Analyse d'un système fermé en compression polytropique
Banc de qualification d'une chemise de cylindre refroidie : vérification de la pression et de la température atteintes en fin de compression, de la puissance de commande et de la chaleur que la chemise doit évacuer.
La chemise de refroidissement du cylindre d'essai doit être qualifiée avant lancement de la série. L'essai du 26 juin a enfermé 0,500 kg d'air sec dans le cylindre à 100,0 kPa absolus, puis l'a comprimé de 0,400 m³ à 0,100 m³ en 60 s sous l'action du vérin hydraulique. Le tracé pression-volume relevé pendant l'essai donne un indice polytropique de 1,300. Aucune sonde de température n'équipait le volume d'air : les températures doivent être établies par le calcul.
Le dossier de qualification part au service qualité le 10 juillet, et la commande des chemises de série suit immédiatement. Quatre points en dépendent : la pression maximale atteinte dans le cylindre, la température que voient les joints du piston, la puissance appelée au groupe hydraulique, et la puissance que la chemise doit réellement évacuer.
R. D., responsable du bureau des essais
- 01 Cylindre d'essai — alésage ∅ 800 mm, pression maximale admissible 700 kPa
- 02 Piston et joints — limite d'emploi des joints 160 °C
- 03 Chemise de refroidissement à eau — espace annulaire, entrée d'eau à 15 °C
- 04 Vérin hydraulique de commande et son groupe — puissance nominale 1,50 kW
- 05 Capteurs de pression et de position — tracé pression-volume de l'essai
Le schéma fixe la géométrie du cylindre, la position de la chemise autour du volume d'air et l'emplacement des deux capteurs. Il ne dit pas la position du piston en fin de course, ni la température de l'air : ce sont précisément les grandeurs que la note doit établir.
Ordre de grandeur : 400 litres d'air enfermés, soit le volume d'une grande armoire — ramenés au quart en une minute par un piston de 80 cm de diamètre.
Le dossier réunit le procès-verbal de l'essai du 26 juin, l'extrait de la fiche technique du banc et la composition de l'air sec dont se déduisent les deux constantes du fluide. Les grandeurs, symboles et unités employés sont ceux de la NF EN ISO 80000-5 ; les températures sont exprimées sur l'échelle internationale de température ITS-90, et la constante molaire des gaz découle des valeurs fixées du SI.
« Essai du 26 juin 2026, cylindre d'essai seul, vannes d'admission et de purge fermées pendant toute la compression. Masse d'air enfermée déterminée par double pesée du cylindre, avant et après remplissage : 0,500 kg, air séché sur silicagel. Pression initiale au manomètre absolu étalonné : 100,0 kPa. Volume initial 0,400 m³, volume final 0,100 m³, lus au capteur de position. Durée de la compression : 60 s, à vitesse de piston constante. L'ajustement du tracé pression-volume en coordonnées logarithmiques donne une droite de pente 1,300, coefficient de détermination 0,998 : la transformation est polytropique d'indice \( n = 1{,}300 \) sur toute la course. »
Origine : bureau des essais · 26 juin 2026 · PV nº B-26-0188.
« Cylindre d'essai, alésage 800 mm. Pression maximale admissible 700 kPa en valeur absolue, portée sur la plaque du constructeur. Joints de piston en élastomère fluoré, limite d'emploi 160 °C en service continu. Groupe hydraulique de commande : 1,50 kW. Chemise de refroidissement à eau : capacité 0,400 kW pour une eau entrant à 15 °C. »
Origine : constructeur du banc · 14 mars 2024 · fiche FT-BE-800.
Composition molaire de l'air sec et masses molaires des constituants
| Constituant | Fraction molaire |
|---|---|
| Diazote N₂ — diatomique, \( M \) = 28,0 g·mol⁻¹ | 0,78 |
| Dioxygène O₂ — diatomique, \( M \) = 32,0 g·mol⁻¹ | 0,21 |
| Argon Ar — monoatomique, \( M \) = 39,9 g·mol⁻¹ | 0,01 |
Ligne retenue : le mélange dans son ensemble, l'air du banc étant séché mais non séparé. Sa masse molaire vaut \( M = 0{,}78 \times 28{,}0 + 0{,}21 \times 32{,}0 + 0{,}01 \times 39{,}9 = 29{,}0 \) g·mol⁻¹, d'où la constante massique \( R = R_m/M = 8{,}314/29{,}0 = 0{,}287 \) kJ·kg⁻¹·K⁻¹. Le mélange étant diatomique à 99 %, cinq degrés de liberté y sont actifs, ce qui donne \( c_v = \tfrac{5}{2}R = 0{,}718 \) et \( c_p = \tfrac{7}{2}R = 1{,}005 \) kJ·kg⁻¹·K⁻¹. Domaine dans lequel ces valeurs se lisent : les cinq degrés de liberté supposent la rotation des molécules pleinement active et leur vibration encore gelée, ce qui vaut de la température ambiante à environ 600 K. Au-delà, la vibration se peuple et \( c_v \) croît vers \( \tfrac{7}{2}R \). La note vérifiera que les deux températures de l'essai restent dans cette plage. Ces valeurs supposent en outre l'air sec : l'humidité abaisse la masse molaire du mélange et relève \( R \). La table porte enfin les coordonnées critiques des deux constituants majoritaires, qui servent à contrôler que le modèle du gaz parfait s'applique : 126,2 K et 3,39 MPa pour le diazote, 154,8 K et 5,08 MPa pour le dioxygène.
ÉTAT INITIAL, TRANSFORMATION ET PROPRIÉTÉS DU FLUIDE
| Symbole | Description | Valeur | Unité | Condition de validité |
|---|---|---|---|---|
| \( m \) | Masse d'air enfermée dans le cylindre Pièce nº1 — 26/06/2026 | 0,500 | kg | Double pesée, vannes fermées : le système est fermé, la masse est constante sur toute la transformation |
| \( P_1 \) | Pression initiale Pièce nº1 — 26/06/2026 | 100,0 | kPa | Valeur absolue, manomètre absolu étalonné — aucune addition de la pression atmosphérique |
| \( V_1 \) | Volume initial occupé par l'air Pièce nº1 — 26/06/2026 | 0,400 | m³ | Donnée d'essai — sans condition |
| \( V_2 \) | Volume final occupé par l'air Pièce nº1 — 26/06/2026 | 0,100 | m³ | Donnée d'essai — sans condition |
| \( n \) | Indice polytropique de la transformation Pièce nº1 — 26/06/2026 | 1,300 | — | Mesuré sur ce banc, chemise en service ; constant sur la course (ajustement à 0,998). À ne pas confondre avec \( \gamma = 1{,}400 \), qui ne vaudrait que sans échange de chaleur |
| \( c_v \) | Capacité thermique massique à volume constant de l'air Pièce nº3 — table de référence | 0,718 | kJ·kg⁻¹·K⁻¹ | Air sec assimilé à un gaz diatomique, \( c_v = \tfrac{5}{2}R \) : rotation active et vibration gelée, soit de l'ambiante à environ 600 K. À vérifier contre \( T_1 \) et \( T_2 \) |
| \( R \) | Constante massique de l'air BIPM — brochure du SI, 9ᵉ éd. Pièce nº3 — table de référence | 0,287 | kJ·kg⁻¹·K⁻¹ | \( R = R_m/M \) avec \( M = 29{,}0 \) g·mol⁻¹ pour de l'air sec à 78 % N₂, 21 % O₂, 1 % Ar. Change avec l'humidité |
| \( \Delta t \) | Durée de la compression Pièce nº1 — 26/06/2026 | 60 | s | Vitesse de piston constante ; c'est cette lenteur qui rend la transformation quasi statique et permet l'échange thermique par la chemise |
LIMITES DU MATÉRIEL À RESPECTER
| Symbole | Description | Valeur | Unité | Condition de validité |
|---|---|---|---|---|
| \( P_{\text{max}} \) | Pression maximale admissible du cylindre Pièce nº2 — plaque constructeur | 700 | kPa | Valeur absolue, à température d'emploi ≤ 200 °C selon la plaque |
| \( \theta_{\text{j}} \) | Limite d'emploi des joints de piston Pièce nº2 — fiche matière | 160 | °C | Élastomère fluoré, service continu ; des pointes plus élevées sont admises en service intermittent, régime non applicable ici |
| \( P_{\text{gr}} \) | Puissance nominale du groupe hydraulique Pièce nº2 — 14/03/2024 | 1,50 | kW | La puissance calculée est celle reçue par le gaz ; la marge doit couvrir les frottements du piston, non mesurés |
| \( P_{\text{ch}} \) | Capacité de la chemise de refroidissement Pièce nº2 — 14/03/2024 | 0,400 | kW | Pour une eau entrant à 15 °C ; capacité dégradée si l'eau entre plus chaude |
Ce que le dossier ne dit pas
- L'humidité résiduelle de l'air après séchage n'est pas relevée : \( R = 0{,}287 \) kJ·kg⁻¹·K⁻¹ vaut pour de l'air sec, et l'hypothèse doit figurer dans la note.
- Les frottements du piston sur le cylindre ne sont pas mesurés : le travail calculé est celui reçu par le gaz, non l'effort développé par le vérin, qui lui est supérieur.
- La température de l'eau de refroidissement pendant l'essai n'est pas consignée, alors que la capacité de 0,400 kW de la chemise est annoncée pour une eau entrant à 15 °C.
Ce que coûte une erreur
- Employer l'exposant de l'adiabatique, 1,400, au lieu de l'indice mesuré 1,300 surestime la pression finale de 14,9 % et le travail de 43,7 % : la chemise serait déclarée insuffisante et l'on relancerait une campagne d'essais de plusieurs semaines pour un défaut qui n'existe pas.
- Sous-estimer la température finale conduit à valider des joints qui travaillent au-delà de leur limite d'emploi : la fuite n'apparaît qu'après la qualification, sur toute la série lancée, et le remplacement se fait alors machine par machine chez les clients.
4. Ce qui doit sortir de votre bureau
Les quatre questions suivent l'ordre de la qualification : on établit d'abord l'état mécanique atteint en fin de course, on en déduit l'état thermique que voient les joints, puis on chiffre les deux flux d'énergie qui commandent le groupe hydraulique et la chemise.
Question 1 : Pression atteinte en fin de compression
Le service qualité · pour confronter la pression atteinte à la plaque du cylindre · avant le dossier du 10 juillet
Ce que vous rendez : une valeur en kilopascals absolus, à porter au procès-verbal de qualification, avec la mention « dans la plage » ou « hors plage ».
Sur quoi s'appuyer
Le procès-verbal ne donne pas seulement deux volumes : il donne surtout la loi que suit la transformation entre eux. C'est elle, et non l'équation d'état, qui relie les deux états.
La piste que donnerait votre chef de projet
Le volume est divisé par quatre. Attendez-vous à un rapport de pressions supérieur à quatre, puisque l'exposant dépasse l'unité — mais inférieur à ce que donnerait une compression sans refroidissement.
Question 2 : Températures initiale et finale de l'air
Le service qualité · pour vérifier la limite d'emploi des joints de piston · avant le dossier du 10 juillet
Ce que vous rendez : deux températures en kelvins et en degrés Celsius, et un avis explicite sur la tenue des joints.
Sur quoi s'appuyer
Aucune sonde n'équipait le volume d'air, mais la pression, le volume et la masse sont connus aux deux états. Une équation relie ces trois grandeurs à la température.
La piste que donnerait votre chef de projet
La constante fournie est massique, non molaire : l'équation d'état s'écrit alors avec la masse. Un second chemin, indépendant de la pression, permet de contrôler la température finale.
Question 3 : Travail reçu par l'air et puissance mécanique
Le service maintenance · pour vérifier que le groupe hydraulique existant suffit · avant le dossier du 10 juillet
Ce que vous rendez : une énergie en kilojoules et une puissance en kilowatts, avec la marge disponible en pourcentage.
Sur quoi s'appuyer
Le travail des forces de pression est l'aire comprise sous la courbe de la transformation dans le plan pression-volume. Cette aire s'intègre une fois pour toutes, et le résultat ne fait intervenir que les deux états extrêmes et l'indice.
La piste que donnerait votre chef de projet
Des kilopascals multipliés par des mètres cubes donnent directement des kilojoules. Contrôlez votre résultat par une seconde écriture de la même formule, faisant intervenir l'écart de température.
Question 4 : Bilan du premier principe et charge de la chemise
Le service qualité · pour conclure la qualification de la chemise · dossier du 10 juillet
Ce que vous rendez : l'avis de qualification de la chemise, exploitable tel quel par le service qualité, avec ses réserves.
Sur quoi s'appuyer
L'énergie ne se perd pas : ce qui est entré sous forme de travail se retrouve soit stocké dans le gaz, soit sorti par la paroi. Deux des trois termes du bilan sont désormais connus.
La piste que donnerait votre chef de projet
Attendez-vous à un stockage inférieur à l'apport : c'est la présence de la chemise qui l'impose. Un second chemin, par une capacité thermique propre à la transformation polytropique, permet de contrôler le résultat.
Analyse d'un système fermé en compression polytropique
Objet : pression absolue atteinte par l'air enfermé en fin de course du piston, et confrontation à la pression maximale admissible du cylindre d'essai.
- \( P_1 \) = 100,0 kPa absolus, \( V_1 \) = 0,400 m³, \( V_2 \) = 0,100 m³ — pièce nº1
- Indice polytropique mesuré \( n \) = 1,300 — pièce nº1
- Pression maximale admissible \( P_{\text{max}} \) = 700 kPa — pièce nº2
Voir le résultat seul (auto-évaluation)
Le mécanisme physique est double, et c'est ce qui fait la difficulté : en réduisant le volume offert aux molécules, on augmente la fréquence de leurs chocs sur les parois, donc la pression ; mais le travail dépensé pour cela les échauffe aussi, ce qui augmente la pression une seconde fois — sauf que la chemise en retire une part, qui n'est ni nulle ni totale. Le modèle retenu est la loi polytropique, la seule qui décrive un échange thermique partiel : son indice n'est pas choisi mais mesuré sur le tracé de l'essai, ce qui le rend propre à ce banc et à ce débit d'eau.
Trois exposants circulent dans ce dossier : 1, puis 1,300 relevé au procès-verbal, puis 1,400 qui est le coefficient isentropique de l'air. Lequel entre dans le calcul de la pression finale, sachant que le procès-verbal précise « à vitesse de piston constante » sur 60 s ?
- 1,400, parce que c'est le coefficient de l'air
- 1,300, parce que c'est ce que le tracé de l'essai a donné
- 1, parce qu'une compression aussi lente laisse le temps à la température de s'égaliser
Ce qu'a retenu le bureau, et pourquoi
L'option 2. La donnée qui tranche est l'ajustement du tracé à 0,998 : l'indice n'est pas une propriété du gaz que l'on irait chercher dans une table, c'est une caractéristique de la transformation telle qu'elle s'est produite sur ce banc, chemise en service. L'option 1 décrirait une compression sans aucun échange de chaleur — elle donnerait 696,4 kPa, soit +14,9 %. L'option 3 confond deux notions distinctes : la lenteur rend la transformation quasi statique, c'est-à-dire assez lente pour que le gaz reste à l'équilibre interne à chaque instant, mais elle ne la rend pas isotherme, ce qui exigerait que la chemise évacue toute la chaleur au fur et à mesure. Elle donnerait 400,0 kPa, soit −34,0 %.
Entre les deux cas d'école — la transformation isotherme, où le gaz reste à température constante parce qu'il échange librement avec l'extérieur, et la transformation isentropique, où il n'échange rien — se trouve tout le domaine des transformations réelles. La loi polytropique est ce qui les décrit d'une seule écriture.
- Le système est fermé : la masse d'air ne varie pas pendant la compression or ici le procès-verbal précise que les vannes d'admission et de purge sont restées fermées pendant toute la course, et la masse de 0,500 kg a été établie par double pesée avant l'essai garantie par la pièce nº1
- La transformation est quasi statique : le gaz reste à l'équilibre interne à chaque instant or ici la course du piston vaut 0,597 m parcourus en 60 s, soit une vitesse de 9,95 mm·s⁻¹ ; rapportée à la vitesse du son dans l'air, de l'ordre de 340 m·s⁻¹, elle représente 3 × 10⁻⁵ — les inégalités de pression s'effacent infiniment plus vite qu'elles ne se créent cinq ordres de grandeur d'écart, calculés ci-contre
- L'indice polytropique reste constant sur toute la course or ici l'ajustement du tracé en coordonnées logarithmiques donne un coefficient de détermination de 0,998 : les points relevés s'alignent sur une droite unique, ce qui est exactement la signature d'un indice constant garantie par la pièce nº1
Domaine d'emploi : cette relation cesse de s'appliquer dès que l'indice varie au cours de la course — ce qui se produit si le débit d'eau de la chemise change en cours d'essai, ou si la vitesse du piston n'est pas constante. Le tracé n'est alors plus une droite en coordonnées logarithmiques, et il faut découper la course en tronçons, chacun avec son propre indice.
D'où elle découle : elle est la définition même de la famille, et non un résultat démontré. Ce qui se démontre, c'est qu'elle contient l'isotherme et l'isentropique comme cas particuliers : en écrivant le premier principe pour une transformation où la capacité thermique du gaz garde une valeur constante \( c_n \), on retrouve exactement \( P\,V^{n} = \) constante, avec un indice lié à cette capacité.
- \( P_1, P_2 \) : pressions absolues aux états initial et final, en kPa ou dans toute unité, pourvu que ce soit la même aux deux états
- \( V_1, V_2 \) : volumes occupés par la masse d'air aux deux états, en m³ — même remarque sur l'unité
- \( n \) : indice polytropique de la transformation, sans unité — propriété de la transformation, non du gaz
Application numérique
- \( P_1 = 100{,}0 \text{ kPa} \) pièce nº1 — pression absolue, conservée en kPa
- \( V_1 = 0{,}400 \text{ m}^3 \ ; \ V_2 = 0{,}100 \text{ m}^3 \) pièce nº1 — seul leur rapport intervient
- \( n = 1{,}300 \) pièce nº1 — indice mesuré sur le tracé de l'essai, chemise en service
Ce rapport est sans dimension, les deux volumes étant exprimés dans la même unité : c'est ce qui permettra de conserver la pression en kilopascals sans conversion. Un rapport de 4 est modeste au regard d'un moteur — un Diesel travaille entre 14 et 25 — mais il suffit ici à porter la pression au-delà de six fois sa valeur initiale.
La pression est multipliée par 6,06 alors que le volume n'est divisé que par 4 : l'écart entre ces deux facteurs est la signature de l'échauffement du gaz. Le contrôle d'encadrement se fait de tête et doit être fait : une compression isotherme du même rapport donnerait exactement 400 kPa, une compression sans aucun refroidissement 696,4 kPa. Le résultat tombe entre les deux, plus près de la seconde — ce qui est cohérent avec un indice de 1,300, lui-même plus proche de 1,400 que de 1.
Les trois courbes partent du même état 1 et se séparent d'autant plus que le volume diminue. Le tracé bleu est celui de l'essai ; les deux autres bornent le domaine du possible pour cette compression, et la position de l'état 2 entre eux mesure l'efficacité réelle de la chemise. Le trait mixte rouge porte la pression maximale admissible du cylindre.
Plaque du constructeur — pièce nº2
| Forme | Ce qui est donné | Ce qui est cherché | Ce qui change dans la démarche |
|---|---|---|---|
| Directe | L'état initial, le volume final et l'indice | La pression finale | Aucun changement — c'est le cas traité ci-dessus. |
| Inverse | La pression maximale admissible, à l'égalité | Le volume final minimal, donc la course maximale du piston | Même relation, mêmes hypothèses ; on isole \( V_2 \), ce qui fait passer l'exposant de \( n \) à \( 1/n \). Traitée juste en dessous. |
| Condition modifiée | Le tracé de l'essai au lieu de l'indice | La même pression finale | L'étape qui s'ajoute est la détermination de \( n \) : on porte \( \ln P \) en fonction de \( \ln V \), la pente changée de signe donne l'indice. Le reste de la démarche est intact. |
| Données incomplètes | Ni l'indice, ni le tracé — seulement « compression rapide dans un cylindre calorifugé » | La même pression finale | On pose \( n = \gamma \), déduit de la structure moléculaire du gaz — en déclarant que l'on suppose l'échange thermique nul, jamais en silence. |
Ce qui ne change jamais : dans les quatre formes, la transformation est décrite par la conservation du produit \( P\,V^{n} \), et seule l'inconnue se déplace. Nommer cet invariant est ce qui permet de reconnaître la question, qu'elle parle d'un cylindre d'essai, d'un compresseur d'atelier, d'une pompe à vélo ou du gonflage d'un amortisseur.
La forme inverse, traitéeÉnoncé : on impose la pression finale juste égale aux 700 kPa de la plaque. Jusqu'à quel volume le piston peut-il alors comprimer l'air, à indice inchangé ? Traitez-la avant d'ouvrir : c'est la variante d'examen la plus fréquente, et celle qui piège le plus, parce qu'elle demande d'isoler une autre variable dans la même relation.
Voir la résolution de la forme inverse
Ce que la forme inverse change : l'exposant s'inverse et passe de 1,300 à 0,769, et surtout le sens de l'inégalité se retourne : plafonner la pression revient à imposer un volume final minimal, non maximal, puisque comprimer davantage ferait monter la pression. C'est là que se perdent les points. Le résultat éclaire le verdict : l'essai s'arrête à 0,100 m³ alors que le cylindre en tolérerait 0,0895, soit 20,8 mm de course supplémentaire sur les 597 mm parcourus. La marge existe, mais elle est faible en course.
Les deux erreurs ci-dessous portent l'une sur la valeur de l'exposant, l'autre sur le sens du rapport. Aucune n'est détectable par une analyse d'unités, les trois grandeurs en jeu étant homogènes ou sans dimension.
Trois questions, à traiter de tête et avant de cocher. Un corrigé limpide se lit d'un trait et donne l'illusion de savoir refaire : ces trois-là sont le seul moyen de le vérifier. Les trois jetons s'allument, et le feuillet reçoit son tampon.
Le feuillet conclut que \( P_2 = 606{,}3 \) kPa reste sous les 700 kPa de la plaque, à 86,6 %. Qu'est-ce que cela permet d'engager dès maintenant, et qu'est-ce que cela n'autorise pas encore ?
Si le débit d'eau de la chemise était doublé et que l'indice mesuré tombait à 1,200, tout le reste étant inchangé, que devient \( P_2 \) ?
Lequel de ces trois énoncés relève de la méthode ci-dessus ? Décidez avant de cocher. En examen, l'échec vient rarement du calcul : il vient de ne pas avoir reconnu de quelle question il s'agissait.
Objet : températures de l'air enfermé aux états initial et final, et confrontation de la température finale à la limite d'emploi des joints de piston.
- \( P_2 \) = 606,3 kPa — feuillet 1
- \( m \) = 0,500 kg, \( P_1 \) = 100,0 kPa, \( V_1 \) = 0,400 m³, \( V_2 \) = 0,100 m³ — pièce nº1
- \( R \) = 0,287 kJ·kg⁻¹·K⁻¹ — pièce nº3 ; \( \theta_j \) = 160 °C — pièce nº2
Voir le résultat seul (auto-évaluation)
Le mécanisme physique est que la température d'un gaz mesure l'énergie d'agitation de ses molécules, et que cette agitation se manifeste à l'échelle de la machine par le produit de la pression et du volume : à masse donnée, un gaz chaud pousse plus fort sur un volume plus grand. Le modèle retenu est l'équation d'état des gaz parfaits sous sa forme massique, parce que le dossier fournit une masse et une constante massique, non une quantité de matière et la constante molaire — la forme de l'équation suit la forme des données.
Deux chemins mènent à la température finale, et ils sont tous deux exacts. Lequel un bureau d'études écrit-il dans sa note, et lequel garde-t-il pour contrôler ?
- L'équation d'état appliquée à l'état 2, avec la pression calculée au feuillet précédent
- La relation polytropique en température et volume, qui n'utilise que des données d'essai
- Les deux, l'un servant de contrôle à l'autre
Ce qu'a retenu le bureau, et pourquoi
L'option 3, et c'est une règle de méthode plus qu'un choix de calcul. Les deux chemins sont physiquement indépendants : le premier passe par la pression, le second par le seul rapport des volumes et l'indice. Ils ne peuvent tomber sur la même valeur que si \( P_2 \), l'équation d'état et la loi polytropique sont simultanément justes. Sur un feuillet dont le résultat décide de la tenue d'un joint, cette redondance ne coûte que deux lignes. La donnée qui rend le contrôle possible est la présence de l'indice au procès-verbal : sans lui, le second chemin n'existerait pas. L'écart entre les deux chemins sera ici inférieur à 0,01 K ; tout écart supérieur à quelques dixièmes signalerait une erreur, non un arrondi.
- L'air se comporte comme un gaz parfait aux deux états or ici les deux constituants majoritaires ont pour coordonnées critiques 126,2 K et 3,39 MPa pour le diazote, 154,8 K et 5,08 MPa pour le dioxygène. À l'état le plus défavorable, l'état initial, la température réduite du dioxygène vaut \( 278{,}75/154{,}8 = 1{,}80 \) et sa pression réduite \( 0{,}100/5{,}08 = 0{,}020 \) : on reste très au-dessus de la température critique et à 2 % de la pression critique, où l'écart à l'idéalité est inférieur à 1 % garantie par les coordonnées critiques des constituants, pièce nº3
- L'air est sec, donc sa constante massique vaut 0,287 kJ·kg⁻¹·K⁻¹ le procès-verbal indique un séchage sur silicagel mais ne donne pas l'humidité résiduelle ; de l'air saturé à 20 °C abaisserait la masse molaire du mélange d'environ 1 %, donc relèverait \( R \) et les deux températures d'autant posée par vous — elle figure dans la note
- La température est uniforme dans tout le volume d'air à chaque instant or ici la transformation est quasi statique, la vitesse de piston valant 9,95 mm·s⁻¹ ; la température calculée est donc une température d'équilibre, et non une moyenne entre un cœur chaud et une couche froide contre la chemise posée par vous — elle figure dans la note
Domaine d'emploi : l'hypothèse d'uniformité est celle qui cède la première. Contre la paroi refroidie il existe en réalité une couche limite plus froide que le cœur du gaz, et c'est le cœur qui commande la pression tandis que ce sont les surfaces qui commandent la température vue par les joints. Tant que la transformation reste lente, l'écart demeure faible ; sur une machine rapide, il faudrait mesurer la température de paroi au lieu de la calculer.
D'où elle découle : de la forme molaire \( P\,V = n_{\text{mol}}\,R_m\,T \), dans laquelle on remplace la quantité de matière par le quotient de la masse et de la masse molaire. Le groupement \( R_m/M \) devient alors une constante propre au gaz considéré, appelée constante massique, et l'équation ne fait plus intervenir que des grandeurs directement pesables.
- \( P \) : pression absolue du gaz, en kPa
- \( V \) : volume occupé, en m³
- \( m \) : masse de gaz enfermée, en kg — constante ici, le système étant fermé
- \( R \) : constante massique du gaz, en kJ·kg⁻¹·K⁻¹ — propre à l'air, à ne pas confondre avec la constante molaire universelle
- \( T \) : température thermodynamique, en K
D'où elle découle : de la loi \( P\,V^{n} = \) constante combinée à l'équation d'état, en éliminant la pression entre les deux. Elle donne accès à la température finale sans passer par la pression, ce qui en fait un chemin indépendant et donc un contrôle véritable.
- \( T_1, T_2 \) : températures thermodynamiques aux deux états, en K — la relation est fausse avec des degrés Celsius
- \( V_1/V_2 \) : rapport de compression volumétrique, sans unité
- \( n-1 \) : exposant, sans unité — vaut 0,300 ici, à ne pas confondre avec l'indice lui-même
Application numérique
- \( m = 0{,}500 \text{ kg} \ ; \ R = 0{,}287 \text{ kJ·kg}^{-1}\text{·K}^{-1} \) pièce nº1 et pièce nº3 — constante massique de l'air sec
- \( P_1 = 100{,}0 \text{ kPa} \ ; \ V_1 = 0{,}400 \text{ m}^3 \) pièce nº1 — état initial
- \( P_2 = 606{,}3 \text{ kPa} \ ; \ V_2 = 0{,}100 \text{ m}^3 \) calculée à la question 1, et pièce nº1
- \( n - 1 = 0{,}300 \) déduit de l'indice mesuré, pour le contrôle croisé
Ce groupement intervient aux deux états et se calcule donc une seule fois. Son unité, le kilojoule par kelvin, annonce déjà la suite : divisée par elle, une énergie exprimée en kilojoules donnera directement des kelvins. C'est aussi la capacité thermique qu'aurait cette masse d'air si sa capacité massique valait \( R \), ce qui n'est le cas d'aucune transformation réelle mais fournit un repère.
Soit 5,60 °C. Le chiffre est plausible et il mérite d'être regardé : l'air enfermé était plus froid que l'ambiance d'un atelier, ce qui s'explique par le passage sur silicagel et par le remplissage lui-même. Le contrôle d'unités tombe juste : des kilopascals multipliés par des mètres cubes donnent des kilojoules, divisés par des kilojoules par kelvin ils donnent des kelvins. Une température qui sortirait en dehors de la fourchette 250–320 K pour de l'air d'atelier signalerait une erreur d'unité, non un fait physique.
La température absolue est multipliée par 1,516 alors que le volume est divisé par 4 : l'échauffement est réel mais bien plus modéré que ne le serait celui d'une compression sans refroidissement, qui porterait l'air à 485,3 K. La chemise a donc retiré, en température, l'équivalent de 62,8 K sur les 206,6 K qu'aurait produits une compression sans échange.
Les deux chemins tombent sur la même valeur. Ce n'est pas une redondance décorative : le premier a mobilisé la pression calculée au feuillet précédent, le second n'a utilisé que le rapport des volumes et l'indice, tous deux relevés à l'essai. Leur accord valide donc simultanément \( P_2 \), l'équation d'état et la loi polytropique. Un écart de quelques kelvins entre les deux aurait révélé une faute dans l'un des trois.
Cette conversion n'intervient qu'après tous les calculs, et pour une seule raison : la fiche matière des joints est écrite en degrés Celsius. Toutes les relations de ce feuillet exigent la température absolue, et les employer avec des degrés Celsius donnerait des résultats qui dépendraient de l'échelle choisie — ce qu'aucune grandeur physique ne peut faire.
Fiche matière des joints — pièce nº2
| Forme | Ce qui est donné | Ce qui est cherché | Ce qui change dans la démarche |
|---|---|---|---|
| Directe | Pression, volume et masse aux deux états | Les deux températures | Aucun changement — c'est le cas traité ci-dessus. |
| Inverse | La température admissible par les joints, à l'égalité | L'indice polytropique maximal, donc le refroidissement minimal exigé | Même relation, mêmes hypothèses ; on isole \( n \), ce qui fait apparaître un logarithme puisque l'inconnue était en exposant. Traitée juste en dessous. |
| Condition modifiée | Une quantité de matière au lieu d'une masse | Les mêmes températures | L'équation reprend sa forme molaire \( PV = n_{\text{mol}}R_mT \), avec la constante universelle. Le reste de la démarche est intact, mais les deux constantes ne s'échangent pas : elles diffèrent d'un facteur égal à la masse molaire. |
| Données incomplètes | La masse n'est pas fournie | La seule température finale | On abandonne l'équation d'état pour la relation polytropique en température et volume, qui n'a besoin ni de la masse ni de la constante — à condition de disposer de la température initiale, qu'il faut alors mesurer ou déclarer. |
Ce qui ne change jamais : la température d'un gaz parfait est entièrement déterminée par les trois autres grandeurs d'état, et elle doit toujours être exprimée sur l'échelle absolue. Ce qui se déplace d'une forme à l'autre, c'est la relation employée pour l'atteindre, jamais cette double exigence. C'est cet invariant qui permet de reconnaître la question devant une bouteille, un cylindre, un ballon ou une conduite.
La forme inverse, traitéeÉnoncé : on impose la température finale juste égale aux 160 °C des joints. Quel indice polytropique maximal cela autorise-t-il, et que faudrait-il en conclure sur le refroidissement ? Traitez-la avant d'ouvrir : c'est la variante d'examen la plus fréquente, et celle qui piège le plus, parce qu'elle demande d'isoler une autre variable dans la même relation.
Voir la résolution de la forme inverse
Ce que la forme inverse change : l'inconnue était en exposant, elle en sort par un logarithme — c'est le geste que la forme directe ne demandait pas, et c'est là que se perdent les points. Le sens de l'inégalité se conserve : plafonner la température plafonne l'indice. Le résultat éclaire tout le dossier : l'essai a donné 1,300 pour un maximum admissible de 1,318, soit une marge de 0,018 seulement en indice. Autrement dit, une dégradation même légère du refroidissement — un filtre encrassé, une eau d'entrée plus chaude en été — ferait franchir la limite des joints. C'est une réserve à porter au dossier de qualification, alors même que le critère est vérifié.
Les deux erreurs ci-dessous portent sur le dénominateur de la même expression. Toutes deux produisent des températures absurdes, ce qui en fait des erreurs faciles à détecter — à condition de regarder le résultat au lieu de le recopier.
Trois questions, à traiter de tête et avant de cocher. Un corrigé limpide se lit d'un trait et donne l'illusion de savoir refaire : ces trois-là sont le seul moyen de le vérifier. Les trois jetons s'allument, et le feuillet reçoit son tampon.
Le feuillet conclut que \( \theta_2 = 149{,}4 \) °C reste sous les 160 °C des joints, à 97,5 %. Qu'est-ce que cela permet d'engager dès maintenant, et qu'est-ce que cela n'autorise pas encore ?
Si l'air était admis à 20,0 °C au lieu de 5,60 °C — un atelier plus chaud en été —, tout le reste étant inchangé, que devient \( \theta_2 \), et le critère est-il encore respecté ?
Lequel de ces trois énoncés relève de la méthode ci-dessus ? Décidez avant de cocher. En examen, l'échec vient rarement du calcul : il vient de ne pas avoir reconnu de quelle question il s'agissait.
Objet : travail des forces de pression reçu par l'air sur toute la course du piston, puissance mécanique moyenne, et confrontation à la puissance du groupe hydraulique.
- \( P_2 \) = 606,3 kPa — feuillet 1
- \( T_1 \) = 278,75 K et \( T_2 \) = 422,50 K, soit \( T_2 - T_1 \) = 143,75 K — feuillet 2
- \( m\,R \) = 0,1435 kJ·K⁻¹ — feuillet 2 ; \( n \) = 1,300 et \( \Delta t \) = 60 s — pièce nº1
- Puissance du groupe \( P_{\text{gr}} \) = 1,50 kW — pièce nº2
Voir le résultat seul (auto-évaluation)
Le mécanisme physique est celui d'une force qui travaille sur une distance : le piston pousse sur l'air avec une force égale au produit de la pression par sa section, et cette force s'exerce sur toute la course. La difficulté tient à ce que la pression n'est pas constante — elle sextuple pendant le mouvement —, si bien qu'on ne peut pas multiplier une force par un déplacement. Le modèle retenu est l'intégration du travail élémentaire le long de la transformation, c'est-à-dire l'aire sous la courbe dans le plan pression-volume ; pour une loi en puissance, cette intégrale s'écrit une fois pour toutes et ne fait plus intervenir que les deux états extrêmes.
La formule du travail polytropique s'écrit avec un dénominateur \( n-1 \) ou \( 1-n \) selon les ouvrages, et le numérateur change de sens en conséquence. Comment lever le doute sans avoir à retenir laquelle des deux écritures va avec quelle convention ?
- En retenant par cœur l'écriture associée à la convention du récepteur
- En calculant la valeur absolue, puis en fixant le signe par le sens physique de la transformation
- En vérifiant l'unité du résultat, qui trancherait le signe
Ce qu'a retenu le bureau, et pourquoi
L'option 2. Le sens physique ne dépend ni de l'ouvrage ni de la convention : sur une compression, le milieu extérieur fournit de l'énergie au gaz, donc le travail reçu par le gaz est positif dans la convention du récepteur. La mémoire n'a rien à retenir de plus. L'option 1 fonctionne tant que l'on ne change pas d'ouvrage, ce qui arrive à tout le monde. L'option 3 ne peut rien trancher : une unité est insensible au signe, et les deux résultats, +68,77 et −68,77 kJ, s'expriment tous deux en kilojoules. C'est précisément ce qui rend l'erreur de signe indétectable par l'analyse dimensionnelle, et c'est pourquoi elle doit être écartée par un raisonnement physique.
Le travail échangé par un gaz avec ce qui le comprime est appelé travail de frontière mobile, parce qu'il n'existe que si la frontière du système se déplace. C'est la seule forme de travail qu'un système fermé simple puisse échanger.
- La pression du gaz est à chaque instant celle qui s'exerce sur le piston or ici la transformation est quasi statique, la vitesse du piston valant 9,95 mm·s⁻¹ contre 340 m·s⁻¹ pour la vitesse du son : aucune surpression locale ne subsiste devant la face du piston, et la pression relevée au capteur est bien celle qui travaille cinq ordres de grandeur d'écart, établis au feuillet 1
- Le travail calculé est celui reçu par le gaz, frottements exclus le procès-verbal ne mesure pas l'effort développé par le vérin ; les frottements du piston sur le cylindre s'ajoutent au travail thermodynamique et sont supportés par le groupe hydraulique, non par le gaz. La marge disponible sous les 1,50 kW doit donc les couvrir posée par vous — elle figure dans la note
- La puissance calculée est une moyenne sur les 60 s de la course or ici la pression sextuple pendant la course, donc la puissance instantanée n'est pas constante : à vitesse de piston constante, elle croît comme la pression, et la valeur en fin de course dépasse la moyenne d'un facteur voisin de 2 posée par vous — elle figure dans la note
Domaine d'emploi : l'expression employée est indéterminée pour \( n = 1 \), où le dénominateur s'annule. Ce n'est pas un défaut de la formule mais le signe que l'isotherme demande une autre intégration, dont le résultat fait intervenir un logarithme : \( W = P_1V_1 \ln(V_1/V_2) \). Dès que l'indice s'approche de 1, il faut basculer sur cette seconde expression plutôt que de forcer la première.
D'où elle découle : de l'intégration de \( \delta W = -P\,\mathrm{d}V \) en remplaçant \( P \) par \( C/V^{n} \), où \( C \) est la constante de la loi polytropique. La primitive de \( V^{-n} \) vaut \( V^{1-n}/(1-n) \) pour tout \( n \) différent de 1, et en réintroduisant \( C = P_1V_1^{\,n} = P_2V_2^{\,n} \) on fait disparaître la constante au profit des deux états.
- \( W \) : travail reçu par le gaz, en kJ — positif en compression avec la convention du récepteur
- \( P_1V_1, P_2V_2 \) : produits pression-volume aux deux états, en kJ lorsque les pressions sont en kPa et les volumes en m³
- \( n-1 \) : écart de l'indice à l'unité, sans unité — vaut 0,300 ici ; l'expression est indéterminée s'il s'annule
D'où elle découle : de la précédente, en remplaçant chacun des deux produits \( P\,V \) par \( m\,R\,T \) grâce à l'équation d'état. Elle est rigoureusement équivalente, mais elle mobilise des grandeurs différentes — la masse et les températures au lieu des pressions et des volumes —, ce qui en fait un contrôle véritable et non une répétition.
- \( m \) : masse de gaz, en kg
- \( R \) : constante massique du gaz, en kJ·kg⁻¹·K⁻¹
- \( T_2 - T_1 \) : échauffement subi, en K — une différence, donc identique en kelvins et en degrés Celsius
D'où elle découle : de la définition de la puissance, énergie échangée par unité de temps. La course étant parcourue à vitesse constante en 60 s, le quotient donne la valeur moyenne sur la course.
- \( P_m \) : puissance mécanique moyenne reçue par le gaz, en kW
- \( W \) : travail reçu sur toute la course, en kJ
- \( \Delta t \) : durée de la course, en s
Application numérique
- \( P_1 = 100{,}0 \text{ kPa} \ ; \ V_1 = 0{,}400 \text{ m}^3 \) pièce nº1 — état initial
- \( P_2 = 606{,}3 \text{ kPa} \ ; \ V_2 = 0{,}100 \text{ m}^3 \) calculée à la question 1, et pièce nº1
- \( m\,R = 0{,}1435 \text{ kJ·K}^{-1} \ ; \ T_2 - T_1 = 143{,}75 \text{ K} \) établis à la question 2, pour le contrôle croisé
- \( n - 1 = 0{,}300 \ ; \ \Delta t = 60 \text{ s} \) pièce nº1
L'unité tombe d'elle-même : un kilopascal est un kilojoule par mètre cube, donc des kilopascals multipliés par des mètres cubes donnent des kilojoules. C'est la raison pour laquelle il n'a pas fallu convertir les pressions en pascals — travailler en kPa et en m³ donne directement des kJ, et fait gagner deux conversions. L'écart de 20,63 kJ n'est pas encore le travail : il faut encore le diviser par 0,300.
Le résultat est positif, conformément au sens physique : le vérin fournit de l'énergie au gaz. Son ordre de grandeur se contrôle par encadrement — une compression isotherme du même rapport ne coûterait que \( P_1V_1 \ln 4 = 55{,}45 \) kJ, une compression sans refroidissement 74,11 kJ. Le résultat tombe entre les deux, ce qui est cohérent avec un indice compris entre 1 et 1,400.
Les deux chemins concordent à 0,01 kJ près, soit 0,015 %, écart entièrement imputable à l'arrondi de \( P_2 \) à quatre chiffres significatifs. Le premier chemin a mobilisé les pressions et les volumes, le second la masse et les températures : leur accord valide l'ensemble de la chaîne établie depuis le premier feuillet. On retient 68,77 kJ.
Des kilojoules divisés par des secondes donnent des kilowatts. Cette puissance est une moyenne : à vitesse de piston constante, la puissance instantanée croît avec la pression et atteint en fin de course une valeur voisine du double de la moyenne. Le dimensionnement d'un groupe hydraulique se fait sur cette pointe autant que sur la moyenne, et c'est une des raisons pour lesquelles la marge sous les 1,50 kW ne doit pas être réduite à la portion congrue.
L'aire teintée entre la courbe et l'axe des volumes est exactement le travail reçu par l'air. Elle se lit de droite à gauche, dans le sens de la compression. Une transformation mieux refroidie passerait plus bas et délimiterait une aire plus petite : c'est en cela que le refroidissement d'un compresseur réduit l'énergie qu'il consomme.
Groupe hydraulique — pièce nº2
| Forme | Ce qui est donné | Ce qui est cherché | Ce qui change dans la démarche |
|---|---|---|---|
| Directe | Les deux états et l'indice | Le travail reçu, puis la puissance | Aucun changement — c'est le cas traité ci-dessus. |
| Inverse | La puissance disponible, à l'égalité | La durée minimale de la course | Même relation, mêmes hypothèses ; on isole \( \Delta t \) au lieu de \( P_m \). Traitée juste en dessous. |
| Condition modifiée | Un indice égal à 1, soit une compression isotherme | Le même travail | L'expression employée devient indéterminée : l'étape qui tombe est l'intégration en puissance, et ce qui la remplace est \( W = P_1V_1\ln(V_1/V_2) \). Le reste de la démarche est intact. |
| Données incomplètes | La pression finale n'est pas fournie | Le même travail | On emploie la seconde écriture, qui ne demande que la masse, la constante massique et les deux températures — en déclarant que l'on suppose le gaz parfait, puisque c'est elle qui rend les deux formes équivalentes. |
Ce qui ne change jamais : le travail des forces de pression est l'aire comprise entre le chemin suivi et l'axe des volumes, et il dépend donc du chemin et non seulement des états extrêmes. Ce qui se déplace d'une forme à l'autre, c'est l'expression de cette aire, jamais sa nature. Nommer cet invariant est ce qui permet de reconnaître la question devant un cylindre d'essai, un compresseur, un moteur ou un vérin.
La forme inverse, traitéeÉnoncé : on impose la puissance mécanique juste égale aux 1,50 kW du groupe. En combien de temps, au minimum, la course peut-elle alors être parcourue ? Traitez-la avant d'ouvrir : c'est la variante d'examen la plus fréquente, et celle qui piège le plus, parce qu'elle demande d'isoler une autre variable dans la même relation.
Voir la résolution de la forme inverse
Ce que la forme inverse change : la durée passe du dénominateur au résultat, et le sens de l'inégalité se retourne : plafonner la puissance revient à imposer une durée minimale, non maximale, puisque aller plus vite appellerait plus de puissance. C'est là que se perdent les points. Le résultat est à arrondir par le haut et non au plus proche : 46 s laissent 0,3 % de marge, 45 s feraient déjà dépasser le groupe. Une réserve s'impose par ailleurs, et elle limite la portée du résultat : accélérer la course modifierait l'indice polytropique lui-même, en laissant moins de temps à la chemise pour évacuer la chaleur — le travail ne resterait donc pas égal à 68,77 kJ.
Les deux erreurs ci-dessous sont les seules réellement observées sur ce calcul. La première ne change aucun chiffre, seulement un signe ; la seconde applique la bonne démarche à la mauvaise transformation.
Trois questions, à traiter de tête et avant de cocher. Un corrigé limpide se lit d'un trait et donne l'illusion de savoir refaire : ces trois-là sont le seul moyen de le vérifier. Les trois jetons s'allument, et le feuillet reçoit son tampon.
Le feuillet conclut que \( P_m = 1{,}146 \) kW reste sous les 1,50 kW du groupe, à 76,4 %. Qu'est-ce que cela permet d'engager dès maintenant, et qu'est-ce que cela n'autorise pas encore ?
Si la chemise était mise hors service et que la compression devenait adiabatique (\( n = 1{,}400 \)), tout le reste étant inchangé, que devient le travail reçu ?
Lequel de ces trois énoncés relève de la méthode ci-dessus ? Décidez avant de cocher. En examen, l'échec vient rarement du calcul : il vient de ne pas avoir reconnu de quelle question il s'agissait.
Objet : variation d'énergie interne de l'air, chaleur échangée avec l'extérieur et son signe, puissance thermique évacuée par la chemise et confrontation à sa capacité.
- \( W \) = 68,77 kJ reçu par l'air — feuillet 3
- \( T_2 - T_1 \) = 143,75 K — feuillet 2
- \( m \) = 0,500 kg — pièce nº1 ; \( c_v \) = 0,718 et \( R \) = 0,287 kJ·kg⁻¹·K⁻¹ — pièce nº3
- \( \Delta t \) = 60 s — pièce nº1 ; capacité de la chemise \( P_{\text{ch}} \) = 0,400 kW — pièce nº2
Voir le résultat seul (auto-évaluation)
Le mécanisme physique est un partage : le vérin a versé 68,77 kJ dans le gaz, et cette énergie ne peut aller qu'à deux endroits — rester dans le gaz sous forme d'agitation moléculaire, ce que mesure la hausse de température, ou sortir par la paroi refroidie. Ce que la chemise a réellement évacué est donc ce qui reste une fois retranché ce qui est resté. Le modèle retenu est le premier principe appliqué au système fermé, qui n'est rien d'autre que l'écriture comptable de ce partage, complété par la première loi de Joule qui donne accès au terme de stockage à partir de la seule température.
L'air s'échauffe de 143,75 K pendant la compression. Que peut-on en déduire, avant tout calcul, sur le signe de la chaleur échangée avec la chemise ?
- La chaleur est nécessairement reçue par l'air, puisque sa température augmente
- La chaleur est nécessairement cédée par l'air, puisque l'indice mesuré est inférieur au coefficient isentropique
- On ne peut rien en déduire : seul le bilan chiffré tranchera
Ce qu'a retenu le bureau, et pourquoi
L'option 2, et c'est le point le plus contre-intuitif de tout le dossier. L'option 1 confond deux choses distinctes : la température d'un gaz peut monter sans aucun apport de chaleur, par le seul travail de compression — c'est le cas d'une adiabatique. Ici, mieux encore, elle monte alors même que le gaz cède de la chaleur, simplement moins qu'il ne reçoit de travail. La donnée qui tranche est la position de l'indice : \( 1 < n < \gamma \) impose une capacité thermique polytropique négative, donc une chaleur de signe opposé à la variation de température. L'option 3 est prudente mais renonce à un contrôle gratuit : savoir avant de calculer que \( Q \) doit être négatif permet de détecter immédiatement une erreur de signe sur \( W \) ou une confusion entre \( c_p \) et \( c_v \) — qui donneraient toutes deux un \( Q \) positif.
Chaque type de transformation possède sa propre capacité thermique, c'est-à-dire son propre rapport entre la chaleur reçue et l'élévation de température obtenue. Celle de la transformation polytropique réserve une surprise que ce feuillet met en évidence.
- Les énergies cinétique et potentielle macroscopiques de la masse d'air sont négligées devant les termes du bilan or ici la masse vaut 0,500 kg et la vitesse du piston 9,95 mm·s⁻¹, ce qui donne une énergie cinétique de 2,5 × 10⁻⁵ J, à comparer aux 68 770 J de travail — un rapport de 4 × 10⁻¹⁰ dix ordres de grandeur d'écart, calculés ci-contre
- La capacité thermique massique \( c_v \) est constante de 278,75 à 422,50 K or ici les deux températures encadrent un intervalle entièrement contenu dans le palier où l'air compte cinq degrés de liberté actifs. La portée de cette hypothèse se chiffre : si les modes de vibration étaient pleinement excités, \( c_v \) passerait de \( \tfrac{5}{2}R \) à \( \tfrac{7}{2}R \), le stockage de 51,61 à 72,23 kJ, et la chaleur évacuée changerait de signe garantie par la pièce nº3, dans son domaine de lecture
- Toute la chaleur cédée par l'air passe par la chemise le cylindre échange aussi avec l'air ambiant par ses faces non chemisées, et le dossier ne quantifie pas cette part ; la négliger attribue à la chemise la totalité de la chaleur, ce qui place le contrôle du côté défavorable et rend un résultat conforme d'autant plus solide posée par vous — elle figure dans la note
Domaine d'emploi : le bilan écrit ici suppose le système fermé. Il cesse de s'appliquer dès qu'une masse traverse la frontière — ce qui serait le cas d'un compresseur en service, qui aspire et refoule. Le bilan doit alors s'écrire pour un système ouvert, et c'est l'enthalpie, non l'énergie interne, qui y prend la place du terme de stockage.
D'où elle découle : de la première loi de Joule, selon laquelle l'énergie interne d'un gaz parfait ne dépend que de sa température. Sa variation entre deux états se calcule donc en imaginant n'importe quel chemin reliant les deux températures, et le plus simple est le chemin à volume constant, pour lequel la chaleur reçue vaut par définition \( m\,c_v\,\Delta T \).
- \( \Delta U \) : variation d'énergie interne de la masse d'air, en kJ
- \( m \) : masse de gaz, en kg — constante, le système étant fermé
- \( c_v \) : capacité thermique massique à volume constant, en kJ·kg⁻¹·K⁻¹
- \( T_2 - T_1 \) : échauffement subi, en K
D'où elle découle : du principe de conservation de l'énergie, qui pose que la variation de l'énergie contenue dans un système est égale à la somme algébrique de tout ce qui a traversé sa frontière. Pour un système fermé au repos, deux formes seulement traversent cette frontière : le travail et la chaleur.
- \( Q \) : chaleur reçue par le gaz, en kJ — négative si le gaz en cède
- \( W \) : travail reçu par le gaz, en kJ — positif en compression
- \( \Delta U \) : variation d'énergie interne, en kJ
D'où elle découle : en écrivant le premier principe sous forme différentielle le long de la transformation polytropique et en identifiant le coefficient qui relie la chaleur élémentaire à l'élévation de température. Elle donne accès à \( Q \) sans passer par le travail, ce qui en fait un contrôle indépendant.
- \( c_n \) : capacité thermique massique de la transformation polytropique, en kJ·kg⁻¹·K⁻¹ — négative pour \( 1 < n < \gamma \)
- \( c_v \) : capacité thermique massique à volume constant, en kJ·kg⁻¹·K⁻¹
- \( R \) : constante massique du gaz, en kJ·kg⁻¹·K⁻¹
Application numérique
- \( m = 0{,}500 \text{ kg} \ ; \ c_v = 0{,}718 \text{ kJ·kg}^{-1}\text{·K}^{-1} \) pièce nº1 et pièce nº3, dans son domaine de lecture
- \( T_2 - T_1 = 143{,}75 \text{ K} \) établi à la question 2
- \( W = 68{,}77 \text{ kJ} \) calculé à la question 3 — reçu par le gaz, donc positif
- \( R = 0{,}287 \text{ kJ·kg}^{-1}\text{·K}^{-1} \ ; \ n - 1 = 0{,}300 \) pièce nº3 et pièce nº1, pour le contrôle indépendant
- \( \Delta t = 60 \text{ s} \) pièce nº1
Vous avez la relation et les valeurs retenues juste au-dessus. Écrivez la substitution complète, unités comprises, menez-la jusqu'au résultat, puis seulement alors ouvrez le corrigé. Chercher avant de lire est ce qui fixe la méthode ; lire d'abord ne fixe rien.
Comparer avec le corrigé
Si votre résultat diffère : deux écarts sont probables sur ce calcul précis. Si vous trouvez 72,23 kJ, vous avez employé \( c_p = 1{,}005 \) au lieu de \( c_v \) — le rapport entre les deux résultats vaut alors exactement 1,400. Si vous trouvez 103,2 kJ, la masse a été oubliée et le résultat porte encore un kilogramme au dénominateur de son unité. Pour trancher, divisez votre résultat par 51,61 : un rapport de 1,400 désigne la première erreur, un rapport de 2,000 la seconde.
Le gaz a donc retenu 51,61 kJ sur les 68,77 kJ qu'il a reçus, soit 75 %. Le signe est positif, ce qui est cohérent avec une température qui monte : l'énergie interne d'un gaz parfait est une fonction croissante de la seule température. Ce chiffre est déjà, à lui seul, la réponse à la question de fond du dossier — puisqu'il manque 17,16 kJ au bilan, et qu'ils n'ont pu sortir que par la paroi.
Le signe négatif est l'information principale de ce feuillet : dans la convention du récepteur, il signifie que l'air a cédé 17,16 kJ à son environnement. Et il les a cédés tout en s'échauffant de 143,75 K, ce qui n'a rien de contradictoire : le travail lui a apporté plus d'énergie que sa montée en température n'en réclamait, et l'excédent est sorti par la chemise. C'est très exactement ce que traduit un indice polytropique compris entre 1 et 1,400.
Cette capacité est négative, comme annoncé : elle l'est pour tout indice strictement compris entre 1 et 1,400. Une capacité thermique négative n'a rien d'un artefact de calcul — elle exprime qu'il faut retirer de la chaleur à ce gaz pour qu'il suive ce chemin-là en s'échauffant. Elle s'annulerait exactement pour \( n = 1{,}400 \), ce qui est la définition de l'adiabatique.
Les deux chemins donnent la même valeur, signe compris. Le premier est passé par le travail calculé au feuillet 3, le second n'a utilisé que les deux capacités et l'indice : leur accord valide simultanément le travail, la variation d'énergie interne et la loi polytropique. C'est le contrôle le plus complet de toute la note, et il ne coûte que trois lignes.
On prend ici la valeur absolue parce qu'une capacité d'échangeur s'exprime toujours positivement : le signe a déjà dit le sens, la capacité dit l'intensité. Cette puissance de 0,286 kW représente 25 % de la puissance mécanique reçue, ce qui est l'autre lecture du même bilan : un quart de l'énergie fournie ressort par la paroi, les trois autres quarts restent dans le gaz.
Chemise, eau entrant à 15 °C — pièce nº2
| Forme | Ce qui est donné | Ce qui est cherché | Ce qui change dans la démarche |
|---|---|---|---|
| Directe | Le travail et l'écart de température | La chaleur échangée et son signe | Aucun changement — c'est le cas traité ci-dessus. |
| Inverse | La capacité de l'échangeur, à l'égalité | La durée minimale de la course | Même bilan, mêmes hypothèses ; on isole \( \Delta t \) au lieu de la puissance. Traitée juste en dessous. |
| Condition modifiée | Une transformation adiabatique au lieu de polytropique | La même chaleur | L'étape qui tombe est le calcul : \( Q = 0 \) par définition, et le bilan se réduit à \( \Delta U = W \). L'échangeur n'a plus lieu d'être, ce qui est le cas limite vers lequel tend une chemise défaillante. |
| Données incomplètes | Le travail n'est pas fourni | La même chaleur | On emploie la capacité thermique polytropique, qui donne \( Q \) à partir du seul écart de température et de l'indice — en déclarant la valeur de \( c_v \) retenue et son domaine, jamais en silence. |
Ce qui ne change jamais : l'énergie se conserve, et la variation d'énergie interne d'un gaz parfait ne dépend que de sa température. Ce qui se déplace d'une forme à l'autre, c'est le terme du bilan que l'on cherche, jamais la structure du bilan lui-même. Nommer cet invariant est ce qui permet de reconnaître la question devant un cylindre, un réacteur chimique, une enceinte calorifugée ou un local à climatiser.
La forme inverse, traitéeÉnoncé : on impose la puissance évacuée juste égale aux 0,400 kW de la chemise. En combien de temps, au minimum, la course peut-elle être parcourue sans que la chemise soit dépassée, à indice inchangé ? Traitez-la avant d'ouvrir : c'est la variante d'examen la plus fréquente, et celle qui piège le plus, parce qu'elle demande d'isoler une autre variable dans la même relation.
Voir la résolution de la forme inverse
Ce que la forme inverse change : la durée passe du dénominateur au résultat, et le sens de l'inégalité se retourne : plafonner la puissance impose une durée minimale. C'est là que se perdent les points. Le résultat s'arrondit par le haut, à 43 s. Il éclaire aussi la comparaison des deux organes : le groupe hydraulique impose 45,8 s au minimum, la chemise seulement 42,9 s. C'est donc le groupe, et non la chemise, qui limite la vitesse d'essai — un renseignement qu'aucun des deux feuillets ne donnait séparément. Une réserve subsiste toutefois : accélérer la course laisserait moins de temps à l'échange thermique et ferait remonter l'indice, si bien que \( Q \) ne resterait pas égal à 17,16 kJ.
Les deux erreurs ci-dessous ont ceci de commun qu'elles inversent le signe du résultat, donc le sens de l'installation : elles font conclure qu'il faut chauffer là où il faut refroidir.
Trois questions, à traiter de tête et avant de cocher. Un corrigé limpide se lit d'un trait et donne l'illusion de savoir refaire : ces trois-là sont le seul moyen de le vérifier. Les trois jetons s'allument, et le feuillet reçoit son tampon.
Le feuillet conclut que la chemise évacue 0,286 kW pour une capacité de 0,400 kW, à 71,5 %. Qu'est-ce que cela permet d'engager dès maintenant, et qu'est-ce que cela n'autorise pas encore ?
Si le refroidissement était amélioré au point de ramener l'indice à 1,200, tout le reste étant inchangé, que devient la puissance à évacuer, et la chemise suffit-elle encore ?
Lequel de ces trois énoncés relève de la méthode ci-dessus ? Décidez avant de cocher. En examen, l'échec vient rarement du calcul : il vient de ne pas avoir reconnu de quelle question il s'agissait.
BILAN FINAL DE LA MISSION
La coupe porte les trois termes du premier principe là où ils se produisent physiquement : le travail entre par le piston, l'énergie interne reste dans le volume d'air avec la pression et la température atteintes, la chaleur sort par la chemise. Les trois chiffres se lisent d'un coup d'œil comme un bilan — 68,77 entrés, 51,61 restés, 17,16 sortis. La jauge du bas ne porte que le critère le plus sollicité des quatre.
RÉCAPITULATIF DES RÉSULTATS
| Question | Grandeur | Valeur | Critère | Statut |
|---|---|---|---|---|
| Q1 | Pression en fin de compression | 606,3 kPa | ≤ 700 kPa | VÉRIFIÉ |
| Q2 | Température vue par les joints | 149,4 °C | ≤ 160 °C | VÉRIFIÉ |
| Q3 | Puissance mécanique appelée | 1,146 kW | ≤ 1,50 kW | VÉRIFIÉ |
| Q4 | Puissance thermique évacuée | 0,286 kW | ≤ 0,400 kW | VÉRIFIÉ |
Les quatre critères sont vérifiés, et la chemise de refroidissement peut être qualifiée sur la base de cet essai. Le critère le plus sollicité est de loin la température vue par les joints, à 97,5 %, très au-dessus des trois autres — 86,6 % pour la pression, 76,4 % pour le groupe hydraulique, 71,5 % pour la chemise elle-même. Le bilan énergétique referme la démonstration : sur les 68,77 kJ fournis par le vérin, 51,61 kJ sont restés dans l'air sous forme d'énergie interne et 17,16 kJ sont sortis par la paroi, ce qui correspond exactement à l'indice polytropique de 1,300 relevé à l'essai.
La décision que cette note permet de prendre est de prononcer la qualification de la chemise, assortie de deux réserves qui doivent figurer au dossier. La première porte sur la faiblesse de la marge en température : la forme inverse du deuxième feuillet montre que l'indice admissible plafonne à 1,318 pour 1,300 mesuré, si bien qu'une dégradation même légère du refroidissement ferait sortir les joints de leur domaine d'emploi. La seconde porte sur la température de l'eau d'entrée, non consignée pendant l'essai alors que la capacité de 0,400 kW de la chemise est annoncée pour 15 °C. Resteraient à vérifier, dans une étude complète, les frottements du piston — qui s'ajoutent à la puissance appelée au groupe —, l'humidité résiduelle de l'air après séchage, et la part de chaleur évacuée par les faces non chemisées du cylindre, que ce calcul a intégralement attribuée à la chemise.
Contrôle de mémoire
Trois questions à traiter sans remonter dans le document. Répondre de mémoire d'abord, ouvrir ensuite. L'écart entre les deux est la seule mesure honnête de ce qui est acquis.
1. De quel paramètre dépendaient les valeurs \( c_v = 0{,}718 \) et \( R = 0{,}287 \) kJ·kg⁻¹·K⁻¹, et comment a-t-on montré que ce cas tombait dans leur plage ?
Elles dépendent de deux paramètres distincts. \( R \) dépend de la composition du gaz, par sa masse molaire : 29,0 g·mol⁻¹ pour de l'air sec à 78 % de diazote, 21 % de dioxygène et 1 % d'argon — l'humidité la modifierait. \( c_v \) dépend en outre de la température, par le nombre de degrés de liberté actifs : la valeur \( \tfrac{5}{2}R \) suppose la rotation active et la vibration gelée, ce qui vaut de l'ambiante à environ 600 K. On l'a montré en constatant que les deux températures calculées, 278,75 et 422,50 K, encadrent un intervalle entièrement contenu dans ce palier.
2. Quelle hypothèse fait tomber l'expression du travail employée si on la retire, et que faudrait-il faire à la place ?
Deux hypothèses la portent. Si l'on retire le caractère quasi statique, la pression du gaz cesse d'être uniforme et celle qui s'exerce sur le piston n'est plus celle qu'on intègre : le travail réel dépasse alors le travail thermodynamique, et il faut le mesurer. Si l'on retire la constance de l'indice, l'intégrale n'a plus d'expression fermée : il faut découper la course en tronçons, chacun avec son propre indice lu sur le tracé. Enfin, le cas particulier \( n = 1 \) annule le dénominateur et impose de basculer sur \( W = P_1V_1\ln(V_1/V_2) \).
3. Le résultat de la question 2 entrait dans quels calculs, et quel critère s'est révélé le plus sollicité ?
L'écart de température \( T_2 - T_1 = 143{,}75 \) K entrait dans les deux calculs suivants : il donne le travail par la seconde écriture de la question 3, puis la variation d'énergie interne et la chaleur à la question 4. La température finale elle-même a fourni le critère le plus sollicité de toute la note : 149,4 °C pour une limite de 160 °C, soit 97,5 % rapporté aux températures thermodynamiques, loin devant les trois autres critères.
On modifie une seule donnée : le débit d'eau de la chemise est augmenté et l'indice polytropique relevé tombe de 1,300 à 1,200, tout le reste étant inchangé. Que deviennent les quatre résultats de la note, et la qualification tient-elle toujours ? Traitez-le avant d'ouvrir.
Voir la réponse
Trois critères se détendent et le quatrième bascule. La pression finale tombe à \( 100{,}0 \times 4^{1,200} = 527{,}8 \) kPa, soit 75,4 % de la plaque au lieu de 86,6 %. La température finale devient \( 278{,}75 \times 4^{0,200} = 367{,}8 \) K, soit 94,7 °C pour 149,4 °C auparavant : les joints passent de 97,5 % à 84,9 %, et la réserve qui inquiétait disparaît. Le travail tombe à 63,90 kJ et la puissance mécanique à 1,065 kW, soit 71,0 % du groupe. Mais la chaleur évacuée passe de 17,16 à 31,93 kJ, donc la puissance de la chemise de 0,286 à 0,532 kW : il faudrait 133 % de sa capacité, et le critère qui était le moins sollicité devient le seul non vérifié.
La leçon dépasse les chiffres, et c'est elle qu'il faut emporter : mieux refroidir n'est pas gratuit. En abaissant l'indice, on réduit à la fois la pression, la température et le travail — trois gains réels —, mais on augmente mécaniquement la charge de l'échangeur, parce que la chaleur évacuée est la différence entre un travail qui baisse de 7,1 % et un stockage qui baisse de 38 %. Le critère qui commande se déplace donc d'un organe à l'autre selon le réglage, et c'est précisément pourquoi une note de calculs vérifie les quatre critères au lieu de s'arrêter au plus évident.








