Exercice corrigé NF P 11-300

Calcul du Rendement Théorique d'un Bouteur

GCÉquipe EtudiantGénieCivilMis à jour le 11 juillet 2026 22 min de lecture 4 vues
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NIVEAU : INTERMÉDIAIRE DOMAINE : TERRASSEMENT THÈME : RENDEMENT MATÉRIEL

Calcul du Rendement Théorique d’un Bouteur

Optimisation de l'Atelier de Pousse
1. Présentation du ProjetCAHIER DES CHARGES
📝 Contexte de l'Étude
De : Chef de Chantier
Objet : URGENT - Validation rendement décapage Secteur B

"Bonjour,

J'ai impérativement besoin de valider le rendement prévisionnel de notre bouteur D8T affecté au décapage du secteur B.

La terre végétale en place s'avère particulièrement meuble et foisonnante suite aux récentes observations.

Confirme-moi notre cadence de production horaire théorique pour ajuster le planning de la rotation des tombereaux. Le temps presse."

Le projet d'aménagement s'articule autour des contraintes techniques et logistiques suivantes :

  • Type d'opération : Décapage de la terre végétale sur l'emprise d'une future plateforme logistique.
  • Topographie : Le bulldozer opère sur un terrain plat (absence de pente longitudinale significative).
  • Enjeu financier : Le calcul du volume initial est vital pour l'établissement de la facturation et le suivi de la cubature réelle.
  • Enjeu planning : Il est exigé une extrême précision sur la cadence de production afin de valider les délais d'exécution de la maîtrise d'ouvrage.
🚜
Mission de l'Ingénieur Travaux :

Pour fiabiliser le planning global de terrassement, vous devez procéder par étapes :

  • Modéliser le cycle de production complet du bouteur.
  • Quantifier le volume réellement décaissé à chaque passe de la lame.
  • Déduire le rendement horaire théorique exprimé en volume en place.
PROFIL EN LONG : CYCLE DE TERRASSEMENT - SECTION B
TN (Terrain Naturel) Ligne Rouge (Projet) Sol foisonné D8T Phase 1 : Pousse en charge (Valler) Phase 2 : Retour à vide (Vretour) Pt. Attaque Pt. Décharge COTES T.N. (NGF) COTES PROJET DISTANCES (m) 102.80 102.50 102.80 102.50 L = 45.00
📌
Note de Préparation de Chantier :

L'efficience globale de l'atelier de terrassement est dégradée par les manœuvres, la fatigue de l'opérateur et les petites pannes. On retiendra un temps productif effectif de 50 minutes par heure de travail nominale.

2. Données Géotechniques & Engins

L'exactitude des rendements théoriques dépend étroitement de la précision des caractéristiques mécaniques de l'engin sélectionné et du comportement physique du sol remanié. Voici les paramètres validés par le bureau des méthodes.

📚 Référentiel de Terrassement
NF P 11-300 (Classification des sols) Abaques Constructeur (Caterpillar)
⚙️
Hypothèses et Paramètres de l'Étude
🪨 CARACTÉRISTIQUES DU SOL EN PLACE
  • 📍
    Terre végétale (Limon Argileux - Classe GTR : A1)
    • État hydrique initial : \( w = \mathbf{18} \% \) (État humide, portance moyenne)
    • Coefficient de remplissage (justifié par classe A1 humide) : \( k_{\text{r}} = \mathbf{0.90} \)
    • Pourcentage de foisonnement initial (décapage) : \( f_{\text{initial}} = \mathbf{25} \% \)
    • Foisonnement résiduel (après réemploi) : \( f_{\text{résiduel}} = \mathbf{5} \% \) (Compactage cible : 95% OPN)
    • Masse volumique humide en place : \( \rho_{\text{h}} = \mathbf{1.85} \text{ t/m}^3 \)
    • Distance moyenne de transport : \( D = \mathbf{45} \text{ m} \)
🚜 MATÉRIEL DE TERRASSEMENT
  • 🏗️
    Bouteur Type D8T (Lame SU)
    • Capacité volumétrique de la lame : \( V_{\text{lame}} = \mathbf{8.70} \text{ m}^3 \)
    • Vitesse d'avancement en charge : \( V_{\text{aller}} = \mathbf{4.00} \text{ km/h} \)
    • Vitesse de retour à vide : \( V_{\text{retour}} = \mathbf{6.00} \text{ km/h} \)
  • ⏱️
    Contraintes de temps et Efficience
    • Temps de manœuvre (Changement de vitesse) : \( t_{\text{manœuvre}} = \mathbf{0.10} \text{ min/cycle} \)
    • Efficience de l'atelier : \( E = \mathbf{50} \text{ min/heure} \)
📊
Abaques et Annexes Normatives
1. Extrait GTR - Identification Sol Classe A1
Paramètre d'identificationCondition GTR (Classe A1)Valeur mesurée (Sondage S3)
Passant à 80 µm> 35 %42 %
D max≤ 50 mm20 mm
Valeur au Bleu (VBS)VBS ≤ 0.10.08
Indice Portant Immédiat (IPI)État humide si IPI ≤ 1512 (Sol sensible à l'eau)
2. Facteurs Correctifs de Remplissage et d'Adhérence
Condition Opérationnelle du SolCoefficient de Remplissage Lame (\( k_{\text{r}} \))Pénalité Vitesse Traction (Patinage)
Sol meuble, état normal à humide (Plat)0.90 à 1.10 (Valeur retenue : 0.90)0 % (Pleine capacité)
Sol argileux, état très humide / saturé (Aléa)0.70 à 0.85- 20 % (Perte d'adhérence des chenilles)
3. Abaque Constructeur : Production Théorique Brute (D8T - Lame SU)

Courbe de production maximale idéale en volume foisonné (sans prise en compte de l'efficience ni du coefficient de remplissage), illustrant la chute hyperbolique du rendement en fonction de la distance de pousse.

0 15 30 45 60 75 90 120 Distance de pousse (m) 0 200 400 600 800 Prod. Théorique Max (m³/h) Lecture brute: ~550 m³/h

3. Méthodologie du Mouvement de Terres

La planification d'un chantier de terrassement exige une progression rigoureuse : du calcul du temps de cycle théorique du bouteur, jusqu'à l'ajustement structurel des volumes bruts pour obtenir un cubage strict et commercialement exploitable, tout en prévenant les imprévus géotechniques.

1

Question 1 : Modélisation du Temps de Cycle

Calculez le temps de cycle complet théorique du bouteur en minutes (\( t_{\text{cycle}} \)), en prenant en compte l'aller, le retour et le temps de manœuvre.

2

Question 2 : Volume Utile en Place par Passe

Déterminez le volume de sol en place réellement décapé et déplacé à chaque passe de la lame (\( V_{\text{place}} \)).

3

Question 3 : Rendement Horaire Théorique

En déduire le rendement de production théorique de l'engin (\( R_{\text{th}} \)) exprimé en mètres cubes "en place" par heure.

4

Question 4 : Dégradation Climatique (Aléa)

🚨 ALÉA DE CHANTIER : Suite à de fortes averses, le terrain devient gras. Le patinage des chenilles provoque une chute de 20% de la vitesse d'avancement en charge.

👉 Travail demandé : Calculez le nouveau rendement de production (\( R_{\text{th-pluie}} \)) pour alerter la direction sur la perte de productivité.

5

Question 5 : Bilan Massique et Volume Compacté Final

✅ CONTRÔLE DE GESTION : Pour la facturation et le dimensionnement de l'atelier de compactage, il est impératif de connaître le tonnage déplacé et le volume final après réemploi.

👉 Travail demandé : Calculez le rendement massique horaire en conditions normales et le rendement horaire en volume compacté.

CORRECTION

Calcul du Rendement Théorique d’un Bouteur

1
Calcul du Temps de Cycle (\( t_{\text{cycle}} \))
🎯 Objectif Technique

Établir la durée rigoureuse d'une rotation complète du bouteur. Cela permet de déterminer le nombre exact de passes qu'il pourra effectuer en une heure de production effective.

🧠 Réflexion du Technicien

Un cycle de bulldozer est composé de trois phases consécutives :

  • La progression en charge (pousse de la terre).
  • Le retour à vide (marche arrière).
  • Les temps fixes liés à la mécanique (embrayage, changement de sens).

Je dois avant tout harmoniser les unités de vitesse (km/h vers m/min) pour obtenir un résultat final strictement en minutes.

Méthode Appliquée : Cinématique du Cycle

Le temps de cycle s'obtient en sommant les temps partiels.

Le calcul d'un temps de trajet s'appuie sur la relation fondamentale de la cinématique : le temps est systématiquement égal à la distance divisée par la vitesse.

📐 Formule de Dimensionnement

L'équation du temps de cycle regroupe rigoureusement le temps de trajet aller, le temps de trajet retour, et le temps fixe de manœuvre.

Équation du Temps de Cycle Global :

Pour déterminer le temps d'un cycle complet, nous additionnons le quotient de la distance par la vitesse d'aller, le quotient de la distance par la vitesse de retour, et le temps de manœuvre incompressible.

\[ \begin{aligned} t_{\text{cycle}} = \frac{D}{V_{\text{aller}}} + \frac{D}{V_{\text{retour}}} + t_{\text{manœuvre}} \end{aligned} \]
Traçabilité des Données
  • Distance de transport (\( D \)) : 45 mètres (Extrait du Plan d'Installation de Chantier - PIC rev. B, validé par le géomètre).
  • Vitesses de travail (\( V_{\text{aller}}, V_{\text{retour}} \)) : 4.00 km/h et 6.00 km/h (Manuel de Performance Constructeur Caterpillar, Édition 49, Section Bouteurs sur terrain plat).

Astuce de Préparation

Les vitesses sont fournies en km/h, alors que le temps de manœuvre est en minutes et la distance en mètres.

Divisez impérativement les vitesses en km/h par 0.06 pour obtenir directement des mètres par minute (\( \text{m/min} \)). En effet : \( 1 \text{ km/h} = \frac{1000 \text{ m}}{60 \text{ min}} = 16.67 \text{ m/min} \).

Exécution de la Note de Calculs

Nous devons procéder en deux temps : d'abord convertir les vitesses, puis appliquer la formule du cycle de terrassement.

1. Conversion des Vitesses

Pour utiliser la distance en mètres et obtenir un temps en minutes, il est impératif de convertir les vitesses constructeur (données en km/h) en mètres par minute (m/min). On multiplie la valeur par 1000 pour les mètres, et on divise par 60 pour les minutes.

Vitesse d'aller en charge :
\[ \begin{aligned} V_{\text{aller}} &= 4.00 \times \left( \frac{1000}{60} \right) \\ &\Rightarrow \mathbf{66.67} \text{ m/min} \end{aligned} \]

La même logique mathématique s'applique rigoureusement pour la vitesse de repli. On convertit les 6.00 km/h en mètres par minute pour obtenir une base de calcul temporelle cohérente avec la phase d'aller.

Vitesse de retour à vide :
\[ \begin{aligned} V_{\text{retour}} &= 6.00 \times \left( \frac{1000}{60} \right) \\ &\Rightarrow \mathbf{100.00} \text{ m/min} \end{aligned} \]
2. Résolution Numérique

Maintenant que les unités sont parfaitement homogènes (mètres et minutes), nous injectons les valeurs dans l'équation globale du temps de cycle. Nous additionnons simplement le temps de parcours aller, le temps de parcours retour, et le temps incompressible dédié aux manœuvres.

Application Globale du Temps de Cycle
\[ \begin{aligned} t_{\text{cycle}} &= \frac{45}{66.67} + \frac{45}{100.00} + 0.10 \\ &= 0.675 + 0.450 + 0.100 \\ &\Rightarrow \mathbf{1.225} \text{ min} \end{aligned} \]

INTERPRÉTATION DU CYCLE : Le bulldozer réalise exactement un aller-retour et change de vitesse en un peu moins d'une minute et quart.

\[ \begin{aligned} \textbf{Bilan Étape 1 : } t_{\text{cycle}} &= \mathbf{1.225} \text{ minutes} \end{aligned} \]
Analyse du résultat

Un temps de cycle de 1.225 minutes équivaut à environ 49 cycles par heure de travail ininterrompue.

C'est une valeur parfaitement conforme pour un D8T sur une courte distance de régalage (inférieure à 50 m).

Piège Classique

Oublier de convertir les unités de vitesse est l'erreur numéro un lors des calculs d'engins.

Diviser des mètres par des kilomètres-heure donne un résultat totalement inexploitable.

❓ Question Fréquente

Pourquoi le retour est-il plus rapide que l'aller ?

À l'aller, l'engin "pousse" et la lame est en contact résistif avec le sol (pleine charge). Au retour, la lame est levée et le moteur tourne presque à vide pour se repositionner le plus rapidement possible.

2
Détermination du Volume par Passe (\( V_{\text{place}} \))
🎯 Objectif Technique

Évaluer la quantité exacte de sol naturel, comptabilisée à l'état vierge, qui est extraite et logée dans la lame de l'engin à chaque voyage.

🧠 Réflexion de Logistique de Chantier

La capacité de la lame (\( 8.7 \text{ m}^3 \)) est un volume maximum d'encombrement. Mais en terrassement, la terre n'est pas un fluide parfait :

  • Elle se foisonne (gonfle).
  • Elle ne remplit pas la lame de manière optimale (pertes sur les côtés en andains).

Je dois donc appliquer un coefficient de remplissage restrictif, puis ramener ce volume foisonné au profil en place originel en utilisant le taux de foisonnement initial.

Méthode Appliquée : Loi des Volumes (Foisonnement)

Le volume "en place" (\( V_{\text{place}} \)) correspond au volume géométrique dessiné sur les plans.

Le volume déblayé et foisonné (\( V_{\text{foisonné}} \)) est toujours plus important. La relation stricte est : \( V_{\text{foisonné}} = V_{\text{place}} \times (1 + f) \).

📐 Formules de Dimensionnement

Il faut établir d'abord le volume transporté dans la lame, puis le rétracter mathématiquement pour retrouver sa proportion originelle dans le sol.

Capacité Foisonnée Nette :

Pour trouver le volume réel charrié par l'engin, on multiplie la capacité nominale géométrique de la lame par son coefficient de remplissage (pour déduire les pertes sur les côtés).

\[ \begin{aligned} V_{\text{transporté}} = V_{\text{lame}} \times k_{\text{r}} \end{aligned} \]
Rétrécissement au Volume en Place :

Pour revenir à la cotation topographique, on divise le volume meuble par le facteur global d'augmentation de volume (le foisonnement initial de 25% traduit par 1 + 0.25).

\[ \begin{aligned} V_{\text{place}} = \frac{V_{\text{transporté}}}{(1 + f_{\text{initial}})} \end{aligned} \]
Traçabilité des Données
  • Volume Lame (\( V_{\text{lame}} \)) : 8.70 \( \text{m}^3 \) (Fiche Technique Constructeur D8T, option Lame Semi-U).
  • Remplissage (\( k_{\text{r}} \)) : 0.90 (Abaques du guide d'exploitation pour sol de classe A1 à l'état humide).
  • Foisonnement (\( f_{\text{initial}} \)) : 25% (Rapport Géotechnique G2 PRO, Laboratoire d'Étude des Sols, essai sur matériaux A1).

Astuce Méthodologique

Un foisonnement de 25% signifie que \( 1 \text{ m}^3 \) en place devient \( 1.25 \text{ m}^3 \) dans la lame.

Ne faites surtout pas l'erreur de multiplier par 0.75 (ce qui correspondrait à une soustraction directe), il faut rigoureusement diviser par 1.25.

Exécution de la Note de Calculs

Nous évaluons successivement les volumes transportés à l'état meuble, pour revenir par déduction mathématique au volume plein.

1. Application Numérique

Dans un premier temps, nous appliquons le coefficient de remplissage à la capacité théorique de la lame. Cela nous donne le volume réel de terre remuée qui sera transporté à chaque passe de l'engin.

Étape A : Évaluation de la pleine charge
\[ \begin{aligned} V_{\text{transporté}} &= 8.70 \times 0.90 \\ &\Rightarrow \mathbf{7.83} \text{ m}^3 \text{ foisonnés} \end{aligned} \]

Ensuite, nous divisons ce volume foisonné par le facteur de foisonnement (1 + 0.25) pour "compacter" mathématiquement la terre et retrouver le volume exact qu'elle occupait dans le terrain naturel avant terrassement.

Étape B : Déduction du volume initial en place
\[ \begin{aligned} V_{\text{place}} &= \frac{7.83}{(1 + 0.25)} \\ &= \frac{7.83}{1.25} \\ &\Rightarrow \mathbf{6.264} \text{ m}^3 \text{ en place} \end{aligned} \]

INTERPRÉTATION DU VOLUME : À chaque cycle de l'engin, on creuse mathématiquement un trou équivalent à 6.264 mètres cubes dans le terrain vierge.

\[ \begin{aligned} \textbf{Bilan Étape 2 : } V_{\text{place}} &= \mathbf{6.26} \text{ m}^3 \end{aligned} \]
Analyse du résultat

Le résultat montre qu'un bouteur doté d'une lame de 8.7 m³ ne déplace, au sens de la facturation topographique en place, qu'environ 6.26 m³ par mouvement.

Cet écart colossal de près de 30% met en évidence l'importance absolue des coefficients géotechniques.

Piège Classique

Multiplier le volume de la lame par le foisonnement au lieu de le diviser.

La lame embarque un matériau "déjà gonflé", son volume équivalent dense (en place) est donc obligatoirement inférieur à la géométrie de la lame.

❓ Question Fréquente

Pourquoi le coefficient de remplissage n'est-il pas de 1.00 ?

Lorsqu'un bulldozer pousse la terre sur une distance, la forme de la lame ne retient pas la totalité du matériau. De la terre glisse continuellement sur les côtés : ce sont les pertes en andains.

3
Calcul du Rendement Horaire Théorique (\( R_{\text{th}} \))
🎯 Objectif Technique

Déterminer la capacité d'extraction horaire officielle de la machine afin de calibrer le planning d'avancement des terrassements.

🧠 Réflexion de Planification

Le rendement horaire est la somme des volumes déplacés à chaque cycle, multipliée par le nombre de cycles réalisables en une heure.

Cependant, l'opérateur ne travaille pas de façon robotique 60 minutes sur 60. Nous devons intégrer la performance humaine via l'efficience (\( E \)) pour refléter les pauses et petits aléas normaux du chantier.

Méthode Appliquée : Loi de Rendement des Engins

Le nombre de cycles horaires correspond à 60 minutes divisées par le temps de cycle.

Le rendement horaire s'obtient en multipliant ce nombre de cycles, le volume de chaque passe, et le coefficient de présence/efficience.

📐 Formule de Dimensionnement

L'équation fondamentale du rendement rassemble le ratio temporel, le volume unitaire et la performance humaine.

Formule du Rendement Horaire :

On multiplie le volume déplacé en un cycle par le nombre de cycles réalisables en 60 minutes, et on ajuste la valeur avec le coefficient d'efficience (E) qui représente le temps de travail effectif de l'opérateur.

\[ \begin{aligned} R_{\text{th}} = V_{\text{place}} \times \left( \frac{60}{t_{\text{cycle}}} \right) \times \left( \frac{E}{60} \right) \end{aligned} \]
Traçabilité des Données
  • Temps de Cycle (\( t_{\text{cycle}} \)) : 1.225 minutes (Valeur analytique démontrée lors de la résolution de la Question 1).
  • Volume Unitaire (\( V_{\text{place}} \)) : 6.264 \( \text{m}^3 \) (Valeur analytique démontrée lors de la résolution de la Question 2).
  • Efficience (\( E \)) : 50 min/heure (Spécification issue du Cahier des Clauses Techniques Particulières pour des travaux diurnes classiques).

Astuce de Simplification

Dans la formule, le facteur "60" s'annule mathématiquement si l'efficience est donnée directement en minutes par heure.

La formule se contracte alors en : \( R_{\text{th}} = V_{\text{place}} \times \frac{E}{t_{\text{cycle}}} \).

Exécution de la Note de Calculs

On intègre les valeurs brutes démontrées dans les premières questions au cœur de l'équation synthétisée du rendement de production.

1. Application Numérique

Nous allons substituer les variables de notre formule de rendement par les résultats précédents : le volume en place par passe calculé (6.264 m³), le ratio d'efficience (50 minutes effectives sur 60) et la durée exacte d'un cycle (1.225 minute).

Calcul de la production horaire
\[ \begin{aligned} R_{\text{th}} &= 6.264 \times \left( \frac{50}{1.225} \right) \\ &= 6.264 \times 40.816 \\ &\Rightarrow \mathbf{255.67} \text{ m}^3/\text{h} \end{aligned} \]

INTERPRÉTATION DU RENDEMENT : Le bouteur terrassera très exactement 255.67 mètres cubes de sol dans son profil initial pour chaque heure de présence sur le chantier.

\[ \begin{aligned} \textbf{Bilan Étape 3 : } R_{\text{th}} &= \mathbf{255.7} \text{ m}^3/\text{h} \end{aligned} \]
Analyse du résultat

C'est ce volume de \(\approx 255 \text{ m}^3/\text{h}\) qui sera transmis au bureau des méthodes.

Sur une journée de 8 heures, on obtiendra une production quotidienne dépassant les 2000 cubes, un objectif ambitieux mais cohérent.

Piège Classique

Un oubli fréquent réside dans l'omission de l'efficience.

Calculer un engin à 100% de disponibilité horaire (60 min / 60 min) conduit inévitablement à un important retard de planning (surestimation illusoire de plus de 50 cubes/heure).

❓ Question Fréquente

Faut-il arrondir le nombre de cycles par heure ?

Mathématiquement parlant pour un calcul horaire lissé, non. Bien qu'un cycle soit une manœuvre physique indivisible, sur plusieurs heures, ces fractions s'accumulent pour faire un cycle entier.

4
Impact de l'Aléa de Chantier (Pluie)
🎯 Objectif Technique

Mesurer l'effondrement du rendement du bouteur face à une dégradation météorologique et une détérioration de l'adhérence (patinage).

🧠 Réflexion du Technicien

Si la vitesse d'avancement chute de 20%, cela signifie que l'engin ne roule plus qu'à 80% de sa vitesse en charge initiale.

Je dois donc re-calculer exclusivement le "temps aller", car la descente de rendement ne porte que sur l'action de pousse.

Ensuite, je déploie à nouveau l'intégralité du calcul temporel avec cette composante minorée pour isoler le nouveau rendement.

DÉTAIL D'INTERACTION MÉCANIQUE : CHENILLE / SOL SATURÉ (A1)
Couche Limon A1 (Saturé en eau) τmax dépassé Vthéorique (100%) Vréelle (80%) Patinage (-20%) Rroulement + pousse
Méthode Appliquée : Actualisation des Paramètres Cinématiques

La minoration d'un paramètre implique de réévaluer l'ensemble du profil cyclique.

La nouvelle vitesse s'obtient par une règle de proportions simples vis-à-vis du pourcentage d'altération.

📐 Formules de Dimensionnement

Nous posons la nouvelle vitesse dégradée, puis nous modélisons la nouvelle version de l'équation générale du temps de cycle.

Vitesse Dégradée :

Pour isoler la nouvelle vitesse en charge, on retranche le pourcentage de perte par patinage (20%) à l'unité (1), et on multiplie cette fraction par la vitesse nominale.

\[ \begin{aligned} V_{\text{aller-pluie}} = V_{\text{aller}} \times (1 - 0.20) \end{aligned} \]
Nouveau Rendement :

On réapplique l'équation classique du rendement, mais en injectant obligatoirement le nouveau temps de cycle rallongé suite à la détérioration de la vitesse d'aller.

\[ \begin{aligned} R_{\text{th-pluie}} = V_{\text{place}} \times \left( \frac{E}{t_{\text{cycle-nouveau}}} \right) \end{aligned} \]
Traçabilité des Données
  • Ancienne vitesse (\( V_{\text{aller}} \)) : 66.67 m/min (Valeur convertie validée à la Question 1).
  • Perte de vitesse due à la météo : 20% (Constat in situ, relevé par le Chef de Chantier consigné dans la note de service du 14/05).
  • Données stables : Retour à 100 m/min, Manœuvre à 0.10 min, \( V_{\text{place}} \) à 6.264 \( \text{m}^3 \) (Hypothèses géotechniques inchangées par les précipitations de surface).

Astuce Méthodologique

Ne tombez pas dans le raccourci consistant à amputer directement le rendement horaire global final (\( R_{\text{th}} \)) de 20%.

Le retour à vide n'étant pas impacté par cette consigne, le temps total du cycle ne s'allonge pas linéairement de 20%. Il est crucial de recalculer depuis la racine.

Exécution de la Note de Calculs

Validation de la nouvelle cinématique, détermination de la perte absolue de temps, puis bascule vers l'équation de production horaire terminale.

1. Modification de la Vitesse

Pour modéliser mathématiquement l'impact de la pluie, nous réduisons la vitesse d'aller initiale de 20%. Nous multiplions donc cette vitesse par 0.80 pour obtenir la vitesse dégradée lors de la pousse de la terre.

Action Patinage :
\[ \begin{aligned} V_{\text{aller-pluie}} &= 66.67 \times 0.80 \\ &\Rightarrow \mathbf{53.336} \text{ m/min} \end{aligned} \]
2. Actualisation du Temps de Cycle

Avec cette nouvelle vitesse, le trajet aller sera plus long. Nous recalculons l'équation complète du cycle en remplaçant l'ancienne vitesse par la vitesse dégradée, tout en gardant le retour et les manœuvres intacts.

Nouveau Cycle Global :
\[ \begin{aligned} t_{\text{cycle-nouveau}} &= \frac{45}{53.336} + \frac{45}{100.00} + 0.10 \\ &= 0.844 + 0.450 + 0.100 \\ &\Rightarrow \mathbf{1.394} \text{ min} \end{aligned} \]
3. Bouclage du Rendement

Enfin, nous intégrons ce nouveau temps de cycle rallongé dans la formule de production horaire pour découvrir le volume théorique que l'engin parviendra à extraire sous l'averse.

Rendement Horizon Pluie :
\[ \begin{aligned} R_{\text{th-pluie}} &= 6.264 \times \left( \frac{50}{1.394} \right) \\ &= 6.264 \times 35.868 \\ &\Rightarrow \mathbf{224.68} \text{ m}^3/\text{h} \end{aligned} \]

INTERPRÉTATION OBLIGATOIRE : L'aléa pluvieux allonge le temps cyclique et dégrade la production à 224.68 cubes/heure.

\[ \begin{aligned} \textbf{Bilan Étape 4 : } R_{\text{th-pluie}} &= \mathbf{224.7} \text{ m}^3/\text{h} \end{aligned} \]
Analyse du résultat

La chute de 20% de vitesse aller n'engendre en définitive qu'une baisse d'environ 12% du rendement final (\( 255.7 \to 224.7 \)).

Ceci vient confirmer qu'une amputation ciblée sur un segment n'est pas proportionnelle sur le résultat global englobant le retour et les manœuvres incompressibles.

Piège Classique

Mélanger le paramètre minoré. Il aurait été catastrophique de diviser la vitesse par 1.20 au lieu de la multiplier par 0.80.

La soustraction proportionnelle se fait toujours par la factorisation (\( 1 - \text{pourcentage} \)).

❓ Question Fréquente

Doit-on arrêter le chantier sous la pluie avec ce rendement ?

Non. Bien que la productivité chute, un D8T à chenilles garde une excellente adhérence (faible pression au sol) et \(\approx 225 \text{ m}^3/\text{h}\) reste un flux extractif très rentable pour la majorité des terrassements classiques.

5
Bilan Massique et Volume Compacté
🎯 Objectif Technique

Traduire le rendement volumique brut en tonnage (pour le contrôle du transport et la facturation) et en volume compacté final (pour le suivi de la mise en œuvre en remblai).

🧠 Réflexion du Technicien

Le rendement calculé à la question 3 (\( 255.67 \text{ m}^3/\text{h} \)) est un volume "en place".

  • Pour connaître la masse, je dois le multiplier par la masse volumique en place du sol.
  • De plus, une fois le sol régalé et compacté, il n'atteindra pas la compacité absolue du terrain naturel.

Il subsistera un foisonnement résiduel que je dois réintégrer pour connaître la géométrie finale du remblai.

Méthode Appliquée : Conversion de Masse et Compacité

La masse s'obtient par la relation fondamentale de la masse volumique.

Le volume compacté (\( V_{\text{compacté}} \)) se déduit du volume initial en place en lui appliquant le facteur d'augmentation résiduel : \( 1 + f_{\text{résiduel}} \).

📐 Formules de Dimensionnement

Nous posons deux équations distinctes pour répondre aux besoins de l'ingénierie de chantier : l'une pour la logistique massique, l'autre pour la géométrie du remblai.

Rendement Massique Horaire :

On multiplie le volume horaire en place par la masse volumique humide en place.

\[ \begin{aligned} Q_{\text{massique}} = R_{\text{th}} \times \rho_{\text{h}} \end{aligned} \]
Rendement Volumique Compacté :

On multiplie le rendement en place par le facteur de foisonnement résiduel.

\[ \begin{aligned} R_{\text{compacté}} = R_{\text{th}} \times (1 + f_{\text{résiduel}}) \end{aligned} \]
Traçabilité des Données
  • Rendement initial en place (\( R_{\text{th}} \)) : 255.67 \( \text{m}^3/\text{h} \) (Calcul validé à la Question 3).
  • Masse volumique humide (\( \rho_{\text{h}} \)) : 1.85 \( \text{t/m}^3 \) (Données de laboratoire pour limon A1).
  • Foisonnement résiduel (\( f_{\text{résiduel}} \)) : 5% (Objectif de compacité à 95% de l'OPN).

Astuce Méthodologique

Ne confondez pas la masse volumique sèche (\( \rho_{\text{d}} \)) et la masse volumique humide (\( \rho_{\text{h}} \)).

C'est bien la masse humide (matériau + eau) que les engins soulèvent et transportent physiquement sur le terrain.

Exécution de la Note de Calculs

On applique numériquement les relations pour obtenir nos deux indicateurs finaux de contrôle de chantier.

1. Tonnage Horaire

Multiplication directe du volume en place par la densité humide du sol.

Calcul de la Masse Extraite :
\[ \begin{aligned} Q_{\text{massique}} &= 255.67 \times 1.85 \\ &\Rightarrow \mathbf{472.99} \text{ t/h} \end{aligned} \]
2. Volume Final du Remblai

Majoration du volume en place par les 5% de vide résiduel (1.05) imposés par l'objectif de compactage.

Calcul du Rendement Compacté :
\[ \begin{aligned} R_{\text{compacté}} &= 255.67 \times (1 + 0.05) \\ &= 255.67 \times 1.05 \\ &\Rightarrow \mathbf{268.45} \text{ m}^3/\text{h} \end{aligned} \]

INTERPRÉTATION OBLIGATOIRE : Chaque heure, l'engin extrait l'équivalent de près de 473 tonnes de terre, ce qui formera, une fois le compacteur passé, un nouveau monticule de 268.45 mètres cubes.

\[ \begin{aligned} \textbf{Bilan Étape 5 : } Q_{\text{massique}} &= \mathbf{473} \text{ t/h} \\ R_{\text{compacté}} &= \mathbf{268.5} \text{ m}^3/\text{h} \end{aligned} \]
Analyse du résultat

Cette conversion est capitale.

Le terrassier est facturé au mètre cube en place (255 m³/h), mais l'atelier de compactage en aval (rouleaux pieds dameurs) devra être dimensionné pour absorber et traiter physiquement les 473 tonnes horaires fournies par le bouteur.

Piège Classique

Oublier que la masse volumique de \( 1.85 \text{ t/m}^3 \) est associée au volume en place.

Ne multipliez jamais cette masse volumique par le volume foisonné (qui est plus léger et nécessite une masse volumique foisonnée spécifique, souvent autour de 1.48 t/m³ ici).

❓ Question Fréquente

Pourquoi le volume compacté est-il plus grand que le volume en place ?

Parce qu'il est extrêmement difficile (et souvent inutile économiquement) de recompacter une terre argileuse extraite pour lui faire retrouver sa densité d'origine absolue (compacité à 100%). On vise généralement 95% de l'optimum, d'où ce "foisonnement résiduel" de 5% qui persiste.

📊 BILAN COMPARATIF DES RENDEMENTS HORAIRES
RAPPORTS D'EXPLOITATION VOLUMIQUE (D8T) : IMPACT MÉTÉO 100 200 300 Rendement (m³/h) 255.7 TN Optimal Valler = 4.0 km/h 224.7 TN Saturé (Pluie) Patinage (-20%) - 12% Capacité brute abaque
Calcul du Rendement Théorique d’un Bouteur
Mouvements de TerresÉtape 15 sur 30

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