Calcul du Nombre d'Ouvriers sur un Chantier
Un effectif ne se devine pas, il se déduit : d'un métré, de temps unitaires, d'une capacité de production par homme et d'une date qui ne bouge pas. Et il ne se compte jamais en bloc — un coffreur ne ferraille pas, un ferrailleur ne monte pas de blocs, et la grue qui les sert tous ne se duplique pas à l'embauche.
J'ai arrêté ce soir la situation nº 6 avec le chef de chantier. Les quantités qui restent à exécuter sur les deux bâtiments sont sur votre bureau. Je vous le dis sans détour : nous sommes en retard, et l'effectif en place ne tiendra pas la date.
La date, justement : l'achèvement du lot 02 est contractuellement fixé au vendredi 24 septembre 2027, et elle n'est pas négociable. Nous n'avons ni intempérie constatée, ni ordre de service de prolongation, ni sujétion imprévue à faire valoir. Toute journée prise au-delà de cette date est une journée de pénalité, calculée sur le montant hors taxes du lot.
Ce que j'attends de vous tient en une phrase : dites-moi combien d'ouvriers il faut, métier par métier. Pas un effectif global — je n'en ferais rien. Je veux le nombre de coffreurs, le nombre de ferrailleurs, le nombre de maçons, et le nombre de manœuvres qui va avec. Vous n'oublierez pas que la grue est unique et qu'elle sert les trois pôles : un ouvrier de plus au sol n'est un ouvrier de plus en production que si le crochet suit.
Ensuite, arbitrez. Renfort d'intérim, heures supplémentaires, bascule d'une partie du béton de la benne vers la pompe : chiffrez les scénarios, écartez ceux qui ne tiennent pas, et dites-moi lequel vous retenez — avec son coût. Deux réserves : nous n'avons aucun accord collectif sur les heures supplémentaires, et l'été niçois n'est pas un détail d'ambiance. Je ne veux pas d'un plan qui tienne le délai et nous mette hors la loi.
C. B., direction travaux
- 01 Bâtiment 1, R+3 — gabarit identique à celui du bâtiment 2, gros œuvre en cours d'exécution
- 02 Bâtiment 2, R+3 — gabarit identique à celui du bâtiment 1, gros œuvre en cours d'exécution
- 03 Grue à tour unique desservant les deux bâtiments, portée moyenne d'utilisation 38 m
- 04 Aire de stockage des palettes de blocs, implantée dans le rayon d'action de la grue
- 05 Pôle A — structure béton, voiles banchés, planchers, poteaux et poutres : équipe unique intervenant sur les deux bâtiments
- 06 Pôle B — maçonnerie de blocs de 20 cm et cloisons de 10 cm : équipe unique intervenant elle aussi sur les deux bâtiments
- 07 Pôle C — levage et approvisionnement : moyen commun aux pôles A et B, et commun aux deux bâtiments
Ce plan ne décrit pas un ouvrage, il décrit une organisation. Trois pôles travaillent en même temps : le pôle A monte la structure béton — voiles banchés, planchers, poteaux et poutres —, le pôle B élève la maçonnerie en blocs, le pôle C sert les deux premiers depuis le crochet de la grue. Il faut lire les deux bandeaux pour ce qu'ils sont : ils traversent l'un et l'autre les deux bâtiments, parce qu'un pôle n'est pas une zone du chantier mais une équipe. Le pôle A intervient sur le bâtiment 1 comme sur le bâtiment 2 ; le pôle B fait de même. Les deux bâtiments ont d'ailleurs le même gabarit R+3 et reçoivent les mêmes natures d'ouvrage. C'est aussi pourquoi les quantités du dossier sont globales pour l'opération et ne sont pas ventilées bâtiment par bâtiment : la situation de travaux nº 6 arrête un seul métré pour l'ensemble, et c'est sur ce métré d'ensemble que l'effectif se dimensionne. Cette partition en pôles n'est pas décorative : elle est la clef du dossier. Un coffreur-bancheur, qui assemble, met en place et déplace les banches, ne ferraille pas ; un ferrailleur, qui pose et ligature les aciers, ne monte pas de blocs ; un maçon, qui élève les murs à la truelle, ne coffre pas. Leurs heures ne sont donc pas des heures interchangeables, et un chantier en retard ne se rattrape jamais en ajoutant « des ouvriers » : il se rattrape métier par métier. Le cercle en pointillés porte le deuxième enseignement du dessin. Il n'y a qu'une grue, et son rayon d'action englobe les deux bâtiments et l'aire de stockage : tout ce qui monte — banches, palettes de blocs, paquets d'aciers, bennes à béton — passe par le même crochet. Un appareil de levage est une ressource partagée que l'embauche ne duplique pas : on peut doubler les équipes au sol, on ne double pas le crochet. C'est la raison pour laquelle le pôle C, qui ne compte qu'un seul homme, peut commander le délai des deux autres. Le dessin ne fait apparaître nulle part, enfin, les manœuvres : ils ne relèvent d'aucun des deux bandeaux parce qu'ils servent les trois pôles à la fois, et leur nombre ne se déduit d'aucun métré — il se déduit de la composition des équipes qu'ils approvisionnent. L'encart de droite rassemble ce que la situation du 2 juillet arrête ; l'encart du bas, ce qu'elle laisse ouvert, et les points d'interrogation portés sur les bandeaux et sur la grue marquent exactement les inconnues du dossier. Deux d'entre elles ne sont pas de production mais de calendrier : la période utile est coupée par une fermeture estivale de trois semaines et par un jour férié, et la semaine du 12 juillet est placée en vigilance orange canicule — deux faits qui retirent des heures avant même qu'on ait commencé à en compter.
Ordre de grandeur : l'effectif se comptera en dizaines d'ouvriers, non en centaines, et le renfort à demander se comptera en unités, non en dizaines. Le retard se comptera en semaines, non en mois — mais attention, la pénalité ne se compte pas dans la même unité que le planning. Le point sensible n'est pas le nombre d'ouvriers : c'est de savoir si la grue peut les servir. Un effectif juste que le levage ne suit pas ne produit rien, et le renfort qu'on aura payé restera à attendre son tour au pied du bâtiment.
Le dossier réunit sept pièces : l'extrait du marché et du planning contractuel, la note de service qui fixe le calendrier interne, l'état de l'effectif et de l'horaire collectif accompagné des dispositions du Code du travail sur la durée du travail, la situation de travaux nº 6 qui arrête les quantités restantes, les moyens de levage et le conditionnement des matériaux, l'abaque interne de temps unitaires, d'équipe et de coûts, enfin les deux nouvelles tombées le même matin qui modifient les conditions de l'arbitrage.
« Opération Les Terrasses de Fabron — 2 bâtiments R+3, 28 logements collectifs, à Nice (Alpes-Maritimes). Maître d'ouvrage : office public de l'habitat. Marché public de travaux. Lot 02 — gros œuvre : 1 500 000 € HT.
Le marché se réfère expressément au CCAG Travaux. Achèvement contractuel du lot 02 : vendredi 24 septembre 2027. Point d'avancement de la présente situation : vendredi 2 juillet 2027. Reprise des travaux et premier jour ouvré décompté : lundi 5 juillet 2027. »
Stipulations du CCAG Travaux applicables au délai et aux pénalités :
| Article | Ce que le texte stipule |
|---|---|
| 1.1 | « Les stipulations du présent cahier des clauses administratives générales (CCAG) s'appliquent aux marchés qui s'y réfèrent expressément. » |
| 18.2.3 | « Dans le cas d'intempéries au sens des dispositions législatives ou réglementaires en vigueur, entraînant un arrêt de travail sur les chantiers, les délais d'exécution des travaux sont prolongés. Cette prolongation est notifiée au titulaire par un ordre de service qui en précise la durée. » |
| 19.1.1 | « Les samedis, les dimanches et les jours fériés ou chômés ne sont pas déduits pour le calcul des pénalités. » |
| 19.2.3 | « En cas de retard imputable au titulaire dans l'exécution des travaux […] il est appliqué une pénalité journalière de 1/3 000 du montant hors taxes de l'ensemble du marché, de la tranche considérée ou du bon de commande. » |
| 19.2.2 | « Le montant total des pénalités de retard appliquées au titulaire ne peut excéder 10 % du montant total hors taxes du marché, de la tranche considérée ou du bon de commande. » |
Origine : maîtrise d'ouvrage · acte d'engagement et CCAP du lot 02 · CCAG Travaux, arrêté du 30 mars 2021 modifié. Lignes retenues : l'article 19.2.3, qui donne l'assiette et le taux de la pénalité, et l'article 19.1.1, qui en fixe l'unité de décompte — les deux ne se lisent jamais l'un sans l'autre. L'article 18.2.3 est cité pour ce qu'il exclut ici : aucune intempérie n'a été constatée et aucun ordre de service de prolongation n'a été notifié.
« Fermeture estivale de l'entreprise : du lundi 2 août au vendredi 20 août 2027 inclus, soit exactement trois semaines civiles et quinze jours ouvrables. Cette fermeture est décidée par l'entreprise ; elle n'est pas négociable sur cette opération.
Jour férié tombant sur la période et perdu pour la production : mercredi 14 juillet 2027. Le 15 août 2027 tombe un dimanche et se situe de surcroît à l'intérieur de la fermeture : il est sans effet sur le décompte des jours ouvrés.
Il est rappelé aux conducteurs de travaux que la date d'achèvement contractuelle de chaque lot est tenue et que toute mesure de rattrapage doit être chiffrée, comparée à au moins une solution alternative, et soumise à la direction avant mise en œuvre. »
Origine : direction travaux · note de service interne du 2 juillet 2027. Lignes retenues : les quinze jours ouvrables de fermeture et le jour férié du 14 juillet, qui sont les deux seules amputations du calendrier ; et la mention explicite du 15 août, qui écarte un décompte trop rapide — un jour férié ne retire une journée de production que s'il tombe un jour autrement ouvré.
« Horaire collectif du chantier : 39 h par semaine, réparties sur 5 jours, en vigueur depuis janvier 2027 et jusqu'à la fin de l'opération.
Effectif productif en place au 2 juillet 2027, hors encadrement : 4 coffreurs-bancheurs, 2 ferrailleurs, 5 maçons, 4 manœuvres et 1 grutier, soit 16 ouvriers. Encadrement : 2 chefs d'équipe, l'un au pôle A, l'autre au pôle B. Les chefs d'équipe encadrent et organisent ; ils ne sont pas comptés dans les heures productives.
Heures supplémentaires déjà consommées : 118 h par salarié depuis le 1ᵉʳ janvier 2027, à imputer sur le contingent annuel.
L'entreprise n'est couverte par aucun accord collectif d'entreprise, d'établissement ou de branche portant sur les heures supplémentaires. »
Dispositions du Code du travail applicables à la durée du travail :
| Article | Ce que le texte dispose |
|---|---|
| L. 3121-1 | « La durée du travail effectif est le temps pendant lequel le salarié est à la disposition de l'employeur et se conforme à ses directives sans pouvoir vaquer librement à des occupations personnelles. » |
| L. 3121-16 | « Dès que le temps de travail quotidien atteint six heures, le salarié bénéficie d'un temps de pause d'une durée minimale de vingt minutes consécutives. » |
| L. 3121-18 | « La durée quotidienne de travail effectif par salarié ne peut excéder dix heures, sauf : 1° En cas de dérogation accordée par l'inspecteur du travail dans des conditions déterminées par décret ; 2° En cas d'urgence, dans des conditions déterminées par décret ; 3° Dans les cas prévus à l'article L. 3121-19. » |
| L. 3121-20 | « Au cours d'une même semaine, la durée maximale hebdomadaire de travail est de quarante-huit heures. » |
| L. 3121-22 | « La durée hebdomadaire de travail calculée sur une période quelconque de douze semaines consécutives ne peut dépasser quarante-quatre heures, sauf dans les cas prévus aux articles L. 3121-23 à L. 3121-25. » |
| L. 3121-27 | « La durée légale de travail effectif des salariés à temps complet est fixée à trente-cinq heures par semaine. » |
| L. 3121-30 | « Des heures supplémentaires peuvent être accomplies dans la limite d'un contingent annuel. Les heures effectuées au delà de ce contingent annuel ouvrent droit à une contrepartie obligatoire sous forme de repos. » ; « Les heures prises en compte pour le calcul du contingent annuel d'heures supplémentaires sont celles accomplies au delà de la durée légale. » |
| L. 3121-33 | « I.-Une convention ou un accord collectif d'entreprise ou d'établissement ou, à défaut, une convention ou un accord de branche : 1° Prévoit le ou les taux de majoration des heures supplémentaires accomplies au-delà de la durée légale ou de la durée considérée comme équivalente. Ce taux ne peut être inférieur à 10 % ; 2° Définit le contingent annuel prévu à l'article L. 3121-30 […] » |
| L. 3121-36 | « A défaut d'accord, les heures supplémentaires accomplies au-delà de la durée légale hebdomadaire fixée à l'article L. 3121-27 ou de la durée considérée comme équivalente donnent lieu à une majoration de salaire de 25 % pour chacune des huit premières heures supplémentaires. Les heures suivantes donnent lieu à une majoration de 50 %. » |
| D. 3121-24 | « A défaut d'accord prévu au I de l'article L. 3121-33, le contingent annuel d'heures supplémentaires est fixé à deux cent vingt heures par salarié. » |
| L. 3131-1 | « Tout salarié bénéficie d'un repos quotidien d'une durée minimale de onze heures consécutives, sauf dans les cas prévus aux articles L. 3131-2 et L. 3131-3 ou en cas d'urgence, dans des conditions déterminées par décret. » |
Origine : service du personnel · état nominatif au 02/07/2027 et registre du temps de travail · Code du travail, partie législative et partie réglementaire. Lignes retenues : l'absence d'accord collectif, qui est la condition d'application des articles L. 3121-36 et D. 3121-24 — sans elle, ni les taux de 25 % et 50 %, ni le contingent de 220 h ne seraient ceux du dossier ; et le couple L. 3121-20 / L. 3121-22, qui énonce deux limites de nature différente, l'une sur une semaine isolée, l'autre sur une moyenne.
« Quantités arrêtées contradictoirement avec la maîtrise d'œuvre au 2 juillet 2027, pour l'ensemble des deux bâtiments : »
| Ouvrage restant | Quantité et mode de métré |
|---|---|
| Coffrage de voiles banchés | 2 380 m² — surface coffrée développée, deux faces comptées |
| Coffrage de planchers | 2 120 m² — tables et étaiement, surface horizontale coffrée, trémies déduites |
| Coffrage de poteaux et poutres | 265 m² — surface coffrée développée |
| Armatures de voiles | 13,6 t — aciers façonnés livrés sur chantier, chutes incluses |
| Armatures de planchers | 18,4 t — idem |
| Armatures de poteaux et poutres | 3,2 t — idem |
| Maçonnerie de blocs creux ép. 20 cm | 2 060 m² — surface nette de murs, baies déduites |
| Maçonnerie de blocs creux ép. 10 cm | 520 m² — cloisons de distribution |
| Béton restant à mettre en œuvre | 512 m³, dont 168 m³ à la benne et 344 m³ à la pompe — répartition arrêtée par le mode opératoire au 02/07 |
Origine : chef de chantier et maîtrise d'œuvre · situation de travaux nº 6, attachement contradictoire du 02/07/2027. Lignes retenues : toutes, mais l'attention se porte sur la première — surface coffrée développée, deux faces comptées. Un voile banché se coffre des deux côtés : la surface que l'ouvrier manipule n'est pas la surface du mur, c'est le double. Le mode de métré fait partie de la donnée ; une quantité sans son mode de métré n'est pas exploitable.
« Une seule grue à tour dessert les deux bâtiments et l'aire de stockage. Portée moyenne d'utilisation : 38 m. Le cycle moyen complet d'un levage — élingage, levage, orientation, dépose, retour à vide — est relevé à 9,5 min à cette portée.
Benne à béton à manche : 0,50 m³, utilisée pour les 168 m³ non pompés ; les 344 m³ restants sont mis en œuvre à la pompe et ne sollicitent pas la grue.
Conditionnement des blocs : 10 blocs au mètre carré de mur, le bloc ayant des dimensions de pose de 50 × 20 cm, joints de 5 mm compris ; palette de 50 blocs pour l'épaisseur 20 cm, palette de 100 blocs pour l'épaisseur 10 cm.
Levages divers : les aciers montent par paquets de 1,6 t ; le relevé du chef de chantier ajoute 92 levages de matériel sur la période — étais, banches de rive, matériel de sécurité, bennes à gravats. »
Origine : chef de chantier · notice du constructeur de la grue et relevé de rotations · fiches produits du fournisseur de blocs. Lignes retenues : le cycle de 9,5 min à 38 m de portée — un cycle de grue n'a de sens qu'assorti de la portée à laquelle il a été mesuré — et les deux conditionnements de palette, qui ne se déduisent pas l'un de l'autre : une palette de blocs de 10 cm porte deux fois plus d'éléments qu'une palette de blocs de 20 cm.
Document d'entreprise. Aucun texte normatif ne fixe un temps unitaire de main d'œuvre : les valeurs ci-dessous sont issues du pointage des chantiers antérieurs de l'entreprise et n'ont d'autre autorité que celle de ce retour d'expérience. Elles s'emploient dans leur domaine d'observation, et nulle part ailleurs.
| Métier et ouvrage | Temps unitaire et domaine d'observation |
|---|---|
| Coffreur — voiles banchés | 0,35 h/m² — banches manuportées de 2,50 m, hauteur d'étage ≤ 2,70 m, ouvrage répétitif |
| Coffreur — planchers | 0,30 h/m² — coffrage par tables, trame régulière |
| Coffreur — poteaux et poutres | 0,55 h/m² — coffrages outils, sections courantes |
| Ferrailleur — armatures de voiles | 22 h/t — aciers façonnés en atelier, pose seule ; le façonnage sur chantier double ce temps |
| Ferrailleur — armatures de planchers | 26 h/t — treillis et aciers complémentaires, pose sur table |
| Ferrailleur — armatures de poteaux et poutres | 30 h/t — cages préassemblées, ligatures sur place |
| Maçon — blocs creux ép. 20 cm | 0,85 h/m² — pose à la truelle, mortier bâtard, ouvrage courant sans découpes complexes, approvisionnement à pied d'œuvre assuré |
| Maçon — blocs creux ép. 10 cm | 0,70 h/m² — mêmes conditions, cloisons de distribution |
Composition d'équipe. L'entreprise compose ses équipes de gros œuvre avec 1 manœuvre pour 3 compagnons. Il s'agit d'un usage de métier : aucun texte ne le fixe. Il vaut pour un gros œuvre approvisionné à la grue et tombe si l'approvisionnement passe au chariot télescopique. Le poste de grutier est imposé : une grue, un grutier, quel que soit le nombre d'équipes servies.
Coûts horaires de main d'œuvre, en coût complet, charges comprises, hors encadrement : ouvrier de l'entreprise, heure normale 34,50 €/h ; heure majorée à 25 % 43,125 €/h ; heure majorée à 50 % 51,75 €/h. Ouvrier intérimaire : 67,275 €/h, coefficient de facturation 1,95 appliqué à toutes les heures, majorations comprises.
Location de pompe à béton : 2 500 € pour 120 m³ basculés, soit deux demi-journées à 60 m³.
Origine : service méthodes de l'entreprise · abaque interne, révision de janvier 2027, établie sur le pointage des opérations antérieures. Lignes retenues : les huit temps unitaires avec leur domaine d'observation, le ratio de manœuvres et le poste de grutier. Deux points de lecture : un temps unitaire s'exprime en heures par unité d'ouvrage et non en heures forfaitaires ; et le ratio de manœuvres ne se déduit d'aucun métré, ce qui explique que le nombre de manœuvres se calcule après celui des compagnons, jamais avant.
Première nouvelle — l'agence d'intérim. « Nous ne pourrons pas mettre à votre disposition plus de 5 ouvriers avant le 19 juillet, et sur ces 5 ouvriers, 4 au plus seront des compagnons qualifiés — coffreur, ferrailleur ou maçon. Le cinquième sera un manœuvre. »
Seconde nouvelle — Météo-France. Les Alpes-Maritimes sont placées en vigilance orange canicule pour la semaine du 12 juillet.
Dispositions applicables aux épisodes de chaleur intense, issues du décret nº 2025-482 du 27 mai 2025 :
| Article | Ce que le texte dispose |
|---|---|
| R. 4463-1 | « Pour l'application du présent chapitre, l'épisode de chaleur intense est défini, dans des conditions déterminées par arrêté des ministres chargés du travail, de l'environnement et de l'agriculture, par référence à un dispositif développé par Météo-France pour signaler le niveau de danger de la chaleur. » |
| R. 4463-2 | « L'employeur évalue les risques liés à l'exposition des travailleurs à des épisodes de chaleur intense, en intérieur ou en extérieur. Lorsque l'évaluation identifie un risque d'atteinte à la santé ou à la sécurité des travailleurs, l'employeur définit les mesures ou les actions de prévention prévues au III de l'article L. 4121-3-1. » |
| R. 4463-3 | « La réduction des risques liés à l'exposition aux épisodes de chaleur intense prévue au second alinéa de l'article R. 4463-2 se fonde, notamment, sur : […] 3° L'adaptation de l'organisation du travail, et notamment des horaires de travail, afin de limiter la durée et l'intensité de l'exposition et de prévoir des périodes de repos ; […] 5° L'augmentation, autant qu'il est nécessaire, de l'eau potable fraîche mise à disposition des travailleurs ; […] » |
| R. 4463-4 | « En cas d'épisode de chaleur intense, une quantité d'eau potable fraîche suffisante est fournie par l'employeur. L'employeur prévoit un moyen pour maintenir au frais, tout au long de la journée de travail, l'eau destinée à la boisson, à proximité des postes de travail, notamment pour les postes de travail extérieurs. » |
| R. 4463-8 | « Le plan de prévention prévu à l'article R. 4512-6, le plan général de coordination prévu à l'article L. 4532-8, et le plan particulier de sécurité et de protection de la santé prévu à l'article L. 4532-9 tiennent compte, le cas échéant, des risques liés à l'exposition aux épisodes de chaleur intense. » |
| R. 4225-2 | « L'employeur met à disposition des travailleurs de l'eau potable et fraîche pour leur permettre de se désaltérer et de se rafraîchir. » |
| R. 4225-4 | « L'employeur détermine l'emplacement des postes de distribution des boissons, à proximité des postes de travail et dans un endroit remplissant toutes les conditions d'hygiène. » |
Origine : agence d'intérim, message du 2 juillet 2027 · bulletin de vigilance Météo-France · Code du travail, partie réglementaire, chapitre relatif aux épisodes de chaleur intense. Lignes retenues : le plafond de 4 compagnons qualifiés, qui est la véritable contrainte — le nombre total d'intérimaires importe moins que la qualification de ceux qu'on obtient — et l'article R. 4463-3, dont le 3° fonde l'aménagement de l'organisation du travail et la mise en place de périodes de repos sans en fixer la durée. De même, l'article R. 4463-4 impose une quantité d'eau « suffisante » et n'énonce aucun nombre de litres, et l'article R. 4463-1 renvoie le déclenchement au dispositif de Météo-France sans énoncer aucune température. Ce que ces textes exigent est une obligation de résultat sur la santé, pas un barème.
DÉLAI, MARCHÉ ET PLANNING CONTRACTUEL
| Symbole | Description | Valeur | Unité | Condition de validité |
|---|---|---|---|---|
| \( M \) | Montant du lot 02 — gros œuvre Pièce nº1 — acte d'engagement | 1 500 000 | € HT | Montant initial du marché ; il sert d'assiette aux pénalités de retard, celles-ci s'exprimant en fraction du montant hors taxes. La valeur ne vaut donc que tant que la masse des travaux n'est pas modifiée : un avenant déplacerait l'assiette, et avec elle la pénalité journalière. |
| — | Achèvement contractuel du lot 02 Pièce nº1 — planning contractuel | vendredi 24/09/2027 | date | Date du marché, et non du planning d'exécution interne. Toute prolongation suppose un ordre de service du maître d'ouvrage : l'article 18.2.3 du CCAG prolonge de droit les délais en cas d'intempéries, mais uniquement sur notification. Aucun ordre de service n'ayant été notifié, la date reste opposable telle quelle. |
| — | Point d'avancement de la situation Pièce nº1 — situation nº 6 | vendredi 02/07/2027 | date | Les quantités de la pièce nº4 sont arrêtées à cette date et à aucune autre. Une quantité restante n'est pas une donnée permanente : elle se périme chaque jour de production. Toute reprise de l'étude à une date ultérieure suppose un nouvel attachement contradictoire. |
| — | Reprise des travaux Pièce nº1 — planning contractuel | lundi 05/07/2027 | date | Premier jour ouvré décompté. Le samedi 3 et le dimanche 4 juillet ne sont pas des jours de production et n'entrent pas dans le décompte ; ils entreraient en revanche dans un décompte calendaire, qui ne sert pas au même usage. |
| — | Fermeture estivale de l'entreprise Pièce nº2 — note de service | 02/08 au 20/08/2027 | inclus | Exactement 3 semaines civiles, soit 15 jours ouvrables. Fermeture décidée par l'entreprise, non négociable sur cette opération : elle ne se discute donc pas comme un levier de rattrapage. Elle ne constitue pas non plus une cause de prolongation du délai contractuel, une décision d'organisation interne n'étant pas opposable au maître d'ouvrage. |
| — | Jour férié perdu pour la production Pièce nº2 — note de service | mercredi 14/07/2027 | — | Un jour férié ne retire une journée de production que s'il tombe un jour autrement ouvré. C'est le cas du 14/07/2027, un mercredi. Ce n'est pas le cas du 15/08/2027, qui tombe un dimanche et se situe de surcroît à l'intérieur de la fermeture : il est sans effet sur le décompte. La condition est donc double — jour de semaine et hors période de fermeture. |
| — | Référence du marché au CCAG Travaux Pièce nº1 — CCAP | référence expresse | — | Condition d'application de toutes les stipulations citées : le CCAG « s'applique aux marchés qui s'y réfèrent expressément » (art. 1.1). Sans cette référence dans les pièces du marché, ni la pénalité de 1/3 000, ni le plafond de 10 %, ni la règle de décompte calendaire ne seraient opposables. Le CCAP peut en outre y déroger : il faut donc l'avoir lu avant d'appliquer le CCAG. |
EFFECTIF EN PLACE, HORAIRE ET CADRE LÉGAL
| Symbole | Description | Valeur | Unité | Condition de validité |
|---|---|---|---|---|
| \( h_{\text{hebdo}} \) | Horaire collectif du chantier Pièce nº3 — état de l'effectif | 39 | h/semaine sur 5 jours | En vigueur depuis janvier 2027 et jusqu'à la fin de l'opération : la valeur couvre donc toute la période étudiée, ce qui n'irait pas de soi pour un horaire saisonnier. La répartition sur 5 jours fait partie de la donnée — le même horaire réparti sur 4 jours donnerait une tout autre journée. Au-delà de la durée légale de 35 h (L. 3121-27), les heures sont des heures supplémentaires. |
| \( N_{\text{place}} \) | Effectif productif en place Pièce nº3 — état nominatif au 02/07 | 16 | ouvriers | Effectif au 02/07/2027, hors encadrement : 4 coffreurs, 2 ferrailleurs, 5 maçons, 4 manœuvres, 1 grutier. Le total de 16 n'a d'usage que pour la paie ; pour la production, seule la ventilation compte, les qualifications n'étant pas interchangeables. |
| — | Encadrement du chantier Pièce nº3 — état nominatif au 02/07 | 2 | chefs d'équipe | Un chef d'équipe est présent aux pôles A et B, mais il n'est pas compté dans les heures productives : il encadre, organise et contrôle, il ne produit pas d'ouvrage mesurable au métré. L'inclure dans le crédit d'heures reviendrait à faire produire un ouvrage par quelqu'un qui n'y est pas affecté. Il compte en revanche dans l'effectif présent sur le chantier. |
| \( H_{\text{sup}} \) | Heures supplémentaires déjà consommées, par salarié Pièce nº3 — registre du temps de travail | 118 | h depuis le 1ᵉʳ janvier 2027 | Compteur annuel et individuel, à imputer sur le contingent : les heures supplémentaires de l'été s'ajoutent à celles déjà faites, elles ne repartent pas de zéro. La valeur suppose un décompte à l'année civile et un même salarié présent depuis janvier ; un nouvel embauché n'aurait pas ce solde. |
| — | Accord collectif sur les heures supplémentaires Pièce nº3 — situation conventionnelle | aucun | — | Condition décisive de tout le volet horaire. L'article L. 3121-33 confie d'abord à un accord d'entreprise ou de branche le soin de fixer les taux de majoration et le contingent annuel. En l'absence d'un tel accord — c'est le cas ici — ce sont les dispositions supplétives qui s'appliquent : les taux de 25 % et 50 % de l'article L. 3121-36 et le contingent de 220 h de l'article D. 3121-24. Un accord signé demain changerait ces deux valeurs. |
QUANTITÉS RESTANT À EXÉCUTER AU 02/07
| Symbole | Description | Valeur | Unité | Condition de validité |
|---|---|---|---|---|
| \( Q_{\text{voiles}} \) | Coffrage de voiles banchés Pièce nº4 — situation nº 6 | 2 380 | m² | Surface coffrée développée, deux faces comptées — c'est la surface que l'ouvrier manipule, et non la surface de voile. Un voile se coffre des deux côtés : lire cette quantité comme une surface de mur diviserait le travail par deux. Le temps unitaire des coffreurs est établi sur la même convention ; changer l'une sans l'autre fausse tout. |
| \( Q_{\text{planchers}} \) | Coffrage de planchers, tables et étaiement Pièce nº4 — situation nº 6 | 2 120 | m² | Surface horizontale coffrée, trémies déduites : les réservations de gaines et de cages d'escalier ne se coffrent pas en fond, elles se bordent. La convention vaut pour un coffrage par tables ; un coffrage traditionnel poutrelles-poteaux relèverait d'un autre temps unitaire. |
| \( Q_{\text{pp}} \) | Coffrage de poteaux et poutres Pièce nº4 — situation nº 6 | 265 | m² | Surface coffrée développée : pour un poteau, c'est le périmètre multiplié par la hauteur, et non une section. La quantité est faible mais son temps unitaire est le plus élevé des trois — un ouvrage peu volumineux peut peser lourd en heures. |
| \( Q_{\text{av}} \) | Armatures de voiles Pièce nº4 — situation nº 6 | 13,6 | t | Aciers façonnés livrés sur chantier, chutes incluses. La masse retenue est celle qui est livrée et donc manutentionnée, non la masse théorique du plan de ferraillage. Le temps unitaire associé ne couvre que la pose : il suppose que le façonnage a été fait en atelier. |
| \( Q_{\text{ap}} \) | Armatures de planchers Pièce nº4 — situation nº 6 | 18,4 | t | Même convention de métré : aciers façonnés livrés, chutes incluses. Il s'agit ici de treillis soudés et d'aciers complémentaires posés sur table, ce qui explique un temps unitaire supérieur à celui des voiles : la pose se fait à plat, en déplacement permanent sur la surface. |
| \( Q_{\text{app}} \) | Armatures de poteaux et poutres Pièce nº4 — situation nº 6 | 3,2 | t | Même convention. Ces aciers arrivent en cages préassemblées et se ligaturent sur place : le temps unitaire est le plus élevé des trois postes de ferraillage, la masse par élément étant faible et le nombre de ligatures élevé. |
| \( Q_{\text{20}} \) | Maçonnerie de blocs creux ép. 20 cm Pièce nº4 — situation nº 6 | 2 060 | m² | Surface nette de murs, baies déduites : on ne monte pas de blocs dans une ouverture. La même surface sert deux fois et à deux titres — elle donne les heures de maçon et, par le nombre de blocs au mètre carré, le nombre de palettes que la grue devra monter. |
| \( Q_{\text{10}} \) | Maçonnerie de blocs creux ép. 10 cm Pièce nº4 — situation nº 6 | 520 | m² | Cloisons de distribution, métrées de la même manière, baies déduites. L'épaisseur change trois choses à la fois : le temps unitaire, le nombre de blocs par palette et donc le nombre de levages. Une seule des trois est visible dans la quantité. |
| \( V_{\text{béton}} \) | Béton restant à mettre en œuvre Pièce nº4 — situation nº 6 | 512, dont 168 à la benne | m³ | Répartition arrêtée par le mode opératoire au 02/07 : 168 m³ à la benne, 344 m³ à la pompe. Elle n'est pas une donnée physique mais une décision d'organisation, et c'est ce qui la rend révisable — seuls les mètres cubes montés à la benne sollicitent la grue, ceux qui passent à la pompe ne la sollicitent pas du tout. |
ABAQUE INTERNE — TEMPS UNITAIRES, ÉQUIPE ET COÛTS
| Symbole | Description | Valeur | Unité | Condition de validité |
|---|---|---|---|---|
| \( t_{\text{u,voiles}} \) | Temps unitaire du coffreur en voiles banchés Pièce nº6 — abaque interne d'entreprise | 0,35 | h/m² | Valeur d'entreprise, issue du pointage : aucun texte normatif ne fixe un temps unitaire de main d'œuvre. Domaine d'observation : banches manuportées de 2,50 m, hauteur d'étage ≤ 2,70 m, ouvrage répétitif. Elle tombe pour des banches de grande hauteur, pour un ouvrage à géométrie variable, ou si la répétitivité disparaît. |
| \( t_{\text{u,planchers}} \) | Temps unitaire du coffreur en planchers Pièce nº6 — abaque interne d'entreprise | 0,30 | h/m² | Valeur d'entreprise, non normative. Domaine d'observation : coffrage par tables, trame régulière. Le coffrage par tables suppose des travées identiques que l'on déplace d'un étage à l'autre ; une trame irrégulière rendrait la valeur inapplicable. |
| \( t_{\text{u,pp}} \) | Temps unitaire du coffreur en poteaux et poutres Pièce nº6 — abaque interne d'entreprise | 0,55 | h/m² | Valeur d'entreprise, non normative. Domaine d'observation : coffrages outils, sections courantes. C'est le temps unitaire le plus élevé des trois postes de coffrage, la surface développée par élément étant faible et le nombre de calages, réglages et vérifications d'aplomb élevé. |
| \( t_{\text{u,av}} \) | Temps unitaire du ferrailleur en armatures de voiles Pièce nº6 — abaque interne d'entreprise | 22 | h/t | Valeur d'entreprise, non normative. Domaine d'observation : aciers façonnés en atelier, pose seule. Condition explicite et lourde de conséquences : le façonnage sur chantier double ce temps. L'unité est un temps par tonne, non un forfait — la confusion des deux est l'erreur la plus grossière que permette cette ligne. |
| \( t_{\text{u,ap}} \) | Temps unitaire du ferrailleur en armatures de planchers Pièce nº6 — abaque interne d'entreprise | 26 | h/t | Valeur d'entreprise, non normative. Domaine d'observation : treillis et aciers complémentaires, pose sur table. La pose au sol d'un plancher mobilise plus d'heures par tonne que celle d'un voile : la masse se répartit sur une grande surface et l'ouvrier passe son temps à se déplacer. |
| \( t_{\text{u,app}} \) | Temps unitaire du ferrailleur en poteaux et poutres Pièce nº6 — abaque interne d'entreprise | 30 | h/t | Valeur d'entreprise, non normative. Domaine d'observation : cages préassemblées, ligatures sur place. Le préassemblage est une condition, non une facilité : sans lui, l'assemblage des cadres se ferait au poste et le temps serait tout autre. |
| \( t_{\text{u,20}} \) | Temps unitaire du maçon en blocs de 20 cm Pièce nº6 — abaque interne d'entreprise | 0,85 | h/m² | Valeur d'entreprise, non normative. Domaine d'observation : pose à la truelle, mortier bâtard, ouvrage courant sans découpes complexes, approvisionnement à pied d'œuvre assuré. La dernière condition est celle qu'on oublie : ce temps ne comprend pas l'approvisionnement, il suppose qu'il est fait par d'autres. C'est précisément le rôle des manœuvres. |
| \( t_{\text{u,10}} \) | Temps unitaire du maçon en blocs de 10 cm Pièce nº6 — abaque interne d'entreprise | 0,70 | h/m² | Valeur d'entreprise, non normative. Mêmes conditions que la ligne précédente, appliquées aux cloisons de distribution. Le bloc de 10 cm est plus léger et se pose plus vite au mètre carré ; l'écart de temps unitaire entre les deux épaisseurs est une donnée d'observation, pas une règle de proportionnalité à l'épaisseur. |
| \( r_{\text{man}} \) | Ratio de manœuvres dans l'équipe Pièce nº6 — composition d'équipe | 1 pour 3 | manœuvre / compagnons | Usage de métier : aucun texte ne le fixe. Il vaut pour un gros œuvre approvisionné à la grue et tombe si l'approvisionnement passe au chariot télescopique, qui déplace la charge de manutention vers un conducteur d'engin. Le ratio ne s'applique qu'aux compagnons : le grutier, qui ne consomme pas d'approvisionnement au sol, n'entre pas dans son assiette. |
| — | Poste de grutier Pièce nº6 — composition d'équipe | 1 | poste imposé | Une grue, un grutier, quel que soit le nombre d'équipes servies : le poste ne se calcule pas par un temps unitaire, il est attaché à la machine. C'est un effectif de moyen et non un effectif d'ouvrage — il ne varie ni avec les quantités, ni avec le nombre de compagnons. |
| \( c_{\text{n}} \) | Coût horaire d'un ouvrier de l'entreprise, heure normale Pièce nº6 — barème de coûts | 34,50 | €/h | Coût complet, charges comprises, hors encadrement. Ce n'est pas un salaire mais un coût pour l'entreprise ; il ne se compare donc pas à un taux horaire brut. L'encadrement en est exclu et se traite à part, ce qui est cohérent avec son exclusion des heures productives. |
| \( c_{\text{25}} \) | Coût horaire d'une heure majorée à 25 % Pièce nº6 — barème de coûts | 43,125 | €/h | 34,50 × 1,25 — valeur exacte, qui ne s'arrondit pas avant le total. Le taux de 25 % est le taux supplétif de l'article L. 3121-36, applicable à défaut d'accord collectif et limité aux huit premières heures supplémentaires de la semaine. Un accord d'entreprise ou de branche pourrait retenir un autre taux, sans pouvoir descendre sous 10 % (L. 3121-33). |
| \( c_{\text{50}} \) | Coût horaire d'une heure majorée à 50 % Pièce nº6 — barème de coûts | 51,75 | €/h | 34,50 × 1,50. Taux supplétif du même article, applicable aux heures supplémentaires au-delà de la huitième de la semaine. La bascule d'un taux à l'autre se fait semaine par semaine et non sur un cumul de période : un même volume d'heures réparti autrement ne coûte pas la même somme. |
| \( c_{\text{int}} \) | Coût horaire d'un ouvrier intérimaire Pièce nº6 — barème de coûts | 67,275 | €/h | Valeur exacte, qui ne s'arrondit pas avant le total. Coefficient de facturation 1,95 appliqué à toutes les heures, majorations comprises. La condition est essentielle : l'agence facture un taux unique, si bien qu'une heure supplémentaire d'intérimaire ne coûte pas plus cher qu'une heure normale d'intérimaire — alors qu'elle coûte plus cher pour un salarié de l'entreprise. Les deux barèmes ne se comparent donc pas heure à heure. |
| — | Location de pompe à béton Pièce nº6 — barème de coûts | 2 500 | € pour 120 m³ | Prestation forfaitaire correspondant à deux demi-journées à 60 m³. Le prix est attaché à un volume basculé, non à une durée de location : il ne se proratise pas au mètre cube isolé. C'est le seul poste du dossier qui permet de retirer des levages à la grue sans toucher à l'effectif. |
MOYENS DE LEVAGE ET TERMES AJOUTÉS AUX DONNÉES
| Symbole | Description | Valeur | Unité | Condition de validité |
|---|---|---|---|---|
| — | Grue à tour desservant l'opération Pièce nº5 — moyens de levage | 1 | appareil, portée 38 m | Une seule grue dessert les deux bâtiments : c'est une ressource partagée et non duplicable par l'embauche. La portée moyenne d'utilisation de 38 m est la condition qui donne son sens au cycle : une portée plus courte raccourcirait l'orientation et le retour à vide, une portée plus longue les allongerait. |
| \( c \) | Cycle moyen complet d'un levage Pièce nº5 — relevé de rotations | 9,5 | min | Cycle complet : élingage, levage, orientation, dépose et retour à vide, mesuré à la portée moyenne de 38 m. Un cycle qui omettrait le retour à vide compterait un demi-trajet et surestimerait la capacité de la grue. La valeur est une moyenne : elle lisse des charges de natures très différentes, de la palette au paquet d'aciers. |
| \( V_{\text{benne}} \) | Capacité de la benne à béton Pièce nº5 — moyens de levage | 0,50 | m³ | Benne à manche, utilisée pour les seuls mètres cubes non pompés. Elle ne concerne donc pas les 344 m³ mis en œuvre à la pompe. Une benne de plus grande capacité réduirait le nombre de levages sans changer le volume, mais supposerait une charge admissible compatible avec la portée de travail. |
| \( n_{\text{blocs}} \) | Nombre de blocs par mètre carré de mur Pièce nº5 — fiche produit | 10 | blocs/m² | Valeur attachée à des dimensions de pose de 50 × 20 cm, joints de 5 mm compris : ce sont les dimensions posées, joint inclus, et non les dimensions nominales du bloc. Un autre format de bloc ou un joint d'épaisseur différente changerait ce nombre, et avec lui le nombre de palettes à monter. |
| \( n_{\text{pal,20}} \) | Nombre de blocs par palette, ép. 20 cm Pièce nº5 — conditionnement fournisseur | 50 | blocs/palette | Conditionnement commercial du fournisseur, sans valeur normative : il change avec le fournisseur et avec le format. C'est lui, et non la quantité de mur, qui fixe le nombre de crochets à consacrer à la maçonnerie. |
| \( n_{\text{pal,10}} \) | Nombre de blocs par palette, ép. 10 cm Pièce nº5 — conditionnement fournisseur | 100 | blocs/palette | Même nature de donnée, valeur double de la précédente : le bloc de 10 cm étant moins lourd, il en tient deux fois plus par palette à charge comparable. Utiliser un conditionnement unique pour les deux épaisseurs multiplierait le nombre de levages de cloisons par deux. |
| — | Levages d'aciers et de matériel Pièce nº5 — relevé du chef de chantier | paquets de 1,6 t + 92 | levages | Les aciers montent par paquets de 1,6 t — un paquet entamé occupe un crochet entier, l'arrondi se fait donc par excès. Les 92 levages de matériel sont un relevé de terrain couvrant étais, banches de rive, matériel de sécurité et bennes à gravats : c'est un forfait d'observation, indépendant des quantités d'ouvrage. |
| \( t_{\text{pause}} \) | Pause supplémentaire de récupération liée à la chaleur Ajoutée aux données — absente du dossier initial | 30 | min/jour/ouvrier | Terme ajouté. Le texte impose de prévoir des périodes de repos au titre de l'adaptation de l'organisation du travail (R. 4463-3, 3°), mais il n'en fixe pas la durée : celle-ci est arrêtée par l'entreprise au titre de son évaluation des risques. La valeur tombe si l'horaire décalé suffit à éviter les heures les plus chaudes. Cette pause se prend sur le chantier, le salarié restant à la disposition de l'employeur : elle demeure du temps de travail effectif au sens de l'article L. 3121-1, et elle est payée. Ce qu'elle retire, c'est du temps disponible à la production, pas du temps de travail. Elle est enfin distincte de la pause de vingt minutes de l'article L. 3121-16, déjà comprise dans l'horaire collectif — les deux ne se comptent pas deux fois. |
| \( a \) | Abattement de rendement en ambiance chaude Ajouté aux données — absent du dossier initial | 10 | % | Terme ajouté : retour d'expérience de l'entreprise sur ses chantiers d'été en climat méditerranéen. Aucun texte ne chiffre une perte de rendement — c'est une donnée de production, en aucun cas une prescription réglementaire. Elle tombe si les travaux passent à l'ombre portée. Elle s'applique au temps disponible à la production, c'est-à-dire au temps de travail effectif diminué de la pause de récupération, et non à la durée de travail effectif elle-même : ce sont deux assiettes différentes, et les intervertir change le résultat. |
| \( k_{\text{u}} \) | Coefficient d'utilisation de la grue Ajouté aux données — absent du dossier initial | 0,70 | — | Terme ajouté : une grue n'enchaîne pas des cycles sans interruption. Le coefficient couvre les attentes, l'élingage au sol, les déplacements à vide et les vérifications. Il tombe avec un dispositif d'anticollision automatisé, qui supprime une partie des attentes. Appliqué à la durée d'ouverture de la grue, il ne se confond pas avec l'abattement de rendement des hommes, qui n'a ni la même cause ni la même assiette. |
| \( n_{\text{banches}} \) | Manutentions de banche par coffreur et par jour Ajoutée aux données — absente du dossier initial | 2,5 | manutentions/jour | Terme ajouté : cadence observée sur banches manuportées de 2,50 m, cohérente avec le domaine d'observation du temps unitaire des voiles. Elle tombe si les banches sont assemblées en trains, un train se déplaçant d'un seul levage quel que soit son développé. La donnée relie l'effectif de coffreurs au besoin de levage : c'est par elle que le pôle A pèse sur le pôle C. |
Ce que le dossier ne dit pas
- La durée de la pause de récupération liée à la chaleur n'est fixée par aucun texte : l'article R. 4463-3 impose de prévoir des périodes de repos sans en énoncer la durée. Les 30 minutes par jour et par ouvrier retenues sont une décision d'entreprise, prise au titre de son évaluation des risques, et elles doivent être écrites comme telles dans la note.
- Aucune perte de rendement en ambiance chaude n'est chiffrée par un texte. L'abattement de 10 % retenu vient du retour d'expérience de l'entreprise sur ses chantiers d'été ; il s'applique au temps disponible à la production — le travail effectif diminué de la pause de récupération — et l'oublier reviendrait à faire produire en juillet autant qu'en mars.
- Le coefficient d'utilisation de la grue n'apparaît nulle part. Retenir 0,70 revient à admettre que trois dixièmes de l'ouverture de la machine sont absorbés par les attentes, l'élingage au sol et les déplacements à vide. Sans ce terme, on supposerait une grue qui enchaîne ses cycles sans jamais s'arrêter.
- La cadence de manutention des banches — 2,5 manutentions par coffreur et par jour — n'est pas au dossier, alors qu'elle est la seule donnée qui relie l'effectif du pôle A au besoin de levage du pôle C. Sans elle, on dimensionnerait des équipes de coffreurs sans jamais savoir si la grue peut les suivre.
- Le ratio de composition d'équipe — 1 manœuvre pour 3 compagnons — est un usage de métier qu'aucun texte ne fixe. C'est pourtant lui, et non un métré, qui commande le nombre de manœuvres : les manœuvres n'exécutent aucun ouvrage inscrit à la situation de travaux, ils servent ceux qui l'exécutent.
- Le dossier ne dit pas quelle part du béton peut être basculée de la benne vers la pompe. La pièce nº6 chiffre une prestation de 2 500 € pour 120 m³ basculés, mais c'est au conducteur de travaux de dire si ce transfert est opportun — et il ne le saura qu'après avoir mesuré la charge du pôle C.
Ce que coûte une erreur
- Se tromper d'unité de décompte pour la pénalité. Le CCAG fixe une pénalité journalière de 1/3 000 du montant hors taxes, soit 500,00 € par jour sur ce lot, et son article 19.1.1 précise que « les samedis, les dimanches et les jours fériés ou chômés ne sont pas déduits ». La pénalité court donc en jours calendaires, quand le retard de production se constate en jours ouvrés. Appliquer le décompte du planning à la sanction du marché sous-estime celle-ci de 5 000,00 € sur le retard prévisible, qui se chiffre lui-même à 16 500,00 € — loin du plafond contractuel de 150 000 €, ce qui signifie que la pénalité n'est en rien un garde-fou : elle laisse la sanction courir bien au-delà de ce que l'opération peut absorber.
- Arbitrer à l'estime plutôt qu'au chiffre. Les deux stratégies de rattrapage réellement chiffrables — renforcer l'effectif à horaire inchangé, ou relever l'horaire avec un renfort réduit — n'aboutissent pas au même coût : l'écart se monte à 46 615,02 €, soit 11,53 % de la dépense. C'est une somme que l'on gagne ou que l'on perd en une réunion, sans qu'aucun ouvrier ne travaille ni plus vite ni moins vite.
- Ouvrir le robinet des heures supplémentaires sans regarder le compteur. Chaque salarié a déjà consommé 118 h depuis le 1ᵉʳ janvier, et le contingent annuel applicable à défaut d'accord est de 220 h (D. 3121-24). Le solde disponible est le vrai plafond du rattrapage, et il se décompte semaine par semaine au-delà de la durée légale de 35 h — une semaine écourtée par un jour férié n'en produit presque pas, une semaine de fermeture n'en produit aucune. Un dépassement, même d'une poignée d'heures, fait basculer le plan hors du cadre légal.
4. Ce qui doit sortir de votre bureau
Les cinq feuillets suivent l'ordre dans lequel un effectif se construit. On établit d'abord le travail qui reste, exprimé en heures et rangé par qualification. On mesure ensuite ce qu'un ouvrier produit réellement dans une journée d'été et dans une période amputée de ses jours fériés et de sa fermeture. On confronte alors le travail à la capacité pour dire de combien on est en retard et ce que ce retard coûte au marché. On en déduit l'effectif nécessaire par métier, les manœuvres qui vont avec, et l'on vérifie que la grue peut servir cet effectif. On termine par l'arbitrage : entre le renfort, l'allongement de l'horaire et la bascule d'une partie du béton à la pompe, il faut choisir — dans les bornes que le Code du travail impose et au coût le plus faible.
Question 1 : Le crédit d'heures restant, métier par métier
Les feuillets 3 et 4 · base de tout le dimensionnement · le 05/07
Ce que vous rendez : trois totaux d'heures, délibérément non fusionnés.
Sur quoi s'appuyer
Une heure de coffreur ne remplace pas une heure de ferrailleur. Que vaut alors un total qui mélange les trois ?
La piste que donnerait votre chef de projet
Prenez un seul poste à la fois : une quantité multipliée par un temps unitaire donne des heures. Faites-le neuf fois, puis rangez.
Question 2 : Les heures réellement productives par ouvrier
Les feuillets 3, 4 et 5 · base de la capacité de production · le 05/07
Ce que vous rendez : ce qu'un ouvrier produit en une journée, et ce qu'il produira d'ici au 24 septembre.
Sur quoi s'appuyer
Entre l'heure que l'on paie et l'heure qui produit de l'ouvrage, deux prélèvements s'intercalent — et ils ne portent pas sur la même assiette.
La piste que donnerait votre chef de projet
La pause se retire de la durée de travail effectif et donne le temps disponible à la production ; l'abattement s'applique ensuite à ce qui reste. Et pour les jours : comptez tous les lundis-vendredis, puis retirez ce qui ne se travaille pas.
Question 3 : Le retard chiffré, et ce qu'il coûte
La direction travaux · constat de retard à notifier · le 05/07
Ce que vous rendez : le retard en jours, la date de fin prévisible et le montant de pénalité encouru.
Sur quoi s'appuyer
Le métier qui décroche n'est pas celui qui a le plus d'heures : c'est celui qui a le plus d'heures par ouvrier disponible.
La piste que donnerait votre chef de projet
Deux compteurs tournent en parallèle : celui du planning et celui du marché. Relisez l'article 19.1.1 avant de convertir l'un dans l'autre.
Question 4 : L'effectif nécessaire, et le pôle qui commande le délai
Le service matériel et le feuillet 5 · besoin en hommes et en levage · le 06/07
Ce que vous rendez : l'effectif par corps de métier, le renfort correspondant, et le taux de sollicitation de la grue.
Sur quoi s'appuyer
Un effectif est un nombre entier d'hommes. Dans quel sens arrondit-on quand il en manque un dixième ?
La piste que donnerait votre chef de projet
Les compagnons ne sont jamais seuls : comptez qui les approvisionne. Puis comptez ce que le crochet peut monter dans une journée.
Question 5 : L'arbitrage du conducteur de travaux
La direction travaux · décision à prendre avant l'embauche · le 06/07
Ce que vous rendez : la décision — effectif, horaire, mode d'approvisionnement du béton — avec son coût et sa démonstration de licéité.
Sur quoi s'appuyer
Trois leviers seulement : l'effectif, l'horaire, le mode d'approvisionnement du béton. Deux d'entre eux sont bornés par un texte, le troisième par une facture.
La piste que donnerait votre chef de projet
Quarante-quatre heures n'est pas un plafond de semaine. Relisez L. 3121-20 et L. 3121-22 : ils ne parlent pas de la même grandeur.
Calcul du Nombre d'Ouvriers sur un Chantier
Objet : convertir en heures de main d'œuvre les quantités d'ouvrage restant à exécuter au 02/07/2027, poste par poste, puis établir le crédit d'heures de chacun des trois métiers de production — coffreurs-bancheurs, ferrailleurs, maçons — en tenant les trois comptes séparés.
- Coffrage restant : 2 380 m² de voiles banchés, 2 120 m² de planchers, 265 m² de poteaux et poutres — pièce nº4, quantités arrêtées au 02/07/2027
- Armatures restantes : 13,6 t en voiles, 18,4 t en planchers, 3,2 t en poteaux et poutres — pièce nº4
- Maçonnerie restante : 2 060 m² de blocs de 20 cm, 520 m² de blocs de 10 cm — pièce nº4
- Temps unitaires du coffreur : 0,35 / 0,30 / 0,55 h/m² — pièce nº6, abaque interne d'entreprise
- Temps unitaires du ferrailleur : 22 / 26 / 30 h/t, aciers façonnés en atelier — pièce nº6
- Temps unitaires du maçon : 0,85 et 0,70 h/m² — pièce nº6
Voir le résultat seul (auto-évaluation)
Un planning ne se pilote pas avec des mètres carrés : il se pilote avec des heures. Le passage de l'un à l'autre se fait par un temps unitaire, c'est-à-dire le nombre d'heures de main d'œuvre que demande une unité d'ouvrage — un mètre carré coffré, une tonne d'acier posée, un mètre carré de mur monté. Multiplier une quantité par son temps unitaire donne des heures, et l'homogénéité des unités le confirme d'elle-même : des mètres carrés multipliés par des heures par mètre carré laissent des heures, des tonnes multipliées par des heures par tonne aussi. C'est la seule opération de ce feuillet, et elle est répétée autant de fois qu'il y a de postes d'ouvrage.
La difficulté n'est donc pas dans le calcul, elle est dans le choix du temps unitaire. Il n'en existe pas un par chantier, ni même un par métier : il en existe un par couple métier–ouvrage. Le même coffreur-bancheur vaut 0,35 h/m² sur un voile banché, 0,30 h/m² sur un plancher coffré par tables et 0,55 h/m² sur un poteau ou une poutre. L'écart n'a rien d'arbitraire : il mesure la répétitivité de l'ouvrage et l'outillage qu'on peut y engager. Une banche de 2,50 m que l'on décoffre, nettoie, décale et recale à l'identique d'un voile à l'autre produit vite ; un coffrage de poutre isolée, avec sa découpe, ses about et ses étais particuliers, produit lentement — d'où un temps unitaire près de deux fois plus élevé.
Reste le vrai piège du feuillet, et il est de méthode et non de calcul : la tentation d'additionner. Rien n'empêche arithmétiquement de faire la somme des heures de coffrage, de ferraillage et de maçonnerie ; le chiffre obtenu existe et il a même un usage. Mais il ne dimensionne aucune équipe, parce qu'une heure de coffreur et une heure de maçon ne sont pas la même marchandise : elles ne s'échangent pas. Tenir trois comptes séparés n'est pas une précaution de comptable, c'est la condition pour que la suite du dossier — capacité de production, retard, effectif — dise quelque chose de vrai.
Une fois les trois crédits établis, faut-il les additionner en un total unique ?
- Oui : un chantier consomme des heures, et c'est le total qui compte.
- Non : chaque qualification a son compte, le total n'a aucun sens.
- Oui pour le budget, non pour l'effectif : le total a un sens comptable, pas un sens de production.
Ce qu'a retenu le bureau, et pourquoi
L'option 3. Le total des trois crédits vaut 4 603,35 h, et ce nombre n'est pas faux : multiplié par un coût horaire, il donne une masse salariale prévisionnelle, et c'est sous cette forme qu'il figure dans un budget d'opération. Une heure de coffreur et une heure de maçon coûtent le même prix à l'entreprise — l'abaque de la pièce nº6 retient 34,50 €/h pour tout ouvrier de production —, donc l'addition est légitime dès lors qu'on additionne des euros. Elle cesse de l'être dès qu'on prétend en tirer un nombre d'hommes.
L'option 1 est le raccourci le plus fréquent, et le plus coûteux. Diviser 4 603,35 h par la capacité de l'ensemble des ouvriers en place revient à supposer qu'un maçon peut aller ferrailler quand le ferraillage prend du retard. Sur le papier, la moyenne tient ; sur le chantier, le pôle le plus chargé décroche seul et entraîne tout le reste, parce que rien ne vient l'aider. Une moyenne cache toujours son extrême, et c'est précisément l'extrême qui fixe une date d'achèvement.
L'option 2 est trop rigide et se trompe de motif. Le total n'est pas dépourvu de sens : il en a un, comptable, parfaitement défini. Ce qu'il faut savoir, c'est à quelle question chaque chiffre répond. Aux questions « combien cela coûte-t-il ? » et « quelle masse d'heures faut-il financer ? », le total répond. Aux questions « combien d'hommes ? » et « quel métier tiendra la date ? », seuls les trois crédits séparés répondent. Un même calcul, deux usages, et une règle simple : on ne fusionne jamais des heures que l'on ne peut pas échanger.
Quatre notions séparent un métré d'un effectif.
- Les quantités retenues sont celles qui restent à exécuter au 02/07/2027. la situation de travaux nº 6 arrête les quantités à cette date et ne porte que le solde → le crédit d'heures calculé est un crédit restant, non un crédit d'origine. Le contrôle est le rapprochement de la situation et de l'attachement du mois. L'hypothèse tombe si des travaux ont avancé entre l'arrêté et la reprise du 05/07 : le crédit serait alors surestimé, et il faudrait reprendre la situation à la date de reprise. garantie par la pièce nº4, situation de travaux nº 6
- Les surfaces de coffrage sont des surfaces développées, deux faces comptées pour les voiles. un voile banché se coffre des deux côtés, et c'est cette surface-là que l'ouvrier manipule → les 2 380 m² sont la surface coffrée, non la surface de voile. Le contrôle est immédiat : le rapport de la surface coffrée à la surface de voile doit valoir deux, jamais un. C'est la réserve la plus lourde du feuillet, car l'erreur ne se voit pas dans le résultat — elle donne un nombre d'heures parfaitement vraisemblable, simplement faux d'un quart. garantie par la pièce nº4, mode de métré des surfaces coffrées
- Les aciers sont livrés façonnés en atelier et posés seuls sur le chantier. les temps de 22, 26 et 30 h/t de l'abaque couvrent la pose seule → le façonnage, le coupage et le pliage n'y figurent pas. Le contrôle est la lecture du bon de livraison : des aciers en barres droites et en couronnes signalent un façonnage sur chantier. Le domaine est explicite dans l'abaque, qui indique que le façonnage sur chantier double ce temps — l'hypothèse n'est donc pas de confort, elle pèse le simple au double sur le crédit du ferrailleur. garantie par la pièce nº4, aciers façonnés livrés sur chantier
- Les ouvrages restants entrent dans les conditions d'emploi de l'abaque. les voiles sont banchés à l'aide de banches manuportées de 2,50 m sur une hauteur d'étage au plus égale à 2,70 m, les planchers sont coffrés par tables sur trame régulière, et la maçonnerie est un ouvrage courant sans découpe complexe approvisionné à pied d'œuvre → les temps unitaires de la pièce nº6 s'appliquent tels quels. Le contrôle est la lecture des plans de coffrage et du plan d'installation de chantier. L'hypothèse tomberait devant une trame irrégulière, une hauteur d'étage supérieure ou une maçonnerie de rive fortement découpée : les temps devraient alors être majorés, et l'abaque ne dit pas de combien. garantie par la pièce nº6, conditions d'emploi de l'abaque
Domaine d'emploi : ces trois crédits valent pour les seules quantités de gros œuvre restant à exécuter au 02/07/2027, dans les conditions d'ouvrage décrites par l'abaque interne. Ils ne couvrent ni les heures d'encadrement, ni les heures de manœuvre, ni les heures de conduite de grue, qui relèvent d'une autre logique de dimensionnement. Ils ne couvrent pas davantage les reprises, les finitions de parement ou les travaux modificatifs qui ne figurent pas à la situation nº 6. Enfin, ils supposent le travail exécuté en journée continue dans des conditions normales : toute perte de rendement liée à l'ambiance de travail se traite au stade de la capacité de production, non au stade du crédit d'heures.
D'où elle découle : de la définition même du temps unitaire — un nombre d'heures d'ouvrier par unité d'ouvrage. Si une unité demande un certain nombre d'heures, alors une quantité d'unités en demande autant de fois plus, ce qui est une simple proportionnalité.
- \( H \) : crédit d'heures de main d'œuvre du poste, en h
- \( Q \) : quantité d'ouvrage restant à exécuter, en m² ou en t
- \( t_{\text{u}} \) : temps unitaire du couple métier–ouvrage, en h/m² ou en h/t
D'où elle découle : de l'additivité des heures à qualification constante. Les heures d'un même métier sont interchangeables entre ses propres postes — le coffreur qui a fini les voiles va aux planchers —, elles peuvent donc être sommées ; celles de métiers différents ne le peuvent pas, et la somme s'arrête à la frontière du métier.
- \( H_{\text{métier}} \) : crédit d'heures du métier considéré, en h
- \( Q_i \) : quantité restante du poste \( i \) de ce métier
- \( t_{\text{u},i} \) : temps unitaire propre au poste \( i \) de ce métier
- \( i \) : indice courant des postes du seul métier considéré
Application numérique
- Coffrage : \( 2\,380 \text{ m}^2 \) de voiles, \( 2\,120 \text{ m}^2 \) de planchers, \( 265 \text{ m}^2 \) de poteaux et poutres pièce nº4 — surfaces coffrées développées
- Armatures : \( 13{,}6 \text{ t} \), \( 18{,}4 \text{ t} \), \( 3{,}2 \text{ t} \) pièce nº4 — aciers façonnés, chutes incluses
- Maçonnerie : \( 2\,060 \text{ m}^2 \) en 20 cm, \( 520 \text{ m}^2 \) en 10 cm pièce nº4 — surfaces nettes, baies déduites
- Coffreur : \( 0{,}35 \), \( 0{,}30 \) et \( 0{,}55 \text{ h/m}^2 \) pièce nº6 — abaque interne, banches de 2,50 m, hauteur d'étage ≤ 2,70 m
- Ferrailleur : \( 22 \), \( 26 \) et \( 30 \text{ h/t} \) pièce nº6 — abaque interne, pose seule d'aciers façonnés en atelier
- Maçon : \( 0{,}85 \) et \( 0{,}70 \text{ h/m}^2 \) pièce nº6 — abaque interne, ouvrage courant sans découpe complexe
Huit cent trente-trois heures pour le seul poste des voiles : c'est le poste le plus lourd du coffreur, et il pèse à lui seul plus de la moitié de son crédit total. La raison tient au mode de métré : les 2 380 m² sont une surface coffrée développée, les deux faces de la banche comptées, parce que c'est bien deux fois que l'ouvrier monte, aligne, stabilise et décoffre. Retenir la surface de voile au lieu de la surface coffrée diviserait ce poste par deux sans qu'aucun contrôle arithmétique ne s'en aperçoive — l'erreur ne se voit que dans les unités et dans le vocabulaire du métré.
Six cent trente-six heures pour une surface pourtant très voisine de celle des voiles. La différence vient du temps unitaire, 0,30 h/m² au lieu de 0,35, et ce gain n'a rien d'un arrondi : il traduit un mode opératoire différent. Un plancher se coffre par tables, ensembles préassemblés que la grue déplace d'une travée à l'autre sur une trame régulière ; le coffreur n'assemble presque plus, il pose, cale et étaie. La conséquence pratique est directe : le jour où la trame cesse d'être régulière — trémies nombreuses, retombées de poutres, rives biaises —, la table cesse de servir et le temps unitaire cesse d'être valable.
Le plus petit des trois postes en surface, mais de loin le plus cher à l'unité : 0,55 h/m² contre 0,30 sur les planchers, soit près du double pour le même métier et le même matériau. Un poteau et une poutre sont des ouvrages isolés : chaque coffrage se positionne, s'aplombe, s'étaie et se décoffre pour lui-même, et l'effet de série qui fait la productivité du voile et du plancher n'y joue presque pas. Cent quarante-cinq heures et trois quarts paraissent secondaires dans un dossier qui en compte plus de quatre mille ; elles cessent de l'être quand on se souvient que ces ouvrages commandent souvent le démarrage de l'étage suivant.
Cette somme-là est légitime, et il faut savoir dire pourquoi : les trois postes relèvent du même métier. Le coffreur qui achève les voiles d'un niveau enchaîne sur les tables de plancher puis sur les poteaux du niveau suivant ; ses heures sont réellement échangeables d'un poste à l'autre, donc réellement cumulables. Mille six cent quatorze heures et trois quarts constituent un crédit de production : c'est la quantité de travail de coffreur qu'il reste à fournir, indépendamment du nombre d'hommes qui la fourniront et du nombre de jours qu'ils y passeront. Ces deux inconnues-là se traiteront ensuite, et c'est ce crédit qui les commandera.
Ici l'unité d'ouvrage change : on ne compte plus des mètres carrés mais des tonnes, parce que c'est la masse d'acier, et non la surface de voile, qui mesure le travail du ferrailleur. Vingt-deux heures par tonne signifient qu'un ouvrier met environ une heure à mettre en place quarante-cinq kilogrammes d'acier — port, positionnement, calage d'enrobage et ligature compris. Le chiffre de 22 h/t suppose des aciers façonnés en atelier : la pose seule. Le même poste avec un façonnage exécuté sur le chantier vaudrait le double, et la vérification tient au bon de livraison.
Le poste le plus lourd du ferrailleur, à la fois par le tonnage — 18,4 t, le plus élevé des trois — et par le temps unitaire, 26 h/t contre 22 sur les voiles. La majoration s'explique par la position de travail : les treillis et les aciers complémentaires d'un plancher se posent à plat, sur la table de coffrage, avec des recouvrements à respecter, des chapeaux à filer sur appuis et des distanciers à répartir sur toute la surface. Le ferrailleur y travaille courbé et se déplace beaucoup, là où l'armature de voile s'assemble en panneaux verticaux plus vite ligaturés.
Trente heures par tonne, c'est le temps unitaire le plus élevé de tout l'abaque de ferraillage, et il porte pourtant sur le plus petit tonnage. On retrouve la même logique que pour le coffrage : les ouvrages isolés produisent lentement. Une cage de poteau se présente, se lève, s'aplombe, se raccorde aux attentes du niveau inférieur et se ligature en place, cadre par cadre. Le tonnage est faible mais la manipulation est unitaire, et c'est la manipulation, non la masse, qui consomme les heures — ce que dit exactement le passage de 22 à 30 h/t.
Huit cent soixante-treize heures et six dixièmes : c'est le plus petit des trois crédits, et c'est le piège de lecture le plus sérieux du feuillet. Un crédit faible ne signifie pas un pôle tranquille, parce qu'un crédit ne se juge jamais seul : il se juge rapporté à l'effectif qui doit l'absorber. Deux ferrailleurs sont en place quand cinq maçons le sont, et le rapport des effectifs n'a aucune raison de suivre le rapport des crédits. La suite du dossier montrera que c'est précisément ce métier, le moins chargé en heures, qui commande la date d'achèvement — un résultat contre-intuitif qu'il faut avoir en tête dès maintenant.
Mille sept cent cinquante et une heures : c'est le poste le plus lourd de tout le dossier, tous métiers confondus. Deux facteurs se cumulent, une grande surface et un temps unitaire élevé. Le 0,85 h/m² couvre le montage complet d'un mètre carré de mur — préparation du mortier bâtard, pose du bloc à la truelle, réglage à l'aplomb et au niveau, remplissage des joints — et il suppose un ouvrage courant, sans découpe complexe, avec un approvisionnement assuré à pied d'œuvre. Cette dernière condition n'est pas anodine : elle signifie que le maçon ne descend pas chercher ses blocs. Si l'approvisionnement décroche, ce n'est pas 0,85 h/m² qu'il faut compter, et le poste le plus lourd du chantier est aussi le plus sensible à cette défaillance.
Le bloc de 10 cm est une cloison de distribution : plus léger, plus vite manœuvré, il se pose en 0,70 h/m² au lieu de 0,85. L'écart est réel mais modéré, et cela mérite d'être compris : ce n'est pas la moitié du temps pour la moitié de l'épaisseur. Un mètre carré de mur, quelle que soit l'épaisseur du bloc, demande la même surface à régler, le même aplomb à tenir, le même linéaire de joints à garnir. Seule la manutention s'allège. C'est un enseignement général sur les temps unitaires : ils ne suivent pas les quantités de matière, ils suivent les gestes.
Deux mille cent quinze heures, le plus gros crédit des trois — près de deux fois et demie celui du ferrailleur. Le pôle B est donc, en volume de travail, le pôle principal de ce chantier, et c'est cohérent avec l'effectif en place : cinq maçons contre deux ferrailleurs et quatre coffreurs. Cette cohérence apparente est exactement ce qu'il faut vérifier plutôt que de la supposer, car les trois rapports — crédit sur effectif — n'ont aucune raison d'être égaux. Le feuillet s'arrête ici volontairement : les trois crédits sont établis, et ils resteront trois. Leur somme, 4 603,35 h, ne sera utilisée que pour chiffrer un budget.
Les trois barres sont tracées à la même échelle, cent heures pour vingt-quatre pixels, ce qui rend les rapports directement lisibles à l'œil : le crédit du maçon est près de deux fois et demie celui du ferrailleur, et celui du coffreur se situe entre les deux. Chaque barre est découpée en ses postes d'ouvrage, et ce découpage est aussi instructif que la longueur totale. Chez le coffreur, le poste des voiles domine, parce que la surface coffrée compte les deux faces de la banche ; chez le ferrailleur, c'est le poste des planchers, à la fois le plus lourd en tonnage et le plus cher en heures par tonne ; chez le maçon, le bloc de 20 cm représente à lui seul l'essentiel du travail restant. On remarquera que les postes les plus courts ne sont pas les moins chers à l'unité : les 145,75 h des poteaux et poutres du coffreur sortent du temps unitaire le plus élevé de son abaque, 0,55 h/m², et les 96,00 h des cages du ferrailleur sortent de 30 h/t, le plus élevé du sien. La brièveté d'un poste mesure une quantité, pas une difficulté. Le dessin dit enfin ce qu'il ne montre pas : les barres sont posées les unes sous les autres et non mises bout à bout. Leur somme, 4 603,35 h, est un nombre parfaitement défini et parfaitement inutile pour dimensionner une équipe, puisqu'aucune heure de coffreur ne peut être versée au compte du ferrailleur. Ces trois longueurs devront être confrontées, chacune de son côté, à la capacité de production du métier correspondant — c'est l'objet des feuillets suivants.
soit, sur les armatures, 873,60 ÷ 35,2 = 24,8 h/t
bornes des temps unitaires de ferraillage — pièce nº6, abaque interne d'entreprise
position établie sur la valeur exacte du quotient, l'affichage à une décimale ne servant qu'à la lecture
| Forme | Ce qui est donné | Ce qui est cherché | Ce qui change dans la démarche |
|---|---|---|---|
| Directe | Les quantités restant à exécuter et les temps unitaires de chaque poste | Le crédit d'heures de chaque métier | Aucun changement — c'est le cas traité ci-dessus. |
| Inverse | Les heures pointées et la quantité réellement exécutée | Le temps unitaire réel | On divise les heures par la quantité au lieu de multiplier. Le résultat n'est plus une prévision mais une mesure : c'est ainsi que se construit et que se corrige un abaque interne. Traitée juste en dessous. |
| Condition modifiée | Les aciers de voiles sont façonnés sur le chantier, non en atelier | Le même crédit de ferraillage | Le temps unitaire de pose ne couvre plus le travail réellement fait : l'abaque indique que le façonnage sur chantier double ce temps. Le poste passe de 22 à 44 h/t, donc de 299,20 h à 598,40 h — l'écart, 299,20 h, est exactement égal au poste initial. Aucune quantité n'a changé, aucune formule non plus : c'est la condition de validité du temps unitaire qui n'était plus remplie. |
| Données incomplètes | L'abaque ne donne aucun temps unitaire pour le bloc de 10 cm | Le crédit du maçon | Le crédit n'est pas établissable pour ce poste, et il faut le dire plutôt que de transposer en silence le 0,85 h/m² du bloc de 20 cm — ce qui majorerait le poste d'un cinquième. On demande la valeur au service méthodes, ou l'on ouvre un pointage sur les premiers mètres carrés exécutés. À défaut, on annonce le crédit du seul poste de 20 cm en signalant explicitement le poste non chiffré : un crédit partiel déclaré vaut mieux qu'un crédit complet inventé. |
Ce qui ne change jamais : une quantité d'ouvrage se convertit en heures par un temps unitaire attaché au couple qualification–ouvrage, et des heures de qualifications différentes ne s'additionnent que pour un budget, jamais pour un effectif. Nommer cet invariant permet de reconnaître la question devant un crédit de plomberie, un crédit d'électricité, un temps de conduite d'engin ou un temps de pose de menuiserie : la grandeur change, la frontière de la somme ne change pas.
La forme inverse, traitéeÉnoncé : le dépouillement de l'attachement du pôle A fait apparaître 598,40 heures pointées au ferraillage pour 13,6 t d'aciers de voiles réellement mis en place. Quel temps unitaire réel cela représente-t-il, et que faut-il en conclure sur l'abaque ? Traitez-la avant d'ouvrir : c'est la lecture qui transforme un pointage en information de pilotage.
Voir la résolution de la forme inverse
Ce que la forme inverse change : elle inverse l'opération — on divise des heures par une quantité au lieu de multiplier une quantité par un temps — mais surtout elle inverse le statut du résultat. Le temps unitaire n'est plus une hypothèse de prévision, c'est une mesure de terrain. Et cette mesure-là dit quelque chose de précis : 44,00 h/t, c'est exactement le double des 22 h/t de l'abaque, soit cent pour cent d'écart. Un écart de cette ampleur ne s'explique pas par la fatigue, la météo ou la qualité d'une équipe ; un écart de cette ampleur signale que l'on n'a pas fait le même travail.
La conclusion se lit dans la condition de validité qui accompagne la valeur d'abaque : les 22 h/t couvrent la pose seule d'aciers façonnés en atelier, et le façonnage exécuté sur le chantier double ce temps. Le pointage ne dit donc pas que l'équipe a mal travaillé ; il dit que les aciers sont arrivés en barres et qu'ils ont été coupés, pliés et assemblés sur place. Deux enseignements en découlent. Le premier est qu'un écart de pointage doit toujours être confronté aux conditions d'emploi du temps unitaire avant d'être imputé à la production : ici, la valeur d'abaque n'était pas fausse, elle était appliquée hors de son domaine. Le second est que l'abaque ne se corrige qu'une fois cette confrontation faite. Remplacer 22 par 44 pour les chantiers à venir serait une faute symétrique : ce qu'il faut inscrire, c'est deux valeurs et leur condition — 22 h/t en pose seule, 44 h/t façonnage compris.
Les deux erreurs ci-dessous portent l'une sur le mode de métré, l'autre sur la lecture d'une unité. La première coûte un quart du crédit de coffrage et se dissimule derrière un chiffre vraisemblable ; la seconde en supprime neuf dixièmes et se voit d'un coup d'œil, à condition de regarder les unités.
Trois questions, à traiter de tête et avant de cocher. Un corrigé limpide se lit d'un trait et donne l'illusion de savoir refaire : ces trois-là sont le seul moyen de le vérifier. Les trois jetons s'allument, et le feuillet reçoit son tampon.
Que représentent les 0,35 h/m² retenus pour le coffrage des voiles ?
A-t-on le droit d'écrire 1 614,75 + 873,60 + 2 115,00 = 4 603,35 h ?
Les 873,60 h du ferrailleur portent sur 35,2 t d'acier, soit environ 24,8 h/t. Que vaut ce contrôle ?
Ce que ces trois questions vérifient ensemble : qu'on sait ce qu'un temps unitaire mesure, où s'arrête le droit d'additionner des heures, et comment contrôler un crédit sans le recalculer. La première sépare la main d'œuvre de la durée et rattache chaque valeur d'abaque à sa condition d'emploi, sans quoi le feuillet suivant ne pourrait pas distinguer les heures payées des heures produites. La deuxième fixe la frontière entre l'usage budgétaire et l'usage de production d'un même nombre, et c'est cette frontière qui empêchera plus loin de conclure trop vite sur le délai. La troisième installe le réflexe de la division inverse — revenir de l'heure à l'unité d'ouvrage —, seul contrôle qui détecte une erreur d'unité, et dont on se servira encore chaque fois qu'un abaque sera mobilisé.
Objet : convertir l'horaire collectif du chantier en durée quotidienne de travail effectif, en retrancher la pause de récupération liée à l'épisode de chaleur intense pour obtenir le temps disponible à la production, appliquer l'abattement de rendement en ambiance chaude pour obtenir la journée productive, décompter les jours ouvrés qui séparent la reprise de l'achèvement contractuel, et en tirer la capacité individuelle d'un ouvrier sur la période.
- Crédits d'heures \( 1\,614{,}75 \text{ h} \) · \( 873{,}60 \text{ h} \) · \( 2\,115{,}00 \text{ h} \), coffreurs, ferrailleurs et maçons — feuillet 1
- Horaire collectif du chantier : 39 h/semaine sur 5 jours — pièce nº3
- Reprise des travaux le lundi 05/07/2027, achèvement contractuel le vendredi 24/09/2027 — pièce nº1
- Fermeture estivale du lundi 02/08 au vendredi 20/08/2027 inclus, jour férié perdu le mercredi 14/07/2027 — pièce nº2
- Pause de récupération \( t_{\text{pause}} = 0{,}50 \text{ h/jour} \) — donnée ajoutée
- Abattement de rendement en ambiance chaude \( a = 10 \) % — donnée ajoutée
- Vigilance orange canicule sur les Alpes-Maritimes, semaine du 12 juillet — l'aléa
Voir le résultat seul (auto-évaluation)
Le feuillet précédent a produit des heures d'ouvrage : le nombre d'heures que les ouvrages restant à exécuter réclament, métier par métier. Ces heures ne se comparent à rien tant qu'on ne sait pas ce qu'un ouvrier en fournit dans une journée. Et c'est là que l'intuition trompe : on lit l'horaire affiché au panneau du chantier — 39 heures par semaine — on divise par cinq, et l'on croit tenir la journée de production. On tient seulement la durée de travail effectif — celle que l'entreprise paie et que la loi plafonne. Entre l'heure payée et l'heure d'ouvrage, il y a deux prélèvements successifs, et chacun se justifie par un texte ou par une décision écrite.
Le premier prélèvement fait passer du temps de travail effectif au temps disponible à la production, et il faut ici se garder d'un contresens fréquent. Le Code du travail définit le travail effectif à l'article L. 3121-1 : « La durée du travail effectif est le temps pendant lequel le salarié est à la disposition de l'employeur et se conforme à ses directives sans pouvoir vaquer librement à des occupations personnelles. » Or la pause de récupération se prend sur le chantier, l'ouvrier restant à la disposition de son employeur : elle demeure du travail effectif, elle est payée comme telle, et elle reste comptée dans la durée que la loi plafonne. Ce qu'elle quitte n'est pas le temps de travail, c'est le temps de production — une notion d'organisation de chantier, qui n'a aucune définition légale. Une précaution s'impose au passage, car deux pauses se ressemblent sans se confondre : l'article L. 3121-16 dispose que « dès que le temps de travail quotidien atteint six heures, le salarié bénéficie d'un temps de pause d'une durée minimale de vingt minutes consécutives » ; cette pause légale existe toute l'année, elle est déjà comprise dans l'horaire collectif de 39 heures, et la retrancher une seconde fois du temps disponible reviendrait à décompter deux fois le même temps.
Le second prélèvement fait passer du temps disponible au temps productif. Un ouvrier présent et à disposition ne transforme pas chaque minute en mètre carré coffré : il ralentit, il boit, il change de poste, et sous une ambiance chaude ce ralentissement se mesure. L'entreprise en tient compte par un abattement de rendement de 10 %, tiré du pointage de ses chantiers d'été en climat méditerranéen — aucun texte ne chiffre une perte de rendement, et cette valeur est versée aux données comme une hypothèse d'entreprise, non comme une obligation. Reste enfin à compter les jours : le calendrier de la période n'est pas un mois moyen, il porte une fermeture estivale et un jour férié qu'il faut retirer un à un.
Météo-France place les Alpes-Maritimes en vigilance orange canicule pour la semaine du 12 juillet. Faut-il décaler l'horaire de la journée, réduire la durée de la journée, ou maintenir l'horaire habituel de l'été ?
- Décaler l'horaire vers le matin et prévoir une période de repos, la durée de présence restant celle de l'horaire collectif.
- Réduire la durée de la journée pour sortir des heures les plus chaudes.
- Maintenir l'horaire habituel : aucun seuil de température réglementaire n'est franchi.
Ce qu'a retenu le bureau, et pourquoi
L'option 1. La réduction des risques liés aux épisodes de chaleur intense se fonde, selon le 3° de l'article R. 4463-3 du Code du travail, sur « l'adaptation de l'organisation du travail, et notamment des horaires de travail, afin de limiter la durée et l'intensité de l'exposition et de prévoir des périodes de repos ». Une seule phrase fonde donc les deux mesures retenues : le décalage de l'horaire et la période de repos. Elle fonde leur principe — elle n'en fixe pas la durée. Les trente minutes de pause de récupération ne sont pas lues dans un texte : elles sont arrêtées par l'entreprise au titre de l'évaluation prévue à l'article R. 4463-2, aux termes duquel « l'employeur évalue les risques liés à l'exposition des travailleurs à des épisodes de chaleur intense, en intérieur ou en extérieur ». C'est pourquoi elles figurent au dossier comme donnée ajoutée, et non comme obligation chiffrée.
L'option 3 se trompe de critère. L'article R. 4463-1 définit l'épisode de chaleur intense « par référence à un dispositif développé par Météo-France pour signaler le niveau de danger de la chaleur » : le texte ne contient aucun seuil de température, et attendre un thermomètre pour agir revient à attendre un déclencheur qui n'existe pas dans la règle. C'est la vigilance publiée qui ouvre le chapitre, et elle est publiée. Le même chapitre emporte d'autres obligations que l'horaire : l'article R. 4463-4 impose qu'« en cas d'épisode de chaleur intense, une quantité d'eau potable fraîche suffisante est fournie par l'employeur » — le texte dit « suffisante », il ne fixe aucun litrage —, et l'article R. 4463-8 renvoie au plan général de coordination et au plan particulier de sécurité et de protection de la santé, qui « tiennent compte, le cas échéant, des risques liés à l'exposition aux épisodes de chaleur intense ». Sur un chantier de gros œuvre, ces mesures se décident ensemble, pas isolément.
L'option 2 protège, mais elle paie deux fois. Réduire la durée de la journée diminue le temps de travail effectif, donc le temps disponible à la production, donc la journée productive et la capacité individuelle — sur un chantier déjà en tension sur sa date d'achèvement, c'est aggraver le problème que le dossier cherche à résoudre. Le décalage obtient le même résultat de protection en déplaçant l'exposition hors des heures les plus chaudes, sans amputer la journée : celle-ci reste établie sur l'horaire collectif, et le seul prélèvement retenu est la pause de récupération, qui fait passer les 7,80 h de travail effectif à 7,30 h disponibles à la production. Il faut ajouter que cette pause n'est pas acquise pour toujours : si le décalage suffisait à lui seul à éviter les heures les plus chaudes, elle tomberait, et la capacité individuelle serait à reprendre.
Trois durées différentes se cachent derrière une journée de chantier, et une quatrième notion les relie.
- La pause de récupération est arrêtée à 0,50 h par jour et par ouvrier. le 3° de l'article R. 4463-3 fonde l'adaptation de l'organisation du travail « afin de limiter la durée et l'intensité de l'exposition et de prévoir des périodes de repos », mais il n'en fixe pas la durée → la valeur relève de l'employeur, au titre de l'évaluation des risques de l'article R. 4463-2. Le contrôle est documentaire : la mesure doit figurer au document unique et au plan particulier de sécurité et de protection de la santé, que l'article R. 4463-8 oblige à tenir compte de ce risque. L'hypothèse tomberait si l'horaire décalé suffisait à éviter les heures les plus chaudes : le temps disponible à la production rejoindrait alors la durée de travail effectif. décision d'entreprise déclarée, fondée sur l'article R. 4463-3, 3°
- L'abattement de rendement en ambiance chaude vaut 10 %. il provient du pointage des chantiers d'été de l'entreprise en climat méditerranéen → aucun texte normatif ne chiffre une perte de rendement, et il serait faux de le présenter comme une exigence réglementaire. Le contrôle est le rapprochement, en fin de chantier, entre les heures pointées et les quantités exécutées, qui donne l'abattement réel. L'hypothèse tomberait si les travaux passaient à l'ombre portée des bâtiments, ou si l'ouvrage restant devenait un ouvrage d'intérieur. retour d'expérience d'entreprise, à confronter au pointage
- La période compte 44 jours ouvrés, du 05/07 au 24/09/2027. le calendrier donne 60 jours du lundi au vendredi entre ces deux dates ; la fermeture estivale du 02/08 au 20/08 inclus en retire 15, soit exactement trois semaines civiles ; le mercredi 14/07 en retire 1 → il reste 44 jours ouvrés, répartis sur 9 semaines travaillées à l'intérieur des douze semaines civiles que couvre la période, dont trois de fermeture. Le contrôle est le calendrier lui-même, ligne à ligne : le 15/08/2027 tombe un dimanche et dans la fermeture, il ne retire donc rien de plus. L'hypothèse tomberait si le maître d'ouvrage notifiait une prolongation de délai — le CCAG Travaux prévoit qu'en cas d'intempéries « les délais d'exécution des travaux sont prolongés » et que « cette prolongation est notifiée au titulaire par un ordre de service qui en précise la durée » (article 18.2.3). garantie par la pièce nº1, planning contractuel, et la pièce nº2, note de service
- L'horaire collectif de 39 h intègre déjà la pause légale de vingt minutes. l'article L. 3121-16 ouvre droit à « un temps de pause d'une durée minimale de vingt minutes consécutives » dès six heures de travail quotidien, et la journée de 7,80 h dépasse ce seuil → cette pause est due, elle est organisée dans l'horaire collectif, et elle n'est pas déduite une seconde fois du temps disponible à la production. Le contrôle est l'affichage de l'horaire collectif et le registre des temps. L'hypothèse serait à reprendre sur un chantier dont l'horaire affiché exclurait les pauses, cas où la présence réelle dépasserait l'horaire affiché. garantie par la pièce nº3, horaire collectif affiché
Domaine d'emploi : ces durées valent pour un ouvrier à temps complet, présent sur la totalité des jours ouvrés de la période, sur un chantier de gros œuvre en extérieur du littoral méditerranéen, pendant un épisode de chaleur intense signalé, et sous l'horaire collectif de 39 heures. Elles ne valent ni hors épisode de chaleur — la pause de récupération et l'abattement tomberaient l'un après l'autre, chacun pour son propre motif —, ni pour un ouvrier arrivé en cours de période, dont la capacité se compte sur ses seuls jours de présence, ni pour un calendrier différent : changer une seule date de fermeture ou un seul jour férié déplace le nombre de jours ouvrés, et la capacité individuelle avec lui.
D'où elle découle : non pas du droit du travail, mais de l'organisation du chantier. La pause de récupération instaurée pour l'épisode de chaleur intense se prend sur place, le salarié restant à la disposition de l'employeur : elle demeure du travail effectif et elle est payée. Ce qu'elle retire, c'est le temps pendant lequel l'ouvrier peut produire.
- \( t_{\text{dispo}} \) : temps disponible à la production, en h/jour
- \( t_{\text{trav}} \) : durée quotidienne de travail effectif, tirée de l'horaire collectif, en h/jour
- \( t_{\text{pause}} \) : pause de récupération liée à la chaleur, en h/jour
D'où elle découle : du constat de pointage selon lequel une fraction du temps disponible à la production ne se retrouve pas dans l'ouvrage — ralentissements, changements de poste, temps morts —, fraction que l'ambiance chaude augmente et que l'entreprise traite par un abattement forfaitaire.
- \( h_{\text{prod}} \) : heures productives par ouvrier, en h/jour
- \( t_{\text{dispo}} \) : temps disponible à la production, en h/jour
- \( a \) : abattement de rendement en ambiance chaude, sans unité
D'où elle découle : de ce qu'une capacité est un débit multiplié par une durée — ici, une journée productive multipliée par le nombre de jours effectivement travaillés entre la reprise et l'achèvement contractuel.
- \( C_{\text{ind}} \) : capacité individuelle sur la période, en h
- \( h_{\text{prod}} \) : heures productives par ouvrier, en h/jour
- \( J_{\text{o}} \) : nombre de jours ouvrés de la période, en jours
Application numérique
- Horaire collectif : 39 h/semaine sur 5 jours pièce nº3 — horaire affiché, en vigueur jusqu'à la fin de l'opération
- \( t_{\text{pause}} = 0{,}50 \text{ h/jour} \) donnée ajoutée — décision d'entreprise fondée sur l'article R. 4463-3, 3°
- \( a = 10 \) %, soit un rendement de \( 0{,}90 \) donnée ajoutée — retour d'expérience d'entreprise, non normatif
- Période du 05/07 au 24/09/2027 ; fermeture du 02/08 au 20/08 ; férié le 14/07 pièces nº1 et nº2 — planning contractuel et note de service
Sept heures quarante-huit minutes par jour : c'est la journée telle que la vit l'ouvrier, telle que la paie l'entreprise et telle que la loi la compte. La lecture en minutes vaut d'être faite, parce que 7,80 h ne se lit pas « sept heures quatre-vingts » : la partie décimale 0,80 vaut quatre-vingts centièmes d'heure, soit quarante-huit minutes. C'est bien là le temps de travail effectif au sens de l'article L. 3121-1, celui que le plafond de dix heures de l'article L. 3121-18 vise ; ce n'est en revanche pas encore un temps de production, mais l'assiette sur laquelle les deux prélèvements suivants vont s'appliquer.
La demi-heure retirée est la pause de récupération de l'été, et c'est la seule qui se retranche : les vingt minutes de pause légale de l'article L. 3121-16 sont déjà comprises dans l'horaire collectif de 39 heures dont 7,80 h est issu, et les déduire à nouveau les compterait deux fois. Un point doit ici être posé sans ambiguïté : cette demi-heure reste du travail effectif et reste payée, puisqu'elle se prend sur le chantier et que l'ouvrier y demeure à la disposition de son employeur. Ce qu'elle quitte, c'est le temps de production, non le temps de travail. Les 7,30 h obtenues ne sont donc pas la grandeur que le Code du travail plafonne — celle-là reste les 7,80 h de la journée entière — mais celle avec laquelle le chantier organise sa production.
Six heures et trente-quatre minutes environ d'ouvrage pour sept heures quarante-huit minutes payées. L'abattement s'applique bien aux 7,30 h disponibles et non aux 7,80 h de la journée entière : un ouvrier ne ralentit pas pendant sa pause, il ne produit pas du tout. Appliquer les 10 % à la journée entière donnerait 7,02 h, un chiffre plus grand que la vérité, obtenu en faisant disparaître la pause — c'est l'erreur type de ce feuillet, et elle se termine en sous-effectif. Ces 6,57 h sont désormais une heure d'ouvrage, homogène aux crédits d'heures du feuillet 1 : les deux grandeurs peuvent enfin se diviser l'une par l'autre.
Chacun des trois termes se lit sur le calendrier, et aucun ne s'estime. Le premier, 60, est le nombre de jours du lundi au vendredi entre le lundi 05/07 et le vendredi 24/09/2027 inclus. Le deuxième, 15, est la fermeture estivale : du lundi 02/08 au vendredi 20/08 inclus, soit exactement trois semaines civiles de cinq jours ouvrables. Le troisième, 1, est le mercredi 14/07, jour férié tombant un jour ouvré, donc perdu. Un quatrième candidat se présente et ne compte pas : le 15/08/2027 tombe un dimanche et à l'intérieur de la fermeture — il serait retiré deux fois d'un jour qui n'était déjà pas travaillé. Les 44 jours ouvrés restants ne se répartissent pas sur douze semaines de travail, et la nuance compte : la période s'étend sur douze semaines civiles, mais trois d'entre elles sont fermées, si bien qu'il reste 9 semaines travaillées — huit semaines complètes de cinq jours, plus celle du 14 juillet réduite à quatre jours, ce qui redonne bien \( 8 \times 5 + 4 = 44 \). Cette décomposition semaine par semaine aura son importance lorsqu'il faudra apprécier une moyenne d'horaire sur douze semaines consécutives : la fenêtre de douze semaines que vise le Code du travail n'est pas la période du chantier, elle la débordera.
Voilà le dénominateur commun de tout le dossier : 289,08 heures d'ouvrage par ouvrier d'ici l'achèvement contractuel. La comparaison qui donne la mesure du problème tient en deux nombres : sur la même période, l'entreprise paiera 343,20 h de travail effectif par ouvrier. Ce que la paie appelle une période de travail et ce que le planning appelle une capacité diffèrent donc de plus de cinquante heures par homme, sans qu'aucune faute ait été commise nulle part. Le repère à garder en tête est simple : un ouvrier vaut, sur cette période et sous ces hypothèses, un peu moins de trois cents heures d'ouvrage — et le seul crédit des maçons, 2 115,00 h, en réclame manifestement plusieurs.
Les trois barres du haut se lisent de haut en bas comme un entonnoir, et c'est tout le sujet du feuillet : la barre supérieure est à la fois ce que l'entreprise paie et ce que la loi plafonne, la barre du milieu ce qui reste disponible pour produire, la barre inférieure ce que le chantier reçoit réellement. Entre la première et la deuxième, la partie claire mesure la pause de récupération — une demi-heure, décidée par l'entreprise au titre de son évaluation des risques, et non lue dans un texte. Entre la deuxième et la troisième, la partie claire mesure l'abattement de rendement, qui est d'une autre nature encore : ce n'est pas du temps de repos, c'est la part du temps disponible qui ne se retrouve pas dans l'ouvrage. Le dessin rend visible ce qu'une soustraction seule dissimule : les deux prélèvements ne se font pas sur la même base, puisque le second s'applique à ce que le premier a laissé. C'est exactement là que se joue l'erreur courante — appliquer le rendement à la barre du haut plutôt qu'à celle du milieu. Le bandeau intermédiaire traite l'autre moitié du problème, le calendrier, et il montre une chose contre-intuitive : la fermeture estivale, avec ses quinze jours, ampute la période d'un quart de sa longueur, quand le jour férié n'en retire qu'un — les deux figurent pourtant côte à côte dans le même décompte, et l'oubli du premier serait bien plus lourd que l'oubli du second. Le produit de la journée productive par les jours restants donne la capacité individuelle, encadrée à droite : c'est le seul chiffre de ce feuillet que les feuillets suivants utiliseront directement. Le bandeau du bas, enfin, replace la journée sous le plafond quotidien : la barre pleine est le travail effectif retenu — les 7,80 h de la journée entière, pause de récupération comprise —, le cadre est le maximum de dix heures fixé par l'article L. 3121-18, et l'espace qui les sépare est la marge de 2,20 h. Cette marge n'est pas un confort de rédaction : c'est elle qui dira, plus loin dans le dossier, de combien l'horaire peut encore être allongé sans sortir de la légalité.
pour 7,30 h disponibles à la production et 7,80 h de travail effectif
durée quotidienne maximale — article L. 3121-18 du Code du travail
| Forme | Ce qui est donné | Ce qui est cherché | Ce qui change dans la démarche |
|---|---|---|---|
| Directe | L'horaire collectif, la pause de récupération, l'abattement et le calendrier | La journée productive et la capacité individuelle | Aucun changement — c'est le cas traité ci-dessus. |
| Inverse | Une journée productive imposée de 7,47 h | L'horaire hebdomadaire qui la produit | On remonte la chaîne au lieu de la descendre : division par le rendement, addition de la pause, multiplication par cinq jours. Traitée juste en dessous. |
| Condition modifiée | Le même chantier, mais les travaux restants passent à l'ombre portée des bâtiments | La même journée productive | L'abattement de rendement tombe, puisqu'il était justifié par l'ambiance chaude, tandis que la pause de récupération demeure : l'exposition reste réelle et la vigilance reste publiée. La journée productive remonte alors à 7,30 h, égale au temps disponible à la production, et la capacité individuelle est à reprendre sur cette base. Les deux hypothèses ajoutées ne tombent donc pas ensemble : chacune a son propre motif et sa propre condition de chute. |
| Données incomplètes | Le calendrier de la période, sans note de fermeture ni liste de fériés | Le nombre de jours ouvrés | Le décompte n'est pas établissable et il faut le dire plutôt que de prendre « vingt jours par mois ». On réclame la note de service de fermeture et l'on relève les fériés sur le calendrier de l'année, puis on écrit les trois lignes du décompte séparément — jours du lundi au vendredi, fermeture, fériés tombant un jour ouvré. À défaut, on ne retient pas l'hypothèse la plus favorable : on retient la plus défavorable envisageable et l'on signale que la capacité sera révisée à la hausse si le calendrier le permet. |
Ce qui ne change jamais : une durée annoncée n'est jamais une durée disponible. Entre l'horaire affiché et l'heure qui entre dans l'ouvrage, il y a toujours des prélèvements ; chacun doit être nommé, rattaché à sa source — un texte, une décision d'entreprise, un calendrier —, appliqué à la bonne base et déduit une seule fois. Nommer cet invariant permet de reconnaître la question partout où elle revient : capacité d'un engin, cadence d'un atelier, débit d'une centrale à béton. La grandeur change, la discipline de la chaîne de prélèvements ne change pas.
La forme inverse, traitéeÉnoncé : la direction travaux annonce vouloir obtenir 7,47 h productives par jour et par ouvrier, la pause de récupération et l'abattement de rendement restant inchangés. Quel horaire hebdomadaire cela suppose-t-il, et cet horaire est-il licite ? Traitez-la avant d'ouvrir : c'est la question que pose tout rattrapage de délai par allongement de la journée.
Voir la résolution de la forme inverse
Ce que la forme inverse change : elle impose de parcourir la chaîne dans l'autre sens, et chaque opération s'inverse à son tour — on divise par le rendement au lieu de multiplier, on ajoute la pause au lieu de la retrancher, on multiplie par les cinq jours de la semaine au lieu de diviser. L'ordre s'inverse aussi : la pause s'ajoute après le retour au temps disponible, jamais avant, sans quoi le rendement s'appliquerait à un temps de repos.
La seconde moitié de la question appelle de la précision, car deux plafonds hebdomadaires cohabitent et l'on confond volontiers l'un avec l'autre. À 44 h par semaine, le temps de travail effectif vaut 8,80 h par jour : il passe sous les dix heures de l'article L. 3121-18, avec une marge de 1,20 h. La semaine de 44 h passe sous les quarante-huit heures de l'article L. 3121-20, avec une marge de 4 h — car ce texte vise bien « une même semaine », prise isolément. Quant aux quarante-quatre heures de l'article L. 3121-22, elles ne sont pas un plafond hebdomadaire : c'est une moyenne, calculée « sur une période quelconque de douze semaines consécutives ». Une semaine à 44 h n'y contrevient donc pas par elle-même ; ce qui compte est la moyenne de la fenêtre de douze semaines la plus chargée, et c'est un contrôle à mener séparément, fenêtre par fenêtre.
Les deux erreurs ci-dessous portent l'une sur un prélèvement oublié, l'autre sur les deux à la fois. La première donne un chiffre trop grand et un effectif trop petit ; la seconde donne un effectif juste par hasard, ce qui la rend beaucoup plus difficile à détecter.
Trois questions, à traiter de tête et avant de cocher. Un corrigé limpide se lit d'un trait et donne l'illusion de savoir refaire : ces trois-là sont le seul moyen de le vérifier. Les trois jetons s'allument, et le feuillet reçoit son tampon.
Le plafond de dix heures par jour de l'article L. 3121-18 s'applique à laquelle de ces trois durées ?
D'où viennent les trente minutes de pause de récupération retenues au dossier ?
Faut-il retrancher, en plus de la demi-heure de récupération, les vingt minutes de pause de l'article L. 3121-16 ?
Ce que ces trois questions vérifient ensemble : qu'on sait à quelle grandeur s'applique un plafond légal, ce qu'un texte impose réellement par rapport à ce que l'entreprise décide, et qu'un temps déjà déduit ne se déduit pas une seconde fois. La première désigne la seule des trois durées qui ait une définition légale et interdit de confronter au plafond un temps de production, ce qui sera déterminant lorsque le dossier examinera un horaire allongé. La deuxième fixe la frontière entre la citation d'un texte et l'hypothèse d'entreprise : la pause de trente minutes et l'abattement de dix pour cent relèvent de la seconde catégorie, et doivent être écrits comme tels. La troisième installe le réflexe de vérification qui protège de la double déduction, l'erreur la plus discrète de tout calcul de temps.
Objet : convertir le crédit d'heures de chaque métier en jours ouvrés à l'effectif actuellement en place, désigner le métier qui décroche, mesurer l'écart entre la date de fin prévisible et l'achèvement contractuel du lot, puis chiffrer la pénalité de retard du marché en distinguant les jours ouvrés du chantier des jours calendaires du décompte contractuel.
- Crédit des coffreurs \( H_{\text{coff}} = 1\,614{,}75 \text{ h} \) — feuillet 1
- Crédit des ferrailleurs \( H_{\text{fer}} = 873{,}60 \text{ h} \) — feuillet 1
- Crédit des maçons \( H_{\text{maç}} = 2\,115{,}00 \text{ h} \) — feuillet 1
- Heures productives \( h_{\text{prod}} = 6{,}57 \text{ h/jour} \) par ouvrier — feuillet 2
- Jours ouvrés disponibles \( J_{\text{o}} = 44 \), du lundi 05/07 au vendredi 24/09/2027 — feuillet 2
- Effectif en place : 4 coffreurs, 2 ferrailleurs, 5 maçons — pièce nº3, état de l'effectif au 02/07/2027
- Montant du lot 02 : 1 500 000 € HT ; achèvement contractuel 24/09/2027 — pièce nº1
- Le marché se réfère expressément au CCAG Travaux — pièce nº1
Voir le résultat seul (auto-évaluation)
Un crédit d'heures ne dit rien d'une date tant qu'on ne l'a pas divisé par une cadence. La cadence d'un métier, c'est le nombre d'ouvriers de ce métier présents sur le chantier multiplié par le nombre d'heures qu'un ouvrier produit dans sa journée. Trois métiers, trois cadences, donc trois durées — et ces trois durées ne s'additionnent pas, puisque les pôles travaillent en même temps sur le même bâtiment. Le chantier n'est achevé que lorsque le dernier métier a fini : la durée du lot est la plus longue des trois, jamais leur somme, jamais leur moyenne.
Deux précautions gouvernent ce feuillet. La première porte sur l'arrondi : un métier qui réclame soixante et un jours et demi occupe soixante-deux jours de planning, parce qu'un jour entamé est un jour occupé et qu'on ne libère pas une équipe à midi pour la reprendre le lendemain matin. On arrondit donc toujours au supérieur. La seconde porte sur la non-interchangeabilité : les heures d'un métier ne se reportent pas sur un autre. Fusionner les trois crédits en un seul total et le diviser par l'effectif total reviendrait à supposer qu'un maçon peut ferrailler — et cette supposition, on va le voir, ne produit pas une erreur d'appréciation : elle produit la conclusion inverse de la vérité.
Le retard, une fois mesuré, a un prix, et ce prix ne se compte pas dans la même unité que le retard lui-même. Le chantier vit en jours ouvrés : c'est en jours ouvrés que l'on produit, que l'on paie et que l'on planifie. Le marché, lui, décompte sa pénalité en jours calendaires, week-ends et jours fériés compris. Passer d'une unité à l'autre n'est pas une conversion cosmétique : c'est le point où un chiffrage prudent devient faux, et il est le cœur de la seconde moitié du feuillet.
Sur quel métier le retard du lot doit-il se lire ?
- Sur la moyenne des trois durées : c'est le chantier dans son ensemble qui avance ou qui recule.
- Sur le métier le plus chargé en heures, les maçons et leurs 2 115,00 h.
- Sur le métier qui demande le plus de jours, quel que soit son crédit d'heures.
Ce qu'a retenu le bureau, et pourquoi
L'option 3. Les trois pôles travaillent en parallèle : ils avancent en même temps, sur les mêmes bâtiments, sans s'attendre les uns les autres au-delà des enchaînements normaux de la structure. Quand des tâches se déroulent en parallèle, la durée de l'ensemble est celle de la plus longue d'entre elles — pas leur somme, qui supposerait qu'elles se suivent, pas leur moyenne, qui ne correspond à rien de physique. Ici la plus longue est celle des ferrailleurs, 67 jours ouvrés, et c'est elle qui fixe la date de fin du lot. Les coffreurs, à 62 jours, et les maçons, à 65, auront terminé avant : ils attendront, ce qui coûte, mais ils ne commandent pas la date.
L'option 2 est celle qui piège le plus souvent, parce qu'elle repose sur un réflexe raisonnable : le plus gros volume de travail devrait être le plus long. Il ne l'est pas ici, et le contre-exemple est net. Les maçons portent 2 115,00 h, soit largement plus du double du crédit des ferrailleurs, 873,60 h — et pourtant les maçons finissent en 65 jours quand les ferrailleurs en demandent 67. Ce qui renverse le classement, c'est l'effectif : cinq maçons contre deux ferrailleurs. Une charge se compare à une charge, une durée à une durée ; passer de l'une à l'autre exige toujours de diviser par la cadence de l'équipe qui l'exécute.
L'option 1 est la plus dangereuse, et elle mérite qu'on dise pourquoi. Une moyenne n'a de sens que si les grandeurs moyennées sont substituables : on peut moyenner des heures d'un même métier entre plusieurs ouvriers, parce qu'un coffreur remplace un coffreur. On ne peut pas moyenner des heures de qualifications différentes, parce qu'un maçon ne pose pas des aciers. Poussée jusqu'au bout, cette option conduit à additionner les trois crédits, à diviser par les 16 ouvriers en place et à trouver 44 jours ouvrés — c'est-à-dire exactement le délai disponible, et donc à conclure que tout va bien. Une équipe qui prendrait cette décision découvrirait le retard fin septembre, quand il ne reste plus aucun levier pour le rattraper.
Quatre notions séparent un volume d'heures d'une date inscrite au planning.
- Les trois métiers avancent en parallèle sur toute la période. chaque pôle dispose de zones de travail distinctes sur deux bâtiments R+3 → les durées se comparent au lieu de s'additionner, et la durée du lot est la plus longue des trois. Le contrôle est le planning d'exécution : il doit montrer, semaine par semaine, les trois pôles ouverts simultanément. Si les métiers devaient se succéder sur une même zone, les durées s'ajouteraient et le retard serait tout autre. garantie par le planning d'exécution du lot 02
- L'effectif en place reste constant : 4 coffreurs, 2 ferrailleurs, 5 maçons. le calcul mesure ce que produit le chantier tel qu'il est aujourd'hui, sans renfort ni redéploiement → les durées obtenues sont celles du scénario « on ne change rien ». Le contrôle est le pointage hebdomadaire. L'hypothèse est volontairement conservatrice : elle sert à établir le diagnostic, non la solution — c'est précisément parce que ce scénario ne tient pas qu'un renfort devra être dimensionné. garantie par la pièce nº3, état de l'effectif au 02/07/2027
- Les 6,57 h productives par jour valent pour les trois métiers. tous les compagnons relèvent du même horaire collectif, subissent la même pause de récupération et le même abattement de rendement en ambiance chaude → une seule valeur de cadence individuelle suffit pour les trois pôles. Le contrôle est la feuille d'heures. La valeur n'est pas une durée de présence : c'est ce qui reste une fois la pause et l'abattement retirés, et l'écrire ainsi évite l'erreur la plus fréquente du calcul d'effectif. garantie par le feuillet 2 et la pièce nº3
- Le retard est imputable au titulaire, et le marché se réfère au CCAG Travaux. la pénalité journalière de 1/3 000 n'est due qu'« en cas de retard imputable au titulaire » (art. 19.2.3), et le CCAG lui-même ne s'applique qu'aux marchés « qui s'y réfèrent expressément » (art. 1.1) → les deux conditions sont réunies ici, et elles conditionnent la totalité du chiffrage financier. Le contrôle est la lecture du CCAP, qui peut déroger au CCAG et fixer un autre taux, un autre plafond ou un autre décompte. Si une partie du retard provenait d'une cause étrangère au titulaire, l'assiette en jours devrait être réduite d'autant. garantie par la pièce nº1, extrait du marché
Domaine d'emploi : ce chiffrage vaut pour un marché public de travaux se référant expressément au CCAG Travaux, un effectif constant réparti en pôles parallèles, et un délai contractuel non prolongé. Il ne vaut plus dès qu'un ordre de service notifie une prolongation de délai — le CCAG prévoit d'ailleurs ce mécanisme pour les intempéries, la prolongation étant « notifiée au titulaire par un ordre de service qui en précise la durée » (art. 18.2.3) —, ni si le CCAP substitue ses propres pénalités à celles du CCAG, ni si les pôles doivent se succéder sur une même zone au lieu de travailler ensemble.
D'où elle découle : d'une division de charge par cadence. La charge est le crédit d'heures du métier ; la cadence journalière de son équipe est le produit du nombre d'ouvriers de ce métier par les heures qu'un ouvrier produit dans sa journée. L'arrondi au supérieur traduit qu'une journée entamée est une journée occupée.
- \( J_{\text{néc}} \) : jours ouvrés nécessaires au métier, entier
- \( H_{\text{métier}} \) : crédit d'heures du métier, en h
- \( N_{\text{place}} \) : ouvriers de ce métier présents, sans unité
- \( h_{\text{prod}} \) : heures productives par ouvrier et par jour, en h/jour
D'où elle découle : directement du CCAG Travaux, qui dispose qu'« en cas de retard imputable au titulaire dans l'exécution des travaux […] il est appliqué une pénalité journalière de 1/3 000 du montant hors taxes de l'ensemble du marché, de la tranche considérée ou du bon de commande » (art. 19.2.3). L'assiette est le montant HT du marché, le diviseur forfaitaire est fixé par le texte.
- \( p \) : pénalité journalière, en €/jour
- \( M \) : montant hors taxes du marché, en €
- \( 3\,000 \) : diviseur forfaitaire fixé par l'article 19.2.3 du CCAG Travaux, sans unité
Application numérique
- \( H_{\text{coff}} = 1\,614{,}75 \text{ h} \) ; \( H_{\text{fer}} = 873{,}60 \text{ h} \) ; \( H_{\text{maç}} = 2\,115{,}00 \text{ h} \) feuillet 1
- \( h_{\text{prod}} = 6{,}57 \text{ h/jour} \) ; \( J_{\text{o}} = 44 \text{ jours ouvrés} \) feuillet 2
- 4 coffreurs, 2 ferrailleurs, 5 maçons en place pièce nº3 — état de l'effectif au 02/07/2027
- \( M = 1\,500\,000 \text{ € HT} \) ; achèvement contractuel le 24/09/2027 pièce nº1 — extrait du marché et du planning contractuel
Le dénominateur, 26,28 h par jour, est la cadence de l'équipe de coffrage : quatre hommes qui produisent chacun 6,57 h utiles. Le crédit s'épuise en 61,44 jours, portés à 62. Ce sont déjà 18 jours ouvrés de plus que les 44 disponibles, alors qu'il s'agit du métier le mieux doté des trois : le diagnostic est donc établi dès la première division, et il ne dépend d'aucune subtilité de décompte.
C'est le plus long des trois, et il provient du plus petit crédit d'heures. La cadence de l'équipe, 13,14 h par jour, est la moitié de celle des coffreurs, parce que deux ferrailleurs seulement sont en place. Un crédit deux fois plus léger divisé par une cadence deux fois plus faible donne une durée équivalente — et ici légèrement supérieure. Ce résultat désigne le pôle critique du lot : tant que les ferrailleurs restent deux, aucune action sur les autres métiers ne peut avancer la date de fin.
Le crédit le plus lourd du chantier, 2 115,00 h, sort néanmoins avant celui des ferrailleurs : 65 jours ouvrés contre 67. La cadence de l'équipe, 32,85 h par jour, est la plus élevée des trois parce que le pôle compte cinq hommes. Ce renversement du classement est le résultat le moins intuitif du feuillet, et c'est celui qu'il faut retenir : un tableau de quantités ne désigne jamais à lui seul le métier critique — il faut y adjoindre l'effectif.
Le retard du lot se mesure sur le métier qui décroche, donc sur les 67 jours des ferrailleurs, et non sur la moyenne ou sur la somme des trois. Vingt-trois jours ouvrés séparent le besoin de la ressource en temps. Reportés au calendrier à partir du 24/09/2027, en tenant compte de la fermeture estivale et du jour férié déjà décomptés dans les 44 jours ouvrés, ils placent la fin prévisible du lot au mercredi 27 octobre 2027. Cette date est le véritable livrable du feuillet : un retard exprimé en jours ouvrés ne se transmet pas à un maître d'ouvrage, une date de fin, si.
Cinq cents euros par jour de retard, quelle que soit la cause de ce retard dès lors qu'il est imputable au titulaire. L'ordre de grandeur mérite d'être rapporté au chantier : c'est approximativement ce que coûte une journée de présence de deux ouvriers, charges comprises. Autrement dit, la pénalité seule ne suffit pas à justifier un renfort — c'est en la cumulant sur la durée du retard qu'elle pèse, et c'est pour cela que le nombre de jours qu'on lui applique doit être exact.
Le décompte va de la date contractuelle, le 24/09/2027, à la date de fin prévisible, le 27/10/2027 : six jours pour finir septembre, puis vingt-sept jours d'octobre, soit 33 jours calendaires. On ne retire rien, ni les week-ends ni les jours fériés, parce que le CCAG l'interdit expressément. Le même retard s'exprime donc par deux nombres différents selon l'unité : 23 en jours ouvrés, qui est la mesure du chantier, et 33 en jours calendaires, qui est la mesure du marché. Confondre les deux est l'erreur chiffrée la plus coûteuse du feuillet.
Seize mille cinq cents euros, à provisionner dès maintenant si aucune mesure n'est prise. Le montant se lit comme un budget de rattrapage : toute action qui coûte moins que 16 500,00 € et qui ramène le chantier au 24/09 est rentable au seul titre de la pénalité — sans même compter les frais de chantier prolongés, la location de la grue et l'encadrement, qui courent eux aussi pendant les 33 jours. C'est ce raisonnement qui ouvre les feuillets suivants.
Le CCAG plafonne les pénalités à 10 % du montant hors taxes du marché : le plafond vaut ici 150 000 €, et les 16 500,00 € dus en restent très loin. Ce contrôle doit néanmoins être fait, et pour deux raisons. La première est qu'un plafond atteint change la nature de la discussion : au-delà, le maître d'ouvrage ne peut plus sanctionner par la pénalité et se tourne vers d'autres voies. La seconde est que le plafond donne l'échelle du risque contractuel maximal du lot — trois cents jours de retard, et la sanction cesse de croître.
Les trois barres du haut partent toutes du même point, le lundi 5 juillet, et se lisent en jours ouvrés à raison de dix jours pour soixante pixels. Le trait vertical marque les 44 jours ouvrés dont dispose le chantier jusqu'au 24 septembre : c'est la ressource, et elle est la même pour tout le monde. La partie de chaque barre qui dépasse ce trait est le déficit du métier, et le premier enseignement du dessin est que les trois barres le dépassent — aucun pôle ne tient la date à l'effectif actuel, le problème n'est donc pas localisé mais général. Le second enseignement est le classement, et il contredit l'intuition. La barre la plus longue n'est pas celle du métier qui porte le plus d'heures : les maçons, avec 2 115,00 h à exécuter, sortent à 65 jours, tandis que les ferrailleurs, avec 873,60 h seulement, sortent à 67. Ce sont les effectifs qui renversent l'ordre — cinq maçons contre deux ferrailleurs —, et c'est pourquoi le pôle critique du lot est le ferraillage. Toute la suite du dossier en découle : renforcer les coffreurs ou les maçons améliorerait leur confort de travail sans avancer d'une seule journée la fin du lot. La bande du bas change d'unité, et c'est là qu'il faut être attentif. Elle ne compte plus les jours de production mais les jours du calendrier, du 24 septembre au 27 octobre, à raison d'un jour pour douze pixels. Les 23 jours ouvrés de retard s'y étalent en 33 jours calendaires, parce que le décompte contractuel n'écarte ni les samedis, ni les dimanches, ni les jours fériés. Le même retard porte donc deux nombres, l'un pour le chantier et l'autre pour le marché, et c'est le second — le plus grand — qui se multiplie par les 500,00 € de pénalité journalière pour donner les 16 500,00 € dus. Le plafond contractuel, 150 000 €, reste très au-dessus : la sanction est réelle, elle n'est pas encore hors de proportion, et c'est précisément la fenêtre pendant laquelle une décision de rattrapage a encore un sens économique.
délai contractuel d'achèvement du lot 02 — pièce nº1, extrait du marché
| Forme | Ce qui est donné | Ce qui est cherché | Ce qui change dans la démarche |
|---|---|---|---|
| Directe | Les crédits d'heures par métier et l'effectif en place | Les jours nécessaires, le retard et son coût | Aucun changement — c'est le cas traité ci-dessus. |
| Inverse | La date contractuelle à tenir, et les 2 ferrailleurs en place | L'horaire quotidien qu'il faudrait leur imposer | On remonte l'équation à l'envers : on impose le nombre de jours et l'on cherche les heures productives, puis la présence, puis l'horaire hebdomadaire. Le résultat n'est pas seulement élevé — il est illicite. Traitée juste en dessous. |
| Condition modifiée | Le maître d'ouvrage notifie une prolongation par ordre de service | Le même retard et la même pénalité | Les 67 jours ouvrés nécessaires ne bougent pas d'un jour : ils dépendent des heures et de l'effectif, non du contrat. C'est la date de référence qui se déplace, et avec elle le retard et l'assiette de la pénalité, en tout ou partie selon la durée notifiée. Le CCAG prévoit expressément ce mécanisme pour les intempéries, la prolongation étant « notifiée au titulaire par un ordre de service qui en précise la durée » (art. 18.2.3) : sans ordre de service, il n'y a pas de prolongation, quelle que soit la réalité des intempéries. |
| Données incomplètes | Le dossier ne dit pas si le marché se réfère au CCAG Travaux | Le montant des pénalités de retard | Les 23 jours ouvrés de retard restent calculables, mais la pénalité ne l'est pas, et il faut le dire au lieu d'appliquer le 1/3 000 par habitude : « les stipulations du présent cahier des clauses administratives générales (CCAG) s'appliquent aux marchés qui s'y réfèrent expressément » (art. 1.1). On lit alors le CCAP, qui fixe ses propres pénalités, et l'on remonte le taux, l'assiette et le plafond avant tout chiffrage. |
Ce qui ne change jamais : la durée d'un ensemble de tâches parallèles est celle de la plus longue, et l'unité de temps qui sert à produire n'est pas celle qui sert à sanctionner. Le premier membre de cette phrase se retrouve partout où des équipes travaillent en même temps — métiers d'un lot, lots d'une opération, ateliers d'une préfabrication : on cherche le maximum, jamais la moyenne. Le second se retrouve partout où un contrat mesure un retard : le planning parle en jours ouvrés, le marché en jours calendaires, et la conversion entre les deux n'est jamais neutre.
La forme inverse, traitéeÉnoncé : la direction refuse tout renfort et demande de tenir malgré tout le 24 septembre avec les 2 ferrailleurs en place. Quel horaire faudrait-il leur imposer, et cet horaire est-il praticable ? Traitez-la avant d'ouvrir : c'est la question que pose toute direction travaux avant d'accepter un intérimaire.
Voir la résolution de la forme inverse
Le cheminement : on impose d'abord le nombre de jours, 44 au lieu de 67, et l'on cherche ce que chaque ferrailleur devrait produire — 9,93 h utiles par jour au lieu de 6,57. On remonte ensuite la chaîne du feuillet 2 dans l'autre sens : ces heures utiles sont ce qui reste après l'abattement de rendement de 10 %, d'où la division par 0,90, puis après la pause de récupération, d'où l'addition de 0,50 h. Le temps de travail effectif nécessaire atteint 11,53 h par jour, soit 57,65 h par semaine sur cinq jours.
Et la réponse est non, pour un motif de droit avant tout motif de coût. La durée quotidienne de travail effectif « ne peut excéder dix heures » (L. 3121-18) : 11,53 h la dépassent. Et « au cours d'une même semaine, la durée maximale hebdomadaire de travail est de quarante-huit heures » (L. 3121-20) : 57,65 h la dépassent de 9,65 h, ce qui n'est pas une marge d'appréciation mais une infraction à un plafond d'ordre public. Le scénario est donc illicite, et il l'est indépendamment de son prix : il ne s'écarte pas parce qu'il coûterait cher, il s'écarte parce qu'il est interdit. C'est l'enseignement principal de cette forme inverse — une équation peut avoir une solution mathématique et aucune solution admissible. Quand un horaire sort à plus de dix heures par jour, la question n'est plus « combien cela coûte-t-il ? » mais « avec combien d'ouvriers de plus ce chantier redevient-il légal ? ».
Les deux erreurs ci-dessous portent l'une sur la maille du calcul, l'autre sur l'unité du décompte. La première inverse le diagnostic et fait croire que le délai tient ; la seconde laisse une provision insuffisante de plusieurs milliers d'euros.
Trois questions, à traiter de tête et avant de cocher. Un feuillet de délai se lit vite et donne l'illusion d'être évident : ces trois-là vérifient qu'on a retenu la bonne règle et non le bon chiffre. Les trois jetons s'allument, et le feuillet reçoit son tampon.
Sur quel métier se lit le retard du lot ?
En quelle unité de jours la pénalité de retard se décompte-t-elle ?
Les ferrailleurs portent le plus petit crédit d'heures et sont pourtant le métier le plus lent. Pourquoi ?
Ce que ces trois questions vérifient ensemble : qu'on sait désigner le pôle qui commande une date, lire l'unité de temps qu'exige un contrat, et comprendre pourquoi le plus gros volume n'est pas le plus long. La première fixe la règle du parallélisme, et donc la seule cible utile d'un renfort. La deuxième protège une provision financière de plusieurs milliers d'euros en imposant de relire le marché avant de multiplier des jours par un montant. La troisième installe l'idée qu'une durée est toujours un quotient — c'est elle qu'il faudra avoir en tête au feuillet suivant, où l'on retournera l'équation pour chercher, non plus la durée à effectif donné, mais l'effectif à durée donnée.
Objet : déterminer métier par métier l'effectif qu'il faut mettre en place pour exécuter les quantités restantes dans les 44 jours ouvrés disponibles, compléter cet effectif par les manœuvres et par le poste de grutier, chiffrer le renfort à demander, puis vérifier que la grue à tour — ressource unique, partagée par les trois pôles — est capable de servir cet effectif sur la période.
- Crédits d'heures restants : \( H_{\text{coffreurs}} = 1\,614{,}75 \text{ h} \), \( H_{\text{ferrailleurs}} = 873{,}60 \text{ h} \), \( H_{\text{maçons}} = 2\,115{,}00 \text{ h} \) — feuillet 1
- Capacité individuelle \( C_{\text{ind}} = 289{,}08 \text{ h} \), soit 6,57 h productives par jour sur 44 jours ouvrés — feuillet 2
- Temps disponible à la production \( t_{\text{dispo}} = 7{,}30 \text{ h/jour} \), soit le temps de travail effectif de 7,80 h diminué de la pause de récupération — feuillet 2
- Avec l'effectif en place, le ferrailleur décroche : 67 jours ouvrés nécessaires pour 44 disponibles, soit 23 jours ouvrés de retard — feuillet 3
- Effectif productif en place : 16 — 4 coffreurs, 2 ferrailleurs, 5 maçons, 4 manœuvres, 1 grutier — plus 2 chefs d'équipe non comptés dans les heures productives — pièce nº3
- Quantités et conditionnements : 2 060 m² de blocs de 20 cm, 520 m² de blocs de 10 cm, 168 m³ de béton à la benne, 35,2 t d'aciers — pièces nº4 et nº5
- Une seule grue à tour, cycle moyen complet \( c = 9{,}5 \text{ min} \) à la portée moyenne de 38 m — pièce nº5
Voir le résultat seul (auto-évaluation)
Dimensionner un effectif, c'est diviser une charge de travail par ce qu'un homme produit réellement sur la période considérée. Le principe est simple, mais il ne se pratique jamais globalement : un coffreur ne ferraille pas, un ferrailleur ne monte pas de blocs. Chaque métier a son crédit d'heures, sa propre équipe, et son propre quotient. Trois divisions séparées, donc, et non une seule — et trois quotients qui n'ont aucune raison de tomber sur un nombre entier d'hommes.
L'effectif ne s'arrête pas aux compagnons. Un chantier de gros œuvre fait travailler des ouvriers qui n'exécutent aucun ouvrage figurant au métré et sans lesquels rien ne sort de terre : les manœuvres, qui approvisionnent, élinguent, nettoient et servent les trois pôles, et le grutier, dont le poste est imposé par la seule présence d'une grue. Leur nombre ne se calcule pas par un temps unitaire — il n'existe pas de temps unitaire d'approvisionnement — il se déduit de la composition des équipes. À l'inverse, les deux chefs d'équipe encadrent et ne produisent pas : leurs heures ne s'imputent sur aucun crédit.
Reste le point qui fait basculer le feuillet. Un effectif ne se contente pas d'exister, il faut le servir. Chaque compagnon supplémentaire réclame des banches déplacées, des palettes montées, des bennes de béton hissées — tous mouvements qui passent par une seule et même grue. La production du chantier n'est donc pas bornée par la seule main d'œuvre : elle l'est aussi par la ressource partagée qui l'alimente. Il faut le vérifier, chiffres en main, avant de demander le renfort au service du personnel.
Le pôle A demande 3,022 ferrailleurs. Que retenez-vous ?
- 3 ferrailleurs : deux centièmes d'homme, c'est-à-dire rien.
- 4 ferrailleurs : un effectif ne se fractionne pas, et la fraction s'arrondit vers le haut.
- 3 ferrailleurs, et l'on trouve les 6,36 h manquantes ailleurs.
Ce qu'a retenu le bureau, et pourquoi
L'option 2, et il faut assumer qu'elle se paie. Les 0,022 ferrailleur représentent 6,36 h d'ouvrage sur toute la période : on embauche un homme entier, pour la période entière, à cause de six heures de ferraillage. Dit ainsi, cela paraît absurde ; c'est pourtant la seule position tenable, parce qu'un effectif est un nombre de présences, pas une quantité divisible. Il n'existe pas de trois-centièmes de ferrailleur à mettre sur un chantier, et il n'existe pas non plus de trois ferrailleurs qui produiraient, sur la période, plus que ce que trois ferrailleurs produisent.
L'option 1 est celle qui coûte le plus cher, précisément parce qu'elle ne coûte rien tout de suite. Effacer la fraction ne supprime pas l'ouvrage correspondant : les 6,36 h restent à exécuter, et elles reviennent à la fin de la période, au moment exact où le retard se paie en pénalités. Un déficit d'heures ne se dissout pas dans un arrondi ; il se déplace dans le temps, et il se déplace toujours vers la fin.
L'option 3 est intellectuellement la plus honnête des trois, et c'est pour cela qu'elle mérite d'être écartée explicitement plutôt qu'ignorée. Elle suppose qu'on identifie qui exécutera ces 6,36 h : un ferrailleur ne s'improvise pas, et le feuillet 1 a établi que les crédits d'heures ne sont pas interchangeables entre qualifications. Ces heures devraient donc être faites par les ferrailleurs eux-mêmes, en dehors de l'horaire collectif — c'est-à-dire en heures supplémentaires, qui obéissent à leurs propres plafonds. L'option ne supprime pas le problème, elle le déplace vers un examen de licéité. Devant six heures, le jeu n'en vaut pas la chandelle : on retient le quatrième ferrailleur, et l'on garde l'idée en réserve pour les arbitrages plus lourds.
Quatre notions séparent un quotient d'un effectif réellement mobilisable.
- Il faut un manœuvre pour trois compagnons. c'est un usage de métier, arrêté par l'abaque interne de l'entreprise : aucun texte ne le fixe, et il ne doit pas être présenté comme une règle normative. Il vaut pour un gros œuvre approvisionné à la grue, où le manœuvre élingue, guide, décharge et dessert plusieurs équipes dans la journée. Le contrôle est le pointage des chantiers antérieurs de l'entreprise. Il tombe si l'approvisionnement passe au chariot télescopique : le manœuvre y devient conducteur d'engin, et la composition d'équipe est à reprendre entièrement. abaque interne — pièce nº6
- La grue ne lève effectivement que 70 % de son temps d'ouverture. le coefficient d'utilisation de 0,70 est ajouté aux données : il couvre les attentes, l'élingage au sol, les déplacements à vide et les vérifications. Le contrôle serait un relevé d'enregistreur de cycles sur une semaine courante. Il tombe avec un dispositif d'anticollision automatisé, qui supprime une partie des attentes — et toute révision de ce coefficient déplace la capacité de levage dans la même proportion, donc le verdict du feuillet avec elle. donnée ajoutée, déclarée
- Un coffreur provoque 2,5 manutentions de banche par jour. cadence ajoutée aux données, observée sur des banches manuportées de 2,50 m — le même format que celui qui conditionne le temps unitaire de 0,35 h/m² retenu au feuillet 1, ce qui rend les deux valeurs cohérentes entre elles. Le contrôle est le carnet de bord de la grue. Elle tombe si les banches sont assemblées en trains : un train se déplace en un seul mouvement, et le poste de levage le plus lourd du chantier s'effondre. donnée ajoutée, déclarée
- Une seule grue dessert les deux bâtiments, avec un cycle moyen de 9,5 min. le cycle comprend l'élingage, le levage, l'orientation, la dépose et le retour à vide, à la portée moyenne d'utilisation de 38 m → tous les levages, quels que soient leur nature et leur poids, sont ramenés à cette durée moyenne unique. Le contrôle est le relevé de la pièce nº5. L'hypothèse est neutre tant que la répartition des levages entre points proches et points lointains reste celle observée ; elle serait à reprendre si un bâtiment était desservi en bout de flèche et l'autre au pied du mât. garantie par la pièce nº5
Domaine d'emploi : ce dimensionnement vaut pour un gros œuvre de logement collectif, à trame répétitive, servi par une grue à tour unique et approvisionné à pied d'œuvre. Il ne vaut pas pour un chantier servi par plusieurs grues, où le partage des zones et l'anticollision changent la nature du calcul, ni pour un ouvrage d'art, où les temps unitaires et la composition d'équipe n'ont rien de commun. La capacité individuelle de 289,08 h suppose enfin l'horaire collectif de 39 heures : tout changement d'horaire la modifie, et modifie donc l'effectif obtenu.
D'où elle découle : de la définition même de la capacité individuelle. Si un ouvrier produit \( C_{\text{ind}} \) heures d'ouvrage sur la période, alors \( N \) ouvriers en produisent \( N \times C_{\text{ind}} \) ; exiger que ce produit couvre la charge du métier donne le quotient, et l'indivisibilité d'un homme impose de remonter à l'entier supérieur.
- \( N_{\text{métier}} \) : effectif du métier, en ouvriers
- \( H_{\text{métier}} \) : crédit d'heures restant du métier, en h
- \( C_{\text{ind}} \) : capacité productive d'un ouvrier sur la période, en h
D'où elle découle : non pas d'un temps unitaire — il n'existe pas de temps unitaire d'approvisionnement — mais du ratio d'équipe retenu par l'entreprise : un manœuvre pour trois compagnons, l'entier supérieur étant retenu pour la même raison que précédemment.
- \( N_{\text{manœuvres}} \) : effectif de manœuvres, en ouvriers
- \( N_{\text{compagnons}} \) : total des ouvriers qualifiés à servir, en ouvriers
- 3 : ratio d'équipe retenu, sans unité
D'où elle découle : du temps pendant lequel la grue est réellement en mouvement — son temps d'ouverture affecté du coefficient d'utilisation — divisé par la durée d'un cycle complet, ce qui donne un nombre de levages par jour, multiplié enfin par le nombre de jours ouvrés. Le facteur 60 convertit les heures en minutes, unité dans laquelle le cycle est relevé.
- \( L_{\text{dispo}} \) : capacité de levage sur la période, en levages
- \( t_{\text{dispo}} \) : temps d'ouverture de la grue, égal au temps disponible à la production, en h/jour
- \( k_{\text{u}} \) : coefficient d'utilisation, sans unité
- \( c \) : durée d'un cycle complet, en min
- \( J_{\text{o}} \) : jours ouvrés de la période, en jours
Application numérique
- \( C_{\text{ind}} = 289{,}08 \text{ h} \) · \( J_{\text{o}} = 44 \) jours ouvrés · \( t_{\text{dispo}} = 7{,}30 \text{ h/jour} \) feuillet 2 — capacité productive individuelle
- 1 manœuvre pour 3 compagnons · 1 grutier imposé par la présence d'une grue pièce nº6 — composition d'équipe, usage de métier
- \( c = 9{,}5 \text{ min} \) · benne de 0,50 m³ · 10 blocs/m² · palettes de 50 et de 100 blocs · paquets d'aciers de 1,6 t · 92 levages de matériel pièce nº5 — moyens de levage et conditionnements
- \( k_{\text{u}} = 0{,}70 \) · 2,5 manutentions de banche par coffreur et par jour ajouté aux données — hypothèses déclarées
Le besoin exact vaut 5,586 coffreur : cinq hommes ne suffisent pas, six sont nécessaires. La fraction de 0,586 n'est pas un détail de présentation — c'est plus d'un demi poste, soit une part substantielle du crédit d'un homme sur la période. L'équipe en place compte 4 coffreurs : il en manque déjà 2 à ce seul pôle, et l'on n'a pas encore regardé les deux autres.
C'est le quotient le plus embarrassant du feuillet : 3,022. Vingt-deux millièmes d'ouvrier au-dessus de trois, c'est-à-dire 6,36 h d'ouvrage sur toute la période — moins d'une journée de travail d'un homme. Et pourtant l'effectif passe à quatre, parce qu'il n'existe pas de fraction d'ouvrier et que ces six heures doivent être exécutées par un ferrailleur. Le passage de 2 ferrailleurs en place à 4 double le pôle : c'est précisément le métier qui décrochait au feuillet 3.
La maçonnerie est le pôle le plus lourd en heures — 2 115,00 h — et c'est donc lui qui demande le plus d'hommes. Le quotient de 7,316 montre que le huitième maçon n'est pas de confort : sans lui, il resterait près d'un tiers de capacité individuelle d'ouvrage sur les bras à la fin de la période. L'équipe passe de 5 à 8, soit 3 maçons de renfort.
Cette addition-là est légitime, alors que celle des crédits d'heures ne l'était pas : on additionne des présences, pas des heures d'ouvrage. Dix-huit compagnons devront être présents chaque jour ouvré sur le chantier ; en revanche, on ne peut toujours pas déplacer l'un d'eux d'un pôle à l'autre, et le détail par métier reste la seule donnée exploitable pour la demande de personnel. C'est aussi le nombre qui commande, à lui seul, le calcul des manœuvres.
Le quotient tombe ici exactement sur un entier, ce qui est une coïncidence et non une règle : l'opérateur plafond reste indispensable dès que le nombre de compagnons n'est pas un multiple de trois. L'équipe en place compte 4 manœuvres, il en faut 2 de plus. Ce chiffre n'est pas négociable à la baisse sans conséquence : le temps unitaire du maçon, 0,85 h/m², est explicitement établi pour un ouvrage approvisionné à pied d'œuvre. Retirer un manœuvre revient à faire descendre un compagnon de son poste, donc à dégrader le temps unitaire qui a servi à calculer sa propre charge.
Dix-huit compagnons, six manœuvres et un grutier : le poste de grutier est imposé par la seule présence de la grue, il ne se calcule pas et ne se partage pas — une grue en service suppose un homme en cabine, quel que soit le nombre d'équipes servies. On obtient 25 ouvriers productifs. Les 2 chefs d'équipe s'ajoutent à la présence physique sur le chantier — 27 personnes au total — mais pas à l'effectif productif : ils encadrent et ne produisent aucune des heures d'ouvrage du métré.
La différence se fait entre deux effectifs de même nature — productifs contre productifs — et c'est ce qui la rend valide. Il faut 9 ouvriers de plus, dont 7 compagnons qualifiés : 2 coffreurs, 2 ferrailleurs, 3 maçons, auxquels s'ajoutent 2 manœuvres. Le grutier, lui, est déjà là. Ce chiffre de 7 compagnons qualifiés est le vrai enjeu de la demande : un manœuvre se trouve, un coffreur-bancheur expérimenté beaucoup moins, et l'agence d'intérim ne s'est engagée que sur 4 compagnons avant le 19 juillet.
Premier enseignement, et il est central : ce poste dépend de l'effectif. Chacun des 6 coffreurs provoque 2,5 mouvements de banche par jour, sur 44 jours ouvrés. Plus on met de coffreurs pour tenir le délai, plus on charge la grue — la solution au problème du pôle A alimente le problème du pôle C. C'est le poste de levage le plus lourd du chantier : 660 levages, à lui seul.
La chaîne de conversion se lit de gauche à droite : 2 060 m² de mur, 10 blocs par mètre carré — le bloc mesure 50 × 20 cm en dimensions de pose, joints de 5 mm compris —, et 50 blocs par palette. Chaque palette monte en un levage. Contrairement aux banches, ce poste ne dépend pas de l'effectif mais de la quantité d'ouvrage : il serait identique avec deux maçons ou avec vingt.
Même chaîne, mais avec 100 blocs par palette et non 50 : le bloc de 10 cm étant deux fois moins épais, il en tient deux fois plus sur la même palette. C'est le détail qui piège, parce qu'il est tentant d'appliquer le conditionnement du bloc de 20 cm aux deux lignes. Les 520 m² de cloisons ne pèsent que 52 levages sur le total, l'essentiel de la maçonnerie étant en épaisseur de 20 cm.
Seuls les 168 m³ non pompés passent par la grue ; les 344 m³ restants sont basculés à la pompe et ne coûtent aucun levage. Avec une benne à manche de 0,50 m³, chaque mètre cube réclame deux levages, et le poste atteint 336 mouvements. Ce chiffre-là ne dépend ni de l'effectif ni de la quantité d'ouvrage, mais d'une décision de mode opératoire arrêtée au 02/07 — c'est une donnée d'organisation, non une donnée physique.
Les 35,2 t d'aciers — 13,6 t de voiles, 18,4 t de planchers, 3,2 t de poteaux et poutres — arrivent en paquets de 1,6 t, ce qui donne 22 levages ; l'arrondi par excès s'applique aussi ici, un paquet entamé se levant comme un paquet plein. S'y ajoutent les 92 levages de matériel relevés par le chef de chantier : étais, tables de coffrage, garde-corps, bennes à gravats. Le total du poste reste modeste — 114 levages, moins du dixième du besoin.
1 574 mouvements à faire passer par un seul crochet sur la période. La hiérarchie des postes mérite d'être retenue : les banches viennent en tête (660), puis les palettes de blocs (412 et 52), puis les bennes de béton (336), le matériel fermant la marche (114). Un seul de ces postes dépend de l'effectif, un seul dépend d'une décision de mode opératoire, les autres sont imposés par les quantités restant à exécuter.
La grue ouvre sur la journée de l'équipe : 7,80 h de travail effectif, dont il faut retirer la pause de récupération de 0,50 h liée à la chaleur — pendant celle-ci personne n'élingue au sol ni ne réceptionne en hauteur, donc la grue ne lève pas. Son temps d'ouverture s'établit ainsi à 7,30 h, le temps disponible à la production, et non aux 7,80 h de travail effectif. En revanche, l'abattement de rendement de 10 % ne s'applique pas ici : il traduit la perte de cadence d'un ouvrier en ambiance chaude, pas un ralentissement de la machine, et la lenteur des hommes est déjà couverte par le coefficient d'utilisation.
Sur 7,30 h d'ouverture, la grue n'est en mouvement que 5,11 h : le reste se passe à attendre l'élingage, le dégagement d'une zone, l'accord du chef de manœuvre, ou à effectuer des vérifications. C'est l'hypothèse la plus lourde de conséquences du feuillet, et elle est déclarée comme telle : elle est ajoutée aux données, non tirée d'un texte. Elle retire à elle seule 2,19 h, soit plus de deux heures de levage par jour.
Les 5,11 h sont converties en minutes — unité dans laquelle le cycle est relevé — puis divisées par les 9,5 min d'un cycle complet. La grue effectue donc un peu plus de 32 levages par jour, soit un toutes les 9,5 minutes de levage effectif, c'est-à-dire 13,6 minutes d'ouverture par levage — un peu moins d'un quart d'heure. L'ordre de grandeur est parlant : c'est peu, au regard de trois pôles qui travaillent simultanément et qui réclament tous le crochet.
La valeur de 32,27 levages est un affichage arrondi au centième ; le produit est pris sur la valeur non arrondie, soit 1 420,04, et l'on retient l'entier inférieur : le résultat s'établit à 1 420 levages entiers sur la période. C'est le plafond absolu du pôle C : quoi qu'il arrive au pôle A et au pôle B, aucun mouvement supplémentaire ne franchira le crochet au-delà de ce nombre, sauf à modifier le cycle, l'ouverture ou le nombre de grues.
110,8 % : on demande à la grue plus qu'elle ne peut donner. Le dépassement n'est pas marginal, et il ne se rattrape pas « en poussant un peu », puisque le coefficient d'utilisation de 0,70 intègre déjà les temps morts. Un taux supérieur à 100 % n'a d'ailleurs aucune réalité physique : la grue ne dépassera pas sa capacité, ce sont les équipes qui attendront au pied du bâtiment, et le délai qui s'allongera d'autant.
Le pourcentage impressionne, le déficit en levages parle davantage au chantier : 154 mouvements n'auront pas lieu dans la période. À 32,27 levages par jour, cela représente près de cinq journées entières de grue — cinq journées pendant lesquelles des banches restent au sol, des palettes attendent sur l'aire de stockage et des bennes ne montent pas. Le chiffre à retenir pour l'arbitrage n'est donc pas 110,8 %, c'est 154 : c'est le nombre de mouvements qu'il faudra supprimer ou reporter.
La moitié haute du schéma donne l'équipe telle qu'elle devrait se présenter chaque matin : 6 coffreurs et 4 ferrailleurs au pôle A, 8 maçons au pôle B, 1 grutier au pôle C, et 6 manœuvres qui n'appartiennent à aucun des trois puisqu'ils les servent tous. La longueur des barres se lit directement, un ouvrier valant 18 pixels : la maçonnerie est le pôle le plus fourni, le levage le plus léger — un seul homme —, et c'est déjà un avertissement, car un pôle qui ne compte qu'une personne et qu'une machine ne dispose d'aucune réserve. Les 2 chefs d'équipe figurent en toutes lettres sous la barre de total, hors des barres elles-mêmes : ils sont présents sur le chantier mais ne produisent aucune des heures du métré, et les compter reviendrait à créer deux producteurs fictifs. La moitié basse répond à la seule question qui vaille une fois l'équipe constituée : cette équipe peut-elle être servie ? La barre de capacité s'arrête à la ligne des cent pour cent, par construction — c'est tout ce que la grue sait faire en 44 jours ouvrés. La barre du besoin la franchit visiblement, et c'est là que le feuillet bascule. On tient là un résultat que l'arithmétique des heures ne pouvait pas produire : un effectif peut être exact et rester inutilisable. Les 25 ouvriers sont justes au regard des quantités à exécuter, chacun est nécessaire, aucun n'est en trop — et pourtant, mis ensemble sur ce chantier, ils réclament 1 574 mouvements de grue quand la machine n'en délivre que 1 420. Le dépassement de 154 levages ne se manifestera pas par une panne ni par un refus : il se manifestera par des files d'attente au pied du bâtiment, par des équipes qui patientent, par une productivité réelle inférieure aux temps unitaires de l'abaque — et donc par un retard supplémentaire, alors même que le renfort aura été payé. C'est le propre d'un goulot d'étranglement : il ne se voit pas dans les calculs de chaque pôle pris isolément, il n'apparaît qu'au moment où l'on additionne ce que tous les pôles demandent à la même ressource.
capacité établie sur le cycle moyen de 9,5 min de la pièce nº5 et sur le coefficient d'utilisation de 0,70 ajouté aux données
| Forme | Ce qui est donné | Ce qui est cherché | Ce qui change dans la démarche |
|---|---|---|---|
| Directe | Les crédits d'heures par métier et la capacité individuelle | L'effectif à mettre en place et sa servabilité | Aucun changement — c'est le cas traité ci-dessus. |
| Inverse | Un effectif plafonné à 21 ouvriers productifs par l'agence d'intérim | L'horaire hebdomadaire qui permet de tenir la même charge | Ce n'est plus l'effectif qui est cherché mais la capacité individuelle, dont l'horaire se déduit. Et comme l'effectif est une fonction en escalier de l'horaire, on ne résout pas par une division : on remonte l'horaire jusqu'à ce que la marche tombe. Traitée juste en dessous. |
| Condition modifiée | Les banches sont assemblées en trains au lieu d'être manuportées | Le même besoin de levage | La cadence de 2,5 manutentions par coffreur et par jour tombe : elle a été observée sur des banches manuportées de 2,50 m, et un train se déplace en un seul mouvement. Les 660 levages de banches, premier poste du besoin, sont à réétablir sur une cadence relevée dans la nouvelle organisation — sans elle, aucun chiffre ne peut être avancé. L'effectif, lui, ne bouge pas : il ne dépend pas du mode de levage. |
| Données incomplètes | Une grue dont le cycle moyen n'a pas été relevé | La servabilité de l'effectif | Le calcul s'arrête au besoin : les 1 574 levages restent établis, mais la capacité devient indéterminée et la comparaison impossible. On demande le cycle moyen à la portée d'utilisation réelle et le coefficient d'utilisation retenu, sans lesquels aucun verdict de servabilité ne peut être rendu — et l'on se garde d'annoncer un effectif comme s'il était acquis. |
Ce qui ne change jamais : un effectif ne vaut que ce que vaut la ressource qui le sert. Nommer cet invariant permet de reconnaître la question partout où plusieurs équipes dépendent d'un moyen unique : une grue, une bétonnière, un monte-matériaux, un poste de découpe, une aire de stockage, un accès de camion. La grandeur change, la démarche ne change pas — on dimensionne les équipes sur la charge, puis on vérifie le passage par le goulot, et c'est le plus contraignant des deux qui commande le délai.
La forme inverse, traitéeÉnoncé : l'agence d'intérim fait savoir qu'elle ne pourra pas porter l'effectif productif au-delà de 21 ouvriers, toutes qualifications confondues. À charge d'heures inchangée, quel horaire hebdomadaire faut-il adopter pour que 21 ouvriers suffisent ? Traitez-la avant d'ouvrir : la réponse ne s'obtient pas par une règle de trois.
Voir la résolution de la forme inverse
Le raisonnement. Augmenter l'horaire augmente la présence journalière, donc les heures productives, donc la capacité individuelle — et chaque quotient d'effectif baisse. Mais l'effectif est un entier : il ne baisse pas continûment, il tombe par marches, et il ne sert à rien de calculer un horaire « moyen ». On remonte donc l'horaire et l'on regarde où les marches tombent. À 44 h par semaine, elles tombent toutes les trois.
Ce que la forme inverse change. La réponse est 44 h par semaine, et le mécanisme mérite d'être regardé de près, car il est le plus instructif du feuillet. Cinq heures hebdomadaires de plus portent la capacité individuelle de 289,08 h à 328,68 h. Le coffreur, qui était à 5,586, passe à 4,913 : il franchit l'entier et l'effectif tombe de 6 à 5. Or le ratio d'équipe est indexé sur le nombre de compagnons — 15 au lieu de 18 — et les manœuvres tombent de 6 à 5 dans la foulée. Un seul compagnon supprimé en entraîne donc deux : c'est l'effet de palier propre aux effectifs induits.
Deux réserves, sans lesquelles la réponse serait fausse. D'abord, un horaire hebdomadaire supérieur à la durée légale ne se décide pas au tableur : il engage des heures supplémentaires, qui obéissent à des plafonds de durée du travail et à un contingent annuel. Le chiffre de 44 h est ici une réponse de dimensionnement, et sa licéité est un examen distinct, à mener avant toute mise en œuvre. Ensuite, la servabilité reste à vérifier : moins de coffreurs, c'est moins de manutentions de banches, donc une grue moins sollicitée — mais le besoin de levage doit être refait poste par poste avant d'en conclure quoi que ce soit. Une réponse d'effectif ne vaut jamais validation du chantier.
Les deux erreurs ci-dessous portent l'une sur le sens de l'arrondi, l'autre sur le périmètre de l'effectif. La première crée un déficit d'heures invisible sur le papier ; la seconde supprime les ouvriers sans lesquels les temps unitaires du dossier ne sont plus valables.
Trois questions, à traiter de tête et avant de cocher. Un corrigé limpide se lit d'un trait et donne l'illusion de savoir refaire : ces trois-là sont le seul moyen de le vérifier. Les trois jetons s'allument, et le feuillet reçoit son tampon.
L'effectif de 25 ouvriers productifs permet-il de tenir l'achèvement du 24/09/2027 ?
Le pôle A demande 3,022 ferrailleurs. Pourquoi en retenir 4 ?
Manœuvres et grutier : entrent-ils dans l'effectif à demander ?
Ce que ces trois questions vérifient ensemble : qu'on sait distinguer un effectif calculé d'un effectif servable, justifier le sens d'un arrondi par le sort des heures qu'il déplace, et tracer le périmètre exact de ce qu'on appelle un ouvrier productif. La première ferme le piège que tout le feuillet préparait : un compte d'heures bouclé ne fait pas un chantier tenable, tant que le passage par le goulot n'a pas été vérifié. La deuxième interdit de traiter l'arrondi comme une convention de tableur, alors qu'il s'agit d'une décision qui embauche un homme pour six heures d'ouvrage. La troisième rappelle que l'effectif se compare toujours à périmètre identique, et que les ouvriers qui ne figurent sur aucune ligne du métré sont précisément ceux dont l'absence invalide toutes les autres.
Objet : arrêter la solution de rattrapage. Écarter sur le droit le scénario des heures supplémentaires à effectif constant, dimensionner l'effectif à l'horaire retenu, vérifier les quatre bornes de durée du travail que le Code du travail impose, contrôler que la grue redevient capable de servir les équipes, puis comparer le coût du scénario retenu à celui du renfort seul et démontrer que l'horaire choisi est bien l'optimum économique.
- Crédits d'heures : coffreurs \( 1\,614{,}75 \text{ h} \), ferrailleurs \( 873{,}60 \text{ h} \), maçons \( 2\,115{,}00 \text{ h} \) — feuillet 1
- À 39 h : \( 6{,}57 \text{ h} \) productives par jour, capacité individuelle \( 289{,}08 \text{ h} \) — feuillet 2
- Période de rattrapage : 44 jours ouvrés, du 05/07 au 24/09/2027, soit 12 semaines civiles — feuillet 2
- Retard prévisible 23 jours ouvrés et 16 500,00 € de pénalités — feuillet 3
- Effectif nécessaire à 39 h : 25 productifs, soit 9 ouvriers de renfort dont 7 compagnons — feuillet 4
- Grue sollicitée à 110,8 % de sa capacité : le pôle C ne sert pas cet effectif — feuillet 4
- Effectif en place : 4 coffreurs, 2 ferrailleurs, 5 maçons, 4 manœuvres, 1 grutier — pièce nº3
- 118 h supplémentaires déjà consommées par salarié depuis le 1ᵉʳ janvier 2027, aucun accord collectif applicable — pièce nº3
- L'agence d'intérim ne peut fournir avant le 19 juillet que 5 ouvriers, dont au plus 4 compagnons — l'aléa
Voir le résultat seul (auto-évaluation)
Trois leviers seulement permettent de rattraper un retard de production : ajouter des ouvriers, allonger l'horaire, ou changer le mode opératoire. Le premier est bridé par l'agence d'intérim, qui n'annonce que 5 ouvriers dont 4 compagnons quand il en faudrait 9 dont 7. Le deuxième est bridé par la loi. Le troisième — basculer 120 m³ de béton de la benne vers la pompe — ne coûte que 2 500 € mais ne produit rien tout seul : il libère de la grue, pas des heures de compagnon. L'arbitrage consiste donc à doser les trois ensemble, et à démontrer que le mélange retenu est à la fois licite, servable et le moins cher.
La difficulté de ce feuillet n'est pas arithmétique, elle est juridique : il faut savoir lire quatre bornes qui ne se lisent pas de la même façon. Une durée quotidienne s'apprécie sur une journée, un plafond hebdomadaire sur une semaine prise isolément, une moyenne sur douze semaines consécutives, un contingent sur une année. La confusion la plus répandue consiste à traiter les quarante-quatre heures de l'article L. 3121-22 comme un plafond de chaque semaine : c'est faux, et cette erreur de lecture conduit soit à s'interdire un horaire parfaitement licite, soit à en autoriser un qui ne l'est pas.
Le résultat économique, enfin, est le moins intuitif du dossier. Allonger l'horaire fait courir des majorations de salaire, ce qui pousse le coût vers le haut ; mais il augmente la capacité de chaque ouvrier, ce qui fait tomber l'effectif par paliers entiers, ce qui pousse le coût vers le bas. Les deux effets ne varient pas de la même manière : le premier est continu, le second est en marches d'escalier. L'optimum ne se trouve donc ni à l'horaire le plus court, ni à l'horaire le plus long, mais sur une marche précise qu'il faut aller chercher en balayant tous les horaires possibles.
Trois horaires hebdomadaires restent sur la table, tous les trois licites au regard du plafond de semaine isolée. Lequel retenir ?
- 41 h — 23 ouvriers productifs, coût total 378 195,34 € : le moins d'heures supplémentaires possible.
- 44 h — 21 ouvriers productifs, coût total 357 546,40 € : l'horaire de la moyenne des douze semaines.
- 47 h — 21 ouvriers productifs, coût total 387 954,70 € : le maximum licite sur la période.
Ce qu'a retenu le bureau, et pourquoi
L'option 2, 44 h. La raison tient à la mécanique des paliers, et elle mérite d'être formulée précisément. Entre 41 h et 43 h, l'effectif reste bloqué à 23 ouvriers productifs : les heures supplémentaires se paient et n'achètent rien. C'est exactement à 44 h que le quotient des coffreurs franchit un entier — le besoin passe de 6 coffreurs à 5 — et comme les manœuvres se déduisent des compagnons à raison d'un pour trois, le passage de 18 à 15 compagnons fait tomber les manœuvres de 6 à 5. Deux ouvriers disparaissent d'un seul coup, et le coût plonge de 398 406,82 € à 357 546,40 €.
L'option 3 est le raisonnement « puisque c'est permis, autant en profiter ». Il est faux ici, et le tableau des horaires le montre chiffre en main : de 45 h à 47 h, plus aucun palier ne tombe — l'effectif reste figé à 21 ouvriers productifs — tandis que les majorations continuent de courir. Il faudrait atteindre 47,01 h pour supprimer le septième maçon, puisqu'à 47 h son quotient vaut encore 6,001. Chaque heure ajoutée au-delà de 44 h coûte donc environ 10 136 € sans rien faire gagner : 47 h revient à 387 954,70 €, soit 30 408,30 € de plus que 44 h pour exactement le même effectif et le même délai.
L'option 1 est l'intuition de prudence : moins d'heures supplémentaires, moins de majorations. Elle oublie que l'effectif, lui, augmente — 23 ouvriers au lieu de 21 — et que deux ouvriers de plus payés sur toute la période coûtent davantage que les majorations économisées. À 41 h le coût atteint 378 195,34 €, soit 20 648,94 € de plus qu'à 44 h. Le tableau présente d'ailleurs une forme en dents de scie qu'il faut savoir lire : 41 h est bien meilleur que 42 h et 43 h, parce qu'il est le premier horaire du palier à 23 ouvriers ; mais un creux local n'est pas un optimum. La seule façon honnête de trancher est de balayer tous les horaires entiers de 39 h à 47 h, ce que fait la figure de ce feuillet.
Quatre plafonds encadrent l'horaire d'un ouvrier de chantier. Ils ne se lisent pas de la même façon : chacun a sa période de référence, et c'est elle, bien plus que le nombre d'heures affiché, qui commande la vérification à faire.
- L'horaire de 44 h est réparti sur 5 jours et s'applique à toutes les semaines travaillées de la période. la période compte 12 semaines civiles dont 3 de fermeture estivale : il reste 9 semaines travaillées, dont 8 complètes et celle du 14 juillet réduite à 4 jours → chaque journée pèse \( 44 \div 5 = 8{,}80 \text{ h} \) de présence, donc de temps de travail effectif, et le décompte des heures supplémentaires se fait semaine par semaine, jamais en moyenne. Le contrôle est le planning contractuel et le registre des horaires. L'hypothèse tomberait si l'horaire était réparti sur 4 jours : la journée passerait à 11 h de temps de travail effectif, au-delà des 10 h que l'article L. 3121-18 admet. garantie par l'horaire collectif affiché
- Aucun accord collectif sur les heures supplémentaires n'est applicable à l'opération. l'article L. 3121-33 confie à une convention ou un accord d'entreprise, ou à défaut de branche, le soin de fixer les taux de majoration et le contingent → en l'absence d'un tel accord, ce sont les dispositions supplétives qui s'appliquent : majoration de 25 % pour les huit premières heures et 50 % au-delà (L. 3121-36), contingent de 220 h (D. 3121-24). Le contrôle est la consultation des accords applicables à l'établissement. Si un accord existait, les taux et le contingent changeraient, et les quatre contrôles de ce feuillet devraient être refaits avec ses valeurs. garantie par la pièce nº3
- Le contingent se contrôle sur le salarié le plus chargé, à 118 h consommées. le contingent est un compteur individuel, « par salarié » selon les termes mêmes de l'article D. 3121-24 → il faut le vérifier sur celui qui en a consommé le plus, faute de quoi un dépassement individuel passerait inaperçu derrière une moyenne d'équipe. Les 5 ouvriers de renfort, qui n'arrivent qu'en cours de période, sont nécessairement en deçà. Le contrôle est le compteur d'heures supplémentaires tenu par la paie. L'hypothèse tomberait si un salarié affichait un compteur supérieur à 118 h : sa situation devrait alors être examinée à part. garantie par l'état de l'effectif
- Le renfort de 5 ouvriers, dont 4 compagnons qualifiés, est effectivement mis à disposition avant le 19 juillet. le scénario retenu demande exactement 1 coffreur, 1 ferrailleur, 2 maçons et 1 manœuvre → il épouse à l'unité près ce que l'agence annonce pouvoir fournir, et il n'existe aucune marge : un compagnon manquant, et le crédit d'heures de son métier ne passe plus dans la période. Le contrôle est la confirmation écrite de l'agence, à obtenir avant d'engager l'horaire majoré. L'hypothèse tombe si la mise à disposition glisse au-delà du 19 juillet : il faudrait alors reprendre le calcul sur une période raccourcie. hypothèse déclarée, à confirmer par l'agence
Domaine d'emploi : cet arbitrage vaut pour une entreprise sans accord collectif sur les heures supplémentaires, dont l'horaire collectif est de 39 h, sur une période de rattrapage de 12 semaines civiles comprenant 3 semaines de fermeture et 1 jour férié. Il ne vaut pas pour une entreprise couverte par un accord — les taux et le contingent y sont conventionnels — ni pour une période plus longue, où la fenêtre de douze semaines la plus chargée ne serait plus la même, ni pour un horaire réparti sur un nombre de jours différent de cinq. Le coût comparé vaut pour les seuls taux de la pièce nº6 et pour un coefficient de facturation d'intérim de 1,95 appliqué à toutes les heures.
D'où elle découle : de la chaîne qui va de l'horaire payé à l'ouvrage réellement produit. On part du temps de travail effectif quotidien — l'horaire hebdomadaire divisé par le nombre de jours travaillés —, on retranche la pause de récupération, qui reste du travail effectif au sens de l'article L. 3121-1 mais qui n'est pas disponible pour produire, puis on applique l'abattement de rendement lié à l'ambiance chaude ; il ne reste qu'à multiplier par le nombre de jours ouvrés de la période.
- \( C_{\text{ind}} \) : capacité de production d'un ouvrier sur la période, en h
- \( H_{\text{hebdo}} \) : horaire hebdomadaire de présence, donc de temps de travail effectif, en h/semaine
- \( J_{\text{sem}} \) : nombre de jours travaillés dans la semaine, sans unité
- \( t_{\text{pause}} \) : pause de récupération, payée mais non disponible pour produire, en h/jour
- \( a \) : abattement de rendement en ambiance chaude, sans unité
- \( J_{\text{o}} \) : jours ouvrés de la période, sans unité
D'où elle découle : directement de la lettre de l'article L. 3121-22, qui vise « une période quelconque de douze semaines consécutives ». La borne ne porte donc pas sur une semaine, mais sur la moyenne arithmétique de douze semaines qui se suivent — et comme la période est « quelconque », il faut faire glisser la fenêtre d'une semaine à la fois et retenir la moyenne la plus élevée qu'elle produit.
- \( \overline{h}_{\text{f}} \) : durée hebdomadaire moyenne de la fenêtre, en h/semaine
- \( h_{i} \) : durée effectivement travaillée la \( i \)-ème semaine de la fenêtre, en h
- \( i \) : rang de la semaine dans la fenêtre glissante, sans unité
D'où elle découle : de l'article L. 3121-30, aux termes duquel « les heures prises en compte pour le calcul du contingent annuel d'heures supplémentaires sont celles accomplies au delà de la durée légale ». Chaque semaine apporte donc au compteur ce qu'elle dépasse la durée légale de 35 h fixée par l'article L. 3121-27 — et rien lorsqu'elle reste en dessous, d'où la fonction qui prend le plus grand des deux termes.
- \( H_{\text{cont}} \) : contingent consommé à la fin de la période, en h
- \( H_{\text{ant}} \) : heures supplémentaires déjà consommées depuis le début de l'année, en h
- \( h_{k} \) : durée de travail de la \( k \)-ème semaine de la période, en h
- \( H_{\text{lég}} \) : durée légale hebdomadaire, en h/semaine
- \( n \) : nombre de semaines de la période, sans unité
Application numérique
- Crédits d'heures : \( 1\,614{,}75 \text{ h} \) · \( 873{,}60 \text{ h} \) · \( 2\,115{,}00 \text{ h} \) feuillet 1 — coffreurs, ferrailleurs, maçons
- \( J_{\text{o}} = 44 \) jours ouvrés · 12 semaines civiles dont 3 de fermeture feuillet 2 — décompte du 05/07 au 24/09/2027
- \( t_{\text{pause}} = 0{,}50 \text{ h/jour} \) · \( a = 0{,}10 \) données ajoutées — pause de récupération et abattement de rendement, décidés par l'entreprise
- \( H_{\text{ant}} = 118 \text{ h} \) · aucun accord collectif applicable pièce nº3 — condition qui rend applicables les valeurs supplétives
- \( 34{,}50 \text{ €/h} \) · \( +25 \) % \( \rightarrow 43{,}125 \text{ €/h} \) · \( +50 \) % \( \rightarrow 51{,}75 \text{ €/h} \) pièce nº6 — taux supplétifs de L. 3121-36, applicables à défaut d'accord
- Intérim : \( 34{,}50 \times 1{,}95 = 67{,}275 \text{ €/h} \), majorations comprises pièce nº6 — coefficient de facturation de l'agence
- Grue : cycle \( 9{,}5 \) min · coefficient d'utilisation \( 0{,}70 \) · benne \( 0{,}50 \text{ m}^3 \) pièce nº5 et donnée ajoutée — moyens de levage
- Pompe à béton : \( 2\,500{,}00 \text{ €} \) pour \( 120 \text{ m}^3 \) basculés pièce nº6 — deux demi-journées à 60 m³
On renverse ici le calcul du feuillet 4 : au lieu de partir de la capacité pour trouver l'effectif, on impose l'effectif pour trouver la capacité qu'il faudrait. Les 4 coffreurs en place devraient produire 9,17 h d'ouvrage par jour chacun, là où l'horaire de 39 h n'en produit que 6,57. Il faut retenir que ces 9,17 h sont du temps productif, c'est-à-dire de l'ouvrage réellement exécuté, et non du temps de travail effectif : la pause de récupération et l'abattement de rendement s'y ajoutent encore, et c'est ce qui rend la suite du calcul si sévère.
La chaîne se remonte dans l'ordre inverse de la production : on divise le temps productif par le rendement de 0,90 pour obtenir le temps disponible à la production, soit 10,19 h par jour, puis on ajoute la pause de récupération de 0,50 h pour obtenir le temps de travail effectif, soit 10,69 h par jour, et l'on multiplie par les 5 jours de la semaine. Deux bornes sont franchies d'un coup : le temps de travail effectif de 10,69 h dépasse les 10 h de l'article L. 3121-18, et l'horaire de 53,47 h dépasse les 48 h de l'article L. 3121-20 de 5,47 h.
Le ferrailleur est le métier qui décroche, comme au feuillet 3 : ils ne sont que deux pour 873,60 h. Il faudrait leur demander 9,93 h d'ouvrage par jour, soit 11,03 h de temps disponible à la production et 11,53 h de temps de travail effectif quotidien — c'est-à-dire une journée qui commencerait à sept heures et se terminerait à dix-neuf heures, pause déjeuner en sus. À 57,65 h par semaine, le dépassement du plafond absolu atteint 9,65 h, soit un cinquième de plus que ce que la loi tolère au maximum. Aucun aménagement, aucune dérogation d'inspection du travail ne se discute à ce niveau d'écart.
Le troisième métier confirme le verdict : 55,91 h par semaine, soit 7,91 h au-dessus des 48 h, et un temps de travail effectif quotidien de 11,18 h qui excède lui aussi les 10 h admises par l'article L. 3121-18. Les trois métiers dépassent les deux bornes simultanément, et le scénario se retire du tableau — non parce qu'il coûterait trop cher, mais parce qu'il est illicite. C'est une distinction de méthode qui vaut au-delà de ce dossier : un scénario illicite ne se chiffre pas puis se compare, il s'élimine avant toute comparaison de coût.
Une heure de présence de plus par jour qu'à 39 h, où la journée valait 7,80 h. Sur un chantier de gros œuvre à Nice en été, cette heure supplémentaire se place le matin, avant les heures les plus chaudes : l'adaptation des horaires est précisément l'une des mesures que l'article R. 4463-3 cite pour réduire l'exposition à un épisode de chaleur intense. Retenons que ces 8,80 h sont du temps de travail effectif au sens de l'article L. 3121-1 : la pause de récupération se prend sur le chantier, le salarié restant à la disposition de l'employeur, elle est payée et elle fait partie de la durée que la loi plafonne. C'est donc bien 8,80 h, et non une valeur diminuée, qu'il faudra comparer aux 10 h du plafond quotidien.
Cette étape intermédiaire est une notion d'organisation, non de droit : la demi-heure de repos décidée au titre de l'évaluation des risques liés à la chaleur reste du travail effectif et reste payée, mais pendant ce temps l'ouvrier ne pose ni banche ni bloc. Il faut donc la retirer avant de mesurer ce que la journée peut produire, sans jamais la retirer du temps que la loi plafonne. Sur les 44 jours ouvrés, ces 0,50 h quotidiennes représentent 22,00 h par ouvrier, l'équivalent de près de trois journées d'ouvrage.
Le second prélèvement est de nature différente du premier : ce n'est pas un temps retiré mais un rendement appliqué. L'abattement de 10 % pour ambiance chaude ne raccourcit pas la journée, il réduit ce qu'on en tire — gestes plus lents, pauses d'hydratation, baisse de vigilance. On obtient 7,47 h d'ouvrage par jour, contre 6,57 h à 39 h. Une heure de présence en plus n'a donc rapporté que 0,90 h d'ouvrage : c'est le rendement marginal réel de l'heure supplémentaire, et il explique à lui seul pourquoi allonger l'horaire est un levier moins efficace qu'il n'y paraît.
Chaque ouvrier peut exécuter 328,68 h d'ouvrage d'ici au 24 septembre, contre 289,08 h à l'horaire de 39 h. Le gain de capacité est de 39,60 h par ouvrier, soit 13,7 %. C'est ce chiffre, et lui seul, qui va faire tomber des effectifs : la coïncidence entre les deux 44 — 44 h par semaine et 44 jours ouvrés — n'a aucune signification physique, ce sont deux grandeurs sans rapport qui se croisent dans ce dossier.
C'est le palier qui commande tout l'arbitrage. À 39 h, le quotient valait 5,586 et imposait 6 coffreurs ; à 44 h il tombe à 4,913 et n'en impose plus que 5. L'arrondi se fait toujours par excès, parce qu'un cinquième d'ouvrier ne coffre rien : le solde d'heures qu'il laisserait ne serait exécuté par personne. Ici le quotient passe sous 5 avec 8,7 centièmes de marge, c'est-à-dire 28,6 h d'ouvrage de réserve sur la période — l'équivalent de près de quatre jours de travail d'un homme.
Le métier qui commandait le délai à 39 h se détend nettement : le quotient tombe de 3,022 à 2,658, et l'effectif de 4 à 3. La différence de nature avec le cas précédent mérite d'être vue : à 39 h, l'arrondi ne travaillait que sur 22 millièmes d'ouvrier — un homme entier engagé pour 6,36 h d'ouvrage —, alors qu'ici il travaille sur 342 millièmes, soit 112 h. Le troisième ferrailleur est cette fois pleinement justifié, ce qui rend la décision beaucoup plus confortable à défendre devant la direction travaux.
Le pôle B passe de 8 maçons à 7. Son quotient de 6,435 est le plus éloigné de l'entier inférieur des trois : il reste 0,565 ouvrier de « remplissage », soit 185,7 h d'ouvrage que le septième maçon exécutera sans être pleinement chargé. C'est aussi ce qui explique pourquoi allonger encore l'horaire ne sert à rien : il faudrait faire descendre ce quotient sous 6,000, ce qui n'arrive qu'à partir de 47,01 h par semaine.
Quinze compagnons contre dix-huit à 39 h. La somme n'a de sens que parce que les trois nombres ont été calculés séparément, métier par métier : on ne peut jamais additionner d'abord les heures puis diviser, car un coffreur ne ferraille pas et un ferrailleur ne monte pas de blocs. C'est la règle posée au feuillet 1, et elle continue de commander ici.
Les manœuvres ne se calculent pas par un temps unitaire : leur travail — approvisionner, élinguer, nettoyer, servir les équipes — n'est pas attaché à une quantité d'ouvrage mais à la présence des compagnons. Leur nombre se déduit donc de la composition d'équipe, à raison d'un manœuvre pour trois compagnons. Le quotient tombe ici exactement sur un entier, ce qui rend le résultat parfaitement stable : c'est le seul chiffre de l'effectif qui ne doit rien à un arrondi. Il faut noter que ce ratio est un usage de métier, qu'aucun texte ne fixe.
Quinze compagnons, cinq manœuvres et le grutier, dont le poste est imposé : une grue, un grutier, quel que soit le nombre d'équipes servies. Vingt et un ouvriers productifs, contre 25 dans le scénario du renfort seul — soit 4 ouvriers de moins. Les deux chefs d'équipe s'y ajoutent sur le plan des présences, mais jamais sur celui des heures productives : ils encadrent, ils ne produisent pas. Le chantier comptera donc 23 personnes sur site.
Le détail compte davantage que le total. Les 11 compagnons en place — 4 coffreurs, 2 ferrailleurs, 5 maçons — doivent devenir 15 : il faut donc 4 compagnons, précisément 1 coffreur, 1 ferrailleur et 2 maçons. Les 4 manœuvres en place doivent devenir 5 : il faut 1 manœuvre. Le grutier est déjà là. Le besoin épouse exactement ce que l'agence annonce pouvoir fournir avant le 19 juillet — 5 ouvriers dont au plus 4 compagnons —, là où le renfort seul en réclamait 9 dont 7 et se heurtait à un mur. L'aléa d'intérim ne se contourne pas, il se satisfait.
Premier contrôle, le plus simple : aucune semaine du chantier ne dépasse 44 h de travail effectif, quand la loi en tolère 48 au cours d'une même semaine. La marge est de 4 h, soit 8,3 % du plafond. Ce contrôle se fait semaine par semaine et n'admet aucune compensation : une seule semaine à 49 h suffirait à le mettre en défaut, même si toutes les autres étaient à 35 h.
La grandeur à comparer est le temps de travail effectif, et lui seul : l'article L. 3121-18 vise « la durée quotidienne de travail effectif ». Elle vaut ici 8,80 h, pause de récupération comprise, puisque cette pause se prend sur le chantier, le salarié restant à la disposition de l'employeur. Ni le temps disponible à la production, 8,30 h, ni le temps productif, 7,47 h, ne doivent être opposés à ce plafond : ce sont des grandeurs d'organisation, et les comparer à une borne de droit conduirait à se croire conforme alors qu'on ne l'est pas. Avec 8,80 h contre 10 h, la marge est de 1,20 h, soit 12 % du plafond. Le repos quotidien de 11 heures consécutives exigé par l'article L. 3131-1 est également préservé : entre deux journées de 8,80 h, il reste 15,20 h.
C'est le contrôle le plus délicat du dossier, et le plus mal compris. Les 44 h de l'article L. 3121-22 ne sont pas un plafond hebdomadaire : c'est une moyenne sur « une période quelconque de douze semaines consécutives ». Il faut donc faire glisser une fenêtre de douze semaines et retenir la moyenne la plus élevée. À l'intérieur du chantier, toute fenêtre englobe soit les 3 semaines de fermeture, soit la semaine écourtée du 14 juillet, qui tirent la moyenne vers le bas. La fenêtre la plus chargée est celle qui réunit les 5 dernières semaines de la période, toutes à 44 h, et les 7 semaines suivantes, revenues à l'horaire habituel de 39 h : elle donne 41,08 h, soit 2,92 h de marge. Un raisonnement rapide — « nous sommes à 44 h, donc exactement à la limite » — conclurait à tort à une conformité de justesse ; en réalité la borne n'est pas serrée du tout, et il resterait de la place pour un horaire plus long si le contingent ne s'y opposait pas.
Le décompte se fait semaine par semaine, jamais en moyenne, parce que le contingent retient les heures accomplies au-delà de la durée légale de 35 h. Huit semaines complètes à 44 h apportent chacune 9 h. La semaine du 14 juillet, elle, ne compte que 4 jours ouvrés : le temps de travail effectif n'y atteint que \( 4 \times 8{,}80 = 35{,}20 \) h, elle ne produit donc que 0,2 h supplémentaire, et non 9. Les 3 semaines de fermeture n'en produisent aucune, et surtout elles n'en retirent aucune : un compteur ne se vide pas. La différence avec un décompte négligent est loin d'être anecdotique : traiter la semaine du 14 juillet comme une semaine complète reviendrait à lui compter 9 h là où elle n'en produit que 0,2, et à gonfler le compteur annuel de 8,8 h attribuées à une journée qui n'a pas été travaillée.
Le compteur ne démarre pas au premier jour du chantier mais au premier jour de l'année civile : 118 h avaient déjà été consommées par salarié depuis le 1ᵉʳ janvier 2027. Le total s'établit à 190,20 h pour un contingent de 220 h — 29,80 h de marge, soit 13,5 % du contingent. Deux conditions commandent ce chiffre et doivent être écrites à côté de lui : la valeur de 220 h ne vaut qu'à défaut d'accord collectif, et le contingent est un compteur individuel, à vérifier sur le salarié le plus chargé. C'est cette borne, et non les 48 h, qui limitera réellement l'horaire — la forme inverse de ce feuillet le démontre.
Le poste de levage le plus lourd du chantier est directement proportionnel au nombre de coffreurs : chacun d'eux fait déplacer 2,5 banches par jour. Supprimer un coffreur, c'est donc supprimer 110 levages sur la période — 660 avec 6 coffreurs, 550 avec 5. Voilà le premier effet, souvent oublié, d'une réduction d'effectif : elle allège aussi le moyen de levage qui les sert. Réduire l'effectif et désaturer la grue sont ici le même geste.
La benne de 0,50 m³ est le plus mauvais rapport entre le volume transporté et le temps de grue consommé : chaque mètre cube coûte deux levages complets. Basculer 120 m³ vers la pompe fait donc tomber ce poste de 336 à 96 levages, soit 240 levages économisés pour 2 500 €, soit environ 10,42 € le levage. C'est le levier le moins cher du dossier, et il ne consomme aucune heure de compagnon.
Quatre postes composent le besoin : les banches, les 464 palettes de blocs — 412 en 20 cm et 52 en 10 cm, quantités d'ouvrage qui ne dépendent pas de l'effectif —, les bennes et les 114 levages d'aciers et de matériel. Le besoin tombe de 1 574 à 1 224 levages, soit 350 de moins et une baisse de 22,2 %. Deux tiers de cette baisse viennent de la pompe, un tiers du coffreur en moins.
La grue ouvre 8,30 h par jour — le temps disponible à la production, soit 8,80 h moins la pause de récupération —, dont 70 % seulement sont du levage utile : le reste est constitué d'attentes, d'élingage, de déplacements à vide et de vérifications. Il reste 5,81 h, soit 348,60 minutes, que l'on divise par le cycle moyen complet de 9,5 minutes. La capacité passe de 32,27 à 36,69 levages par jour, soit 13,7 % de mieux — exactement le gain de l'ouverture allongée, puisque la capacité de la grue est proportionnelle à son temps d'ouverture.
La valeur de 36,69 levages est un affichage arrondi au centième ; le produit est pris sur la valeur non arrondie, soit 1 614,57, et l'on retient l'entier inférieur : une fraction de levage n'existe pas, et un demi-cycle interrompu à la fin d'une journée ne dépose aucune charge. La capacité s'établit à 1 614 levages contre 1 420 à 39 h, soit 194 levages de plus. Le mouvement est double et c'est ce qui sauve le pôle C : le besoin descend de 350 levages tandis que la capacité en gagne 194.
Le verdict du feuillet 4 est levé. La grue passe de 110,8 % — un déficit de 154 levages, c'est-à-dire des équipes à l'arrêt faute d'approvisionnement — à 75,8 %, soit 390 levages de réserve. Cette réserve n'est pas du luxe : elle absorbe les pannes, les journées de vent où la grue est consignée, et les reprises d'aléas. Il faut retenir qu'un effectif juste sur le papier ne vaut rien s'il n'est pas servable : le moyen de levage est une contrainte de production au même titre que la main-d'œuvre.
Ce contrôle doit être mené avant de chiffrer les coûts, car c'est lui qui établit que la location de pompe figure légitimement dans les deux scénarios. Dans celui du renfort seul, rien de ce qui commande le levage ne bouge : l'horaire reste à 39 h, donc l'ouverture de la grue et sa capacité restent à 1 420 levages sur la période ; l'effectif reste à 6 coffreurs, donc les manutentions de banches restent à 660. Le seul poste qui baisse est celui des bennes, et il ne baisse que par la bascule de 120 m³ vers la pompe, qui retire 240 levages : le besoin tombe de 1 574 à 1 334, pour 1 420 disponibles, soit 93,9 %. Sans cette bascule, le renfort seul resterait à 110,8 % et ne serait tout simplement pas approvisionnable : la pompe y est la condition même de faisabilité, non une option de confort. Le scénario retenu se trouve dans une situation différente, et la nuance mérite d'être dite : la baisse d'effectif y a déjà retiré 110 manutentions de banches, si bien que même sans pompe le besoin n'y serait que de \( 550 + 464 + 336 + 114 = 1\,464 \) levages pour 1 614 disponibles, soit 90,7 % — il passerait, de justesse. La pompe apporte donc une réserve au scénario retenu là où elle sauve l'autre ; elle pèse 2 500 € des deux côtés et ne fausse aucune comparaison.
On paie le temps de travail effectif, pas la production : ni la pause de récupération ni l'abattement de rendement ne se déduisent du bulletin de salaire. C'est une distinction essentielle et une source classique d'erreur de devis — 387,20 h payées pour 328,68 h d'ouvrage produit, soit un écart de 58,52 h par ouvrier, 15,1 % du temps payé. Ces 387,20 h se ventilent en trois tranches de taux, et cette ventilation se fait semaine par semaine, jamais sur le total : c'est l'étape la plus délicate du chiffrage. La période compte 9 semaines travaillées — 12 semaines civiles moins les 3 de fermeture —, dont 8 complètes à 44 h et celle du 14 juillet, réduite à 4 jours, soit \( 4 \times 8{,}80 = 35{,}20 \text{ h} \). Les heures normales sont plafonnées à la durée légale de 35 h par semaine, et la semaine courte n'apporte que 35 h à ce taux : \( 8 \times 35 + 35 = 315{,}00 \text{ h} \). Chaque semaine complète produit ensuite 9 h supplémentaires, dont les huit premières sont majorées de 25 % et la neuvième de 50 %, comme le prévoit l'article L. 3121-36 à défaut d'accord ; la semaine courte, elle, ne dépasse 35 h que de 0,20 h, qui relève du premier taux. D'où \( 8 \times 8 + 0{,}2 = 64{,}20 \text{ h} \) majorées à 25 % et \( 8 \times 1 = 8{,}00 \text{ h} \) majorées à 50 %. Le contrôle est immédiat : 315,00 + 64,20 + 8,00 redonne bien 387,20 h.
Les trois tranches établies ci-dessus — 315,00 h au taux normal, 64,20 h à +25 % et 8,00 h à +50 % — sont ici multipliées par leur taux, puis par les 16 salariés de l'entreprise, qui font tous le même horaire. Deux points de méthode. D'abord, les taux de 25 % et 50 % sont ceux que l'article L. 3121-36 prévoit à défaut d'accord : c'est la condition qui en commande l'emploi. Ensuite, le taux majoré de 25 % vaut exactement \( 34{,}50 \times 1{,}25 = 43{,}125 \) €/h ; l'arrondi à 43,13 €/h ne sert qu'à l'affichage, et l'on conserve la valeur exacte jusqu'au total, faute de quoi l'écart se compte en dizaines d'euros sur seize ouvriers.
L'heure d'intérim se facture au coefficient 1,95 appliqué à toutes les heures, majorations comprises : \( 34{,}50 \times 1{,}95 = 67{,}275 \) €/h, quel que soit le rang de l'heure dans la semaine. Un intérimaire coûte donc 95 % de plus qu'un ouvrier de l'entreprise à l'heure normale, mais seulement 30 % de plus qu'une heure majorée à 50 %. C'est ce qui rend l'arbitrage non trivial : l'heure supplémentaire d'un salarié en place reste moins chère que l'heure d'un intérimaire, ce qui pousse vers l'horaire long, tandis que l'effectif en marches d'escalier pousse vers l'horaire qui fait tomber un palier.
Trois postes et trois seulement : les salariés de l'entreprise, l'intérim, et la location de pompe. L'encadrement en est exclu, puisqu'il ne produit pas d'heures d'ouvrage et qu'il est identique dans les deux scénarios comparés. Le poste d'intérim pèse à lui seul 36,4 % du total : l'oublier ne relève pas du détail, c'est plus du tiers du coût de rattrapage qui disparaîtrait de la note.
À 39 h, la journée ne vaut que 7,80 h et la période 343,20 h payées par ouvrier, soit 44,00 h de moins qu'à 44 h. La ventilation obéit à la même règle, semaine par semaine, mais elle est bien plus simple. Chacune des 8 semaines complètes ne dépasse la durée légale que de 4 h — \( 39 - 35 \) —, ce qui reste sous les huit premières heures supplémentaires : aucune heure n'est majorée à 50 % dans ce scénario. Et la semaine du 14 juillet, avec ses 4 jours, ne totalise que \( 4 \times 7{,}80 = 31{,}20 \text{ h} \) : elle n'atteint même pas 35 h et ne produit donc aucune heure supplémentaire. D'où \( 8 \times 35 + 31{,}20 = 311{,}20 \text{ h} \) au taux normal et \( 8 \times 4 = 32{,}00 \text{ h} \) majorées à 25 %, dont la somme redonne bien 343,20 h.
Deux tranches de taux seulement, contre trois à 44 h : c'est tout l'effet d'un horaire plus court sur la masse salariale des salariés en place. Le poste s'établit à 193 862,40 €, soit 30 939,60 € de moins qu'à 44 h, une économie de 13,8 %. Il faut se garder d'en tirer une conclusion trop vite : cette économie est réelle mais partielle, et elle ne dit rien du coût total tant que le renfort n'est pas compté. C'est exactement là que se referme le piège de ce feuillet — le poste le plus visible n'est pas le poste décisif.
Le renfort seul réclame 9 intérimaires au lieu de 5, puisqu'il faut passer des 16 ouvriers en place à 25. Chacun revient à 23 088,78 € sur la période, au même coefficient de facturation de 1,95 appliqué à toutes ses heures. Le poste atteint 207 799,02 €, soit 77 554,62 € de plus que les 130 244,40 € du scénario retenu — et cela bien que chaque intérimaire y soit moins cher pris isolément, 23 088,78 € contre 26 048,88 €, puisqu'il ne fait que 39 h par semaine. Quatre têtes de plus emportent largement le calcul : c'est le nombre d'ouvriers, et non le prix de l'heure, qui commande le coût d'un rattrapage.
Les mêmes trois postes que pour le scénario retenu, construits de la même façon, ce qui rend la comparaison licite : on ne compare que des totaux établis à l'identique. La pompe figure des deux côtés, et l'étape précédente l'a établi chiffre en main — sans elle, le renfort seul resterait à 110,8 % de sollicitation et ne serait pas approvisionnable, si bien qu'il ne pourrait tout simplement pas être chiffré sans ce poste — ; l'encadrement, lui, est exclu des deux côtés. Les deux autres postes jouent en sens contraire : le poste des salariés en place est plus léger de 30 939,60 €, mais le poste d'intérim est plus lourd de 77 554,62 €. Le second l'emporte deux fois et demie sur le premier, et c'est ce rapport de forces qui fait basculer toute la comparaison.
Près de quarante-sept mille euros d'écart, sur un lot de 1 500 000 € HT : l'arbitrage d'horaire pèse 3,1 % du montant du marché. Il faut mesurer ce que cela représente : c'est presque trois fois le montant des pénalités de retard encourues — 16 500,00 € —, ce qui rappelle qu'un rattrapage mal arbitré peut coûter beaucoup plus cher que le retard qu'il évite.
Le scénario retenu est 11,53 % moins cher que le renfort seul, et il ne l'est pas parce que les heures y seraient moins chères — elles le sont davantage, puisqu'elles sont majorées — mais parce qu'il emploie 4 ouvriers de moins et 4 intérimaires de moins. Le raisonnement à retenir est là : sur un chantier, le coût de rattrapage se pilote par l'effectif bien plus que par le taux horaire.
La figure balaie les neuf horaires hebdomadaires entiers compris entre l'horaire collectif actuel, 39 h, et le maximum licite sur la période, 47 h. Elle montre d'abord une chose qui ne se devine pas : le coût ne décroît pas régulièrement quand l'horaire augmente, il dessine des dents de scie. La raison tient à la superposition de deux mécanismes de nature différente. Les majorations de salaire montent de façon continue, une heure après l'autre ; l'effectif, lui, ne baisse que par sauts, lorsque le quotient d'un métier franchit un entier. À l'intérieur d'un même palier d'effectif, le coût remonte donc régulièrement : c'est ce qu'on lit entre 41 h et 43 h, où l'effectif reste figé à 23 ouvriers et où le coût grimpe de 378 195,34 € à 398 406,82 €, soit plus de vingt mille euros dépensés pour rigoureusement aucun gain de production. Le premier horaire d'un palier est toujours le meilleur de ce palier, et c'est pourquoi 41 h forme un creux local trompeur. Le véritable minimum se trouve à 44 h, et pour une raison précise : c'est là que le besoin de coffreurs franchit un entier, passant de 6 à 5, ce qui fait tomber les compagnons de 18 à 15, ce qui fait à son tour tomber les manœuvres de 6 à 5 par le ratio d'un pour trois. Deux ouvriers disparaissent d'un seul coup, et le coût plonge à 357 546,40 €. Au-delà, la barre remonte inexorablement de 45 h à 47 h : plus aucun palier ne tombe — il faudrait 47,01 h pour supprimer le septième maçon —, si bien que chaque heure ajoutée coûte environ 10 136 € et n'achète rien. Il faut enfin lire la ligne du bas, qui porte l'enseignement juridique du feuillet : les neuf horaires de la figure sont tous licites au regard du plafond de 48 h d'une semaine isolée, et tous licites au regard de la moyenne de 44 h sur douze semaines consécutives ; ce qui arrête la série à 47 h n'est aucune de ces deux bornes, mais le contingent annuel d'heures supplémentaires, qui n'apparaît nulle part sur un planning et se tient à la paie.
L. 3121-18, L. 3121-20, L. 3121-22 et D. 3121-24 du Code du travail, à défaut d'accord collectif
| Forme | Ce qui est donné | Ce qui est cherché | Ce qui change dans la démarche |
|---|---|---|---|
| Directe | Un retard, un renfort bridé et une grue saturée | L'horaire, l'effectif et le mode opératoire à retenir | Aucun changement — c'est le cas traité ci-dessus. |
| Inverse | Les quatre bornes de durée du travail et le compteur d'heures déjà consommées | L'horaire hebdomadaire maximal licite sur la période | On ne part plus d'un horaire pour vérifier qu'il passe : on cherche le plus grand horaire qui passe. Le calcul se mène borne par borne, et la borne la plus basse l'emporte. Traitée juste en dessous. |
| Condition modifiée | Un accord d'entreprise ou de branche sur les heures supplémentaires est applicable | Le même arbitrage | Les valeurs supplétives disparaissent. L'article L. 3121-33 confie à l'accord le soin de fixer les taux de majoration — qui ne peuvent être inférieurs à 10 % — et de définir le contingent annuel. Les taux de 25 % et 50 % comme le contingent de 220 h cessent alors de s'appliquer : le coût des deux scénarios et le contrôle du contingent sont entièrement à refaire avec les valeurs de l'accord, et l'horaire maximal licite peut changer. |
| Données incomplètes | Un dossier qui ne donne pas les heures supplémentaires déjà consommées dans l'année | L'horaire licite | Le calcul s'arrête, et il faut le dire. Les trois premières bornes se vérifient encore, mais le contingent est un cumul annuel : sans le compteur au jour de la décision — 118 h ici —, la quatrième borne est indéterminée et aucun horaire majoré ne peut être engagé. On demande l'état des compteurs individuels à la paie, et l'on ne conclut pas avant. |
Ce qui ne change jamais : une borne de durée ne se lit jamais sans sa période de référence. Nommer cet invariant permet de reconnaître la question partout où une limite est affichée : un plafond de bruit qui s'apprécie sur huit heures et non sur l'instant, une charge admissible qui vaut par personne et non par équipe, une limite de rejet qui se mesure en moyenne journalière et non au pic. Le nombre affiché n'a de sens qu'avec la fenêtre de temps sur laquelle il se calcule ; deux bornes qui portent la même unité peuvent se lire de deux façons totalement différentes.
La forme inverse, traitéeÉnoncé : la direction travaux demande jusqu'où l'horaire pourrait être poussé si l'on voulait absolument gagner du temps. Quel est l'horaire hebdomadaire maximal licite sur cette période, et quelle est la borne qui l'arrête ? Traitez-la avant d'ouvrir : la réponse n'est pas 48 h.
Voir la résolution de la forme inverse
La réponse est 47 h, et c'est le contingent annuel qui borne — pas les 48 h. On teste les bornes une par une, en commençant par celles qui passent, puis on cherche l'horaire qui met en défaut la première d'entre elles.
Le cheminement. À 47 h de travail effectif, une semaine complète apporte 12 h au-delà de la durée légale de 35 h, et il y en a huit. La semaine du 14 juillet, réduite à quatre jours, ne donne que 37,60 h de travail effectif et n'apporte donc que 2,60 h. La période produit 98,60 h supplémentaires ; ajoutées aux 118 h déjà consommées, le compteur atteint 216,60 h pour un contingent de 220 h : il reste 3,40 h. C'est licite, mais de justesse.
Pourquoi 48 h ne passe pas, et ce qui casse exactement. À 48 h, la période produirait 107,40 h supplémentaires et le compteur atteindrait 225,40 h, soit 5,40 h au-dessus des 220 h. Il faut être précis sur la nature de cette infraction, car c'est là que se joue la compréhension du sujet : à 48 h, le plafond de la semaine isolée est exactement atteint et non dépassé, la moyenne sur douze semaines consécutives vaut \( \left( 5 \times 48 + 7 \times 39 \right) \div 12 = 42{,}75 \) h et reste sous les 44 h admis, et le temps de travail effectif quotidien vaut 9,60 h, sous les 10 h admises. Une seule borne est franchie, celle du contingent — mais une seule suffit à rendre l'horaire illicite.
Ce que la forme inverse enseigne. D'abord qu'une limite affichée n'est pas nécessairement la limite qui mord : les 48 h sont la borne la plus visible, et ce n'est pas elle qui arrête ce chantier. Ensuite que la borne qui mord dépend de l'histoire du salarié : sans les 118 h déjà consommées, le contingent autoriserait bien davantage, et c'est le compteur de paie, non le planning, qui commande. Enfin, que le maximum licite n'est pas le choix à faire : le chantier retient 44 h, qui laisse 29,80 h de marge au contingent au lieu de 3,40 h, et qui se trouve être en outre l'optimum économique — 47 h coûterait 387 954,70 € contre 357 546,40 €, soit 30 408,30 € de plus pour le même effectif de 21 ouvriers et la même date d'achèvement.
Le maître d'ouvrage notifie un avenant : le pôle B reçoit 340 m² de blocs béton de 20 cm supplémentaires, à exécuter dans la même période et sans prolongation de délai. L'horaire de 44 h et la capacité individuelle de 328,68 h sont inchangés. Reprenez la chaîne complète — heures, quotient, maçons, compagnons, manœuvres, effectif productif — et dites de combien d'ouvriers le chantier doit être renforcé. Traitez-la entièrement avant d'ouvrir.
Voir la réponse
Un maçon de plus, et un manœuvre de plus : l'effectif productif passe de 21 à 23 ouvriers. Le second n'est pas produit par l'avenant lui-même, mais par le ratio de composition d'équipe — et c'est le point qu'il ne faut surtout pas manquer.
Le cheminement, pas à pas. Les 340 m² se convertissent en heures par le temps unitaire de la maçonnerie de blocs de 20 cm, 0,85 h/m² : l'avenant pèse 289,00 h de travail de maçon, et rien d'autre — ni coffrage, ni ferraillage. Rapportées à la capacité individuelle de 328,68 h, ces heures représentent 0,879 ouvrier. Ce quotient s'ajoute à celui des maçons, qui valait 6,435 : le nouveau quotient atteint 7,314, et l'arrondi par excès porte le pôle B de 7 à 8 maçons. Les compagnons passent alors de 15 à 16 — 5 coffreurs, 3 ferrailleurs, 8 maçons.
L'effet en cascade, qu'il ne faut surtout pas oublier. Le ratio de composition d'équipe impose un manœuvre pour trois compagnons. Avec 15 compagnons, le quotient valait exactement 5,000 et donnait 5 manœuvres. Avec 16, il passe à 5,333 et l'arrondi par excès donne 6 manœuvres. Un seul compagnon supplémentaire suffit donc à faire basculer le poste des manœuvres : l'effectif productif passe à 16 + 6 + 1 = 23 ouvriers, soit deux de plus et non un. L'erreur naturelle est de ne compter que le maçon — elle sous-estime le renfort de 50 %, et surtout elle laisse le chantier sans personne pour approvisionner le huitième maçon, qui descendrait alors chercher ses propres blocs.
Ce que cela change pour le dossier. Le renfort à demander à l'agence passe de 5 à 7 ouvriers, dont 5 compagnons — au-delà des 4 compagnons que l'agence annonce pouvoir fournir avant le 19 juillet. L'avenant n'est donc pas seulement une quantité de plus : il remet en cause la faisabilité du scénario retenu, et il appelle soit une prolongation de délai, soit un horaire différent, soit une seconde source de main-d'œuvre. Il faut également reprendre le pôle C : 340 m² de blocs de 20 cm représentent des palettes supplémentaires à monter, donc des levages en plus sur une grue dont la réserve, à 75,8 %, existe mais n'est pas illimitée.
Les deux erreurs ci-dessous portent l'une sur la lecture des bornes légales, l'autre sur la composition du coût. La première fait engager un horaire illicite en croyant rester dans la loi ; la seconde fait annoncer à la direction un coût amputé de plus du tiers.
Trois questions, à traiter de tête et avant de cocher. Elles portent sur les trois points où ce feuillet se joue : la lecture d'une borne, la mécanique des paliers, et l'identification exacte de ce qui casse. Les trois jetons s'allument, et le feuillet reçoit son tampon.
Pourquoi retenir 44 h plutôt que 47 h, alors que les deux horaires sont licites ?
Les 44 h de l'article L. 3121-22 sont-elles un plafond hebdomadaire ?
À 48 h par semaine sur cette période, quelle borne est franchie ?
Ce que ces trois questions vérifient ensemble : qu'on sait choisir entre deux solutions également licites en raisonnant sur les paliers d'effectif et non sur le taux horaire, qu'on lit une borne légale avec sa période de référence au lieu de retenir le nombre qu'elle affiche, et qu'on nomme exactement la contrainte qui casse au lieu d'en invoquer plusieurs à l'aveugle. La première ferme le piège économique du feuillet : plus d'heures supplémentaires n'est ni toujours pire ni toujours mieux, cela dépend de la marche d'escalier sur laquelle on tombe. La deuxième ferme le piège juridique : quarante-quatre heures et quarante-huit heures ne sont pas deux plafonds de même nature. La troisième interdit l'approximation confortable qui consiste à déclarer plusieurs infractions quand il n'y en a qu'une — une affirmation fausse dans une note de méthodes en discrédite les affirmations justes.
BILAN FINAL DE LA MISSION
Le schéma se lit de gauche à droite comme la mission s'est déroulée. La rangée supérieure porte les trois pôles côte à côte, et le premier enseignement du dossier tient dans cette juxtaposition : les crédits d'heures y restent séparés. Le pôle A cumule 1 614,75 h de coffrage et 873,60 h de ferraillage, le pôle B 2 115,00 h de maçonnerie — ce sont trois comptes qui ne communiquent pas, parce qu'un maçon ne pose pas d'armatures et qu'un ferrailleur ne banche pas. Le pôle C ne se mesure pas en heures d'ouvrage mais en levages : 1 224 mouvements demandés pour 1 614 disponibles, ce qui en fait une contrainte d'un autre genre, une capacité de service et non une quantité de travail. La colonne centrale déroule ensuite la chaîne complète, et chaque flèche y est une opération : les quantités du métré deviennent des heures en passant par les temps unitaires de l'abaque ; les heures deviennent un effectif en passant par la capacité d'un seul ouvrier. Cette capacité est le maillon que l'on saute le plus souvent, et c'est celui qui décide de tout : sur 8,80 h de présence quotidienne, une demi-heure part en pause de récupération et un dixième du reste part en perte de rendement sous la chaleur, si bien qu'il ne reste que 7,47 h réellement productives, soit 328,68 h sur les 44 jours ouvrés de la période. Diviser un crédit d'heures par la présence payée au lieu de la production réelle revient à créditer chaque ouvrier de 1,33 h qu'il ne travaillera pas. Les deux barres inférieures sont dessinées à la même échelle annoncée, cent pour cent pour deux cents pixels, et le trait vertical marque la capacité de la grue : la barre rouge la dépasse de onze centièmes du trait de capacité, ce qui correspond aux 154 levages que la machine ne peut pas assurer, tandis que la barre bleue s'arrête nettement en deçà. Entre les deux, une seule décision : basculer 120 m³ de béton de la benne vers la pompe et ramener l'effectif de coffreurs de six à cinq en allongeant l'horaire. L'encart de droite fige cette décision et les quatre contrôles qui la rendent régulière ; le cartouche inférieur rappelle le constat de départ, ces 23 jours ouvrés de retard et ces 16 500,00 € de pénalité qui sont la raison d'être de toute l'étude.
RÉCAPITULATIF DES RÉSULTATS
| Question | Grandeur | Valeur | Critère | Statut |
|---|---|---|---|---|
| Q1 | Crédit d'heures par métier | 1 614,75 / 873,60 / 2 115,00 h | Ventilation par qualification | VÉRIFIÉ |
| Q2 | Heures productives par ouvrier | 7,80 h de travail effectif — 6,57 h productives, 289,08 h | Temps de travail effectif ≤ 10 h/jour (L. 3121-18) | VÉRIFIÉ |
| Q3 | Retard prévisible | 23 jours ouvrés — 16 500,00 € de pénalités | Achèvement contractuel 24/09/2027 | NON VÉRIFIÉ |
| Q4 | Effectif nécessaire et pôle goulot | 25 productifs — pôle C saturé, 1 574 levages pour 1 420 | Identifier le pôle qui commande le délai | VÉRIFIÉ |
| Q5 | Effectif retenu | 21 productifs à 44 h/semaine | Plafonds de durée du travail | VÉRIFIÉ |
Le dossier tient en une phrase : un effectif ne se dimensionne pas sur un total d'heures mais métier par métier, et il ne vaut rien tant qu'on n'a pas vérifié que la grue peut le servir et que la loi permet de le faire travailler. Le premier feuillet a établi les trois crédits d'heures — 1 614,75 h pour les coffreurs, 873,60 h pour les ferrailleurs, 2 115,00 h pour les maçons — et il a montré que leur somme, 4 603,35 h, n'a qu'un sens comptable : elle chiffre un budget, elle ne dimensionne aucune équipe, puisqu'une heure de ferraillage ne se transforme pas en heure de maçonnerie. Le deuxième feuillet a ramené l'horaire payé à la production réelle : 7,80 h de présence, moins 0,50 h de pause de récupération, multipliées par le rendement d'été, donnent 6,57 h productives par jour, et 289,08 h sur les 44 jours ouvrés qui séparent la reprise du 5 juillet de l'achèvement contractuel — 60 jours du lundi au vendredi, moins les 15 jours de fermeture estivale et le seul jour férié perdu. Le troisième feuillet a donné le constat qui justifie tout le reste : avec l'effectif en place, les coffreurs demandent 62 jours ouvrés, les maçons 65, et les ferrailleurs 67 — c'est le métier qui décroche, et il porte la fin du chantier au 27 octobre 2027, soit 23 jours ouvrés au-delà du délai. Le coût contractuel de ce retard se compte autrement : la pénalité journalière vaut 500,00 €, et elle court sur 33 jours calendaires, samedis et dimanches compris, ce qui porte la somme à 16 500,00 €, loin du plafond de 150 000 €. C'est cette ligne qui reste non vérifiée au récapitulatif : le retard est le seul critère que la situation met en défaut de façon définitive, et aucun arbitrage ne l'efface — il se rattrape, il ne se nie pas. Le quatrième feuillet a chiffré l'effectif qui tiendrait la date à horaire inchangé : 6 coffreurs, 4 ferrailleurs, 8 maçons, soit 18 compagnons, plus 6 manœuvres et le grutier, donc 25 productifs et un renfort de 9 ouvriers. Il a surtout révélé que cet effectif n'est pas servable : la grue devrait assurer 1 574 levages pour une capacité de 1 420, soit une sollicitation de 110,8 % et 154 mouvements en trop. C'était l'objet même de ce feuillet : désigner le pôle qui commande le délai. Il le désigne sans ambiguïté — c'est le pôle C, le levage — et c'est à ce titre que la ligne Q4 est vérifiée, la saturation qu'elle constate étant l'information cherchée et non un critère manqué ; le cinquième feuillet la ramènera d'ailleurs à 75,8 %. Ce cinquième feuillet a écarté deux voies avant de trancher : le renfort seul se heurte à l'agence d'intérim, qui ne fournit que 4 compagnons qualifiés avant le 19 juillet quand il en faudrait 7 ; les heures supplémentaires seules porteraient le ferrailleur à 57,65 h par semaine, ce qui est illicite et non pas seulement coûteux. La solution retenue combine les deux à dose modérée : 44 h par semaine, 21 ouvriers productifs, 120 m³ de béton basculés de la benne vers la pompe. Elle est régulière sur les quatre contrôles — 44 h contre 48 h admises sur une semaine isolée, 8,80 h contre 10 h par jour, 41,08 h de moyenne sur douze semaines contre 44 h, et 190,20 h de contingent consommé contre 220 h — et elle coûte 357 546,40 € contre 404 161,42 € pour le renfort seul, soit 46 615,02 € de moins, 11,53 %. La marge de contingent ainsi conservée est de 29,80 h, soit 13,5 % du contingent annuel, un peu plus de trois semaines à 9 h supplémentaires : confortable au regard des 3,40 h que laisserait un horaire de 47 h, mais qui interdit tout second épisode de rattrapage avant le 31 décembre. Le résultat le moins intuitif du dossier est que 44 h est exactement l'optimum : c'est à cet horaire que le sixième coffreur disparaît, ce qui entraîne mécaniquement le sixième manœuvre par le jeu du ratio d'équipe — deux ouvriers de moins d'un seul coup — alors qu'au-delà plus aucun effectif ne tombe avant 47,01 h et que chaque heure supplémentaire coûte encore environ 10 136 € pour rien.
Ce que la note ne dit pas, et qui doit accompagner ces résultats. Quatre réserves. La première porte sur l'abattement de rendement de 10 % : c'est un retour d'expérience de l'entreprise sur ses chantiers d'été en climat méditerranéen, versé aux données comme tel, et non une mesure réglementaire. Aucun texte ne chiffre une perte de rendement par la chaleur ; s'il s'avérait optimiste, la capacité individuelle de 328,68 h baisserait et l'effectif de 21 devrait être repris. La deuxième porte sur le régime des heures supplémentaires : le contingent de 220 h et les taux de majoration de 25 % puis 50 % ne s'appliquent qu'à défaut d'accord collectif d'entreprise, d'établissement ou de branche. Un accord existant fixerait ses propres valeurs, et il déplacerait à la fois la marge de 29,80 h sur le contingent et l'écart de coût de 46 615,02 € entre les deux scénarios. La troisième porte sur le renfort : les 5 intérimaires retenus supposent que l'agence tienne son engagement de 4 compagnons qualifiés disponibles au 19 juillet. Si elle n'en fournit que trois, le pôle qui en manque perd sa capacité et le calendrier du 24 septembre n'est plus tenu — la décision est donc adossée à une confirmation écrite du fournisseur, pas à une intention. La quatrième porte sur la chaleur : la pause de récupération de 30 minutes est une durée arrêtée par l'entreprise au titre de son évaluation des risques, le texte imposant de prévoir des périodes de repos sans en fixer la durée. Un épisode de chaleur intense prolongé appellerait des mesures plus lourdes — décalage des horaires vers les heures fraîches, arrêt de certaines tâches, rotation des postes exposés — et l'effectif devrait alors être entièrement repris, car toute mesure supplémentaire retranche des heures productives à la capacité individuelle.
Contrôle de mémoire
Trois questions à traiter sans remonter dans le document. Répondre de mémoire d'abord, ouvrir ensuite. L'écart entre les deux est la seule mesure honnête de ce qui est acquis.
1. À quoi sert le total de 4 603,35 h, et pourquoi ne permet-il pas de dimensionner l'effectif ?
Il sert à budgéter, et à rien d'autre. Multiplié par un coût horaire, il donne la masse de main-d'œuvre restant à dépenser sur le lot, et c'est une information utile au contrôle de gestion. Il ne dimensionne aucune équipe parce que les heures qui le composent ne sont pas interchangeables : les 873,60 h de ferraillage ne peuvent être exécutées que par un ferrailleur, et le fait qu'un maçon dispose de temps libre n'y change rien. La preuve chiffrée est immédiate : diviser le total par l'effectif productif en place donne 44 jours ouvrés, c'est-à-dire exactement le délai disponible, et conduit à conclure que le chantier tient sa date. Le calcul mené métier par métier donne 67 jours ouvrés, soit 23 de plus. Un seul chiffre à la place de trois inverse donc la conclusion du dossier, et il l'inverse dans le sens rassurant, ce qui est le plus dangereux. La règle générale à retenir : on n'agrège que des ressources substituables.
2. Le retard est de 23 jours ouvrés et la pénalité se calcule sur 33 jours. D'où vient l'écart, et que coûterait la confusion ?
L'écart vient de ce que les deux grandeurs ne se comptent pas dans le même calendrier. Le retard de production se mesure en jours de travail, parce qu'il représente des journées d'ouvrage à exécuter : entre le 24 septembre et le 27 octobre 2027, il y a 23 jours du lundi au vendredi. La pénalité, elle, est contractuelle et court en jours calendaires : le CCAG Travaux dispose que « les samedis, les dimanches et les jours fériés ou chômés ne sont pas déduits pour le calcul des pénalités », ce qui porte le décompte à 33 jours. Avec une pénalité journalière de 500,00 €, la différence vaut 16 500,00 € contre 11 500,00 €, soit 5 000,00 € et 30,3 % de sanction sous-estimée. C'est un écart qui se retrouve tel quel dans le résultat prévisionnel de l'affaire, et il naît d'une seule question qu'on a omis de se poser : ce chiffre est-il un volume de travail ou une durée contractuelle ?
3. Pourquoi 44 h n'est-il pas un plafond hebdomadaire, et lequel des quatre contrôles borne réellement l'horaire sur cette période ?
Parce que le Code du travail fixe deux limites de nature différente. Le plafond d'une semaine isolée est de quarante-huit heures. Les quarante-quatre heures sont une moyenne calculée « sur une période quelconque de douze semaines consécutives » : une semaine peut donc dépasser 44 h sans irrégularité, pourvu que la moyenne glissante tienne. Ici, la fenêtre la plus chargée réunit les cinq dernières semaines à 44 h et sept semaines à l'horaire habituel de 39 h, ce qui donne 41,08 h — largement conforme. Le contrôle qui borne réellement l'horaire n'est donc aucun de ces deux-là : c'est le contingent annuel. Chaque salarié a déjà consommé 118 h depuis janvier, le contingent supplétif est de 220 h, et il ne reste que 102 h. À 44 h la période en consomme 72,20 h, ce qui laisse 29,80 h ; à 48 h elle en consommerait 107,40 h et le total atteindrait 225,40 h, dépassant de 5,40 h. Une seule limite est franchie, mais une seule suffit. Deux réflexes en découlent : ne jamais confondre un plafond instantané et une moyenne, et toujours ouvrir le compteur annuel avant de raisonner sur une semaine.
On modifie une seule donnée : le maître d'ouvrage accorde une prolongation de 10 jours ouvrés, notifiée par ordre de service, et l'horaire revient à 39 h par semaine. Quel effectif faut-il alors, et que devient le recours aux heures supplémentaires ? Traitez-le avant d'ouvrir.
Voir la réponse
Dix jours ouvrés de plus allongent la période de travail sans rien changer aux quantités : c'est donc la capacité individuelle qui augmente, et l'effectif qui baisse. Le calcul se refait dans le même ordre qu'au dimensionnement initial, mais à l'horaire habituel de 39 h, c'est-à-dire avec les 6,57 h productives par jour établies au deuxième feuillet.
La période passe à 54 jours ouvrés, la capacité d'un ouvrier à 354,78 h, et les trois métiers descendent à 5 coffreurs, 3 ferrailleurs et 6 maçons, soit 14 compagnons. Le ratio d'équipe suit et ramène les manœuvres à 5 ; avec le grutier, l'effectif productif s'établit à 20 ouvriers, un de moins que la solution retenue, et cette fois à 39 h par semaine, c'est-à-dire sans les majorations liées au passage à 44 h : il ne subsiste que les 4 h supplémentaires hebdomadaires de l'horaire collectif, majorées à 25 %.
Trois enseignements. Le premier est que le délai est une ressource au même titre que la main-d'œuvre : dix jours ouvrés valent ici un ouvrier de moins et le retour au seul régime de majoration de l'horaire collectif, ce qui déplace la question de la table du conducteur de travaux vers celle du maître d'ouvrage. Le deuxième est que cette prolongation ne se décide pas sur le chantier : le CCAG Travaux prévoit qu'une prolongation « est notifiée au titulaire par un ordre de service qui en précise la durée », et tant que cet ordre n'est pas émis, la date du 24 septembre reste opposable et la pénalité court. Le troisième tient au sens de variation : un effectif ne diminue pas continûment quand le délai s'allonge, il tombe par paliers, au moment où un quotient franchit un entier — et l'effet se propage, puisque la baisse des compagnons entraîne celle des manœuvres par le jeu du ratio d'équipe. C'est exactement le mécanisme qui, en sens inverse, faisait de 44 h l'optimum économique de la période initiale.







