Calcul des déformations dans une poutre
Déformée d'une poutre sur deux appuis par superposition, et confrontation aux limites de flèche applicables
Contexte de l'Étude & Enjeux
Le Contexte : Le sommier de la file 4 d'une mezzanine de stockage franchit 8,00 m entre deux appuis simples. Il porte un platelage et une charge d'exploitation répartis, ainsi qu'un palan fixé en son centre. La hauteur sous plafond étant limitée, l'architecte a retenu un profilé IPE 360, et des bureaux cloisonnés par des parois vitrées toute hauteur occupent la sous-face. La question posée n'est pas celle de la résistance — l'acier ne rompra pas — mais celle de la déformation : une poutre qui descend trop vient prendre appui sur le châssis supérieur des vitrages, lesquels ne possèdent aucune ductilité.
Pour avancer sereinement, voici les éléments fondamentaux que vous devez avoir à l'esprit. Gardez un œil attentif sur ces critères déterminants :
-
Une vérification d'aptitude au service : Rien ici ne concerne la ruine de la structure. Ce qui est en jeu est le fonctionnement de l'ouvrage et l'intégrité de ce qu'il porte.
-
Deux chargements, une seule déformée : Le comportement restant élastique et linéaire, les deux cas de charge se traitent séparément puis s'additionnent — à condition de savoir ce que cette addition suppose.
-
Un critère qui n'est pas donné par la norme : Aucun Eurocode ne fixe de limite de flèche universelle. La limite employée est contractuelle, et sa pertinence vis-à-vis de vitrages fragiles mérite examen.
Établir la déformée maximale du sommier sous la combinaison des charges, puis la confronter au critère du cahier des charges et déterminer le profilé qui y satisfait sans compromettre la hauteur libre.
- Établir la rigidité : Convertir les caractéristiques du catalogue en unités cohérentes et calculer le produit du module d'élasticité par le moment quadratique.
- Démontrer les deux déformées : Intégrer la relation moment-courbure pour chacun des deux cas de charge, plutôt que de recopier un formulaire.
- Superposer et vérifier : Sommer les deux flèches, justifier que cette somme est exacte, et confronter le résultat à la limite contractuelle.
- Redimensionner : Établir l'inertie requise, puis choisir le profilé sous la contrainte de hauteur qui a motivé le choix initial.
- La rigidité de flexion du profilé, en unités du système international.
- Les deux flèches élémentaires, établies par intégration et non posées.
- La flèche totale à mi-travée et le taux de travail vis-à-vis du critère contractuel.
- L'inertie requise et le profilé retenu au regard de la contrainte de hauteur.
Les caractéristiques du profilé sont relevées au catalogue du producteur. Le module d'élasticité de l'acier de construction est celui que fixe l'Eurocode 3. La limite d'élasticité est donnée pour information : elle ne joue aucun rôle dans une vérification de flèche, qui ne fait intervenir que la rigidité, la géométrie et les charges. Le critère de flèche, en revanche, n'est pas une valeur normative : il provient du cahier des charges du projet.
Formulaire & Aide-Mémoire (À consulter en cas de besoin)
Retrouvez ici les formules principales pour cet exercice. Ne les apprenez pas par cœur, comprenez comment les appliquer !
- Relation moment-courbure \( E\,I\,v''(x) = M(x) \)
- Flèche sous charge répartie \( f_{\text{q}} = \dfrac{5\,q\,L^4}{384\,E\,I} \)
- Flèche sous charge centrée \( f_{\text{P}} = \dfrac{P\,L^3}{48\,E\,I} \)
- Superposition \( f_{\text{tot}} = f_{\text{q}} + f_{\text{P}} \)
- Taux de travail \( \text{UR} = \dfrac{f_{\text{tot}}}{f_{\text{lim}}} \)
Le profilé et le matériau
| Symbole | Description | Valeur | Unité |
|---|---|---|---|
| \( L \) | Portée entre appuis du sommier | 8,00 | m |
| \( I_{\text{y}} \) | Moment quadratique de l'IPE 360 autour de l'axe fort, valeur de catalogue Catalogue du producteur de profilés laminés | 16 260 | cm⁴ |
| \( I_{\text{z}} \) | Moment quadratique autour de l'axe faible, rappelé pour éviter toute confusion d'axe Catalogue du producteur de profilés laminés | 1 043 | cm⁴ |
| \( h \) | Hauteur de la section de l'IPE 360 | 360 | mm |
| \( b \) | Largeur des semelles de l'IPE 360 | 170 | mm |
| \( t_{\text{f}} \) | Épaisseur nominale des semelles, qui détermine la tranche d'épaisseur à retenir pour la limite d'élasticité | 12,7 | mm |
| \( G \) | Masse par mètre de l'IPE 360, déjà comprise dans la charge répartie de l'énoncé Catalogue du producteur de profilés laminés | 57,1 | kg/m |
| \( E \) | Module d'élasticité de l'acier de construction, en phase élastique EN 1993-1-1 § 3.2.6(1) | 210 000 | MPa |
| \( f_{\text{y}} \) | Limite d'élasticité du S235 JR pour une épaisseur nominale inférieure ou égale à 16 mm — sans emploi dans une vérification de flèche EN 10025-2 | 235 | MPa |
- Appuis : rotule et appui glissant
- Comportement : élastique linéaire, petits déplacements
- Flexion : autour de l'axe fort seul
Les charges et le critère de déformation
| Symbole | Description | Valeur | Unité |
|---|---|---|---|
| \( q \) | Charge uniformément répartie à l'état limite de service — poids propre du profilé, platelage et exploitation confondus, sans distinction entre part permanente et part variable | 12 | kN/m |
| \( P \) | Charge du palan et de sa charge levée, appliquée exactement à mi-travée | 35 | kN |
| \( f_{\text{lim}} \) | Critère de flèche du cahier des charges, portant sur la flèche totale — valeur contractuelle et non normative | L/300 | mm |
- Répartition G et Q : non fournie
- Jeu sous les vitrages : non fourni
- Ordre de montage : non fourni
Extraits de Normes & Abaques (Documents Annexes)
Servez-vous des documents ci-dessous pour extraire les coefficients nécessaires à votre résolution.
Limites de flèche verticale suggérées pour les éléments en acier| Élément porté | Limite suggérée |
|---|---|
| Poutre portant un ouvrage fragile | portée/360 |
| Autres poutres | portée/200 |
| Console | longueur/180 |
| Critère du présent cahier des charges | portée/300 |
3. Méthodologie de Résolution & Travail Demandé
L'étude part de la rigidité du profilé, établit les deux déformées élémentaires par intégration, les superpose pour obtenir la déformée réelle, puis confronte le résultat au critère du cahier des charges avant d'en tirer le redimensionnement — et d'examiner ce que ce critère mesure exactement.
Question 1 : Rigidité de flexion du profilé
Besoin d'un indice ? (Niveau 1)
Un centimètre vaut un centième de mètre, et l'inertie est une longueur à la puissance quatre.
Toujours bloqué ? (Indice Niveau 2)
Vérifiez lequel des deux moments quadratiques du catalogue correspond à la flexion étudiée.
Question 2 : Déformées élémentaires établies par intégration
Besoin d'un indice ? (Niveau 1)
Écrivez d'abord le moment fléchissant en fonction de l'abscisse, à partir des réactions d'appui.
Toujours bloqué ? (Indice Niveau 2)
Pour la charge centrée, la symétrie annule la rotation au milieu : cette condition remplace avantageusement l'appui opposé.
Question 3 : Flèche totale et vérification du critère contractuel
Besoin d'un indice ? (Niveau 1)
La superposition découle de la linéarité de l'équation de la déformée.
Toujours bloqué ? (Indice Niveau 2)
Additionner deux maximums n'est légitime que dans un cas précis : lequel ?
Question 4 (Finale) : Inertie requise, choix du profilé et portée réelle du critère
Besoin d'un indice ? (Niveau 1)
Renversez la condition de flèche pour en tirer une condition sur le moment quadratique.
Toujours bloqué ? (Indice Niveau 2)
Un profilé plus rigide est aussi plus lourd, et ce poids figure dans la charge répartie.
Calcul des déformations dans une poutre
"Toutes les expressions de flèche que je vais établir portent le même dénominateur : le produit du module d'élasticité par le moment quadratique. Autant le calculer une fois pour toutes, et dans des unités cohérentes avec les charges en newtons et les longueurs en mètres."
- Ce que je cherche : Une grandeur unique, la rigidité de flexion, qui caractérise la résistance de la poutre à la déformation.
- Ce que je vérifie d'abord : Lequel des deux moments quadratiques du catalogue correspond à la flexion réellement subie. Le profilé est posé sur son âme : c'est l'axe fort qui travaille.
- Ce que cette valeur servira : De dénominateur commun aux deux flèches élémentaires. Une erreur ici se propagerait identiquement à tous les résultats.
Voir uniquement le résultat final (Auto-évaluation)
Une poutre résiste à la flexion par deux mécanismes indépendants : la raideur intrinsèque du matériau et la façon dont la matière est disposée dans la section. Leur produit gouverne à lui seul la déformée, quelle que soit la nature du chargement.
Une seule relation est nécessaire ici : celle qui définit la rigidité de flexion à partir de la loi de comportement du matériau et de la géométrie de la section.
Étape 1 — Rigidité de flexion issue de la relation moment-courbure :Elle définit la grandeur qui gouverne l'ampleur de la déformée.
Dans une section fléchie, l'hypothèse des sections planes impose une déformation longitudinale proportionnelle à la distance à l'axe neutre, le facteur de proportionnalité étant la courbure. La loi de Hooke convertit cette déformation en contrainte. Le moment fléchissant étant le moment résultant de ces contraintes sur la section, son calcul fait apparaître l'intégrale du carré de la distance à l'axe — c'est-à-dire le moment quadratique. Le produit du module d'élasticité par ce moment quadratique relie donc directement le moment à la courbure.
- \( M \) : moment flechissant dans la section, unité : N·m
- \( E \) : module d'elasticite du materiau, unité : Pa
- \( I \) : moment quadratique de la section, unité : m⁴
- \( v \) : deplacement vertical de la fibre moyenne, unité : m
- \( y \) : distance a l'axe neutre, unité : m
"Employer le moment quadratique de l'axe faible à la place de celui de l'axe fort."
- Ce qui distingue les deux axes : Le profilé posé sur son âme fléchit autour de l'axe horizontal, celui par rapport auquel les semelles sont les plus éloignées. C'est l'axe fort, et son moment quadratique est le plus grand des deux.
- Ce que l'erreur change numériquement : Le rapport des deux inerties vaut \( 16\,260/1\,043 = 15{,}6 \). La flèche totale annoncée passerait de 29,67 mm à 463 mm, soit près d'un demi-mètre sur huit mètres de portée.
- Comment on la détecte : Ce résultat est auto-contradictoire : une flèche de 463 mm dépasse la hauteur même du profilé, 360 mm. L'hypothèse des petits déplacements sur laquelle repose toute la théorie serait alors ruinée, et le calcul invaliderait ses propres prémisses.
Exécution de la Note de Calculs
- Le moment quadratique passe des centimètres puissance quatre aux mètres puissance quatre par un facteur \( 10^{-8} \).
- Le module d'élasticité passe des mégapascals aux pascals par un facteur \( 10^{6} \).
- Un pascal étant un newton par mètre carré, le produit donne des newtons multipliés par des mètres carrés.
Les deux conversions sont menées séparément, puis le produit est formé.
1. Résolution Numérique Conversion des caractéristiques et calcul de la rigiditéPourquoi fait-on ce calcul ? Parce que les charges seront exprimées en newtons et la portée en mètres : toutes les grandeurs doivent appartenir au même système d'unités sous peine d'un résultat faux de plusieurs ordres de grandeur.
Le moment quadratique est converti en mètres puissance quatre, le module d'élasticité en pascals, puis leur produit est formé.
- Données employées : \( I_{\text{y}} = 16\,260 \text{ cm}^4 \) au catalogue et \( E = 210\,000 \text{ MPa} \).
- Origine du facteur de conversion : Un centimètre valant \( 10^{-2} \) mètre, une longueur à la puissance quatre est divisée par \( 10^{8} \).
La rigidité de flexion du sommier s'élève à \( 3{,}4146 \times 10^{7} \) newtons multipliés par des mètres carrés. Cette grandeur unique gouvernera l'ampleur de toutes les déformées : sous un chargement donné, la flèche lui est exactement inversement proportionnelle.
- Contrôle de la conversion : \( 1{,}626 \times 10^{-4} \text{ m}^4 \) correspond bien à un carré de 0,113 m de côté élevé à la puissance quatre — un ordre de grandeur cohérent avec une section de profilé.
- Écart avec la valeur de l'énoncé : Le catalogue donne 16 260 cm⁴ et non 16 270. L'écart est de 0,06 % et n'altère aucune conclusion, mais une caractéristique de catalogue se recopie sans arrondi.
Remarque pédagogique : Ce nombre ne dépend ni des charges ni de la portée : il ne caractérise que la poutre elle-même. C'est pourquoi il vaut la peine d'être calculé séparément — il sera réutilisé tel quel pour chacun des deux cas de charge.
"Les deux expressions de flèche que l'on trouve dans tous les formulaires ne tombent pas du ciel : elles s'obtiennent en intégrant deux fois la relation moment-courbure, avec les conditions aux limites du problème. Les établir plutôt que les recopier permet de savoir exactement ce qu'elles supposent — et de repérer immédiatement s'il faut les adapter."
- Ce que je fais : J'écris le moment fléchissant en fonction de l'abscisse, puis j'intègre deux fois en déterminant les constantes par les conditions d'appui.
- Ce que j'exploite : La symétrie des deux chargements. Elle place le maximum au milieu et fournit, pour la charge centrée, une condition plus commode que l'appui opposé.
- Ce que j'observe au passage : Les exposants de la portée : puissance quatre pour la charge répartie, puissance trois pour la charge concentrée. Cette différence n'est pas anodine.
Voir uniquement le résultat final (Auto-évaluation)
La déformée d'une poutre est la solution d'une équation différentielle du second ordre dont le second membre est le moment fléchissant. Deux intégrations successives la fournissent, à deux constantes près que les conditions aux limites déterminent.
Chaque cas de charge est traité séparément : moment fléchissant, double intégration, détermination des constantes, puis évaluation à mi-travée.
Étape 1 — Flèche sous charge uniformément répartie :Elle fournit la part de déformée due au platelage et à l'exploitation.
Les deux appuis se partagent également la charge totale par symétrie, ce qui donne la réaction. Le moment fléchissant dans une section courante s'obtient en isolant le tronçon situé à gauche : il comprend le moment de la réaction et celui de la part de charge répartie déjà franchie. Deux intégrations successives de la relation moment-courbure livrent la déformée ; la constante de rotation se détermine par l'annulation du déplacement au second appui, et la constante de déplacement par son annulation au premier. L'évaluation à mi-travée fournit alors le maximum, que la symétrie situe précisément là.
- \( f_{\text{q}} \) : fleche a mi-travee sous charge repartie, unité : m
- \( q \) : charge uniformement repartie, unité : N/m
- \( L \) : portee entre appuis, unité : m
- \( C_1 \) : constante issue de la premiere integration, unité : N·m²
Elle fournit la part de déformée due au palan.
La charge étant centrée, chaque appui en reprend la moitié. Sur la demi-portée gauche, le moment fléchissant se réduit à celui de la réaction, soit une fonction linéaire de l'abscisse. La symétrie du problème impose une rotation nulle à mi-travée : cette condition détermine la constante de la première intégration sans qu'il soit nécessaire d'écrire le moment sur la seconde moitié. L'annulation du déplacement sur l'appui fixe la seconde constante, et l'évaluation à mi-travée fournit la flèche.
- \( f_{\text{P}} \) : fleche a mi-travee sous charge centree, unité : m
- \( P \) : intensite de la charge concentree, unité : N
- \( v' \) : rotation de la section, pente de la deformee, unité : —
"Employer la portée à la puissance trois dans l'expression de la flèche sous charge répartie."
- Comment la démonstration l'interdit : L'intégration fait apparaître le degré quatre parce que le moment est déjà quadratique en l'abscisse. La puissance trois ne peut apparaître que pour un moment linéaire, c'est-à-dire pour une charge concentrée.
- Ce que l'erreur change numériquement : La flèche sous charge répartie tomberait de 18,74 mm à 2,34 mm, et la flèche totale de 29,67 mm à 13,27 mm. Le taux de travail passerait de 1,112 à 0,50 : le verdict serait inversé, et une poutre non conforme serait déclarée acceptable.
- Comment on la détecte : Par l'homogénéité. Une charge répartie s'exprime en newtons par mètre ; avec une portée au cube, le résultat s'exprimerait en mètres au carré divisés par des newtons, ce qui n'est pas une longueur. Le contrôle dimensionnel suffit à écarter l'erreur sans rien calculer.
Exécution de la Note de Calculs
- Les charges sont converties en newtons et en newtons par mètre.
- La portée est exprimée en mètres, cohérente avec la rigidité en newtons multipliés par des mètres carrés.
- Les flèches obtenues sont en mètres, puis converties en millimètres pour la lecture.
La flèche sous charge répartie est calculée d'abord, puis celle sous charge concentrée, et un contrôle indépendant de leur rapport clôt la question.
1. Résolution Numérique Calcul de la flèche sous charge uniformément répartiePourquoi fait-on ce calcul ? Parce qu'elle constitue la part principale de la déformation, celle qui existe en permanence indépendamment de l'usage du palan.
L'expression établie est appliquée avec la charge convertie en newtons par mètre et la rigidité obtenue à l'étape précédente.
- Données employées : \( q = 12\,000 \text{ N/m} \), \( L = 8{,}00 \text{ m} \) et \( E\,I_{\text{y}} = 3{,}4146 \times 10^{7} \text{ N} \cdot \text{m}^2 \).
- Ordre de grandeur attendu : Quelques millimètres à quelques centimètres pour une poutre métallique de huit mètres correctement dimensionnée.
La charge répartie provoque à elle seule une descente de 18,74 mm au centre du sommier, soit un peu moins de deux centimètres. Rapportée à la portée, cette flèche correspond à un quatre cent vingt-septième de la longueur.
- Contrôle par le rapport à la portée : \( 8000/18{,}74 = 427 \) : la flèche vaut L/427, valeur plausible pour un plancher métallique chargé.
- Sensibilité à la portée : Sous la même charge, une portée de 8,80 m donnerait 27,42 mm au lieu de 18,74 : dix pour cent de portée en plus coûtent quarante-six pour cent de flèche.
Remarque pédagogique : Cette part de la déformation est permanente au sens où elle ne dépend pas de l'usage du palan. Elle est présente dès que le platelage et l'exploitation courante sont en place, et c'est elle qui fixe la position moyenne de la poutre.
Calcul de la flèche sous la charge du palanPourquoi fait-on ce calcul ? Parce qu'elle constitue la part variable de la déformation, celle qui apparaît et disparaît au gré des manutentions.
L'expression établie pour la charge centrée est appliquée avec la même rigidité.
- Données employées : \( P = 35\,000 \text{ N} \), \( L = 8{,}00 \text{ m} \) et \( E\,I_{\text{y}} = 3{,}4146 \times 10^{7} \text{ N} \cdot \text{m}^2 \).
- Position de la charge : Exactement à mi-travée, comme l'énoncé le précise — condition sous laquelle l'expression établie est valable.
Le palan chargé ajoute 10,93 mm de descente supplémentaire. Cette part n'existe que pendant les opérations de levage : elle apparaît puis disparaît, et c'est précisément ce caractère intermittent qui la rend redoutable pour des éléments fragiles.
- Contrôle indépendant du rapport des deux flèches : Le rapport théorique vaut \( 5\,q\,L/(8\,P) = 5 \times 12 \times 8/(8 \times 35) = 1{,}714 \), expression où la rigidité disparaît. Le rapport calculé, \( 18{,}74/10{,}93 = 1{,}714 \), coïncide exactement.
- Portée de ce contrôle : Il valide les deux flèches sans faire intervenir le module d'élasticité ni le moment quadratique : une erreur de conversion d'unités passerait inaperçue, mais toute erreur d'exposant ou de coefficient serait révélée.
Remarque pédagogique : Il vaut la peine de comparer les deux contributions autrement : la charge répartie totalise 96 kN contre 35 kN pour le palan, soit près du triple, et ne produit pourtant que 1,7 fois plus de flèche. Une charge concentrée au centre est bien plus déformante, à intensité égale, qu'une charge étalée.
"J'ai deux déformées, obtenues séparément. Les additionner paraît évident, mais cette opération repose sur une propriété précise du problème qu'il faut énoncer, et sur une coïncidence géométrique qu'il faut vérifier. Une fois la flèche totale obtenue, elle sera confrontée à l'exigence inscrite au cahier des charges."
- Ce que je justifie : Le droit d'additionner, qui découle de la linéarité de l'équation de la déformée et non d'une évidence.
- Ce que je vérifie : Que les deux maximums se produisent bien au même point, faute de quoi leur somme surestimerait la flèche réelle.
- Ce que je conclus : Le verdict vis-à-vis du critère contractuel, exprimé par un taux de travail plutôt que par une simple comparaison.
Voir uniquement le résultat final (Auto-évaluation)
Additionner les effets de deux chargements n'a rien d'automatique : c'est une propriété des systèmes linéaires, qui cesse d'être vraie dès que le comportement du matériau ou la géométrie introduisent une non-linéarité.
Deux relations sont mobilisées : la superposition des déformées, puis le taux de travail vis-à-vis de la limite retenue.
Étape 1 — Superposition des deux déformées :Elle donne la déformée réelle sous le chargement complet.
L'équilibre d'un tronçon de poutre conduit à une équation différentielle du quatrième ordre reliant la dérivée quatrième du déplacement à la densité de charge. Cette équation est linéaire : si un premier déplacement en est solution pour une première densité de charge et un second pour une seconde, leur somme est solution pour la somme des densités. Les conditions d'appui étant homogènes et identiques dans les deux cas, la somme les satisfait également. La déformée cherchée est donc la somme des deux déformées élémentaires, en tout point de la portée.
- \( v_{\text{tot}} \) : deformee sous le chargement complet, unité : m
- \( p \) : densite lineique de charge appliquee, unité : N/m
- \( f_{\text{tot}} \) : fleche maximale a mi-travee, unité : mm
Il exprime le verdict sous une forme immédiatement lisible.
Le critère d'aptitude au service s'écrit comme l'infériorité de la flèche calculée à une flèche limite. Diviser les deux membres de cette inégalité par la limite, qui est une quantité strictement positive, en préserve le sens et fait apparaître un nombre sans dimension. La condition devient alors l'infériorité de ce nombre à l'unité, forme sous laquelle la marge disponible se lit directement.
- \( f_{\text{lim}} \) : fleche limite du cahier des charges, unité : mm
- \( \text{UR} \) : taux de travail, sans dimension, unité : —
- \( L \) : portee entre appuis, unité : mm
"Additionner les deux flèches maximales sans vérifier qu'elles se produisent au même point."
- Ce que la superposition autorise réellement : Elle porte sur les fonctions déformées : en chaque abscisse, le déplacement total est la somme des déplacements partiels. Le maximum de la somme n'est le maximum des sommes que si les deux maximums coïncident.
- Ce que l'erreur produirait ailleurs : Si le palan était fixé au quart de la portée, sa flèche maximale se produirait vers \( 0{,}42\,L \) et non au centre. Sommer les deux maximums majorerait alors la flèche réelle, et conduirait à refuser une poutre acceptable.
- Pourquoi la somme est ici exacte : Les deux chargements sont symétriques par rapport au milieu de la portée. Leurs déformées le sont donc aussi, et chacune atteint son extremum précisément à mi-travée. La somme des maximums est donc bien le maximum réel.
Exécution de la Note de Calculs
- Les deux flèches partielles sont en millimètres, unité dans laquelle elles ont été obtenues.
- La portée est convertie en millimètres pour que la limite s'exprime dans la même unité.
- Le taux de travail, rapport de deux longueurs, est un nombre sans dimension.
La flèche totale est formée d'abord, la limite contractuelle ensuite, et le taux de travail conclut.
1. Résolution Numérique Calcul de la flèche totale à mi-travéePourquoi fait-on ce calcul ? Parce que c'est la déformation que la poutre subit réellement en service, et la seule qui puisse être confrontée à une exigence.
Les deux flèches élémentaires, toutes deux maximales à mi-travée, sont additionnées.
- Données employées : \( f_{\text{q}} = 18{,}74 \text{ mm} \) et \( f_{\text{P}} = 10{,}93 \text{ mm} \), établies à la question précédente.
- Condition vérifiée : Les deux maximums se produisent au même point, ce qui rend la somme exacte et non majorante.
Le sommier descend de 29,67 mm en son centre, soit près de trois centimètres. Sur huit mètres de portée, cette déformation est parfaitement visible à l'œil nu et se lit sur la ligne d'un plafond.
- Répartition entre les deux causes : \( 18{,}74/29{,}67 = 0{,}632 \) : la charge répartie fournit 63 % de la flèche, le palan 37 %. Aucune des deux ne peut être négligée.
- Rapport à la portée : \( 8000/29{,}67 = 270 \) : la flèche vaut L/270, ce qui la situe déjà au-delà de la plupart des valeurs couramment retenues.
Remarque pédagogique : Cette valeur est celle de la flèche totale, toutes actions confondues. C'est bien la grandeur sur laquelle porte le critère du cahier des charges, et c'est à ce titre qu'elle sera comparée à la limite.
Calcul de la limite contractuelle et du taux de travailPourquoi fait-on ce calcul ? Parce que le cahier des charges impose une valeur seuil, et que la conformité se prononce par comparaison à cette valeur.
La portée est convertie en millimètres et divisée par trois cents, puis la flèche calculée lui est rapportée.
- Données employées : \( L = 8\,000 \text{ mm} \) et le critère \( L/300 \) du cahier des charges.
- Statut de cette limite : Elle est contractuelle. L'Eurocode ne fixe aucune limite de flèche et renvoie explicitement à un accord de projet.
Le taux de travail atteint 1,112 : la flèche dépasse de 11,2 % la limite que le cahier des charges impose. Le critère n'est pas satisfait, et l'IPE 360 ne peut pas être retenu en l'état.
- Verdict : \( 29{,}67 > 26{,}67 \) : le dépassement s'élève à 3,00 mm. Il est modeste en valeur absolue mais suffit à faire échouer la vérification.
- Ce que ce verdict établit exactement : Que l'exigence écrite au marché n'est pas tenue. C'est un constat contractuel, qui ne se confond pas avec l'évaluation du risque réel pour les vitrages.
Remarque pédagogique : Un dépassement de onze pour cent ne se rattrape pas par une reprise d'hypothèses : il est trop important pour relever d'un arrondi et trop faible pour révéler une erreur de modélisation. Il appelle une modification du profilé, que la question suivante va établir.
"Le refus prononcé ne dit pas quoi faire. Il faut établir l'inertie qui satisferait le critère, puis choisir un profilé — en gardant à l'esprit que c'est la limitation de hauteur qui avait conduit à retenir un IPE. Il reste ensuite à examiner ce que la vérification menée établit réellement au regard des vitrages, car la limite employée et celles que la littérature technique suggère pour les ouvrages fragiles ne portent pas sur la même grandeur."
- Ce que j'établis d'abord : Une condition portant directement sur le moment quadratique, obtenue en renversant la condition de flèche.
- Ce que je n'oublie pas : Qu'un profilé plus rigide est plus lourd, et que ce poids figure dans la charge répartie de l'énoncé.
- Ce que j'examine pour finir : La grandeur sur laquelle porte la limite applicable à des vitrages, qui n'est pas la flèche totale.
Voir uniquement le résultat final (Auto-évaluation)
Une vérification qui échoue se transforme avantageusement en condition de dimensionnement. Plutôt que d'essayer les profilés l'un après l'autre, il est plus rapide et plus sûr d'établir la caractéristique minimale requise, puis de lire le catalogue.
Deux relations sont mobilisées : l'inertie requise par le critère de flèche, puis l'accroissement de charge répartie qu'entraîne un changement de profilé.
Étape 1 — Moment quadratique requis par le critère de flèche :Il transforme un refus en spécification de commande.
La flèche totale est la somme des deux contributions établies, toutes deux inversement proportionnelles à la rigidité. Le critère impose que cette flèche reste inférieure à la portée divisée par un coefficient. Le moment quadratique n'apparaissant qu'au dénominateur, l'inégalité se renverse en une condition inférieure portant sur lui. La mise en facteur du cube de la portée, puis la simplification par la portée elle-même, conduisent à une expression où ne subsistent que les charges, la portée au carré, le coefficient du critère et le module d'élasticité.
- \( I_{\text{req}} \) : moment quadratique minimal requis, unité : m⁴
- \( k \) : coefficient du critere de fleche, unité : —
- \( q \) : charge repartie de service, unité : N/m
- \( P \) : charge concentree de service, unité : N
Il corrige la charge répartie lorsque la section est modifiée.
La charge répartie de l'énoncé englobe le poids propre du profilé initial. Remplacer ce profilé par un autre modifie cette part : la différence de masse par unité de longueur, convertie en force par l'accélération de la pesanteur, s'ajoute à la charge répartie de départ. Le calcul de vérification du nouveau profilé doit être mené avec cette charge corrigée, faute de quoi la flèche serait sous-estimée.
- \( \Delta q \) : supplement de charge repartie, unité : N/m
- \( G \) : masse par unite de longueur du profile, unité : kg/m
- \( g \) : acceleration de la pesanteur, unité : m/s²
"Comparer la flèche totale aux limites suggérées pour les ouvrages fragiles, qui portent sur les actions variables seules."
- Ce que la disposition normative prescrit : Lorsque la vérification concerne des éléments non structuraux tels que des cloisons ou des vitrages, elle doit retenir les effets des actions postérieurs à l'exécution de l'élément concerné. Le raisonnement est physique : une cloison posée sous une poutre déjà fléchie ne subit pas cette part de la déformation, mais seulement ce qui advient après elle.
- Pourquoi la comparaison échoue dans les deux sens : La limite suggérée pour un ouvrage fragile, la portée divisée par trois cent soixante, est plus sévère que celle du cahier des charges — 22,22 mm contre 26,67. Mais elle porte sur une grandeur plus petite, les actions variables seules. Aucune des deux comparaisons croisées n'a de sens.
- Ce que l'énoncé ne permet pas de trancher : La répartition entre part permanente et part variable de la charge de 12 kN/m n'est pas fournie. La flèche due aux actions variables est donc seulement encadrée, entre 10,93 mm si seul le palan est variable et 28,80 mm si tout l'est hormis le poids du profilé. La limite de 22,22 mm tombe à l'intérieur de cet intervalle : la vérification prescrite pour les vitrages n'est pas concluante en l'état.
Exécution de la Note de Calculs
- Les charges sont en newtons et en newtons par mètre, la portée en mètres.
- L'inertie requise est obtenue en mètres puissance quatre, puis convertie en centimètres puissance quatre pour la lecture du catalogue.
- Les masses par mètre sont converties en charges par l'accélération de la pesanteur, prise égale à 9,81 mètres par seconde au carré.
L'inertie requise est établie d'abord, puis le profilé candidat est vérifié avec son propre poids, et enfin la flèche due aux actions variables est encadrée.
1. Résolution Numérique Calcul du moment quadratique requis par le critère contractuelPourquoi fait-on ce calcul ? Parce qu'une spécification chiffrée se transmet au fournisseur, là où un simple refus laisserait le choix du profilé à l'appréciation de chacun.
L'expression établie est appliquée avec le coefficient trois cents du cahier des charges, puis le résultat est converti en centimètres puissance quatre.
- Données employées : \( k = 300 \), \( L = 8{,}00 \text{ m} \), \( q = 12\,000 \text{ N/m} \), \( P = 35\,000 \text{ N} \) et \( E = 2{,}1 \times 10^{11} \text{ Pa} \).
- Contrôle attendu : Le résultat doit dépasser l'inertie de l'IPE 360 dans le rapport du taux de travail, soit environ 1,11.
Le critère contractuel exige un moment quadratique d'au moins 18 095 cm⁴, quand l'IPE 360 n'en offre que 16 260. Le déficit s'élève à 1 835 cm⁴, soit 11,3 % — cohérent avec le dépassement de flèche constaté.
- Contrôle par le taux de travail : \( 18095/16260 = 1{,}113 \), valeur qui coïncide avec le taux de 1,112 obtenu à la question précédente — les deux calculs sont indépendants et concordent.
- Ce que le critère plus sévère exigerait : Avec un coefficient de trois cent soixante au lieu de trois cents, l'inertie requise atteindrait 21 714 cm⁴ : l'expression est proportionnelle au coefficient.
Remarque pédagogique : Cette valeur constitue désormais la spécification de l'étude. Toute section, laminée ou reconstituée, qui l'atteint satisfait le critère de flèche — sous réserve des autres vérifications, de résistance notamment, qui ne relèvent pas de la présente note.
Vérification du profilé retenu, poids propre corrigéPourquoi fait-on ce calcul ? Parce que la contrainte de hauteur qui a motivé le choix d'un IPE demeure, et parce qu'un profilé plus lourd modifie la charge répartie sur laquelle le calcul repose.
Le profilé de même hauteur nominale et d'inertie renforcée est retenu, sa charge est corrigée de l'écart de masse, puis la flèche est recalculée.
- Profilé retenu : L'IPE O 360, de 19 040 cm⁴ d'inertie pour 364 mm de hauteur et 66,0 kg/m, contre 16 260 cm⁴, 360 mm et 57,1 kg/m pour l'IPE 360.
- Comparaison écartée : L'IPE 400 offre 23 120 cm⁴ mais mesure 400 mm de hauteur, soit quarante millimètres de plus — pour une masse pratiquement identique, 66,3 kg/m.
Avec l'IPE O 360, la flèche totale tombe à 25,46 mm pour une limite de 26,67 mm : le critère est satisfait, avec un taux de 0,955. Le gain de hauteur est de quatre millimètres seulement, contre quarante pour l'IPE 400.
- Vérification du critère : \( 25{,}46/26{,}67 = 0{,}955 \) : la marge résiduelle est de 1,21 mm, soit 4,5 % de la limite.
- Poids de la correction négligée : Sans la correction de poids propre, la flèche annoncée serait de 25,34 mm. L'écart de 0,12 mm représente 10 % de la marge résiduelle : négliger cet effet serait sans conséquence sur un profilé largement dimensionné, mais ne l'est pas ici.
Remarque pédagogique : L'IPE 400 conduirait de son côté à 20,97 mm, soit un taux de 0,786. Il est plus confortable, mais il consomme quarante millimètres de hauteur libre alors même que c'est cette hauteur qui avait dicté le choix initial d'un profilé IPE.
Encadrement de la flèche due aux actions variablesPourquoi fait-on ce calcul ? Parce que la vérification prescrite pour les éléments fragiles porte sur les actions postérieures à leur pose, et que l'énoncé ne fournit pas la répartition permettant de l'établir.
Les deux cas extrêmes compatibles avec l'énoncé sont calculés : le palan seul variable, puis tout ce qui n'est pas le poids propre du profilé.
- Borne inférieure : Seule la charge du palan est variable, la totalité de la charge répartie étant permanente.
- Borne supérieure : Tout est variable hormis le poids propre du profilé, soit \( 57{,}1 \times 9{,}81 = 560 \text{ N/m} \), ce qui laisse 11 440 N/m de charge répartie variable.
La flèche due aux actions variables est comprise entre 10,93 et 28,80 mm. La limite suggérée pour une poutre portant un ouvrage fragile, soit 22,22 mm, se situe à l'intérieur de cet intervalle : la donnée manquante détermine à elle seule le verdict.
- Ce que l'encadrement établit : Que la vérification prescrite pour les vitrages ne peut pas être conduite avec les données de l'énoncé. Ce n'est pas un défaut du calcul mais une insuffisance de la descente de charges.
- La donnée à réclamer : La répartition de la charge de 12 kN/m entre part permanente et part variable, ainsi que le moment de pose des vitrages dans le phasage du chantier.
Remarque pédagogique : Il faut noter que le renforcement du profilé réduit cette flèche dans le même rapport que la flèche totale. Avec l'IPE O 360, l'encadrement deviendrait 9,34 à 24,60 mm : la limite de 22,22 mm y demeure comprise, et la conclusion reste inchangée.
BILAN FINAL DE LA MISSION
Checklist d'Auto-Évaluation
Avant de clore cet exercice, vérifiez que vous avez bien assimilé la démarche globale de conception :
Le sommier IPE 360 de 8,00 m de portée présente une rigidité de flexion de 3,4146 × 10⁷ N·m². L'intégration de la relation moment-courbure fournit une flèche de 18,74 mm sous la charge répartie et de 10,93 mm sous le palan, dont le rapport, 1,714, coïncide exactement avec la valeur théorique indépendante de la rigidité. Les deux chargements étant symétriques, leurs maximums se produisent au même point et la somme est exacte : la flèche totale atteint 29,67 mm, contre une limite contractuelle de 26,67 mm. Le taux de travail s'élève à 1,112 et le critère du cahier des charges n'est pas satisfait. Le renversement de la condition de flèche fixe l'inertie requise à 18 095 cm⁴. L'IPE O 360, avec 19 040 cm⁴ pour 364 mm de hauteur, y satisfait en ne coûtant que quatre millimètres de hauteur de plancher, là où l'IPE 400 en coûterait quarante pour une masse identique. Vis-à-vis des vitrages en revanche, la vérification prescrite porte sur les actions postérieures à leur pose ; la répartition entre charges permanentes et variables n'étant pas fournie, cette flèche n'est qu'encadrée, entre 10,93 et 28,80 mm, intervalle qui contient la limite de 22,22 mm : la vérification correspondante reste à conduire.
Trois enseignements se dégagent de cette étude. Le premier porte sur le statut du critère. On lit et on entend que « l'Eurocode impose L/300 » ; c'est inexact. L'EN 1990 énonce que les critères d'aptitude au service doivent être spécifiés pour chaque projet et convenus avec le maître d'ouvrage, et l'EN 1993-1-1 y renvoie. Les valeurs que l'on rencontre sont suggérées, non prescrites. La conséquence est pratique : le choix engage la responsabilité de celui qui l'inscrit au marché, et il doit être justifié par ce qu'il protège. Le deuxième enseignement porte sur la grandeur comparée, et il est plus subtil. Une limite de flèche n'a de sens qu'associée à la déformation sur laquelle elle porte. Les valeurs suggérées pour les ouvrages fragiles portent sur les actions variables seules, parce qu'une cloison posée sous une poutre déjà fléchie ne subit jamais la part de déformation antérieure à sa pose. Ici, le cahier des charges impose une limite sur la flèche totale : elle est vérifiable et elle n'est pas tenue, ce qui suffit à refuser le profilé. Mais elle ne répond pas à la question posée par les vitrages, et les données manquantes empêchent d'y répondre — un constat qu'il vaut mieux formuler qu'escamoter. Le troisième enseignement porte sur le redimensionnement. Passer au profilé de la taille au-dessus est le réflexe habituel, et il fonctionne : l'IPE 400 ramène la flèche à 20,97 mm. Mais il coûte quarante millimètres de hauteur de plancher, alors que c'est précisément la hauteur libre qui avait conduit à retenir un profilé IPE. La série renforcée, à hauteur nominale inchangée, offre ici la même masse et l'inertie nécessaire pour quatre millimètres seulement. Établir l'inertie requise plutôt que d'essayer les profilés l'un après l'autre permet de voir cette solution, qu'un tâtonnement dans la seule série courante aurait manquée.








