Calcul du Taux de Foisonnement en Terrassement
Tranchée talutée pour canalisation — géométrie de la fouille, coefficient et taux de foisonnement, volume à évacuer et rotations de camions
Contexte de l'Étude & Enjeux
Le Contexte : Un projet de voirie exige le creusement d'une tranchée de 150 mètres pour la pose d'une canalisation. La fouille descend à 1,80 m, ce qui impose de taluter les parois plutôt que de les blinder — et ce choix, à lui seul, double le volume à extraire. Les terres partiront en camion, mais pas dans le volume qu'elles occupaient dans le sol : l'extraction les aura gonflées d'un quart
Pour avancer sereinement, voici les éléments fondamentaux que vous devez avoir à l'esprit. Gardez un œil attentif sur ces critères déterminants :
-
Enjeu Principal : Le taux et le coefficient de foisonnement décrivent la même propriété du sol mais ne sont pas le même nombre. L'un s'exprime en pourcentage, l'autre est un rapport supérieur à l'unité, et ils ne s'emploient pas dans les mêmes formules.
-
Environnement : À 1,80 m de profondeur, une tranchée à parois verticales relèverait du blindage. Le talutage est l'autre voie possible : il supprime le blindage mais élargit l'emprise et augmente le volume de déblai.
-
L'objectif final : Livrer une note de mouvement des terres complète : géométrie de la fouille, volume en place, coefficient et taux de foisonnement, volume à évacuer et nombre de rotations. Chaque grandeur découle de la précédente, et la dernière se paie en camions.
-
L'astuce de l'ingénieur : Contrôlez par la masse. Le foisonnement change le volume et la masse volumique, jamais la masse. Le tonnage calculé avant extraction doit se retrouver, au gramme près, après extraction
Vous êtes conducteur de travaux et vous préparez la note de mouvement des terres de cette tranchée. À partir de la géométrie de la fouille et des masses volumiques issues de l'étude de sol, vous devez déterminer la largeur en tête, le volume en place, le coefficient et le taux de foisonnement, le volume foisonné à évacuer et le nombre de rotations de camions. C'est cette note qui commandera l'emprise du chantier et le budget de transport.
- Le grand défi : Ne pas commander les camions sur le volume du trou. Ce que l'on creuse et ce que l'on transporte sont deux volumes différents du même matériau, et l'écart se compte ici en quinze rotations.
- Votre rôle : Déterminer la largeur en tête et l'angle du talus, le volume en place avec sa comparaison à une tranchée non talutée, le coefficient et le taux de foisonnement avec la masse totale des terres, le volume foisonné contrôlé par cette masse, puis le nombre de rotations et le remplissage du dernier camion.
- La note de géométrie : le déport horizontal d'un talus, la largeur en tête et l'angle d'inclinaison des parois, puis l'aire de la section, le volume en place et sa comparaison au volume qu'aurait donné une tranchée non talutée.
- La note de mouvement des terres : le coefficient et le taux de foisonnement déduits des masses volumiques, la masse totale des terres, le volume foisonné contrôlé par cette masse, le volume d'air ajouté par l'extraction, enfin le nombre de rotations, le remplissage du dernier camion et la masse transportée par voyage.
Les données de cette étude relèvent de trois origines distinctes, qu'il faut savoir séparer. La géométrie de la fouille — longueur, largeur au fond, profondeur — découle du projet : elle est portée aux profils et le cahier des clauses techniques générales prescrit que les volumes en résultent, non d'un comptage à la benne. La pente des talus relève de l'étude géotechnique : aucune valeur n'est tabulée par une norme, et le marché organise sa révision si la stabilité l'impose. Les masses volumiques relèvent enfin des essais de laboratoire : c'est d'elles, et non d'un abaque, que le coefficient de foisonnement sera déduit.
Formulaire & Aide-Mémoire (À consulter en cas de besoin)
Retrouvez ici les formules principales pour cet exercice. Ne les apprenez pas par cœur, comprenez comment les appliquer !
- Déport horizontal d'un talus \( d = r \times p \)
- Largeur en tête d'une fouille talutée \( l_{\text{haut}} = l_{\text{fond}} + 2 \, d \)
- Angle d'inclinaison des parois \( \alpha = \arctan\left(\dfrac{1}{r}\right) \)
- Aire de la section trapézoïdale \( S = \dfrac{l_{\text{haut}} + l_{\text{fond}}}{2} \times p \)
- Volume en place d'un prisme droit \( V_{\text{place}} = S \times L \)
- Coefficient de foisonnement \( C_{\text{f}} = \dfrac{\rho_{\text{place}}}{\rho_{\text{fois}}} \)
- Taux de foisonnement \( f = C_{\text{f}} - 1 \)
- Masse totale des terres extraites \( M = V_{\text{place}} \times \rho_{\text{place}} \)
- Volume foisonné à évacuer \( V_{\text{fois}} = V_{\text{place}} \times C_{\text{f}} \)
- Nombre de rotations de camions \( N = \left\lceil \dfrac{V_{\text{fois}}}{C_{\text{cam}}} \right\rceil \)
- Masse transportée par rotation pleine \( m_{\text{rot}} = C_{\text{cam}} \times \rho_{\text{fois}} \)
GÉOMÉTRIE DE LA FOUILLE
| Symbole | Description | Valeur | Unité |
|---|---|---|---|
| \( L \) | Longueur de la tranchée, mesurée suivant l'axe de la canalisation CCTG fasc. 2 — art. 6.21.3.1 | 150,00 | m |
| \( l_{\text{fond}} \) | Largeur au fond de fouille, imposée par le diamètre de la canalisation et l'espace de pose | 1,20 | m |
| \( p \) | Profondeur de la tranchée, mesurée du terrain naturel au fond de fouille C. trav. — art. R. 4534-24 | 1,80 | m |
| \( r \) | Pente des talus en notation horizontal pour vertical, soit 2 horizontal pour 3 vertical CCTG fasc. 2 — art. 4.2.6 | 2 / 3 | sans unité |
| \( l_{\text{haut}} \) | Largeur en tête de fouille, au niveau du terrain naturel | à calculer | m |
- Section : constante sur toute la longueur ; la tranchée est assimilée à un prisme droit à base trapézoïdale
- Terrain naturel : horizontal ; la profondeur est la même en tout point du tracé
- Talus : symétriques et de même pente de part et d'autre de la fouille
- Volume de la canalisation : non déduit du volume de déblai ; le calcul porte sur la fouille entière
- Destination des déblais : évacuation totale ; aucune fraction n'est réemployée en remblai de tranchée
DONNÉES DE SOL ET MOYENS D'ÉVACUATION
| Symbole | Description | Valeur | Unité |
|---|---|---|---|
| \( \rho_{\text{place}} \) | Masse volumique apparente du sol en place, avant extraction, issue de l'étude de sol NF P94-500 — missions géotechniques | 1,90 | t/m³ |
| \( \rho_{\text{fois}} \) | Masse volumique apparente du même sol après extraction, mesurée à l'état remanié CCTG fasc. 2 — art. 6.5.3 | 1,50 | t/m³ |
| \( C_{\text{cam}} \) | Capacité utile de la benne, exprimée en volume de matériau foisonné CCTG fasc. 2 — art. 6.11 | 12,00 | m³ |
| Banquette | Largeur minimale à réserver entre le bord de fouille et tout stockage, pour la circulation du personnel Sétra DT3620 — tranchées | 0,40 | m |
- Notation des pentes : horizontal pour vertical ; « 2 pour 3 » désigne 2 m d'écartement pour 3 m de hauteur
- Coefficient de foisonnement : rapport du volume foisonné au volume en place ; toujours supérieur à 1
- Taux de foisonnement : augmentation relative de volume, exprimée en pourcentage ; c'est le coefficient diminué de l'unité
- Masse : grandeur invariante par changement d'état ; elle sert de contrôle à toute la chaîne
Extraits de Normes & Abaques (Documents Annexes)
Servez-vous des documents ci-dessous pour extraire les coefficients nécessaires à votre résolution.
Coefficient et taux de foisonnement — deux écritures d'une même donnée| Coefficient Cf | Taux f = Cf − 1 | Volume foisonné pour 100 m³ en place | Part d'air dans le tas |
|---|---|---|---|
| 1,10 | 10,00 % | 110,00 m³ | 9,09 % |
| 1,15 | 15,00 % | 115,00 m³ | 13,04 % |
| 1,267 | 26,67 % | 126,67 m³ | 21,05 % |
| 1,40 | 40,00 % | 140,00 m³ | 28,57 % |
| 1,60 | 60,00 % | 160,00 m³ | 37,50 % |
3. Méthodologie de Résolution & Travail Demandé
Afin d'assurer un dimensionnement sécuritaire et conforme aux standards, nous procédons selon les étapes méthodiques détaillées ci-dessous.
Question 1 : Largeur en tête et inclinaison des parois
Besoin d'un indice ? (Niveau 1)
La notation « 2 pour 3 » se lit 2 m d'écartement horizontal pour 3 m de hauteur. Le déport se calcule donc en multipliant ce rapport par la profondeur — et il existe de chaque côté de la tranchée.
Toujours bloqué ? (Indice Niveau 2)
\( d = r \times p \) avec \( r = 2/3 \), puis \( l_{\text{haut}} = l_{\text{fond}} + 2 \, d \). Pour l'angle, la tangente est le rapport vertical sur horizontal, soit l'inverse de la notation employée.
Question 2 : Volume de terres en place
Besoin d'un indice ? (Niveau 1)
L'aire d'un trapèze est la demi-somme des bases multipliée par la hauteur. Cette demi-somme n'est rien d'autre que la largeur moyenne de la tranchée.
Toujours bloqué ? (Indice Niveau 2)
\( S = \dfrac{l_{\text{haut}} + l_{\text{fond}}}{2} \times p \), puis \( V_{\text{place}} = S \times L \). Pour la comparaison, reprenez le même calcul avec une largeur constante égale à celle du fond.
Question 3 : Coefficient et taux de foisonnement
Besoin d'un indice ? (Niveau 1)
L'extraction n'ajoute ni ne retire de matière : la masse est conservée. Si le volume augmente, la masse volumique diminue exactement dans le même rapport.
Toujours bloqué ? (Indice Niveau 2)
\( C_{\text{f}} = \rho_{\text{place}} / \rho_{\text{fois}} \) — la masse volumique en place au numérateur, sans quoi le coefficient serait inférieur à 1. Le taux s'en déduit par \( f = C_{\text{f}} - 1 \).
Question 4 : Volume foisonné à évacuer
Besoin d'un indice ? (Niveau 1)
Le volume foisonné est nécessairement plus grand que le volume en place. Si votre résultat est plus petit, c'est que vous avez divisé au lieu de multiplier.
Toujours bloqué ? (Indice Niveau 2)
\( V_{\text{fois}} = V_{\text{place}} \times C_{\text{f}} \). Le contrôle consiste à vérifier que \( V_{\text{fois}} \times \rho_{\text{fois}} \) redonne exactement la masse totale calculée en place.
Question 5 (Finale) : Nombre de rotations de camions
Besoin d'un indice ? (Niveau 1)
On ne fait pas une fraction de voyage : le nombre de rotations s'arrondit à l'entier supérieur. Quant à la masse par voyage, elle se calcule avec la masse volumique du matériau foisonné.
Toujours bloqué ? (Indice Niveau 2)
\( N = \left\lceil V_{\text{fois}} / C_{\text{cam}} \right\rceil \). Le volume du dernier camion est le reste de la division, et la masse par rotation vaut \( C_{\text{cam}} \times \rho_{\text{fois}} \).
Calcul du Taux de Foisonnement en Terrassement
"Deux nombres, 2 et 3, et tout dépend de l'ordre dans lequel on les lit. La notation des documents de terrassement place l'horizontal en premier : « 2 pour 3 » signifie deux mètres d'écartement pour trois mètres de hauteur. Je multiplie donc la profondeur par deux tiers, et non par trois demis. Puis je n'oublie pas que ce déport existe de chaque côté : la tranchée s'ouvre symétriquement. Enfin je convertis en degrés, parce que c'est sous cette forme que le géotechnicien jugera si la paroi tient — et à cinquante-six degrés, elle est raide."
- Observation : La profondeur, 1,80 m, dépasse le seuil de 1,30 m au-delà duquel une tranchée à parois verticales relèverait du blindage. Le talutage est l'autre voie possible, et il a un coût géométrique.
- Analyse du risque : Lire « 2 pour 3 » comme un rapport vertical sur horizontal donnerait un déport de 2,70 m au lieu de 1,20 m, et une largeur en tête de 6,60 m au lieu de 3,60 m.
- Choix stratégique : Je calcule le déport d'un seul talus sur une ligne à part, avant de le doubler. C'est la manière la plus sûre de ne pas oublier la symétrie de la fouille.
- Alternative : On pourrait poser directement la largeur en tête à partir de l'angle, par la tangente. Le résultat serait identique, mais on dépendrait d'un angle déjà arrondi plutôt que d'un rapport exact.
- Objectif visé : Fermer la géométrie de la section, dont dépendront le volume de déblai, l'emprise au sol et le nombre de camions.
Voir uniquement le résultat final (Auto-évaluation)
Une fouille profonde ne peut pas conserver des parois verticales sans disposition particulière. Deux voies s'offrent au projeteur : soutenir les parois par un blindage, ou les incliner jusqu'à un angle que le terrain supporte. La seconde voie supprime le matériel de soutènement mais élargit la fouille en tête, augmente l'emprise au sol et accroît le volume de déblai. C'est un arbitrage technique et économique, et il commence par une convention de notation.
Trois relations ferment la géométrie : la première mesure l'ouverture d'un talus, la deuxième la largeur en tête, la troisième traduit la pente en degrés.
Déport horizontal d'un talus :Elle mesure l'écartement que le talus produit entre le fond de fouille et la crête, d'un seul côté.
Parce que la notation « tant pour tant » exprime précisément un écartement par unité de hauteur. Multiplier ce rapport par la profondeur donne donc directement l'écartement total du talus.
- d : déport horizontal d'un talus, unité : m
- r : pente en notation horizontal pour vertical, unité : sans unité
- p : profondeur de la fouille, unité : m
- Nombre de talus : deux, la fouille étant symétrique, unité : sans unité
- Origine de la pente : étude géotechnique, portée aux profils, unité : sans objet
Elle ajoute à la largeur au fond les deux déports produits par les talus symétriques.
Parce que la fouille s'ouvre des deux côtés à la fois. La largeur en tête est donc celle du fond, augmentée d'un déport à gauche et d'un déport à droite.
- lhaut : largeur en tête, au niveau du terrain naturel, unité : m
- lfond : largeur au fond de fouille, unité : m
- d : déport horizontal d'un talus, unité : m
- Facteur 2 : nombre de talus de la fouille, unité : sans unité
- Complément d'emprise : banquettes de circulation, 0,40 m au minimum, unité : m
Elle traduit la notation de terrassement en degrés, forme sous laquelle la stabilité s'apprécie.
Parce que la tangente d'un angle est le rapport du côté opposé au côté adjacent, c'est-à-dire du vertical sur l'horizontal. Or la notation de terrassement donne l'inverse : il faut donc la retourner avant d'appliquer l'arc tangente.
- α : angle de la paroi sur l'horizontale, unité : degré
- r : pente en notation horizontal pour vertical, unité : sans unité
- 1 / r : rapport vertical sur horizontal, tangente de l'angle, unité : sans unité
- Repère utile : une notation « 1 pour 1 » correspond à 45 degrés, unité : degré
- Emploi : appréciation de la stabilité par l'étude géotechnique, unité : sans objet
"Beaucoup d'étudiants inversent la notation de la pente, ou oublient de doubler le déport pour tenir compte des deux talus..."
- L'erreur : Lire « 2 pour 3 » comme un rapport vertical sur horizontal donnerait un déport de 2,70 m et une largeur en tête de 6,60 m, soit près du double.
- La bonne méthode : Se demander si le talus est plus raide ou plus doux que 45 degrés. Ici le premier terme est inférieur au second : la paroi est raide, le déport est plus petit que la profondeur.
- L'astuce de pro : Calculer le déport d'un seul côté sur une ligne séparée, puis le doubler explicitement. L'opération intermédiaire est le meilleur garde-fou.
- Le moyen mnémotechnique : « l'horizontal d'abord, et deux fois » — la notation, puis la symétrie.
- L'impact direct : Une largeur en tête surestimée de 3,00 m porterait le volume de déblai à 1 053,00 m³ au lieu de 648,00 m³, avec toutes les conséquences sur le transport et le budget.
Exécution de la Note de Calculs
- r : rapport de deux longueurs, donc sans unité
- p : profondeur de la fouille, exprimée en m
- d : rapport multiplié par une longueur, exprimé en m
- lhaut : somme de longueurs, exprimée en m
- α : arc tangente d'un nombre sans dimension, exprimé en degrés décimaux
Le calcul se déroule en trois temps . On mesure d'abord le déport d'un seul talus, seule grandeur où la notation intervient. On le double et on l'ajoute à la largeur au fond pour obtenir la largeur en tête. On traduit enfin la pente en degrés, forme sous laquelle la stabilité de la paroi s'apprécie .
1. Résolution Numérique Déport horizontal d'un talusPourquoi fait-on ce calcul ? Parce que c'est le seul endroit où la notation de la pente intervient, et donc le seul où son inversion peut se produire.
On multiplie la profondeur par le rapport horizontal sur vertical. Le résultat est l'écartement d'un seul côté de la fouille.
- Substitution : On injecte r = 2/3 et p = 1,80 m.
- Piège évité : On n'emploie pas 3/2 : la notation place l'horizontal en premier, comme l'explicite l'article 4.2.6 du CCTG fascicule 2.
- Hypothèse validée : Le talus est plan et de pente constante sur toute la hauteur de la fouille.
- Vérification croisée : Deux tiers de 1,80 m font 1,20 m : le calcul tombe juste et se contrôle de tête.
- Finalité : Disposer de l'ouverture unitaire à doubler pour obtenir la largeur en tête.
1,20 m d'ouverture par talus, soit exactement la largeur du fond de fouille. Le déport est inférieur à la profondeur, ce qui confirme que la paroi est plus raide que quarante-cinq degrés — cohérent avec une notation dont le premier terme, 2, est inférieur au second, 3.
- Ordre de grandeur : Deux tiers de la profondeur : valeur attendue pour la notation retenue.
- Impact sur la suite : Ce déport, doublé, donnera la largeur en tête puis l'aire de la section.
- Cohérence : Le déport est plus petit que la profondeur, comme l'impose une pente raide.
- Attention : Une pente plus douce, exigée par un terrain moins cohérent, élargirait la fouille et augmenterait le volume à extraire.
- Comparaison : Avec des talus à 1 pour 1, le déport atteindrait 1,80 m par côté.
Remarque pédagogique : Écrivez toujours la notation d'une pente en toutes lettres à côté du rapport : « 2 pour 3, soit 2 horizontal pour 3 vertical ». Cette précaution d'écriture supprime la totalité des inversions.
Largeur en tête de la fouillePourquoi fait-on ce calcul ? Parce que c'est l'emprise de la fouille au sol, dimension qui commande à la fois le volume de déblai et l'organisation du chantier.
On ajoute à la largeur au fond deux fois le déport calculé, la fouille s'ouvrant symétriquement de part et d'autre.
- Substitution : On injecte lfond = 1,20 m et d = 1,20 m.
- Piège évité : On double le déport : ne l'ajouter qu'une fois donnerait 2,40 m et sous-estimerait le volume d'un tiers.
- Hypothèse validée : Les talus sont symétriques et de même pente de chaque côté.
- Vérification croisée : La largeur en tête doit être supérieure à celle du fond, et ici exactement triple.
- Finalité : Fermer la section trapézoïdale pour le calcul de volume.
3,60 m en tête pour 1,20 m au fond : la fouille s'ouvre au triple de sa largeur utile. L'emprise réelle du chantier dépasse encore cette valeur, puisqu'il faut réserver de part et d'autre une banquette de 0,40 m au minimum entre le bord de fouille et tout stockage, ce qui porte la bande à occuper à 4,40 m au moins. Sur une voirie existante, cette largeur décide à elle seule du maintien ou non de la circulation.
- Ordre de grandeur : Trois fois la largeur au fond : conséquence directe d'un déport égal à cette largeur, de chaque côté.
- Impact sur la suite : Cette largeur est la grande base du trapèze dont dépend tout le volume.
- Cohérence : La largeur en tête est bien supérieure à celle du fond, comme l'impose un talutage.
- Attention : L'emprise du chantier excède la largeur en tête : banquettes de circulation et aires de stockage s'y ajoutent.
- Comparaison : Une tranchée blindée à parois verticales n'ouvrirait que 1,20 m, au prix du matériel de soutènement.
Remarque pédagogique : Ne confondez jamais largeur en tête et emprise du chantier. La seconde comprend les banquettes de circulation et les zones de stockage, et c'est elle qui figure au plan d'installation.
Angle d'inclinaison des paroisPourquoi fait-on ce calcul ? Parce que c'est en degrés que la tenue d'une paroi s'apprécie, la mécanique des sols employant le sinus et le cosinus de cet angle.
On retourne la notation pour obtenir le rapport vertical sur horizontal, seul que l'arc tangente accepte, puis on applique la fonction, calculatrice en degrés.
- Substitution : On injecte l'inverse de la notation, soit 3/2 = 1,50.
- Piège évité : On n'introduit pas 2/3 dans l'arc tangente : le résultat serait 33,69°, soit l'angle complémentaire.
- Hypothèse validée : La calculatrice est réglée en degrés décimaux, non en radians ni en grades.
- Vérification croisée : Un rapport supérieur à l'unité donne un angle supérieur à quarante-cinq degrés.
- Finalité : Disposer de l'angle géométrique à confronter aux caractéristiques du sol.
Une paroi à 56,31° sur l'horizontale : c'est un talus raide. Il ne relève pas du blindage au sens de l'article R. 4534-24, puisque les parois ne sont ni verticales ni sensiblement verticales, mais il tombe sous l'obligation de résultat du même article — des parois « aménagées, eu égard à la nature et à l'état des terres, de façon à prévenir les éboulements ». À cette inclinaison, la tenue dépend entièrement de la cohésion du terrain, et c'est l'étude géotechnique qui l'établit.
- Ordre de grandeur : Un peu plus de cinquante-six degrés : talus raide, envisageable en terrain cohérent.
- Impact sur la suite : Plus la paroi est raide, plus le volume de déblai est faible — mais plus la vigilance sur la stabilité doit être grande.
- Cohérence : L'angle est supérieur à 45 degrés, ce qu'annonçait un déport inférieur à la profondeur.
- Attention : Les surcharges du voisinage et les ébranlements dus à la circulation entrent dans la détermination de l'inclinaison, au sens de l'article R. 4534-25.
- Comparaison : Un talus noté 1 pour 1 descendrait à 45,00°, et un talus « 3 pour 2 » à 33,69°.
Remarque pédagogique : Le talutage et le blindage sont deux réponses au même problème. Le premier coûte du volume et de l'emprise, le second coûte du matériel et du temps : l'arbitrage se fait au cas par cas, et jamais sans l'avis du géotechnicien.
"La tranchée est un prisme droit : sa section ne varie pas d'un bout à l'autre. Le volume est donc l'aire de la section multipliée par la longueur, et rien de plus. La seule subtilité est l'aire du trapèze — la demi-somme des bases, pas la somme. Oublier le facteur deux, ici, c'est presque doubler le métré. Une fois le volume obtenu, je le compare à celui qu'aurait donné une tranchée blindée à parois verticales : c'est le prix géométrique du talutage, et il vaut la peine d'être connu avant d'arbitrer."
- Observation : La demi-somme des bases, 2,40 m, est exactement le double de la largeur au fond. Le volume taluté vaudra donc précisément le double du volume à parois verticales.
- Analyse du risque : Oublier la division par deux dans l'aire du trapèze donnerait 1 296,00 m³ au lieu de 648,00 m³ : une erreur de métré qui doublerait le budget d'évacuation.
- Choix stratégique : Je calcule l'aire de la section sur une ligne séparée. Elle a une valeur propre : c'est elle qui figure aux profils en travers et qui sert au contrôle des attachements.
- Alternative : On peut décomposer la section en un rectangle et deux triangles. Le résultat est identique, et cette décomposition rend visible la part du volume imputable au seul talutage.
- Objectif visé : Produire le volume contractuel, celui que le cahier des clauses techniques générales retient comme unité de règlement du déblai.
Voir uniquement le résultat final (Auto-évaluation)
Une tranchée de section constante est géométriquement un prisme droit : son volume vaut l'aire de sa base multipliée par sa longueur. Cette base est ici un trapèze isocèle, dont l'aire est la demi-somme des deux largeurs multipliée par la profondeur. La demi-somme n'est pas une commodité de calcul : c'est la largeur moyenne de la fouille, celle qu'aurait une tranchée rectangulaire de même volume.
Deux relations suffisent : la première mesure la section, la seconde la développe sur la longueur du tracé.
Aire de la section trapézoïdale :Elle multiplie la largeur moyenne de la fouille par sa profondeur.
Parce qu'un trapèze a la même aire qu'un rectangle de même hauteur dont la largeur serait la demi-somme des deux bases. Cette largeur moyenne se situe à mi-hauteur de la fouille.
- S : aire de la section transversale de la fouille, unité : m²
- lhaut : largeur en tête, grande base du trapèze, unité : m
- lfond : largeur au fond, petite base du trapèze, unité : m
- p : profondeur, hauteur du trapèze, unité : m
- Largeur moyenne : demi-somme des bases, prise à mi-hauteur, unité : m
Elle développe la section constante sur toute la longueur du tracé.
Parce que la section ne varie pas : le volume est alors le simple produit de l'aire par la longueur. C'est la propriété caractéristique du prisme droit, et elle dispense de toute intégration.
- Vplace : volume de déblai compté avant extraction, unité : m³
- S : aire de la section transversale, unité : m²
- L : longueur de la tranchée, unité : m
- Unité de règlement : mètre cube en place, art. 6.5.3, unité : sans objet
- Origine des cotes : plans dressés avant exécution, art. 6.21.3.1, unité : sans objet
"Beaucoup d'étudiants oublient de diviser par deux la somme des bases, ou retiennent la largeur en tête comme largeur unique de la tranchée..."
- L'erreur : Oublier la division par deux donnerait 1 296,00 m³, soit le double du volume réel.
- La bonne méthode : Calculer d'abord la largeur moyenne sur une ligne à part, puis traiter la tranchée comme un simple rectangle de cette largeur.
- L'astuce de pro : Vérifier l'encadrement : 1,20 < 2,40 < 3,60. Une largeur moyenne hors de cet intervalle signale une erreur.
- Le moyen mnémotechnique : « le trapèze est un rectangle à mi-hauteur » — sa largeur est celle qu'on lit au milieu de la fouille.
- L'impact direct : Un volume doublé entraînerait la commande de 138 rotations au lieu de 69, et un budget d'évacuation multiplié par deux.
Exécution de la Note de Calculs
- lhaut, lfond : largeurs de la fouille, exprimées en m
- p : profondeur, hauteur du trapèze, exprimée en m
- S : produit de deux longueurs, exprimé en m²
- L : longueur de la tranchée, exprimée en m
- Vplace : aire multipliée par une longueur, exprimé en m³
Le calcul se déroule en trois temps . On mesure d'abord l'aire de la section, grandeur qui figure aux profils. On la développe ensuite sur la longueur pour obtenir le volume en place. On établit enfin le volume qu'aurait donné une tranchée à parois verticales, afin de chiffrer ce que le talutage coûte en déblai .
1. Résolution Numérique Aire de la section transversalePourquoi fait-on ce calcul ? Parce que c'est la grandeur portée aux profils en travers, et celle qui sert au contrôle contradictoire des quantités.
On forme la demi-somme des deux largeurs, qui est la largeur moyenne de la fouille, puis on la multiplie par la profondeur.
- Substitution : On injecte lhaut = 3,60 m, lfond = 1,20 m et p = 1,80 m.
- Piège évité : On divise la somme des bases par deux : l'omission de ce facteur est l'erreur de métré la plus fréquente.
- Hypothèse validée : Les parois sont planes et le terrain naturel horizontal, ce qui rend la section trapézoïdale.
- Vérification croisée : La largeur moyenne, 2,40 m, tombe bien entre 1,20 m et 3,60 m.
- Finalité : Disposer de l'aire de section à développer sur la longueur.
4,32 m² de section, pour une largeur moyenne de 2,40 m. Cette largeur moyenne mérite d'être retenue : elle vaut exactement le double de la largeur au fond, ce qui annonce déjà que le volume taluté sera le double de celui d'une tranchée verticale. Elle se lit d'ailleurs directement sur la coupe, à mi-hauteur de la fouille.
- Ordre de grandeur : Un peu plus de quatre mètres carrés : section courante pour une tranchée de réseau talutée.
- Impact sur la suite : Multipliée par la longueur, cette aire donnera directement le volume contractuel.
- Cohérence : La largeur moyenne est bien encadrée par les deux largeurs de la fouille.
- Attention : Cette aire vaut pour une profondeur constante : sur un terrain en pente, elle varie d'un profil à l'autre.
- Comparaison : Une tranchée verticale de même largeur au fond n'aurait qu'une section de 2,16 m².
Remarque pédagogique : Retenez la largeur moyenne plutôt que l'aire elle-même. Elle se lit sur le dessin, se contrôle d'un coup d'œil, et ramène le trapèze à un rectangle familier.
Volume de terres en placePourquoi fait-on ce calcul ? Parce que c'est le volume du marché : celui qui se règle, et celui auquel toutes les conversions ultérieures se rapporteront.
On multiplie l'aire de la section par la longueur de la tranchée. La section étant constante, aucune intégration n'est nécessaire.
- Substitution : On injecte S = 4,32 m² et L = 150,00 m.
- Piège évité : On ne déduit pas le volume de la canalisation : ce volume relève du remblaiement, non du déblai.
- Hypothèse validée : La section est constante sur toute la longueur, conformément aux hypothèses de l'étude.
- Vérification croisée : Le calcul revient à 2,40 × 1,80 × 150,00, comme pour une tranchée rectangulaire de largeur moyenne.
- Finalité : Fournir le volume de référence de toute la note de mouvement des terres.
648,00 m³ de terrain à retirer. C'est le volume que le géomètre retrouvera en recalculant la fouille sur plans, et celui qui figurera au décompte au titre du déblai. Toutes les grandeurs qui suivent — masse, volume foisonné, nombre de rotations — s'en déduisent par des coefficients, et une erreur commise ici se propagerait sans qu'aucun contrôle ultérieur ne la révèle.
- Ordre de grandeur : Environ 4,3 m³ par mètre linéaire de tranchée : valeur cohérente avec la section calculée.
- Impact sur la suite : C'est ce volume que le coefficient de foisonnement transformera en volume à évacuer.
- Cohérence : Les unités se composent : des mètres carrés par des mètres donnent des mètres cubes.
- Attention : Ce volume est celui du trou, non celui du tas : il ne peut pas servir à commander les camions.
- Comparaison : Une profondeur portée à 2,00 m donnerait, avec la même pente, un volume de 760,00 m³.
Remarque pédagogique : Ramenez toujours un volume de tranchée au mètre linéaire. Cette valeur unitaire se mémorise, se compare d'un chantier à l'autre et permet d'estimer une variante en quelques secondes.
Comparaison avec une tranchée à parois verticalesPourquoi fait-on ce calcul ? Parce qu'il chiffre le coût géométrique du talutage, terme de l'arbitrage entre taluter et blinder.
On reprend le même calcul avec une largeur constante égale à celle du fond, ce qui décrit une fouille blindée à parois verticales.
- Substitution : On injecte lfond = 1,20 m, p = 1,80 m et L = 150,00 m.
- Piège évité : On conserve la même largeur au fond : c'est le besoin de pose qui la fixe, indépendamment du mode de soutènement.
- Hypothèse validée : La variante suppose un blindage assurant la tenue des parois verticales.
- Vérification croisée : La largeur moyenne du talus valant le double de la largeur au fond, le rapport des volumes doit valoir exactement 2.
- Finalité : Objectiver l'arbitrage entre talutage et blindage sur la base d'un volume.
Le talutage double exactement le volume de déblai : 648,00 m³ contre 324,00 m³. Le rapport n'est pas approché, il est rigoureusement égal à deux, parce que la largeur moyenne de la fouille talutée vaut précisément le double de la largeur au fond. Ces 324,00 m³ supplémentaires devront être extraits, chargés, transportés et mis en dépôt : c'est le prix du renoncement au blindage, et il se compare directement au coût de location et de mise en œuvre du matériel de soutènement.
- Ordre de grandeur : Un rapport exactement égal à deux : conséquence directe de la géométrie retenue.
- Impact sur la suite : Ces 324,00 m³ supplémentaires se traduiront par près de trente-cinq rotations de camions additionnelles.
- Cohérence : La largeur moyenne, 2,40 m, est bien le double de la largeur au fond.
- Attention : Le blindage n'est pas toujours substituable au talutage : en site contraint, l'emprise disponible peut l'imposer.
- Comparaison : Avec des talus plus doux, à 1 pour 1, le volume atteindrait 810,00 m³.
Remarque pédagogique : Chiffrez toujours la variante que vous n'avez pas retenue. C'est le seul moyen de justifier un choix technique devant le maître d'œuvre, et souvent le seul moyen de s'apercevoir qu'il n'était pas le bon.
"L'étude de sol ne me donne pas le foisonnement : elle me donne deux masses volumiques. C'est à moi d'en tirer le coefficient, et la clé est la conservation de la masse — l'extraction n'ajoute ni ne retire de matière. Si le volume augmente, la masse volumique diminue exactement dans le même rapport, et le coefficient de foisonnement est donc le rapport inverse des masses volumiques : celle en place au numérateur. Je produis ensuite les deux écritures, coefficient et taux, parce qu'elles circulent toutes deux sur un chantier et qu'aucune ne remplace l'autre."
- Observation : La masse volumique diminue à l'extraction, de 1,90 à 1,50 t/m³. C'est le signe que le volume augmente, puisque la masse, elle, ne change pas.
- Analyse du risque : Placer la masse volumique foisonnée au numérateur donnerait 0,79, valeur inférieure à l'unité qui décrirait un matériau se contractant à l'extraction — physiquement impossible.
- Choix stratégique : Je calcule la masse totale dès cette question. Elle ne servira pas au métré mais elle est la grandeur invariante qui contrôlera le volume foisonné à la question suivante.
- Alternative : Le coefficient peut aussi se lire directement comme le rapport des deux volumes, si l'on dispose d'une mesure du tas. Les masses volumiques sont toutefois plus faciles à obtenir en laboratoire que le volume d'un dépôt.
- Objectif visé : Disposer du coefficient pour convertir les volumes, du taux pour communiquer, et de la masse pour contrôler.
Voir uniquement le résultat final (Auto-évaluation)
Le foisonnement est l'augmentation de volume qu'un sol subit lorsqu'il passe de son état naturel compact à l'état remanié. L'extraction détruit l'arrangement des grains et introduit des vides : le matériau occupe davantage de place sans qu'aucune matière ne lui ait été ajoutée. De cette invariance de la masse découle toute la mécanique du calcul, y compris son contrôle.
Trois relations : la première produit le coefficient, la deuxième le traduit en taux, la troisième fixe la masse qui servira de contrôle.
Coefficient de foisonnement :Il se déduit du rapport des masses volumiques par conservation de la masse.
Parce que la masse ne change pas : le produit volume par masse volumique est le même avant et après extraction. Le rapport des volumes est donc l'inverse exact du rapport des masses volumiques.
- Cf : coefficient de foisonnement, rapport foisonné sur en place, unité : sans unité
- ρplace : masse volumique apparente avant extraction, unité : t/m³
- ρfois : masse volumique apparente après extraction, unité : t/m³
- Grandeur conservée : la masse, invariante par changement d'état, unité : t
- Origine de la donnée : dossier géotechnique du marché, unité : sans objet
Il exprime en pourcentage l'augmentation relative de volume produite par l'extraction.
Parce que le coefficient contient déjà le volume de départ : il vaut une unité, plus l'augmentation. Retrancher cette unité isole donc l'augmentation seule, qui s'exprime naturellement en pourcentage.
- f : taux de foisonnement, augmentation relative de volume, unité : %
- Cf : coefficient de foisonnement, unité : sans unité
- 1 : volume en place pris pour référence, unité : sans unité
- Base de la fraction : le volume en place, non le volume foisonné, unité : sans objet
- Emploi : communication et comparaison, jamais conversion, unité : sans objet
Elle fixe la grandeur invariante qui servira de contrôle à toute la chaîne de conversion.
Parce que la masse d'un corps est le produit de son volume par sa masse volumique, à condition que les deux se rapportent au même état. Calculée en place, cette masse devra se retrouver identique après extraction.
- M : masse totale des terres extraites, unité : t
- Vplace : volume de déblai compté avant extraction, unité : m³
- ρplace : masse volumique apparente en place, unité : t/m³
- Propriété : invariance par changement d'état, unité : sans objet
- Moyen de contrôle réel : bascule ou peson, art. 6.21.4, unité : t
"Beaucoup d'étudiants inversent les deux masses volumiques, ou confondent le coefficient avec le taux et multiplient un volume par 0,267..."
- L'erreur : Placer la masse volumique foisonnée au numérateur donnerait 0,79, décrivant un sol qui se contracterait à l'extraction.
- La bonne méthode : Se demander lequel des deux états est le plus dense. Le terrain en place est compacté ; le tas ne l'est pas. Le plus grand des deux nombres va au numérateur.
- L'astuce de pro : Vérifier que le coefficient est compris entre 1,10 et 1,60 pour un sol courant. Hors de cet intervalle, une donnée ou un ordre de calcul est en cause.
- Le moyen mnémotechnique : « plus dense en place, plus grand au numérateur » — le coefficient dépasse toujours l'unité.
- L'impact direct : Un coefficient inversé conduirait à annoncer 511,58 m³ à évacuer au lieu de 820,80 m³, soit vingt-six rotations de camions manquantes.
Exécution de la Note de Calculs
- ρplace, ρfois : masses volumiques apparentes, exprimées en t/m³
- Cf : rapport de deux masses volumiques, donc sans unité
- f : coefficient diminué de l'unité, exprimé en %
- Vplace : volume de déblai, exprimé en m³
- M : volume multiplié par une masse volumique, exprimé en t
Le calcul se déroule en trois temps . On établit d'abord le coefficient de foisonnement à partir du rapport des masses volumiques. On en déduit le taux, écriture sous laquelle le phénomène se communique. On calcule enfin la masse totale des terres, grandeur invariante qui servira de contrôle à la conversion de volume .
1. Résolution Numérique Coefficient de foisonnement du matériauPourquoi fait-on ce calcul ? Parce que c'est le facteur de conversion entre les deux états du matériau, et la seule écriture utilisable dans un calcul de volume.
On divise la masse volumique en place par la masse volumique foisonnée. Les unités s'éliminent : le coefficient est sans dimension.
- Substitution : On injecte ρplace = 1,90 t/m³ et ρfois = 1,50 t/m³.
- Piège évité : On place la masse volumique en place au numérateur : l'inverse donnerait un coefficient inférieur à l'unité.
- Hypothèse validée : Les deux masses volumiques portent sur le même matériau, à la même teneur en eau naturelle.
- Vérification croisée : Le résultat doit être supérieur à 1 et voisin de 1,25 pour un sol cohérent.
- Finalité : Disposer du multiplicateur qui transformera le volume en place en volume à évacuer.
Un mètre cube de terrain en occupe 1,267 une fois extrait. La valeur est caractéristique d'un limon ou d'une argile compacte : les matériaux pulvérulents foisonnent moins, la roche fragmentée bien davantage. Ce nombre n'est pas une constante physique mais une donnée de site, et c'est pourquoi le cahier des clauses techniques générales renvoie au dossier géotechnique pour l'apprécier.
- Ordre de grandeur : Un peu plus d'un quart de volume en plus : valeur courante pour un sol cohérent.
- Impact sur la suite : Ce coefficient multipliera le volume en place pour donner le volume à évacuer.
- Cohérence : Le coefficient est supérieur à l'unité, comme l'exige tout matériau extrait.
- Attention : La teneur en eau influe sur les deux masses volumiques : les valeurs employées doivent correspondre à l'état naturel du sol au moment des travaux.
- Comparaison : Un sable donnerait environ 1,15, une roche fragmentée pourrait dépasser 1,60.
Remarque pédagogique : Retenez la relation dans les deux sens : le rapport des volumes est l'inverse du rapport des masses volumiques. C'est la conservation de la masse qui l'impose, et elle ne souffre aucune exception.
Taux de foisonnement exprimé en pourcentagePourquoi fait-on ce calcul ? Parce que c'est l'écriture sous laquelle le foisonnement se cite et se compare, dans les études de sol comme sur le chantier.
On retranche l'unité du coefficient. Ce qui reste est l'augmentation seule, rapportée au volume en place.
- Substitution : On injecte Cf = 1,267 et l'on retranche l'unité de référence.
- Piège évité : On n'emploiera jamais ce taux comme multiplicateur de volume : il ne contient pas le volume de départ.
- Hypothèse validée : Le taux se rapporte au volume en place, base implicite de la définition.
- Vérification croisée : Le taux et le coefficient diffèrent exactement de l'unité, soit cent points de pourcentage.
- Finalité : Disposer de l'écriture parlante du phénomène, celle qui figure dans les rapports de sol.
Les terres gonflent de 26,67 % à l'extraction. Cette écriture est la plus parlante des deux, et c'est elle que retiendra un chef de chantier : un peu plus d'un quart de volume en plus. Elle est en revanche inutilisable telle quelle dans une conversion — multiplier 648,00 m³ par 0,2667 donnerait le seul volume d'air ajouté, non le volume total à évacuer.
- Ordre de grandeur : Un peu plus d'un quart : valeur typique des limons et argiles compacts.
- Impact sur la suite : Le taux servira à interpréter le résultat, le coefficient à le calculer.
- Cohérence : Le taux est bien inférieur à l'unité, tandis que le coefficient lui est supérieur.
- Attention : Rapporté au volume foisonné et non au terrain, le même écart ne représenterait plus que 21,05 %.
- Comparaison : Une roche fragmentée à coefficient 1,60 présenterait un taux de 60,00 %.
Remarque pédagogique : Écrivez toujours « taux » ou « coefficient » à côté de la valeur. Ces deux mots désignent la même propriété du sol mais deux nombres différents, et rien dans l'écriture décimale ne permet de les distinguer.
Masse totale des terres à extrairePourquoi fait-on ce calcul ? Parce que la masse est la seule grandeur invariante de toute l'étude : elle contrôlera la conversion de volume à la question suivante.
On multiplie le volume en place par la masse volumique en place. Les deux grandeurs se rapportent au même état du matériau, le produit a donc un sens.
- Substitution : On injecte Vplace = 648,00 m³ et ρplace = 1,90 t/m³.
- Piège évité : On n'associe pas le volume en place à la masse volumique foisonnée : ce serait mélanger deux états du matériau.
- Hypothèse validée : La masse volumique est représentative de l'ensemble du volume excavé.
- Vérification croisée : Six cent cinquante mètres cubes à près de deux tonnes le mètre cube donnent environ mille deux cents tonnes.
- Finalité : Disposer de l'invariant qui validera le volume foisonné.
1 231,20 tonnes de terre à déplacer. Ce tonnage ne changera plus : quelle que soit la manière dont on exprimera ensuite les volumes, il restera identique. C'est ce qui en fait le contrôle le plus sûr de toute la chaîne, et c'est aussi la grandeur qu'une bascule de chantier mesurerait — l'article 6.21.4 du cahier des clauses techniques générales prévoyant expressément ce mode de mesurage.
- Ordre de grandeur : Plus de mille deux cents tonnes : tonnage significatif pour cent cinquante mètres de tranchée.
- Impact sur la suite : Cette masse contrôlera le volume foisonné calculé à la question suivante.
- Cohérence : Les unités se composent : des mètres cubes par des tonnes par mètre cube donnent des tonnes.
- Attention : Ce tonnage conditionne aussi la charge utile des véhicules d'évacuation, qui peut devenir la contrainte limitante.
- Comparaison : Ramené au mètre linéaire de tranchée, cela représente 8,21 t/m.
Remarque pédagogique : Calculez la masse dès que deux masses volumiques apparaissent dans un énoncé. Elle ne coûte qu'une ligne et fournit le seul contrôle qui résiste aux confusions d'état.
"Une multiplication, et l'on passe du trou au tas. Mais je me garde d'employer le coefficient arrondi : je reprends le rapport exact des masses volumiques, qui tombe juste. Le résultat obtenu, je le contrôle immédiatement par la masse — si les 820,80 m³ de tas ne pèsent pas exactement les 1 231,20 tonnes calculées en place, c'est qu'une erreur s'est glissée quelque part. Ce contrôle ne coûte qu'une ligne, et il est le seul qui résiste à une confusion d'état."
- Observation : Le rapport 1,90 sur 1,50 ne tombe pas sur un nombre décimal fini. Arrondir le coefficient avant de multiplier introduirait une dérive inutile sur le volume final.
- Analyse du risque : Diviser au lieu de multiplier donnerait 511,58 m³, soit un volume à évacuer inférieur au volume du trou : une impossibilité physique qu'un simple contrôle de sens écarte.
- Choix stratégique : Je fais du contrôle massique un calcul à part entière. Il ne produit aucune information nouvelle, mais il valide simultanément le coefficient, le sens de la conversion et le volume en place.
- Alternative : On pourrait obtenir le volume foisonné en divisant la masse totale par la masse volumique foisonnée. C'est rigoureusement équivalent, et c'est précisément ce qui fait de cette voie un contrôle.
- Objectif visé : Produire le volume logistique : celui que les bennes emporteront et que l'aire de stockage devra recevoir.
Voir uniquement le résultat final (Auto-évaluation)
Le passage du volume en place au volume foisonné est le moment où le calcul change de finalité. Jusqu'ici, il servait le métré : il s'agissait de mesurer un trou. Désormais, il sert la logistique : il s'agit de dimensionner des moyens. Ces deux volumes décrivent la même matière et ne se substituent jamais l'un à l'autre — le premier se règle, le second se transporte.
Trois relations : la première convertit, la deuxième contrôle, la troisième isole ce que l'extraction a réellement ajouté.
Volume foisonné à évacuer :Elle applique le coefficient de foisonnement au volume de la fouille.
Parce que le coefficient est, par définition, le rapport du volume foisonné au volume en place. Le multiplier par le second restitue donc le premier, sans autre hypothèse que l'homogénéité du matériau.
- Vfois : volume des terres après extraction, unité : m³
- Vplace : volume de la fouille, compté avant extraction, unité : m³
- Cf : coefficient de foisonnement du matériau, unité : sans unité
- Emploi : dimensionnement du transport et du stockage, unité : sans objet
- Valeur contractuelle : nulle, cet état n'étant pas un état de mesurage, unité : sans objet
Elle recalcule le tonnage à partir du volume foisonné, et doit retrouver la masse établie en place.
Parce que l'extraction n'ajoute ni ne retire de matière. Le produit du volume foisonné par la masse volumique foisonnée doit donc restituer exactement le même tonnage que le calcul conduit en place.
- M : masse totale des terres, grandeur invariante, unité : t
- Vfois : volume des terres après extraction, unité : m³
- ρfois : masse volumique apparente à l'état foisonné, unité : t/m³
- Valeur attendue : celle calculée à partir du volume en place, unité : t
- Nature du calcul : contrôle par voie indépendante, unité : sans objet
Elle isole la part du tas qui n'existait pas dans le terrain.
Parce que la différence entre les deux volumes ne correspond à aucune matière : c'est du vide, créé par la destruction de l'arrangement des grains. Le chiffrer rend le phénomène tangible.
- Vair : volume de vide introduit par l'extraction, unité : m³
- Vfois : volume du tas après extraction, unité : m³
- Vplace : volume du terrain avant extraction, unité : m³
- Part rapportée au terrain : égale au taux de foisonnement, unité : %
- Disparition : par compactage, lors du contre-foisonnement, unité : sans objet
"Beaucoup d'étudiants divisent par le coefficient au lieu de multiplier, ou multiplient par le taux et obtiennent le seul volume d'air..."
- L'erreur : Diviser donnerait 511,58 m³, soit moins que le volume du trou : physiquement impossible.
- La bonne méthode : Se demander où se trouve la matière au moment où on la mesure : dans le terrain, elle est en place ; dans la benne, elle est foisonnée.
- L'astuce de pro : Conduire le contrôle massique systématiquement. Une ligne de calcul, et toute erreur de sens ou de coefficient apparaît immédiatement.
- Le moyen mnémotechnique : « le tas dépasse le trou » — cette phrase seule interdit l'erreur de sens.
- L'impact direct : Multiplier par le taux au lieu du coefficient donnerait 172,80 m³, soit le seul volume d'air, et ne commanderait que quinze rotations au lieu de soixante-neuf.
Exécution de la Note de Calculs
- Vplace : volume de la fouille, exprimé en m³
- Cf : rapport de deux masses volumiques, donc sans unité
- Vfois : volume multiplié par un nombre, exprimé en m³
- ρfois : masse volumique à l'état foisonné, exprimée en t/m³
- M : volume multiplié par une masse volumique, exprimé en t
Le calcul se déroule en trois temps . On convertit d'abord le volume en place en volume foisonné, en employant le rapport exact des masses volumiques. On contrôle ensuite le résultat par la masse, seule grandeur que le changement d'état laisse intacte. On isole enfin le volume d'air introduit par l'extraction, qui mesure ce que le transport devra déplacer en plus de la matière .
1. Résolution Numérique Volume foisonné des terres extraitesPourquoi fait-on ce calcul ? Parce que c'est le volume logistique : celui qui remplira les bennes et occupera l'aire de stockage.
On multiplie le volume en place par le coefficient de foisonnement, en reprenant le rapport exact des masses volumiques plutôt que sa valeur arrondie.
- Substitution : On injecte Vplace = 648,00 m³ et le rapport 1,90 / 1,50.
- Piège évité : On multiplie et non divise : le tas occupe plus de place que le trou dont il provient.
- Hypothèse validée : Le coefficient est homogène sur l'ensemble des terres extraites de la tranchée.
- Vérification croisée : Le résultat doit dépasser 648,00 m³ d'environ un quart.
- Finalité : Disposer du volume à évacuer, base du calcul des rotations.
820,80 m³ de terres à évacuer, pour un trou de 648,00 m³. L'écart de près de cent soixante-treize mètres cubes n'est pas une marge de sécurité : c'est du volume réel, qui remplira des bennes réelles. Employer le rapport exact des masses volumiques plutôt que le coefficient arrondi évite ici une dérive de plus d'un cinquième de mètre cube — négligeable sur ce chantier, mais qui se cumulerait sur un grand terrassement.
- Ordre de grandeur : Un peu plus d'un quart en plus : cohérent avec un taux de 26,67 %.
- Impact sur la suite : C'est ce volume qui sera divisé par la capacité des bennes pour donner le nombre de rotations.
- Cohérence : Le résultat est bien supérieur au volume en place, comme l'impose un coefficient supérieur à 1.
- Attention : Un tas stocké se retasse légèrement sous son propre poids ; pour le transport, on retient le volume juste après extraction.
- Comparaison : Avec une roche fragmentée à coefficient 1,60, le volume à évacuer atteindrait 1 036,80 m³.
Remarque pédagogique : Conservez le rapport exact plutôt que le coefficient arrondi tant que le calcul le permet. Un arrondi introduit en début de chaîne se retrouve amplifié dans toutes les grandeurs qui en découlent.
Contrôle par la masse à l'état foisonnéPourquoi fait-on ce calcul ? Parce que la masse est la seule grandeur que le changement d'état laisse intacte : elle valide toute la conversion.
On multiplie le volume foisonné par la masse volumique foisonnée, et l'on compare au tonnage établi en place à la question précédente.
- Substitution : On injecte Vfois = 820,80 m³ et ρfois = 1,50 t/m³.
- Piège évité : On associe le volume foisonné à la masse volumique foisonnée, jamais à celle en place.
- Hypothèse validée : Aucune perte de matériau n'est intervenue entre l'extraction et le chargement.
- Vérification croisée : Le résultat doit être exactement 1 231,20 t, valeur calculée en place.
- Finalité : Fermer la boucle et écarter toute erreur de sens ou de coefficient.
Le tonnage est identique à celui calculé en place : 1 231,20 t. Le contrôle est parfait, ce qui valide en une seule opération le volume de la fouille, le coefficient de foisonnement et le sens de la conversion. Deux volumes différents, deux masses volumiques différentes, et une masse unique : c'est exactement ce que la conservation de la matière impose, et c'est le seul contrôle de cette étude qui ne puisse être trompé par une confusion d'état.
- Ordre de grandeur : Identique au calcul en place : signature d'une conversion correcte.
- Impact sur la suite : Ce tonnage servira à vérifier la charge utile des véhicules d'évacuation.
- Cohérence : L'égalité est exacte, sans écart d'arrondi, le rapport des masses volumiques ayant été conservé sous forme fractionnaire.
- Attention : Un écart au premier chiffre signalerait une erreur de méthode ; un écart au troisième, un simple arrondi.
- Comparaison : Le mesurage à la tonne, que l'article 6.11 admet dans certains cas, s'appuierait directement sur ce chiffre.
Remarque pédagogique : Un contrôle par voie indépendante vaut mieux qu'une relecture. Ici, la masse valide trois grandeurs à la fois, pour le prix d'une seule multiplication.
Volume d'air introduit par l'extractionPourquoi fait-on ce calcul ? Parce qu'il chiffre ce que le transport devra déplacer en plus de la matière, et que ce vide se paie comme le reste.
On retranche le volume en place du volume foisonné. La différence ne correspond à aucune matière : c'est du vide créé par l'extraction.
- Substitution : On injecte Vfois = 820,80 m³ et Vplace = 648,00 m³.
- Piège évité : On ne confond pas ce volume avec le volume à évacuer : il n'en est qu'une part.
- Hypothèse validée : Les deux volumes portent sur la même quantité de matière, ce que le contrôle massique vient de confirmer.
- Vérification croisée : Rapporté au volume en place, cet écart doit redonner le taux de 26,67 %.
- Finalité : Rendre tangible le phénomène de foisonnement, et mesurer ce qu'il coûte en transport.
172,80 m³ de vide à transporter. Rapporté au terrain d'origine, ce volume représente les 26,67 % du taux de foisonnement ; rapporté au tas, il n'en représente plus que 21,05 % — un même écart, deux pourcentages, parce que la base de la fraction change. Concrètement, plus de quatorze bennes sur les soixante-neuf que compte l'évacuation ne transporteront que de l'air, et elles se paieront au même prix que les autres.
- Ordre de grandeur : Un peu plus d'un cinquième du tas : valeur attendue pour un coefficient de 1,267.
- Impact sur la suite : Ce vide représente à lui seul quatorze rotations de camions sur les soixante-neuf nécessaires.
- Cohérence : Le rapport 172,80 sur 648,00 redonne exactement le taux de foisonnement.
- Attention : Ce vide ne disparaît pas au transport : il ne se referme qu'au compactage, si le matériau est remis en œuvre.
- Comparaison : Un sable à coefficient 1,15 n'introduirait que 97,20 m³ de vide sur le même volume de fouille.
Remarque pédagogique : Un même écart s'exprime par deux pourcentages différents selon qu'on le rapporte au terrain ou au tas. Précisez toujours la base : c'est la source de malentendu la plus banale du mouvement des terres.
"Une division et un arrondi, mais deux vérifications avant de signer. La première porte sur le volume employé : c'est le tas qu'on charge, pas le trou — et l'écart vaut ici quinze voyages. La seconde porte sur la contrainte qui commande : une benne annoncée à douze mètres cubes ne les emporte que si sa charge utile le permet. Dix-huit tonnes de matériau par voyage, ce n'est pas anodin ; il faut le confronter au poids autorisé du véhicule avant de considérer la capacité volumique comme la limite."
- Observation : La division ne tombe pas juste : 68,40. Le reliquat n'est pas négligeable, il représente près de la moitié d'une benne et doit partir comme le reste.
- Analyse du risque : Commander sur le volume en place donnerait 54 rotations au lieu de 69 : quinze voyages manquants, soit près de 180 m³ de déblais restés sur le chantier.
- Choix stratégique : Je calcule la masse par rotation. La capacité d'une benne est annoncée en volume, mais c'est souvent le poids qui limite : sur un matériau dense, le camion est plein bien avant d'être rempli.
- Alternative : On pourrait raisonner directement à la tonne, mode de rémunération que le cahier des clauses techniques générales admet dans certains cas. Le calcul serait alors indépendant de tout coefficient de foisonnement.
- Objectif visé : Produire un nombre de voyages défendable, et savoir laquelle des deux contraintes — volume ou masse — le commande réellement.
Voir uniquement le résultat final (Auto-évaluation)
Répartir un volume dans des contenants de capacité fixe est une opération de quantification de besoin : on divise la quantité totale par la capacité unitaire, et l'on arrondit vers le haut, car un reliquat exige un voyage entier. Mais la capacité d'un véhicule de transport n'est pas une grandeur unique : elle s'exprime à la fois en volume et en masse, et c'est la plus contraignante des deux qui commande le chargement réel.
Trois relations closent l'étude : la première compte les voyages, la deuxième mesure le remplissage du dernier, la troisième vérifie la contrainte de charge.
Nombre de rotations nécessaires :Elle répartit le volume à évacuer dans des bennes de capacité fixe, en arrondissant vers le haut.
Parce qu'un voyage transporte au plus une benne pleine, et qu'aucun reliquat ne peut rester sur le chantier. La partie entière supérieure traduit exactement cette double contrainte.
- N : nombre de rotations à prévoir, unité : rotations
- Vfois : volume foisonné à évacuer, unité : m³
- Ccam : capacité utile d'une benne, en volume foisonné, unité : m³
- Sens de l'arrondi : entier supérieur, aucun reliquat ne restant sur place, unité : sans objet
- Grandeur distincte : nombre de camions, fonction du temps de cycle, unité : camions
Elle isole le reliquat qui n'a pas suffi à remplir une benne entière.
Parce que l'arrondi vers le haut mobilise un voyage entier pour un chargement partiel. Ce reliquat est le reste de la division, et son ampleur mesure la qualité du calage de l'évacuation.
- Vdernier : volume chargé sur la dernière rotation, unité : m³
- Vfois : volume foisonné total à évacuer, unité : m³
- N − 1 : nombre de bennes remplies à pleine capacité, unité : rotations
- Ccam : capacité utile d'une benne, unité : m³
- Taux de remplissage : reliquat rapporté à la capacité, unité : %
Elle vérifie que la capacité volumique est bien la contrainte qui commande le chargement.
Parce qu'une benne est limitée par deux grandeurs à la fois : son volume et sa charge utile. Sur un matériau dense, la seconde est atteinte avant la première, et c'est alors la masse qui commande le nombre de voyages.
- mrot : masse de matériau transportée par rotation pleine, unité : t
- Ccam : capacité utile de la benne, unité : m³
- ρfois : masse volumique du matériau foisonné, unité : t/m³
- Grandeur à confronter : charge utile du véhicule, donnée du contrat, unité : t
- Contrainte retenue : la plus faible des deux, volume ou masse, unité : sans objet
"Beaucoup d'étudiants divisent le volume en place par la capacité des bennes, ou arrondissent le nombre de rotations à l'entier le plus proche..."
- L'erreur : Diviser 648,00 m³ par 12,00 m³ donnerait 54 rotations : quinze voyages manquants et près de 180 m³ de terres restées en place.
- La bonne méthode : Se demander ce qu'il y a dans la benne : du matériau extrait, donc foisonné, jamais du terrain intact.
- L'astuce de pro : Contrôler par la masse : 69 × 18,00 t = 1 242,00 t, ce qui couvre bien les 1 231,20 t à évacuer.
- Le moyen mnémotechnique : « on charge le tas, et on arrondit en haut » — deux règles, une seule phrase.
- L'impact direct : Quinze rotations non prévues, c'est un dépassement de 27,8 % sur le poste transport, découvert en fin de chantier.
Exécution de la Note de Calculs
- Vfois : volume foisonné à évacuer, exprimé en m³
- Ccam : capacité utile d'une benne, exprimée en m³
- N : volume divisé par un volume, exprimé en rotations
- ρfois : masse volumique du matériau chargé, exprimée en t/m³
- mrot : volume multiplié par une masse volumique, exprimé en t
Le calcul se déroule en quatre temps . On établit d'abord le nombre de rotations, en arrondissant vers le haut. On mesure ensuite le remplissage du dernier camion, indicateur de calage. On vérifie la contrainte de charge par la masse transportée à chaque voyage. On chiffre enfin l'écart qu'aurait produit une commande fondée sur le volume en place .
1. Résolution Numérique Nombre de rotations à prévoirPourquoi fait-on ce calcul ? Parce que c'est la quantité qui se commande et qui entre au budget d'évacuation.
On divise le volume foisonné par la capacité utile d'une benne, puis on arrondit à l'entier supérieur, aucun reliquat ne pouvant rester sur le chantier.
- Substitution : On injecte Vfois = 820,80 m³ et Ccam = 12,00 m³.
- Piège évité : On n'emploie pas le volume en place : les bennes se remplissent de matériau extrait, donc foisonné.
- Hypothèse validée : Toutes les bennes sont identiques et remplies à leur capacité utile.
- Vérification croisée : Soixante-neuf bennes de douze mètres cubes offrent 828,00 m³, ce qui couvre bien les 820,80 m³.
- Finalité : Fournir le nombre de voyages à porter au marché de transport.
Soixante-neuf voyages, et non soixante-huit. La division donne 68,40 : soixante-huit bennes partiront pleines, et le reliquat exigera un soixante-neuvième voyage. Arrondir à l'entier le plus proche laisserait sur le chantier un volume de déblais qu'aucune autre opération ne viendrait reprendre. En logistique de chantier, tout besoin s'arrondit vers le haut, qu'il s'agisse de matériaux, de moyens ou de voyages.
- Ordre de grandeur : Près de soixante-dix voyages : cohérent avec 820,80 m³ répartis en bennes de 12,00 m³.
- Impact sur la suite : Ce nombre commande le budget de transport et, associé au temps de cycle, la durée de l'évacuation.
- Cohérence : La capacité offerte, 828,00 m³, dépasse bien le volume à évacuer.
- Attention : Ce nombre compte des voyages, non des camions : la taille de la noria dépend du temps de cycle.
- Comparaison : Avec des bennes de 15,00 m³, il ne faudrait plus que 55 rotations.
Remarque pédagogique : L'arrondi vers le haut n'est pas une convention de calcul mais une règle de couverture de besoin. Elle vaut pour les voyages comme pour les commandes de matériaux : mieux vaut un reliquat qu'un déficit.
Volume chargé sur la dernière rotationPourquoi fait-on ce calcul ? Parce qu'il mesure le calage de l'évacuation et signale une éventuelle marge d'optimisation.
On retranche du volume total les soixante-huit bennes pleines déjà parties. Ce qui reste constitue le chargement du dernier voyage.
- Substitution : On injecte Vfois = 820,80 m³, N − 1 = 68 rotations et Ccam = 12,00 m³.
- Piège évité : On retranche soixante-huit bennes et non soixante-neuf : la dernière est précisément celle dont on cherche le contenu.
- Hypothèse validée : Les bennes précédentes ont toutes été chargées à pleine capacité.
- Vérification croisée : Le reliquat doit être strictement inférieur à la capacité d'une benne.
- Finalité : Apprécier si le dernier voyage peut être regroupé avec une autre évacuation du chantier.
Le dernier camion ne part rempli qu'à 40,00 % de sa capacité. Ces 4,80 m³ mobilisent pourtant un voyage complet, avec son chauffeur, son carburant et sa durée. Sur un chantier où d'autres évacuations sont programmées, ce reliquat gagne à être regroupé ; à défaut, il constitue une ligne de coût pleine pour un chargement partiel.
- Ordre de grandeur : Deux cinquièmes de benne : reliquat significatif, ni négligeable ni proche du plein.
- Impact sur la suite : Ce voyage se facture généralement comme un voyage entier, quelle que soit la charge réelle.
- Cohérence : Le reliquat, 4,80 m³, est bien inférieur à la capacité de 12,00 m³.
- Attention : Un reliquat très faible justifierait de rechercher un regroupement ; un reliquat proche du plein n'appellerait rien.
- Comparaison : Avec des bennes de 10,00 m³, le dernier voyage emporterait 0,80 m³, soit 8,00 % de sa capacité.
Remarque pédagogique : Regardez toujours le reste de la division, pas seulement le quotient arrondi. C'est lui qui révèle si le dernier voyage est un vrai voyage ou une simple formalité coûteuse.
Masse transportée par rotation pleinePourquoi fait-on ce calcul ? Parce qu'une benne est limitée par deux grandeurs, et qu'il faut savoir laquelle commande avant de valider le nombre de voyages.
On multiplie la capacité de la benne par la masse volumique foisonnée, puisque c'est le matériau remanié qui y est chargé.
- Substitution : On injecte Ccam = 12,00 m³ et ρfois = 1,50 t/m³.
- Piège évité : On n'emploie pas la masse volumique en place : elle donnerait 22,80 t, valeur qui ne correspond à aucun chargement réel.
- Hypothèse validée : Le matériau ne se retasse pas en benne entre le chargement et la pesée.
- Vérification croisée : Le produit 69 × 18,00 t doit couvrir la masse totale de 1 231,20 t.
- Finalité : Confronter le chargement à la charge utile du véhicule retenu.
Dix-huit tonnes de matériau par voyage. Le chiffre mérite d'être confronté à la charge utile du véhicule avant de retenir la capacité volumique comme contrainte : une benne annoncée à douze mètres cubes ne peut emporter dix-huit tonnes que si son poids total autorisé le permet. Sur un matériau plus dense encore, ou avec un véhicule plus léger, c'est la masse qui commanderait le nombre de rotations, et le calcul devrait être refait sur cette base.
- Ordre de grandeur : Dix-huit tonnes : chargement lourd, qui suppose un véhicule dimensionné en conséquence.
- Impact sur la suite : Si la charge utile était inférieure, le nombre de rotations serait commandé par la masse et non par le volume.
- Cohérence : Le contrôle 69 × 18,00 = 1 242,00 t couvre bien les 1 231,20 t à évacuer.
- Attention : La charge utile est une donnée du contrat de transport : elle doit être demandée, non supposée.
- Comparaison : Une rémunération à la tonne, admise par l'article 6.11 dans certains cas, s'appuierait directement sur ces 1 231,20 t.
Remarque pédagogique : Vérifiez toujours laquelle des deux contraintes commande : le volume ou la masse. Sur les matériaux denses, une benne est pleine en poids bien avant de l'être en volume.
Écart avec une commande fondée sur le volume en placePourquoi fait-on ce calcul ? Parce qu'il chiffre en voyages ce que coûterait la confusion entre les deux états du matériau.
On refait la division avec le volume en place, puis on compare au nombre de rotations réellement nécessaires.
- Substitution : On injecte Vplace = 648,00 m³ et Ccam = 12,00 m³.
- Piège évité : Ce calcul est conduit à titre de comparaison seulement : il ne fournit pas une quantité à commander.
- Hypothèse validée : La capacité de benne reste inchangée : seul le volume divisé varie.
- Vérification croisée : L'écart relatif doit correspondre au taux de foisonnement, aux effets d'arrondi près.
- Finalité : Rendre tangible l'enjeu de la distinction entre volume en place et volume foisonné.
Quinze rotations manquantes, soit près de 28 % du poste transport. C'est le coût exact de la confusion entre le trou et le tas : une commande fondée sur le volume en place laisserait environ 180 m³ de déblais sur le chantier, découverts au moment où l'entreprise croit avoir terminé. L'erreur ne se détecte par aucun contrôle interne au calcul — elle ne se voit que sur le terrain, quand le tas ne diminue plus assez vite.
- Ordre de grandeur : Un peu plus d'un quart de voyages en plus : cohérent avec un taux de foisonnement de 26,67 %.
- Impact sur la suite : Ces quinze voyages représentent autant de durée et de coût non prévus au marché de transport.
- Cohérence : Le rapport 69 sur 54 vaut 1,278, proche du coefficient de foisonnement, l'écart tenant aux deux arrondis.
- Attention : Le nombre de rotations relève du dimensionnement ; le règlement du transport, lui, se fait au mètre cube en place ou à la tonne.
- Comparaison : Avec une roche fragmentée à coefficient 1,60, l'écart atteindrait 33 rotations.
Remarque pédagogique : Chiffrez toujours l'erreur que vous venez d'éviter. Un écart exprimé en voyages parle à tout le monde ; un coefficient de foisonnement ne parle qu'aux initiés.
BILAN FINAL DE LA MISSION
Checklist d'Auto-Évaluation
Avant de clore cet exercice, vérifiez que vous avez bien assimilé la démarche globale de conception :
Les talus notés 2 pour 3 produisent un déport de 1,20 m de chaque côté, ce qui porte la largeur en tête à 3,60 m — le triple de la largeur au fond — pour des parois inclinées à 56,31° sur l'horizontale. La section trapézoïdale mesure 4,32 m², soit une largeur moyenne de 2,40 m, et le volume en place s'établit à 648,00 m³ sur les 150,00 m de tranchée : exactement le double des 324,00 m³ qu'aurait donnés une fouille blindée à parois verticales. Le rapport des masses volumiques, 1,90 sur 1,50, donne un coefficient de foisonnement de 1,267, soit un taux de 26,67 %, et la masse totale des terres atteint 1 231,20 t. Le volume à évacuer s'élève dès lors à 820,80 m³, dont 172,80 m³ de vide introduit par l'extraction — valeur confirmée par le contrôle massique, puisque 820,80 m³ à 1,50 t/m³ pèsent bien les mêmes 1 231,20 t. L'évacuation exige enfin 69 rotations de bennes de 12,00 m³, la dernière n'étant remplie qu'à 40,00 %, chaque voyage plein emportant 18,00 t de matériau.
Trois enseignements se dégagent de cette étude. Le premier tient à une discipline de notation : dans « 2 pour 3 », le premier nombre est l'horizontal — le cahier des clauses techniques générales l'explicite lorsqu'il écrit « 3 pour 2 (3 horizontal et 2 vertical) » — et l'inverser aurait presque doublé la largeur en tête. Le deuxième enseignement porte sur la distinction entre taux et coefficient : ces deux écritures décrivent la même propriété du sol mais ne sont pas le même nombre, et rien dans leur forme décimale ne les distingue. On multiplie un volume par le coefficient, jamais par le taux ; multiplier par 0,267 au lieu de 1,267 n'aurait donné que le volume d'air. Le troisième enseignement est contractuel et logistique à la fois : une même quantité de terre s'exprime par deux volumes, et il serait grave de les confondre. Le mètre cube en place est celui du marché — c'est la règle générale de mesurage du déblai — tandis que le mètre cube foisonné remplit les bennes et dimensionne l'évacuation. Entre les deux, sur cette tranchée, il y a quinze rotations de camions, soit près de 28 % du poste transport : un écart qu'aucun contrôle interne au calcul ne révèle, et qui ne se découvre que sur le terrain, lorsque le tas ne diminue plus assez vite.








