultat. Un ingénieur qui les chiffre avant de conclure sait ce qu'il doit faire confirmer par écrit, et c'est ce qui distingue une note défendable d'une note simplement juste.
BILAN FINAL DE LA MISSION
Checklist d'Auto-Évaluation
Avant de clore cet exercice, vérifiez que vous avez bien assimilé la démarche globale de vérification :
Avis technique — la solive 75 × 225 en C24 convient, sous trois hypothèses explicites : classe de service 1, cloisons non fragiles, appui de 45 mm. Le poids propre de la solive, absent de la charge permanente annoncée, ajoute 0,174 kN/m² et porte celle-ci à 1,374 kN/m², d'où \( q_{\text{Ed}} = \) 1,942 kN/m. Le moment de calcul vaut 3,88 kN·m et la contrainte de flexion 6,14 N/mm² pour une résistance de calcul de 14,77 : le taux atteint 42 %. Les flèches instantanées valent 2,34 mm sous le permanent et 3,41 mm sous l'exploitation, soit 5,74 mm au total et 43 % du critère L/300. La flèche nette finale, avec ses deux termes de fluage, s'établit à 7,76 mm — soit L/515 et 58 % du critère. La compression transversale sur l'appui de 45 mm donne 0,69 N/mm² pour une capacité de 1,92, soit 36 %. Tous les critères sont satisfaits.
Cinq défauts dans la note reprise, et aucun ne change la conclusion — c'est précisément ce qui les rend intéressants. Le plus instructif est le fluage écarté sur les charges variables : une charge d'exploitation n'est pas absente, elle est variable, et \( \psi_{2} \) mesure sa fraction durable. Le paramètre le plus lourd n'est d'ailleurs ni la portée ni la section, mais le critère retenu : de L/250 à L/500, le taux passe de 42 à 97 %. La plus-value technique de cette étude tient à ce qu'elle livre un verdict assorti de ses conditions.
Les valeurs de coefficients et les résistances caractéristiques employées dans cet exercice proviennent des tableaux de la NF EN 1995-1-1 et des normes produits associées. Chacune est rattachée ci-dessous à la clause ou au tableau qui la fixe, de sorte qu'un tiers puisse la retrouver et vérifier le calcul sans le refaire. Les valeurs relevant d'un paramètre national sont signalées comme telles : c'est l'annexe nationale du pays du projet qui les arrête. Les coefficients qui ont pu être confirmés sur source — \( k_{\text{mod}} \), \( \gamma_{M} \) et \( \beta_{\text{c}} \) — ne figurent pas dans cette liste.








