Calcul du Chemin des Contraintes
Un essai non drainé sépare deux histoires. D'un côté, celle de la machine : elle serre l'échantillon à confinement constant et pousse sur le piston. De l'autre, celle du squelette de grains : l'eau enfermée dans les pores monte en pression et lui reprend une partie de la charge. Les deux histoires se racontent dans le même diagramme, et c'est leur écart qui contient toute la géotechnique de l'essai.
- 🔒 La condition non drainée : la vanne de drainage est fermée . L'eau ne peut pas sortir, le volume ne peut pas changer, et toute tendance du sol à se contracter se convertit en surpression interstitielle .
- 📉 Le paradoxe qui en découle : on charge de plus en plus fort et, dans le même temps, la contrainte réellement supportée par les grains diminue . C'est pour cela que l'échantillon finit par rompre alors même que le confinement appliqué n'a pas bougé d'un kilopascal.
- 📐 L'outil de lecture : le plan p-q . Deux nombres au lieu de trois contraintes, un point par instant de l'essai, et deux trajets qui s'écartent l'un de l'autre exactement de la pression de l'eau.
🎯 La problématique
❓ La question posée Un échantillon d'argile saturée, consolidé sous 200 kPa, puis cisaillé vanne fermée. Six paliers de chargement, six mesures de pression interstitielle. Il faut en tirer les deux chemins de contraintes , et surtout l' angle de frottement effectif — le seul paramètre qui servira ensuite à dimensionner une fondation ou vérifier un talus.
Les quatre premières construisent le tableau, palier par palier. La cinquième le fait parler.
-
1️⃣L'état initial Les contraintes effectives à la fin de la consolidation — le point de départ commun aux deux chemins.
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2️⃣Les contraintes totales Ce que la machine applique — et la pente imposée au chemin total, qui ne dépend d'aucune propriété du sol.
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3️⃣Les contraintes effectives Ce que les grains supportent réellement, une fois l'eau déduite des deux côtés.
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4️⃣Les invariants p et q Le passage de six contraintes à deux coordonnées, et le contrôle qui doit tomber juste à chaque ligne du tableau.
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☠️L'angle de frottement effectif Tracer, mesurer la pente, en déduire φ′ — et vérifier que le chiffre obtenu est crédible pour le matériau annoncé.
Le laboratoire a rendu six lignes de mesures. Le bureau d'études attend un angle de frottement effectif pour lancer les calculs de stabilité, et il l'utilisera tel quel.
- 🎯 Livrable attendu : le tableau complet des contraintes et invariants, les deux chemins tracés, et φ′ avec le jugement qui l'accompagne.
- ⚠️ Contrainte : l'essai s'arrête au sixième palier. Rien ne dit que ce palier soit la rupture — il faudra le discuter avant d'en tirer un angle.
Lecture du schéma : l'eau de la cellule presse l'éprouvette de tous les côtés — c'est le confinement σ₃ , et il ne bougera plus une fois le cisaillement lancé. Le piston ajoute par le haut le déviateur Δσ , si bien que la contrainte axiale vaut σ₁ = σ₃ + Δσ. Le point décisif est en bas à droite : la vanne de drainage est fermée . L'eau des pores est prisonnière, son volume ne peut pas changer, et le capteur mesure la pression qu'elle prend. C'est cette pression, et elle seule, qui sépare ce que la machine applique de ce que les grains subissent.
- ▸ Le principe de Terzaghi : σ′ = σ − u. L'eau ne peut pas transmettre de cisaillement ; elle se contente de porter une part de la compression. Ce qui reste pour les grains est la contrainte effective , et c'est elle, jamais la totale, qui gouverne la résistance.
- ▸ Les invariants : p = (σ₁ + 2σ₃)/3 mesure la compression moyenne , q = σ₁ − σ₃ mesure le cisaillement . Le facteur 2 vient de la symétrie de révolution : la contrainte radiale agit dans deux directions sur trois.
- ▸ CU, UU, CD : un essai CU consolide d'abord l'éprouvette drainage ouvert, puis la cisaille drainage fermé. C'est le seul des trois qui donne à la fois une résistance non drainée et, grâce à la mesure de u, les paramètres effectifs.
Regardez la dernière ligne du tableau de mesures : le déviateur y vaut encore 20 kPa de plus que le palier précédent.
- 🔍 Ce que cela signifie : le déviateur croît toujours quand l'essai s'arrête. Aucun maximum n'a été franchi, aucun palier n'a été observé.
- ⚠️ Pourquoi c'est décisif : tout l'exercice va prendre ce dernier point pour la rupture . C'est une hypothèse, pas une mesure — et l'angle de frottement en dépend directement.
- 📐 Gardez-le en tête : la question 5 y reviendra, et le chiffre obtenu devra être confronté à ce que l'on attend d'une argile.
Un échantillon d'argile saturée est consolidé de manière isotrope dans une cellule triaxiale, puis cisaillé drainage fermé (essai CU) avec mesure de la pression interstitielle.
🎓 Objectifs pédagogiques de l'exercice
À la fin de cet exercice, vous saurez :
- ✓ Distinguer contrainte totale et contrainte effective sur un cas chiffré
- ✓ Calculer les invariants p, q, p′ et q′ à partir des contraintes principales
- ✓ Tracer et lire un chemin de contraintes totales et un chemin effectif
- ✓ Déduire l'angle de frottement effectif de la pente de rupture
- ✓ Recouper ce résultat par un second chemin de calcul indépendant
- ✓ Juger si un angle de frottement est plausible pour le sol annoncé
📊 Conditions de l'essai
| Caractéristique | Symbole | Valeur |
|---|---|---|
| Condition de drainage | — | Consolidé Non Drainé (CU), avec mesure de u |
| Pression de consolidation isotrope | σ3c | 200 kPa |
| Pression interstitielle initiale | u0 | 0 kPa (consolidation achevée) |
| Confinement pendant le cisaillement | σ3 | 200 kPa, maintenu constant |
📋 Relevé de la phase de cisaillement
| Palier | Déviateur Δσ = σ1 − σ3 (kPa) | Pression interstitielle u (kPa) |
|---|---|---|
| 0 | 0 | 0 |
| 1 | 50 | 28 |
| 2 | 100 | 55 |
| 3 | 150 | 82 |
| 4 | 180 | 105 |
| 5 dernier palier | 200 | 120 |
- Déformation axiale aucune valeur de ε : impossible de dire où en est l'éprouvette de son écrasement
- Nature exacte du sol « argile saturée », sans limites d'Atterberg ni granulométrie
- Second essai un seul confinement : la cohésion effective c′ ne peut pas être mesurée, elle est posée nulle
📕 Références et fondements applicables
| Référence | Objet | Statut |
|---|---|---|
| Terzaghi (1925) | Principe de la contrainte effective σ′ = σ − u | Fondement |
| NF EN ISO 17892-9 | Essais triaxiaux de compression consolidés sur sols saturés (CU et CD) — c'est la norme de cet essai | En vigueur (2018) |
| NF EN ISO 17892-8 | Essai triaxial non consolidé non drainé (UU) | En vigueur (2018) |
| Mohr-Coulomb | Critère de rupture τ = c′ + σ′ tan φ′ | Fondement |
| NF EN 1997-1 | Eurocode 7 : emploi des paramètres c′ et φ′ en calcul de stabilité | En vigueur |
- Saturation éprouvette entièrement saturée , coefficient de Skempton B = 1
- Symétrie révolution : σ₂ = σ₃ , d'où le facteur 2 dans l'expression de p
- Compressions comptées positives , convention de la mécanique des sols
- Cohésion sol supposé normalement consolidé , donc c′ = 0 et droite de rupture par l'origine
3. Méthodologie de Résolution & Travail Demandé
Afin d'assurer un diagnostic sûr et conforme aux normes en vigueur, nous procédons selon les étapes méthodiques détaillées ci-dessous.
Question 1 : L'état de contrainte initial
💡 Besoin d'un indice ? (Niveau 1)
La consolidation est achevée : la surpression s'est dissipée. Que vaut alors u ?
🔑 Toujours bloqué ? (Indice Niveau 2)
σ′ = σ − u avec u = 0. Et « isotrope » signifie que les trois contraintes principales sont égales — donc que le déviateur est nul.
Question 2 : Les contraintes totales
💡 Besoin d'un indice ? (Niveau 1)
σ₃ ne bouge pas. Une addition suffit pour σ₁.
🔑 Toujours bloqué ? (Indice Niveau 2)
Pour la pente, remplacez σ₁ par σ₃ + q dans p = (σ₁ + 2σ₃)/3 et simplifiez. Vous obtiendrez p en fonction de q seul.
Question 3 : Les contraintes effectives
💡 Besoin d'un indice ? (Niveau 1)
Une soustraction. Mais elle porte sur les deux contraintes principales, pas seulement sur l'axiale.
🔑 Toujours bloqué ? (Indice Niveau 2)
σ₃ est constant et u augmente : que devient σ′₃ = σ₃ − u au fil de l'essai ? C'est là toute la mécanique de la rupture non drainée.
Question 4 : Les invariants p et q
💡 Besoin d'un indice ? (Niveau 1)
Attention au facteur 2 sur la contrainte radiale — et à ne pas confondre avec le centre du cercle de Mohr, qui est (σ₁ + σ₃)/2.
🔑 Toujours bloqué ? (Indice Niveau 2)
Le contrôle est gratuit : puisque σ′ = σ − u sur les deux contraintes, la moyenne effective vaut la moyenne totale moins u . Chaque ligne doit le vérifier.
Question 5 (Finale) : L'angle de frottement effectif
💡 Besoin d'un indice ? (Niveau 1)
M est le rapport q/p′ au point de rupture, puisque la droite passe par l'origine.
🔑 Toujours bloqué ? (Indice Niveau 2)
sin φ′ = 3M/(6 + M). Et pour le recoupement, souvenez-vous que Mohr-Coulomb s'écrit aussi sin φ′ = (σ′₁ − σ′₃)/(σ′₁ + σ′₃) — aucun invariant nécessaire.
Sas de Préparation
Avant de consulter la correction détaillée, assurez-vous d'avoir pris le temps de chercher. La vraie progression se trouve dans la réflexion, pas dans la lecture passive !
Calcul du Chemin des Contraintes
"Avant de tracer quoi que ce soit, il me faut le point de départ. Il est commun aux deux chemins — ils ne se sépareront qu'au premier tour de piston, quand l'eau commencera à monter en pression." 🎯
- 🔎 Observation : « consolidation achevée » n'est pas une formule de style. Cela veut dire que l'eau a eu le temps de sortir, que la surpression s'est entièrement dissipée , et que le squelette porte désormais la totalité de la charge.
- 🤔 Analyse du risque : l'oubli d'une contre-pression . Presque tous les laboratoires en appliquent une pour saturer l'éprouvette ; l'énoncé n'en mentionne aucune, mais la vérifier sur la feuille d'essai est un réflexe qui a sauvé bien des interprétations.
- ✅ Choix stratégique : calculer les contraintes effectives, puis immédiatement les traduire en coordonnées p-q . C'est dans ce plan que tout le reste de l'exercice se joue, autant y entrer tout de suite.
- 💡 Ce qu'il faut retenir : un état isotrope a un déviateur nul . Le point de départ est donc sur l'axe horizontal du diagramme, et le cercle de Mohr correspondant se réduit à un point.
- 🎯 Objectif visé : deux contraintes en kPa et un couple de coordonnées (p′, q).
👀 Voir uniquement le résultat final (Auto-évaluation)
- 🔸 Pression de consolidation isotrope : 200 kPa · énoncé
- 🔸 Pression interstitielle initiale : 0 kPa · consolidation achevée
Le principe le plus important de toute la mécanique des sols tient en trois symboles. 💧
Le principe de Terzaghi, puis les coordonnées du plan de travail.
Contrainte effective et invariants :La définition qui fonde l'exercice, et la transformation qui le rend lisible.
Parce qu'un essai triaxial produit trois contraintes principales à chaque instant, et qu'on ne trace pas une courbe dans un espace à trois dimensions. Les invariants p et q résument cet état en deux nombres qui ne dépendent pas du repère choisi : l'un mesure la compression, l'autre le cisaillement. 📐
- σ : contrainte totale, unité : kPa — ce que la machine applique
- u : pression interstitielle, unité : kPa — ce que l'eau porte
- σ′ : contrainte effective, unité : kPa — ce que le squelette porte
- p : contrainte moyenne, unité : kPa — liée aux variations de volume
- q : déviateur, unité : kPa — lié à la distorsion, donc au cisaillement
"Poser u0 = 0 par habitude, sans regarder la feuille d'essai. Si une contre-pression de saturation a été maintenue — ce qui est le cas dans la grande majorité des laboratoires — la pression interstitielle initiale vaut cette contre-pression, et non zéro..."
- À quoi sert une contre-pression : à mettre l'eau des pores sous pression pour dissoudre les bulles d'air résiduelles. Sans elle, l'air comprimé absorbe une partie du chargement et la mesure de u devient fausse.
- Ce que cela change au calcul : la contrainte effective devient σ′3c = σ3c − ub. Une cellule à 350 kPa avec 50 kPa de contre-pression ne consolide qu'à 300 kPa effectifs , pas 350.
- Pourquoi l'erreur est indolore ici : parce que l'énoncé annonce explicitement u0 = 0. La démarche reste néanmoins fautive : elle ne serait pas transposable au prochain rapport d'essai.
- Le contrôle qui rattrape : comparer la contrainte effective de consolidation à la profondeur simulée. 200 kPa effectifs correspondent à une dizaine de mètres de terrain — si le chiffre paraît absurde, la contre-pression a probablement été oubliée.
- La règle : sur une feuille d'essai triaxial, on relève trois pressions : cellule, contre-pression, interstitielle. En manquer une fausse tout ce qui suit. 🏗️
Exécution de la Note de Calculs
- Des kPa moins des kPa : kPa ✓
- p et q sont des contraintes, donc en kPa également
- Contrôle : en isotrope, q doit valoir exactement 0
🎯 Les contraintes effectives de consolidation, puis le point de départ dans le plan p-q.
1. Résolution Numérique Contraintes effectives en fin de consolidationPourquoi fait-on ce calcul ? Parce que tout l'exercice consiste à suivre l'évolution de ces deux nombres. Sans leur valeur de départ, les six paliers qui suivent ne décrivent aucun trajet — juste une liste de points sans origine.
- 📐 Ce qu'on applique : le principe de Terzaghi avec u0 = 0, sur la contrainte radiale — l'axiale lui étant égale par isotropie.
- ⚠️ Le point de vigilance : ne pas confondre « pression interstitielle nulle » et « absence d'eau ». L'éprouvette est saturée ; c'est la surpression qui est nulle, l'eau étant à la pression de référence.
- 🎯 Finalité : disposer de l'état de contrainte effective avant tout cisaillement.
200 kPa dans les trois directions : le squelette porte la totalité de la pression appliquée. ✅
- ✅ Ce que cet état représente : une compression pure, sans aucun cisaillement. Le cercle de Mohr correspondant se réduit à un point sur l'axe des contraintes normales.
- 📌 L'ordre de grandeur : 200 kPa effectifs, c'est l'équivalent d'une dizaine de mètres de terrain au-dessus de l'échantillon. L'essai reproduit donc une profondeur courante de fondation profonde ou de talus.
- ⚠️ La limite de la reproduction : in situ, la contrainte horizontale ne vaut pas la verticale mais K₀ fois celle-ci, soit environ la moitié pour une argile normalement consolidée. Une consolidation isotrope est donc une simplification de laboratoire, pas une image fidèle du terrain.
Pourquoi fait-on ce calcul ? Parce que c'est l'origine des deux chemins. Tant que le cisaillement n'a pas commencé, la pression interstitielle est nulle : le chemin total et le chemin effectif partent du même point , et ne s'écarteront qu'ensuite.
- 📐 Ce qu'on applique : les définitions des invariants avec σ′1 = σ′3 = 200 kPa.
- ⚠️ Le point de vigilance : le facteur 2 ne se voit pas ici, puisque les deux contraintes sont égales. Il faudra s'en souvenir dès la question 4, où il fera toute la différence.
- 🎯 Finalité : obtenir les coordonnées du point d'origine du diagramme.
Le point (200 ; 0) : sur l'axe horizontal, au pied du diagramme. 🎯
- ✅ Le contrôle est immédiat : q = 0 comme attendu en isotrope, et p′ égale la pression appliquée. Les deux vérifications annoncées sont satisfaites.
- 📌 Ce que le point annonce : les deux chemins partiront d'ici et divergeront . Leur écart horizontal, à chaque instant, vaudra exactement la pression interstitielle du moment.
- ⚠️ Ce qu'il ne dit pas : où se trouve la frontière de rupture. Un point de départ ne renseigne en rien sur la distance qui reste à parcourir — c'est la question 5 qui la mesurera.
"La phase de consolidation ne produit aucun résultat exploitable, elle ne fait que préparer l'essai — et c'est pourtant elle qui décide de sa durée." ⏳
- ⏳ Combien de temps : sur une argile de 38 mm de diamètre, la consolidation demande couramment 24 à 48 heures . La saturation sous contre-pression peut en demander autant. Le cisaillement lui-même, à côté, est rapide.
- 💰 Ce que cela coûte : un essai triaxial CU complet occupe une cellule pendant une semaine. C'est pour cela qu'un rapport en contient rarement plus de trois, et que le géotechnicien choisit ses confinements avec soin.
- 🔬 Comment on sait que c'est fini : on suit le volume d'eau expulsé . Quand la courbe s'aplatit et que plus rien ne sort, le transfert vers le squelette est achevé.
- ⚠️ L'erreur qui ruine l'essai : lancer le cisaillement trop tôt. Il reste alors une surpression résiduelle, et la mesure de u pendant le cisaillement mélange deux phénomènes sans qu'on puisse les démêler.
- 🤝 Ce qui doit figurer au procès-verbal : la pression de cellule, la contre-pression et le coefficient de saturation B mesuré. Sans B, rien ne prouve que l'éprouvette était saturée — et sans saturation, la mesure de u ne vaut rien. 📕
Et si l'essai avait été mené avec une pression de cellule de 350 kPa et une contre-pression de 50 kPa ? 🤔
- 🔄 Modification : la contrainte effective de consolidation deviendrait σ′3c = 350 − 50 = 300 kPa , et non 350.
- 📈 Nouvel Impact : le point de départ se déplacerait à (300 ; 0), et toute la suite de l'essai serait décalée vers la droite du diagramme.
- 💡 Conclusion : l'angle de frottement, lui, ne changerait pas . C'est une propriété du matériau : la droite de rupture passe par l'origine avec la même pente, quel que soit le confinement de départ.
- ⚠️ Bénéfice/Risque : en revanche la résistance non drainée cu, elle, augmenterait proportionnellement. C'est la différence de fond entre un paramètre effectif, intrinsèque, et un paramètre non drainé, qui dépend de l'état de consolidation.
- 🔮 Perspective : c'est précisément pour cela qu'on réalise trois essais à trois confinements différents. Un seul point ne permet pas de distinguer une droite passant par l'origine d'une droite qui aurait une ordonnée — c'est-à-dire une cohésion.
"Une addition par palier. Le calcul le plus simple de l'exercice — mais il cache une propriété remarquable : le chemin total ne dépend d'aucune caractéristique du sol. Je peux le tracer avant même de connaître le matériau." ⚙️
- 🔎 Observation : σ₃ reste à 200 kPa du premier au dernier palier. Seule la contrainte axiale monte, et elle monte exactement du déviateur imposé par le piston.
- 🤔 Analyse du risque : glisser Δσ à la place de σ₁ dans la formule des invariants. Le déviateur est une différence , pas une contrainte principale ; l'introduire tel quel dans p = (σ₁ + 2σ₃)/3 donne un résultat qui ne veut rien dire.
- ✅ Choix stratégique : faire le calcul sur le palier final, puis établir la pente du chemin total une fois pour toutes par le calcul littéral. Ce sera un contrôle gratuit sur les six lignes du tableau.
- 💡 Ce qu'il faut retenir : dans un essai triaxial à confinement constant, le chemin total est une droite de pente 3 dans le plan p-q. Toujours, quel que soit le sol.
- 🎯 Objectif visé : les six contraintes axiales et la pente qui les relie.
👀 Voir uniquement le résultat final (Auto-évaluation)
- 🔸 Confinement constant : σ3 = 200 kPa · énoncé
- 🔸 Déviateurs imposés : 0 · 50 · 100 · 150 · 180 · 200 kPa · relevé d'essai
Dans un essai triaxial de compression, deux grandeurs sont pilotées et une seule est mesurée. ⚙️
La reconstruction de la contrainte axiale, puis la pente qu'elle impose au chemin total.
Chargement à confinement constant :Une somme, et la droite qui en découle dans le plan p-q.
Parce que le capteur de force ne mesure pas σ₁ mais la charge supplémentaire appliquée au-dessus du confinement. Le déviateur est donc la grandeur naturelle de l'essai ; la contrainte principale se reconstruit en lui ajoutant σ₃. ⚙️
- σ1 : contrainte principale axiale totale, unité : kPa — reconstruite, non mesurée
- σ3 : confinement radial total, unité : kPa — piloté, constant
- Δσ : déviateur appliqué, unité : kPa — mesuré par le capteur de force, et égal à q
- p : contrainte moyenne totale, unité : kPa — abscisse du chemin total
"Reporter le déviateur Δσ dans la case σ₁ du tableau. Au palier 0, cela donne p = (0 + 400)/3 = 133,3 kPa au lieu de 200 — et le contrôle de pente ne le voit pas , car tout le chemin se retrouve simplement translaté de 66,7 kPa vers la gauche, en gardant sa pente 3..."
- Ce qu'est σ₁ : une contrainte principale , mesurée depuis zéro. Elle comprend le confinement.
- Ce qu'est Δσ : un écart entre deux contraintes principales. Il vaut zéro en état isotrope, alors même que les contraintes valent 200 kPa.
- Pourquoi cette erreur est sournoise : elle décale le chemin de σ₃/3 = 66,7 kPa vers la gauche sans changer sa pente . Le graphique reste une belle droite à 3 pour 1, parfaitement rassurante, et complètement décalée.
- Le contrôle qui l'attrape : le point de départ . Au palier 0 le déviateur est nul, donc p doit valoir exactement le confinement, soit 200 kPa. Trouver 133,3 signe l'erreur immédiatement.
- La règle : dans le plan p-q, seul q est un écart. Toutes les autres grandeurs — p, p′, σ₁, σ₃ — sont des contraintes absolues. Ne jamais les mélanger dans une même colonne. 🏗️
Exécution de la Note de Calculs
- Des kPa plus des kPa : kPa ✓
- La pente 3 est un rapport de contraintes : sans dimension
- Contrôle : σ1 ≥ σ3 à tous les paliers
⚙️ La contrainte axiale au palier final, puis la pente du chemin total.
1. Résolution Numérique Contrainte axiale totale au palier finalPourquoi fait-on ce calcul ? Parce que c'est le palier qui servira de point de rupture à la question 5. Les cinq autres se calculent exactement de la même façon, et le tableau ci-dessous les rassemble.
- 📐 Ce qu'on applique : l'addition du confinement et du déviateur mesuré, pour Δσ = 200 kPa.
- ⚠️ Le point de vigilance : σ₃ ne change pas d'un palier à l'autre. Toute variation de σ₃ dans le tableau serait le signe d'un contrôleur de pression défaillant, pas d'un calcul.
- 🎯 Finalité : disposer des deux contraintes principales totales à la rupture supposée.
400 kPa axialement contre 200 kPa radialement : la contrainte axiale a doublé le confinement. ⚙️
| Palier | Δσ = q (kPa) | σ1 (kPa) | σ3 (kPa) |
|---|---|---|---|
| 0 | 0 | 200 | 200 |
| 1 | 50 | 250 | 200 |
| 2 | 100 | 300 | 200 |
| 3 | 150 | 350 | 200 |
| 4 | 180 | 380 | 200 |
| 5 | 200 | 400 | 200 |
- ✅ Le contrôle annoncé : σ₁ ≥ σ₃ sur les six lignes, avec égalité au palier 0. L'essai est bien un essai de compression .
- 📌 La colonne σ3 est constante : c'est la signature d'un essai à confinement maintenu. Elle rendra le chemin total parfaitement rectiligne.
- ⚠️ Ce que ce tableau ne dit toujours pas : rien sur le sol. Ces six lignes seraient identiques sur du sable, sur de l'argile ou sur du béton — c'est le programme de la machine, pas la réponse du matériau.
Pourquoi fait-on ce calcul ? Parce qu'une propriété établie une fois par le calcul littéral vaut mieux que six vérifications numériques. Et parce que cette pente servira de garde-fou : tout point du tableau qui s'en écarte est faux.
- 📐 Ce qu'on applique : la substitution de σ₁ = σ₃ + q dans la définition de p, puis la simplification.
- ⚠️ Le point de vigilance : la pente vaut 3 quand on porte q en ordonnée et p en abscisse — la convention usuelle. Dans l'autre sens elle vaudrait 1/3, et le graphique serait illisible.
- 🎯 Finalité : obtenir une relation valable à tous les paliers, indépendante des mesures.
Une pente de 3 , indépendante du sol, du confinement et du niveau de chargement. 📏
- ✅ Vérification sur le tableau : entre le palier 0 et le palier 5, q passe de 0 à 200 kPa et p de 200 à 266,7 kPa. Le rapport vaut 200/66,7 = 3,00. La relation littérale est confirmée par les chiffres.
- 📌 Ce que la pente signifie : pour trois kilopascals de cisaillement imposé, la compression moyenne n'augmente que d'un. La machine cisaille beaucoup plus qu'elle ne comprime.
- ⚠️ Le chemin effectif, lui, ne sera pas droit : il partira du même point mais partira vers la gauche , parce que la pression de l'eau grandit plus vite que p n'augmente. C'est tout l'objet de la question suivante.
"La pente 3 du chemin total est le premier contrôle qu'un ingénieur expérimenté fait sur un rapport d'essai triaxial. Il ne prend pas dix secondes." 📏
- 📐 Comment il s'utilise : on pose une règle sur les points du chemin total. S'ils ne sont pas alignés, ou si la pente n'est pas 3, une colonne du tableau est erronée — inutile d'aller plus loin.
- 🔁 Quand la pente change : si le laboratoire fait varier σ₃ pendant le cisaillement — essais à p constant, essais d'extension — la pente devient autre chose. Elle reste prévisible , et donc contrôlable de la même manière.
- 🧭 Ce que le chemin total sert vraiment : à rien, du point de vue de la résistance. On le trace pour mesurer son écart au chemin effectif, écart qui est la pression interstitielle et qui se lit à l'horizontale sur le graphique.
- ⚠️ L'erreur qui coûte cher : déduire un angle de frottement du chemin total . On obtient alors un « angle non drainé » sans aucun sens physique, et généralement bien inférieur à la réalité.
- 🤝 Ce qui doit figurer au procès-verbal : la vitesse de cisaillement . Trop rapide, la pression interstitielle n'a pas le temps de s'uniformiser dans l'éprouvette et la mesure à la base ne représente plus rien. 📕
Et si l'on avait conduit un essai d' extension , où la contrainte axiale diminue au lieu d'augmenter ? 🤔
- 🔄 Modification : à un déviateur de −50 kPa, la contrainte axiale vaudrait σ₁ = 200 − 50 = 150 kPa , inférieure au confinement.
- 📈 Nouvel Impact : la contrainte axiale ne serait plus la contrainte principale majeure : les rôles de σ₁ et σ₃ s'échangeraient, et le déviateur redeviendrait positif une fois les indices remis dans l'ordre.
- 💡 Conclusion : le chemin partirait vers la gauche et le bas du diagramme au lieu de monter vers la droite. La pente du chemin total y vaut −3, et non 3.
- ⚠️ Bénéfice/Risque : l'extension n'est pas un exercice d'école. C'est l'état de contrainte réel sous une excavation , où l'on décharge verticalement en laissant le confinement latéral : le sol de fond de fouille y est sollicité exactement ainsi.
- 🔮 Perspective : et les sols y sont moins résistants qu'en compression, d'un tiers environ pour une argile. Dimensionner un fond de fouille avec un angle mesuré en compression est du côté non conservateur.
"Voilà le moment où l'essai devient intéressant. Le confinement appliqué n'a pas bougé — et pourtant le confinement que les grains ressentent est en train de fondre. C'est là, et nulle part ailleurs, que se joue la rupture." 🔻
- 🔎 Observation : la même pression u se retranche des deux contraintes principales. Elle décale l'état de contrainte sans en changer la taille : le cercle de Mohr se translate vers la gauche, son diamètre reste identique.
- 🤔 Analyse du risque : ne soustraire u que de la contrainte axiale. L'erreur est facile — c'est l'axiale qu'on suit du regard — et elle fausse aussitôt le déviateur effectif, qui devrait rester égal au déviateur total.
- ✅ Choix stratégique : calculer les deux contraintes effectives au palier final, puis vérifier immédiatement que leur différence redonne le déviateur mesuré . Le contrôle ne coûte rien et attrape l'erreur ci-dessus à coup sûr.
- 💡 Ce qu'il faut retenir : σ′₃ = σ₃ − u avec σ₃ constant et u croissant : le confinement effectif diminue tout au long de l'essai. C'est le mécanisme de la rupture non drainée en un seul membre d'équation.
- 🎯 Objectif visé : les deux contraintes effectives au palier final, et le tableau complet.
👀 Voir uniquement le résultat final (Auto-évaluation)
- 🔸 Contraintes totales au palier final : σ1 = 400, σ3 = 200 kPa · question 2
- 🔸 Pression interstitielle au palier final : 120 kPa · relevé d'essai
L'eau ne monte pas en pression toute seule : elle est mise sous pression par ce que le squelette voudrait faire et ne peut pas. 🔻
Le principe de Terzaghi appliqué aux deux contraintes principales, et l'invariance du déviateur qui en découle.
Passage aux contraintes effectives :Deux soustractions, et la propriété remarquable qu'elles laissent intacte.
Parce que la pression de l'eau est isotrope : elle pousse également dans toutes les directions. Elle se retranche donc identiquement de σ₁ et de σ₃, ce qui déplace l'état de contrainte sans jamais en modifier le cisaillement. 🔻
- σ′1 : contrainte effective axiale, unité : kPa — ce que les grains portent verticalement
- σ′3 : contrainte effective radiale, unité : kPa — le confinement réel, celui qui fond
- u : pression interstitielle mesurée, unité : kPa — identique dans toutes les directions
- q′ : déviateur effectif, unité : kPa — rigoureusement égal au déviateur total
"Ne retrancher u que de la contrainte axiale, et laisser σ′₃ = σ₃ = 200 kPa. Au palier final on obtiendrait alors σ′₁ = 280 et σ′₃ = 200, soit un déviateur effectif de 80 kPa quand le capteur en a mesuré 200 ..."
- L'argument physique : l'eau des pores entoure chaque grain de tous les côtés. Elle pousse autant latéralement que verticalement — il n'y a aucune raison de la retrancher d'un seul côté.
- Le contrôle qui l'attrape en trois secondes : q′ doit égaler q. Trouver 80 au lieu de 200 signe l'erreur sans ambiguïté possible.
- La conséquence si elle passe : le point de rupture se retrouverait en (p′ = 226,7 ; q = 80). La pente M tomberait à 0,35 et l'angle de frottement à moins de 10° — un chiffre qu'aucune argile ne présente, et qui conduirait à condamner un terrain parfaitement sain.
- L'image à garder : le passage aux contraintes effectives est une translation du cercle de Mohr, pas une déformation. Le cercle glisse vers la gauche ; son rayon ne change pas.
- La règle : toute grandeur isotrope se retranche de toutes les contraintes normales à la fois, et d'aucune contrainte de cisaillement. 🏗️
Exécution de la Note de Calculs
- Des kPa moins des kPa : kPa ✓
- Contrôle : σ′ < σ tant que u est positive
- Contrôle : σ′1 − σ′3 doit redonner exactement le déviateur mesuré
🔻 Les deux contraintes effectives au palier final, puis le tableau complet.
1. Résolution Numérique Contrainte effective axiale au palier finalPourquoi fait-on ce calcul ? Parce que c'est la contrainte que les grains portent réellement dans la direction du chargement. C'est elle, associée à sa jumelle radiale, qui décidera si le sol tient ou cède.
- 📐 Ce qu'on applique : le principe de Terzaghi sur la contrainte axiale totale du palier final, avec u = 120 kPa.
- ⚠️ Le point de vigilance : utiliser la contrainte totale σ₁ = 400 kPa, et non le déviateur. C'est le piège de la question précédente qui se prolonge ici.
- 🎯 Finalité : obtenir la contrainte principale majeure effective à la rupture supposée.
280 kPa : la contrainte axiale effective a tout de même augmenté depuis les 200 kPa du départ. 📈
- ✅ Ce que cela confirme : la charge du piston, 200 kPa, l'emporte sur la surpression, 120 kPa. Verticalement, le squelette est donc davantage comprimé qu'au début.
- 📌 La nuance importante : +40 % sur l'axiale, alors que la totale a augmenté de +100 %. L'eau a absorbé plus de la moitié de l'effort appliqué.
- ⚠️ Ce chiffre seul ne dit rien : une contrainte majeure qui augmente n'annonce ni la rupture ni la stabilité. C'est son rapport à la contrainte mineure qui compte — d'où le calcul suivant.
Pourquoi fait-on ce calcul ? Parce que c'est le vrai moteur de la rupture non drainée. La machine n'a pas touché au confinement, mais l'eau, elle, le grignote palier après palier — et un sol dont le confinement effectif s'effondre finit toujours par céder.
- 📐 Ce qu'on applique : la même soustraction, sur la contrainte radiale totale restée à 200 kPa.
- ⚠️ Le point de vigilance : c'est la même valeur de u qu'à l'étape précédente. Une pression interstitielle n'a pas de composante radiale distincte de sa composante axiale.
- 🎯 Finalité : obtenir la contrainte principale mineure effective, celle qui commande la résistance disponible.
80 kPa contre 200 au départ : le confinement effectif a été divisé par deux et demi , sans que la machine n'ait touché à quoi que ce soit. 🔻
| q (kPa) | u (kPa) | σ′1 (kPa) | σ′3 (kPa) | σ′1 − σ′3 |
|---|---|---|---|---|
| 0 | 0 | 200 | 200 | 0 ✓ |
| 50 | 28 | 222 | 172 | 50 ✓ |
| 100 | 55 | 245 | 145 | 100 ✓ |
| 150 | 82 | 268 | 118 | 150 ✓ |
| 180 | 105 | 275 | 95 | 180 ✓ |
| 200 | 120 | 280 | 80 | 200 ✓ |
- ✅ Le contrôle passe sur les six lignes : la dernière colonne redonne exactement le déviateur mesuré. Aucune ligne du tableau ne souffre de l'erreur du piège.
- 📌 La lecture d'ensemble : σ′₁ monte de 200 à 280, σ′₃ descend de 200 à 80. Les deux s'écartent l'une de l'autre, et c'est cet écartement qui rapproche le sol de sa rupture.
- ⚠️ Le rapport qui compte vraiment : σ′₁/σ′₃ passe de 1,0 à 3,5 . C'est ce nombre, et non les contraintes prises séparément, que le critère de Mohr-Coulomb plafonne — la question 5 s'en servira comme contrôle indépendant.
"Ce mécanisme — la charge qui monte, le confinement effectif qui fond — explique les ruptures les plus brutales de la géotechnique." ⚠️
- 🌊 Le remblai sur sol mou : monté trop vite sur une argile, il ne laisse pas le temps à l'eau de partir. La surpression s'accumule sous la charge, le confinement effectif s'effondre, et le remblai se couche d'un bloc — parfois plusieurs jours après la fin des travaux.
- ⏱️ La parade : monter par étapes , avec des paliers de consolidation, et suivre la surpression au piézomètre. On ne recharge que lorsqu'elle est retombée.
- 🏗️ Pourquoi le court terme est le cas critique : pour une argile, la situation la plus défavorable est juste après le chargement, quand u est maximale. Avec le temps l'eau part, les contraintes effectives remontent, et la sécurité augmente. C'est l'inverse d'un sable.
- 📉 Le cas extrême : si u atteignait 200 kPa, σ′₃ tomberait à zéro . Plus aucun contact entre grains, plus aucune résistance : c'est la liquéfaction . Ici on s'arrête à 120 kPa, donc loin du compte — mais un sable lâche y arriverait en quelques secondes de séisme.
- 🤝 Ce qui doit figurer au procès-verbal : la courbe u en fonction de la déformation, pas seulement la valeur finale . C'est sa forme qui dit si le sol est contractant ou dilatant, et donc comment il se comportera sur le terrain. 📕
Et si le sol avait été surconsolidé au lieu de normalement consolidé ? 🤔
- 🔄 Modification : cisaillé, il chercherait à se dilater . Drainage fermé, l'eau passerait en dépression et u deviendrait négatif .
- 📈 Nouvel Impact : les contraintes effectives deviendraient supérieures aux totales. Le confinement effectif augmenterait au lieu de fondre, et le chemin effectif partirait vers la droite .
- 💡 Conclusion : le même essai, sur le même minéral, donnerait une allure de courbe opposée. Ce n'est pas la nature du sol qui décide, c'est son histoire de chargement .
- ⚠️ Bénéfice/Risque : la résistance à court terme y est plus élevée — mais c'est un piège. Avec le temps, l'eau revient, la dépression se dissipe, les contraintes effectives retombent , et la sécurité diminue. Pour un sol surconsolidé, le cas critique est le long terme .
- 🔮 Perspective : c'est pourquoi un talus d'argile raide taillé peut tenir vingt ans, puis glisser un hiver pluvieux sans qu'aucune charge nouvelle n'ait été ajoutée.
"Douze contraintes principales à ranger en douze coordonnées. C'est mécanique — et c'est exactement pour cela qu'il faut un contrôle automatique sur chaque ligne, sinon une erreur de recopie passera inaperçue jusqu'au graphique." 🧮
- 🔎 Observation : le déviateur est déjà connu — c'est la colonne Δσ de l'énoncé. Il n'y a donc qu' une seule grandeur à calculer par ligne et par famille : la contrainte moyenne.
- 🤔 Analyse du risque : écrire (σ₁ + σ₃)/2 au lieu de (σ₁ + 2σ₃)/3. Les deux expressions sont des moyennes, se ressemblent, et donnent des valeurs du même ordre — ce qui rend l'erreur presque invisible.
- ✅ Choix stratégique : calculer p et p′ au palier final, puis vérifier que leur écart vaut u . Ce contrôle découle de la définition même de la contrainte effective : il doit tomber juste à la ligne près.
- 💡 Ce qu'il faut retenir : p − p′ = u, toujours. C'est ce qui donne au diagramme sa lecture la plus utile : l' écart horizontal entre les deux chemins se lit directement comme la pression de l'eau.
- 🎯 Objectif visé : le tableau complet des six paliers, contrôlé ligne par ligne.
👀 Voir uniquement le résultat final (Auto-évaluation)
- 🔸 Contraintes totales au palier final : 400 et 200 kPa · question 2
- 🔸 Contraintes effectives au palier final : 280 et 80 kPa · question 3
- 🔸 Pression interstitielle : 120 kPa · relevé d'essai
Un état de contrainte comporte six composantes. On en garde deux, et ce n'est pas un appauvrissement arbitraire. 🧮
Les deux invariants, et l'identité qui relie les deux chemins.
Coordonnées du plan de travail :La contrainte moyenne effective, et la relation qui la contrôle.
Parce qu'elle transforme une suite de mesures en une trajectoire . Chaque palier devient un point, l'essai devient une courbe, et la rupture devient une frontière qu'on voit approcher. Aucune autre représentation ne rend le comportement non drainé aussi lisible. 🧮
- p : contrainte moyenne totale, unité : kPa — abscisse du chemin total
- p′ : contrainte moyenne effective, unité : kPa — abscisse du chemin effectif
- q : déviateur, unité : kPa — ordonnée commune aux deux chemins
- u : pression interstitielle, unité : kPa — l'écart horizontal entre les deux
"Calculer p′ comme le centre du cercle de Mohr, (σ′₁ + σ′₃)/2 = 180 kPa au lieu de 146,7. L'écart n'a l'air de rien — et pourtant il conduit à un angle de frottement de 28° au lieu de 33,7° . Le pire est que 28° paraît plus crédible pour une argile : rien n'alerte..."
- (σ₁ + 2σ₃)/3 : la moyenne des trois contraintes principales de l'espace. C'est p, l'invariant.
- (σ₁ + σ₃)/2 : la moyenne de deux d'entre elles. C'est le centre du cercle de Mohr, souvent noté s — une grandeur du plan de coupe, qui ignore purement et simplement σ₂.
- Pourquoi l'erreur est traître : les deux valeurs restent du même ordre, et la formule de conversion sin φ′ = 3M/(6 + M) accepte n'importe quelle pente sans broncher. Aucun contrôle d'unité, aucun ordre de grandeur ne se déclenche.
- Le contrôle qui l'attrape : p − p′ = u. Avec la fausse formule, l'écart vaut 300 − 180 = 120 au palier final… par coïncidence, puisque cette erreur affecte identiquement p et p′. Il faut donc aussi vérifier que p vaut bien σ₃ + q/3, soit 266,7 et non 300.
- La règle : deux plans, deux moyennes. Dans le plan de Mohr on travaille avec s et t ; dans le plan des invariants avec p et q. On ne mélange jamais un couple avec l'autre. 🏗️
Exécution de la Note de Calculs
- Une somme de kPa divisée par 3 : kPa ✓
- Contrôle : p = σ3 + q/3 à chaque palier
- Contrôle : p − p′ = u , exactement
🧮 La contrainte moyenne totale, l'effective, puis le contrôle qui valide les six lignes.
1. Résolution Numérique Contrainte moyenne totale au palier finalPourquoi fait-on ce calcul ? Parce que c'est l'abscisse du dernier point du chemin total. Elle servira à mesurer, sur le graphique, l'écart qui sépare les deux trajets au moment le plus critique de l'essai.
- 📐 Ce qu'on applique : la définition de l'invariant avec σ₁ = 400 kPa et σ₃ = 200 kPa.
- ⚠️ Le point de vigilance : le facteur 2 devant la contrainte radiale, et la division par 3 et non par 2. C'est là que se joue le piège de cette question.
- 🎯 Finalité : obtenir l'abscisse du point final du chemin total.
266,7 kPa, contre 200 au départ : la compression moyenne appliquée a augmenté de 66,7 kPa . 📈
- ✅ Le contrôle de la question 2 : σ₃ + q/3 = 200 + 200/3 = 266,7 kPa. La relation littérale et le calcul direct concordent exactement.
- 📌 Ce que confirme le tiers : 200 kPa de déviateur n'ont fait monter la compression moyenne que d'un tiers de cette valeur. La machine cisaille bien plus qu'elle ne comprime.
- ⚠️ Le contraste à venir : cette abscisse a augmenté . Celle du chemin effectif, elle, va diminuer — et c'est cette divergence qui fait tout l'intérêt du diagramme.
Pourquoi fait-on ce calcul ? Parce que c'est la seule abscisse qui compte pour la résistance. Le point (p′ ; q) est celui que le critère de rupture regarde ; le point total, lui, n'est qu'un témoin.
- 📐 Ce qu'on applique : la même définition, sur les contraintes effectives σ′₁ = 280 kPa et σ′₃ = 80 kPa.
- ⚠️ Le point de vigilance : le facteur 2 porte sur la contrainte radiale effective , qui est justement celle qui s'est effondrée. C'est elle qui tire p′ vers le bas, et deux fois plutôt qu'une.
- 🎯 Finalité : obtenir l'abscisse du point de rupture supposé.
146,7 kPa, contre 200 au départ : la compression moyenne effective a chuté de 27 % alors que la totale montait de 33 %. 🔻
- ✅ Le mécanisme en une ligne : la surpression, 120 kPa, monte plus vite que le tiers du déviateur, 66,7 kPa. L'eau prend plus que ce que la machine ajoute : p′ recule.
- 📌 Le critère général : le chemin effectif part vers la gauche dès que le coefficient de Skempton dépasse 1/3 . Ici il vaut 0,60 — le sol est franchement contractant.
- ⚠️ La forme du chemin : il n'est pas rectiligne. Les paliers 1 à 3 donnent un A voisin de 0,55, les paliers 4 et 5 montent à 0,58 puis 0,60 : le chemin s'incurve vers la gauche en approchant de la rupture, comportement classique d'une argile normalement consolidée.
Pourquoi fait-on ce calcul ? Parce que douze contraintes recopiées à la main, c'est douze occasions de se tromper. Ce contrôle est exact, gratuit, et il valide d'un seul coup toute la chaîne des questions 2 à 4.
- 📐 Ce qu'on applique : la différence des deux contraintes moyennes, à confronter à la pression interstitielle mesurée.
- ⚠️ Le point de vigilance : ce contrôle est exact , pas approché. Tout écart supérieur à l'arrondi d'affichage signale une erreur, jamais une imprécision de mesure.
- 🎯 Finalité : valider le tableau complet avant de le porter au graphique.
120 kPa retrouvés exactement — et la démonstration montre que ce n'est pas une coïncidence du dernier palier mais une identité . ✅
| q (kPa) | u (kPa) | σ1 | σ′1 | σ′3 | p (kPa) | p′ (kPa) | p − p′ |
|---|---|---|---|---|---|---|---|
| 0 | 0 | 200 | 200 | 200 | 200,0 | 200,0 | 0 ✓ |
| 50 | 28 | 250 | 222 | 172 | 216,7 | 188,7 | 28 ✓ |
| 100 | 55 | 300 | 245 | 145 | 233,3 | 178,3 | 55 ✓ |
| 150 | 82 | 350 | 268 | 118 | 250,0 | 168,0 | 82 ✓ |
| 180 | 105 | 380 | 275 | 95 | 260,0 | 155,0 | 105 ✓ |
| 200 | 120 | 400 | 280 | 80 | 266,7 | 146,7 | 120 ✓ |
- ✅ Six lignes, six contrôles satisfaits : et le contrôle de pente de la question 2 l'est aussi — p passe de 200,0 à 266,7 pendant que q passe de 0 à 200, soit un rapport de 3,00.
- 📌 Ce que le tableau raconte : p′ ne cesse de descendre, 200 → 188,7 → 178,3 → 168,0 → 155,0 → 146,7, pendant que q monte. Le chemin effectif remonte vers la gauche , en s'incurvant.
- ⚠️ Le tableau est prêt, la conclusion ne l'est pas : il reste à savoir où passe la frontière de rupture, et si le dernier point l'a réellement atteinte. C'est tout l'objet de la question suivante.
"Le plan p-q n'est pas un exercice d'école : c'est le format d'entrée de tous les modèles de sol des logiciels de calcul." 💻
- 💻 À quoi sert ce tableau : à caler un modèle de comportement. Cam-Clay, Hardening Soil, Mohr-Coulomb — tous demandent des paramètres qui se lisent dans ce plan, pas sur des cercles de Mohr.
- 📊 Pourquoi les logiciels l'ont adopté : parce que p et q sont indépendants du repère . Un élément fini n'a pas d'orientation privilégiée ; il lui faut des grandeurs qui n'en demandent pas.
- 🔁 La correspondance avec Mohr : elle existe et reste utile — s = (σ₁ + σ₃)/2 et t = (σ₁ − σ₃)/2 forment le plan de Lambe, encore employé en Amérique du Nord. Les deux plans coexistent, ne se mélangent pas , et n'ont pas les mêmes formules de conversion vers φ′.
- ⚠️ L'erreur de traduction : appliquer la formule sin φ′ = 3M/(6 + M), valable dans le plan p-q, à une pente lue dans le plan de Lambe. Là-bas c'est simplement sin φ′ = tan(pente).
- 🤝 Ce qui doit figurer au procès-verbal : le plan employé , explicitement. « M = 1,36 » ne veut rien dire sans préciser dans quel système de coordonnées la pente a été mesurée. 📕
Et si la surpression au palier final n'avait atteint que 100 kPa au lieu de 120 ? 🤔
- 🔄 Modification : les contraintes effectives deviendraient σ′₁ = 300 et σ′₃ = 100 kPa, d'où p′ = 166,7 kPa au lieu de 146,7.
- 📈 Nouvel Impact : le point de rupture glisserait de 20 kPa vers la droite. La pente M tomberait de 1,364 à 1,200 .
- 💡 Conclusion : l'angle de frottement passerait de 33,75° à 30,0° exactement. Vingt kilopascals de mesure font près de quatre degrés.
- ⚠️ Bénéfice/Risque : or 20 kPa sur une mesure de pression interstitielle, ce n'est pas énorme — un capteur mal saturé, une vitesse de cisaillement un peu rapide, et l'écart est là. La sensibilité de φ′ à cette mesure est le point faible de tout essai CU.
- 🔮 Perspective : c'est pourquoi on ne conclut jamais sur un seul essai. Trois confinements donnent trois points de rupture, et c'est la droite de régression qui livre l'angle — bien plus robuste qu'un point unique.
"Le chiffre que tout le monde attend. Il va sortir d'une division et d'un arc sinus — trente secondes. Le vrai travail est après : décider si je peux le signer." ☠️
- 🔎 Observation : la droite de rupture est supposée passer par l'origine, faute de cohésion. Un seul point suffit donc à la définir — et c'est aussi la fragilité de toute la démarche.
- 🤔 Analyse du risque : lire la pente sur le mauvais chemin . Le chemin total est plus long, plus visible, et donne un angle apparemment raisonnable — mais dépourvu de sens physique.
- ✅ Choix stratégique : calculer φ′ par les invariants, puis le recalculer par un chemin totalement indépendant — le critère de Mohr-Coulomb écrit directement sur les contraintes principales. Deux routes, un seul résultat attendu.
- 💡 Ce qu'il faut retenir : un angle de frottement se juge autant qu'il se calcule. 34° pour une argile n'est pas une bonne nouvelle : c'est un signal qu'il faut interpréter.
- 🎯 Objectif visé : une pente, un angle, une vérification croisée et un avis motivé.
👀 Voir uniquement le résultat final (Auto-évaluation)
- 🔸 Contrainte moyenne effective au dernier palier : 146,7 kPa · question 4
- 🔸 Déviateur au dernier palier : 200 kPa · relevé d'essai
- 🔸 Contraintes principales effectives : 280 et 80 kPa · question 3
- 🔸 Cohésion effective : c′ = 0 kPa · hypothèse, sol normalement consolidé
Tout état de contrainte est permis, sauf ceux qui dépassent une certaine ligne. Cette ligne est la résistance du matériau. ☠️
La pente de rupture dans le plan des invariants, et le même critère écrit sur les contraintes principales.
Critère de rupture, deux écritures :La conversion pente-angle, et la forme directe qui servira de contrôle.
Parce que la pente M dépend du système de coordonnées, alors que φ′ n'en dépend pas. M est ce qu'on mesure sur le graphique ; φ′ est ce qu'on transmet au bureau d'études, et ce qui entrera dans les calculs de stabilité. ☠️
- M : pente de la droite de rupture dans le plan p′-q, unité : sans — dépend du système de coordonnées
- qf : déviateur à la rupture, unité : kPa — ordonnée du point critique
- p′f : contrainte moyenne effective à la rupture, unité : kPa — abscisse du point critique
- φ′ : angle de frottement effectif, unité : degrés — propriété intrinsèque du matériau
"Mesurer la pente sur le chemin des contraintes totales . On obtient M = 200/266,7 = 0,75, donc sin φ = 0,333 et un angle de 19,5° . Le chiffre est plausible pour une argile — et il est dénué de sens physique..."
- Pourquoi le chemin total ne peut pas servir : il décrit ce que la machine applique. Or l'eau reprend une part de cette charge, et cette part ne serre aucun grain. Un « angle » lu là-dessus mélange une propriété du sol et une pression de fluide.
- Le symptôme : le résultat dépendrait du confinement . Refaire l'essai à 400 kPa donnerait un autre « angle » — ce qui suffit à disqualifier la grandeur, puisqu'un paramètre intrinsèque ne bouge pas.
- L'ampleur de l'erreur : 19,5° au lieu de 33,75°, soit 14 degrés perdus . Sur un calcul de stabilité de talus, c'est un coefficient de sécurité amputé de moitié et un projet condamné sans raison.
- Ce qui rend l'erreur dangereuse : elle va dans le sens conservateur . Personne ne s'alarme d'un résultat prudent, et l'erreur peut traverser toute une étude sans être détectée.
- La règle : toute droite de rupture se trace sur des contraintes effectives . Le chemin total ne sert qu'à une chose : mesurer, par son écart, la pression interstitielle. 🏗️
Exécution de la Note de Calculs
- M : des kPa divisés par des kPa, sans dimension ✓
- Un sinus est sans dimension et compris entre 0 et 1
- Contrôle : les deux écritures du critère doivent donner le même sinus
☠️ La pente, l'angle, le recoupement indépendant, puis le jugement de plausibilité.
1. Résolution Numérique Pente de la droite de rupturePourquoi fait-on ce calcul ? Parce que la droite est supposée passer par l'origine : sa pente se lit donc directement comme le rapport des coordonnées du point de rupture, sans aucune régression.
- 📐 Ce qu'on applique : le quotient du déviateur par la contrainte moyenne effective au dernier palier.
- ⚠️ Le point de vigilance : c'est p′ au dénominateur, jamais p. Le piège de cette question tient tout entier dans ce prime.
- 🎯 Finalité : obtenir la pente de la frontière de résistance dans le plan des invariants.
1,364 : le sol supporte un cisaillement valant 1,36 fois la compression moyenne qui le serre. 📐
- ✅ Contrôle d'ordre de grandeur : M se situe entre 0,8 et 1,6 pour la quasi-totalité des sols. La valeur est dans la plage, en partie haute.
- 📌 La valeur exacte : 200 ÷ (440/3) = 600/440 = 15/11 . Une fraction franche, qui donnera un sinus tout aussi franc à l'étape suivante.
- ⚠️ Ce que M ne dit pas : dans quel plan il a été mesuré. Le même sol donnerait une pente différente dans le plan de Lambe, sans que sa résistance ait changé d'un iota.
Pourquoi fait-on ce calcul ? Parce que M n'est compris par personne en dehors du plan p-q, tandis que φ′ entre directement dans les formules de portance, de poussée et de stabilité de pente. C'est la traduction du résultat en langage de projet.
- 📐 Ce qu'on applique : la relation sin φ′ = 3M/(6 + M), puis l'arc sinus.
- ⚠️ Le point de vigilance : cette relation vaut en compression triaxiale. En extension, le dénominateur devient 6 − M, et confondre les deux donne plusieurs degrés d'écart.
- 🎯 Finalité : obtenir l'angle de frottement effectif en degrés.
Le sinus tombe sur 5/9 exactement , d'où φ′ = 33,75°. Aucune approximation n'intervient dans cette chaîne. 📐
- ✅ Sur l'arrondi : la valeur exacte est arcsin(5/9) = 33,749°, qui s'écrit 33,75° . On lit parfois 33,7 : c'est une troncature, sans conséquence pratique mais qui n'est pas l'arrondi correct.
- 📌 La plage attendue : les argiles normalement consolidées se situent entre 20 et 28° . Les limons et sables limoneux montent à 30–35°. Notre 33,75° est hors de la plage des argiles .
- ⚠️ Ce n'est pas une erreur de calcul : l'arithmétique est irréprochable. C'est la donnée ou l' hypothèse de rupture qui doit être interrogée — les deux calculs suivants s'en chargent.
Pourquoi fait-on ce calcul ? Parce que le résultat précédent traverse trois questions et une dizaine d'opérations. L'écrire directement sur les contraintes principales court-circuite tout cela : ni invariant, ni facteur 2, ni division par 3. Si les deux chemins concordent, l'ensemble de la chaîne est validé d'un coup.
- 📐 Ce qu'on applique : la forme directe du critère de Mohr-Coulomb sur σ′₁ = 280 kPa et σ′₃ = 80 kPa.
- ⚠️ Le point de vigilance : cette écriture n'est valable que pour c′ = 0. Avec une cohésion, il faudrait ajouter le terme c′·cot φ′ aux deux contraintes.
- 🎯 Finalité : recalculer le sinus sans passer par les invariants.
Le même 5/9 , obtenu sans le moindre invariant. Les deux chemins se recoupent exactement. ✅
- ✅ Ce que le recoupement valide : les contraintes effectives de la question 3, les invariants de la question 4 et la conversion pente-angle. Une erreur dans l'un des trois aurait rompu l'égalité.
- 📌 Le troisième contrôle, encore plus rapide : le rapport σ′₁/σ′₃ = 280/80 = 3,5 , à comparer à (1 + sin φ′)/(1 − sin φ′) = 1,556/0,444 = 3,5. Identique. Ce rapport est d'ailleurs le plus simple des indicateurs de rupture , et il se calcule de tête.
- ⚠️ Ce que ce recoupement ne valide pas : l'hypothèse de rupture. Les trois chemins partent du même point de mesure ; s'il n'est pas à la rupture, ils se trompent tous les trois ensemble.
Pourquoi fait-on ce calcul ? Parce qu'un angle de 33,75° pour une argile sort de la plage attendue, et qu'une seule anomalie ne suffit pas à conclure. La résistance non drainée offre un second indicateur, indépendant, dont on connaît bien les valeurs de référence.
- 📐 Ce qu'on applique : cu = qf/2, le rayon du cercle de Mohr à la rupture, puis son rapport à la contrainte de consolidation.
- ⚠️ Le point de vigilance : cu n'est pas une propriété intrinsèque : elle dépend de la consolidation. C'est justement son rapport à σ′3c qui, lui, est comparable d'un site à l'autre.
- 🎯 Finalité : disposer d'un second indicateur pour trancher sur la nature du matériau.
Un rapport de 0,50 , quand une argile normalement consolidée se situe entre 0,20 et 0,30 . Le second indicateur pointe dans la même direction que le premier. ⚠️
- ✅ Deux anomalies concordantes : φ′ trop élevé pour une argile et cu/σ′3c deux fois trop fort. Quand deux indicateurs indépendants s'écartent dans le même sens, ce n'est plus le hasard.
- 📌 L'interprétation la plus probable : le matériau n'est pas une argile franche mais un limon ou une argile très silteuse . Les deux valeurs sont alors parfaitement cohérentes entre elles.
- ⚠️ L'hypothèse alternative : le sol serait légèrement surconsolidé . Sa cohésion effective ne serait alors pas nulle, la droite de rupture ne passerait pas par l'origine, et forcer son passage par zéro surestime l'angle. Un second essai à un autre confinement trancherait immédiatement.
Lecture du graphique : les deux chemins partent du même point, sur l'axe horizontal, puis se séparent immédiatement . Le bleu monte vers la droite en ligne droite : c'est la machine, pente 3, rien d'autre. Le vert part vers la gauche en s'incurvant : c'est le sol, dont le confinement effectif s'effondre à mesure que l'eau monte en pression. À chaque hauteur, la distance horizontale entre les deux courbes vaut exactement la pression interstitielle du moment — 120 kPa tout en haut. Le chemin effectif vient buter contre la droite de rupture : c'est ce contact, et lui seul, qui donne l'angle de frottement.
"Un essai triaxial ne dit jamais tout seul où est la rupture. C'est l'ingénieur qui la déclare — et cette décision vaut plus que tout le reste du calcul." ☠️
- 📈 Ce qu'on cherche sur la courbe : un pic de déviateur, ou un palier. Ici le déviateur croît encore de 20 kPa au dernier point relevé : ni l'un ni l'autre n'a été observé.
- 📏 La convention de repli : faute de pic, on retient conventionnellement la valeur atteinte à 15 % de déformation axiale . Encore faut-il disposer des déformations — l'énoncé n'en donne aucune.
- 🔀 L'autre définition, tout aussi légitime : le maximum du rapport σ′₁/σ′₃, qui ne survient pas au même instant que le maximum du déviateur. Deux définitions, deux angles, et il faut dire laquelle on a employée.
- ⚠️ Le sens de l'incertitude : si l'essai s'est arrêté avant la rupture, le vrai point critique est plus haut sur le chemin effectif, donc l'angle réel est supérieur à 33,75°. L'écart avec la plage des argiles se creuserait encore.
- 🤝 Ce qui doit figurer au procès-verbal : le critère de rupture retenu , la courbe déviateur-déformation, et l'identification du sol par ses limites d'Atterberg. Sans elles, impossible de dire si 33,75° est aberrant ou parfaitement normal. 📕
Et si un second essai, à un autre confinement, révélait une cohésion effective non nulle ? 🤔
- 🔄 Modification : la droite de rupture ne passerait plus par l'origine. Son équation deviendrait q = M p′ + d, avec d lié à c′.
- 📈 Nouvel Impact : la pente M deviendrait plus faible que le simple rapport qf/p′f, puisqu'une partie de la résistance viendrait de l'ordonnée à l'origine et non du frottement.
- 💡 Conclusion : l'angle de 33,75° serait surestimé . Forcer une droite par l'origine sur un sol cohérent attribue au frottement une résistance qui vient de la cohésion.
- ⚠️ Bénéfice/Risque : et l'erreur va dans le sens dangereux . Un angle surestimé donne des poussées trop faibles et des portances trop élevées — l'inverse du piège du chemin total, qui était conservateur.
- 🔮 Perspective : d'où la règle : un couple (c′, φ′) ne se détermine jamais sur un seul essai. Il en faut trois, à trois confinements espacés, et l'on ajuste la droite sur les trois points de rupture.
BILAN FINAL & PERFORMANCES
✅ Checklist d'Auto-Évaluation
Avant de clore cet exercice, vérifiez que vous avez bien assimilé la démarche globale de conception :
La chaîne de calcul se déroule sans accroc et se contrôle à chaque étape. La consolidation isotrope laisse σ′1c = σ′3c = 200 kPa , d'où un point de départ en (p′ = 200 ; q = 0), commun aux deux chemins. Le cisaillement à confinement constant donne σ1 = 200 + Δσ, et la substitution littérale établit que le chemin total est une droite de pente 3 — un contrôle valable sur les six paliers. Les contraintes effectives se déduisent en retranchant u des deux contraintes principales : au dernier palier, σ′1 = 280 kPa et σ′3 = 80 kPa , soit un confinement effectif divisé par 2,5 alors que la machine n'a pas desserré d'un kilopascal. Les invariants suivent : p = 266,7 kPa , p′ = 146,7 kPa , et l'identité p − p′ = u se vérifie exactement sur les six lignes du tableau. 🧮
L'exploitation donne M = 200/146,7 = 15/11 = 1,364 , puis sin φ′ = 3M/(6 + M) = 5/9 exactement, d'où φ′ = 33,75° . On lit parfois 33,7 : c'est une troncature, l'arrondi correct de arcsin(5/9) = 33,749° étant 33,75. Le résultat a été recoupé par un chemin totalement indépendant , la forme directe du critère de Mohr-Coulomb : sin φ′ = (σ′₁ − σ′₃)/(σ′₁ + σ′₃) = 200/360 = 5/9. Même fraction, sans le moindre invariant. Un troisième contrôle, calculable de tête, achève de valider la chaîne : σ′₁/σ′₃ = 280/80 = 3,5, à comparer à (1 + sin φ′)/(1 − sin φ′) = 3,5. Les trois routes convergent, ce qui met les questions 2 à 4 hors de cause. 📐
Deux réserves de fond subsistent pourtant, et elles ne portent pas sur l'arithmétique. La première : rien ne démontre que le dernier palier soit la rupture . Le déviateur y croît encore de 20 kPa par rapport au palier précédent ; ni pic ni plateau n'a été observé, et aucune déformation axiale n'est fournie qui permettrait d'appliquer la convention des 15 %. Si l'essai a été interrompu avant la rupture, le point critique réel se situe plus haut sur le chemin effectif, et l'angle véritable est supérieur à 33,75°. La seconde réserve : 33,75° est hors de la plage des argiles , qui se situent entre 20 et 28° à l'état normalement consolidé. Un second indicateur, indépendant, va dans le même sens — la résistance non drainée vaut cu = qf/2 = 100 kPa , soit un rapport cu/σ′3c = 0,50 quand une argile normalement consolidée donne 0,20 à 0,30. Deux anomalies concordantes ne sont plus une coïncidence : le matériau se comporte comme un limon ou une argile très silteuse , pas comme une argile franche. L'hypothèse alternative, tout aussi défendable, est un sol légèrement surconsolidé dont la cohésion effective ne serait pas nulle — auquel cas forcer la droite de rupture par l'origine surestime l'angle. ⚠️
Une précision normative s'impose également. Cet essai est parfois rattaché aux normes NF P94-070 et NF P94-074 . Ces textes ont bien porté sur l'appareil triaxial de révolution, mais ils ont été remplacés par la série européenne : la référence applicable à un essai consolidé, CU comme CD, est NF EN ISO 17892-9 (2018), l'essai non consolidé non drainé relevant de la partie 8 . La confusion est répandue — l'ancienne série française NF P94 a été largement absorbée par la série NF EN ISO 17892, et les habitudes de citation n'ont pas toutes suivi — mais elle ne peut pas subsister dans un rapport d'essai, qui est un document contractuel. 📕
Reste la leçon d'ensemble, et elle tient dans la géométrie du graphique. Les deux chemins partent du même point et divergent aussitôt : le total monte vers la droite en ligne droite, parce que la machine ajoute de la compression moyenne à raison d'un tiers du déviateur ; l'effectif part vers la gauche en s'incurvant, parce que l'eau prend davantage que ce que la machine ajoute. Le critère qui départage les deux comportements est net : le chemin effectif recule dès que le coefficient de Skempton dépasse 1/3 , et il vaut ici 0,55 à 0,60 selon le palier. C'est cette divergence, et elle seule, qui explique qu'un sol puisse rompre sous un confinement qu'on n'a jamais relâché — le mécanisme même des ruptures de remblais sur sols mous, où le danger se situe non pas des années plus tard mais juste après la fin des travaux. Enfin, un couple (c′, φ′) ne se détermine jamais sur un essai unique : il en faut trois , à trois confinements espacés, pour distinguer une droite passant par l'origine d'une droite qui aurait une ordonnée. ✅
📊 Tableau de Bord des Performances
DÉCISION DU DIRECTEUR TECHNIQUE
"Le calcul est propre, et vos deux recoupements me font gagner une relecture : les trois routes tombent sur 5/9, il n'y a rien à redire à l'arithmétique. Cinq remarques quand même. Un : je ne diffuse pas ce 33,75° en l'état. Trente-quatre degrés pour une argile, c'est hors plage, et votre rapport cu/σ′3c à 0,50 dit la même chose par un autre chemin. Deux indicateurs indépendants qui se trompent ensemble, ça n'existe pas — je veux les limites d'Atterberg avant toute diffusion. Si c'est un limon, tout est cohérent et on avance. Deux : rien ne prouve que le dernier palier soit la rupture. Le déviateur monte encore de vingt kilopascals, il n'y a ni pic ni plateau, et sans les déformations je ne peux même pas appliquer la convention des quinze pour cent. Écrivez-le noir sur blanc : rupture supposée au dernier palier mesuré . Trois : qu'on cesse d'écrire « NF P94-074 » . La bonne référence est NF EN ISO 17892-9 de 2018, partie 8 pour l'UU. Une norme périmée dans un document contractuel, c'est une non-conformité au premier contrôle. Quatre : je veux deux essais de plus , à cent et quatre cents kilopascals. Avec un seul point on ne distingue pas une droite par l'origine d'une droite avec cohésion — et si ce sol est légèrement surconsolidé, votre angle est surestimé , donc du mauvais côté. Cinq : gardez ce graphique tel quel dans la note. L'écart horizontal entre les deux chemins qui vaut exactement la pression interstitielle, c'est ce qui fait comprendre en trois secondes pourquoi un remblai se couche alors qu'on n'a rien desserré."








