Limon traité à la chaux vive en couche de forme : de l'état hydrique du sol à la tenue au gel
Un limon de déblai trop humide doit être traité puis compacté en couche de forme ; la note doit établir sa classe, le dosage en chaux, la qualité du compactage et l'insensibilité au gel du mélange.
Le déblai du PR 3+400 de la déviation fournit un limon dont les sondages donnent une teneur en eau naturelle de 17,4 %, pour une teneur en eau à l'optimum Proctor normal de 15,0 %. Les deux tentatives de compactage menées la semaine dernière ont produit un matelassage sous les compacteurs et un ornièrage des pistes : le matériau est manifestement trop humide pour être mis en œuvre tel quel. Le dépôt et l'emprunt de grave d'apport ont été chiffrés à 41 € le mètre cube en place, contre 9 € pour un traitement en place.
L'essai d'aptitude au traitement est revenu favorable et l'étude de formulation propose 2,0 % de chaux vive. La planche d'essai est programmée le 27 avril sur 200 m linéaires, et la couche de fondation suit à trois semaines. Il vous revient d'établir la classe du sol et son état hydrique, de chiffrer ce que la chaux vive va réellement enlever comme eau et ce qu'il faut épandre, de dépouiller le contrôle de compactage de la planche, et de conclure sur la tenue au gel du mélange avant que la couche ne soit acceptée.
L. B., directeur de travaux terrassements
- 01 Couches de chaussée — fondation, base et roulement, hors du présent lot
- 02 Couche de forme — limon du déblai traité à 2,0 % de chaux vive
- 03 Arase des terrassements — surface du sol support de la couche de forme
- 04 Limon en place, non traité — matériau du déblai à classer
- 05 Tranche de 8 cm en partie inférieure — fond de couche au sens du GTR
La couche de forme n'est pas un matériau d'apport : c'est le limon du déblai lui-même, traité puis remis en place, et c'est de là que vient l'économie de la solution. Le dessin fixe la géométrie et les données d'entrée, sans porter aucune valeur calculée. Il fixe aussi ce qui sépare deux repères que l'on confond souvent : l'arase des terrassements, qui est la surface du sol support, et le fond de couche, qui désigne la tranche de huit centimètres située à la partie inférieure de la couche compactée — c'est sur cette tranche, et non sur l'arase, que porte le second critère de compactage.
Ordre de grandeur : 0,35 m d'épaisseur sur 8,00 m de largeur et 200 m de longueur, c'est 560 m³ de matériau à traiter pour la seule planche d'essai — l'équivalent d'une piscine olympique remplie au quart, et une quarantaine de semi-remorques s'il avait fallu l'évacuer.
Le dossier réunit quatre pièces : le rapport d'identification géotechnique du limon, l'extrait du tableau de classification qui sert à le classer, l'étude de formulation du mélange traité, et la fiche de contrôle de la planche d'essai. Deux guides encadrent l'étude — le Guide des terrassements des remblais et des couches de forme dans son édition 2024 et le Guide de traitement des sols — et les essais relèvent des normes NF EN 13286 et NF P94.
« Prélèvement du 12 avril 2026 au front de déblai, PR 3+400, à 1,20 m sous l'arase projetée. Matériau homogène sur toute la hauteur reconnue. Dimension maximale des éléments \( D_{\text{max}} = 31{,}5 \) mm. Tamisat à 63 µm : 68 % de la masse sèche. Indice de plasticité mesuré sur la fraction 0/400 µm : \( I_{\text{P}} = 19 \). Valeur de bleu de méthylène : \( \text{VBS} = 3{,}8 \). Teneur en eau naturelle au prélèvement : \( w_{\text{n}} = 17{,}4\,\% \). Essai Proctor normal sur le sol non traité : \( w_{\text{OPN}} = 15{,}0\,\% \). Aucune trace de matière organique décelée. »
Origine : laboratoire régional du groupement · 14 avril 2026 · RG-2026-0412.
GTR 2024, fascicule 1, tableau 2 — « Classification des sols F » : sous-classes de nature, puis sous-classes d'état hydrique de la sous-classe F2
| Sous-classe de nature (famille F : \( D_{\text{max}} \leq 63 \) mm et tamisat à 63 µm > 35 %) | Paramètres de second niveau |
|---|---|
| F1 — limons peu plastiques, loess, silts alluvionnaires | \( \text{VBS} \leq 2{,}5 \) ou \( I_{\text{P}} \leq 12 \) |
| F2 — sables fins argileux, limons, argiles et marnes peu plastiques | \( 2{,}5 < \text{VBS} \leq 6 \) ou \( 12 < I_{\text{P}} \leq 22 \) |
| F3 — argiles et argiles marneuses, limons très plastiques | \( 6 < \text{VBS} < 8 \) ou \( 22 < I_{\text{P}} \leq 40 \) |
| F4 — argiles et argiles marneuses très plastiques | \( \text{VBS} > 8 \) ou \( 40 < I_{\text{P}} \leq 55 \) |
| État hydrique de la sous-classe F2 | Seuil retenu sur la teneur en eau |
|---|---|
| F2th — très humide | \( w_{\text{n}} \geq 1{,}3 \, w_{\text{OPN}} \) |
| F2h — humide | \( 1{,}3 \, w_{\text{OPN}} > w_{\text{n}} \geq 1{,}1 \, w_{\text{OPN}} \) |
| F2m — moyen | \( 1{,}1 \, w_{\text{OPN}} > w_{\text{n}} \geq 0{,}9 \, w_{\text{OPN}} \) |
| F2s — sec | \( 0{,}9 \, w_{\text{OPN}} > w_{\text{n}} \geq 0{,}7 \, w_{\text{OPN}} \) |
| F2ts — très sec | \( 0{,}7 \, w_{\text{OPN}} > w_{\text{n}} \) |
Lignes retenues : la sous-classe de nature F2, parce que l'indice de plasticité mesuré, 19, tombe dans la plage \( 12 < I_{\text{P}} \leq 22 \) — plage dont le GTR 2024 précise qu'elle a été ramenée de 25 à 22 par rapport à l'édition antérieure. L'état hydrique se lit sur les seuils de la sous-classe F2 et sur eux seuls : chaque sous-classe de nature a ses propres seuils, et le GTR rapporte tous ces seuils à la teneur en eau de l'optimum Proctor normal.
« Essai d'évaluation de l'aptitude du sol au traitement mené selon la NF P94-100 : résultat favorable, aucun gonflement anormal ni perturbation de la prise. Formulation retenue : 2,0 % de chaux vive calcique, dosage exprimé en pourcentage de la masse de sol sec. Essai Proctor normal sur le mélange (NF EN 13286-2) : \( \gamma_{\text{d,max}} = 17{,}6 \) kN/m³ à \( w_{\text{OPN}} = 16{,}5\,\% \). Éprouvettes cylindriques ∅ 100 mm et hauteur 200 mm, moulées à la compacité prévisible en fond de couche, conservées en cure protégée. Rupture en compression simple selon la NF EN 13286-41 à 90 jours : force maximale relevée \( F = 21{,}5 \) kN. »
Origine : laboratoire régional du groupement · 16 avril 2026 · RF-2026-0416.
« Planche d'essai du 27 avril, 200 m linéaires sur 8,00 m de largeur, épaisseur compactée 0,35 m. Mesures au gammadensimètre à double sonde, quinze points par niveau, valeurs moyennes retenues. Moyenne sur toute l'épaisseur de la couche : poids volumique humide 20,33 kN/m³, teneur en eau 16,5 %. Tranche de 8 cm à la partie inférieure de la couche : poids volumique humide 19,75 kN/m³, teneur en eau 16,5 %. »
Origine : contrôle extérieur · 28 avril 2026 · CP-2026-0427.
IDENTIFICATION ET ÉTAT DU SOL NON TRAITÉ
| Symbole | Description | Valeur | Unité | Condition de validité |
|---|---|---|---|---|
| \( D_{\text{max}} \) | Dimension maximale des éléments du sol Pièce nº1 — 14/04/2026 | 31,5 | mm | Paramètre de premier niveau : l'entrée dans la famille F des sols fins exige \( D_{\text{max}} \leq 63 \) mm ; or ici 31,5 mm |
| \( T_{63} \) | Tamisat à 63 µm, en pourcentage de la masse sèche Pièce nº1 — 14/04/2026 | 68 | % | Second paramètre de premier niveau : la famille F exige un tamisat > 35 % ; or ici 68 % |
| \( I_{\text{P}} \) | Indice de plasticité NF EN ISO 17892-12 Pièce nº1 — 14/04/2026 | 19 | — | Mesuré sur la fraction 0/400 µm ; le GTR indique que l'interprétation est simple au-delà de 50 % de cette fraction et d'une valeur de 12 ; or ici le tamisat vaut 68 % et \( I_{\text{P}} = 19 \) |
| VBS | Valeur de bleu de méthylène du sol NF EN 17542-3 Pièce nº1 — 14/04/2026 | 3,8 | — | Paramètre d'argilosité de second niveau, employé ici en contrôle croisé de l'indice de plasticité |
| \( w_{\text{n}} \) | Teneur en eau naturelle du limon Pièce nº1 — 14/04/2026 | 17,4 | % | Valeur au moment du prélèvement, le 12 avril ; l'état hydrique est un paramètre d'état, il évolue avec la météorologie |
| \( w_{\text{OPN}} \) | Teneur en eau à l'optimum Proctor normal du sol non traité NF EN 13286-2 Pièce nº1 — 14/04/2026 | 15,0 | % | Énergie Proctor normal et sol non traité : c'est à cette référence, et à aucune autre, que le GTR rapporte les seuils d'état hydrique |
FORMULATION ET MISE EN ŒUVRE
| Symbole | Description | Valeur | Unité | Condition de validité |
|---|---|---|---|---|
| \( C \) | Dosage en chaux vive calcique Pièce nº3 — 16/04/2026 | 2,0 | % | Pourcentage de la masse de sol sec, et non de la masse du mélange ni de la masse humide |
| \( \gamma_{\text{d,max}} \) | Poids volumique sec maximal du mélange traité NF EN 13286-2 Pièce nº3 — 16/04/2026 | 17,6 | kN/m³ | Énergie Proctor normal, mesuré sur le mélange à 2,0 % de chaux : c'est cette référence qui sert au contrôle de compactage, pas celle du sol nu |
| \( w_{\text{OPN,m}} \) | Teneur en eau à l'optimum Proctor normal du mélange traité Pièce nº3 — 16/04/2026 | 16,5 | % | Optimum du mélange, distinct de celui du sol nu ; la tolérance contractuelle de mise en œuvre s'y rapporte |
| \( \Delta w_{\text{adm}} \) | Tolérance sur la teneur en eau au moment du compactage CCTP art. 6.2.4 — indice B | 1,5 | point | Écart admissible de part et d'autre de \( w_{\text{OPN,m}} \), exigence contractuelle et non normative |
| \( e \) | Épaisseur compactée de la couche de forme Plan PT-DEV-3400 | 0,35 | m | Donnée de plan — sans condition |
| \( L \times l \) | Dimensions de la planche d'essai Pièce nº4 — 28/04/2026 | 200 × 8,00 | m | Donnée de chantier — sans condition |
CONTRÔLE DE LA PLANCHE, ESSAI DE GEL ET CONSTANTES
| Symbole | Description | Valeur | Unité | Condition de validité |
|---|---|---|---|---|
| \( \gamma_{\text{h,m}} \) | Poids volumique humide, moyenne sur toute l'épaisseur de la couche Pièce nº4 — 28/04/2026 | 20,33 | kN/m³ | Le GTR définit cette moyenne sur toute l'épaisseur compactée ; teneur en eau associée : 16,5 % |
| \( \gamma_{\text{h,fc}} \) | Poids volumique humide en fond de couche Pièce nº4 — 28/04/2026 | 19,75 | kN/m³ | Le GTR définit le fond de couche comme la valeur moyenne sur la tranche de 8 cm située à la partie inférieure de la couche compactée ; teneur en eau associée : 16,5 % |
| \( \varnothing \times h \) | Dimensions des éprouvettes de compression simple NF EN 13286-41 Pièce nº3 — 16/04/2026 | 100 × 200 | mm | Éprouvettes moulées à la compacité prévisible en fond de couche, la plus défavorable de la couche |
| \( F \) | Force maximale à la rupture, à 90 jours NF EN 13286-41 Pièce nº3 — 16/04/2026 | 21,5 | kN | Échéance retenue parce qu'elle correspond à la première apparition statistique possible du gel dans la région, soit 90 jours après exécution |
| \( M(\text{CaO}) \) | Masse molaire de l'oxyde de calcium | 56,08 | g/mol | Constante — sans condition |
| \( M(\text{H}_2\text{O}) \) | Masse molaire de l'eau | 18,02 | g/mol | Constante — sans condition |
| \( g \) | Accélération de la pesanteur retenue | 9,81 | m/s² | Valeur conventionnelle employée pour passer du poids volumique à la masse volumique |
Ce que le dossier ne dit pas
- Aucun essai de gonflement au gel n'a été commandé. On emploie donc le critère de substitution en résistance à la compression simple, que le GTR 2024 n'ouvre qu'aux sols traités à la chaux seule et hors craies et marnes — et il précise qu'en cas d'incohérence, les résultats de l'essai de gonflement prévaudraient.
- Ni le module, ni la résistance en traction à 90 jours ne figurent au dossier. Ce sont pourtant ces deux grandeurs qui fixent la classe mécanique du matériau traité, donc l'épaisseur de couche de forme et la classe de plateforme : la note ne pourra pas conclure sur ce point.
- L'échéance de 90 jours retenue comme date de première apparition statistique possible du gel n'est appuyée par aucune donnée météorologique jointe. Elle doit être écrite comme hypothèse et confirmée par le bilan climatique de la région.
Ce que coûte une erreur
- Accepter un fond de couche à 95 % de l'optimum au lieu de 96 % — un point d'écart, soit 0,18 kN/m³ — revient à livrer une couche dont la partie basse, celle qui reprend le plus de contraintes, n'a pas la compacité sur laquelle l'étude de formulation a été menée. La reprise impose de scarifier et de recompacter les 0,35 m sur toute la surface, soit 1 600 m² pour la seule planche.
- Porter le dosage de 2,0 à 3,0 % « par sécurité » augmente l'épandage de 50 %, soit près de 6 kg/m² et 9,6 t de chaux supplémentaires sur la planche, sans besoin établi — et un excès de chaux ne se traduit pas proportionnellement en résistance.
4. Ce qui doit sortir de votre bureau
Les quatre feuillets suivent l'ordre d'un chantier de traitement : on identifie d'abord le matériau et son état, on établit ensuite ce que le liant va lui faire et ce qu'il faut en épandre, on dépouille le contrôle de la planche, et l'on conclut enfin sur la seule performance qui conditionne l'acceptation de la couche avant l'hiver.
Question 1 : La classe du limon et son état hydrique
Le directeur de travaux · pour arrêter le principe du traitement avant la planche du 27 avril · le 21 avril
Ce que vous rendez : une ligne de la note : « limon classé … à l'état … », avec les deux paramètres qui ont fixé chacune des deux sous-classes.
Sur quoi s'appuyer
Un classement se fait en deux temps : d'abord la nature, qui ne dépend que du matériau, puis l'état, qui dépend du moment où on le prélève. Les deux se lisent dans le même tableau, mais pas dans les mêmes colonnes.
La piste que donnerait votre chef de projet
Les seuils d'état hydrique ne sont pas des teneurs en eau absolues : ce sont des rapports à la teneur en eau de l'optimum Proctor normal, et ils diffèrent d'une sous-classe de nature à l'autre.
Question 2 : L'effet asséchant de la chaux vive et le dosage à épandre
Le conducteur de travaux · pour régler l'épandeur et commander la chaux · le 23 avril
Ce que vous rendez : le réglage de l'épandeur en kg/m² et le tonnage à commander pour la planche.
Sur quoi s'appuyer
La chaux vive n'est pas un simple liant : elle réagit d'abord avec l'eau du sol. Cette réaction s'écrit, et ce qu'elle consomme se calcule à partir des masses molaires.
La piste que donnerait votre chef de projet
Le dosage est un pourcentage de la masse de sol sec, alors que le poids volumique du dossier est celui du mélange : les deux ne sont pas la même masse, et l'écart se chiffre.
Question 3 : Le dépouillement du contrôle de compactage
Le contrôle extérieur · pour valider ou non l'atelier de compactage de la planche · le 29 avril
Ce que vous rendez : l'avis de conformité de la planche, avec les deux taux et celui des deux critères qui gouverne.
Sur quoi s'appuyer
Le gammadensimètre mesure une masse volumique humide ; le critère porte sur une masse volumique sèche. Le lien entre les deux est la teneur en eau, relevée au même point.
La piste que donnerait votre chef de projet
Deux seuils coexistent et ne portent pas sur la même chose : l'un sur la moyenne de la couche, l'autre sur ses huit derniers centimètres. Vérifiez lequel est le plus serré ici.
Question 4 : La tenue au gel du matériau traité
Le maître d'œuvre · pour prononcer l'acceptation de la couche de forme avant l'hiver · le 24 avril
Ce que vous rendez : l'avis exploitable tel quel par le maître d'œuvre : valeur, seuil, conclusion, et les réserves tenant à ce que le dossier ne dit pas.
Sur quoi s'appuyer
Une force de rupture n'est pas une résistance : il faut la rapporter à la surface sur laquelle elle s'est exercée. Et le seuil normatif n'est pas donné à n'importe quelle échéance.
La piste que donnerait votre chef de projet
Le critère de résistance n'est ouvert que faute d'essai de gonflement au gel, et seulement pour certains matériaux : vérifiez que le cas y entre avant de l'appliquer.
Limon traité à la chaux vive en couche de forme : de l'état hydrique du sol à la tenue au gel
Objet : établir la sous-classe de nature et la sous-classe d'état hydrique du limon du déblai au PR 3+400, et la marge qui le sépare de l'état où il ne serait plus traficable.
- \( D_{\text{max}} = 31{,}5 \) mm, \( T_{63} = 68\,\% \), \( I_{\text{P}} = 19 \), VBS = 3,8 — pièce nº1
- \( w_{\text{n}} = 17{,}4\,\% \) et \( w_{\text{OPN}} = 15{,}0\,\% \) sur le sol non traité — pièce nº1
Voir le résultat seul (auto-évaluation)
Ce qui gouverne le comportement d'un sol fin au compactage, c'est la quantité d'eau qu'il porte rapportée à celle qui lui conviendrait : au-delà d'un certain excès, l'eau, incompressible, s'oppose au rapprochement des grains et l'énergie du compacteur se dissipe en déformation élastique — le matelassage. Le modèle retenu est la classification du GTR, qui procède en deux temps indépendants : une nature, propriété permanente du matériau lue sur sa granularité et son argilosité, et un état hydrique, propriété du moment lue sur un rapport de teneurs en eau.
Les seuils d'état hydrique du GTR sont des rapports à une teneur en eau de référence. Trois candidates existent dans ce dossier, et le choix change la sous-classe obtenue.
- L'optimum Proctor modifié, plus représentatif des énergies de compactage actuelles
- L'optimum Proctor normal du sol non traité
- L'optimum du mélange traité, puisque c'est lui que l'on va réellement compacter
Ce qu'a retenu le bureau, et pourquoi
L'option 2. Le GTR rapporte tous ses seuils d'état hydrique à la teneur en eau de l'optimum Proctor normal du sol non traité : c'est la convention qui donne son sens aux nombres 0,7 — 0,9 — 1,1 — 1,3, et changer de référence les rend arbitraires. L'option 3 est la plus tentante et la plus fausse : avec l'optimum du mélange, 16,5 %, le rapport tombe à \( 17{,}4/16{,}5 = 1{,}055 \), le sol est classé à l'état moyen au lieu de humide, et l'on conclurait qu'aucun traitement n'est nécessaire. L'option 1 échoue pour la même raison de principe, et elle est de surcroît circulaire : l'optimum modifié d'un sol fin est plus sec que l'optimum normal, de sorte que le rapport augmente et que le classement se durcit sans qu'aucune propriété du sol ait changé.
La classification du GTR ne produit pas un nom mais un couple, et les deux termes de ce couple n'ont ni la même stabilité dans le temps ni la même portée.
- Le prélèvement est représentatif du gisement à traiter or ici le rapport d'essais note un matériau homogène sur toute la hauteur reconnue, prélevé à 1,20 m sous l'arase projetée → la valeur classe bien le matériau qui sera effectivement traité garantie par la pièce nº1
- L'état hydrique relevé le 12 avril vaudra encore lors de la planche du 27 avril l'état hydrique est un paramètre d'état, sensible à la météorologie ; quinze jours séparent les deux dates, et il faudra un contrôle de teneur en eau juste avant l'épandage posée par vous — elle figure dans la note
- L'indice de plasticité prime sur la valeur de bleu pour identifier ce sol le GTR indique que dès que l'indice de plasticité atteint des valeurs supérieures ou égales à 12, il constitue le critère d'identification le mieux adapté ; or ici il vaut 19, et la valeur de bleu confirme la même sous-classe garantie par le GTR 2024, fascicule 1, tableau 2
Domaine d'emploi : ce tableau cesse de s'appliquer si le tamisat à 63 µm descend au-dessous de 35 % ou si la dimension maximale dépasse 63 mm. Le matériau relève alors des sols sableux et graveleux, ou des matériaux rocheux, dont les sous-classes et les seuils d'état hydrique sont différents — ce n'est plus la même relation qu'on applique avec d'autres valeurs, c'est un autre tableau.
D'où elle découle : du constat que le comportement d'un sol au compactage est gouverné par sa fraction fine dès que celle-ci est majoritaire ; le GTR retient donc deux seuils de premier niveau qui délimitent le domaine où cette fraction commande.
- \( D_{\text{max}} \) : dimension maximale des éléments, en mm
- \( T_{63} \) : tamisat à 63 µm, en % de la masse sèche
- famille F : famille des sols fins de la classification, sans dimension
D'où elle découle : du besoin de rendre comparable l'humidité de sols dont les optimums diffèrent du simple au triple ; on rapporte donc la teneur en eau du moment à celle qui rendrait le compactage optimal.
- \( r_{\text{w}} \) : rapport d'état hydrique, sans dimension
- \( w_{\text{n}} \) : teneur en eau naturelle au prélèvement, en %
- \( w_{\text{OPN}} \) : teneur en eau à l'optimum Proctor normal du sol non traité, en %
Application numérique
- \( D_{\text{max}} = 31{,}5 \text{ mm} \) et \( T_{63} = 68 \text{ \%} \) pièce nº1 — paramètres de premier niveau, ils décident de la famille
- \( I_{\text{P}} = 19 \) et \( \text{VBS} = 3{,}8 \) pièce nº1 — paramètres de second niveau, ils décident de la sous-classe de nature
- \( w_{\text{n}} = 17{,}4 \text{ \%} \) et \( w_{\text{OPN}} = 15{,}0 \text{ \%} \) pièce nº1 — l'optimum retenu est celui du sol non traité, à l'énergie Proctor normal
Les deux conditions sont largement satisfaites : le tamisat est près du double du seuil, et la dimension maximale en est la moitié. Ce n'est pas un détail de forme — c'est ce contrôle qui autorise à ouvrir le tableau des sols fins plutôt qu'un autre, et donc à employer les seuils d'indice de plasticité qui suivent. Franchi dans le mauvais sens, il enverrait vers des sous-classes portant d'autres lettres et d'autres bornes.
Les deux paramètres d'argilosité désignent la même sous-classe, ce qui n'a rien d'automatique : ils mesurent des choses différentes — la plasticité pour l'un, la surface spécifique des fines pour l'autre — et leur désaccord signalerait une argile inhabituelle ou une mesure douteuse. La sous-classe F2 correspond, dans les termes du GTR, aux « sables fins argileux, limons, argiles et marnes peu plastiques ». Un point mérite attention : l'indice de plasticité vaut 19, quand la borne supérieure de la sous-classe est 22. Le GTR 2024 a précisément ramené cette borne de 25 à 22 — avec l'ancien seuil, un sol à \( I_{\text{P}} = 24 \) serait encore F2 ; il est désormais F3.
Le rapport de 1,160 place le limon dans le tiers inférieur de la plage de l'état humide, qui s'étend de 1,1 à 1,3. Il reste 2,1 points de teneur en eau avant l'état très humide, celui que le GTR décrit comme la valeur au-dessus de laquelle le matériau n'est plus traficable et pour laquelle l'objectif de densification ne peut plus guère être atteint. Cette marge est mince à l'échelle d'un chantier de terrassement : un épisode pluvieux marqué la consomme, et c'est bien pour cela qu'il faut un contrôle de teneur en eau juste avant l'épandage.
GTR 2024, fasc. 1, tableau 2 — borne de l'état F2th
| Forme | Ce qui est donné | Ce qui est cherché | Ce qui change dans la démarche |
|---|---|---|---|
| Directe | La granularité, l'argilosité, la teneur en eau et l'optimum | Les deux sous-classes, de nature et d'état | Aucun changement — c'est le cas traité ci-dessus. |
| Inverse | La sous-classe d'état visée, et l'optimum | La teneur en eau à ne pas dépasser | Même relation, mêmes hypothèses ; on isole la teneur en eau au lieu du rapport. Traitée juste en dessous. |
| Condition modifiée | Un tamisat à 63 µm inférieur à 35 %, ou une dimension maximale supérieure à 63 mm | Les mêmes sous-classes | Le tableau des sols fins tombe : il faut celui des sols sableux, graveleux ou rocheux, dont les seuils d'état hydrique sont différents. |
| Données incomplètes | L'optimum Proctor normal n'est pas fourni | La sous-classe d'état | On passe à l'indice portant immédiat, que le GTR admet à égalité pour les états humides — en le déclarant, jamais en remplaçant l'optimum normal par un autre. |
Ce qui ne change jamais : la nature se lit sur des paramètres permanents du matériau, l'état sur un rapport à une référence propre à ce matériau, et jamais sur une valeur absolue. Ces deux gestes sont identiques dans les quatre formes ; seuls le tableau d'entrée et l'inconnue se déplacent.
La forme inverse, traitéeÉnoncé : jusqu'à quelle teneur en eau ce limon peut-il monter avant de basculer dans l'état très humide, et de combien de millimètres de pluie retenus cela correspond-il sur les 0,35 m de la couche ? Traitez-la avant d'ouvrir : c'est la variante d'examen la plus fréquente, et celle qui piège le plus, parce qu'elle demande d'isoler une autre variable dans la même relation.
Voir la résolution de la forme inverse
Ce que la forme inverse change : l'optimum passe du dénominateur au numérateur, et le sens de l'arrondi s'inverse — on retient 19,5 % comme un plafond à ne pas atteindre, donc on arrondit vers le bas et non vers le haut. Le résultat le plus parlant est le dernier : treize millimètres d'eau retenus dans l'épaisseur de la couche suffisent à faire basculer le matériau hors du domaine traficable. C'est l'ordre de grandeur d'un seul épisode pluvieux soutenu, ce qui explique que les chantiers de traitement se conduisent la fenêtre météorologique à la main.
Les deux erreurs de ce feuillet ne portent pas sur le calcul, qui tient en une division, mais sur ce que l'on compare à quoi. Toutes deux produisent un classement plausible et faux.
Trois questions, à traiter de tête et avant de cocher. Un corrigé limpide se lit d'un trait et donne l'illusion de savoir refaire : ces trois-là sont le seul moyen de le vérifier. Les trois jetons s'allument, et le feuillet reçoit son tampon.
Le feuillet conclut que le limon est un F2 à l'état h, à 2,1 points de l'état très humide. Qu'est-ce que cela permet d'engager dès maintenant, et qu'est-ce que cela n'autorise pas encore ?
Si l'essai Proctor avait donné \( w_{\text{OPN}} = 16{,}0\,\% \) au lieu de 15,0 %, le reste étant inchangé, que devient le rapport d'état hydrique, et la sous-classe change-t-elle ?
Lequel de ces trois énoncés relève de la méthode ci-dessus ? Décidez avant de cocher. En examen, l'échec vient rarement du calcul : il vient de ne pas avoir reconnu de quelle question il s'agissait.
Objet : chiffrer l'eau que l'hydratation de la chaux vive retire au limon, en déduire la teneur en eau au moment du compactage, et établir le réglage de l'épandeur ainsi que le tonnage à commander pour la planche.
- Limon F2h à \( w_{\text{n}} = 17{,}4\,\% \), soit 2,4 points au-dessus de l'optimum du sol nu — feuillet 1
- \( C = 2{,}0\,\% \), \( \gamma_{\text{d,max}} = 17{,}6 \) kN/m³ et \( w_{\text{OPN,m}} = 16{,}5\,\% \) — pièce nº3
Voir le résultat seul (auto-évaluation)
Le mécanisme qui gouverne l'effet immédiat de la chaux vive n'est pas la prise mais une réaction d'hydratation : l'oxyde de calcium se combine à l'eau libre du sol pour donner de l'hydroxyde de calcium, et cette combinaison retire de l'eau au matériau, mole pour mole. Le modèle retenu est donc un bilan de matière, réglé par le rapport des masses molaires — modèle choisi parce qu'il est exact et qu'il ne dépend d'aucun paramètre empirique, contrairement à l'effet d'évaporation qui l'accompagne et qu'on ne peut ici qu'estimer.
Le dosage de 2,0 % est un rapport de masses. Trois masses sont disponibles dans ce dossier, et le réglage de l'épandeur change selon celle que l'on retient.
- La masse humide du matériau en place, celle que pèserait une benne prélevée sur le chantier
- La masse de sol sec, chaux exclue
- La masse sèche du mélange, sol et chaux réunis
Ce qu'a retenu le bureau, et pourquoi
L'option 2, et la pièce nº3 le dit expressément : le dosage est un pourcentage de la masse de sol sec. La donnée qui tranche est le poids volumique du dossier, qui est celui du mélange à l'optimum : il faut donc en retirer la part de chaux avant d'appliquer le pourcentage. L'option 3 conduit à \( 1\,794 \times 0{,}020 = 35{,}9 \) kg/m³ au lieu de 35,2, soit 2,0 % de chaux en trop — écart modeste mais systématique, et qui vaut exactement le dosage lui-même, ce qui n'est pas un hasard. L'option 1 est bien plus coûteuse : rapportée à la masse humide, la même règle donnerait 41,8 kg/m³, soit 18,8 % de trop, près de 3,7 t de chaux inutiles sur la seule planche.
Un traitement à la chaux produit trois effets qui ne se déploient pas à la même vitesse, et les confondre conduit à attendre d'un dosage ce qu'il ne peut pas donner.
- Le poids volumique sec de référence est celui du mélange traité, non celui du sol nu or ici l'essai Proctor de la pièce nº3 a été mené sur le mélange à 2,0 % de chaux et donne 17,6 kN/m³ à 16,5 % → la référence employée est bien celle du matériau qui sera mis en œuvre garantie par la pièce nº3
- La totalité de l'oxyde de calcium apporté s'hydrate une fraction non hydratée subsisterait si le malaxage était incomplet ou le délai trop court ; l'assèchement de 0,64 point est donc une valeur maximale pour la part chimique, et le contrôle de teneur en eau avant compactage reste indispensable posée par vous — elle figure dans la note
- L'évaporation due à l'exothermie de la réaction n'est pas comptée elle s'ajoute à l'assèchement chimique et ne peut que l'augmenter ; ne pas la compter revient donc à annoncer une teneur en eau au compactage supérieure à celle qu'on observera, ce qui place du côté de la sécurité vis-à-vis d'un excès d'eau posée par vous — elle figure dans la note
Domaine d'emploi : ce bilan ne vaut que pour la chaux vive. Une chaux éteinte est déjà hydratée : elle n'enlève chimiquement aucune eau au sol, et le même dosage produirait un assèchement nul. Il faudrait alors compter sur l'aération et le malaxage seuls, ou changer de liant — ce n'est plus la même relation avec d'autres valeurs, c'est une relation qui disparaît.
D'où elle découle : de la stœchiométrie de la réaction \( \text{CaO} + \text{H}_2\text{O} \rightarrow \text{Ca(OH)}_2 \), qui consomme une mole d'eau par mole d'oxyde ; le rapport des masses molaires convertit cette égalité de moles en rapport de masses.
- \( \Delta w \) : baisse de teneur en eau due à la réaction, en points de pourcentage
- \( M(\text{H}_2\text{O})/M(\text{CaO}) \) : masse d'eau fixée par unité de masse d'oxyde, sans dimension
- \( C \) : dosage en chaux vive, en % de la masse de sol sec
D'où elle découle : du passage du pourcentage massique à une quantité par unité de surface, en trois temps : le poids volumique donne la masse sèche du mélange par mètre cube, le facteur \( 1/(1+C) \) en isole la part de sol, et l'épaisseur convertit le mètre cube en mètre carré de plateforme.
- \( m_{\text{ch}} \) : masse de chaux à épandre par unité de surface, en kg/m²
- \( \gamma_{\text{d,max}}/g \) : masse volumique sèche du mélange à l'optimum, en kg/m³
- \( C/(1+C) \) : part de chaux dans la masse sèche du mélange, sans dimension
Application numérique
- \( M(\text{H}_2\text{O}) = 18{,}02 \) g/mol et \( M(\text{CaO}) = 56{,}08 \) g/mol constantes physiques — elles ne dépendent d'aucune norme ni d'aucun essai
- \( C = 2{,}0 \text{ \%} \) et \( w_{\text{n}} = 17{,}4 \text{ \%} \) pièces nº3 et nº1 — le dosage porte sur la masse de sol sec
- \( \gamma_{\text{d,max}} = 17{,}6 \) kN/m³, \( e = 0{,}35 \) m, \( g = 9{,}81 \) m/s² pièce nº3 et plan PT-DEV-3400 ; le poids volumique est celui du mélange, converti en masse volumique par la pesanteur
Six dixièmes de point : l'assèchement chimique est faible en valeur absolue, et pourtant il suffit ici. La raison n'est pas dans la chaux mais dans le déplacement de l'optimum : le traitement porte la teneur en eau optimale de 15,0 à 16,5 %, si bien que l'excès à combler n'est plus que de 0,9 point au lieu de 2,4. La chaux vive agit donc par les deux bouts — elle enlève un peu d'eau et rend le matériau tolérant à celle qui reste. Le solde est de 0,26 point au-dessus de l'optimum du mélange, écart négligeable pour un compactage.
Douze kilogrammes par mètre carré : l'ordre de grandeur courant du réglage d'un épandeur à doseur volumétrique, et une valeur que le chantier vérifie directement par la méthode de la bâche — on pèse ce qui tombe sur une surface connue. Le facteur \( 1/1{,}020 \) qui isole la part de sol dans la masse sèche du mélange ne retranche que 0,7 kg/m³, mais il est de principe : le dosage annoncé ne se retrouverait pas si l'on refaisait le chemin en sens inverse depuis le tonnage livré.
Nettement moins d'un semi-remorque citerne pour toute la planche : le traitement consomme peu de matière, et c'est précisément ce qui fait son intérêt économique face aux 560 m³ de grave d'apport qu'il évite. Les deux chemins de calcul — par la surface et par le volume — donnent le même tonnage, ce qui vérifie la cohérence des trois données géométriques. Il conviendra de majorer légèrement la commande pour tenir compte des pertes au vent lors de l'épandage, dont l'ampleur relève du mode opératoire retenu et non de ce calcul.
CCTP art. 6.2.4 — exigence contractuelle
| Forme | Ce qui est donné | Ce qui est cherché | Ce qui change dans la démarche |
|---|---|---|---|
| Directe | Le dosage, le poids volumique du mélange et l'épaisseur | L'assèchement et le réglage de l'épandeur | Aucun changement — c'est le cas traité ci-dessus. |
| Inverse | L'assèchement que l'on veut obtenir | Le dosage en chaux vive qu'il faudrait | Même relation, mêmes hypothèses ; on isole le dosage au lieu de l'assèchement. Traitée juste en dessous. |
| Condition modifiée | Le liant retenu est une chaux éteinte, ou un liant hydraulique routier | Le même assèchement | Le bilan d'hydratation tombe : une chaux éteinte n'enlève pas d'eau, un liant hydraulique en consomme selon une autre stœchiométrie. Le calcul de dosage surfacique, lui, reste inchangé. |
| Données incomplètes | Le poids volumique du mélange n'est pas connu, seul celui du sol nu l'est | Le même réglage d'épandeur | On emploie le poids volumique du sol nu comme approximation en le déclarant, sachant que le traitement l'abaisse, ce qui majore l'épandage calculé. |
Ce qui ne change jamais : un dosage massique se convertit toujours en quantité par unité de surface par le chemin masse volumique puis épaisseur, et un bilan de matière se règle toujours par le rapport des masses molaires. Ces deux gestes sont identiques dans les quatre formes ; seuls le liant et l'inconnue se déplacent.
La forme inverse, traitéeÉnoncé : quel dosage en chaux vive faudrait-il pour ramener à lui seul le limon de 17,4 % à l'optimum du mélange, sans compter ni l'évaporation ni le déplacement de l'optimum ? Traitez-la avant d'ouvrir : c'est la variante d'examen la plus fréquente, et celle qui piège le plus, parce qu'elle demande d'isoler une autre variable dans la même relation.
Voir la résolution de la forme inverse
Ce que la forme inverse change : le rapport des masses molaires s'inverse, et le sens de l'arrondi avec lui — il faudrait retenir 7,5 % au moins, et non au plus. Le résultat est surtout instructif par son ampleur : près de quatre fois le dosage retenu, pour un coût de liant multiplié d'autant. Il montre qu'on ne sèche pas un sol à la chaux, on le rend tolérant à son eau — l'essentiel du bénéfice vient du déplacement de l'optimum, pas de la réaction d'hydratation.
Les deux erreurs de ce feuillet portent l'une sur la masse de référence, l'autre sur la nature du liant. Aucune ne produit d'incohérence d'unité, et toutes deux donnent un chiffre d'apparence raisonnable.
Trois questions, à traiter de tête et avant de cocher. Un corrigé limpide se lit d'un trait et donne l'illusion de savoir refaire : ces trois-là sont le seul moyen de le vérifier. Les trois jetons s'allument, et le feuillet reçoit son tampon.
Le feuillet conclut à 12,3 kg/m² d'épandage et à une teneur en eau au compactage de 16,8 %, soit 0,26 point de l'optimum. Qu'est-ce que cela permet d'engager dès maintenant, et qu'est-ce que cela n'autorise pas encore ?
Si l'épaisseur traitée passait de 0,35 à 0,45 m, le dosage restant de 2,0 %, que devient le réglage de l'épandeur ?
Lequel de ces trois énoncés relève de la méthode ci-dessus ? Décidez avant de cocher. En examen, l'échec vient rarement du calcul : il vient de ne pas avoir reconnu de quelle question il s'agissait.
Objet : convertir les mesures de la planche d'essai en poids volumiques secs, en déduire les deux taux de compactage, et les confronter aux deux seuils de l'objectif de densification q3.
- \( \gamma_{\text{h,m}} = 20{,}33 \) kN/m³ et \( \gamma_{\text{h,fc}} = 19{,}75 \) kN/m³, à 16,5 % d'eau — pièce nº4
- Référence Proctor du mélange traité : \( \gamma_{\text{d,max}} = 17{,}6 \) kN/m³ — pièce nº3
Voir le résultat seul (auto-évaluation)
Le mécanisme à contrôler est la densification du squelette solide, c'est-à-dire le rapprochement effectif des grains sous l'action du compacteur — et non le poids de ce qui se trouve dans la couche, qui dépend aussi de l'eau qu'elle contient au moment de la mesure. Le modèle retenu consiste donc à ramener toute mesure à un poids volumique sec, seul indicateur indépendant de l'humidité du jour, puis à le rapporter à la référence de laboratoire du même mélange. Le GTR impose deux indicateurs et non un seul, parce que la densité n'est pas uniforme sur la hauteur de la couche compactée.
Le gammadensimètre livre deux nombres par point : un poids volumique humide et une teneur en eau. Le critère, lui, porte sur une masse volumique sèche. Que faire de la teneur en eau mesurée ?
- La laisser de côté : le poids volumique humide suffit à comparer les points entre eux
- L'employer pour convertir chaque mesure en poids volumique sec avant toute comparaison
- L'employer pour transposer le seuil en poids volumique humide, et comparer sans convertir les mesures
Ce qu'a retenu le bureau, et pourquoi
L'option 2. La donnée qui tranche est que le seuil de l'objectif q3 est défini sur une masse volumique sèche : c'est le squelette solide que l'on densifie, non l'eau qu'il transporte. L'option 1 est franchement fausse et se dénonce elle-même : comparer 20,33 à 17,60 donnerait un taux de 115,5 %, valeur physiquement impossible pour un compactage à l'énergie prescrite. L'option 3 est plus subtile, et elle donne ici exactement le même résultat — parce que la teneur en eau de chantier, 16,5 %, est précisément celle de l'optimum. Elle cesse d'être exacte dès que les deux diffèrent : à 15,5 % d'eau, la voie correcte donne un taux de 100,0 % en fond de couche quand la transposition du seuil n'en donne que 99,2 %, soit 0,85 point d'écart sur un critère qui n'en a que 0,3 de marge.
Le compactage ne produit jamais une couche homogène. Le GTR en tire deux indicateurs distincts, et cette dualité est la clef du contrôle.
- La référence de comparaison est le Proctor du mélange traité, non celui du sol nu or ici la pièce nº3 donne 17,6 kN/m³ mesurés sur le mélange à 2,0 % de chaux → la référence porte bien sur le matériau réellement mis en œuvre, chaux comprise garantie par la pièce nº3
- Les moyennes de quinze points par niveau représentent la planche entière or ici le contrôle extérieur déclare quinze points par niveau sur 1 600 m², soit un point pour 107 m² → la densité de mesure est celle d'un contrôle de planche et non d'un contrôle ponctuel garantie par la pièce nº4
- La teneur en eau relevée par l'appareil est exacte elle intervient au dénominateur de la conversion : une erreur de 0,5 point sur la teneur en eau déplace le taux de compactage de 0,43 point, à comparer aux 0,3 point de marge du critère de fond de couche posée par vous — elle figure dans la note
Domaine d'emploi : ces deux seuils sont ceux de l'objectif q3, requis pour les couches de forme. Un corps de remblai relève de l'objectif q4, dont les seuils sont 95 % en moyenne et 92 % en fond de couche : appliquer les seuils de la couche de forme à un remblai reviendrait à exiger une énergie de compactage que rien ne justifie, et l'inverse à livrer une couche de forme sous-compactée.
D'où elle découle : de la définition même de la teneur en eau, rapport de la masse d'eau à la masse de matière sèche : le poids total d'un volume donné vaut donc le poids sec multiplié par un plus ce rapport.
- \( \gamma_{\text{d}} \) : poids volumique sec, celui du squelette solide seul, en kN/m³
- \( \gamma_{\text{h}} \) : poids volumique humide mesuré en place, en kN/m³
- \( w \) : teneur en eau au même point, exprimée en valeur décimale
D'où elle découle : de la convention du GTR, qui exprime l'objectif de densification non en valeur absolue mais en pourcentage de la référence obtenue au laboratoire sur le même matériau, à l'énergie Proctor normal.
- \( \tau \) : taux de compactage, sans dimension, exprimé en %
- \( \gamma_{\text{d,max}} \) : poids volumique sec maximal du mélange à l'optimum Proctor normal, en kN/m³
- \( \gamma_{\text{d}} \) : poids volumique sec mesuré en place, en kN/m³
Application numérique
- \( \gamma_{\text{h,m}} = 20{,}33 \) kN/m³ et \( \gamma_{\text{h,fc}} = 19{,}75 \) kN/m³ pièce nº4 — moyennes de quinze points, sur toute l'épaisseur et sur les 8 cm inférieurs
- \( w = 16{,}5 \text{ \%} = 0{,}165 \) pièce nº4 — relevée aux mêmes points, convertie en valeur décimale pour le calcul
- \( \gamma_{\text{d,max}} = 17{,}6 \) kN/m³ pièce nº3 — Proctor normal du mélange traité, et non du sol nu
Un demi-kilonewton par mètre cube sépare la moyenne du fond de couche, soit près de 3 % : l'ordre de grandeur habituel de la décroissance de compacité avec la profondeur, et la raison même pour laquelle le GTR impose deux indicateurs. Les deux valeurs sont inférieures à la référence de 17,6 kN/m³, ce qui est attendu — dépasser l'optimum de laboratoire supposerait une énergie de compactage supérieure à l'énergie Proctor normal, ce qui arrive mais reste l'exception.
Le premier critère passe avec 0,7 point de marge. C'est confortable sans être large : rapporté au poids volumique, cet écart ne représente que 0,12 kN/m³, soit à peu près la dispersion attendue entre deux points de mesure voisins. Une planche dont la moyenne serait juste au seuil ne serait donc pas conforme avec certitude, mais seulement en moyenne — ce qui explique que le contrôle se conduise sur un nombre de points élevé plutôt que sur quelques mesures ponctuelles.
Trois dixièmes de point : la planche est conforme, mais c'est le fond de couche qui décide, avec une marge deux fois et demie plus faible que celle de la moyenne. Traduit en mesure, il aurait suffi que le poids volumique humide en partie basse tombe à 19,68 kN/m³ au lieu de 19,75 — sept centièmes de kilonewton par mètre cube — pour que la planche soit refusée. C'est peu, et cela dit l'essentiel du métier : sur une couche de forme, ce qui se joue se joue en bas, là où l'énergie du compacteur parvient le moins bien et où aucun contrôle visuel n'est possible.
GTR 2024, fasc. 1, ch. 5 — objectif q3
| Forme | Ce qui est donné | Ce qui est cherché | Ce qui change dans la démarche |
|---|---|---|---|
| Directe | Les poids volumiques humides, la teneur en eau et la référence Proctor | Les deux taux, et leur conformité | Aucun changement — c'est le cas traité ci-dessus. |
| Inverse | Le seuil juste atteint, et la teneur en eau | Le poids volumique humide minimal à mesurer sur le chantier | Même relation, mêmes hypothèses ; on isole le poids volumique humide au lieu du taux. Traitée juste en dessous. |
| Condition modifiée | L'ouvrage est un corps de remblai et non une couche de forme | Les mêmes taux | Les seuils changent : 95 % en moyenne et 92 % en fond de couche pour l'objectif q4. Le calcul est identique, la conclusion peut s'inverser. |
| Données incomplètes | La teneur en eau n'a pas été relevée au point de mesure | Le même taux | Aucune conversion n'est possible : il faut retourner mesurer, ou prélever pour séchage à l'étuve — en le déclarant, jamais en supposant la teneur en eau égale à celle de l'optimum. |
Ce qui ne change jamais : un taux de compactage est le rapport de deux masses volumiques sèches, celle du chantier et celle du laboratoire sur le même matériau. Ce geste est identique dans les quatre formes ; seuls les seuils et l'inconnue se déplacent.
La forme inverse, traitéeÉnoncé : quel poids volumique humide minimal le gammadensimètre doit-il afficher en fond de couche, à 16,5 % de teneur en eau, pour que le critère q3 soit tout juste tenu ? Traitez-la avant d'ouvrir : c'est la variante d'examen la plus fréquente, et celle qui piège le plus, parce qu'elle demande d'isoler une autre variable dans la même relation.
Voir la résolution de la forme inverse
Ce que la forme inverse change : la teneur en eau passe du dénominateur au numérateur, et le sens de l'arrondi s'inverse — il faut retenir 19,68 kN/m³ comme un plancher, donc arrondir vers le haut et non vers le bas. Le résultat est directement exploitable sur le chantier : c'est le nombre que l'opérateur peut lire sur son appareil sans faire aucun calcul, à condition que la teneur en eau soit bien celle annoncée. Et il montre la finesse du contrôle : les 19,75 kN/m³ mesurés n'en sont éloignés que de sept centièmes.
Les deux erreurs de ce feuillet sont de natures opposées : la première est grossière et se voit immédiatement, la seconde est invisible et produit une conclusion inversée dans un cas sur deux.
Trois questions, à traiter de tête et avant de cocher. Un corrigé limpide se lit d'un trait et donne l'illusion de savoir refaire : ces trois-là sont le seul moyen de le vérifier. Les trois jetons s'allument, et le feuillet reçoit son tampon.
Le feuillet conclut que les deux conditions de l'objectif q3 sont satisfaites, la marge en fond de couche étant de 0,3 point. Qu'est-ce que cela permet d'engager dès maintenant, et qu'est-ce que cela n'autorise pas encore ?
Si la teneur en eau réelle avait été de 15,5 % au lieu de 16,5 %, les poids volumiques humides étant inchangés, que devient le taux en fond de couche ?
Lequel de ces trois énoncés relève de la méthode ci-dessus ? Décidez avant de cocher. En examen, l'échec vient rarement du calcul : il vient de ne pas avoir reconnu de quelle question il s'agissait.
Objet : établir la résistance à la compression simple du limon traité à l'échéance de la première apparition statistique possible du gel, et conclure sur son insensibilité au gel en l'absence d'essai de gonflement.
- Mélange traité à la chaux seule, limon ni craie ni marne — pièces nº1 et nº3
- Éprouvettes ∅ 100 × 200 mm moulées à la compacité de fond de couche, \( F = 21{,}5 \) kN à 90 jours — pièce nº3
Voir le résultat seul (auto-évaluation)
Le mécanisme redouté est la cryosuccion : dans un matériau fin et perméable à l'eau, le front de gel attire l'eau des couches sous-jacentes et forme des lentilles de glace qui soulèvent la chaussée, puis la laissent sans portance au dégel. Le modèle retenu est un critère de substitution : plutôt que de mesurer directement le gonflement, on vérifie que le mélange a développé une cohésion suffisante pour que l'eau n'y circule plus librement — cohésion dont la résistance à la compression simple est l'indicateur, à l'échéance où le gel peut effectivement survenir.
Le critère porte sur une résistance, mais une résistance croît avec le temps. À quelle échéance faut-il la lire pour que la comparaison ait un sens ?
- À 7 jours, échéance de contrôle courante des matériaux traités
- À 28 jours, par analogie avec le béton
- À l'âge correspondant à la première apparition statistique possible du gel dans la région
Ce qu'a retenu le bureau, et pourquoi
L'option 3, et le GTR l'écrit en toutes lettres. La donnée qui tranche est la date d'exécution : le critère ne protège pas contre le gel en général mais contre le premier gel que la couche rencontrera, et la question est donc de savoir où en sera la résistance à ce moment-là. La conséquence pratique est considérable et rarement perçue : la même formulation ne se juge pas de la même façon selon la saison des travaux. Exécutée fin avril, la couche dispose de 90 jours avant le premier gel possible et le mélange à 2,0 % de chaux suffit. Exécutée en octobre, elle n'en aurait que 30, et la résistance atteinte à cette échéance — bien plus faible, la réaction pouzzolanique étant lente — obligerait à augmenter le dosage ou à associer un liant hydraulique. Les options 1 et 2 transposent des échéances conventionnelles empruntées à d'autres matériaux : elles ne se rattachent à aucun phénomène physique dans ce contexte.
- Le critère de substitution en résistance est ouvert à ce matériau le GTR le réserve aux matériaux traités à la chaux seule, à l'exception des craies et des marnes ; or ici le liant est de la chaux vive sans liant hydraulique associé, et le sol est un limon de sous-classe F2 → le cas entre dans le domaine ouvert garantie par le GTR 2024, fascicule 1, § 4.2.1, et par les pièces nº1 et nº3
- Les éprouvettes représentent la partie la plus défavorable de la couche or ici elles ont été moulées à la compacité prévisible en fond de couche, et le contrôle de la planche a confirmé cette compacité à 96,3 % de l'optimum → la valeur mesurée n'est pas plus favorable que la réalité de l'ouvrage garantie par la pièce nº3 et par le feuillet 3
- La première apparition statistique possible du gel survient 90 jours après exécution aucune donnée météorologique ne l'établit dans le dossier ; l'échéance conditionne pourtant entièrement la conclusion, puisque la résistance croît avec le temps posée par vous — elle figure dans la note
Domaine d'emploi : ce critère de substitution disparaît dès qu'un liant hydraulique est associé à la chaux — le GTR fixe alors une condition portant sur la résistance à la compression diamétrale, autre grandeur, autre essai et autre seuil. Il ne s'applique pas non plus aux craies ni aux marnes, soumises en outre à des conditions de mouture et de passant. Enfin, il cède devant l'essai direct : en cas d'incohérence entre résistance et gonflement au gel, ce sont les résultats de l'essai de gonflement qui prévalent.
D'où elle découle : de la définition de l'aire d'un disque, dans laquelle le rayon vaut la moitié du diamètre ; le facteur quatre au dénominateur n'est que le carré de ce demi.
- \( A \) : aire de la section droite de l'éprouvette, en mm²
- \( \varnothing \) : diamètre de l'éprouvette, en mm
- \( \pi \) : rapport de la circonférence au diamètre, sans dimension
D'où elle découle : de l'équilibre d'une coupure droite de l'éprouvette au moment de la rupture — la force appliquée par la presse est équilibrée par les contraintes réparties sur la section — que l'hypothèse d'une répartition uniforme réduit à un quotient.
- \( R_{\text{c}} \) : résistance à la compression simple, en MPa, soit N/mm²
- \( F \) : force maximale atteinte avant rupture, en N
- \( A \) : aire de la section droite, en mm²
Application numérique
- \( \varnothing = 100 \text{ mm} \) pièce nº3 — diamètre de l'éprouvette, la hauteur de 200 mm n'intervient pas dans le calcul de la contrainte
- \( F = 21\,500 \text{ N} \) pièce nº3, converti depuis 21,5 kN — force maximale relevée à 90 jours
- \( R_{\text{c,min}} = 2{,}50 \text{ MPa} \) GTR 2024, fascicule 1, § 4.2.1 — seuil de non-gélivité en l'absence d'essai de gonflement, pour un traitement à la chaux seule
Vous avez la relation et les valeurs retenues juste au-dessus. Écrivez la substitution complète, unités comprises, menez-la jusqu'au résultat, puis seulement alors ouvrez le corrigé. Chercher avant de lire est ce qui fixe la méthode ; lire d'abord ne fixe rien.
Comparer avec le corrigé
Si votre résultat diffère : deux écarts sont probables sur ce calcul précis. Un résultat voisin de 0,68 MPa signale le diamètre employé comme rayon, l'aire obtenue étant alors quatre fois trop grande — le rapport exact de quatre entre les deux valeurs le confirme immédiatement. Un résultat voisin de 0,0027 signale la force laissée en kilonewtons face à une aire en millimètres carrés : le rapport de mille avec la valeur juste désigne sans ambiguïté la conversion oubliée.
Deux virgule sept mégapascals : un ordre de grandeur caractéristique d'un sol fin traité à la chaux à moyenne échéance — mille fois moins qu'un acier de construction, une dizaine de fois moins qu'un béton courant, mais suffisant pour qu'un matériau qui n'avait aucune cohésion au départ tienne debout sous une charge. C'est bien de cela qu'il s'agit : la chaux n'a pas rendu le limon résistant, elle l'a rendu cohérent, et c'est cette cohésion qui ferme le réseau poreux à la circulation de l'eau.
La marge de 0,24 MPa se lit plus commodément sur la presse : il aurait fallu que la rupture survienne au-dessous de 19,63 kN pour que le critère tombe, contre 21,5 relevés, soit 9,5 % de marge. C'est peu à l'échelle d'un essai de matériau traité, où la dispersion entre éprouvettes d'une même série est couramment de cet ordre. Le procès-verbal ne donnant qu'une valeur, on ne peut pas dire si elle est une moyenne ni quelle en est la dispersion : la conclusion, favorable, demande donc à être appuyée sur la série complète.
GTR 2024, fasc. 1, § 4.2.1 — chaux seule, sans essai de gonflement
| Forme | Ce qui est donné | Ce qui est cherché | Ce qui change dans la démarche |
|---|---|---|---|
| Directe | La géométrie de l'éprouvette et la force de rupture | La résistance, et sa conformité au seuil | Aucun changement — c'est le cas traité ci-dessus. |
| Inverse | Le seuil juste atteint, et la géométrie | La force de rupture minimale à obtenir sur la presse | Même relation, mêmes hypothèses ; on isole la force au lieu de la contrainte. Traitée juste en dessous. |
| Condition modifiée | Un liant hydraulique est associé à la chaux, ou le sol est une craie ou une marne | La même conclusion de non-gélivité | Le critère de substitution change : la condition porte alors sur la résistance à la compression diamétrale, avec un autre essai et un autre seuil — et, pour les craies et les marnes, des conditions de mouture et de passant s'ajoutent. |
| Données incomplètes | L'échéance de première apparition possible du gel n'est pas connue | La même conclusion | Aucune comparaison n'est fondée : il faut la date depuis le bilan climatique de la région, ou retenir l'échéance la plus courte plausible — en le déclarant, jamais en silence. |
Ce qui ne change jamais : une résistance est une force divisée par la section qui l'a supportée, et un seuil normatif ne vaut que pour la grandeur, l'essai et l'échéance qu'il désigne. Ces deux gestes sont identiques dans les quatre formes ; seuls le critère applicable et l'inconnue se déplacent.
La forme inverse, traitéeÉnoncé : si le laboratoire employait des éprouvettes de ∅ 80 mm, quelle force de rupture minimale devrait-il relever pour que le critère de non-gélivité soit tout juste satisfait ? Traitez-la avant d'ouvrir : c'est la variante d'examen la plus fréquente, et celle qui piège le plus, parce qu'elle demande d'isoler une autre variable dans la même relation.
Voir la résolution de la forme inverse
Ce que la forme inverse change : l'aire passe du dénominateur au numérateur, ce qui inverse le sens de l'influence — une éprouvette plus petite exige une force plus faible, alors qu'elle subissait une contrainte plus forte. Et l'arrondi change de sens : il faut retenir 12,6 kN au moins, et non au plus. Le résultat rappelle surtout que le seuil normatif porte sur une contrainte : le format d'éprouvette du laboratoire n'a aucune influence sur la conclusion, à condition d'avoir normalisé par la section.
Les deux erreurs de ce feuillet portent l'une sur la géométrie, l'autre sur le domaine d'application du critère. La première se voit à l'ordre de grandeur, la seconde ne se voit pas du tout.
Trois questions, à traiter de tête et avant de cocher. Un corrigé limpide se lit d'un trait et donne l'illusion de savoir refaire : ces trois-là sont le seul moyen de le vérifier. Les trois jetons s'allument, et le feuillet reçoit son tampon.
Le feuillet conclut que \( R_{\text{c}} = 2{,}74 \) MPa à 90 jours, pour un seuil de 2,50 MPa. Qu'est-ce que cela permet d'engager dès maintenant, et qu'est-ce que cela n'autorise pas encore ?
Si le laboratoire avait employé des éprouvettes de ∅ 80 mm et relevé la même force de 21,5 kN, que vaudrait la résistance annoncée ?
Lequel de ces trois énoncés relève de la méthode ci-dessus ? Décidez avant de cocher. En examen, l'échec vient rarement du calcul : il vient de ne pas avoir reconnu de quelle question il s'agissait.
BILAN FINAL DE LA MISSION
La coupe porte les valeurs calculées là où elles agissent : le dosage épandu sur la couche, la tranche de huit centimètres que le GTR désigne comme fond de couche, et les deux masses volumiques sèches mesurées reportées sur le profil de compacité. Ce profil, décroissant vers le bas, est la raison même des deux seuils : la partie inférieure de la couche, la moins accessible à l'énergie du compacteur, est aussi celle qui reprend le plus de contraintes. L'axe des teneurs en eau montre le chemin parcouru par le matériau — de 17,4 % au déblai à 16,8 % après hydratation de la chaux — et sa position dans la plage contractuelle. Les deux jauges disent lequel des critères gouverne : c'est le compactage en fond de couche, à 99,7 % de son seuil, et non la tenue au gel, à 91,2 %.
RÉCAPITULATIF DES RÉSULTATS
| Question | Grandeur | Valeur | Critère | Statut |
|---|---|---|---|---|
| Q1 | Rapport d'état hydrique du limon | 1,160 | < 1,30 | VÉRIFIÉ |
| Q2 | Écart à l'optimum au moment du compactage | 0,26 point | ≤ 1,5 point | VÉRIFIÉ |
| Q3 | Taux de compactage en fond de couche | 96,3 % | ≥ 96,0 % | VÉRIFIÉ |
| Q4 | Résistance à la compression simple à 90 jours | 2,74 MPa | ≥ 2,50 MPa | VÉRIFIÉ |
Les quatre vérifications sont satisfaites et le traitement est validé, mais les marges sont très inégales. Le limon du déblai est un F2 à l'état humide, à 2,1 points de teneur en eau de l'état où il ne serait plus traficable : le traitement n'était pas une option d'optimisation, c'était la condition pour compacter. Les 2,0 % de chaux vive retirent 0,64 point d'eau par hydratation et, surtout, déplacent l'optimum de 15,0 à 16,5 % : le matériau se retrouve à 0,26 point de son optimum, soit moins d'un cinquième de la tolérance contractuelle. La planche satisfait les deux conditions de l'objectif q3, et le mélange atteint 2,74 MPa à quatre-vingt-dix jours pour un seuil de non-gélivité de 2,50. Le critère le plus sollicité est celui du compactage en fond de couche, employé à 99,7 % de son seuil : trois dixièmes de point de taux, soit sept centièmes de kilonewton par mètre cube sur la mesure, séparaient la planche du refus. La tenue au gel, à 91,2 %, vient loin derrière.
La décision que cette note permet de prendre est double : l'atelier de compactage de la planche est validé et peut être reconduit en section courante, et le mélange peut être déclaré non gélif sans attendre un essai de gonflement au gel. Trois points restent à traiter avant l'acceptation de la couche de forme. La classe mécanique du matériau traité n'a pas pu être déterminée : elle se lit sur le couple module et résistance en traction directe à quatre-vingt-dix jours, deux grandeurs que le dossier ne comporte pas et dont dépendent l'épaisseur de couche de forme et la classe de plateforme. Le nivellement de la plateforme reste à contrôler. Enfin, sa portance devra être mesurée avant la mise en œuvre des couches de chaussée, le GTR demandant à ce stade un module de déformation supérieur à 50 MPa, mesuré par essai à la plaque ou à la dynaplaque, ou une déflexion inférieure à 2 mm sous essieu de 13 tonnes. Trois réserves accompagnent enfin ces conclusions : l'échéance de quatre-vingt-dix jours retenue comme date de première apparition possible du gel n'est appuyée par aucune donnée météorologique jointe ; le procès-verbal ne fournit qu'une valeur de résistance, dont on ignore si elle est une moyenne et quelle en est la dispersion, alors que la marge n'est que de 9,5 % ; et si un essai de gonflement au gel était réalisé plus tard, ses résultats prévaudraient sur ceux de la résistance en cas d'incohérence.
Contrôle de mémoire
Trois questions à traiter sans remonter dans le document. Répondre de mémoire d'abord, ouvrir ensuite. L'écart entre les deux est la seule mesure honnête de ce qui est acquis.
1. De quels paramètres dépendait la sous-classe F2 retenue, et comment a-t-on montré que ce cas tombait dans leur plage ?
De la granularité au premier niveau — dimension maximale au plus égale à 63 mm et tamisat à 63 µm supérieur à 35 % — puis de l'argilosité au second : \( 12 < I_{\text{P}} \leq 22 \), ou \( 2{,}5 < \text{VBS} \leq 6 \). Ici 31,5 mm, 68 %, \( I_{\text{P}} = 19 \) et VBS = 3,8 : les quatre conditions sont satisfaites et les deux paramètres d'argilosité désignent la même sous-classe.
2. Quelle hypothèse fait tomber le critère de tenue au gel employé si on la retire, et que faudrait-il faire à la place ?
Celle du traitement à la chaux seule. Dès qu'un liant hydraulique lui est associé, la condition de substitution ne porte plus sur la compression simple mais sur la résistance à la compression diamétrale, avec un seuil de 0,25 MPa et un autre essai. Elle tombe aussi pour les craies et les marnes, soumises en outre à des conditions de mouture et de passant. Et dans tous les cas, un essai de gonflement au gel prévaudrait en cas d'incohérence.
3. Le résultat de la question 2 entrait dans quel calcul, et quel critère a finalement tranché la conformité ?
La teneur en eau prévue au compactage, 16,8 %, a été confirmée à 16,5 % sur la planche, et c'est cette teneur en eau qui a servi à convertir les poids volumiques humides du gammadensimètre en poids volumiques secs à la question 3. Le critère le plus serré est celui du compactage en fond de couche, employé à 99,7 % de son seuil, devant la tenue au gel à 91,2 %.
On modifie une seule donnée : le dosage en chaux vive passe de 2,0 à 1,5 %, tout le reste étant inchangé. Que deviennent l'assèchement, la teneur en eau au compactage et le tonnage à commander, et le traitement reste-t-il défendable ? Traitez-le avant d'ouvrir.
Voir la réponse
L'assèchement tombe à 0,48 point et la teneur en eau au compactage remonte à 16,92 %, soit 0,42 point au-dessus de l'optimum : la tolérance contractuelle serait consommée à 28,0 % au lieu de 17,3 %, ce qui reste très acceptable. L'épandage tombe à 9,3 kg/m² et le tonnage de la planche à 14,8 t, soit 4,9 t et près d'un quart de chaux économisés. Sur ces deux points, la réduction est donc sans conséquence. Ce que cette variante enseigne est ailleurs, et tient à ce qu'elle ne permet pas de calculer : la résistance à quatre-vingt-dix jours, qui dépend du dosage par la réaction pouzzolanique et qu'aucune relation simple ne relie au pourcentage de liant. Or c'est elle qui porte le critère de non-gélivité, et sa marge n'est que de 9,5 %. Le paramètre qui commande réellement le dimensionnement du traitement n'est donc pas l'eau — largement maîtrisée dans les deux cas — mais la performance mécanique à l'échéance du gel, et elle ne se décide pas au bureau : elle exige de refaire l'étude de formulation au nouveau dosage.








