Exercice corrigé NF EN 1997-1/NA NF EN 1990/NA NF EN 1997-1 NF P 94-261 NF EN 1990

Calcul de la Contrainte Effective (Bishop)

GCÉquipe EtudiantGénieCivilMis à jour le 2 juillet 2026 84 min de lecture 6 vues
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Étude de cas · Note de calculs Réf. GEO-BIS-01

Contrainte effective de Bishop et profondeur de nappe implicite

Une pression interstitielle équivalente que personne n'écrit, une nappe que les données localisent sans le dire, et un résultat divisé par trois selon le niveau retenu

NiveauBTS · BUT · Licence
DomaineGéotechnique — Mécanique des sols non saturés
ThèmeContrainte effective de Bishop et profil hydrique
PrérequisFondation superficielle · succion matricielle · paramètre de Bishop · pression interstitielle équivalente · niveaux de nappe EB, EF, EH, EE
1. Présentation du Projet CAHIER DES CHARGES
Contexte de l'Étude & Enjeux

Le Contexte : Une fondation superficielle doit être dimensionnée à quatre mètres de profondeur dans un limon argileux non saturé . Le sondage a livré quatre chiffres : un poids volumique, deux pressions interstitielles — celle de l'air et celle de l'eau — et un paramètre de Bishop. Avec eux, la contrainte effective se calcule en trois lignes, et l'exercice pourrait s'arrêter là. Il se trouve que ces quatre chiffres en disent bien davantage : ils fixent la position de la nappe, ils imposent tout un profil de contrainte effective, et ils permettent de savoir ce que le résultat deviendrait si cette nappe remontait. Or elle remontera — c'est même ce que la norme demande d'envisager. L'exercice tient donc en une phrase : le calcul de la contrainte effective se fait en trois lignes, et tout l'intérêt est dans ce que ces trois lignes supposent sans le dire. Un sol non saturé n'est pas un sol dont on aurait retiré un peu d'eau : c'est un milieu à trois phases où deux fluides coexistent à des pressions différentes, et où la résistance mécanique dépend autant de l'état hydrique du jour que des propriétés du matériau. Un limon argileux à quatre mètres peut ainsi se comporter comme un sol raide en août et comme un sol médiocre en mars, sans qu'aucune de ses propriétés n'ait changé. de la mission. Adaptez votre discours au projet spécifique de génie civil. Laissez-vous guider par notre approche claire et structurée ! ]

Les Points Clés du Projet

La relation de Bishop s'écrit en deux termes et se calcule sans difficulté. Ce qui mérite l'attention n'est donc pas le calcul, mais ce que les données contiennent sans le dire — et ce qu'une pression interstitielle suppose toujours :

  • Les deux pressions, et les deux termes : l'air et l'eau coexistent dans les pores à des pressions différentes , et leur écart est la succion matricielle. La pression de l'eau est ici négative, ce qui signifie qu'elle est en dépression par rapport à l'atmosphère et qu'elle tire les grains les uns vers les autres au lieu de les écarter. Une dépression n'est pas une pression absolue négative — cela n'existe pas — mais une pression inférieure à l'atmosphère prise pour origine, exactement comme celle qui fait monter l'eau dans une paille. Le vocabulaire trompe, la physique ne trompe pas. La relation de Bishop additionne alors deux termes : une contrainte nette, charge des terres diminuée de la pression d'air, et une contribution de succion pondérée par un paramètre.
  • La pression interstitielle équivalente : la source écrit que la pression en jeu « n'est ni celle de l'air ni celle de l'eau » sans jamais l'écrire. Elle s'écrit pourtant , et l'écrire change la lecture de tout l'exercice. Regroupés, les deux termes livrent une soustraction unique : la contrainte totale diminuée d'une moyenne pondérée des deux pressions. La forme de Terzaghi réapparaît, ce qui n'a rien d'un hasard — la relation de Bishop a précisément été construite pour étendre celle de Terzaghi sans en changer la structure — et cette écriture donne gratuitement le poids que chacune des deux mesures pèse dans le résultat. Une pression d'eau négative se rapporte de plus toujours à un niveau de nappe : sous équilibre hydrostatique, la dépression mesurée en un point est exactement le poids de la colonne d'eau qui l'en sépare de la surface libre. Un relevé de pression d'eau localise donc la nappe, et le sondage n'avait pas besoin de la rencontrer pour cela. L'hypothèse hydrostatique n'est pas gratuite pour autant : sous évaporation, la succion près de la surface est plus forte, et la nappe se trouve en réalité plus proche.
  • L'objectif final : établir la contrainte effective au point d'analyse, puis mesurer ce qu'elle doit à une hypothèse hydraulique que personne n'a formulée. Le risque est celui d'un dimensionnement calé sur l'état hydrique d'un jour de sondage : la succion vaut ce que vaut la position de la nappe ce jour-là, et une fondation dure plus longtemps qu'une campagne de reconnaissance. La NF P 94-261 traite d'ailleurs le niveau d'eau comme une donnée de projet à choisir prudemment, non comme une mesure à recopier. La distinction est plus profonde qu'il n'y paraît : parmi les cinq chiffres du relevé, deux sont des propriétés du matériau, tandis que les deux pressions interstitielles ne décrivent qu'un état. Une propriété se mesure et se reporte ; un état se choisit, et se choisit du côté défavorable.
  • L'astuce de l'ingénieur : réécrivez la relation de Bishop sous la forme d'une soustraction unique. En regroupant les deux termes, la contrainte effective devient la contrainte totale diminuée d'une pression interstitielle équivalente , moyenne pondérée des deux pressions par le paramètre de Bishop. Terzaghi réapparaît, et avec lui deux enseignements immédiats : le poids relatif de chacune des deux pressions dans le résultat, et le signe qui décide si la contrainte effective dépasse ou non la contrainte totale. Cette réécriture ne coûte rien et se fait en une ligne — c'est le meilleur rapport entre l'effort et ce qu'on en tire de tout l'exercice.
Votre Mission :

Calculer la contrainte effective au point d'analyse, puis en éprouver les fondements : réécrire la relation pour faire apparaître la pression équivalente, retrouver la position de la nappe que les données impliquent , et chiffrer ce que devient le résultat si cette nappe remonte . Cette dernière question est celle que la norme oblige à poser, et c'est celle que la source ne pose pas.

  • Le grand défi : comprendre qu'une pression interstitielle mesurée n'est pas une propriété du sol mais un état, et qu'un état se choisit en projet. Les quatre chiffres du relevé décrivent le terrain tel qu'il était le jour du sondage. La norme, elle, demande de justifier l'ouvrage avec le niveau d'eau le plus défavorable vis-à-vis de l'état limite considéré — ce qui n'est presque jamais le niveau relevé. La difficulté n'est pas technique : le calcul à mener avec un autre niveau d'eau est plus simple que celui de l'énoncé, puisque le sol saturé relève de Terzaghi. Elle est de méthode : il faut penser à poser la question, alors que rien dans les données ne la suggère et que le résultat obtenu sans elle a toutes les apparences d'un résultat complet.
  • Votre rôle : calculer la contrainte totale verticale et la succion matricielle, en déduire la contribution de succion et la contrainte effective de Bishop, réécrire cette dernière au moyen d'une pression interstitielle équivalente et en tirer le poids relatif des deux pressions, puis retrouver la profondeur de nappe impliquée par les données, en déduire le profil de contrainte effective et chiffrer ce qu'il devient si la nappe remonte au terrain naturel.
PLAN DE REPÉRAGE — COUPE DE TERRAIN ET POINT D'ANALYSE
COUPE DE TERRAIN — POINT D'ANALYSE À 4 m Limon argileux non saturé, homogène. Seules les grandeurs relevées figurent ici : aucune n'est déduite. terrain naturel 0 m 2 m 4 m 6 m 8 m 10 m 12 m point d'analyse z = 4 m — fondation superficielle nappe : profondeur ? non relevée sur le sondage Relevé γ = 19 kN/m³ ua = 10 kPa uw = −50 kPa χ = 0,70 La pression de l'eau est NÉGATIVE au point d'analyse : le sol y est non saturé et l'eau des pores est en dépression. Le sondage n'a pas relevé la nappe — mais une pression d'eau se rapporte toujours à un niveau. Lequel ?
Livrables Attendus (Checklist) :
  • Livrable 1 — l'état de contrainte au point d'analyse : la contrainte totale verticale, la succion matricielle, la contribution de succion et la contrainte effective de Bishop, accompagnées de la pression interstitielle équivalente qui les résume et du poids relatif de chacune des deux pressions dans le résultat. Ce dernier chiffre a une portée pratique directe : il dit lequel des deux capteurs mérite le soin métrologique.
  • Livrable 2 — la dépendance au niveau d'eau : la profondeur de nappe qu'impliquent les données sous équilibre hydrostatique, le profil de contrainte effective qui en découle avec son gradient, puis la contrainte effective au même point si la nappe remonte au terrain naturel . Le livrable rappellera que ce niveau est une donnée de projet régie par la NF P 94-261, et non une mesure.
2. Données Techniques & Normes

La mécanique des sols non saturés ne fait l'objet d'aucune partie dédiée des Eurocodes : la NF EN 1997-1 est bâtie sur le principe des contraintes effectives des sols saturés, et ses vérifications supposent implicitement une pression interstitielle unique. La formulation de Bishop employée ici est un résultat de la littérature scientifique, publié en 1959, et non une prescription normative. Ce qui relève de la norme, c'est l'usage qu'on fait du résultat : la CLAUSE 2.4.5.2 (2)P de la NF EN 1997-1 impose que la valeur caractéristique d'un paramètre géotechnique soit une estimation prudente de la valeur gouvernant l'état-limite considéré. Appliquée ici, elle interdit de retenir la contrainte effective la plus favorable du domaine balayé, et commande de tenir compte de l'indétermination du paramètre de Bishop. La conséquence pratique mérite d'être énoncée : une vérification réglementaire menée sur les contraintes effectives des sols saturés ignore la contribution de la succion, ce qui la place du côté de la sécurité tant que le sol peut se saturer. Conformément au droit d'auteur applicable aux normes, aucun tableau, aucune formule et aucun extrait de ces textes n'est reproduit ici : seules les références de clause sont citées, et tous les chiffres proviennent des mesures de l'essai ou d'un calcul explicite mené sous vos yeux.

Formulaire & Aide-Mémoire (À consulter en cas de besoin)

Retrouvez ici les formules principales pour cet exercice. Ne les apprenez pas par cœur, comprenez comment les appliquer !

  • Contrainte effective de Bishop \( \sigma'_v = (\sigma_v - u_a) + \chi\,(u_a - u_w) \)
Hypothèses et Paramètres de l'Étude
RELEVÉ DE SONDAGE AU POINT D'ANALYSE
Symbole Description Valeur Unité
z Profondeur d'analyse, niveau d'assise de la fondation superficielle Sondage 4 m
γ Poids volumique total du limon argileux, mesuré en place 19 kN/m³
Pression de l'air interstitiel
  • Mesurée au capteur ; sa valeur non nulle suppose une phase gazeuse confinée \( u_a = \mathbf{10} \text{ kPa} \)
PARAMÈTRES HYDRIQUES
Symbole Description Valeur Unité
u_w Pression de l'eau interstitielle, mesurée au tensiomètre — NÉGATIVE −50 kPa
χ Paramètre de Bishop, pondérant la contribution de la succion 0,70
Poids volumique de l'eau retenu pour les actions hydrauliques
  • Valeur normative française, et non la valeur physique 9,81 kN/m³ \( \gamma_w = \mathbf{10} \text{ kN/m}^3 \)
Extraits de Normes & Abaques (Documents Annexes)

Le relevé ci-dessus est la seule source de chiffres de cet exercice. Les repères ci-dessous ne servent qu'à situer la démarche et ne fournissent aucune donnée de calcul.

Les quatre niveaux d'eau de référence — NF EN 1990/NA A1.3.1 et NF EN 1990/A1/NA A2.2.6
Niveau Définition et emploi
EB — eaux basses, quasi-permanent Niveau susceptible d'être dépassé pendant 50% du temps de référence
EE — exceptionnel, situations accidentelles Niveau le plus élevé, ou le plus bas, qui ne peut pas être physiquement dépassé
Pourquoi le niveau de nappe est une donnée de projet et non une mesure
Un sondage relève l'état du terrain à l'instant où il est réalisé. Un ouvrage, lui, doit tenir pendant toute sa durée d'utilisation, au cours de laquelle la nappe montera et descendra. La NF P 94-261 en tire une conséquence explicite dans son chapitre consacré aux actions : l'intensité et la répartition des pressions d'eau s'évaluent à partir de niveaux de référence en adéquation avec les situations de projet, et le choix de ces niveaux, s'il s'appuie sur la reconnaissance hydrogéologique du site, doit rester une estimation prudente du niveau le plus défavorable vis-à-vis de l'état limite considéré. Le texte va jusqu'à préciser que le niveau défavorable n'est pas le même selon la justification menée — bas pour la portance, haut pour les efforts de poussée — de sorte qu'un même projet peut exiger deux niveaux différents dans deux vérifications distinctes. Quatre niveaux de référence sont définis par les annexes nationales de l'Eurocode 0 : EB pour les eaux basses quasi-permanentes, EF pour les eaux fréquentes, EH pour les eaux hautes caractéristiques de période de retour cinquantennale, et EE pour le niveau exceptionnel physiquement indépassable des situations accidentelles. Aucun de ces quatre n'est le niveau du jour de sondage. La conséquence, pour un exercice où la résistance repose sur la succion, est directe : la succion vaut ce que vaut la position de la nappe, et cette position est un choix de projet qu'il faut assumer explicitement plutôt que subir. Reste une dernière précision, d'apparence anodine et de portée réelle : le poids volumique de l'eau à retenir pour les actions hydrauliques est fixé par l'annexe nationale de la NF EN 1997-1 à dix kilonewtons par mètre cube, et non à la valeur physique de 9,81. L'écart, de deux pour cent, est sans conséquence sur les résultats de cet exercice — il déplace la nappe de dix centimètres — mais employer la valeur normative plutôt que la valeur physique est ce qui rend un calcul reproductible par un tiers. Deux ingénieurs qui partent des mêmes données doivent trouver le même nombre, et c'est le rôle d'une valeur conventionnelle que de le garantir.

3. Méthodologie de Résolution & Travail Demandé

Afin d'assurer un dimensionnement sécuritaire et conforme aux standards, nous procédons selon les étapes méthodiques détaillées ci-dessous.

1

Question 1 : Contrainte totale verticale et succion matricielle

État initial 10 min | Accessible
But de l'étape : Deux calculs élémentaires qui posent le décor. Le premier est un produit, le second une soustraction où l'un des termes est négatif — c'est là, et non dans la relation de Bishop, que se logent les erreurs de cet exercice.
Énoncé Q1 : Calculez la contrainte totale verticale au point d'analyse, puis la succion matricielle du sol. Précisez le signe attendu de la succion et ce que signalerait un résultat négatif.
Besoin d'un indice ? (Niveau 1)

La contrainte totale verticale d'un massif homogène est le produit du poids volumique par la profondeur. La succion est l'écart entre pression d'air et pression d'eau.

Toujours bloqué ? (Indice Niveau 2)

Attention au signe de la pression d'eau dans la soustraction : retrancher un nombre négatif revient à additionner.

2

Question 2 : Contribution de succion et contrainte effective

Relation de Bishop 20 min | Accessible
But de l'étape : La relation additionne deux termes de natures différentes : une contrainte nette, qui est la charge des terres diminuée de la pression d'air, et une contribution de succion pondérée. Le résultat dépasse la contrainte totale, ce qui serait impossible sur un sol saturé et se comprend ici sans difficulté.
Énoncé Q2 : Calculez la contribution de la succion à la contrainte effective, puis la contrainte effective verticale de Bishop . Comparez-la à la contrainte totale et expliquez le signe de l'écart. Indiquez ce que donnerait la formule de Terzaghi appliquée à tort et chiffrez l'erreur.
Besoin d'un indice ? (Niveau 1)

La contribution de succion est le produit du paramètre de Bishop par la succion. La contrainte nette retranche la pression de l'AIR, non celle de l'eau.

Toujours bloqué ? (Indice Niveau 2)

La formule de Terzaghi retranche la seule pression d'eau : elle néglige à la fois la pression d'air et la pondération de la succion.

3

Question 3 : Pression interstitielle équivalente et poids des deux pressions

Réécriture 15 min | Exigeant
But de l'étape : La relation de Bishop peut se réécrire comme une soustraction unique, la contrainte totale diminuée d'une pression interstitielle équivalente. Cette réécriture ne change aucun résultat, mais elle rend lisible ce que la forme à deux termes cachait : le poids relatif de chacune des deux pressions mesurées.
Énoncé Q3 : Chiffrez d'abord l'apport de la succion en le rapportant à la contrainte nette , en précisant à quelle référence ce pourcentage est rapporté. Établissez ensuite la pression interstitielle équivalente qui permet d'écrire la contrainte effective comme une soustraction unique, vérifiez qu'elle redonne bien le résultat de la question 2, et déduisez-en le poids relatif des deux pressions mesurées .
Besoin d'un indice ? (Niveau 1)

Un pourcentage n'a de sens que rapporté à une référence explicite. Le même écart absolu donne plusieurs pourcentages également légitimes selon la grandeur choisie au dénominateur.

Toujours bloqué ? (Indice Niveau 2)

Regroupez les termes en pression dans la relation de Bishop. Le coefficient de chaque pression dans l'expression obtenue est sa sensibilité.

4

Question 4 (Finale) : La nappe implicite et ce qu'elle vaut

Niveau d'eau 20 min | BOSS
But de l'étape : La question qui décide de tout : la pression d'eau relevée suppose une position de nappe, cette position se calcule, et le résultat de l'exercice en dépend entièrement. La norme demande justement de choisir le niveau le plus défavorable, non celui du jour de sondage.
Mention spéciale — le niveau d'eau est une donnée de projet Énoncé Q4 :
Retrouvez la
profondeur de nappe

qu'impliquent les données sous équilibre hydrostatique, en employant la valeur normative du poids volumique de l'eau. Établissez le gradient de contrainte effective qui en découle et comparez-le à celui de la contrainte totale. Déterminez enfin la contrainte effective au même point d'analyse si la nappe remonte au terrain naturel, et concluez sur ce que le résultat de la question 2 doit à une hypothèse hydraulique que personne n'a formulée.

Sous équilibre hydrostatique, la dépression mesurée en un point est le poids de la colonne d'eau qui le sépare de la surface libre.

Si la nappe remonte au-dessus du point d'analyse, le sol y est saturé : la relation de Bishop cède la place à celle de Terzaghi, avec une pression d'eau devenue positive.

NOTE DE CALCULS

Contrainte effective de Bishop et profondeur de nappe implicite

1
Question 1 : Contrainte totale verticale et succion matricielle
Dans la tête de l'ingénieur

« Un produit et une soustraction. L'exercice ne se joue pas ici — sauf si l'on perd le signe de la pression d'eau. Retrancher moins cinquante revient à ajouter cinquante . L'erreur donnerait une succion négative, grandeur qui n'existe pas puisqu'une succion mesure une dépression et est positive par construction. Encore faut-il le savoir pour s'en apercevoir. »

  • Observation : Les deux pressions sont de signes opposés : leur écart sera donc plus grand que chacune prise isolément. Et la contrainte totale, elle, ne dépend d'aucune des deux.
  • Analyse du risque : Une erreur de signe donnerait une succion de moins quarante kilopascals au lieu de soixante. Cette valeur est physiquement impossible — une succion négative signifierait que l'eau pousse au lieu de tirer, c'est-à-dire un sol saturé sous pression, ce que la donnée contredit. Le contrôle est immédiat, encore faut-il le faire.
  • Choix stratégique : Multiplier le poids volumique par la profondeur pour obtenir la contrainte totale, puis retrancher la pression d'eau à celle de l'air en soignant le signe, et vérifier que la succion obtenue est positive.
  • Alternative : Raisonner sur les valeurs absolues en écrivant que la succion vaut dix plus cinquante. Écarté comme méthode, accepté comme contrôle : le résultat est le même, mais l'écriture par valeurs absolues cesse d'être juste dès que les deux pressions sont de même signe — ce qui arrivera précisément à la question 4, quand la nappe remontera.
  • Objectif visé : Poser les deux grandeurs d'entrée de la relation de Bishop : la charge que le terrain exerce, et l'écart de pression entre les phases.
Voir uniquement le résultat final (Auto-évaluation)
σᵥ = 76,0 kPa · succion matricielle s = 60,0 kPa
Rappel Théorique : deux grandeurs indépendantes l'une de l'autre

La contrainte totale ne dépend que du poids des terres sus-jacentes : elle est la même que le sol soit sec, humide ou noyé, dès lors que le poids volumique mesuré est le poids total , fluides compris. La succion, elle, ne dépend que de l'état hydrique et ignore complètement la profondeur. Ces deux grandeurs sont donc indépendantes, et c'est la relation de Bishop qui les met en présence.

  • La contrainte totale verticale : poids de la colonne de terrain surplombant le point, rapporté à l'unité de surface. Pour un massif homogène à surface horizontale et sans surcharge, elle vaut le produit du poids volumique total par la profondeur. Sur un terrain stratifié, il faudrait sommer couche par couche.
  • Le poids volumique total : il inclut les grains, l'eau et l'air. C'est bien celui-ci qu'il faut employer pour la contrainte totale, et non le poids volumique déjaugé, qui ne sert qu'en dessous de la nappe et déjà dans un calcul de contrainte effective. Confondre les deux est l'erreur la plus fréquente sur cette question.
  • La succion matricielle : différence entre pression d'air et pression d'eau interstitielles. Elle est nulle sur un sol saturé, où les deux se confondent, et croît quand le sol se dessèche : moins il reste d'eau, plus les ménisques sont courbés, plus l'attraction entre grains est forte.
  • Pourquoi la pression d'eau est négative : par rapport à la pression atmosphérique prise pour origine. Ce n'est pas une pression absolue négative — cela n'existe pas — mais une dépression relative, comme celle qui fait monter l'eau dans une paille. Le vocabulaire trompe, la physique ne trompe pas.
  • Ce que la succion suppose : une pression d'eau en dépression se rapporte toujours à un niveau où elle s'annulerait. Cette remarque paraît anodine ; elle est la clé de la question 4, où elle permettra de retrouver la position de la nappe sans que le sondage l'ait rencontrée.
Équations Fondamentales

Deux relations élémentaires, dont la seconde n'est qu'une soustraction. Sa difficulté tient entièrement au signe de l'un de ses termes.

Contrainte totale verticale

Donne la charge que le terrain sus-jacent exerce au point d'analyse.

Pourquoi cette formule ?

Parce que c'est le point de départ de toute analyse de contrainte : on ne peut retrancher une pression interstitielle qu'à une contrainte totale préalablement établie . Une erreur ici se propage intégralement à tout ce qui suit, et aucun contrôle ultérieur ne la rattraperait

  • Contexte de validité : Valable pour un massif homogène, à surface horizontale et sans surcharge en surface. Sur un terrain stratifié, il faut sommer la contribution de chaque couche ; sur un terrain en pente, la contrainte verticale n'est plus une contrainte principale.
  • Avantage : Elle ne demande que deux chiffres, tous deux directement relevés, et son ordre de grandeur se contrôle de tête : dix-neuf kilonewtons par mètre cube font environ vingt kilopascals par mètre de profondeur.
  • Paramètre clé : Le poids volumique, et surtout sa nature : c'est le poids TOTAL, fluides compris, et non le poids déjaugé. La confusion des deux est l'erreur la plus fréquente sur ce calcul.
  • Vérification : L'analyse dimensionnelle referme le calcul : des kilonewtons par mètre cube multipliés par des mètres donnent des kilonewtons par mètre carré, c'est-à-dire des kilopascals.
  • Limite : Elle ignore toute surcharge en surface — remblai, dallage, circulation d'engins — qui s'ajouterait intégralement et sans atténuation à faible profondeur.
\[ \begin{aligned} \sigma_v &= \gamma \cdot z \end{aligned} \]
Que dit cette équation physiquement ? Elle dit combien pèsent les quatre mètres de terrain surplombant la fondation . Soixante-seize kilopascals, soit l'équivalent d'une colonne d'eau de sept mètres et demi, ou de sept tonnes et demie par mètre carré . C'est la charge à laquelle la fondation ajoutera la sienne.
Décomposition des termes :
  • σ_v : contrainte totale verticale, unité : kPa
  • γ : poids volumique total du limon, 19, unité : kN/m³
  • z : profondeur d'analyse, 4, unité : m
  • 76,0 : valeur obtenue, unité : kPa
  • 7,6 m : colonne d'eau équivalente, unité : m
Succion matricielle

Mesure l'écart de pression entre les phases air et eau du sol.

Pourquoi cette formule ?

Parce que c'est cet écart, et non chacune des pressions prise isolément, qui décrit l'intensité de l'attraction capillaire. Un sol dont les deux pressions seraient élevées mais égales n'aurait aucune succion et se comporterait comme un sol saturé — seule la différence compte

  • Contexte de validité : Valable pour tout sol à trois phases dont les deux pressions sont mesurables. Sur un sol très sec, la phase eau devient discontinue et la notion de pression d'eau perd son sens physique, sans que la relation cesse pour autant de rendre un nombre.
  • Avantage : Elle ne demande que deux mesures, réalisables par tensiomètre pour l'eau et par capteur pour l'air, et son résultat se contrôle par son signe.
  • Paramètre clé : La pression d'eau, seule des deux à être négative et seule à être difficile à mesurer — un tensiomètre classique décroche au-delà d'une centaine de kilopascals de dépression, et l'on est ici à la moitié de cette limite.
  • Vérification : La succion doit être positive. Une valeur négative signalerait soit une erreur de signe, soit un sol saturé sous pression, ce qui contredirait la donnée.
  • Limite : Elle ne rend compte que de la composante matricielle de la succion, celle d'origine capillaire. Sur un sol salin s'y ajoute une succion osmotique, que cette relation ignore et qui peut être du même ordre.
\[ \begin{aligned} s &= u_a - u_w \end{aligned} \]
Que dit cette équation physiquement ? Elle dit de combien l'eau est en dépression par rapport à l'air , donc avec quelle force les ménisques tirent sur les grains. Soixante kilopascals, c'est l'équivalent de six mètres de colonne d'eau : une attraction considérable , et elle s'exerce sur chaque contact entre grains.
Décomposition des termes :
  • s : succion matricielle, unité : kPa
  • u_a : pression de l'air interstitiel, 10, unité : kPa
  • u_w : pression de l'eau interstitielle, −50, unité : kPa
  • 60,0 : valeur obtenue, positive comme il se doit, unité : kPa
  • 6 m : hauteur de colonne d'eau équivalente, unité : m

!
L'Erreur Classique (Le Piège)

« La succion matricielle vaut la différence entre les deux pressions interstitielles, soit 10 − 50 = −40 kPa. Le sol est donc en surpression et la succion ne joue aucun rôle. »

L'approche d'ingénieur : La pression de l'eau vaut moins cinquante et non cinquante. Retrancher un nombre négatif revient à additionner : la succion vaut 10 − (−50) = 60 kPa, et non −40. Le résultat erroné aurait dû alerter, puisqu'une succion négative n'a pas de sens physique — elle signifierait que l'eau pousse au lieu de tirer
  • L'erreur : Elle perd le signe d'une donnée en la recopiant. C'est l'erreur la plus élémentaire qui soit, et elle survit ici parce que le résultat, moins quarante kilopascals, ressemble suffisamment à un nombre acceptable pour ne pas choquer au premier regard.
  • La bonne méthode : Écrire la soustraction avec les parenthèses, sans les simplifier de tête, puis vérifier que le résultat est positif. Deux précautions, trois secondes.
  • L'astuce de pro : Contrôlez le résultat par sa hauteur de colonne d'eau équivalente : soixante kilopascals font six mètres, ce qui est l'ordre de grandeur d'une frange capillaire dans un limon. Moins quarante kilopascals feraient moins quatre mètres, ce qui n'a aucun sens.
  • Le moyen mnémotechnique : Une succion est positive. Si votre calcul en rend une négative, c'est le calcul qui est faux, pas le sol qui est étrange.
  • L'impact direct : Une succion de moins quarante propagée dans la relation de Bishop donnerait 38 kPa au lieu de 108, soit une sous-estimation de 65%. La fondation serait dimensionnée pour un sol trois fois moins résistant que celui qu'on a sondé.
Exécution de la Note de Calculs
Check-up des Unités (Optionnel)
  • Poids volumique total γ : en kN/m³
  • Profondeur z : en m
  • Contrainte totale : produit des deux, en kN/m², donc en kPa
  • Pressions interstitielles u_a et u_w : en kPa
  • Succion matricielle : différence de deux pressions, en kPa

Le produit d'un poids volumique par une profondeur donne des kilonewtons par mètre carré, c'est-à-dire exactement des kilopascals. La conversion est donc gratuite, et elle constitue le meilleur contrôle disponible sur ce premier calcul. Un second contrôle, moins mécanique, mérite d'y être joint : soixante-seize kilopascals valent 7,6 mètres de colonne d'eau, et soixante kilopascals de succion en valent six . Traduire chaque contrainte en hauteur d'eau équivalente rend les deux nombres immédiatement comparables et attrape les erreurs d'un facteur dix, que le contrôle d'unités ne signalerait jamais puisqu'il porte sur la forme et non sur la grandeur. Six mètres de frange capillaire dans un limon est plausible ; soixante mètres ne le serait pas.,

1. Résolution Numérique Contrainte totale verticale

Pourquoi fait-on ce calcul ? C'est le point de départ de toute analyse de contrainte : on ne retranche une pression interstitielle qu'à une contrainte totale préalablement établie.

Méthodologie du calcul :

On multiplie le poids volumique total par la profondeur d'analyse. Le poids volumique employé est le poids total , fluides compris, et non le poids déjaugé : ce dernier ne sert qu'en dessous de la nappe, et déjà dans un calcul de contrainte effective.

  • Substitution : γ = 19 kN/m³, mesuré en place ; z = 4 m, niveau d'assise de la fondation.
  • Piège évité : Ne pas employer le poids volumique déjaugé. Il vaudrait ici 9 kN/m³ et donnerait 36 kPa au lieu de 76 : une sous-estimation de plus de moitié, et surtout une confusion de nature entre contrainte totale et contrainte effective.
  • Hypothèse validée : Massif homogène sur les quatre mètres, surface horizontale, aucune surcharge en surface. Un remblai, un dallage ou une circulation d'engins s'ajouteraient intégralement à faible profondeur.
  • Vérification croisée : Analyse dimensionnelle : des kN/m³ multipliés par des m donnent des kN/m², c'est-à-dire des kPa. Le calcul se referme sur lui-même.
  • Finalité : Cette contrainte est le premier terme de la relation de Bishop, dont on retranchera la pression d'air à la question 2.
\[ \begin{aligned} \sigma_v &= \gamma \cdot z \\ &= 19 \times 4 \\ &= \mathbf{76{,}0} \text{ kPa} \end{aligned} \]
Analyse intermédiaire du chiffre :

76 kPa, soit l'équivalent d'une colonne d'eau de sept mètres et demi ou de sept tonnes et demie par mètre carré . C'est la charge que le terrain exerce déjà, avant même que la fondation n'ajoute la sienne . Le rapport entre les deux décidera d'ailleurs de l'ampleur du tassement : une fondation qui n'ajoute que quelques pour cent à cette charge ne fait presque rien travailler le sol.

  • Ordre de grandeur : Un poids volumique de dix-neuf kilonewtons par mètre cube donne à peu près vingt kilopascals par mètre de profondeur. C'est le repère à mémoriser : quatre mètres, quatre-vingts kilopascals à quelques pour cent près.
  • Impact sur la suite : Elle constitue le premier terme de la relation de Bishop, et c'est également elle qui fixera le gradient du profil établi à la question 4.
  • Cohérence : Le résultat est du bon ordre de grandeur pour quatre mètres de limon, et son analyse dimensionnelle est exacte. Rien ici n'appelle de réserve.
  • Attention : Cette contrainte est totale : elle ne dit rien de ce que supporte le squelette solide. C'est justement l'objet des questions suivantes que de faire la part des fluides.
  • Comparaison : La NF EN 1997-1 range le poids des terres parmi les actions permanentes, à prendre en compte dans toutes les justifications de stabilité. Le guide Cerema de la NF P 94-261 précise même des valeurs conventionnelles admises hors marché, vingt kilonewtons par mètre cube hors nappe et vingt-deux sous nappe — la valeur mesurée ici, dix-neuf, leur est proche.

Remarque pédagogique : Un contrôle d'unités qui referme exactement le calcul, comme ici, ne coûte rien et attrape toutes les erreurs de forme. Il ne dit en revanche rien de la grandeur du résultat : les deux contrôles sont complémentaires, pas interchangeables.

Succion matricielle

Pourquoi fait-on ce calcul ? C'est la grandeur d'entrée de toute la mécanique des sols non saturés : elle mesure l'intensité de l'attraction capillaire entre les grains.

Méthodologie du calcul :

On retranche la pression de l'eau à celle de l'air. La pression de l'eau étant négative , cette soustraction revient à une addition — les parenthèses méritent d'être écrites plutôt que simplifiées de tête. Le résultat doit être positif : une succion négative n'existe pas.

  • Substitution : u_a = 10 kPa, mesurée au capteur ; u_w = −50 kPa, mesurée au tensiomètre.
  • Piège évité : Ne pas écrire 10 − 50. Le résultat, −40 kPa, ressemble assez à un nombre acceptable pour ne pas choquer, alors qu'une succion négative signifierait que l'eau pousse au lieu de tirer — c'est-à-dire un sol saturé sous pression, ce que la donnée contredit.
  • Hypothèse validée : Les deux pressions sont rapportées à la même origine, la pression atmosphérique, et sont représentatives de l'état du sol au point d'analyse. La phase gazeuse est de plus supposée continue, faute de quoi parler d'une pression d'air unique n'aurait pas de sens.
  • Vérification croisée : Le résultat doit être positif, et son ordre de grandeur vérifiable : 60 kPa correspondent à 6 m de colonne d'eau, valeur plausible pour la frange capillaire d'un limon.
  • Finalité : Cette succion sera pondérée par le paramètre de Bishop à la question 2, et c'est elle qui localisera la nappe à la question 4.
\[ \begin{aligned} s &= u_a - u_w \\ &= 10 - (-50) \\ &= 10 + 50 \\ &= \mathbf{60{,}0} \text{ kPa} \end{aligned} \]
Analyse intermédiaire du chiffre :

60 kPa, soit l'équivalent de six mètres de colonne d'eau. C'est une attraction capillaire considérable , et elle s'exerce sur chacun des contacts entre grains du volume considéré. C'est elle qui permet à une fouille de tenir à la verticale par temps sec , alors que le même limon coule dès qu'il est noyé — l'un des deux extrêmes où la succion s'annule.

  • Ordre de grandeur : Une succion de quelques dizaines de kilopascals est courante dans un limon à faible profondeur. Elle peut atteindre plusieurs centaines de kilopascals en période de sécheresse, et plusieurs mégapascals dans une argile desséchée.
  • Impact sur la suite : Elle est le facteur de la contribution de succion, calculée à la question 2, et son ordre de grandeur détermine à lui seul la profondeur de nappe qui sera retrouvée à la question 4.
  • Cohérence : La succion est positive, comme l'exige sa définition, et les deux pressions sont bien de signes opposés, ce qui est la situation normale d'un sol non saturé au-dessus de la nappe.
  • Attention : Cette succion est la composante matricielle, d'origine capillaire. Sur un sol salin s'y ajouterait une succion osmotique, du même ordre de grandeur, que cette relation ignore entièrement.
  • Comparaison : Cinquante kilopascals de dépression sont à la moitié de la limite d'un tensiomètre classique, qui décroche vers cent kilopascals. La mesure est donc fiable ici, ce qui ne serait plus le cas sur une argile desséchée.

Remarque pédagogique : Un contrôle par équivalent physique — ici la hauteur de colonne d'eau — attrape les erreurs d'un facteur dix que le contrôle d'unités ne voit jamais. Il coûte une division.

RÉSULTAT FINAL
σᵥ = 76,0 kPa et s = 60,0 kPa — six mètres de colonne d'eau
« Une succion est positive par construction : un calcul qui en rend une négative est un calcul faux. »
L'ÉCHELLE DES PRESSIONS — POURQUOI LA SOUSTRACTION ADDITIONNE Les deux pressions sont de part et d'autre de zéro : leur écart est donc plus grand que chacune prise isolément. -60 -40 -20 0 20 40 kPa pression atmosphérique u_w = −50 l'eau TIRE u_a = +10 l'air pousse s = 60,0 kPa 10 − (−50) = 60, et non 10 − 50 = −40 : une succion négative signifierait que l'eau pousse au lieu de tirer, c'est-à-dire un sol saturé sous pression. Contrôle par équivalent physique : 60 kPa valent 6 m de colonne d'eau, ordre de grandeur d'une frange capillaire dans un limon. −40 kPa n'auraient aucun sens.
2
Question 2 : Contribution de succion et contrainte effective
Dans la tête de l'ingénieur

« Une multiplication, une addition, et un résultat qui dépasse la contrainte totale. Sur un sol saturé, ce serait impossible. Ici c'est normal : l'eau en dépression tire les grains les uns vers les autres , et le squelette se trouve comprimé par deux effets qui s'ajoutent — la charge des terres et l'attraction capillaire. Ce qui mérite attention est ailleurs : dans la tentation d'appliquer Terzaghi. »

  • Observation : La contrainte nette vaut 66 kPa, soit dix de moins que la contrainte totale, parce que la pression d'air en est retranchée. La contribution de succion vaut 42 kPa : elle fait bien plus que compenser.
  • Analyse du risque : Appliquer la formule de Terzaghi donnerait 126 kPa au lieu de 108, soit 16,7% de surestimation . Le résultat resterait plausible pour qui n'a pas de repère, et il conduirait à créditer le sol d'une résistance qu'il n'a pas — car cette formule néglige à la fois la pression d'air et la pondération de la succion.
  • Choix stratégique : Pondérer la succion par le paramètre de Bishop pour obtenir sa contribution, calculer la contrainte nette en retranchant la pression d'air, additionner les deux, puis comparer le résultat à la contrainte totale et à ce que donnerait Terzaghi.
  • Alternative : Écrire directement la contrainte effective en une seule expression sans distinguer les deux termes. Écarté ici : la décomposition est ce qui rend le résultat interprétable, et la question 3 montrera qu'il existe une autre écriture compacte, bien plus instructive que celle-là.
  • Objectif visé : Obtenir la contrainte réellement supportée par le squelette solide au point d'analyse, et chiffrer l'erreur que commettrait une application aveugle de Terzaghi.
Voir uniquement le résultat final (Auto-évaluation)
χ·s = 42,0 kPa · contrainte nette 66,0 kPa · σ′ᵥ = 108,0 kPa · Terzaghi à tort : 126 kPa, soit +16,7%
Rappel Théorique : pourquoi deux termes et non un

Sur un sol saturé, une seule pression interstitielle existe et le principe des contraintes effectives s'écrit en une soustraction. Sur un sol à trois phases, il faut deux termes : l'un rend compte de la charge des terres diminuée de la pression du fluide majoritaire dans les pores — l'air — l'autre de l'attraction capillaire exercée par le fluide minoritaire.

  • Le paramètre de Bishop : il pondère la contribution de la succion. Toute la succion ne participe pas : seule la fraction correspondant à la surface effectivement mouillée transmet l'attraction au squelette. D'où un facteur compris entre zéro et un, ici de sept dixièmes.
  • La contrainte nette : charge totale diminuée de la pression d'air. C'est ce que le squelette supporterait si la succion était nulle. L'air occupe la majeure partie des pores et enveloppe les contacts entre grains : c'est lui qui exerce la pression ambiante sur le squelette.
  • La contribution de succion : elle s'ajoute et ne se retranche pas. C'est le point qui surprend : dans la formulation des sols saturés, la pression interstitielle se retranche. Ici la succion s'ajoute, parce qu'elle est une dépression et que retrancher une dépression revient à ajouter.
  • Pourquoi Terzaghi ne convient pas : sa formule retranche la seule pression d'eau. Elle néglige donc à la fois la pression d'air, qui soulage le squelette, et la pondération de la succion, qui n'est jamais transmise en totalité. Les deux omissions vont dans le même sens et surestiment la contrainte effective.
  • Le retour au cas saturé : si la succion s'annule et le paramètre vaut un, la relation se réduit à la contrainte totale diminuée de la pression interstitielle unique. Toute formulation élargie doit contenir le cas classique comme cas particulier, et celle-ci le fait.
Équations Fondamentales

Deux relations : la contribution de succion, puis la relation de Bishop qui l'assemble avec la contrainte nette.

Contribution de la succion

Donne la part de la succion qui participe effectivement à la contrainte effective.

Pourquoi cette formule ?

Parce que toute la succion ne se transmet pas au squelette : seule la fraction correspondant à la surface effectivement mouillée y participe. Un sol presque sec a beaucoup de succion et peu de contacts humides ; un sol presque saturé a peu de succion et beaucoup de contacts. Le paramètre pèse ce compromis

  • Contexte de validité : Valable dans le cadre de la formulation de Bishop, qui suppose une pondération scalaire unique. L'approche concurrente de Fredlund et Morgenstern emploie deux variables d'état indépendantes plutôt qu'une contrainte effective unique.
  • Avantage : Elle ramène tout l'effet de la non-saturation à un seul terme additif, ce qui permet de conserver la forme des vérifications établies pour les sols saturés.
  • Paramètre clé : Le paramètre de Bishop lui-même, qui ne se mesure pas directement : on le déduit de la courbe de rétention d'eau du sol, ou on l'approxime par le degré de saturation faute de mieux.
  • Vérification : La contribution doit être inférieure à la succion, le paramètre étant inférieur à un. Elle doit aussi être positive, comme la succion dont elle dérive.
  • Limite : Elle suppose la contribution proportionnelle à la succion, ce qui n'est vrai que si le paramètre reste constant. Or il varie avec le degré de saturation, donc avec la succion elle-même — la relation est en réalité non linéaire.
\[ \begin{aligned} \sigma'_{succion} &= \chi \, s \end{aligned} \]
Que dit cette équation physiquement ? Elle dit quelle compression supplémentaire la succion apporte au squelette . Quarante-deux kilopascals sur soixante : les dix-huit restants s'appliquent sur des contacts air-grain où aucun ménisque ne transmet l'effort. Trente pour cent de l'effet est perdu , et c'est le paramètre de Bishop qui le dit.
Décomposition des termes :
  • σ′_succion : contribution de la succion, unité : kPa
  • χ : paramètre de Bishop, 0,70, unité : sans dimension
  • s : succion matricielle, 60, unité : kPa
  • 42,0 : valeur obtenue, unité : kPa
  • 18 : part de succion non transmise, unité : kPa
Contrainte effective de Bishop

Donne la contrainte réellement supportée par le squelette solide d'un sol à trois phases.

Pourquoi cette formule ?

Parce qu'elle étend aux sols non saturés le principe qui gouverne toute la mécanique des sols : seule la contrainte effective commande la résistance et la déformation . Sans elle, il faudrait deux variables d'état indépendantes et l'ensemble des vérifications établies pour les sols saturés devrait être réécrit

  • Contexte de validité : Valable dans le cadre de la formulation scalaire de Bishop, publiée en 1959. Elle relève de la littérature scientifique et non d'une prescription normative : la NF EN 1997-1 est bâtie sur les contraintes effectives des sols saturés.
  • Avantage : Elle permet de conserver la forme des critères de rupture établis pour les sols saturés, en y substituant simplement cette contrainte effective élargie.
  • Paramètre clé : Le paramètre de Bishop, qui pèse toute la contribution de succion. Mais la question 4 montrera qu'un autre paramètre, non écrit dans l'énoncé, pèse bien plus lourd encore.
  • Vérification : Aux deux bornes du paramètre, la relation doit redonner des expressions connues : la contrainte nette pour zéro, la contrainte totale diminuée de la pression d'eau pour un. Deux contrôles gratuits.
  • Limite : Elle suppose que l'effet de la succion se réduit à une contrainte scalaire additive. En réalité la succion modifie aussi la structure du sol elle-même — effondrement à l'imbibition — que cette formulation ne décrit pas.
\[ \begin{aligned} \sigma'_v &= (\sigma_v - u_a) + \chi \,(u_a - u_w) \end{aligned} \]
Que dit cette équation physiquement ? Elle dit que le squelette est comprimé par deux effets qui s'additionnent : la charge des terres, diminuée de la pression d'air qui la soulage, et l'attraction des ménisques qui la renforce. Sur ce sol, le second effet l'emporte largement sur le soulagement du premier , d'où une contrainte effective supérieure d'un tiers à la charge appliquée.
Décomposition des termes :
  • σ′_v : contrainte effective de Bishop, unité : kPa
  • σ_v − u_a : contrainte nette, 66,0, unité : kPa
  • χ(u_a − u_w) : contribution de succion, 42,0, unité : kPa
  • 108,0 : valeur obtenue, unité : kPa
  • 126 : ce que donnerait Terzaghi appliqué à tort, unité : kPa

!
L'Erreur Classique (Le Piège)

« Le principe des contraintes effectives dit qu'on retranche la pression interstitielle à la contrainte totale. Ici σ′ = σ − u_w = 76 − (−50) = 126 kPa. La succion est bien prise en compte, puisque la pression d'eau est négative. »

L'approche d'ingénieur : La formule de Terzaghi ne vaut que pour les sols saturés. Elle néglige deux effets à la fois : la pression d'air, qui soulage le squelette de 10 kPa, et la pondération de la succion, qui en retire 18 de plus. Les deux omissions vont dans le même sens : 126 kPa au lieu de 108, soit 16,7% de surestimation
  • L'erreur : Elle transpose une formule hors de son domaine de validité, en s'appuyant sur un raisonnement partiellement juste — la pression d'eau négative augmente bien la contrainte effective. C'est ce fond de vérité qui rend l'erreur crédible.
  • La bonne méthode : Vérifier le nombre de phases avant de choisir la formule. Deux phases, Terzaghi ; trois phases, Bishop. La présence d'une pression d'air distincte de celle de l'eau suffit à trancher.
  • L'astuce de pro : Contrôlez aux deux bornes du paramètre : à zéro, la relation doit rendre la contrainte totale diminuée de la pression d'air, soit 66 ; à un, la contrainte totale diminuée de la pression d'eau, soit 126. Le résultat cherché doit tomber entre les deux — et 126 est justement la borne haute, donc une valeur limite et non une valeur courante.
  • Le moyen mnémotechnique : Terzaghi ne connaît qu'une pression. S'il y en a deux, c'est Bishop.
  • L'impact direct : Une surestimation de 16,7% de la contrainte effective se propage à toute vérification de portance ou de tassement. Elle crédite le sol d'une résistance qu'il n'a pas, et cela dans le sens qui rassure — l'espèce d'erreur la plus difficile à détecter en relecture.
Exécution de la Note de Calculs
Check-up des Unités (Optionnel)
  • Succion s et pressions : en kPa
  • Paramètre de Bishop χ : sans dimension
  • Contribution de succion : produit d'un sans-dimension par des kPa, en kPa
  • Contrainte nette (σ_v − u_a) : en kPa
  • Contrainte effective : somme de deux kPa, en kPa

Toutes les grandeurs sont en kilopascals, sauf le paramètre de Bishop qui est sans dimension. Aucune conversion n'intervient, et aucun contrôle d'unités ne peut donc départager les deux formules concurrentes — elles sont l'une et l'autre homogènes. Le seul contrôle utile est celui des deux bornes du paramètre : à χ = 0 la relation doit rendre 66 kPa et à χ = 1 elle doit rendre 126 kPa , c'est-à-dire la contrainte totale diminuée respectivement de la pression d'air et de celle de l'eau. Ces deux vérifications se font de tête et attrapent toute erreur d'écriture dans l'un ou l'autre des deux termes. Elles éclairent de surcroît le piège : les 126 kPa de Terzaghi ne sont pas un nombre arbitraire, c'est la borne haute de la relation de Bishop — celle qu'on n'atteint que si la totalité de la succion se transmet, ce qui n'est jamais le cas.,

1. Résolution Numérique Contribution de la succion

Pourquoi fait-on ce calcul ? Parce que toute la succion ne se transmet pas au squelette : seule une fraction y participe, et c'est elle qui entre dans la contrainte effective.

Méthodologie du calcul :

On pondère la succion par le paramètre de Bishop. Ce paramètre traduit le fait que seule la surface effectivement mouillée transmet l'attraction capillaire au squelette solide. Une multiplication, mais dont le facteur n'est pas mesuré directement.

  • Substitution : χ = 0,70, fourni par l'énoncé ; s = 60,0 kPa, calculée à la question 1.
  • Piège évité : Ne pas oublier de multiplier par le paramètre. Prendre toute la succion donnerait 60 kPa au lieu de 42, et donc 126 kPa de contrainte effective — la même valeur que Terzaghi, obtenue par un chemin différent et tout aussi faux.
  • Hypothèse validée : Le paramètre vaut 0,70 et est supposé constant, représentatif du degré de saturation à cette profondeur. Cette constance sera remise en cause à la question 4, quand il faudra étendre le raisonnement à tout le profil.
  • Vérification croisée : La contribution doit être inférieure à la succion, le paramètre étant inférieur à un : 42 contre 60, l'écart de 18 kPa représentant la part non transmise. Les deux contrôles passent.
  • Finalité : Ce terme s'ajoutera à la contrainte nette pour former la contrainte effective de Bishop, au bloc suivant.
\[ \begin{aligned} \sigma'_{succion} &= \chi \, s \\ &= 0{,}70 \times 60{,}0 \\ &= \mathbf{42{,}0} \text{ kPa} \end{aligned} \]
Analyse intermédiaire du chiffre :

42 kPa de compression supplémentaire apportée au squelette par la seule capillarité, sur les 60 disponibles. Les 18 kPa restants sont perdus , non par une déperdition physique mais parce qu'ils s'appliquent sur des contacts air-grain où aucun ménisque ne transmet l'effort . Trente pour cent de l'effet ne franchit pas l'interface, et c'est précisément ce que le paramètre de Bishop chiffre.

  • Ordre de grandeur : Un paramètre de sept dixièmes correspond à un sol partiellement saturé, autour de soixante-dix à quatre-vingts pour cent de saturation si l'on retient l'approximation courante qui l'assimile au degré de saturation.
  • Impact sur la suite : Ce terme constitue tout l'écart entre la contrainte nette et la contrainte effective : c'est lui seul que la question 3 chiffrera en pourcentage.
  • Cohérence : Le résultat est bien compris entre zéro — cas du sol sec — et 60 kPa, cas où toute la succion se transmettrait. Les deux bornes correspondent aux valeurs extrêmes du paramètre.
  • Attention : Le paramètre n'est pas mesuré directement. On le déduirait de la courbe de rétention d'eau du sol, dont la détermination est un essai de laboratoire à part entière, ou on l'approximerait par le degré de saturation.
  • Comparaison : L'approximation qui assimile le paramètre au degré de saturation est simple mais discutée : elle surestime la contribution de succion sur les sols fins, où une part de l'eau est adsorbée et non capillaire.

Remarque pédagogique : Un facteur de pondération compris entre zéro et un mérite toujours qu'on regarde ce qu'il retire, pas seulement ce qu'il laisse. Ici il retire 18 kPa, et ces 18 kPa sont l'écart exact avec le résultat de Terzaghi.

Contrainte effective de Bishop

Pourquoi fait-on ce calcul ? C'est la grandeur qui commande la résistance et la déformation du sol : sans elle, aucune vérification de portance ou de tassement n'est possible.

Méthodologie du calcul :

On calcule d'abord la contrainte nette, \( \sigma_v - u_a = 76 - 10 = 66{,}0 \) kPa — en retranchant la pression de l'AIR et non celle de l'eau. On y ajoute ensuite la contribution de succion. Les deux termes sont de même signe : ils s'additionnent, et c'est ce qui rend possible le dépassement de la contrainte totale.

  • Substitution : σ_v − u_a = 66,0 kPa ; contribution de succion 42,0 kPa, calculée au bloc précédent.
  • Piège évité : Ne pas appliquer la formule de Terzaghi. Elle donnerait 76 − (−50) = 126 kPa, soit 16,7% de trop, en négligeant à la fois la pression d'air et la pondération de la succion — deux omissions qui vont dans le même sens.
  • Hypothèse validée : La formulation scalaire de Bishop décrit adéquatement le comportement. L'approche concurrente de Fredlund et Morgenstern emploierait deux variables d'état indépendantes plutôt qu'une contrainte effective unique.
  • Vérification croisée : Contrôle aux deux bornes du paramètre : à χ = 0 la relation rend 66,0 kPa, soit σ_v − u_a ; à χ = 1 elle rend 126,0 kPa, soit σ_v − u_w. Les deux expressions attendues sont retrouvées, et le résultat tombe bien entre elles.
  • Finalité : Cette contrainte sera réécrite au moyen d'une pression équivalente à la question 3, puis confrontée au niveau de nappe à la question 4.
\[ \begin{aligned} \sigma'_v &= (\sigma_v - u_a) + \chi\,(u_a - u_w) \\ &= (76 - 10) + 42{,}0 \\ &= 66{,}0 + 42{,}0 \\ &= \mathbf{108{,}0} \text{ kPa} \end{aligned} \]
Analyse intermédiaire du chiffre :

108 kPa, soit 32 kPa de PLUS que la contrainte totale de 76 kPa. Le squelette supporte davantage que la charge des terres , ce qui serait impossible sur un sol saturé et qui est parfaitement normal ici : l'attraction des ménisques comprime les grains en plus de la charge . Le soulagement apporté par la pression d'air, dix kilopascals, est très largement compensé par les quarante-deux de la succion.

  • Ordre de grandeur : Une contrainte effective supérieure de plus de quarante pour cent à la contrainte totale traduit une succion élevée pour la profondeur considérée. À dix mètres, le rapport se resserrerait fortement — la question 4 le montrera.
  • Impact sur la suite : C'est cette valeur qui entrerait dans une vérification de portance ou dans un calcul de tassement. La question 4 montrera ce qu'elle doit à une hypothèse hydraulique jamais formulée.
  • Cohérence : Les deux contrôles aux bornes du paramètre passent, ce qui valide l'écriture des deux termes, et le résultat tombe entre elles comme il se doit.
  • Attention : Le dépassement de la contrainte totale n'a rien d'exceptionnel, mais il est conditionnel : il tient à une pression d'eau négative, donc à une position de nappe. Rien dans le calcul mené ici ne le rappelle.
  • Comparaison : La NF EN 1997-1 impose de justifier portance et tassement en contraintes effectives, mais elle est bâtie sur celles des sols saturés : la contribution de succion n'y figure pas, ce qui place le calcul réglementaire du côté de la sécurité.

Remarque pédagogique : Vérifier une relation à ses deux cas limites coûte deux calculs de tête et valide l'écriture complète. C'est particulièrement utile quand les termes sont homogènes entre eux, cas où aucun contrôle d'unités ne peut aider.

RÉSULTAT FINAL
σ′ᵥ = 108,0 kPa — soit 32 kPa de plus que la contrainte totale, contre 126 kPa par Terzaghi à tort
« Terzaghi ne connaît qu'une pression interstitielle : s'il y en a deux, la formule est hors de son domaine. »
DEUX TERMES QUI S'ADDITIONNENT — ET LE PIÈGE DE TERZAGHI contrainte totale σv 76 kPa contrainte nette σv − ua 66 kPa + contribution χ·s 108 kPa Terzaghi à tort : σv − uw 126 kPa +42,0 σ totale +16,7 % en trop σ′ = 108,0 kPa DÉPASSE la contrainte totale de 32 kPa : l'eau en dépression tire les grains les uns vers les autres. Terzaghi néglige deux effets à la fois — la pression d'air qui soulage de 10 kPa, et la pondération qui retire 18 de plus. Les deux vont dans le même sens.
3
Question 3 : Pression interstitielle équivalente et poids des deux pressions
Dans la tête de l'ingénieur

« Un pourcentage sans dénominateur explicite, et une relation à deux termes qui en cache une à un seul. Deux occasions de dire plus juste sans calculer davantage. La source annonce « plus de soixante pour cent » : le même écart de quarante-deux kilopascals en vaut 63,64, 55,26 ou 38,89 selon qu'on le rapporte à la contrainte nette, à la contrainte totale ou à la contrainte effective elle-même. Les trois lectures sont légitimes ; ne pas dire laquelle ne l'est pas. »

  • Observation : La relation de Bishop comporte deux termes en pression. Rien n'empêche de les regrouper : la pression d'air y apparaît deux fois, une fois retranchée et une fois ajoutée pondérée.
  • Analyse du risque : Publier un pourcentage sans sa référence, c'est laisser le lecteur suivant en choisir une. Sur cet exercice, l'écart entre la lecture la plus flatteuse et la plus modeste est de près de vingt-cinq points — assez pour faire passer un effet de « majeur » à « appréciable » sans qu'aucun chiffre ait changé.
  • Choix stratégique : Chiffrer d'abord l'apport de la succion rapporté à la contrainte nette, en nommant explicitement le dénominateur, puis regrouper les termes en pression de la relation de Bishop pour faire apparaître une pression interstitielle équivalente, et lire dans ses coefficients le poids de chacune des deux mesures.
  • Alternative : Étudier la sensibilité par un balayage numérique de chacune des deux pressions. Écarté : la relation étant affine, ses coefficients donnent directement et exactement les sensibilités cherchées, sans calcul supplémentaire ni approximation.
  • Objectif visé : Dire l'apport de la succion en nommant sa référence, et obtenir l'écriture compacte qui rend lisible le poids relatif des deux mesures.
Voir uniquement le résultat final (Auto-évaluation)
Apport rapporté à la contrainte nette 63,64% · pression équivalente ū = −32,00 kPa · u_w pèse 2,333 fois plus que u_a
Rappel Théorique : une moyenne pondérée des deux pressions

En développant la relation de Bishop et en regroupant les termes en pression, la contrainte effective s'écrit comme la contrainte totale diminuée d'une pression interstitielle équivalente : la moyenne des deux pressions pondérée par le paramètre de Bishop, la pression d'eau recevant le poids du paramètre et celle de l'air son complément. Terzaghi réapparaît, à ceci près que la pression retranchée n'est ni l'une ni l'autre des deux mesures.

  • Le regroupement : la pression d'air figure deux fois dans la relation, retranchée dans la contrainte nette et ajoutée pondérée dans le terme de succion. Son coefficient net est donc le complément du paramètre de Bishop, et non un ni moins un.
  • La forme obtenue : contrainte totale moins pression équivalente. C'est exactement la forme de Terzaghi, ce qui n'a rien d'un hasard : la formulation de Bishop a précisément été construite pour étendre celle de Terzaghi sans en changer la structure.
  • Le signe de la pression équivalente : il décide de tout. Négative, elle s'ajoute et la contrainte effective dépasse la contrainte totale ; positive, elle se retranche comme sur un sol saturé classique. Le basculement ne dépend que du signe, et se lit d'un coup d'œil.
  • Les sensibilités : la relation étant affine en chacune des deux pressions, les coefficients SONT les sensibilités. Pas besoin de balayage : la variation de contrainte effective par kilopascal de pression d'eau vaut le paramètre, celle par kilopascal de pression d'air vaut son complément.
  • La conséquence métrologique : sept dixièmes contre trois dixièmes, soit un rapport supérieur à deux. L'effort de mesure doit se porter sur la pression d'eau — celle qui est justement la plus difficile à obtenir, puisque le tensiomètre décroche là où le capteur d'air n'a aucune difficulté.
Équations Fondamentales

Deux relations : le pourcentage d'apport avec sa référence explicite, puis la pression interstitielle équivalente.

Apport relatif de la succion

Rapporte la contribution de succion à une grandeur de référence nommée.

Pourquoi cette formule ?

Parce qu'un écart absolu ne dit rien de son importance sans une référence, et parce que la référence n'est jamais unique . Le même écart de quarante-deux kilopascals vaut 63,64% de la contrainte nette, 55,26% de la contrainte totale et 38,89% de la contrainte effective elle-même : trois lectures également justes

  • Contexte de validité : Valable quelle que soit la référence choisie, à condition de la nommer. La contrainte nette est le dénominateur le plus parlant ici, puisqu'elle est ce que vaudrait la contrainte effective sans aucune succion.
  • Avantage : Elle transforme une grandeur physique en un jugement d'importance : un effet qui dépasse la moitié du terme de base n'est pas une correction, c'est un terme principal.
  • Paramètre clé : Le dénominateur, précisément. C'est lui, et non le numérateur, qui fait varier le résultat de 39 à 64% sans qu'aucune donnée n'ait changé.
  • Vérification : L'écart absolu au numérateur doit être exactement la contribution de succion calculée à la question 2 : la soustraction des deux contraintes redonne 42 kPa.
  • Limite : Un pourcentage ne dit rien de la robustesse du résultat. Il chiffre l'importance de l'effet, non la confiance qu'on peut lui accorder — c'est l'objet de la question suivante.
\[ \begin{aligned} \text{apport} &= \dfrac{\sigma'_v - (\sigma_v - u_a)}{\sigma_v - u_a} \times 100 \end{aligned} \]
Que dit cette équation physiquement ? Il dit que la succion n'est pas une correction mais un terme principal : elle ajoute près des deux tiers de ce que le poids des terres apporte, à elle seule. Ignorer cet effet sous-estimerait la résistance de moitié — approche conservatrice, mais coûteuse si elle conduit à surdimensionner.
Décomposition des termes :
  • σ′_v : contrainte effective de Bishop, 108,0, unité : kPa
  • σ_v − u_a : contrainte nette, référence choisie, 66,0, unité : kPa
  • 42,0 : écart, égal à la contribution de succion, unité : kPa
  • 63,64 : apport rapporté à la contrainte nette, unité : %
  • 55,26 et 38,89 : les deux autres lectures légitimes, unité : %
Pression interstitielle équivalente

Ramène la relation de Bishop à la forme d'une soustraction unique, comme celle de Terzaghi.

Pourquoi cette formule ?

Parce que la forme à deux termes cache ce que la forme compacte révèle : le poids réel de chacune des deux mesures . La pression d'air, qui apparaît deux fois dans l'écriture d'origine, n'y pèse en réalité que le complément du paramètre de Bishop

  • Contexte de validité : Valable pour toute valeur du paramètre entre zéro et un. Aux deux bornes, la pression équivalente se réduit à l'une des deux pressions mesurées, ce qui constitue un double contrôle immédiat.
  • Avantage : Elle rend la relation de Bishop directement comparable à celle de Terzaghi, et fournit les sensibilités sans calcul supplémentaire puisque les coefficients sont les dérivées.
  • Paramètre clé : Le paramètre de Bishop, qui répartit le poids entre les deux pressions. À sept dixièmes, l'eau l'emporte nettement ; à trois dixièmes, ce serait l'inverse.
  • Vérification : La contrainte totale diminuée de la pression équivalente doit redonner exactement le résultat de la question 2. Le contrôle referme le calcul et valide le regroupement des termes.
  • Limite : Cette pression équivalente n'est pas mesurable et ne correspond à aucune pression physiquement présente dans le sol. C'est une construction de calcul, commode et exacte, mais dépourvue de réalité matérielle.
\[ \begin{aligned} \bar{u} &= (1 - \chi)\, u_a + \chi \, u_w \quad \text{d'où} \quad \sigma'_v = \sigma_v - \bar{u} \end{aligned} \]
Que dit cette équation physiquement ? Elle dit que le squelette se comporte comme s'il était soumis à une pression interstitielle unique de moins trente-deux kilopascals . Ce n'est ni la pression de l'air, ni celle de l'eau, ni leur moyenne arithmétique : c'est leur moyenne pondérée par le paramètre de Bishop , et son signe négatif est exactement ce qui fait dépasser la contrainte totale.
Décomposition des termes :
  • ū : pression interstitielle équivalente, unité : kPa
  • (1 − χ) : poids de la pression d'air, 0,300, unité : sans dimension
  • χ : poids de la pression d'eau, 0,700, unité : sans dimension
  • −32,00 : valeur obtenue, unité : kPa
  • 2,333 : rapport des deux poids, unité : sans dimension

!
L'Erreur Classique (Le Piège)

« La succion augmente la contrainte effective de plus de 60%. C'est un effet majeur, qu'il serait très pénalisant de négliger. »

L'approche d'ingénieur : Plus de soixante pour cent de quoi ? Rapportés à la contrainte nette, les 42 kPa font 63,64% ; à la contrainte totale, 55,26% ; à la contrainte effective elle-même, 38,89%. Les trois lectures sont exactes et l'écart entre les extrêmes atteint près de vingt-cinq points — l'énoncé du dénominateur fait donc partie du résultat
  • L'erreur : Elle publie un rapport sans son dénominateur. Le lecteur suivant en choisira un, et rien ne garantit qu'il choisira le même — ni qu'il s'apercevra que la question se pose.
  • La bonne méthode : Écrire systématiquement la référence à côté du pourcentage, dans la même phrase. « Soixante-quatre pour cent de la contrainte nette » est une information ; « soixante-quatre pour cent » n'en est pas une.
  • L'astuce de pro : Quand un pourcentage vous paraît décisif, calculez-le avec les deux ou trois dénominateurs plausibles. Si l'ordre de grandeur ne change pas, la conclusion tient ; s'il change, c'est le dénominateur qu'il faut discuter avant la conclusion.
  • Le moyen mnémotechnique : Un pourcentage sans dénominateur n'est pas un résultat, c'est une impression.
  • L'impact direct : Sur un rapport d'étude, la même contribution de succion peut être présentée comme « majeure, près de 64% » ou « appréciable, environ 39% ». Aucun des deux n'est faux, et le lecteur n'a aucun moyen de le savoir si le dénominateur n'est pas dit.
Exécution de la Note de Calculs
Check-up des Unités (Optionnel)
  • Contraintes au numérateur et au dénominateur : en kPa
  • Apport relatif : rapport de deux kPa, en %
  • Poids des deux pressions, (1 − χ) et χ : sans dimension
  • Pression interstitielle équivalente : en kPa
  • Rapport des deux poids : sans dimension

Aucune conversion n'intervient : toutes les contraintes sont en kilopascals et les poids sont sans dimension. Le contrôle utile est ailleurs. Il porte sur la pression équivalente et se fait en une soustraction : la contrainte totale diminuée de ū doit redonner exactement les 108 kPa de la question 2 . Ce contrôle vaut mieux qu'un contrôle d'unités, car il valide le regroupement des termes — l'opération où une erreur de signe passerait inaperçue, la pression d'air changeant de signe entre ses deux occurrences. Un second contrôle, gratuit lui aussi, consiste à porter le paramètre à ses deux bornes : la pression équivalente doit alors se réduire à l'une ou l'autre des deux pressions mesurées, et à rien d'autre.,

1. Résolution Numérique Apport relatif de la succion

Pourquoi fait-on ce calcul ? Parce qu'un écart absolu ne dit rien de son importance, et parce que le juger suppose de nommer la grandeur à laquelle on le rapporte.

Méthodologie du calcul :

On rapporte l'écart entre contrainte effective et contrainte nette à cette dernière. Le numérateur n'est autre que la contribution de succion déjà calculée. Le choix du dénominateur, lui, fait partie du résultat et doit être énoncé : la contrainte nette est retenue ici parce qu'elle est ce que vaudrait la contrainte effective sans aucune succion.

  • Substitution : σ′_v = 108,0 kPa et σ_v − u_a = 66,0 kPa, calculées à la question 2.
  • Piège évité : Ne pas annoncer un pourcentage sans son dénominateur. Le même écart de 42 kPa vaut 63,64% de la contrainte nette, 55,26% de la contrainte totale et 38,89% de la contrainte effective : près de vingt-cinq points séparent les lectures extrêmes.
  • Hypothèse validée : La contrainte nette est une base de comparaison pertinente pour évaluer l'effet de la succion, puisqu'elle correspond au cas où celle-ci ne serait pas transmise.
  • Vérification croisée : Le numérateur doit être exactement la contribution de succion de la question 2 : 108,0 − 66,0 = 42,0 kPa. Il l'est.
  • Finalité : Ce chiffre situe l'importance de l'effet ; le bloc suivant en donnera une lecture plus fine par la pression équivalente.
\[ \begin{aligned} \text{apport} &= \dfrac{108{,}0 - 66{,}0}{66{,}0} \times 100 \\ &= \dfrac{42{,}0}{66{,}0} \times 100 \\ &= \mathbf{63{,}64} \text{ \%} \end{aligned} \]
Analyse intermédiaire du chiffre :

63,64% de la contrainte nette : la succion n'est pas une correction, c'est un terme principal . Elle ajoute près des deux tiers de ce que le poids des quatre mètres de terrain apporte, à elle seule . Rapporté à la contrainte totale, le même écart ferait 55,26%, et rapporté à la contrainte effective elle-même 38,89% — trois lectures exactes, dont aucune n'est plus vraie que les autres, et dont la source ne dit pas laquelle elle emploie.

  • Ordre de grandeur : Un effet dépassant la moitié du terme de base est de premier ordre. En deçà de dix pour cent, on parlerait d'une correction ; au-delà de cinquante, la question devient de savoir si l'on peut s'y fier.
  • Impact sur la suite : Il justifie qu'on s'intéresse à la robustesse du résultat plutôt qu'à sa seule valeur — ce que fait la question 4.
  • Cohérence : Le numérateur retrouve exactement la contribution de succion calculée indépendamment, ce qui vérifie la cohérence de l'ensemble.
  • Attention : Ce pourcentage mesure l'importance de l'effet, jamais la confiance qu'on peut lui accorder. Un effet majeur et fragile reste fragile, et c'est le cas ici.
  • Comparaison : Négliger entièrement la succion, comme le fait une vérification réglementaire menée en contraintes effectives de sol saturé, revient à retenir 66 kPa au lieu de 108 : une approche très conservatrice, mais qui peut conduire à surdimensionner.

Remarque pédagogique : Trois dénominateurs plausibles, trois pourcentages entre 39 et 64% : la règle générale est d'écrire la référence dans la même phrase que le chiffre. Un pourcentage sans dénominateur n'est pas un résultat, c'est une impression.

Pression interstitielle équivalente

Pourquoi fait-on ce calcul ? Parce que la forme à deux termes cache le poids réel de chacune des deux mesures, et que le regroupement le révèle en une ligne.

Méthodologie du calcul :

On développe la relation de Bishop et l'on regroupe les termes en pression. La pression d'air y figure deux fois — retranchée dans la contrainte nette, ajoutée pondérée dans le terme de succion — de sorte que son coefficient net est le complément du paramètre. La contrainte effective prend alors la forme de Terzaghi.

  • Substitution : χ = 0,70, u_a = 10 kPa et u_w = −50 kPa.
  • Piège évité : Ne pas se tromper de signe en regroupant. La pression d'air change de signe entre ses deux occurrences, et une erreur ici donnerait un coefficient de un plus le paramètre au lieu de un moins : la pression équivalente vaudrait −18 kPa et la contrainte effective 94 au lieu de 108.
  • Hypothèse validée : Le paramètre de Bishop est constant, ce qui permet de le sortir du regroupement. Cette pression équivalente n'est de plus pas mesurable : c'est une construction de calcul, exacte mais dépourvue de réalité matérielle.
  • Vérification croisée : La contrainte totale diminuée de cette pression doit redonner le résultat de la question 2 : 76,0 − (−32,00) = 108,0 kPa. Elle le redonne exactement.
  • Finalité : Ses coefficients donnent directement les sensibilités, et son signe explique le dépassement de la contrainte totale.
\[ \begin{aligned} \bar{u} &= (1 - \chi)\,u_a + \chi\,u_w \\ &= 0{,}300 \times 10 + 0{,}700 \times (-50) \\ &= 3{,}00 - 35{,}00 \\ &= \mathbf{-32{,}00} \text{ kPa} \end{aligned} \]
Analyse intermédiaire du chiffre :

−32,00 kPa : le squelette se comporte comme s'il subissait une pression interstitielle unique de moins trente-deux kilopascals, qui n'est ni celle de l'air, ni celle de l'eau, ni leur moyenne arithmétique. Son signe négatif est exactement ce qui fait dépasser la contrainte totale : retrancher un nombre négatif ajoute. Et ses coefficients sont les sensibilités : sept dixièmes pour la pression d'eau contre trois dixièmes pour celle de l'air , soit un rapport de 2,333. C'est le tensiomètre — l'appareil le plus difficile à mettre en œuvre — qui mérite le soin métrologique, et non le capteur d'air.

  • Ordre de grandeur : Une pression équivalente de l'ordre de moins trente kilopascals correspond à un sol nettement non saturé. Elle tendrait vers zéro à l'approche de la nappe, et deviendrait positive en dessous.
  • Impact sur la suite : Elle fournit le critère de dépassement de la contrainte totale sous sa forme la plus simple — un signe — et elle servira de fil conducteur à la question 4, où c'est sa bascule qu'on chiffrera.
  • Cohérence : Le contrôle referme le calcul, et les deux bornes du paramètre le confirment : à zéro la pression équivalente vaudrait 10 kPa, celle de l'air ; à un, −50 kPa, celle de l'eau. Elle interpole bien entre les deux mesures.
  • Attention : Cette pression n'existe nulle part dans le sol. Aucun capteur ne la mesurerait, et la présenter comme une grandeur relevée serait une faute — c'est un intermédiaire de calcul, rien de plus.
  • Comparaison : La source écrit que la pression en jeu « n'est ni celle de l'air ni celle de l'eau » sans jamais l'écrire. L'écrire coûte une ligne et rend le reste de l'analyse possible.

Remarque pédagogique : Quand une relation est affine en ses variables, ses coefficients SONT les sensibilités : aucun balayage numérique n'est nécessaire, et le résultat obtenu est exact plutôt qu'approché. Encore faut-il l'écrire sous forme affine, ce que la forme à deux termes empêchait de voir.

RÉSULTAT FINAL
ū = −32,00 kPa — apport de 63,64% de la contrainte nette, u_w pesant 2,333 fois plus que u_a
« Un pourcentage sans dénominateur n'est pas un résultat, et une relation affine donne ses sensibilités sans qu'on balaie rien. »
LA PRESSION ÉQUIVALENTE — UN CURSEUR ENTRE LES DEUX MESURES ū = (1−χ)·u_a + χ·u_w : ni l'une ni l'autre des deux pressions, mais leur moyenne pondérée par le paramètre de Bishop. -60 -40 -20 0 20 kPa u_w = −50 poids χ = 0,700 u_a = +10 poids 1−χ = 0,300 ū = −32,00 kPa σ′ = σv − ū = 76 + 32 = 108,0 ✓ Le curseur est aux sept dixièmes du côté de l'eau : c'est elle qui pèse, dans un rapport de 2,333 contre l'air. La relation étant affine, ses coefficients SONT les sensibilités — aucun balayage n'est nécessaire. L'effort métrologique va au tensiomètre. Et le signe négatif de ū est exactement ce qui fait dépasser la contrainte totale : retrancher un nombre négatif ajoute.
4
Question 4 : La nappe implicite et ce qu'elle vaut
Dans la tête de l'ingénieur

« Une pression d'eau négative ne flotte pas dans le vide : elle se rapporte à un niveau où elle s'annulerait. Ce niveau se calcule. Et il change tout, car la succion vaut ce que vaut la position de la nappe . Le sondage a relevé un état, un jour donné. L'ouvrage, lui, durera des décennies — et la norme demande justement de le justifier avec le niveau le plus défavorable, non avec celui du jour de la reconnaissance. »

  • Observation : Sous équilibre hydrostatique, la dépression mesurée en un point est exactement le poids de la colonne d'eau qui l'en sépare de la surface libre. Cinquante kilopascals valent cinq mètres.
  • Analyse du risque : Le résultat de la question 2 repose entièrement sur cette position de nappe, et personne ne l'a écrite. Si elle remonte au terrain naturel, la contrainte effective au même point est divisée par trois — de 108 à 36 kilopascals. Aucun des chiffres de l'énoncé ne signale cette dépendance, et c'est pourtant elle qui décide de la fiabilité de la fondation.
  • Choix stratégique : Convertir la dépression mesurée en hauteur de colonne d'eau pour localiser la nappe, en déduire le profil de contrainte effective et son gradient, puis reprendre le calcul au même point avec la nappe remontée au terrain naturel.
  • Alternative : Traiter la remontée de nappe en gardant la relation de Bishop avec un paramètre porté à un. Écarté : au-dessus de la nappe le sol est saturé, la phase gazeuse a disparu et il n'existe plus qu'une pression interstitielle. C'est Terzaghi qui s'applique, avec une pression d'eau devenue positive.
  • Objectif visé : Établir la position de nappe qu'impliquent les données, le profil de contrainte effective qui en découle, et ce que ce profil devient si le niveau retenu change.
Voir uniquement le résultat final (Auto-évaluation)
Nappe implicite à 9,00 m · gradient 12,00 kPa/m contre 19,00 · σ′ᵥ = 36,0 kPa si la nappe remonte au terrain naturel, soit ÷ 3,00
Rappel Théorique : le niveau d'eau est une donnée de projet

Un sondage relève l'état du terrain à l'instant où il est réalisé. La NF P 94-261 en tire une conséquence explicite : le choix des niveaux piézométriques, s'il s'appuie sur la reconnaissance hydrogéologique du site, doit rester une estimation prudente du niveau le plus défavorable vis-à-vis de l'état limite considéré. Quatre niveaux de référence sont définis par les annexes nationales de l'Eurocode 0 : EB pour les eaux basses quasi-permanentes, EF pour les eaux fréquentes, EH pour les eaux hautes caractéristiques, EE pour le niveau exceptionnel des situations accidentelles.

  • L'équilibre hydrostatique : en l'absence de flux, la pression d'eau varie linéairement avec l'altitude, au taux du poids volumique de l'eau. Au-dessus de la nappe elle est négative, en dessous positive, et elle s'annule exactement à la surface libre. Un relevé de pression suffit donc à localiser celle-ci.
  • La valeur normative du poids volumique de l'eau : la NF EN 1997-1/NA fixe cette valeur à dix kilonewtons par mètre cube pour les actions hydrauliques, et non à la valeur physique de 9,81. L'écart de deux pour cent déplace la nappe de dix centimètres, ce qui est sans portée devant l'incertitude métrique sur son niveau réel.
  • Le profil de contrainte effective : la succion décroît linéairement avec la profondeur puisque la pression d'eau croît. Le gradient de contrainte effective vaut donc le poids volumique du sol diminué du produit du paramètre de Bishop par celui de l'eau — et non le seul poids volumique du sol.
  • La préconsolidation apparente : le profil ne passe pas par l'origine. À charge nulle, en surface, la succion seule impose déjà une contrainte effective non négligeable. C'est le mécanisme de la croûte de dessiccation, qui se comporte comme un sol surconsolidé sans jamais avoir été chargé.
  • Ce que la remontée de nappe change : au-dessus du point d'analyse, le sol est saturé. La phase gazeuse disparaît, la relation de Bishop cède la place à celle de Terzaghi, et la pression d'eau devient positive : elle se retranche au lieu de s'ajouter. Le retournement est double, ce qui explique l'ampleur de l'effet.
Équations Fondamentales

Deux relations : la position de la nappe déduite de la dépression mesurée, puis le gradient du profil qui en découle.

Profondeur de nappe sous équilibre hydrostatique

Convertit la dépression mesurée en distance verticale à la surface libre.

Pourquoi cette formule ?

Parce qu'une pression d'eau se rapporte toujours à un niveau , et que ce niveau est ici la seule donnée hydraulique de l'exercice — jamais énoncée, mais entièrement contenue dans le relevé. La déduire prend une division, et elle conditionne tout le reste

  • Contexte de validité : Valable en l'absence de flux vertical. Sous évaporation, la succion près de la surface est plus forte que l'hydrostatique et la nappe est en réalité plus proche ; sous infiltration, c'est l'inverse. L'équilibre hydrostatique est donc une hypothèse, à énoncer comme telle.
  • Avantage : Elle extrait une information de projet majeure d'un relevé qui paraissait n'en contenir aucune, et sans aucune mesure supplémentaire.
  • Paramètre clé : Le poids volumique de l'eau, pris à la valeur normative de dix kilonewtons par mètre cube. La valeur physique 9,81 donnerait 9,10 m au lieu de 9,00 : dix centimètres d'écart, négligeables devant l'incertitude sur le niveau lui-même.
  • Vérification : La pression d'eau recalculée à la profondeur d'analyse doit redonner exactement la valeur relevée. Le contrôle est immédiat et referme la conversion.
  • Limite : Elle donne le niveau au jour du relevé, et rien d'autre. Ce n'est ni le niveau moyen, ni le niveau de projet, ni aucun des quatre niveaux de référence de l'Eurocode.
\[ \begin{aligned} z_w &= z + \dfrac{|u_w|}{\gamma_w} \end{aligned} \]
Que dit cette équation physiquement ? Elle dit que la nappe est à neuf mètres de profondeur le jour du sondage , soit cinq mètres sous le niveau d'assise de la fondation. Le sondage n'avait pas besoin de la rencontrer : la pression d'eau la localise à elle seule , pourvu qu'on accepte l'hypothèse hydrostatique.
Décomposition des termes :
  • z_w : profondeur de la nappe, unité : m
  • z : profondeur d'analyse, 4, unité : m
  • |u_w| : dépression mesurée, 50, unité : kPa
  • γ_w : poids volumique de l'eau, valeur normative 10, unité : kN/m³
  • 9,00 : valeur obtenue, unité : m
Gradient de contrainte effective dans la zone non saturée

Donne la vitesse à laquelle la contrainte effective croît avec la profondeur au-dessus de la nappe.

Pourquoi cette formule ?

Parce que la succion décroît quand on descend : la pression d'eau, négative en surface, remonte vers zéro à mesure qu'on approche de la nappe. Le gain de contrainte effective par mètre est donc inférieur au poids volumique du sol

  • Contexte de validité : Valable au-dessus de la nappe, à paramètre de Bishop constant. Cette dernière condition est forte : le paramètre chute quand le sol sèche, donc près de la surface, ce qui rend le profil calculé optimiste dans sa partie haute.
  • Avantage : Le gradient ne dépend ni de la pression d'air ni de la position de la nappe : seulement du poids volumique du sol, de celui de l'eau et du paramètre. Il est donc transposable à tout point du profil.
  • Paramètre clé : Le paramètre de Bishop, qui fixe la part du poids volumique de l'eau à retrancher. À paramètre nul le gradient serait celui de la contrainte totale ; à paramètre unité, celui d'un sol immergé.
  • Vérification : Le gradient obtenu doit être encadré par celui d'un sol sous nappe et celui de la contrainte totale. Il l'est, et l'encadrement est étroit.
  • Limite : Il décrit un profil, pas une évolution dans le temps. Une remontée de nappe ne fait pas glisser le point le long de ce profil : elle en change l'équation, comme le troisième bloc va le montrer.
\[ \begin{aligned} \dfrac{d\sigma'_v}{dz} &= \gamma - \chi \, \gamma_w \end{aligned} \]
Que dit cette équation physiquement ? Il dit que la contrainte effective ne gagne que douze kilopascals par mètre au lieu de dix-neuf . Descendre d'un mètre ajoute bien le poids d'un mètre de terrain, mais retire en même temps sept kilopascals de succion pondérée : la succion mange plus du tiers du gradient .
Décomposition des termes :
  • dσ′_v/dz : gradient de contrainte effective, unité : kPa/m
  • γ : poids volumique du sol, 19, unité : kN/m³
  • χ γ_w : part retranchée par la succion, 7,00, unité : kPa/m
  • 12,00 : valeur obtenue, unité : kPa/m
  • 36,8 : part du gradient mangée par la succion, unité : %

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L'Erreur Classique (Le Piège)

« Les données donnent une contrainte effective de 108 kPa à 4 m. C'est la valeur à retenir pour le dimensionnement de la fondation, puisqu'elle découle directement des mesures in situ. »

L'approche d'ingénieur : Elle découle des mesures, oui — celles d'un jour donné. Or ces mesures impliquent une nappe à 9,00 m, et rien ne garantit qu'elle y restera. Nappe remontée au terrain naturel, le même point est saturé sous +40 kPa et sa contrainte effective tombe à 36,0 kPa , soit trois fois moins. La NF P 94-261 demande précisément une estimation prudente du niveau le plus défavorable pour l'état limite considéré, et non le niveau relevé
  • L'erreur : Elle confond une mesure avec une donnée de projet. Un relevé décrit un état à un instant ; un dimensionnement doit couvrir tous les états que l'ouvrage rencontrera pendant sa durée d'utilisation.
  • La bonne méthode : Pour chaque grandeur mesurée, se demander si elle est une propriété du sol ou un état de celui-ci. Le poids volumique et le paramètre de Bishop sont des propriétés ; les pressions interstitielles sont un état, et un état se choisit en projet.
  • L'astuce de pro : Refaites le calcul avec le niveau d'eau le plus défavorable envisageable avant de conclure. Si le résultat change d'ordre de grandeur, c'est ce niveau, et non les autres données, qui gouverne le dimensionnement.
  • Le moyen mnémotechnique : Une propriété se mesure, un état se choisit. Les pressions interstitielles sont un état.
  • L'impact direct : Retenir 108 kPa au lieu de 36 crédite le sol de trois fois la contrainte effective qu'il pourrait avoir. Sur une fondation superficielle, la portance et le tassement en dépendent tous deux — et la sanction d'une remontée de nappe serait un tassement différé, apparaissant des années après la réception.
Exécution de la Note de Calculs
Check-up des Unités (Optionnel)
  • Dépression |u_w| : en kPa
  • Poids volumique de l'eau γ_w : en kN/m³
  • Profondeur de nappe : rapport des deux, plus une profondeur, en m
  • Gradient de contrainte effective : en kPa/m
  • Contrainte effective après remontée de nappe : en kPa

La conversion d'une dépression en hauteur d'eau est le seul endroit où les unités travaillent vraiment : des kilopascals divisés par des kilonewtons par mètre cube donnent bien des mètres. Une vigilance de signe s'y ajoute, et elle est décisive : la pression d'eau devient POSITIVE sous la nappe, alors qu'elle était négative au-dessus . Le troisième bloc de cette question fait basculer le point d'analyse d'un côté à l'autre de la surface libre, et la pression passe donc de moins cinquante à plus quarante kilopascals — un retournement complet, non une simple diminution. C'est ce double changement, de signe et de formulation, qui explique que la contrainte effective soit divisée par trois plutôt que réduite d'un tiers.,

1. Résolution Numérique Profondeur de nappe impliquée par les données

Pourquoi fait-on ce calcul ? Parce qu'une pression d'eau négative se rapporte toujours à un niveau, et que ce niveau est la donnée hydraulique que l'énoncé n'a jamais écrite.

Méthodologie du calcul :

On convertit la dépression mesurée en hauteur de colonne d'eau, puis on l'ajoute à la profondeur d'analyse. Le poids volumique employé est la valeur normative de dix kilonewtons par mètre cube, fixée par l'annexe nationale de la NF EN 1997-1 pour les actions hydrauliques, et non la valeur physique 9,81.

  • Substitution : z = 4 m ; |u_w| = 50 kPa ; γ_w = 10 kN/m³ [NF EN 1997-1/NA].
  • Piège évité : Ne pas oublier d'ajouter la profondeur d'analyse. La division seule donne la distance du point à la nappe, cinq mètres, et non la profondeur de celle-ci sous le terrain naturel.
  • Hypothèse validée : Équilibre hydrostatique, c'est-à-dire absence de flux vertical. Sous évaporation, la succion près de la surface serait plus forte que l'hydrostatique et la nappe en réalité plus proche ; sous infiltration, l'inverse. L'hypothèse doit être énoncée.
  • Vérification croisée : La pression d'eau recalculée à 4 m doit redonner la valeur relevée : −10 × (9,00 − 4) = −50 kPa. La conversion se referme.
  • Finalité : Cette position permet d'établir tout le profil de contrainte effective, et c'est elle que la question mettra ensuite en cause.
\[ \begin{aligned} z_w &= z + \dfrac{|u_w|}{\gamma_w} \\ &= 4 + \dfrac{50}{10} \\ &= 4 + 5{,}00 \\ &= \mathbf{9{,}00} \text{ m} \end{aligned} \]
Analyse intermédiaire du chiffre :

9,00 m : la nappe est à cinq mètres sous le niveau d'assise, et le sondage n'avait pas besoin de la rencontrer pour qu'on le sache. La pression d'eau la localise à elle seule , pourvu qu'on accepte l'hypothèse hydrostatique — laquelle n'est ni gratuite ni vérifiable à partir des seules données fournies . Avec la valeur physique 9,81 kN/m³, on trouverait 9,10 m : dix centimètres d'écart, sans portée devant l'incertitude métrique sur le niveau réel.

  • Ordre de grandeur : Une nappe à neuf mètres sous un limon argileux est une situation banale. Elle laisse au-dessus d'elle une zone non saturée de neuf mètres, dont la succion croît régulièrement vers la surface.
  • Impact sur la suite : Elle donne la loi de variation de la pression d'eau sur toute la hauteur, et donc le profil complet de contrainte effective établi au bloc suivant.
  • Cohérence : Le recalcul de la pression à 4 m redonne exactement la valeur relevée, ce qui vérifie à la fois la conversion et le sens de la soustraction.
  • Attention : Ce niveau est celui du jour du relevé. Ce n'est ni le niveau moyen, ni aucun des quatre niveaux de référence — EB, EF, EH, EE — que les annexes nationales de l'Eurocode 0 définissent pour le projet.
  • Comparaison : L'écart entre la valeur normative du poids volumique de l'eau et sa valeur physique est de deux pour cent. Il se traduit ici par dix centimètres sur une profondeur de neuf mètres, alors que l'incertitude sur la position réelle de la nappe se compte en mètres.

Remarque pédagogique : Une donnée mesurée en contient parfois une autre, non énoncée, qu'une conversion suffit à révéler. Encore faut-il se demander à quoi la mesure se rapporte — ici, une pression d'eau se rapporte toujours à un niveau.

Gradient de contrainte effective au-dessus de la nappe

Pourquoi fait-on ce calcul ? Parce que la succion décroît quand on descend, de sorte que la contrainte effective ne croît pas au rythme du poids volumique du sol.

Méthodologie du calcul :

La pression d'eau croît linéairement avec la profondeur au taux du poids volumique de l'eau, donc la succion décroît au même taux. En dérivant la relation de Bishop par rapport à la profondeur, il reste le poids volumique du sol diminué du produit du paramètre de Bishop par celui de l'eau. Le gradient obtenu ne dépend ni de la pression d'air ni de la position de la nappe.

  • Substitution : γ = 19 kN/m³, χ = 0,70 et γ_w = 10 kN/m³.
  • Piège évité : Ne pas retenir le seul poids volumique du sol. À dix-neuf kilopascals par mètre, on surestimerait de 58% le gain de contrainte effective par mètre de descente — erreur qui grandit avec la profondeur.
  • Hypothèse validée : Le paramètre de Bishop est supposé CONSTANT sur toute la hauteur. C'est une hypothèse forte : il chute quand le sol sèche, donc près de la surface, ce qui rend le profil calculé optimiste dans sa partie haute.
  • Vérification croisée : Le gradient doit être encadré par celui d'un sol sous nappe, γ − γ_w = 9,00 kPa/m, et celui de la contrainte totale, 19,00 kPa/m. Il l'est, et l'encadrement est étroit.
  • Finalité : Le profil complet en découle, et avec lui la valeur de la contrainte effective en surface — que le bloc suivant confrontera à une autre position de nappe.
\[ \begin{aligned} \dfrac{d\sigma'_v}{dz} &= \gamma - \chi \, \gamma_w \\ &= 19 - 0{,}70 \times 10 \\ &= 19 - 7{,}00 \\ &= \mathbf{12{,}00} \text{ kPa/m} \end{aligned} \]
Analyse intermédiaire du chiffre :

12,00 kPa/m au lieu de 19,00 : la succion mange 36,8% du gradient . Descendre d'un mètre ajoute bien le poids d'un mètre de terrain, mais retire en même temps sept kilopascals de succion pondérée . Le profil qui en résulte s'écrit \( \sigma'_v = 12z + 60 \) : il passe bien par 108 kPa à quatre mètres, et il ne passe PAS par l'origine. À charge nulle, en surface, la succion seule impose déjà 60 kPa de contrainte effective — c'est le mécanisme de la croûte de dessiccation, qui se comporte comme un sol surconsolidé sans avoir jamais été chargé.

  • Ordre de grandeur : Un gradient de douze kilopascals par mètre est intermédiaire entre celui d'un sol immergé, neuf, et celui de la contrainte totale, dix-neuf. Cet encadrement est un contrôle en soi : la zone non saturée se comporte entre les deux cas connus.
  • Impact sur la suite : Il donne le profil complet, et notamment la contrainte effective de surface, qui explique la rigidité des croûtes desséchées.
  • Cohérence : Le profil recalé sur le point d'analyse redonne exactement 108 kPa, et l'encadrement du gradient par les deux cas limites est vérifié.
  • Attention : Le paramètre de Bishop est supposé constant, alors qu'il chute quand le sol sèche. Les 60 kPa de contrainte effective en surface sont donc une BORNE HAUTE, non une valeur : le profil réel s'infléchit dans sa partie haute.
  • Comparaison : Ce gradient ne dépend ni de la pression d'air ni de la position de la nappe : il ne fait intervenir que deux poids volumiques et le paramètre. Il est donc transposable tel quel à d'autres points ou d'autres sites de même nature.

Remarque pédagogique : Dériver une relation par rapport à une variable dont plusieurs termes dépendent fait apparaître des compensations invisibles sur la valeur elle-même. Ici, deux effets de sens contraires — le poids qui s'ajoute, la succion qui se retire — que seul le gradient met en évidence.

Contrainte effective si la nappe remonte au terrain naturel

Pourquoi fait-on ce calcul ? Parce que la NF P 94-261 demande une estimation prudente du niveau le plus défavorable vis-à-vis de l'état limite considéré, et non le niveau relevé au sondage.

Méthodologie du calcul :

Nappe au terrain naturel, le point d'analyse se trouve quatre mètres SOUS la surface libre : le sol y est saturé, la phase gazeuse a disparu et il n'existe plus qu'une pression interstitielle, devenue positive . La relation de Bishop cède la place à celle de Terzaghi, et la pression d'eau se retranche au lieu de s'ajouter.

  • Substitution : σ_v = 76,0 kPa ; u_w = +10 × 4 = +40,0 kPa, l'eau étant désormais en charge au point d'analyse.
  • Piège évité : Ne pas conserver la relation de Bishop avec un paramètre porté à un. Il n'y a plus de succion à pondérer : la troisième phase a disparu, et maintenir la formulation à deux termes reviendrait à faire figurer une pression d'air qui n'existe plus.
  • Hypothèse validée : Le poids volumique total est conservé à 19 kN/m³ alors qu'il augmenterait à la saturation. Avec 20 kN/m³, valeur plausible pour un limon argileux saturé, on obtiendrait 40,0 kPa au lieu de 36,0 : la conclusion ne change pas d'ordre.
  • Vérification croisée : Lecture par la pression équivalente de la question 3 : elle bascule de −32,00 à +40,00 kPa, soit 72,00 kPa de variation — exactement la perte de contrainte effective, 108,0 − 36,0 = 72,0 kPa. Les deux voies concordent.
  • Finalité : Ce chiffre ferme l'exercice : il dit ce que le résultat de la question 2 doit à une hypothèse hydraulique que personne n'avait formulée.
\[ \begin{aligned} \sigma'_v &= \sigma_v - u_w \\ &= 76{,}0 - 40{,}0 \\ &= \mathbf{36{,}0} \text{ kPa} \end{aligned} \]
Analyse intermédiaire du chiffre :

36,0 kPa contre 108,0 : la contrainte effective est divisée par 3,00 au même point, avec le même sol et la même charge. Rien n'a changé que le niveau de l'eau . Le retournement est double, ce qui explique son ampleur : la succion disparaît, et la pression d'eau change de signe pour se retrancher au lieu de s'ajouter. Cas intermédiaire, nappe remontée jusqu'au point d'analyse : 76,0 kPa, soit déjà 29,6% de perte.

  • Ordre de grandeur : Un facteur trois sur la contrainte effective est considérable : la portance et la rigidité en dépendent toutes deux. Aucune autre donnée de cet exercice n'a une telle emprise sur le résultat.
  • Impact sur la suite : Conclusion de projet : le dimensionnement doit être conduit avec le niveau d'eau le plus défavorable, non avec celui du jour de sondage. Sur cette fondation, la sanction d'une remontée serait un tassement différé, apparaissant des années après la réception.
  • Cohérence : La lecture par la pression équivalente retrouve exactement la perte, ce qui vérifie simultanément les deux états et le raisonnement de la question 3.
  • Attention : La NF P 94-261 précise que le niveau défavorable n'est pas le même selon la justification menée — bas pour la portance, haut pour les efforts de poussée. Un même projet peut donc exiger deux niveaux différents dans deux vérifications distinctes.
  • Comparaison : Les quatre niveaux de référence des annexes nationales de l'Eurocode 0 — EB quasi-permanent, EF fréquent, EH caractéristique de période de retour cinquantennale, EE exceptionnel indépassable — sont les valeurs à examiner. Aucun n'est le niveau relevé au sondage.

Remarque pédagogique : Une propriété se mesure, un état se choisit. Les pressions interstitielles sont un état : les traiter comme des données acquises revient à dimensionner un ouvrage pour le jour de sa reconnaissance.

RÉSULTAT FINAL
σ′ᵥ à nappe remontée = 36,0 kPa contre 108,0 — soit une division par 3,00, la nappe implicite étant à 9,00 m
« Le niveau d'eau n'est pas une mesure à recopier : c'est une donnée de projet, à choisir prudemment et du côté défavorable. »
UNE PRESSION D'EAU SE RAPPORTE TOUJOURS À UN NIVEAU Sous équilibre hydrostatique, la dépression mesurée est le poids de la colonne d'eau qui sépare le point de la surface libre. u_w = 0 0 m 2 m 4 m 6 m 8 m 10 m −50 kPa mesurés à 4 m nappe à 9,00 m jamais énoncée — entièrement déduite zw = z + |u_w|/γw = 4 + 50/10 = 9,00 m γw = 10 kN/m³, valeur normative [NF EN 1997-1/NA]. La valeur physique 9,81 donnerait 9,10 m — 10 cm d'écart. Mais ce niveau est celui d'un jour de sondage. La NF P 94-261 demande une estimation prudente du niveau le plus DÉFAVORABLE. Nappe remontée au terrain naturel, le même point est saturé sous +40 kPa et σ′ tombe à 36,0 kPa : divisée par 3,00. SYNTHÈSE — PROFIL DE CONTRAINTE EFFECTIVE ET POSITION DE LA NAPPE La nappe à 9,00 m n'est pas mesurée : c'est ce qu'implique la pression d'eau relevée un jour donné, sous équilibre hydrostatique. 0 50 100 150 200 0 2 4 6 8 10 12 σ′ (kPa) profondeur z (m) σ totale 19,00 kPa/m σ′(0) = 60,0 kPa sous charge nulle nappe 9,00 m σ′ = 108,0 kPa à z = 4 m · pente 12,00 kPa/m 36,0 kPa nappe au terrain naturel Au point d'analyse, z = 4 m σv = 76,0 kPa · s = 60,0 kPa · χ·s = 42,0 kPa Le niveau de nappe est un CHOIX NF P 94-261 § 1.3.1 : estimation prudente du niveau le plus défavorable pour l'état limite visé. nappe 9,00 m : σ′ = 108,0 kPa nappe au terrain naturel : σ′ = 36,0 kPa σ′ divisé par 3,00 lecture par la pression équivalente : ū bascule de -32,0 à +40,0 kPa, soit 72,0 kPa — exactement la perte de contrainte effective. σ′ = σ − ū avec ū = (1−χ)·ua + χ·uw = -32,00 kPa : Bishop redevient Terzaghi, à pression interstitielle équivalente. Le gradient de contrainte effective vaut γ − χγw = 12,00 kPa/m contre 19,00 pour la contrainte totale : la succion en mange 36,8 %. χ y est supposé CONSTANT sur toute la hauteur, alors qu'il chute quand le sol sèche : le profil tracé est une borne haute près de la surface.
SYNTHÈSE DU BUREAU D'ÉTUDES

BILAN FINAL DE LA MISSION

Rapport de Fin de Mission — Contrainte effective d'un limon argileux non saturé à 4 m

Checklist d'Auto-Évaluation

Avant de clore cet exercice, vérifiez que vous avez bien assimilé la démarche globale de conception :

La contrainte totale verticale au niveau d'assise vaut 76,0 kPa et la succion matricielle 60,0 kPa, soit six mètres de colonne d'eau. Pondérée par le paramètre de Bishop, cette succion apporte 42,0 kPa au squelette — les 18 kPa restants s'appliquant sur des contacts air-grain où aucun ménisque ne transmet l'effort. La contrainte effective de Bishop s'établit ainsi à 108,0 kPa, soit 32 kPa de PLUS que la contrainte totale : le squelette supporte davantage que la charge des terres, ce qui serait impossible sur un sol saturé et se comprend ici sans difficulté, l'eau en dépression tirant les grains les uns vers les autres. La formule de Terzaghi appliquée à tort donnerait 126 kPa, soit 16,7% de surestimation, en négligeant à la fois la pression d'air et la pondération de la succion — deux omissions qui vont dans le même sens. Réécrite en regroupant ses termes, la relation de Bishop devient une simple soustraction : la contrainte totale diminuée d'une pression interstitielle équivalente de −32,00 kPa, moyenne des deux pressions pondérée par le paramètre. Cette écriture, que la source évoque sans jamais la poser, livre gratuitement deux enseignements : le signe négatif de cette pression est exactement ce qui fait dépasser la contrainte totale, et ses coefficients sont les sensibilités — la pression d'eau pèse 2,333 fois plus que celle de l'air, de sorte que l'effort métrologique doit se porter sur le tensiomètre.

Deux réserves accompagnent ces résultats. Annoncer que la succion apporte « plus de 60% » n'est une information que si le dénominateur est dit : les mêmes 42,0 kPa valent 63,64% de la contrainte nette, 55,26% de la contrainte totale et 38,89% de la contrainte effective. Surtout, la nappe à 9,00 m n'est pas une donnée de projet mais l'état d'un jour de sondage : remontée au terrain naturel, la contrainte effective tombe à 36,0 kPa, divisée par trois. Une propriété se mesure, un état se choisit — et les pressions interstitielles sont un état.

Contrainte effective de Bishop et profondeur de nappe implicite
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