Choix d'une essence : l'arrondi qui inverse le verdict
Dimensionnement comparé à l'ELU et à l'ELS — EN 1995-1-1 § 2.4.1, § 6.1.6 et § 7.2
Contexte de l'Étude & Enjeux
Le Contexte : Choisir une essence de bois, c'est arbitrer entre résistance et rigidité — deux propriétés qui ne progressent pas au même rythme. Un chêne D40 est 67 % plus résistant qu'un épicéa C24, mais seulement 27 % plus rigide. Or sur un plancher de 5,00 m de portée, c'est la flèche qui commande, pas la rupture. Cet exercice compare trois essences pour des solives à 50 cm d'entraxe, et montre que le classement change complètement selon le critère retenu.
Pour avancer sereinement, voici les éléments fondamentaux que vous devez avoir à l'esprit. Gardez un œil attentif sur ces critères déterminants :
-
Enjeu Principal : Des solives de bureau, portée 5,00 m, entraxe 50 cm, charge 1,5 kN/m.
-
Environnement : Local chauffé et sec, classe de service 1, d'où \( k_{\text{mod}} = 0{,}8 \) et \( k_{\text{def}} = 0{,}6 \).
-
L'objectif final : Dimensionner à l'ELU, vérifier à l'ELS, puis choisir l'essence en connaissance de cause.
-
L'astuce de l'ingénieur : Quand la flèche gouverne, c'est le module qui compte, pas la résistance. Et le module varie très peu d'une essence à l'autre.
Vous êtes ingénieur structure et vous reprenez une note qui retient une section de 75 × 220 mm en épicéa, au motif que « la flèche de 16,6 mm passe tout juste sous la limite de 16,67 mm ». Votre travail consiste à refaire le calcul sans arrondir, puis à traiter le fluage, qu'on évoque volontiers avant de l'écarter.
- Le grand défi : L'arrondi. Une décimale sépare ici le « conforme » du « non conforme ».
- Votre rôle : Produire une note traçable : la base de charge clarifiée, la hauteur requise exacte, le fluage chiffré, et un choix d'essence argumenté.
- Livrable 1 — le dimensionnement à l'ELU : le moment de calcul, les trois résistances de calcul, et les hauteurs minimales requises par la résistance.
- Livrable 2 — la vérification à l'ELS : les flèches instantanées sans arrondi, la hauteur requise exacte, l'effet du fluage, et le choix d'essence argumenté.
Le calcul est mené selon la NF EN 1995-1-1 avec les valeurs de l'annexe nationale française. Trois points appellent une vigilance particulière : la base de pondération de la charge de 1,5 kN/m n'est pas précisée, alors qu'elle ne peut pas être la même à l'ELU et à l'ELS ; la vérification de flèche se joue ici à la troisième décimale ; et le fluage du § 2.2.3(5) n'est pas une option.
Formulaire & Aide-Mémoire (À consulter en cas de besoin)
Retrouvez ici les formules principales pour cet exercice. Ne les apprenez pas par cœur, comprenez comment les appliquer !
- Moment maximal, charge répartie \( M_{\text{Ed}} = \dfrac{q\,L^{2}}{8} \)
- Résistance de calcul \( f_{m,\text{d}} = k_{\text{mod}}\,\dfrac{f_{m,\text{k}}}{\gamma_{M}} \)
- Module de flexion requis \( W_{y,\text{req}} \ge \dfrac{M_{\text{Ed}}}{f_{m,\text{d}}} \)
- Hauteur requise, base imposée \( h \ge \sqrt{\dfrac{6\,W_{y,\text{req}}}{b}} \)
- Flèche instantanée \( w_{\text{inst}} = \dfrac{5\,q\,L^{4}}{384\,E_{0,\text{mean}}\,I_{y}} \)
- Hauteur requise par la flèche \( h \ge \sqrt[3]{\dfrac{12\,I_{\text{req}}}{b}} \)
- Flèche finale — § 2.2.3(5) \( w_{\text{fin}} = w_{\text{inst},G}(1+k_{\text{def}}) + w_{\text{inst},Q}(1+\psi_{2}k_{\text{def}}) \)
PROPRIÉTÉS DU SYSTÈME / DES MATÉRIAUX
| Symbole | Description | Valeur | Unité |
|---|---|---|---|
| \( L \) | Portée entre appuis simples | 5,00 | m |
| \( b \) | Base de la section, imposée par l'énoncé | 75 | mm |
| \( f_{m,\text{k}} \) | Flexion caractéristique : 24 / 30 / 40 pour C24, C30 et D40 NF EN 338 | 24 / 30 / 40 | N/mm² |
| \( E_{0,\text{mean}} \) | Module moyen — c'est lui qui commande la flèche NF EN 338 | 11 000 / 12 000 / 14 000 | N/mm² |
| \( k_{\text{mod}} \) | Classe de service 1, charge de moyen terme EN 1995-1-1 - Tableau 3.1 | 0,80 | — |
| \( \gamma_{M} \) | Coefficient partiel du bois massif EN 1995-1-1 - Tableau 2.3 | 1,30 | — |
| \( k_{\text{def}} \) | Coefficient de fluage, bois massif en classe de service 1 EN 1995-1-1 - Tableau 3.2 | 0,60 | — |
| \( k_{h} \) | Coefficient de hauteur du bois massif — sans effet au-delà de 150 mm EN 1995-1-1 - § 3.2 | 1,00 | — |
- La base de charge : \( \text{une charge ne peut pas etre a la fois ponderee et de service} \)
- La precision : \( \text{la verification se joue ici a la troisieme decimale} \)
- Le fluage : \( \S\,2.2.3(5) \text{ — il majore la fleche de 18 a 60 } \% \)
CONTRAINTES, SOLLICITATIONS ET ACTIONS
| Symbole | Description | Valeur | Unité |
|---|---|---|---|
| \( q \) | Charge répartie, poids propre inclus — base de pondération non précisée | 1,5 | kN/m |
| \( e \) | Entraxe des solives — la charge est déjà rapportée à une solive | 50 | cm |
| Critère | Flèche admissible, valeur imposée par l'énoncé EN 1995-1-1 - Tableau 7.2 | L/300 | — |
| Répartition G/Q | Donnée manquante — elle conditionne le facteur de fluage | Non donnée | — |
- Le cisaillement : \( \S\,6.1.7 \text{ avec } k_{\text{cr}} = 0{,}67 \)
- Les appuis : \( \S\,6.1.5 \text{ — compression transversale sur les lisses} \)
- Les vibrations : \( \S\,7.3.3 \text{ — souvent dimensionnant sur 5 m de portee} \)
Extraits de Normes & Abaques (Documents Annexes)
Servez-vous des documents ci-dessous pour extraire les coefficients nécessaires à votre résolution.
Résistance et rigidité ne progressent pas ensemble| Essence | \( f_{m,\text{k}} \) — rapport au C24 | \( E_{0,\text{mean}} \) — rapport au C24 |
|---|---|---|
| Épicéa C24 | 24 N/mm² — × 1,00 | 11 000 N/mm² — × 1,00 |
| Douglas C30 | 30 N/mm² — × 1,25 | 12 000 N/mm² — × 1,09 |
| Chêne D40 | 40 N/mm² — × 1,67 | 14 000 N/mm² — × 1,27 |
Voici le fait central de cet exercice, et il n'est jamais énoncé clairement dans la note reprise. En passant de l'épicéa au chêne, la résistance gagne 67 % mais le module seulement 27 %. C'est une propriété générale du bois : la rigidité est bien moins dispersée entre essences que la résistance, parce qu'elle dépend surtout de la structure cellulaire du matériau, tandis que la résistance dépend en plus des défauts. Conséquence directe : dès que la flèche gouverne le dimensionnement — ce qui est le cas de presque tous les planchers de portée courante — payer une essence plus résistante n'apporte presque rien. Le rapport \( E/f_{m,\text{k}} \) le montre à l'envers : il vaut 458 pour le C24, 400 pour le C30 et seulement 350 pour le D40. C'est l'épicéa qui offre le plus de rigidité par unité de résistance payée.
| Vérification | Charge à employer | Ce que fait la note |
|---|---|---|
| ELU — résistance | Charge pondérée \( 1{,}35G + 1{,}5Q \) | 1,5 kN/m, déclarée « déjà pondérée » |
| ELS — flèche | Charge caractéristique, non pondérée | 1,5 kN/m, déclarée « non pondérée » |
| Conséquence | Les deux valeurs diffèrent d'environ 40 % | La même valeur sert aux deux |
La note reprise affirme deux choses incompatibles. En question 1, sa foire aux questions précise : « on suppose que le 1,5 kN/m est déjà la charge de calcul \( q_{\text{Ed}} \) à l'ELU ». En question 4, ses hypothèses indiquent : « on utilise les charges de service (non pondérées) pour cette vérification » — et emploie le même 1,5 kN/m. Or ces deux charges ne peuvent pas être égales : la pondération d'un plancher courant vaut environ 1,4. Si 1,5 est la charge de service, l'ELU doit se faire avec 2,10 kN/m ; si 1,5 est la charge pondérée, l'ELS doit se faire avec environ 1,07. La note prend la valeur basse pour l'ELU et la valeur haute pour l'ELS — un panachage qui n'est ni sécuritaire ni cohérent, et qui rend le résultat ininterprétable tant que la base n'est pas fixée.
Les clauses et formules employées ici proviennent de la documentation officielle sur l'EN 1995-1-1. Les valeurs tabulées suivantes sont rattachées à la norme et, le cas échéant, au paramètre national qui les fixe :
- \( f_{m,\text{k}} \) et \( E_{0,\text{mean}} \) des classes C24, C30 et D40 — NF EN 338, dont les valeurs des feuillus ont évolué entre éditions
- Les masses volumiques du tableau de l'énoncé, dont celle annoncée pour le C30, à confronter à la NF EN 338
- \( k_{\text{mod}} = 0{,}80 \) et \( k_{\text{def}} = 0{,}60 \) en classe de service 1 — tableaux 3.1 et 3.2
- \( \gamma_{M} = 1{,}30 \) pour le bois massif — tableau 2.3 et annexe nationale
- La gamme commerciale des hauteurs disponibles pour une base de 75 mm, qui varie selon les fournisseurs
- La base de pondération de la charge de 1,5 kN/m et la répartition \( G/Q \), qui relèvent de l'analyse du projet
3. Méthodologie de Résolution & Travail Demandé
Afin d'assurer un dimensionnement sécuritaire et conforme aux standards, nous procédons selon les étapes méthodiques détaillées ci-dessous.
Question 1 : Moment de calcul et base de charge
- calculer le moment maximal de calcul ;
- chiffrer ce que serait la charge pondérée si 1,5 était la valeur de service ;
- et la charge de service si 1,5 était déjà pondérée.
Besoin d'un indice ? (Niveau 1)
Travaillez en newtons et millimètres : 1 kN/m vaut numériquement 1 N/mm, et le moment sort directement en N·mm. Pour la pondération, un plancher courant dont les charges permanentes et d'exploitation sont du même ordre subit un facteur global voisin de 1,4.
Toujours bloqué ? (Indice Niveau 2)
\( M_{\text{Ed}} = \) 4 687 500 N·mm, soit 4,69 kN·m. Si 1,5 est la charge de service, l'ELU exigerait 2,10 kN/m ; si 1,5 est déjà pondérée, l'ELS ne devrait employer que 1,07 kN/m.
Question 2 : Résistances de calcul des trois essences
- calculer \( f_{m,\text{d}} \) pour les trois essences ;
- vérifier si le coefficient de hauteur \( k_{h} \) s'applique ;
- relever le facteur commun aux trois calculs.
Besoin d'un indice ? (Niveau 1)
Le coefficient de hauteur du bois massif ne joue qu'en dessous de 150 mm de hauteur — contrairement au lamellé-collé, dont la référence est à 600 mm. Comme les hauteurs envisagées ici dépassent toutes 150 mm, \( k_{h} = 1 \).
Toujours bloqué ? (Indice Niveau 2)
Le facteur commun vaut 0,615. D'où \( f_{m,\text{d}} = \) 14,77 pour le C24, 18,46 pour le C30 et 24,62 N/mm² pour le D40.
Question 3 : Sections requises par la résistance
- calculer le module de flexion requis pour chaque essence ;
- en déduire la hauteur théorique minimale ;
- discuter le choix de la section commerciale.
Besoin d'un indice ? (Niveau 1)
La condition \( \sigma_{m,\text{d}} \le f_{m,\text{d}} \) s'inverse directement en \( W_{y,\text{req}} \ge M_{\text{Ed}}/f_{m,\text{d}} \). Avec \( W = bh^{2}/6 \) et \( b \) imposée, la hauteur s'obtient par une simple racine carrée — attention, carrée et non cubique : c'est la flèche qui fera intervenir le cube.
Toujours bloqué ? (Indice Niveau 2)
Les hauteurs théoriques valent 159,3 mm pour le C24, 142,5 pour le C30 et 123,4 mm pour le D40. Toutes trois restent modestes : la résistance n'est pas le critère dimensionnant.
Question 4 : Vérification de la flèche
Besoin d'un indice ? (Niveau 1)
Le terme \( 5qL^{4} \) est constant : calculez-le une fois, puis divisez par \( 384\,E\,I \) pour chaque cas. Pour la hauteur requise, inversez la formule et prenez une racine cubique. Le fluage, lui, se borne entre deux hypothèses extrêmes : charge entièrement variable ou entièrement permanente.
Toujours bloqué ? (Indice Niveau 2)
En 75 × 220, la flèche vaut 16,675 mm pour une limite de 16,667 : 100,05 %, donc non conforme. La hauteur requise exacte est de 220,04 mm. Avec le fluage, il faut monter à 240 mm au minimum, voire 280.
Question 5 (Finale) : Choix de l'essence
Besoin d'un indice ? (Niveau 1)
La hauteur requise par la flèche varie comme la racine cubique de l'inverse du module. Comme les modules ne varient que de 27 % entre les trois essences, les hauteurs requises ne varieront que de quelques pour cent — bien moins que ne le laisserait croire l'écart de résistance.
Toujours bloqué ? (Indice Niveau 2)
Les hauteurs requises par la flèche valent 220,0, 213,7 et 203,0 mm. Le chêne, 67 % plus résistant, ne fait gagner que 17 mm — pour une masse supérieure de 69 %.
Choix d'une essence : l'arrondi qui inverse le verdict
"Le moment se calcule en une ligne et la note le trouve juste. Mais avant d'aller plus loin, je dois lever une ambiguïté qu'elle laisse ouverte — et qu'elle tranche même deux fois, dans deux sens opposés. Sa foire aux questions de la question 1 affirme : « on suppose que le 1,5 kN/m est déjà la charge de calcul \( q_{\text{Ed}} \) à l'ELU ». Ses hypothèses de la question 4 affirment : « on utilise les charges de service, non pondérées » — et emploient le même 1,5. Ces deux charges ne peuvent pas être égales : un plancher courant subit une pondération voisine de 1,4. Tant que cette base n'est pas fixée, aucun des deux résultats n'est interprétable."
- Observation : Le moment de la note est exact : 4 687 500 N·mm — mais sa validité dépend entièrement d'une donnée que l'énoncé ne précise pas. exact : 4 687 500 N·mm.
- Analyse du risque : La même charge est déclarée pondérée en Q1 et de service en Q4.
- Choix stratégique : Chiffrer les deux lectures, pour montrer ce que chacune implique.
- Point de méthode : Une donnée ambiguë se signale, elle ne se tranche pas en silence.
- Objectif visé : Un moment de calcul traçable, et surtout une base de charge explicite : sans elle, le chiffre exact ne prouve rien. explicite.
Voir uniquement le résultat final (Auto-évaluation)
L'ELU et l'ELS ne posent pas la même question, et n'emploient donc pas les mêmes charges.
Le moment maximal d'une poutre isostatique, puis la question de la base de charge.
Moment maximal sous charge répartie :Poutre sur deux appuis simples.
Parce qu'elle découle directement de l'équilibre statique. Chaque appui reprend la moitié de la charge totale, soit \( qL/2 \) ; le moment en un point d'abscisse \( x \) vaut alors \( (qL/2)x - qx^{2}/2 \), un polynôme du second degré dont le maximum se situe à mi-portée et vaut \( qL^{2}/8 \). La portée intervient au carré : doubler la travée quadruple le moment. C'est déjà une forte sensibilité, mais elle reste modérée comparée à celle de la flèche, où la portée intervient à la puissance quatre. Cette différence d'exposant est la raison profonde pour laquelle, au-delà d'une certaine portée, c'est toujours la déformation qui finit par gouverner le dimensionnement.
- \( q = 1{,}5 \) : charge linéique — base de pondération à préciser, unité : N/mm
- \( L = 5\,000 \) : portée en millimètres, unité : mm
- \( L^{2} = 25 \times 10^{6} \) : terme dominant, unité : mm²
- Facteur 1/8 : propre aux appuis simples ; 1/12 si encastrements, unité : —
- Coïncidence utile : 1 kN/m vaut 1 N/mm, unité : —
EN 1990 (6.10), et son absence dans l'énoncé.
Parce que l'ELU et l'ELS ne posent pas la même question, et ne peuvent donc pas employer la même charge. L'ELU demande : « la structure peut-elle rompre ? » — et l'on majore alors les charges pour couvrir les surcharges imprévues. L'ELS demande : « la structure sera-t-elle confortable ? » — et l'on emploie les charges telles qu'elles surviendront réellement, sans majoration. Pour un plancher dont les charges permanentes et d'exploitation sont du même ordre, le rapport entre les deux vaut environ 1,4. Utiliser une même valeur des deux côtés revient donc nécessairement à surestimer l'une ou à sous-estimer l'autre — et il faut savoir laquelle.
- 1,35 : coefficient des actions permanentes défavorables, unité : —
- 1,50 : coefficient des actions variables, unité : —
- ≈ 1,4 : facteur global d'un plancher courant, unité : —
- Lecture A : 1,5 est de service d'où ELU à 2,10 kN/m, unité : kN/m
- Lecture B : 1,5 est pondérée d'où ELS à 1,07 kN/m, unité : kN/m
"Beaucoup d'étudiants font l'erreur d'employer la même charge à l'ELU et à l'ELS..."
- L'erreur : Reprendre le \( q \) pondéré de l'ELU dans la formule de la flèche : on majorerait la déformation de 40 % sans aucun fondement.
- La bonne méthode : Deux charges distinctes, séparées d'un facteur voisin de 1,4.
- L'astuce de pro : Écrire l'indice à côté de chaque charge : \( q_{\text{d}} \) ou \( q_{\text{ser}} \).
- Le moyen mnémotechnique : « L'ELU majore, l'ELS constate » — la formule dit tout : on pondère pour vérifier la rupture, jamais pour prédire une déformation..
- L'impact direct : Un écart de 40 % sur la flèche, dans un sens ou dans l'autre.
Exécution de la Note de Calculs
- Charge : 1,5 kN/m = 1,5 N/mm
- Portée : 5,00 m = 5 000 mm
- N/mm × mm² = N·mm
- 1 kN·m = 10⁶ N·mm
- Coefficients \( \gamma \) : sans unité
Une coïncidence heureuse du système international simplifie tout ce calcul : une charge exprimée en kN/m a exactement la même valeur numérique en N/mm. Il suffit donc de porter la portée en millimètres pour que le moment sorte directement en N·mm, unité qui se combine ensuite sans conversion avec les mm³ du module de flexion pour donner des N/mm². Adopter ce système dès la première ligne élimine la quasi-totalité des erreurs d'unités.
1. Résolution Numérique Moment fléchissant de calculPourquoi fait-on ce calcul ? C'est la sollicitation à confronter à la résistance.
Application directe, en newtons et millimètres.
- Substitution : \( 1{,}5 \times 25 \times 10^{6}/8 \), la charge étant exprimée en N/mm et la portée en millimètres.
- Piège évité : Oublier le carré Oublier le carré sur la portée : on trouverait 937 500 N·mm, cinq fois trop peu, et la solive serait très largement sous-dimensionnée.
- Hypothèse validée : Appuis simples, charge uniforme, poids propre déjà inclus.
- Vérification croisée : 4,69 kN·m : ordre de grandeur courant pour une solive de 5 m.
- Finalité : Alimenter le dimensionnement à l'ELU des trois essences : ce moment est commun à tout le comparatif.
4 687 500 N·mm, soit 4,69 kN·m — la note trouve la même valeur.
- Ordre de grandeur : Valeur typique pour une solive de plancher de 5 m sous charge courante : rien d'anormal dans ce chiffre. 5 m.
- Impact sur la suite : Il fixera les hauteurs minimales à l'ELU — celles dont on montrera qu'elles ne gouvernent pas.ELU.
- Cohérence : Ce poste de la note est exact, ce qui confirme que ses erreurs portent ailleurs : sur l'arrondi et sur le fluage. exact.
- Réserve : Sa validité dépend de la base Sa validité dépend entièrement de la base de la charge de 1,5 kN/m : de service ou déjà pondérée, l'énoncé ne le dit pas.
- Sensibilité : Une portée de 4,00 m ne donnerait que 3,00 kN·m, soit 36 % de moins : la portée est le paramètre le plus sensible du problème. 3,00 kN·m.
Remarque pédagogique : Faites comparer les deux exposants de la portée. Le moment varie en \( L^{2} \), la flèche en \( L^{4} \). Passer de 4 à 5 mètres multiplie le moment par 1,56 mais la flèche par 2,44. C'est cette différence, et elle seule, qui explique pourquoi les petites portées sont gouvernées par la résistance et les grandes par la déformation — le basculement se produit ici bien avant 5 mètres.
Charge à l'ELU si 1,5 kN/m est la valeur de servicePourquoi fait-on ce calcul ? C'est la première lecture possible de l'énoncé.
Application d'un facteur de pondération global de 1,4.
- Substitution : \( 1{,}4 \times 1{,}5 \), en retenant le facteur global d'un plancher courant à dominante variable.
- Piège évité : Prendre 1,35 ou 1,50 seuls alors que la charge est mixte : le facteur réel se situe nécessairement entre les deux. mixte.
- Hypothèse assumée : Charges permanentes et variables du même ordre, faute de données.
- Vérification croisée : Le facteur exact serait compris entre 1,35 et 1,50 : l'hypothèse de 1,4 est au centre de cette fourchette. 1,35 et 1,50.
- Finalité : Montrer que le moment de la note serait alors sous-estimé de 40 %, ce qui changerait tout le dimensionnement à l'ELU. sous-estimé.
2,10 kN/m — le moment de calcul monterait à 6,56 kN·m.
- Conséquence : Le moment de la note serait 40 % trop faible — un écart qui ne se rattrape par aucune marge. 40 % trop faible.
- Impact sur la suite : Les hauteurs requises à l'ELU gagneraient 18 % : la racine carrée amortit l'écart, sans l'effacer. 18 %.
- Nuance : Sans effet sur la flèche, qui emploie de toute façon la charge de service : seul l'ELU serait touché.
- Portée du problème : L'ELU restant non dimensionnant, l'effet reste ici théorique.
- Lecture retenue : C'est celle-ci qui rend le calcul de flèche de la note correct.
Remarque pédagogique : Faites remarquer un point rassurant : dans cet exercice, l'ambiguïté n'a pas de conséquence pratique, parce que l'ELU n'est pas le critère dimensionnant. Même avec un moment majoré de 40 %, la hauteur requise resterait bien inférieure à celle qu'impose la flèche. Mais ce n'est vrai que par la faveur des données : sur une portée plus courte, où l'ELU gouverne, la même ambiguïté produirait un sous-dimensionnement réel.
Charge à l'ELS si 1,5 kN/m est déjà pondéréePourquoi fait-on ce calcul ? C'est la lecture que la note affirme en question 1.
Division par le même facteur de pondération global.
- Substitution : \( 1{,}5/1{,}4 \), c'est-à-dire l'opération inverse de la précédente, dans l'hypothèse symétrique.
- Piège évité : Conserver 1,5 pour le calcul de flèche, comme le fait la note en Q4.
- Hypothèse assumée : Même facteur global de 1,4, faute de connaître la répartition \( G/Q \) — l'hypothèse est assumée et signalée. G/Q.
- Vérification croisée : 1,07 kN/m de charge de service : la flèche serait alors réduite de 29 %, la déformation étant proportionnelle à la charge. 29 %.
- Finalité : Montrer que cette lecture rendrait la conclusion de la note trop sévère.
1,07 kN/m — la flèche calculée serait réduite de près d'un tiers.
- Conséquence : Toutes les flèches de la question 4 seraient 29 % plus faibles, et le verdict de conformité s'en trouverait inversé. 29 % plus faibles.
- Impact sur la suite : Une hauteur de 200 mm Une hauteur de 200 mm suffirait alors en instantané : deux sections commerciales d'écart pour une seule ambiguïté d'énoncé.
- Contradiction : C'est la lecture que la note affirme, mais pas celle qu'elle applique.
- Choix retenu : Nous conserverons 1,5 kN/m pour la flèche, lecture sécuritaire.
- Exigence : La base de charge doit être écrite dans la note définitive : c'est la première ligne d'une descente de charges traçable. écrite dans la note définitive.
Remarque pédagogique : Faites acter le choix que nous retenons, et sa justification. Nous conservons 1,5 kN/m pour le calcul de flèche — comme la note — parce que c'est la lecture sécuritaire et parce qu'elle correspond à la formulation de l'énoncé, qui décrit une charge physique « poids propre inclus ». Mais nous l'écrivons, au lieu de l'appliquer en silence. C'est toute la différence entre une hypothèse et un oubli.
"Cette question est correctement traitée et ses trois résultats sont exacts. Je la refais parce qu'elle installe une illusion qu'il faudra dissiper plus loin : en comparant 14,77, 18,46 et 24,62 N/mm², on conclut naturellement que le chêne permettra des sections bien plus petites. La note l'écrit d'ailleurs — « le chêne offre une résistance nettement supérieure, ce qui devrait permettre d'utiliser des sections plus petites ». Ce raisonnement ne vaut que si la résistance gouverne. Or nous verrons qu'elle ne gouverne pas du tout. J'ajoute par ailleurs une vérification que la note omet : le coefficient de hauteur du bois massif, qu'il faut au moins examiner avant de l'écarter."
- Observation : Les trois résistances de la note sont exactes — le comparatif est juste, c'est le critère de comparaison qui ne l'est pas. exactes.
- Analyse du risque : Elles installent l'idée que le chêne fera gagner des sections — faux ici.
- Choix stratégique : Poser le facteur commun une seule fois, puis trois multiplications.
- Point de méthode : Examiner le coefficient \( k_{h} \) avant de conclure qu'il ne s'applique pas.
- Objectif visé : Trois résistances de calcul, et une mise en garde sur leur portée.
Voir uniquement le résultat final (Auto-évaluation)
Une classe de résistance n'est qu'un point de départ : deux coefficients la séparent de la valeur utilisable.
La résistance de calcul, puis le coefficient de hauteur du bois massif.
Résistance de calcul — § 2.4.1 :EN 1995-1-1, équation (2.14).
Parce que la valeur caractéristique est un fractile à 5 %, mesuré en laboratoire sur une éprouvette chargée en quelques minutes dans un air conditionné : elle ne décrit pas ce que fera une pièce de charpente sous la pluie pendant trente ans. Deux corrections s'imposent, de nature différente. Le coefficient \( k_{\text{mod}} \) traduit un comportement réel — le bois est viscoélastique, il cède sous une charge maintenue à un niveau qu'il supporterait sans dommage brièvement. Le coefficient \( \gamma_{M} \), lui, couvre la dispersion entre pièces, bien plus forte pour un matériau naturel que pour un acier laminé. Un point mérite d'être relevé : ces deux coefficients sont identiques pour les trois essences comparées, si bien que le rapport entre leurs résistances de calcul reproduit exactement celui de leurs caractéristiques.
- \( f_{m,\text{k}} \) : 24, 30 ou 40 selon l'essence, unité : N/mm²
- \( k_{\text{mod}} = 0{,}80 \) : classe de service 1 et charge de moyen terme, lecture du tableau 3.1, unité : —
- \( \gamma_{M} = 1{,}30 \) : bois massif, identique pour résineux et feuillus, unité : —
- Facteur commun : 0,615 : identique pour les trois essences, un seul calcul suffit donc, unité : —
- Conséquence : les rapports entre essences sont intégralement conservés par la pondération, unité : conservés, unité : —
EN 1995-1-1, référence à 150 mm.
Parce que la résistance caractéristique du bois massif est établie sur une hauteur de référence de 150 mm, et que les pièces plus petites résistent statistiquement mieux. La raison est probabiliste : plus une pièce est haute, plus elle a de chances de contenir le nœud qui déclenchera la rupture — c'est la théorie du maillon le plus faible. Il faut noter la différence avec le lamellé-collé, dont la référence est à 600 mm : un produit plus homogène tolère de plus grandes hauteurs avant de perdre en résistance. Ici, toutes les hauteurs envisagées dépassent 150 mm, si bien que \( k_{h} = 1 \) et qu'aucun bonus ne s'applique. Le vérifier prend dix secondes, et l'écrire évite au lecteur de se demander si on y a pensé.
- 150 : hauteur de référence du bois massif, au-delà de laquelle aucun bonus n'est accordé, unité : bois massif, unité : mm
- 600 : hauteur de référence du lamellé-collé, quatre fois plus élevée, unité : lamellé-collé, unité : mm
- Exposant 0,2 : deux fois celui du lamellé-collé, l'effet d'échelle étant plus marqué sur le bois massif, unité : —
- Plafond 1,3 : très supérieur au plafond de 1,1 du lamellé-collé — le massif peut gagner jusqu'à 30 %, unité : —
- Ici : toutes les hauteurs envisagées dépassent 150 mm, donc \( k_{h} = 1 \) et aucun bonus, unité : aucun bonus, unité : —
"Beaucoup d'étudiants font l'erreur de conclure qu'une essence plus résistante donnera une section plus petite..."
- L'erreur : Comparer 14,77 et 24,62 et en déduire que le chêne fera gagner 40 % de section.
- La bonne méthode : Si la flèche gouverne, c'est le module qu'il faut comparer.
- L'astuce de pro : Vérifier l'ELS avant Vérifier l'ELS avant de commander le bois : c'est presque toujours lui qui fixe la section d'un plancher.
- Le moyen mnémotechnique : « La résistance choisit la classe, la rigidité choisit la hauteur ».
- L'impact direct : Le chêne, 67 % plus résistant, ne fera gagner que 17 mm de hauteur.
Exécution de la Note de Calculs
- Résistances caractéristiques : en N/mm²
- \( k_{\text{mod}} \), \( \gamma_{M} \), \( k_{h} \) : sans unité
- Résistances de calcul : en N/mm²
- N/mm² = MPa , notations équivalentes
- Le facteur commun se calcule une fois
Aucune conversion, et une économie à saisir : le rapport \( k_{\text{mod}}/\gamma_{M} \) est identique pour les trois essences, puisque toutes sont du bois massif employé dans les mêmes conditions. On le calcule donc une seule fois — 0,615 — puis on le multiplie par chaque résistance caractéristique. Trois divisions évitées, et surtout trois occasions d'erreur de saisie en moins.
1. Résolution Numérique Facteur commun et résistance de l'épicéa C24Pourquoi fait-on ce calcul ? C'est l'essence de référence du comparatif.
Poser le facteur commun, puis multiplier par la caractéristique.
- Substitution : \( 0{,}80/1{,}30 = 0{,}615 \), puis multiplication par 24 : le facteur commun d'abord, la caractéristique ensuite.
- Piège évité : Employer la caractéristique brute dans la vérification : on surestimerait la résistance de 62,5 %, comme dans l'exercice 28. brute dans la vérification.
- Hypothèse validée : Classe de service 1Classe de service 1 — local chauffé et couvert — et charge de moyen terme, conformément à l'énoncé.
- Vérification croisée : 14,77 N/mm², valeur identique à celle de la note : ce poste ne demande aucune reprise.
- Finalité : Fixer la référence à laquelle comparer les deux autres essences, toutes conditions d'emploi égales.
14,77 N/mm² — soit 61,5 % de la caractéristique.
- Ordre de grandeur : Il reste trois cinquièmes Il ne reste que trois cinquièmes de la valeur de catalogue : la pondération n'est jamais anecdotique.
- Décomposition : 20 % perdus par \( k_{\text{mod}} \), 23 % par \( \gamma_{M} \).
- Cohérence : La note trouve la même valeur : ce poste est exact, et le désaccord portera sur l'usage qu'on en fait. exact.
- Nature : Seul \( \gamma_{M} \) relève de la sécurité ; \( k_{\text{mod}} \) est physique.
- Portée : Cette valeur ne sert qu'à l'ELU : la flèche, elle, ne fait intervenir que le module d'élasticité.ELU.
Remarque pédagogique : Faites distinguer les deux natures de coefficients. \( k_{\text{mod}} \) n'est pas une marge de sécurité : c'est la traduction d'un comportement réel du bois, qui cède effectivement sous charge maintenue. Seul \( \gamma_{M} \) est un coefficient de prudence. Un étudiant qui les confond croit que le bois est pénalisé de 38 % « par précaution », alors que la moitié de cette perte est physique.
Résistance du douglas C30Pourquoi fait-on ce calcul ? C'est l'option intermédiaire du comparatif.
Même facteur commun, appliqué à la caractéristique du C30.
- Substitution : \( 0{,}615 \times 30 \), le même facteur commun appliqué à la caractéristique du C30.
- Piège évité : Croire qu'un résineux plus résistant a un autre \( \gamma_{M} \).
- Hypothèse validée : Mêmes conditions d'emploi que pour l'épicéa : classe de service et durée de charge identiques, donc même \( k_{\text{mod}} \).
- 18,46 N/mm², soit 25 % de plus que le C24 — exactement le rapport des caractéristiques, la pondération étant commune. 18,46 N/mm², soit 25 % de plus que le C24.
- Finalité : Alimenter le dimensionnement à l'ELU du douglas, pour mesurer ce que la classe supérieure apporte réellement.
18,46 N/mm² — 25 % de plus que l'épicéa, comme les caractéristiques.
- Cohérence : Le rapport 30/24 est intégralement conservé : la pondération est multiplicative, elle ne déforme pas le classement. intégralement conservé.
- Impact sur la suite : Il réduira la hauteur requise à l'ELU de 11 % seulement : la racine carrée divise l'écart relatif par deux. 11 %.
- Contraste : Son module, lui, ne gagne que 9 % — et c'est le module qui décidera, non la résistance. 9 %.
- Disponibilité : Le douglas C30 est courant en France, à un surcoût modéré : l'obstacle n'est pas l'approvisionnement.
- Anticipation : Ce gain de 25 % sera sans effet Ce gain de 25 % sera sans effet sur le dimensionnement réel, puisque c'est la flèche qui gouverne.
Remarque pédagogique : Faites relever que le rapport entre essences est intégralement conservé par la formule : 30/24 = 1,25, et 18,46/14,77 = 1,25 également. Les coefficients \( k_{\text{mod}} \) et \( \gamma_{M} \) étant communs, ils ne changent aucun classement. C'est une propriété utile pour les comparatifs : on peut raisonner directement sur les caractéristiques tant qu'on reste à conditions d'emploi identiques.
Résistance du chêne D40Pourquoi fait-on ce calcul ? C'est l'essence qui semble la plus prometteuse.
Même facteur commun — le feuillu ne change rien à \( \gamma_{M} \).
- Substitution : \( 0{,}615 \times 40 \), toujours le même facteur commun, appliqué cette fois au chêne D40.
- Piège évité : Chercher un \( \gamma_{M} \) spécifique aux feuillus : il n'y en a pas.
- Hypothèse validée : Valeurs du D40 lues au tableau des feuillus de la NF EN 338.
- 24,62 N/mm², soit 67 % de plus que le C24 : l'écart de résistance est spectaculaire, et trompeur. 24,62 N/mm², soit 67 % de plus que le C24.
- Finalité : Compléter le comparatif — et préparer sa remise en cause, puisqu'il repose sur la mauvaise propriété.
24,62 N/mm² — 67 % de plus que l'épicéa. L'écart semble décisif.
- Illusion : Cet écart de 67 % ne se traduira pas en gain de section : à l'ELS, le chêne ne fera gagner que 17 mm. pas en gain de section.
- Contraste : Le module, lui, ne gagne que 27 % — et la racine cubique n'en laissera qu'un peu plus du quart. 27 %.
- Raison : La rigidité dépend de la structure cellulaire, la résistance des défauts.
- Coût : Le chêne pèse 69 % Le chêne pèse 69 % de plus et coûte plusieurs fois le prix : deux coûts qui s'ajoutent au premier.
- À suivre : Le gain de hauteur réel ne sera que de 17 mm — insuffisant pour changer de section commerciale. 17 mm.
Remarque pédagogique : Faites annoncer dès maintenant le retournement à venir. La note reprise écrit ici que « le chêne offre une résistance nettement supérieure, ce qui devrait permettre d'utiliser des sections plus petites ». C'est exact si la résistance gouverne — et nous verrons en question 4 qu'elle ne gouverne pas du tout. Anticiper cette question, « quel critère commande vraiment ? », avant de comparer des matériaux, évite de payer une essence pour une propriété qui ne sert à rien.
"Les trois hauteurs théoriques sont correctes : 159,3, 142,5 et 123,4 mm. Ce que je veux souligner, c'est leur petitesse. Une solive de 5 mètres qui ne réclamerait que 12 cm de hauteur pour ne pas rompre — c'est le signe que la résistance n'est pas le sujet. La note passe pourtant à côté de cette lecture : elle choisit 180 mm pour les trois, l'explique par la gamme commerciale, et écrit que « le chêne est largement surdimensionné ». Il l'est en effet — mais pas de la façon qu'elle croit. Nous verrons que même 220 mm ne suffit pas, et que ce n'est pas la résistance qui l'exige."
- Observation : Les trois hauteurs théoriques de la note sont exactes.
- Analyse du risque : Leur petitesse annonce que l'ELU n'est pas dimensionnant.
- Choix stratégique : Chiffrer le taux de travail à l'ELU pour le confirmer.
- Point de méthode : La gamme commerciale retenue doit être écrite, non supposée.
- Objectif visé : Trois hauteurs ELU, et la démonstration qu'elles ne décideront de rien.
Voir uniquement le résultat final (Auto-évaluation)
Dimensionner, c'est inverser une vérification : on part de la sollicitation et l'on remonte à la géométrie.
Le module requis, puis la hauteur qui en découle à base imposée.
Module de flexion requis — § 6.1.6 :Inversion de la condition de résistance.
Parce que la vérification et le dimensionnement sont la même relation lue dans deux sens. Vérifier, c'est calculer une contrainte et la comparer à une résistance ; dimensionner, c'est se donner la résistance et en déduire la géométrie minimale. Le module de flexion \( W \) joue le rôle de traducteur entre le monde des efforts, exprimés en N·mm, et celui des contraintes, exprimées en N/mm². Une fois \( W_{\text{req}} \) connu, on sait exactement ce qu'il faut à la section — et c'est seulement à ce moment que le choix de la géométrie intervient, avec sa contrainte propre : la base est imposée à 75 mm.
- \( M_{\text{Ed}} = 4\,687\,500 \) : moment de calcul, unité : N·mm
- \( f_{m,\text{d}} \) : 14,77, 18,46 ou 24,62 selon l'essence, unité : N/mm²
- \( W_{y,\text{req}} \) : ce que la section doit fournir, unité : mm³
- \( b = 75 \) : base imposée par l'énoncé, unité : mm
- Contrainte : seule la hauteur reste libre, unité : —
Inversion de \( W = bh^{2}/6 \).
Parce que le module de flexion d'un rectangle varie comme le carré de la hauteur : l'inverser demande donc une racine carrée. Il faut bien distinguer cet exposant de celui qui interviendra pour la flèche : l'inertie varie comme le cube de la hauteur, et son inversion réclamera une racine cubique. Cette différence n'est pas anodine — elle signifie que la hauteur est un levier plus efficace contre la flèche que contre la rupture. Augmenter la hauteur de 10 % gagne 21 % de résistance, mais 33 % de rigidité. C'est une des raisons pour lesquelles, quand les deux critères sont serrés, c'est presque toujours la flèche qui finit par commander.
- Exposant 2 : la hauteur dans le module de flexion, unité : —
- Exposant 3 : la hauteur dans le moment quadratique, unité : —
- Facteur 6 : issu de \( W = I/v \) avec \( v = h/2 \), unité : —
- \( +10 \% \) de hauteur : +21 % de résistance, +33 % de rigidité, unité : —
- Gamme : les hauteurs commerciales avancent par paliers, unité : mm
"Beaucoup d'étudiants font l'erreur de s'arrêter au dimensionnement à l'ELU..."
- L'erreur : Commander du 75 × 180 parce que la résistance est vérifiée.
- La bonne méthode : Vérifier l'ELS avant toute décision d'approvisionnement.
- L'astuce de pro : Sur un plancher, estimer la hauteur par L/20 avant tout calcul.
- Le moyen mnémotechnique : « L'ELU dit si ça casse, l'ELS dit si ça passe ».
- L'impact direct : Ici, la flèche exigera 240 mm là où la résistance se contentait de 160.
Exécution de la Note de Calculs
- Moment : en N·mm
- Résistances : en N/mm²
- N·mm / (N/mm²) = mm³
- \( \sqrt{\text{mm}^{3}/\text{mm}} = \) mm
- Arrondir au-dessus , à la gamme commerciale
Un contrôle dimensionnel simple confirme la cohérence : des newtons-millimètres divisés par des newtons par millimètre carré donnent bien des millimètres cubes. Puis, en divisant par une longueur et en prenant la racine carrée, on retombe sur une longueur. Ce type de vérification prend cinq secondes et détecte immédiatement une confusion entre module de flexion et moment quadratique, dont les unités diffèrent d'un facteur longueur.
1. Résolution Numérique Hauteur requise pour l'épicéa C24Pourquoi fait-on ce calcul ? C'est l'essence la plus exigeante à l'ELU.
Module requis, puis hauteur par racine carrée.
- Substitution : \( 4\,687\,500/14{,}77 = 317\,383 \) mm³, puis \( \sqrt{6 \times 317\,383/75} \).
- Piège évité : Prendre une racine cubique : c'est le module, pas l'inertie.
- Hypothèse validée : Pas de déversement : les solives sont tenues par le platelage.
- Vérification croisée : 159,3 mm : à peine L/31, ce qui est très peu pour un plancher.
- Finalité : Établir que la résistance ne sera pas le critère dimensionnant.
159,3 mm — soit L/31, une élancement bien trop grand pour un plancher.
- Signal : Un plancher se dimensionne plutôt autour de L/20.
- Impact sur la suite : L'ELS exigera bien davantage.
- Cohérence : La note trouve la même valeur : ce poste est exact, et le désaccord portera sur l'usage qu'on en fait. exact.
- Lecture : Une hauteur ELU faible annonce que l'ELS gouvernera.
- Anticipation : La flèche réclamera 220 mm au minimum.
Remarque pédagogique : Faites installer le réflexe du ratio d'élancement. Une solive de plancher se situe habituellement entre L/18 et L/22 de hauteur. Ici, 159 mm pour 5 mètres donne L/31 : c'est deux fois trop mince pour un plancher réel, et cela suffit à prédire, sans aucun calcul de flèche, que l'ELS sera le critère dimensionnant. Ce genre de repère se vérifie en trois secondes et oriente toute la suite.
Hauteur requise pour le douglas C30Pourquoi fait-on ce calcul ? Pour mesurer le gain apporté par une classe supérieure.
Même démarche, avec la résistance de calcul du C30.
- Substitution : \( 4\,687\,500/18{,}46 = 253\,906 \) mm³.
- Piège évité : Croire que 25 % de résistance en plus donnent 25 % de hauteur en moins.
- Hypothèse validée : Base toujours imposée à 75 mm.
- Vérification croisée : 142,5 mm, soit 11 % de moins que le C24.
- Finalité : Montrer l'effet amorti de la racine carrée.
142,5 mm — seulement 11 % de moins, pour 25 % de résistance en plus.
- Amortissement : La racine carrée divise par deux l'effet relatif.
- Cohérence : \( \sqrt{24/30} = 0{,}894 \), soit exactement les 11 % constatés.
- Vérification : La note trouve la même valeur.
- Généralisation : Tout gain de résistance ne rend que sa racine en hauteur.
- Anticipation : Sur la flèche, l'effet sera encore plus amorti — racine cubique.
Remarque pédagogique : Faites retenir la règle d'amortissement : à l'ELU, un gain de résistance ne rend que sa racine carrée en réduction de hauteur ; à l'ELS, un gain de rigidité ne rend que sa racine cubique. C'est la raison profonde pour laquelle changer de classe de bois est presque toujours un mauvais levier économique — et pourquoi il vaut mieux jouer sur la géométrie ou sur la portée.
Hauteur requise pour le chêne D40Pourquoi fait-on ce calcul ? Pour chiffrer le meilleur cas possible à l'ELU.
Même démarche, avec la résistance de calcul du D40.
- Substitution : \( 4\,687\,500/24{,}62 = 190\,430 \) mm³.
- Piège évité : Conclure trop vite que le chêne permettra une petite section.
- Hypothèse validée : Résistance du D40 lue au tableau des feuillus de la NF EN 338.
- Vérification croisée : 123,4 mm, soit 23 % de moins que le C24.
- Finalité : Fixer la borne basse du comparatif à l'ELU.
123,4 mm — soit 23 % de moins, pour 67 % de résistance en plus.
- Amortissement : \( \sqrt{24/40} = 0{,}775 \), soit les 23 % constatés.
- Illusion : Ce gain de 36 mm sera entièrement effacé par l'ELS.
- Coût : Le chêne pèse 69 % de plus et coûte plusieurs fois le prix.
- Cohérence : La note trouve la même valeur.
- À suivre : À l'ELS, le chêne ne gagnera que 17 mm.
Remarque pédagogique : Faites comparer les deux amortissements successifs. À l'ELU, les 67 % de résistance supplémentaire du chêne ne rendent que 23 % de hauteur. À l'ELS, comme nous le verrons, ses 27 % de rigidité supplémentaire ne rendront que 8 %. C'est la double peine du choix d'essence : la propriété qui progresse le plus n'est pas celle qui sert, et l'exposant qui la traduit est le plus défavorable.
Taux de travail à l'ELU en section 75 × 220Pourquoi fait-on ce calcul ? Pour confirmer que l'ELU ne décide de rien.
Contrainte réelle dans la section retenue, rapportée à la résistance du C24.
- Substitution : \( W(75 \times 220) = 605\,000 \) mm³, d'où \( \sigma = 7{,}75 \) N/mm².
- Piège évité : Ne jamais revenir vérifier le taux après avoir changé de section.
- Hypothèse validée : Section 75 × 220, celle que retient la note.
- Vérification croisée : \( 7{,}75/14{,}77 \), soit un peu plus de la moitié.
- Finalité : Chiffrer l'écart entre les deux critères.
52,5 % — la section imposée par la flèche travaille à moitié en résistance.
- Confirmation : L'ELU dispose d'une marge de 47,5 %.
- Conséquence : Toute la moitié supérieure de la capacité en flexion est inutilisée.
- Diagnostic : Le dimensionnement est entièrement commandé par l'ELS.
- Conséquence pratique : Payer une classe supérieure serait sans effet.
- En D40 : Le taux ne serait plus que de 31,5 %.
Remarque pédagogique : Faites tirer la conséquence économique de ce 52,5 %. La moitié de la capacité en flexion du bois n'est pas utilisée, et elle ne le sera jamais : c'est la flèche qui impose la section. Acheter du douglas ou du chêne pour gagner en résistance revient donc à payer une propriété qu'on n'emploiera pas. C'est exactement le raisonnement que la question 5 devra formaliser.
"Voici le point le plus instructif de tout l'exercice, et il tient à une décimale. La note calcule la flèche de la section 75 × 220 en épicéa, annonce « environ 16,6 mm », la compare à 16,67 mm et conclut : conforme. Le calcul exact donne 16,675 mm. L'arrondi à une décimale — 16,675 devenu 16,6 au lieu de 16,7 — a inversé le verdict. La section ne satisfait pas le critère, de très peu, mais elle ne le satisfait pas : le taux est de 100,05 %. Et ce n'est que le début, parce que la note écarte ensuite le fluage après l'avoir explicitement mentionné dans sa propre foire aux questions."
- Observation : « 16,6 mm ≤ 16,67 » — le calcul exact donne 16,675 : l'arrondi à une décimale a fait passer la flèche du mauvais côté du seuil. 16,675.
- Analyse du risque : L'arrondi à une décimale a inversé la conclusion : huit millièmes de millimètre séparent la conformité annoncée du dépassement réel. inversé la conclusion.
- Choix stratégique : Calculer la hauteur requise exacte, sans passer par des essais.
- Point de méthode : Traiter le fluageTraiter le fluage, que la note mentionne puis écarte faute de connaître la répartition \( G/Q \) — une donnée manquante ne dispense pas de l'encadrement.
- Objectif visé : Une hauteur défendableUne hauteur défendable, fluage compris, et non la plus petite qui passe de justesse en instantané.
Voir uniquement le résultat final (Auto-évaluation)
Sur un plancher de portée courante, ce n'est presque jamais la rupture qui commande : c'est la déformation.
La flèche instantanée, puis la combinaison qui intègre le fluage.
Flèche instantanée — § 7.2 :Poutre isostatique sous charge répartie.
Parce qu'elle résulte de la double intégration de la courbure le long de la poutre. Deux exposants y commandent tout. La portée intervient à la puissance quatre : c'est le paramètre le plus sensible de tout le calcul de structure, très loin devant la charge. Et la hauteur intervient au cube, par l'intermédiaire de l'inertie — ce qui en fait un levier remarquablement efficace. Comparons avec l'ELU, où le moment varie en \( L^{2} \) et le module en \( h^{2} \) : les deux exposants sont doublés côté flèche. C'est cette double différence, et non un quelconque effet de matériau, qui explique qu'au-delà d'une certaine portée le critère de déformation finisse toujours par l'emporter.
- \( 5qL^{4} = 4{,}6875 \times 10^{15} \) : constante du problème, unité : N·mm³
- \( L^{4} = 6{,}25 \times 10^{14} \) : terme dominant, unité : mm⁴
- \( E_{0,\text{mean}} = 11\,000 \) : module moyen : module moyen du C24, valeur recoupée sur tableau professionnel, unité : N/mm²
- \( I_{y} \) : moment quadratique, en \( h^{3} \), unité : mm⁴
- Critère : \( L/300 = 16{,}667 \) mm, critère de projet imposé par l'énoncé, unité : 16,667 mm, unité : mm
EN 1995-1-1, prise en compte du fluage.
Parce que le bois est viscoélastique : sous une charge maintenue, il continue lentement de se déformer pendant des années. Une étagère chargée de livres fléchit un peu le premier jour, et davantage un an plus tard, sans que le poids ait changé. Le coefficient \( k_{\text{def}} \) chiffre cet accroissement — 0,60 pour le bois massif en classe de service 1. La combinaison du § 2.2.3(5) applique ce fluage différemment selon la nature des charges : les permanentes fluent intégralement, d'où un facteur \( 1 + k_{\text{def}} = 1{,}60 \) ; les variables ne fluent qu'à hauteur de leur présence moyenne, d'où \( 1 + \psi_{2}k_{\text{def}} \), soit 1,18 pour un bureau. Ne connaissant pas la répartition \( G/Q \), nous bornerons le résultat entre ces deux extrêmes.
- \( k_{\text{def}} = 0{,}60 \) : bois massif en classe de service 1 — valeur du Tableau 3.2, unité : —
- \( 1 + k_{\text{def}} = 1{,}60 \) : charge entièrement permanente : hypothèse d'une charge entièrement permanente, borne haute de l'encadrement, unité : —
- \( 1 + \psi_{2}k_{\text{def}} = 1{,}18 \) : charge entièrement variable, bureau, unité : —
- \( \psi_{2} = 0{,}3 \) : catégorie B, EN 1990 Tableau A1.1 — paramètre national, unité : —
- Encadrement : le facteur réel se situe entre 1,18 et 1,60 selon la part permanente, unité : 1,18 et 1,60, unité : —
"Beaucoup d'étudiants font l'erreur d'arrondir avant de comparer à la limite..."
- L'erreur : Écrire « ≈ 16,6 mm » puis conclure que c'est inférieur à 16,67 : l'arrondi est fait avant la comparaison, et il la décide.
- La bonne méthode : Calculer 16,675, comparer, puis annoncer le taux de 100,05 %.
- L'astuce de pro : Exprimer le résultat en taux : un pourcentage ne se prête pas à l'ambiguïté.
- Le moyen mnémotechnique : « On arrondit pour lire, jamais pour décider »« On arrondit pour lire, jamais pour décider » — l'arrondi appartient à la présentation du résultat, jamais au raisonnement qui y mène.
- L'impact direct : Un verdict inversé, et une section commandée qui ne convient pas.
Exécution de la Note de Calculs
- Charge : en N/mm , valeur numérique inchangée
- Portée : 5 000 mm , à la puissance 4
- Inertie : en mm⁴
- N/mm × mm⁴ / (N/mm² × mm⁴) = mm
- Conserver trois décimales sur la flèche
Aucune difficulté d'unités, mais une exigence de précision inhabituelle. La vérification se joue ici sur un écart de huit millièmes de millimètre : conserver deux décimales suffit, une seule ne suffit pas. Le remède le plus sûr n'est pas de compter les décimales mais de changer de format : exprimer le résultat en taux de travail. Un « 100,05 % » ne laisse aucune place à l'interprétation, là où « environ 16,6 mm » en laisse toute la place.
1. Résolution Numérique Flèche admissiblePourquoi fait-on ce calcul ? C'est la référence de toute la question.
Portée divisée par 300, en millimètres.
- Substitution : \( 5\,000/300 \), la portée étant convertie en millimètres avant division.
- Piège évité : Diviser 5,00 Diviser 5,00 par 300 et trouver 0,0167 — on obtiendrait des mètres présentés comme des millimètres, soit un facteur mille.
- Hypothèse validée : Critère \( L/300 \) imposé par l'énoncé : c'est une exigence de projet, plus sévère que le L/200 réglementaire de la flèche finale. imposé par l'énoncé.
- Vérification croisée : 16,667 mm — et non 16,67 : la troisième décimale comptera.
- Finalité : Fixer le seuil auquel confronter toutes les flèches calculées, instantanées comme finales.
16,667 mm — la note écrit 16,67, ce qui suffira presque.
- Ordre de grandeur : Un peu plus d'un centimètre et demi sur cinq mètres de portée — l'ordre de grandeur qu'un plancher courant ne doit pas dépasser.
- Impact sur la suite : C'est le seuil que la section 75 × 220 va franchir de peu.
- Précision : L'écart à venir sera de 0,008 mm L'écart à venir sera de 0,008 mm : à cette échelle, chaque décimale conservée décide du verdict.
- Origine : \( L/300 \) est le bord sévère \( L/300 \) est le bord sévère de la plage du Tableau 7.2 ; l'annexe nationale le réserve d'ailleurs à la flèche instantanée.
- Comparaison : À \( L/250 \), la limite serait de 20 mm et la section de la note passerait sans discussion : le critère fait le verdict. 20 mm.
Remarque pédagogique : Faites noter que 5 000 divisé par 300 ne tombe pas juste : 16,6666…. Écrire 16,67 est correct pour communiquer, mais il faut conserver la valeur exacte pour comparer. C'est un cas où le nombre lui-même prévient qu'il faudra faire attention — un quotient non exact au dénominateur d'une comparaison serrée est toujours un signal.
Flèche de la section 75 × 180Pourquoi fait-on ce calcul ? C'est la section retenue à l'ELU.
Terme constant divisé par \( 384\,E\,I \), avec \( I = 36{,}45 \times 10^{6} \) mm⁴.
- Substitution : \( 4{,}6875 \times 10^{15}/(384 \times 11\,000 \times 36{,}45 \times 10^{6}) \).
- Piège évité : Employer le module de flexion \( W \) au lieu de l'inertie \( I \).
- Hypothèse validée : Charge de service prise à 1,5 kN/m, lecture sécuritaire retenue faute de précision de l'énoncé. 1,5 kN/m, lecture sécuritaire.
- Vérification croisée : 30,4 mm, soit près du double de la limite — la section issue du seul ELU est très loin du compte. double de la limite.
- Finalité : Établir que la section issue du seul ELU est très insuffisante, et non marginalement. très insuffisante.
30,4 mm — 182,7 % de la limite : la section de l'ELU est loin du compte.
- Verdict : Non conforme, et de 83 % : ce n'est pas un ajustement, c'est un changement de section. 83 %.
- Confirmation : C'est bien l'ELS qui gouverne, comme le laissait prévoir le ratio L/31.
- Cohérence : La note trouve la même valeur : ce poste est exact, et le désaccord portera sur l'usage qu'on en fait. exact.
- Sensation : Trois centimètres de flèche au milieu d'une portée de cinq mètres : un plancher inutilisable, visible à l'œil nu et inconfortable à la marche. inutilisable.
- Levier : Il faut gagner un facteur 1,83 sur l'inertie — soit 22 % de hauteur en plus, la puissance cubique jouant ici en faveur. 1,83 sur l'inertie.
Remarque pédagogique : Faites mesurer l'écart entre les deux critères : la résistance se contentait de 159 mm, la flèche en réclame près de 221. Ce n'est pas un ajustement mais un changement de gamme. Sur les planchers de portée courante, cet écart est la règle et non l'exception — d'où l'habitude, en bureau d'études, de pré-dimensionner directement à l'ELS et de ne vérifier l'ELU qu'ensuite.
Flèche de la section 75 × 220 — sans arrondirPourquoi fait-on ce calcul ? C'est la section que la note déclare conforme.
Même formule, avec \( I = 66{,}55 \times 10^{6} \) mm⁴, en conservant trois décimales.
- Substitution : \( 4{,}6875 \times 10^{15}/(384 \times 11\,000 \times 66{,}55 \times 10^{6}) \).
- Piège évité : Arrondir à 16,6 Arrondir à 16,6 et conclure à la conformité : c'est exactement l'erreur de la note, et elle suffit à inverser le verdict.
- Hypothèse validée : \( I(75 \times 220) = 75 \times 220^{3}/12 = 66\,550\,000 \) mm⁴.
- Vérification croisée : 16,675 dépasse 16,667 : le critère n'est pas satisfait, fût-ce de huit millièmes. pas satisfait.
- Finalité : Rétablir le verdict que l'arrondi avait inversé, et le formuler en taux pour qu'il ne prête plus à discussion.
100,05 % — non conforme, de huit millièmes de millimètre.
- Verdict : La section 75 × 220 ne satisfait pas le critère \( L/300 \).
- Cause : Un arrondi de 16,675 à 16,6 Un arrondi de 16,675 à 16,6 au lieu de 16,7 : non seulement il précède la comparaison, mais il se fait dans le mauvais sens.
- Ampleur : L'écart absolu vaut 0,008 mm L'écart absolu vaut 0,008 mm — dérisoire en valeur, mais du mauvais côté du seuil, ce qui suffit.
- Format : Exprimé en tauxExprimé en taux — 100,05 % — le résultat ne prête plus à discussion : aucun arrondi ne peut le ramener sous 100.
- À suivre : Le fluage rendra cet écart de huit millièmes anecdotique : il ajoutera de 18 à 60 % à la flèche. huit millièmes anecdotique.
Remarque pédagogique : Faites discuter la portée réelle de ce dépassement. Huit millièmes de millimètre n'ont aucune signification physique : aucun plancher ne se comporte différemment à 16,675 qu'à 16,667 mm. Mais une vérification réglementaire est binaire, et une note qui écrit « conforme » là où le calcul dit l'inverse engage la responsabilité de son auteur. Le bon réflexe n'est pas de tricher avec la décimale : c'est de signaler que la marge est nulle et de proposer la section supérieure.
Hauteur requise exactePourquoi fait-on ce calcul ? Pour trancher sans procéder par essais.
Inertie requise, puis hauteur par racine cubique.
- Substitution : \( I_{\text{req}} = 4{,}6875 \times 10^{15}/(384 \times 11\,000 \times 16{,}667) \).
- Piège évité : Procéder par tâtonnementProcéder par tâtonnement, comme le fait la note : le calcul direct de la hauteur limite évite tout essai successif.
- Hypothèse validée : Flèche instantanée Flèche instantanée seule à ce stade, le fluage étant traité séparément pour que chaque effet reste lisible.
- Vérification croisée : \( I_{\text{req}} = 66{,}58 \times 10^{6} \), légèrement supérieur à celui du 220.
- Finalité : Obtenir la hauteur limite exacte, celle en deçà de laquelle aucune section ne passe. exacte, sans ambiguïté.
220,04 mm — quatre centièmes au-dessus de la section retenue par la note.
- Verdict : 220 mm ne suffit pas : il faut passer à la hauteur commerciale supérieure, soit 240 mm. supérieure.
- Méthode : Le calcul direct évite Le calcul direct de la hauteur requise évite tout tâtonnement, et donne du même coup la marge disponible.
- Cohérence : Il confirme le taux de 100,05 % obtenu par l'autre voie : deux chemins indépendants, même conclusion.
- Coïncidence : Tomber à 0,02 % Tomber à 0,02 % d'une section commerciale est très improbable : c'est le signe que la note a ajusté ses arrondis jusqu'à obtenir le résultat voulu.
- À suivre : Le fluage portera cette exigence bien au-delà : de 232,5 à 257,4 mm selon la répartition des charges.
Remarque pédagogique : Faites adopter le calcul direct de la hauteur requise plutôt que la méthode par essais. La note procède par tâtonnement — « essayons 180, puis 220 » — ce qui fonctionne mais laisse le résultat dépendre de l'arrondi à chaque étape. Inverser la formule donne 220,04 mm en une ligne, valeur qu'aucune interprétation ne peut faire passer sous 220.
Flèche de la section 75 × 240Pourquoi fait-on ce calcul ? C'est la section commerciale immédiatement supérieure.
Même formule, avec \( I = 86{,}40 \times 10^{6} \) mm⁴.
- Substitution : \( I = 75 \times 240^{3}/12 = 86\,400\,000 \) mm⁴.
- Piège évité : Croire que 20 mm de plus n'apportent qu'un gain marginal : l'inertie variant au cube, ils apportent 30 %.
- Hypothèse validée : Gamme commerciale à confirmer Gamme commerciale à confirmer auprès du fournisseur : les paliers varient d'une scierie à l'autre.
- Vérification croisée : \( (240/220)^{3} = 1{,}30 \) : l'inertie gagne 30 %.
- Finalité : Obtenir une marge réelle Obtenir une marge réelle en instantané, seule façon d'absorber ensuite le fluage.
12,84 mm — 77,1 % de la limite : une marge enfin réelle.
- Verdict : Conforme en instantané, avec 23 % de marge — mais cette marge est précisément ce que le fluage va consommer. 23 % de marge.
- Efficacité : 9 % 9 % de hauteur en plus donnent 23 % de flèche en moins : le meilleur rapport de tout l'exercice.
- Mécanisme : L'inertie varie au cube de la hauteur : c'est ce qui rend la hauteur si efficace, et l'essence si peu. cube de la hauteur.
- Élancement : 240 mm pour 5 m donne L/21, valeur habituelle pour une solive de plancher — le résultat est plausible. L/21, valeur habituelle.
- Réserve : Cette marge de 23 % devra absorber le fluage, qui pèse de 18 à 60 % : elle n'y suffira pas dans l'hypothèse défavorable. fluage.
Remarque pédagogique : Faites relever l'efficacité du passage de 220 à 240 mm : 9 % de hauteur supplémentaire suppriment 23 % de flèche. C'est l'effet du cube, et c'est ce qui rend le saut de gamme si rentable quand une vérification passe de justesse. Notez aussi le ratio obtenu : L/21, qui correspond exactement au pré-dimensionnement usuel d'un plancher — une confirmation que la solution est la bonne.
Effet du fluage, encadréPourquoi fait-on ce calcul ? La note l'évoque puis l'écarte « pour simplifier ».
Application des deux facteurs extrêmes du § 2.2.3(5).
- Substitution : \( 16{,}675 \times 1{,}18 \) et \( 16{,}675 \times 1{,}60 \).
- Piège évité : Écarter le fluage parce que la répartition \( G/Q \) est inconnue : une donnée manquante s'encadre, elle ne s'ignore pas. inconnue.
- Encadrement : Deux bornes : tout variable avec \( \psi_{2} = 0{,}3 \), ou tout permanent — le cas réel se situe nécessairement entre les deux.
- Vérification croisée : En 75 × 240, le taux final reste entre 90,9 et 123,3 % : conforme dans l'hypothèse favorable, non conforme dans l'autre. 90,9 et 123,3 %.
- Finalité : Établir une hauteur défendable Établir une hauteur défendable malgré la donnée manquante, en assumant l'encadrement plutôt qu'en choisissant arbitrairement.
118 à 160 % — la section 75 × 220 échoue dans toutes les hypothèses.
- Verdict : L'écart de huit millièmes devient un dépassement de 18 à 60 % : le fluage change l'échelle du problème. 18 à 60 %.
- En 75 × 240 : En 75 × 240, le taux tombe entre 90,9 et 123,3 % selon la part permanente des charges. 90,9 et 123,3 %.
- Hauteur requise : Entre 232,5 et 257,4 mm Entre 232,5 et 257,4 mm selon la répartition \( G/Q \) — une fourchette de 25 mm, soit une section commerciale entière.
- Recommandation : 240 mm 240 mm au minimum, 280 dans l'hypothèse défavorable : c'est la fourchette à porter dans la note tant que \( G/Q \) reste inconnu.
- Priorité : Obtenir la répartition G/Q Obtenir la répartition \( G/Q \) lève toute l'incertitude : une seule donnée à demander, et la fourchette se referme sur une valeur.
Remarque pédagogique : Faites relativiser l'histoire de l'arrondi au vu de ce résultat. L'écart de huit millièmes de millimètre était réel et il fallait le relever — mais le fluage, lui, ajoute entre 18 et 60 %. Une note qui se bat sur la troisième décimale tout en négligeant un phénomène qui majore le résultat de moitié se trompe d'échelle. Les deux corrections sont nécessaires ; seule la seconde change la conception.
"Voici le moment où le comparatif se retourne. La note a passé quatre questions à comparer des résistances — 14,77, 18,46 et 24,62 N/mm² — en concluant que le chêne permettrait des sections plus petites. Mais puisque c'est la flèche qui gouverne, la seule propriété qui compte est le module. Et celui-ci ne varie que de 27 % entre l'épicéa et le chêne, quand la résistance variait de 67 %. Pire : la hauteur requise varie comme la racine cubique du module, ce qui amortit encore l'écart. Résultat : le chêne, qui coûte plusieurs fois le prix de l'épicéa et pèse 69 % de plus, ne fait gagner que 17 mm de hauteur."
- Observation : Le comparatif de la note porte sur la mauvaise propriété.
- Analyse du risque : La flèche gouverne : seul le module compte.
- Choix stratégique : Calculer la hauteur requise par la flèche pour les trois essences.
- Point de méthode : Comparer aussi les masses, qui pèsent sur toute la structure.
- Objectif visé : Un choix fondé sur le critère qui décide réellement.
Voir uniquement le résultat final (Auto-évaluation)
Un comparatif de matériaux n'a de sens que rapporté au critère qui gouverne — ici, la rigidité.
La hauteur requise par la flèche, puis les critères de comparaison.
Hauteur requise par la flèche :Inversion de la formule de la flèche, base imposée.
Parce qu'elle exprime directement ce que chaque essence exige, sans passer par des essais successifs. En égalant la flèche à sa limite et en isolant la hauteur, on obtient une relation en \( E^{-1/3} \) : la hauteur requise varie comme l'inverse de la racine cubique du module. C'est un amortissement redoutable pour qui espère gagner en changeant d'essence. Un module supérieur de 27 % — l'écart entre épicéa et chêne — ne réduit la hauteur que de 8 %, parce que \( 1{,}27^{1/3} = 1{,}083 \). Autrement dit, les trois quarts de l'avantage de rigidité du chêne se perdent dans l'exposant, et le quart restant ne suffit pas à changer de section commerciale.
- \( E_{0,\text{mean}} \) : 11 000, 12 000 ou 14 000 selon l'essence, unité : N/mm²
- Exposant −1/3 : il amortit les écarts de module, unité : —
- \( 1{,}27^{1/3} = 1{,}083 \) : 27 % de module rendent 8 % de hauteur, unité : —
- \( b = 75 \) : base imposée, unité : mm
- \( f_{m,\text{k}} \) : absente de la formule — c'est tout le sujet, unité : —
Masse linéique et rigidité par unité de résistance.
Parce qu'un choix de matériau ne se réduit pas à une performance mécanique. La masse se répercute en cascade : elle charge les solives elles-mêmes, puis les murs, puis les fondations, et complique la manutention sur chantier. Le rapport \( E/f_{m,\text{k}} \), lui, mesure quelque chose de plus subtil : la rigidité obtenue par unité de résistance payée. Or les classes de bois sont tarifées sur la résistance — c'est elle qui donne son nom à la classe — alors que c'est la rigidité qui sert ici. Ce rapport vaut 458 pour le C24, 400 pour le C30 et seulement 350 pour le D40 : c'est l'épicéa, l'essence la moins chère, qui offre le meilleur rendement sur le critère qui compte.
- \( \rho_{\text{k}} \) : 350, 380 ou 590 selon l'essence — NF EN 338, unité : kg/m³
- \( E/f_{m,\text{k}} = 458 \) : épicéa C24 — le meilleur rendement, unité : —
- 400 : douglas C30, unité : —
- 350 : chêne D40 — le moins bon, unité : —
- Conséquence : monter en classe dégrade le rendement, unité : —
"Beaucoup d'étudiants font l'erreur de comparer les essences sur leur résistance..."
- L'erreur : Choisir le chêne parce qu'il est 67 % plus résistant.
- La bonne méthode : La flèche gouverne : comparer les modules, qui ne diffèrent que de 27 %.
- L'astuce de pro : Calculer \( E/f_{m,\text{k}} \) : il décroît quand la classe monte.
- Le moyen mnémotechnique : « On paye la résistance, on utilise la rigidité ».
- L'impact direct : 17 mm de hauteur gagnés, pour 69 % de masse et un surcoût considérable.
Exécution de la Note de Calculs
- Hauteurs : en mm
- Masse volumique : en kg/m³
- kg/m³ × m × m = kg/m
- Le rapport \( E/f_{m,\text{k}} \) est sans unité
- Convertir les dimensions en mètres pour les masses
Une seule vigilance ici, et elle porte sur les masses : la masse volumique est donnée en kg/m³ alors que les dimensions sont en millimètres. Il faut donc convertir la section en mètres carrés — 75 × 240 mm devient 0,075 × 0,240 m — avant de multiplier. Oublier cette conversion produit une masse un million de fois trop grande, erreur heureusement visible.
1. Résolution Numérique Hauteur requise par la flèche, épicéa C24Pourquoi fait-on ce calcul ? C'est la référence du comparatif.
Inertie requise, puis hauteur par racine cubique.
- Substitution : \( I_{\text{req}} = 66{,}58 \times 10^{6} \) mm⁴, déjà établi en question 4.
- Piège évité : Prendre une racine carrée : c'est l'inertie, pas le module.
- Hypothèse validée : Flèche instantanée, pour un comparatif à hypothèses constantes.
- Vérification croisée : 220,0 mm : cohérent avec le calcul de la question 4.
- Finalité : Fixer la base à laquelle comparer les deux autres essences.
220,0 mm — la référence, contre 159,3 mm exigés par la seule résistance.
- Écart entre critères : +38 % de hauteur exigés par l'ELS.
- Élancement : L/23, valeur habituelle pour un plancher.
- Confirmation : C'est bien la flèche qui commande le dimensionnement.
- Section retenue : 75 × 240, fluage compris.
- À suivre : Les deux autres essences vont peu s'en écarter.
Remarque pédagogique : Faites comparer les deux hauteurs obtenues pour la même essence : 159,3 mm par la résistance, 220,0 mm par la flèche. L'écart de 38 % n'est pas une anomalie mais la situation normale d'un plancher de portée courante. Elle justifie une pratique de bureau d'études : pré-dimensionner directement à l'ELS, puis vérifier l'ELU en fin de course — l'inverse fait perdre du temps.
Hauteur requise pour le douglas C30Pourquoi fait-on ce calcul ? Pour mesurer le gain réel d'une classe supérieure.
Même démarche, avec un module de 12 000 N/mm².
- Substitution : \( h = 220{,}0 \times (11\,000/12\,000)^{1/3} \).
- Piège évité : Attendre un gain proportionnel à l'écart de résistance.
- Hypothèse validée : Seul le module change entre les deux calculs.
- Vérification croisée : 213,7 mm, soit 2,9 % de moins seulement.
- Finalité : Montrer que le gain ne change pas de section commerciale.
213,7 mm — 6 mm de gagnés, pour 25 % de résistance en plus.
- Gain dérisoire : 2,9 % de hauteur, insuffisant pour changer de section.
- Conséquence : Il faudrait la même section commerciale de 240 mm.
- Cause : Le module ne gagne que 9 %, et la racine cubique en garde le tiers.
- Vérification : \( (12/11)^{1/3} = 1{,}029 \), exactement les 2,9 % constatés.
- Verdict : Le surcoût du douglas serait intégralement perdu.
Remarque pédagogique : Faites suivre la chaîne d'amortissement : 25 % de résistance en plus, mais seulement 9 % de module — et la racine cubique n'en garde que 2,9 % en hauteur. Deux amortissements successifs, l'un physique et l'autre géométrique, ramènent un avantage commercial affiché à un quart de pour cent de section. C'est le genre de calcul qu'il faut faire avant de consulter un fournisseur.
Hauteur requise pour le chêne D40Pourquoi fait-on ce calcul ? C'est le meilleur cas — et il déçoit.
Même démarche, avec un module de 14 000 N/mm².
- Substitution : \( h = 220{,}0 \times (11\,000/14\,000)^{1/3} \).
- Piège évité : Espérer un gain de 40 %, comme le suggérait la résistance.
- Hypothèse validée : Module du D40 lu au tableau des feuillus de la NF EN 338.
- Vérification croisée : 203,0 mm, soit 17 mm de gagnés.
- Finalité : Confronter ce gain au surcoût et à la surcharge.
203,0 mm — 17 mm gagnés, pour 67 % de résistance et 69 % de masse en plus.
- Gain : 7,7 % de hauteur seulement.
- Conséquence : La même section commerciale de 240 mm resterait nécessaire.
- Double amortissement : 67 % de résistance d'où 27 % de module d'où 7,7 % de hauteur.
- Vérification : \( (14/11)^{1/3} = 1{,}083 \), soit les 7,7 % constatés.
- Verdict : Le chêne est disqualifié sur ce projet.
Remarque pédagogique : Faites retracer le double amortissement qui condamne le chêne. Son avantage affiché est de 67 % — c'est la résistance, celle qui donne son nom à la classe et fixe le prix. Mais la propriété utile ici est le module, qui ne gagne que 27 %. Et la racine cubique n'en restitue que 7,7 % en hauteur. Un avantage commercial de deux tiers se réduit ainsi à moins d'un dixième de section.
Masses linéiques en section 75 × 240Pourquoi fait-on ce calcul ? Parce que la masse se répercute sur tout l'ouvrage.
Masse volumique multipliée par la section, en mètres.
- Substitution : \( \rho \times 0{,}075 \times 0{,}240 \) pour chaque essence.
- Piège évité : Garder les dimensions en millimètres : facteur 10⁶ d'erreur.
- Hypothèse validée : Masses volumiques tabulées par la NF EN 338.
- Vérification croisée : 6,30, 6,84 et 10,62 kg/m.
- Finalité : Chiffrer le coût caché du chêne, au-delà de son prix d'achat.
10,62 kg/m pour le chêne — 69 % de plus que l'épicéa.
- Surcharge : 4,3 kg par mètre de solive, sur toute la surface.
- Cascade : La masse charge les murs, puis les fondations.
- Effet second : Elle augmente aussi la flèche due au poids propre.
- Chantier : Une solive de 5 m pèse 53 kg en chêne contre 32 en épicéa.
- Bilan : Le gain de 17 mm est largement annulé.
Remarque pédagogique : Faites remarquer l'effet en boucle de la masse : un bois plus dense alourdit la solive, ce qui augmente la charge permanente, donc la flèche — et donc la hauteur requise. Le chêne se pénalise lui-même. Sur un calcul rigoureux où le poids propre serait recalculé essence par essence, son avantage de 17 mm se réduirait encore.
Rendement rigidité sur résistancePourquoi fait-on ce calcul ? Pour formaliser le critère de décision.
Rapport du module à la résistance caractéristique, essence par essence.
- Substitution : \( 11\,000/24 \), \( 12\,000/30 \) et \( 14\,000/40 \).
- Piège évité : Croire que la classe supérieure est toujours meilleure.
- Interprétation : Rigidité obtenue par unité de résistance payée.
- Vérification croisée : 458, 400 et 350 : le rendement décroît.
- Finalité : Justifier le choix de l'épicéa en une seule grandeur.
458 / 400 / 350 — c'est l'épicéa, l'essence la moins chère, qui rend le mieux.
- Verdict : Le rendement décroît quand la classe monte.
- Explication : On paye la résistance, on utilise la rigidité.
- Ampleur : Le chêne rend 24 % de moins que l'épicéa sur ce critère.
- Généralité : Cette décroissance se lit directement dans les tableaux de la NF EN 338.
- Choix retenu : Épicéa C24 en 75 × 240 mm.
Remarque pédagogique : Faites de ce rapport un réflexe de pré-étude. Avant tout comparatif d'essences, demandez-vous quel critère gouverne : si c'est la déformation, calculez \( E/f_{m,\text{k}} \) et constatez qu'il décroît quand la classe monte. Autrement dit, quand la flèche commande, monter en gamme revient à payer davantage pour un rendement moindre. C'est le contraire de l'intuition, et cela se vérifie en trois divisions.
BILAN FINAL DE LA MISSION
Checklist d'Auto-Évaluation
Avant de clore cet exercice, vérifiez que vous avez bien assimilé la démarche globale de vérification :
Avis technique — la section 75 × 220 retenue par la note ne satisfait pas le critère de flèche, et il faut monter à 75 × 240 au minimum. Le moment de calcul vaut 4 687 500 N·mm et les résistances de calcul 14,77, 18,46 et 24,62 N/mm² — trois valeurs exactes dans la note. Les hauteurs requises par la résistance ne sont que de 159,3, 142,5 et 123,4 mm : l'ELU n'est pas dimensionnant, et il ne travaille qu'à 52,5 % dans la section finalement retenue. C'est la flèche qui commande : en 75 × 220, elle atteint 16,675 mm pour une limite de 16,667, soit 100,05 %. La hauteur requise exacte est de 220,04 mm. Une fois le fluage compté, l'exigence monte entre 232,5 et 257,4 mm selon la répartition des charges. Le comparatif d'essences, enfin, donne des hauteurs de 220,0, 213,7 et 203,0 mm : le chêne ne gagne que 17 mm.
Un arrondi inverse le verdict : 16,675 mm écrits « environ 16,6 » passent pour conformes, alors que le taux réel est de 100,05 %. Et le comparatif d'essences juge les bois sur une propriété qu'on n'utilisera pas — c'est le module qui commande ici, non la résistance, d'où les 17 mm seulement gagnés par le chêne. La plus-value technique de cette étude tient à ces deux corrections : on arrondit pour lire, jamais pour décider.
Les valeurs de coefficients et les résistances caractéristiques employées dans cet exercice proviennent des tableaux de la NF EN 1995-1-1 et des normes produits associées. Chacune est rattachée ci-dessous à la clause ou au tableau qui la fixe, de sorte qu'un tiers puisse la retrouver et vérifier le calcul sans le refaire. Les valeurs relevant d'un paramètre national sont signalées comme telles : c'est l'annexe nationale du pays du projet qui les arrête. Les coefficients qui ont pu être confirmés sur source — \( k_{\text{mod}} \), \( \gamma_{M} \) et \( \beta_{\text{c}} \) — ne figurent pas dans cette liste.








