Calcul de l'Effort Tranchant et du Moment Fléchissant
Sollicitations internes d'une poutre de passerelle sous charge répartie et charge ponctuelle décentrée
Contexte de l'Étude & Enjeux
Le Contexte : La poutre longitudinale d'une passerelle piétonne franchit 10,00 m entre deux appuis. Elle supporte une charge répartie permanente — son poids propre et celui du tablier — et une charge ponctuelle d'exploitation représentant un véhicule de service, appliquée à 6,00 m de l'appui gauche. Cette position décentrée rompt la symétrie du problème et impose de traiter la poutre en deux zones distinctes.
Pour avancer sereinement, voici les éléments fondamentaux que vous devez avoir à l'esprit. Gardez un œil attentif sur ces critères déterminants :
-
Deux natures de charges : L'une permanente, l'autre variable. Elles ne reçoivent pas le même coefficient partiel, et ce sont les valeurs pondérées qui servent au dimensionnement.
-
Une discontinuité à traiter : La charge ponctuelle introduit un saut dans l'effort tranchant. La poutre doit donc être étudiée par zones, de part et d'autre de son point d'application.
-
Un maximum à localiser, non à supposer : Le moment culmine là où l'effort tranchant change de signe — ce qui peut se produire par annulation ou par saut, et il faut établir lequel.
Déterminer les sollicitations internes de calcul de la poutre et localiser les sections critiques.
- Charges et réactions : Pondérer les deux actions selon leur nature, puis établir les réactions d'appui par le théorème des moments.
- Effort tranchant : Établir son expression dans chaque zone par la méthode des coupures, et vérifier la discontinuité sous la charge.
- Moment fléchissant : Localiser rigoureusement le maximum avant de le calculer, puis établir l'expression du moment dans chaque zone.
- Contrôles et portée : Recouper le moment maximal par superposition, et mesurer ce que coûterait un calcul mené sans pondération.
- Les charges pondérées et les deux réactions d'appui.
- L'expression de l'effort tranchant dans chaque zone et sa valeur maximale.
- La localisation démontrée du maximum de moment et sa valeur.
- Le contrôle par superposition et l'écart au calcul non pondéré.
La géométrie et les charges caractéristiques proviennent du dossier d'avant-projet. Les coefficients partiels appliqués à chacune sont ceux que le règlement retient pour la combinaison fondamentale, selon que l'action est permanente ou variable.
Formulaire & Aide-Mémoire (À consulter en cas de besoin)
Retrouvez ici les formules principales pour cet exercice. Ne les apprenez pas par cœur, comprenez comment les appliquer !
- Combinaison fondamentale \( \gamma_{\text{G}} G_{\text{k}} + \gamma_{\text{Q}} Q_{\text{k}} \)
- Théorème des moments \( \sum M_{/\text{A}} = 0 \)
- Effort tranchant par coupure \( V(x) = \sum F_{y,\text{gauche}} \)
- Moment par coupure \( M(x) = \sum \left( x - x_i \right) F_{y,i} \)
- Relation entre les deux \( \dfrac{\mathrm{d}M}{\mathrm{d}x} = V(x) \)
La travée et son chargement
| Symbole | Description | Valeur | Unité |
|---|---|---|---|
| \( L \) | Portée entre les axes des deux appuis | 10,00 | m |
| \( q_{\text{k}} \) | Charge répartie caractéristique : poids propre de la poutre et du tablier — action permanente | 5,00 | kN/m |
| \( P_{\text{k}} \) | Charge ponctuelle caractéristique : essieu du véhicule de service — action variable | 20,00 | kN |
| \( a \) | Distance de la charge ponctuelle à l'appui gauche, position fixée par le dossier de conception | 6,00 | m |
- Systeme : poutre isostatique sur deux appuis
- Appui gauche : articulation
- Appui droit : appui glissant
Les coefficients partiels de la combinaison fondamentale
| Symbole | Description | Valeur | Unité |
|---|---|---|---|
| \( \gamma_{\text{G}} \) | Coefficient partiel appliqué à l'action permanente défavorable, ici la charge répartie EN 1990 § 6.4.3.2, expression (6.10) | 1,35 | — |
| \( \gamma_{\text{Q}} \) | Coefficient partiel appliqué à l'action variable défavorable, ici la charge ponctuelle, seule action variable du problème EN 1990 § 6.4.3.2, expression (6.10) | 1,50 | — |
- Profile de la poutre : non fourni
- Nuance d'acier : non fournie
- Critere de fleche : non fourni
Extraits de Normes & Abaques (Documents Annexes)
Servez-vous des documents ci-dessous pour extraire les coefficients nécessaires à votre résolution.
Les deux zones d'étude imposées par la charge ponctuelle| Zone | Intervalle |
|---|---|
| Zone 1 | 0 ≤ x < 6,00 m |
| Discontinuité | x = 6,00 m |
| Zone 2 | 6,00 m < x ≤ 10,00 m |
3. Méthodologie de Résolution & Travail Demandé
L'étude pondère d'abord les deux actions selon leur nature, puis établit les réactions d'appui. Elle décrit ensuite l'effort tranchant zone par zone, localise rigoureusement le maximum du moment avant de le calculer, et s'achève par un recoupement indépendant du résultat.
Question 1 : Charges pondérées et réactions d'appui
Besoin d'un indice ? (Niveau 1)
Une charge permanente et une charge variable ne reçoivent pas le même coefficient.
Toujours bloqué ? (Indice Niveau 2)
Écrire l'équilibre des moments en un appui élimine la réaction de cet appui.
Question 2 : Effort tranchant dans les deux zones
Besoin d'un indice ? (Niveau 1)
L'effort tranchant est la somme algébrique des forces situées à gauche de la coupure.
Toujours bloqué ? (Indice Niveau 2)
La charge répartie n'agit que sur la longueur effectivement située à gauche.
Question 3 : Localisation et calcul du moment fléchissant maximal
Besoin d'un indice ? (Niveau 1)
Le moment est la primitive de l'effort tranchant.
Toujours bloqué ? (Indice Niveau 2)
Une solution trouvée hors de la zone où l'expression est valable ne compte pas.
Question 4 (Finale) : Contrôle par superposition et portée du résultat
Besoin d'un indice ? (Niveau 1)
Les effets de deux chargements s'additionnent en comportement linéaire.
Toujours bloqué ? (Indice Niveau 2)
Le moment d'une charge ponctuelle fait intervenir le produit de ses deux distances aux appuis.
Calcul de l'Effort Tranchant et du Moment Fléchissant
"Avant toute chose, je dois établir avec quelles charges je travaille. Le dossier me donne des valeurs caractéristiques, c'est-à-dire les charges telles qu'on les estime ; le dimensionnement se conduit sur des valeurs de calcul, majorées. Et les deux charges ne sont pas de même nature : l'une est permanente, l'autre non."
- Ce que je distingue : La charge répartie, qui est le poids propre de l'ouvrage, de la charge ponctuelle, qui est une charge d'exploitation.
- Ce que j'applique : Un coefficient partiel propre à chaque nature, conformément à la combinaison fondamentale.
- Ce que j'établis ensuite : Les deux réactions d'appui, par le théorème des moments puis par l'équilibre vertical.
Voir uniquement le résultat final (Auto-évaluation)
Le dimensionnement ne s'appuie jamais sur les charges telles qu'on les estime. Le règlement les majore par des coefficients partiels dont la valeur dépend de la nature de l'action, ce qui traduit l'inégale confiance que l'on peut leur accorder.
Deux résultats sont établis : la combinaison fondamentale appliquée à deux actions de natures différentes, puis les réactions d'appui par le théorème des moments.
Étape 1 — Combinaison fondamentale des actions :Elle transforme les charges estimées en charges de dimensionnement.
Le règlement affecte à chaque action un coefficient partiel qui couvre l'écart possible entre la valeur retenue et celle qui se produira réellement. Ce coefficient dépend de la nature de l'action : les actions permanentes, dont l'estimation repose sur des grandeurs mesurables, en reçoivent un plus faible que les actions variables, dont l'intensité dépend de l'usage. Le problème ne comportant qu'une seule action variable, celle-ci est nécessairement l'action dominante et aucun coefficient d'accompagnement n'intervient.
- \( q_{\text{Ed}} \) : charge repartie de calcul, unité : kN/m
- \( P_{\text{Ed}} \) : charge ponctuelle de calcul, unité : kN
- \( \gamma_{\text{G}} \) : coefficient partiel des actions permanentes, unité : —
- \( \gamma_{\text{Q}} \) : coefficient partiel des actions variables, unité : —
Elles donnent les efforts transmis aux culées et les valeurs de départ des diagrammes.
La poutre est en équilibre : la somme des moments de toutes les forces extérieures, calculée par rapport à n'importe quel point, est nulle. En choisissant l'appui gauche comme point de calcul, la réaction de cet appui a un bras de levier nul et disparaît de l'équation. Y subsistent le moment de la réaction droite, dont le bras de levier est la portée entière, celui de la charge ponctuelle à sa propre distance, et celui de la charge répartie — dont la résultante est son produit par la portée, appliquée à mi-portée. L'équation ne contient plus qu'une inconnue. L'équilibre vertical donne ensuite la seconde réaction.
- \( R_{\text{A}} \) : reaction verticale de l'appui gauche, unité : kN
- \( R_{\text{B}} \) : reaction verticale de l'appui droit, unité : kN
- \( a \) : distance de la charge ponctuelle a l'appui gauche, unité : m
- \( L \) : portee entre appuis, unité : m
"Conduire toute l'étude sur les charges caractéristiques et présenter le résultat comme une valeur de calcul."
- Ce que la combinaison impose : Les valeurs caractéristiques sont des estimations ; les valeurs de calcul s'en déduisent par les coefficients partiels. Une sollicitation issue des premières n'a pas le statut d'une valeur de dimensionnement.
- Ce que l'erreur change numériquement : Le moment maximal tomberait à 108,00 kN·m au lieu de 153,00, soit une sous-estimation de 29,4 pour cent. L'effort tranchant tomberait de 51,75 à 37,00 kN, soit 28,5 pour cent de moins.
- Comment on la détecte : Par le rapport à la somme brute des charges. La charge répartie de calcul doit valoir exactement 1,35 fois la charge caractéristique, et la charge ponctuelle 1,50 fois. Obtenir les valeurs d'origine signale que la pondération n'a pas été faite.
Exécution de la Note de Calculs
- Les charges sont exprimées en kilonewtons et kilonewtons par mètre, les longueurs en mètres.
- Les moments s'expriment alors en kilonewtons multipliés par des mètres.
- Les coefficients partiels sont des nombres sans dimension.
Chaque charge est pondérée séparément selon sa nature, puis la réaction de l'appui droit est établie par le théorème des moments et celle de l'appui gauche par l'équilibre vertical.
1. Résolution Numérique Pondération de la charge répartie permanentePourquoi fait-on ce calcul ? Parce que cette charge alimente tous les calculs de sollicitations, et qu'une erreur sur elle s'y propagerait proportionnellement.
La charge caractéristique répartie est multipliée par le coefficient partiel des actions permanentes.
- Nature de cette action : Elle représente le poids propre de la poutre et du tablier, grandeurs qui ne varient pas dans le temps : c'est une action permanente.
- Coefficient correspondant : \( \gamma_{\text{G}} = 1{,}35 \), applicable puisque cette action est défavorable — elle augmente les sollicitations dont on cherche le maximum.
La charge répartie de calcul vaut 6,75 kN/m, soit 1,75 kN/m de plus que la charge caractéristique.
- Contrôle du rapport : \( 6{,}75/5{,}00 = 1{,}35 \) : le coefficient se retrouve exactement, ce qui écarte une confusion avec celui des actions variables.
- Ce que cette majoration couvre : L'écart possible entre le poids réellement mis en œuvre et celui qui a été estimé : surépaisseurs de coffrage, tolérances de fabrication, revêtements ultérieurs.
Remarque pédagogique : C'est cette valeur, et non les 5,00 kN/m du dossier, qui doit apparaître dans toute la suite de l'étude. La valeur caractéristique n'y a plus sa place, sauf à titre de comparaison explicite — ce que la dernière question fera.
Pondération de la charge ponctuelle d'exploitationPourquoi fait-on ce calcul ? Parce que cette charge reçoit un coefficient différent du précédent, et que l'inversion des deux est l'erreur la plus courante à cette étape.
La charge caractéristique ponctuelle est multipliée par le coefficient partiel des actions variables.
- Nature de cette action : Elle représente un véhicule de service, dont la présence et l'intensité dépendent de l'usage : c'est une action variable.
- Coefficient correspondant : \( \gamma_{\text{Q}} = 1{,}50 \), sans coefficient d'accompagnement puisque c'est la seule action variable du problème, donc nécessairement l'action dominante.
La charge ponctuelle de calcul vaut 30,00 kN, soit 10,00 kN de plus que la charge caractéristique.
- Contrôle du rapport : \( 30{,}00/20{,}00 = 1{,}50 \) : le coefficient se retrouve exactement, ce qui écarte une inversion avec celui de la charge répartie.
- Effet de la majoration différenciée : Cette charge est majorée de 11 pour cent de plus que la charge répartie, car son intensité est plus incertaine. Son poids relatif dans le chargement total s'en trouve accru.
Remarque pédagogique : Les deux coefficients ne se distinguent pas par le mode d'application de la charge mais par sa nature. Une charge répartie d'exploitation recevrait 1,50, et un poids propre concentré recevrait 1,35.
Calcul de la réaction de l'appui droitPourquoi fait-on ce calcul ? Parce que le théorème des moments écrit à l'appui gauche la donne directement, sans passer par un système d'équations.
Les moments des trois forces sont formés par rapport à l'appui gauche, puis l'équation est résolue pour l'unique inconnue qu'elle contient.
- Bras de levier de chaque force : La portée de 10,00 m pour la réaction droite, 6,00 m pour la charge ponctuelle, 5,00 m pour la résultante de la charge répartie.
- Résultante de la charge répartie : \( 6{,}75 \times 10{,}00 = 67{,}50 \text{ kN} \), appliquée à mi-portée.
L'appui droit reprend 51,75 kN. La charge ponctuelle, plus proche de lui que de l'appui gauche, lui transmet la plus grande part de son effet.
- Part de chaque chargement : La charge répartie contribue pour \( 337{,}50/517{,}50 = 65 \) pour cent au moment, la charge ponctuelle pour 35 pour cent.
- Vraisemblance du résultat : La réaction droite doit dépasser la moitié de la charge totale, soit 48,75 kN, puisque la charge ponctuelle est décentrée vers la droite. C'est bien le cas.
Remarque pédagogique : Le choix de l'appui gauche comme point de calcul n'est pas indifférent : il élimine la réaction gauche de l'équation et donne la réaction droite en une seule ligne. Choisir un point quelconque de la poutre aurait conduit à un système de deux équations à deux inconnues.
Calcul de la réaction de l'appui gauchePourquoi fait-on ce calcul ? Parce que l'équilibre vertical donne la seconde réaction, et parce que la somme des deux doit restituer la charge totale.
La charge totale descendante est formée, puis la réaction droite lui est retranchée.
- Charge totale descendante : La charge ponctuelle de 30,00 kN augmentée de la résultante de la charge répartie, soit \( 6{,}75 \times 10{,}00 = 67{,}50 \text{ kN} \).
- Ce que l'équilibre vertical impose : Que la somme des deux réactions égale cette charge totale, aucune force horizontale n'étant appliquée.
L'appui gauche reprend 45,75 kN, contre 51,75 kN pour l'appui droit. La dissymétrie de 6,00 kN traduit le décentrement de la charge ponctuelle vers la droite.
- Contrôle de l'équilibre vertical : \( 45{,}75 + 51{,}75 = 97{,}50 \text{ kN} \), soit exactement la charge totale descendante. Le bilan est complet.
- Origine de la dissymétrie : La charge répartie se partage également, à 33,75 kN par appui. Toute la dissymétrie vient de la charge ponctuelle, qui donne 12,00 kN à gauche et 18,00 kN à droite.
Remarque pédagogique : Ce contrôle par la charge totale n'est pas une vérification indépendante — il découle de l'équation même qui a servi à trouver la réaction. Il détecte néanmoins une erreur de calcul, ce qui suffit à le justifier avant d'aborder les efforts internes.
"La charge ponctuelle coupe le problème en deux. À gauche de son point d'application, le tronçon isolé ne voit que la réaction d'appui et une part de la charge répartie ; à droite, la charge ponctuelle entre dans le bilan. Je dois donc établir deux expressions, et je m'attends à une discontinuité entre les deux."
- Ce que j'établis : L'expression de l'effort tranchant par isolement du tronçon situé à gauche de la coupure.
- Ce que je démontre : Que le saut sous une charge concentrée vaut exactement l'intensité de cette charge.
- Ce que je contrôle : La valeur à l'appui droit, qui doit restituer la réaction correspondante changée de signe.
Voir uniquement le résultat final (Auto-évaluation)
Couper virtuellement la poutre et isoler l'un des deux tronçons fait apparaître, sur la face de coupure, les efforts que l'autre tronçon lui transmet. L'effort tranchant est la composante verticale de ces efforts.
Deux résultats sont établis : l'expression de l'effort tranchant par isolement du tronçon gauche, puis l'amplitude du saut sous une charge concentrée.
Étape 1 — Effort tranchant par isolement du tronçon gauche :Il fournit l'expression valable dans chaque zone.
Coupons la poutre à une abscisse courante et isolons la partie gauche. Ce tronçon est en équilibre sous l'action des forces extérieures qui s'y appliquent et de l'effort que la partie droite lui transmet à travers la coupure. L'équilibre vertical impose que cet effort compense exactement la somme des forces extérieures du tronçon. L'effort tranchant, défini comme cette somme comptée positivement vers le haut, vaut donc la réaction d'appui diminuée de la charge répartie sur la longueur du tronçon, et diminuée en outre de la charge ponctuelle si celle-ci a été franchie.
- \( V(x) \) : effort tranchant a l'abscisse x, unité : kN
- \( R_{\text{A}} \) : reaction de l'appui gauche, unité : kN
- \( q_{\text{Ed}} \) : charge repartie de calcul, unité : kN/m
- \( a \) : abscisse de la charge ponctuelle, unité : m
Elle fournit un contrôle exact de la transition entre les deux zones.
Évaluons les deux expressions au point d'application de la charge concentrée : celle de la zone amont donne la réaction diminuée de la charge répartie sur cette longueur, celle de la zone aval donne la même quantité diminuée en outre de la charge concentrée. Leur différence est donc exactement l'intensité de cette charge, indépendamment de la valeur de la réaction et de la charge répartie. Le diagramme de l'effort tranchant présente ainsi une discontinuité verticale dont la hauteur est mesurable et vérifiable.
- \( V(a^-) \) : effort tranchant juste avant la charge, unité : kN
- \( V(a^+) \) : effort tranchant juste apres la charge, unité : kN
- \( P_{\text{Ed}} \) : charge ponctuelle de calcul, unité : kN
"Employer la résultante totale de la charge répartie dans l'expression d'une coupure."
- Ce que l'isolement impose : Seules les forces appliquées au tronçon isolé entrent dans son équilibre. La charge répartie n'y agit que sur la longueur de ce tronçon, soit l'abscisse de la coupure.
- Ce que l'erreur change numériquement : À l'abscisse 6,00 m, l'effort tranchant deviendrait \( 45{,}75 - 67{,}50 = -21{,}75 \text{ kN} \) au lieu de \( +5{,}25 \). Le signe serait inversé, et le maximum de moment placé au mauvais endroit.
- Comment on la détecte : Par la valeur à l'origine. En \( x = 0 \), aucun tronçon n'est isolé et l'effort tranchant doit valoir exactement la réaction d'appui, soit 45,75 kN. Avec la résultante totale on obtiendrait \( 45{,}75 - 67{,}50 = -21{,}75 \), ce qui est manifestement faux.
Exécution de la Note de Calculs
- Les charges sont en kilonewtons et kilonewtons par mètre, les abscisses en mètres.
- L'effort tranchant s'exprime donc en kilonewtons.
- La pente du diagramme, en kilonewtons par mètre, est l'opposé de la charge répartie.
L'effort tranchant est établi dans la zone amont, puis dans la zone aval, et les deux contrôles sont enfin conduits.
1. Résolution Numérique Effort tranchant dans la zone amontPourquoi fait-on ce calcul ? Parce que c'est la zone où l'effort tranchant est positif, et parce que sa valeur à l'extrémité de la zone conditionne la position du maximum de moment.
L'expression est écrite avec la réaction gauche et la charge répartie sur la longueur du tronçon, puis évaluée aux deux bornes de la zone.
- Intervalle de validité : De l'appui gauche jusqu'au point d'application de la charge, soit \( 0 \le x < 6{,}00 \text{ m} \).
- Forces du tronçon isolé : La réaction de 45,75 kN vers le haut, et la charge répartie de 6,75 kN/m sur la longueur x vers le bas.
L'effort tranchant décroît linéairement de 45,75 kN à l'appui jusqu'à 5,25 kN juste avant la charge ponctuelle. Il reste positif sur toute la zone.
- Contrôle à l'origine : \( V(0) = 45{,}75 \text{ kN} \), soit exactement la réaction d'appui. C'est la vérification la plus immédiate de l'expression.
- Pente du diagramme : \( -6{,}75 \text{ kN/m} \), soit l'opposé de la charge répartie. La droite descend régulièrement sur toute la zone.
Remarque pédagogique : Le fait que l'effort tranchant reste positif jusqu'au bout de la zone est un renseignement essentiel : il signifie que le moment croît sur toute cette longueur et n'atteint pas son maximum avant la charge. La question suivante en tirera parti.
Effort tranchant dans la zone avalPourquoi fait-on ce calcul ? Parce que la charge ponctuelle entre désormais dans le bilan du tronçon isolé, ce qui change l'expression.
La charge ponctuelle est retranchée de l'expression précédente, puis le résultat est évalué aux deux bornes de la zone.
- Intervalle de validité : Du point d'application de la charge jusqu'à l'appui droit, soit \( 6{,}00 < x \le 10{,}00 \text{ m} \).
- Ce qui change par rapport à la zone amont : Seule l'ordonnée à l'origine, la pente restant celle de la charge répartie.
L'effort tranchant est négatif sur toute la zone aval et atteint son maximum en valeur absolue à l'appui droit, avec 51,75 kN.
- Contrôle à l'appui droit : \( V(10) = -51{,}75 \text{ kN} \), soit exactement l'opposé de la réaction droite. La poutre se referme correctement sur son second appui.
- Valeur dimensionnante : C'est cette valeur absolue de 51,75 kN qui servira à vérifier la résistance au cisaillement de l'âme du profilé.
Remarque pédagogique : La pente est identique dans les deux zones, ce qui est logique : elle ne dépend que de la charge répartie, laquelle est la même partout. Seule l'ordonnée à l'origine a changé, du montant exact de la charge ponctuelle.
Contrôle du saut sous la charge ponctuellePourquoi fait-on ce calcul ? Parce que ce contrôle est indépendant de toutes les autres grandeurs du problème et détecte immédiatement une erreur sur l'une des deux expressions.
La différence entre les valeurs de part et d'autre du point d'application est formée, puis comparée à l'intensité de la charge.
- Valeurs comparées : \( V(6^-) = 5{,}25 \) et \( V(6^+) = -24{,}75 \text{ kN} \).
- Valeur attendue : La charge ponctuelle de calcul, soit 30,00 kN, quelle que soit la valeur des réactions.
Le saut vaut exactement 30,00 kN, soit la charge ponctuelle de calcul. Les deux expressions sont donc cohérentes entre elles.
- Ce que ce contrôle établit : Que la charge ponctuelle a été correctement introduite dans la seconde expression, et avec le bon signe. Une erreur de signe donnerait un saut de zéro ou de 60,00 kN.
- Le changement de signe : L'effort tranchant passe de positif à négatif par ce saut, sans jamais prendre la valeur zéro. Cette observation sera décisive pour localiser le maximum de moment.
Remarque pédagogique : Ce contrôle est le plus robuste de l'étude : il ne fait intervenir ni les réactions, ni la charge répartie, ni la portée. Le saut vaut la charge, et rien d'autre ne peut le modifier.
"Le moment est la primitive de l'effort tranchant : il croît tant que celui-ci est positif et décroît ensuite. Le maximum se situe donc au changement de signe — mais ce changement peut se produire par annulation ou par saut, et je ne peux pas le supposer. Je dois chercher si l'effort tranchant s'annule quelque part avant de conclure."
- Ce que je cherche d'abord : Si l'effort tranchant s'annule à l'intérieur de l'une des deux zones, ce qui placerait le maximum ailleurs qu'au droit de la charge.
- Ce que j'établis : L'expression du moment dans chaque zone, par la même méthode des coupures.
- Ce que je vérifie enfin : Que le moment s'annule bien sur les deux appuis, ce qu'impose la nature des liaisons.
Voir uniquement le résultat final (Auto-évaluation)
Le moment fléchissant en une section est le moment, par rapport à cette section, des forces situées d'un même côté. Il est relié à l'effort tranchant par une relation différentielle qui en détermine les extremums.
Deux résultats sont établis : l'expression du moment par coupure, puis la relation qui le lie à l'effort tranchant et localise ses extremums.
Étape 1 — Moment fléchissant par isolement du tronçon gauche :Il fournit l'expression du moment dans chaque zone.
Isolons de nouveau le tronçon situé à gauche de la coupure et écrivons l'équilibre de ses moments par rapport à la section de coupure. La réaction d'appui y agit avec un bras de levier égal à l'abscisse de la coupure. La charge répartie sur ce tronçon a pour résultante son intensité multipliée par la longueur du tronçon, appliquée au milieu de celui-ci : son bras de levier vaut donc la moitié de l'abscisse. Si la charge concentrée a été franchie, elle agit en outre avec un bras de levier égal à la distance qui la sépare de la coupure.
- \( M(x) \) : moment flechissant a l'abscisse x, unité : kN·m
- \( R_{\text{A}} \) : reaction de l'appui gauche, unité : kN
- \( q_{\text{Ed}} \) : charge repartie de calcul, unité : kN/m
- \( P_{\text{Ed}} \) : charge ponctuelle de calcul, unité : kN
Elle indique où chercher le maximum, sans le supposer.
Dérivons l'expression du moment par rapport à l'abscisse : le terme de la réaction donne la réaction elle-même, et celui de la charge répartie donne son intensité multipliée par l'abscisse, avec un signe négatif. On retrouve exactement l'expression de l'effort tranchant. Le moment est donc extremal là où l'effort tranchant s'annule. Encore faut-il que la solution de cette équation appartienne à l'intervalle où l'expression est valable : une racine située hors de sa zone n'a pas de sens physique et indique simplement que le moment ne culmine pas dans cette zone.
- \( \mathrm{d}M/\mathrm{d}x \) : derivee du moment le long de la poutre, unité : kN
- \( V(x) \) : effort tranchant a l'abscisse x, unité : kN
"Retenir une racine de l'effort tranchant située hors de la zone où son expression est valable."
- Ce que la méthode des coupures impose : Une expression n'est valable que sur l'intervalle où la composition des forces du tronçon isolé reste inchangée. Hors de cet intervalle, elle décrit un chargement qui n'existe pas.
- Ce que les deux racines donnent ici : L'expression amont s'annule en \( 45{,}75/6{,}75 = 6{,}78 \text{ m} \), au-delà de sa zone qui s'arrête à 6,00 m. L'expression aval s'annule en \( 15{,}75/6{,}75 = 2{,}33 \text{ m} \), en deçà de sa zone qui commence à 6,00 m. Aucune des deux n'est recevable.
- Ce qu'il faut en conclure : L'effort tranchant ne s'annule nulle part : il change de signe par le saut sous la charge. Le maximum du moment se situe donc exactement au droit de celle-ci, à 6,00 m — et c'est démontré, non supposé.
Exécution de la Note de Calculs
- Les charges sont en kilonewtons et kilonewtons par mètre, les abscisses en mètres.
- Le moment s'exprime donc en kilonewtons multipliés par des mètres.
- Le quotient d'une réaction par une charge répartie donne bien une longueur, en mètres.
La position du maximum est d'abord établie par la recherche des racines de l'effort tranchant, puis le moment y est calculé par l'expression de la zone amont, et enfin contrôlé deux fois par celle de la zone aval.
1. Résolution Numérique Recherche des racines de l'effort tranchantPourquoi fait-on ce calcul ? Parce que la position du maximum de moment doit être démontrée avant d'être employée, et parce qu'elle dépend du chargement.
Chacune des deux expressions de l'effort tranchant est annulée, puis la racine obtenue est confrontée à l'intervalle de validité de cette expression.
- Expressions employées : \( V(x) = 45{,}75 - 6{,}75\,x \) sur \( [0 \, ; 6{,}00[ \) et \( V(x) = 15{,}75 - 6{,}75\,x \) sur \( ]6{,}00 \, ; 10{,}00] \).
- Ce que la confrontation décide : Une racine hors de son intervalle est rejetée : elle décrit un chargement qui n'existe pas sur cette portion.
Aucune des deux racines n'appartient à sa zone de validité. L'effort tranchant ne s'annule donc en aucun point de la poutre : il change de signe uniquement par le saut sous la charge.
- Conclusion sur la position du maximum : Le moment croît sur toute la zone amont et décroît sur toute la zone aval. Son maximum est donc exactement à la frontière, en \( x = 6{,}00 \text{ m} \).
- Ce qui aurait changé la conclusion : Une charge ponctuelle plus faible aurait laissé l'effort tranchant s'annuler dans la zone aval. Le maximum se serait alors situé en un point intérieur, et non sous la charge.
Remarque pédagogique : Cette vérification est le point de méthode le plus important de la question. Elle demande deux divisions et deux comparaisons ; l'omettre revient à supposer un résultat qui, selon le chargement, peut être faux.
Calcul du moment maximal au droit de la chargePourquoi fait-on ce calcul ? Parce que c'est la valeur qui gouvernera le choix du profilé, la position étant désormais établie.
L'expression de la zone amont est évaluée à l'abscisse de la charge ponctuelle.
- Expression employée : Celle de la zone amont, valable jusqu'en 6,00 m inclus par continuité du moment.
- Termes à former : Le moment de la réaction, puis celui de la charge répartie sur les six premiers mètres.
Le moment fléchissant maximal atteint 153,00 kN·m au droit de la charge ponctuelle. C'est cette valeur qui dimensionnera le profilé en flexion.
- Part de chaque terme : La réaction apporte 274,50 kN·m et la charge répartie en retranche 121,50. Le solde positif de 153,00 traduit la flexion effective de la poutre.
- Signe du résultat : Positif, ce qui signifie que la fibre inférieure est tendue et la fibre supérieure comprimée — comportement attendu d'une poutre sur deux appuis simples.
Remarque pédagogique : Le diagramme du moment présente en ce point un point anguleux et non un sommet arrondi : les deux paraboles se raccordent en valeur mais non en pente, puisque l'effort tranchant y est discontinu. C'est la signature graphique d'une charge concentrée.
Contrôle de la continuité du moment au droit de la chargePourquoi fait-on ce calcul ? Parce que l'expression de la zone aval doit restituer exactement la même valeur que celle de la zone amont au point où les deux se rejoignent.
L'expression de la zone aval est développée, puis évaluée au droit de la charge ponctuelle.
- Expression à développer : Celle de la zone amont diminuée du moment de la charge ponctuelle, dont le bras de levier vaut \( x - 6{,}00 \).
- Termes de l'évaluation en 6,00 m : \( 15{,}75 \times 6{,}00 = 94{,}50 \) et \( 3{,}375 \times 6{,}00^2 = 121{,}50 \).
L'expression de la zone aval redonne exactement 153,00 kN·m au droit de la charge : les deux paraboles se raccordent bien en valeur.
- Ce que la continuité établit : Que le terme de la charge ponctuelle a été introduit avec le bon bras de levier. Un bras erroné romprait le raccordement des deux expressions.
- Ce que la continuité n'établit pas : La continuité de la pente. Celle-ci reste discontinue, puisque l'effort tranchant saute de 30,00 kN en ce point : le raccordement est anguleux.
Remarque pédagogique : Le moment fléchissant est toujours continu, même sous une charge concentrée : une discontinuité de moment supposerait un couple appliqué en ce point, ce qui n'est pas le cas ici.
Contrôle de l'annulation du moment sur l'appui droitPourquoi fait-on ce calcul ? Parce que la nature des appuis impose un moment nul aux deux extrémités, ce qui offre un contrôle indépendant du précédent.
L'expression développée de la zone aval est évaluée à l'abscisse de l'appui droit.
- Termes de l'évaluation en 10,00 m : \( 15{,}75 \times 10{,}00 = 157{,}50 \) et \( 3{,}375 \times 10{,}00^2 = 337{,}50 \).
- Valeur attendue : Zéro exactement, un appui simple ne pouvant transmettre aucun moment à la poutre.
Le moment s'annule exactement sur l'appui droit, conformément à la nature de la liaison. L'ensemble des expressions est donc cohérent avec les conditions aux limites.
- Ce que ce contrôle couvre : Toutes les erreurs qui affecteraient les réactions d'appui ou les bras de levier : elles laisseraient un moment résiduel non nul à l'extrémité.
- Le second appui, également : En \( x = 0 \), l'expression de la zone amont donne elle aussi zéro, tous ses termes étant proportionnels à l'abscisse. Les deux extrémités sont donc vérifiées.
Remarque pédagogique : Ce contrôle est indépendant du précédent : le premier teste le raccordement des deux zones entre elles, celui-ci teste la conformité aux conditions aux limites. Ensemble, ils couvrent la quasi-totalité des erreurs possibles sur les expressions du moment.
"Le résultat est établi, mais il repose sur une seule chaîne de calcul. Je veux le recouper par une voie qui n'en reprenne aucune étape : traiter séparément les deux chargements et additionner leurs effets. Je veux aussi savoir ce que représente exactement ce chiffre, et ce qu'aurait donné un calcul mené sans pondération."
- Ce que j'établis : Le principe de superposition, et le moment maximal d'une charge ponctuelle de position quelconque.
- Ce que je recoupe : Le moment maximal, par addition des deux contributions calculées séparément.
- Ce que je mesure enfin : L'écart avec un calcul conduit sur les charges caractéristiques, pour savoir ce que la pondération apporte.
Voir uniquement le résultat final (Auto-évaluation)
En comportement linéaire, l'effet de plusieurs chargements appliqués simultanément est la somme des effets de chacun appliqué seul. Cette propriété fournit une voie de calcul et une voie de contrôle.
Deux résultats sont établis : le principe de superposition appliqué au moment, puis le moment maximal d'une charge ponctuelle de position quelconque.
Étape 1 — Superposition des effets de deux chargements :Elle fournit une voie de calcul indépendante de la méthode des coupures.
Les équations d'équilibre sont linéaires en les charges : les réactions produites par la somme de deux chargements sont la somme des réactions produites par chacun. Le moment fléchissant, qui s'exprime linéairement en fonction des réactions et des charges, hérite de cette propriété. Le moment total en une section est donc la somme des moments qu'y produiraient séparément la charge répartie et la charge ponctuelle. L'addition des valeurs maximales n'est en revanche légitime que si ces maxima se produisent à la même abscisse, ce qu'il faut vérifier.
- \( M_{\text{q}} \) : moment du a la seule charge repartie, unité : kN·m
- \( M_{\text{P}} \) : moment du a la seule charge ponctuelle, unité : kN·m
- \( L \) : portee entre appuis, unité : m
- \( a \) : abscisse de la charge ponctuelle, unité : m
Il indique dans quelle mesure la position retenue est défavorable.
Sous une charge ponctuelle seule, les réactions se partagent en raison inverse des distances aux appuis. Le moment maximal se produit au droit de la charge et vaut le produit de la réaction du côté considéré par la distance correspondante, soit le produit de la charge par ses deux distances aux appuis, divisé par la portée. Ce produit, à somme des distances fixée, est maximal lorsque les deux distances sont égales : la position la plus défavorable est donc le milieu de la travée, où le moment vaut le quart du produit de la charge par la portée.
- \( M_{\text{P,max}} \) : moment maximal sous la seule charge ponctuelle, unité : kN·m
- \( a \) : distance de la charge a l'appui gauche, unité : m
- \( L - a \) : distance de la charge a l'appui droit, unité : m
"Additionner les maxima de deux chargements sans vérifier qu'ils se produisent au même endroit."
- Ce que la superposition permet exactement : D'additionner les moments en une même section. Rien n'assure a priori que les deux chargements atteignent leur maximum dans la même section.
- Ce que l'erreur donnerait ici : La charge répartie seule culmine à mi-portée, avec \( 6{,}75 \times 100/8 = 84{,}38 \text{ kN} \cdot \text{m} \), et non 81,00 comme en 6,00 m. Additionner ce maximum aux 72,00 de la charge ponctuelle donnerait 156,38 kN·m au lieu de 153,00, soit 2,2 pour cent de trop pour une section qui n'existe pas.
- Comment on l'évite : En évaluant les deux contributions à la même abscisse, celle du maximum du moment total. Ici les deux termes sont calculés en 6,00 m, et leur somme est bien le moment maximal réel.
Exécution de la Note de Calculs
- Les charges sont en kilonewtons et kilonewtons par mètre, les distances en mètres.
- Les moments s'expriment en kilonewtons multipliés par des mètres.
- Les rapports de moments sont des nombres sans dimension.
Chaque chargement élémentaire est traité séparément, réaction puis moment, leur somme est comparée au résultat de la question précédente, et l'écart au calcul non pondéré est enfin chiffré.
1. Résolution Numérique Réaction d'appui produite par la seule charge répartiePourquoi fait-on ce calcul ? Parce que le calcul du moment de ce chargement isolé exige d'abord sa propre réaction d'appui, laquelle diffère de celle du chargement complet.
La résultante de la charge répartie est formée, puis partagée également entre les deux appuis.
- Résultante de la charge répartie : Son intensité multipliée par la portée, soit \( 6{,}75 \times 10{,}00 \), appliquée à mi-portée.
- Pourquoi un partage égal : La résultante s'applique au milieu de la travée : les deux appuis sont à égale distance et reprennent donc la même part.
La charge répartie seule produirait une réaction de 33,75 kN sur chacun des deux appuis, le chargement étant symétrique.
- Contrôle par le chargement complet : La réaction gauche du chargement complet vaut 45,75 kN. L'écart de 12,00 kN correspond exactement à la part que la charge ponctuelle transmet à cet appui.
- Ce que ce partage égal signale : Que ce chargement pris isolément est symétrique, contrairement au chargement complet. Son diagramme de moment sera donc symétrique lui aussi.
Remarque pédagogique : Cette réaction n'a pas de réalité physique isolée : elle ne s'exerce pas sur l'ouvrage. Elle n'est qu'un intermédiaire de calcul du cas de charge élémentaire, dont l'effet sera ensuite ajouté à celui de l'autre.
Moment produit par la seule charge répartie au droit de la charge ponctuellePourquoi fait-on ce calcul ? Parce qu'il constitue le premier terme de la superposition, et qu'il se calcule sans recourir aux expressions par zone.
Le moment de la réaction et celui de la charge répartie tronquée sont formés à l'abscisse de six mètres.
- Abscisse d'évaluation : 6,00 m, celle du maximum du moment total, et non celle du maximum de ce chargement pris isolément.
- Terme de la charge répartie : Sa résultante sur les six premiers mètres, appliquée au milieu de ce tronçon, soit \( 6{,}75 \times 6{,}00^2/2 \).
La charge répartie seule produirait 81,00 kN·m à l'abscisse de six mètres. Ce n'est pas son maximum, qui se situerait à mi-portée.
- Comparaison à son propre maximum : À mi-portée, la charge répartie seule donnerait \( 6{,}75 \times 100/8 = 84{,}38 \text{ kN} \cdot \text{m} \). La valeur en 6,00 m en représente 96 pour cent.
- Pourquoi évaluer ici et non à son maximum : Parce que la superposition additionne des moments en une même section. Additionner deux maxima situés en des sections différentes n'aurait aucun sens.
Remarque pédagogique : Cette contribution se calcule directement à partir de la réaction et des bras de levier, sans passer par les expressions par zone établies précédemment. C'est ce qui donne au recoupement sa valeur : les deux voies ne partagent aucune étape.
Contribution de la charge ponctuelle seulePourquoi fait-on ce calcul ? Parce qu'elle constitue le second terme de la superposition, et qu'elle permet en outre de situer la position retenue par rapport au cas le plus défavorable.
Le moment maximal d'une charge ponctuelle est formé à partir de ses deux distances aux appuis, puis comparé à celui d'une charge centrée.
- Distances aux appuis : 6,00 m à gauche et \( 10{,}00 - 6{,}00 = 4{,}00 \text{ m} \) à droite.
- Comparaison prévue : Avec le moment qu'une charge centrée produirait, soit le quart du produit de la charge par la portée.
La charge ponctuelle seule produit 72,00 kN·m, valeur qui est aussi son maximum puisque le moment d'une charge ponctuelle culmine à son point d'application.
- Comparaison au cas le plus défavorable : Centrée, la charge donnerait \( 30{,}00 \times 10{,}00/4 = 75{,}00 \text{ kN} \cdot \text{m} \). La position retenue en représente 96 pour cent : elle est presque la plus défavorable.
- Ce que cette proximité signifie : Déplacer la charge vers le centre n'aggraverait le moment que de 3,00 kN·m. Le dossier a donc retenu une position pratiquement enveloppe.
Remarque pédagogique : Cette faible sensibilité tient à la forme du produit des deux distances : il varie peu au voisinage de son maximum. Un décentrement de 1,00 m ne coûte ici que 4 pour cent de moment.
Recoupement du moment maximal par superpositionPourquoi fait-on ce calcul ? Parce qu'un résultat de dimensionnement doit être confirmé par une voie qui ne reprenne aucune étape de celle qui l'a produit.
Les deux contributions élémentaires sont additionnées, puis leur somme est comparée au moment obtenu par la méthode des coupures.
- Contributions à additionner : 81,00 kN·m pour la charge répartie et 72,00 kN·m pour la charge ponctuelle, toutes deux évaluées à la même abscisse de 6,00 m.
- Valeur de comparaison : Les 153,00 kN·m obtenus à la question précédente par la méthode des coupures.
La superposition confirme exactement les 153,00 kN·m obtenus par la méthode des coupures. Le résultat est donc établi par deux voies indépendantes.
- Valeur du recoupement : Les deux voies ne partagent aucune étape : l'une passe par les expressions par zone et la recherche des racines, l'autre par deux cas de charge élémentaires. Leur concordance est une véritable vérification.
- Part de chaque chargement : \( 81{,}00/153{,}00 = 52{,}9 \) pour cent pour la charge répartie et 47,1 pour cent pour la charge ponctuelle : les deux pèsent presque également.
Remarque pédagogique : Cet équilibre entre les deux contributions signifie qu'aucune ne peut être négligée. Une étude qui n'aurait retenu que le poids propre aurait manqué près de la moitié du moment.
Le même moment calculé sur les charges caractéristiquesPourquoi fait-on ce calcul ? Parce qu'il faut savoir ce que la pondération apporte, et donc ce que coûterait son omission.
Le calcul du moment au droit de la charge est repris à l'identique, mais avec les charges caractéristiques du dossier.
- Réaction gauche sous charges caractéristiques : \( \left( 20{,}00 \times 4{,}00 + 50{,}00 \times 5{,}00 \right)/10{,}00 = 33{,}00 \text{ kN} \), obtenue par le même théorème des moments.
- Terme de la charge répartie : \( 5{,}00 \times 6{,}00^2/2 \), avec la charge caractéristique de 5,00 kN/m.
Conduit sur les charges caractéristiques, le même calcul donne 108,00 kN·m. Toutes les étapes en sont identiques : seules les valeurs de départ diffèrent.
- Pourquoi cette valeur n'est pas une valeur de calcul : Parce qu'elle repose sur des charges estimées et non majorées. Elle décrit ce que la poutre subira probablement, non ce contre quoi elle doit être dimensionnée.
- Cohérence interne malgré l'erreur : Ce calcul est parfaitement cohérent : les réactions s'équilibrent, le moment s'annule aux appuis. Aucun contrôle interne ne peut détecter l'oubli de la pondération.
Remarque pédagogique : C'est précisément cette cohérence apparente qui rend l'oubli dangereux. Seule la confrontation aux charges d'origine et à leurs coefficients partiels révèle la faute.
Écart entre le moment de calcul et le moment non pondéréPourquoi fait-on ce calcul ? Parce que la portée de cet écart doit être chiffrée pour être comprise, et non seulement constatée.
La différence entre les deux valeurs est formée, puis rapportée au moment de calcul.
- Valeurs comparées : 153,00 kN·m avec les charges pondérées, 108,00 kN·m avec les charges caractéristiques.
- Référence du rapport : Le moment de calcul, puisque c'est lui qui constitue l'exigence réglementaire à laquelle la valeur non pondérée est comparée.
Un calcul mené sans pondération sous-estime le moment de dimensionnement de 45,00 kN·m, soit 29,4 pour cent du moment de calcul.
- Ce que représente cet écart : La marge de sécurité qu'introduisent les coefficients partiels. Un profilé dimensionné sur 108,00 kN·m serait sous-dimensionné de près de trente pour cent au regard du règlement.
- Pourquoi 29,4 et non 35 ou 50 : Parce que l'écart est une moyenne pondérée des deux coefficients, dans la proportion où chaque chargement contribue au moment. La charge répartie pesant 52,9 pour cent, le résultat se situe entre 1,35 et 1,50.
Remarque pédagogique : Cet écart mesure exactement ce que la pondération apporte. Il rappelle qu'une sollicitation calculée sur des charges caractéristiques n'est pas une valeur de dimensionnement, quel que soit le soin apporté au reste du calcul.
BILAN FINAL DE LA MISSION
Checklist d'Auto-Évaluation
Avant de clore cet exercice, vérifiez que vous avez bien assimilé la démarche globale de conception :
Les deux actions sont d'abord pondérées selon leur nature : la charge répartie permanente passe à 6,75 kN/m et la charge ponctuelle variable à 30,00 kN. Le théorème des moments écrit à l'appui gauche donne une réaction droite de 51,75 kN, et l'équilibre vertical une réaction gauche de 45,75 kN, dont la somme restitue exactement les 97,50 kN de charge totale. L'effort tranchant décroît linéairement de 45,75 à 5,25 kN jusqu'à la charge, chute de 30,00 kN — exactement l'intensité de celle-ci — puis poursuit sa décroissance jusqu'à −51,75 kN à l'appui droit, valeur qui restitue l'opposé de la réaction. La position du maximum de moment est ensuite démontrée et non supposée : les deux expressions de l'effort tranchant s'annulent respectivement en 6,78 m et 2,33 m, toutes deux hors de leur zone de validité. L'effort tranchant ne s'annule donc nulle part et change de signe par le seul saut, ce qui place le maximum exactement au droit de la charge. Le moment y vaut 153,00 kN·m, valeur confirmée par l'expression de la zone aval qui redonne la même valeur et s'annule bien sur l'appui droit. La superposition, qui ne partage aucune étape avec la méthode des coupures, fournit un recoupement complet : 81,00 + 72,00 = 153,00 kN·m. Le même calcul mené sur les charges caractéristiques n'aurait donné que 108,00 kN·m, soit 29,4 pour cent de moins.
Trois enseignements se dégagent de cette étude. Le premier concerne le statut des charges. Les valeurs d'un dossier d'avant-projet sont des estimations, et le dimensionnement se conduit sur des valeurs majorées par des coefficients partiels dont la valeur dépend de la nature de l'action. Cette étape est facile à omettre parce que son oubli laisse le calcul entièrement cohérent : les réactions s'équilibrent, les diagrammes se referment, tous les contrôles internes passent. Seule la confrontation aux charges d'origine révèle la faute — et elle coûte ici près de trente pour cent sur le moment de dimensionnement. Le deuxième enseignement porte sur la localisation du maximum. Le moment culmine là où l'effort tranchant change de signe, mais ce changement peut se produire par annulation ou par saut, et rien dans l'énoncé ne dit lequel. La démarche rigoureuse consiste à chercher les racines de l'effort tranchant zone par zone et à les confronter à leur intervalle de validité. Ici aucune n'est recevable, ce qui établit que le maximum est à la frontière ; avec une charge ponctuelle plus faible, l'une des racines serait tombée dans sa zone et le maximum se serait situé ailleurs. Supposer la position revient à jouer sur un chargement particulier. Le troisième enseignement tient à la valeur d'un recoupement. Le contrôle du saut, celui de l'effort tranchant à l'appui, celui de l'annulation du moment aux extrémités et celui de la superposition ne testent pas la même chose : les trois premiers vérifient la cohérence interne d'une même chaîne de calcul, le dernier emprunte une chaîne entièrement distincte. C'est ce dernier qui a la plus grande valeur probante, et c'est celui que l'on omet le plus souvent.








