Essai de perméabilité à charge variable sur un sol fin
Une formule de trois facteurs, une correction que presque personne n'applique, et un gradient cinq cents fois supérieur à celui du terrain
Contexte de l'Étude & Enjeux
Le Contexte : Le débit d'exhaure d'une fouille, la stabilité d'un barrage en terre, le temps que mettra un remblai à se consolider, l'étanchéité d'un fond de bassin : toutes ces questions se ramènent à un seul coefficient . Il s'étale sur une douzaine d'ordres de grandeur d'un sol à l'autre — du gravier à l'argile compactée — ce qui en fait la propriété la plus variable de toute la mécanique des sols, et de très loin. Sur un sol fin, on ne peut pas le mesurer à charge constante : le débit serait trop faible pour être lu. On laisse donc une charge décroître d'elle-même dans une burette étroite, et l'on chronomètre. La formule qui en sort tient en trois facteurs ; ce qui l'entoure — la température de l'eau, le gradient imposé, le nombre d'éprouvettes — pèse davantage sur le résultat que la formule elle-même.
L'exercice repose sur une intégration élémentaire de la loi de Darcy et sur deux aires de disque. Sa difficulté n'est pas dans le calcul mais dans ce qui l'encadre : trois éléments décident de la valeur du résultat sans jamais figurer dans la formule — la température de l'eau, le gradient appliqué, et le nombre d'essais :
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La formule et son logarithme : la charge décroît, donc le débit aussi : le régime n'est pas permanent. L'intégration de la loi de Darcy sur la durée de l'essai fait apparaître un logarithme népérien du rapport des charges. C'est ce logarithme qui distingue l'essai à charge variable de l'essai à charge constante, et c'est aussi ce qui rend le temps de demi-charge indépendant du niveau de départ.
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La correction de viscosité : la perméabilité mesure la facilité avec laquelle l'eau traverse le sol, et cette facilité dépend de la viscosité de l'eau , donc de sa température. Un essai mené à dix degrés et le même à vingt-cinq ne rendent pas le même nombre : l'écart atteint un facteur voisin de un et demi . Les résultats se rapportent donc à une température de référence de vingt degrés, et l'énoncé ne dit pas à quelle température l'essai a été mené.
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Le gradient imposé : la charge initiale de quatre-vingts centimètres s'exerce sur un échantillon de quinze centimètres de haut. Le gradient hydraulique vaut donc plus de cinq, alors qu'un écoulement en place se situe entre un centième et l'unité . On mesure le sol dans des conditions qu'il ne rencontrera jamais, ce qui accélère l'essai et expose à des désordres internes — entraînement de fines, colmatage progressif — dont l'effet sur le résultat n'est ni mesuré ni signalé.
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L'astuce de l'ingénieur : vérifiez le temps de demi-charge. Il vaut le rapport des sections multiplié par la hauteur d'échantillon et par le logarithme de deux, divisé par la perméabilité — et il ne dépend pas de la charge de départ . Passer de quatre-vingts à quarante centimètres prend exactement le même temps que passer de quarante à vingt. Chronométrer les deux moitiés d'un même essai donne donc un contrôle de cohérence qui ne coûte rien : si les deux durées diffèrent nettement, l'échantillon a évolué pendant l'essai — colmatage, entraînement de fines, saturation incomplète — et le résultat n'a plus de valeur.
Établir les deux sections, en tirer le coefficient de perméabilité, puis faire ce que l'énoncé ne demande pas et qui décide de la valeur du résultat : corriger la mesure de la température de l'eau , et éprouver les conditions dans lesquelles l'essai a été mené . Sans cela on publie un nombre juste dans des conditions inconnues.
- Le grand défi : admettre qu'un calcul juste peut donner un résultat sans valeur. Les trois facteurs de la formule sont simples et l'arithmétique ne pose aucune difficulté : on obtient 5,78 × 10⁻⁷ m/s en deux lignes. Mais ce nombre est celui de l'eau à la température de l'essai, que l'énoncé ne donne pas — et selon qu'il ait été mené à dix ou à vingt-cinq degrés, la valeur rapportée à vingt degrés varie de 5,1 à 7,5 × 10⁻⁷ m/s. L'incertitude ainsi introduite dépasse tout ce que la précision du chronomètre et des lectures de niveau pourrait apporter. C'est le trait commun de beaucoup d'essais de laboratoire : l'erreur ne vient presque jamais du calcul, elle vient de ce qu'on a omis de noter.
- Votre rôle : calculer les sections de l'échantillon et de la burette, en déduire le coefficient de perméabilité, le corriger de la température de l'eau en balayant l'hypothèse que l'énoncé laisse ouverte, puis éprouver les conditions de l'essai — gradient appliqué, temps de demi-charge, volume écoulé — et conclure sur la nature du sol.
- Livrable 1 — la mesure : les deux sections, le coefficient de perméabilité brut, puis sa valeur rapportée à vingt degrés avec l'hypothèse de température explicitement signalée et l'intervalle qu'elle laisse ouvert. Un coefficient publié sans sa température de référence n'est pas une mesure : c'est un nombre.
- Livrable 2 — la validité de l'essai : le gradient hydraulique réellement appliqué, comparé à celui d'un écoulement en place, le temps de demi-charge et le contrôle qu'il permet , et le volume d'eau écoulé rapporté à la précision de lecture. Puis la nature probable du sol. Le livrable dira aussi combien d'éprouvettes une couche de sol devrait comporter selon la NF EN 1997-2, et pourquoi une seule ne suffit qu'exceptionnellement.
Les essais de perméabilité en laboratoire relèvent de la NF EN 1997-2, consacrée à la reconnaissance des terrains et aux essais, dont la clause 5.11 leur est spécifiquement consacrée ; le mode opératoire lui-même est décrit par la série NF EN ISO 17892 des méthodes d'essai de laboratoire, dont la partie 11 traite des essais à charge constante et à charge variable. Deux dispositions de la NF EN 1997-2 commandent directement la lecture de cet exercice. La première est son annexe S, qui fixe le nombre minimal d'éprouvettes à essayer par couche de sol en le faisant dépendre de l'expérience comparable disponible et de la variabilité observée entre les mesures : une éprouvette unique n'y est admise que dans le cas le plus favorable, et encore assortie d'essais de classification destinés à vérifier la compatibilité avec les connaissances existantes. L'exercice qui suit repose sur un essai unique, ce qui doit être signalé. La seconde est le classement des échantillons par classe de qualité : la perméabilité ne peut être déterminée que sur un prélèvement de la meilleure classe, c'est-à-dire non remanié, ce qui exclut tout carottage destructif. Conformément au droit d'auteur applicable aux normes NF EN, aucun tableau, aucune formule et aucun extrait de ces textes n'est reproduit ici : seules les références de clause sont citées, et tous les chiffres proviennent des mesures de l'essai ou d'un calcul explicite mené sous vos yeux. Les données de viscosité de l'eau employées à la question 3 sont des grandeurs physiques du domaine public, indépendantes de toute norme.
Formulaire & Aide-Mémoire (À consulter en cas de besoin)
Retrouvez ici les formules principales pour cet exercice. Ne les apprenez pas par cœur, comprenez comment les appliquer !
- Perméabilité à charge variable \( k = \dfrac{a\,L}{A\,t} \ln\!\left(\dfrac{h_1}{h_2}\right) \)
GÉOMÉTRIE DU DISPOSITIF
| Symbole | Description | Valeur | Unité |
|---|---|---|---|
| D | Diamètre de l'échantillon de sol, cylindrique Mesuré au pied à coulisse | 100 | mm |
| L | Hauteur de l'échantillon, sur laquelle la charge se dissipe | 150 | mm |
- DIX fois plus petit que celui de l'échantillon — donc une section cent fois plus petite, ce qui rend lisibles des débits infimes \( d = \mathbf{10} \text{ mm} \)
DÉROULEMENT DE L'ESSAI
| Symbole | Description | Valeur | Unité |
|---|---|---|---|
| h₁ | Charge hydraulique au début de l'essai | 80 | cm |
| h₂ | Charge hydraulique à la fin de l'essai — exactement la moitié de la précédente | 40 | cm |
- NON PRÉCISÉE par l'énoncé — c'est pourtant elle qui décide de la valeur rapportée à 20 °C, et l'écart atteint un facteur 1,47 entre 10 et 25 °C \( t = \mathbf{30} \text{ min} \)
Extraits de Normes & Abaques (Documents Annexes)
Le relevé ci-dessus est la seule source de chiffres de cet exercice. Les repères ci-dessous ne servent qu'à situer les valeurs obtenues et ne fournissent aucune donnée de calcul.
Repères de perméabilité des sols, en mètres par seconde| Plage du coefficient de perméabilité | Nature du sol et comportement hydraulique |
|---|---|
| Au-dessus de dix puissance moins cinq — sables propres et graviers | L'eau circule librement : une fouille s'y draine d'elle-même, un barrage en terre y serait impossible sans noyau étanche. Ce sont les sols où l'essai se mène à charge constante, le débit étant mesurable |
| En dessous de dix puissance moins neuf — argiles | L'eau met des années à parcourir un mètre. Ce sont les matériaux d'étanchéité, employés en fond de centre de stockage ou en noyau de barrage. Entre les deux plages se situent les sables fins et les limons, dont relève l'échantillon de cet exercice |
3. Méthodologie de Résolution & Travail Demandé
Afin d'assurer un dimensionnement sécuritaire et conforme aux standards, nous procédons selon les étapes méthodiques détaillées ci-dessous.
Question 1 : Les deux sections du dispositif
Besoin d'un indice ? (Niveau 1)
L'aire d'un disque vaut pi fois le carré du diamètre, divisé par quatre. Convertissez les diamètres en mètres AVANT de calculer.
Toujours bloqué ? (Indice Niveau 2)
Le rapport des sections vaut le carré du rapport des diamètres : un dixième au carré, soit un centième exactement.
Question 2 : Le coefficient de perméabilité
Besoin d'un indice ? (Niveau 1)
Le facteur géométrique est le produit du rapport des sections par la hauteur d'échantillon. Il est homogène à une longueur.
Toujours bloqué ? (Indice Niveau 2)
Employez le logarithme NÉPÉRIEN, non le décimal. Le rapport des charges valant deux, le logarithme vaut 0,6931.
Question 3 : La correction que la source oublie
Besoin d'un indice ? (Niveau 1)
Le coefficient de perméabilité varie comme l'inverse de la viscosité : une eau plus visqueuse traverse moins facilement, donc le coefficient mesuré est plus faible.
Toujours bloqué ? (Indice Niveau 2)
Le rapport à appliquer est celui de la viscosité à la température de l'essai sur la viscosité à vingt degrés. Un essai mené SOUS vingt degrés donne donc un coefficient corrigé PLUS GRAND que le mesuré.
Question 4 (Finale) : Les conditions de l'essai valent-elles le résultat ?
Besoin d'un indice ? (Niveau 1)
Le gradient hydraulique est le rapport de la charge à la longueur sur laquelle elle se dissipe, c'est-à-dire la hauteur de l'échantillon.
Toujours bloqué ? (Indice Niveau 2)
Le temps de demi-charge s'obtient en écrivant la formule pour un rapport de charges égal à deux, puis en l'inversant pour en tirer la durée.
Essai de perméabilité à charge variable sur un sol fin
« Deux aires de disque. Le calcul est celui de la classe de seconde ; l'erreur, elle, est de tous les âges. Les deux diamètres diffèrent d'un facteur dix, donc les sections d'un facteur cent . Les intervertir donnerait une perméabilité dix mille fois trop grande — un sol d'argile classé gravier. Aucun contrôle d'unité ne le signalerait, puisque les deux résultats sont bien en mètres par seconde. »
- Observation : Le rapport des deux sections vaut exactement un centième, et ce nombre ne dépend d'aucune constante : le nombre pi disparaît de l'écriture, comme le facteur quatre. Seul subsiste le carré du rapport des diamètres.
- Analyse du risque : Oublier de convertir les millimètres en mètres donne des sections en millimètres carrés , soit un million de fois trop grandes. Le rapport des sections, lui, resterait juste — ce qui rend l'erreur invisible à la question 2 si l'on passe par ce rapport, et catastrophique si l'on passe par les sections elles-mêmes.
- Choix stratégique : Convertir d'abord les deux diamètres en mètres, appliquer ensuite la formule de l'aire d'un disque, et contrôler enfin le rapport obtenu par le carré du rapport des diamètres — chemin indépendant qui valide les deux calculs d'un coup.
- Alternative : Ne calculer que le rapport des sections, qui suffit à la formule de perméabilité. C'est plus court et plus sûr — le rapport est exact, sans arrondi et sans conversion — mais on perd l'ordre de grandeur des sections, utile pour juger du volume écoulé à la question 4.
- Objectif visé : Disposer des deux sections en unités du Système international, et de leur rapport, qui est le premier des trois facteurs de la formule de perméabilité.
Voir uniquement le résultat final (Auto-évaluation)
L'échantillon est large pour que l'écoulement y soit représentatif du sol, sans effet de bord ; la burette est étroite pour que la moindre goutte qui traverse fasse baisser le niveau de façon lisible . Le dispositif amplifie donc un débit infime en un déplacement mesurable : c'est tout le principe de l'essai à charge variable, et c'est ce qui le rend possible sur un sol fin.
La même formule appliquée deux fois. Sa répétition est l'occasion d'installer une méthode : convertir, poser, contrôler.
Section de l'échantillonDonne la surface à travers laquelle l'eau traverse le sol.
Parce que la loi de Darcy exprime un débit, c'est-à-dire un volume par unité de temps, et qu'un débit s'obtient en multipliant une vitesse par une section . Sans elle, la vitesse d'écoulement calculée ne se rapporte à aucune quantité d'eau
- A : section transversale de l'échantillon de sol, unité : m²
- D : diamètre de l'échantillon, mesuré au pied à coulisse, unité : m
- π : constante géométrique du disque, unité : —
- facteur 4 : vient de ce que le rayon vaut la moitié du diamètre, unité : —
- conversion : un mètre carré vaut un million de millimètres carrés, unité : —
Relie la baisse de niveau lue au volume d'eau réellement traversé.
Parce que ce n'est pas le volume qu'on mesure pendant l'essai, mais une hauteur d'eau . La section de la burette est le facteur qui convertit l'une en l'autre, et c'est elle qui décide de la sensibilité du dispositif
- a : section intérieure de la burette, unité : m²
- d : diamètre INTÉRIEUR de la burette, unité : m
- a/A : rapport des sections, exact et sans dimension, unité : —
- (d/D)² : carré du rapport des diamètres, ici un centième, unité : —
- sensibilité : d'autant plus grande que la burette est étroite, unité : —
Deux diamètres dans un rapport de dix font deux sections dans un rapport de cent.
- L'erreur : Calculer les sections en millimètres carrés et les reporter comme si elles étaient en mètres carrés.
- La bonne méthode : Convertir les LONGUEURS en mètres avant tout calcul d'aire. On n'a alors jamais à se souvenir qu'un mètre carré vaut un million de millimètres carrés.
- L'astuce de pro : Contrôler le rapport des sections par le carré du rapport des diamètres : ce chemin ne passe ni par pi ni par les conversions.
- Le moyen mnémotechnique : Un rapport dix sur les diamètres, cent sur les sections.
- L'impact direct : Une section fausse d'un facteur mille place le sol dans une tout autre famille — argile au lieu de limon — et fait basculer une décision de drainage ou d'étanchéité.
Exécution de la Note de Calculs
- Diamètres D et d, après conversion, en m
- Sections A et a, en m²
- Rapport des sections a/A : sans dimension
- Hauteur d'échantillon L, en m
- Nombre pi : sans dimension
Les deux sections s'expriment en mètres carrés, et la conversion depuis les millimètres porte sur le CARRÉ du facteur : un million, non mille. C'est la source d'erreur la plus fréquente de tout l'exercice — et le moyen sûr de l'éviter est de convertir les longueurs, jamais les aires . Un diamètre de cent millimètres devient 0,100 mètre par une division par mille, opération que personne ne rate ; une section de 7854 millimètres carrés devient 7,854 × 10⁻³ mètre carré par une division par un million, opération que tout le monde finit par rater un jour. La règle vaut au-delà de cet exercice : convertir le plus tôt possible, sur les grandeurs les plus simples, et laisser les puissances se former d'elles-mêmes dans le calcul.,
1. Résolution Numérique Section de l'échantillon de solPourquoi fait-on ce calcul ? Parce que c'est la surface à travers laquelle l'eau traverse le sol, et donc le facteur qui relie la vitesse de Darcy au débit réel.
On convertit d'abord le diamètre en mètres, puis on applique l'aire du disque. L'ordre compte : convertir la LONGUEUR est immédiat, convertir l'aire ensuite demanderait de diviser par un million — et c'est exactement là que l'erreur se produit.
- Substitution : D = 100 mm, soit 0,100 m après conversion. Aucune autre donnée n'intervient.
- Piège évité : Ne pas calculer avec 100 mm sans convertir. La section ressortirait à 7854 en millimètres carrés, et reportée telle quelle donnerait une perméabilité un million de fois trop faible.
- Hypothèse validée : L'échantillon est un cylindre parfait, de section constante sur ses quinze centimètres de hauteur. Le moule d'essai le garantit ; un échantillon taillé à la main s'en écarterait.
- Vérification croisée : L'ordre de grandeur attendu est la dizaine de centimètres carrés : on trouve 78,5 cm², soit 7,854 × 10⁻³ m². Le contrôle passe.
- Finalité : Cette section figure au dénominateur de la formule de perméabilité, où elle sera divisée par la section de la burette.
78,5 centimètres carrés, soit la surface d'un disque de dix centimètres de diamètre. C'est un compromis d'essai : assez large pour que l'écoulement traverse un volume représentatif du sol et non quelques pores privilégiés, assez étroit pour que l'échantillon soit prélevable et manipulable . Les moules courants se situent tous entre sept et quinze centimètres.
- Ordre de grandeur : Un échantillon de dix centimètres de diamètre contient, pour un limon, de l'ordre de plusieurs millions de grains. C'est ce qui rend la mesure représentative à l'échelle du matériau, sinon à celle du massif.
- Impact sur la suite : Elle apparaît au dénominateur du facteur géométrique de la question 2, où elle divise la section de la burette.
- Cohérence : Le résultat est positif et de l'ordre attendu. Le rapport au diamètre est cohérent : une section de 78,5 cm² pour un disque de 10 cm de diamètre, soit environ 0,785 fois le carré du diamètre.
- Attention : C'est la section BRUTE de l'échantillon, et non la surface offerte à l'écoulement, qui est celle des vides. La loi de Darcy raisonne ainsi par convention, et sa vitesse est fictive pour la même raison.
- Comparaison : Un échantillon de 70 mm de diamètre, taille également courante, aurait une section de 38,5 cm², soit la moitié. La perméabilité calculée en serait doublée à mesures égales — d'où l'importance de la mesure au pied à coulisse.
Remarque pédagogique : Convertir la longueur avant de calculer l'aire est une habitude qui ne coûte rien et qui supprime définitivement la question de l'exposant de conversion.
Section de la burette et rapport des sectionsPourquoi fait-on ce calcul ? Parce que la mesure de l'essai est une baisse de NIVEAU, et que seule la section de la burette permet de la convertir en volume d'eau traversé.
On applique la même formule au diamètre intérieur de la burette, puis on établit le rapport des deux sections. Ce rapport se calcule mieux directement par les diamètres : ni pi ni le facteur quatre n'y subsistent, et le résultat est exact, sans le moindre arrondi.
- Substitution : d = 10 mm, soit 0,010 m, d'où une section de 7,854 × 10⁻⁵ m² par la même formule qu'au bloc précédent. C'est le RAPPORT qui est calculé ici, et directement par les diamètres : π et le facteur quatre se simplifient, le résultat est donc exact.
- Piège évité : Ne pas confondre le diamètre intérieur avec l'extérieur. Sur un tube de verre courant, l'épaisseur de paroi peut faire perdre un cinquième de section, et donc autant sur la perméabilité annoncée.
- Hypothèse validée : Le diamètre intérieur est constant sur toute la hauteur de mesure, ce que garantit une burette de verrerie calibrée. Un simple tube étiré ne l'assurerait pas.
- Vérification croisée : La section doit valoir exactement un centième de celle de l'échantillon, les diamètres étant dans un rapport de dix. On trouve 7,854 × 10⁻⁵ contre 7,854 × 10⁻³ : le contrôle passe à la quatrième décimale.
- Finalité : Le rapport des sections est le premier des trois facteurs de la formule de perméabilité.
La burette a une section cent fois plus petite que l'échantillon. C'est ce facteur cent qui rend l'essai possible sur un sol fin : le volume qui traverse l'échantillon en trente minutes ferait baisser le niveau d'un dixième de millimètre dans un tube de la taille de l'échantillon, contre un centimètre dans la burette . Le dispositif amplifie la mesure d'un facteur cent.
- Ordre de grandeur : Pour un sol dix fois moins perméable, on emploierait une burette deux à trois fois plus fine encore, ce qui allongerait la durée d'essai dans le même rapport que le carré du diamètre.
- Impact sur la suite : Ce rapport de un centième est le premier facteur de la formule de perméabilité, et le seul des trois à être connu exactement.
- Cohérence : Les deux sections sont dans le rapport attendu du carré des diamètres, et le rapport obtenu est exactement un centième — sans arrondi, ce qui confirme que le chemin direct par les diamètres était le bon.
- Attention : Le rapport des sections est exact, mais les sections elles-mêmes portent l'incertitude de mesure des diamètres, doublée par la mise au carré. C'est le rapport qu'il faut employer, pas le quotient de deux valeurs arrondies.
- Comparaison : Avec une burette de 5 mm, le rapport tomberait à un quatre-centième, et la perméabilité calculée serait quatre fois plus faible à durée d'essai égale — ou la durée quatre fois plus longue à perméabilité égale.
Remarque pédagogique : Un rapport qui se calcule sans constante ni conversion est toujours plus fiable qu'un quotient de deux résultats intermédiaires. Il faut le chercher chaque fois qu'il existe.
« Trois facteurs, dont un logarithme. Le logarithme n'est pas un ornement : c'est la signature d'un régime qui n'est pas permanent. La charge décroît pendant l'essai, donc le débit aussi. L'intégration de la loi de Darcy fait apparaître le logarithme népérien du rapport des charges — et c'est aussi de lui que vient la propriété remarquable exploitée à la question 4 : le temps de demi-charge ne dépend pas du niveau de départ. »
- Observation : Le rapport des charges vaut exactement deux, ce qui n'est pas un hasard d'énoncé : c'est le choix d'un opérateur qui veut un repère commode. Son logarithme, 0,6931, se retient et sert de contrôle.
- Analyse du risque : Employer le logarithme DÉCIMAL au lieu du népérien donnerait 0,3010 au lieu de 0,6931, soit une perméabilité 2,3 fois trop faible . Le résultat resterait de l'ordre de 10⁻⁷ m/s, dans la bonne unité et dans la bonne famille de sols : aucun contrôle d'ordre de grandeur ne le signalerait.
- Choix stratégique : Calculer d'abord le facteur géométrique de l'essai, qui regroupe les deux sections et la hauteur d'échantillon et dont l'homogénéité se contrôle, puis composer avec le temps et le terme logarithmique.
- Alternative : Passer par la formule brute en une seule ligne. Le résultat est le même, mais on perd le contrôle d'homogénéité intermédiaire — le facteur géométrique doit être une LONGUEUR, et une erreur sur les sections s'y voit immédiatement.
- Objectif visé : Obtenir le coefficient de perméabilité en unités du Système international, et le traduire en un ordre de grandeur physiquement parlant.
Voir uniquement le résultat final (Auto-évaluation)
Pendant un intervalle bref, le niveau baisse d'une petite hauteur dans la burette : le volume qui a traversé vaut la section de burette multipliée par cette baisse. Le même volume traverse l'échantillon selon Darcy, sous le gradient du moment. Égaler les deux donne une équation différentielle où la baisse relative est constante par unité de temps — et l'intégrale de l'inverse d'une variable est son logarithme. Le logarithme n'est donc pas une astuce de calcul : il est la forme même de la décroissance.
Un regroupement géométrique, puis la formule intégrée. Le premier existe surtout pour être contrôlé.
Facteur géométrique de l'essaiRegroupe la géométrie du dispositif en une seule longueur.
Parce que les trois grandeurs géométriques de l'essai — les deux sections et la hauteur d'échantillon — n'interviennent que par ce groupement. Le calculer à part permet d'en contrôler l'homogénéité avant de composer avec le temps : le résultat doit être une longueur
- a·L/A : facteur géométrique, homogène à une longueur, unité : m
- a/A : rapport des sections, exact, unité : —
- L : hauteur d'échantillon traversée par l'écoulement, unité : m
- ordre attendu : le millimètre, soit un centième de la hauteur, unité : m
- dépendance : du dispositif seul, jamais du sol, unité : —
Donne la perméabilité du sol à partir de la décroissance observée.
Parce que le débit n'est pas constant : il décroît avec la charge, et l'on ne peut donc pas simplement diviser un volume par un temps. L'intégration de la loi de Darcy sur la durée de l'essai fournit la relation exacte, et le logarithme en est la trace . C'est la forme adaptée aux sols peu perméables
- k : coefficient de perméabilité, homogène à une vitesse, unité : m/s
- t : durée de l'essai, en secondes, unité : s
- h₁ et h₂ : charges au début et à la fin, même unité, unité : m
- ln : logarithme NÉPÉRIEN, non décimal, unité : —
- h₁/h₂ : rapport sans dimension, ici exactement deux, unité : —
Le logarithme est népérien. Le décimal donnerait un résultat 2,3 fois trop faible, dans la bonne famille de sols.
- L'erreur : Employer le logarithme décimal au lieu du népérien, sur une touche de calculatrice voisine.
- La bonne méthode : Retenir que le logarithme de deux vaut 0,693 en népérien et 0,301 en décimal. Le premier est le bon, et il se contrôle d'un coup d'œil.
- L'astuce de pro : Contrôler le facteur géométrique séparément : il doit être une longueur de l'ordre du millimètre. Une erreur de section s'y voit avant de contaminer le résultat.
- Le moyen mnémotechnique : Le logarithme vient d'une intégration : il est donc népérien, toujours.
- L'impact direct : Un facteur 2,3 sur la perméabilité déplace un délai de consolidation, un débit d'exhaure ou une durée de rabattement d'autant — et fait basculer un choix de méthode.
Exécution de la Note de Calculs
- Facteur géométrique a·L/A, une longueur, en m
- Durée de l'essai t, convertie en s
- Rapport des charges h₁/h₂ : sans dimension
- Logarithme népérien : sans dimension
- Coefficient de perméabilité k, une vitesse, en m/s
Le facteur géométrique est une longueur, divisé par un temps il donne une vitesse, et le logarithme étant sans dimension le résultat est bien en mètres par seconde. Qu'une perméabilité soit homogène à une vitesse mérite un mot — c'est la vitesse qu'aurait l'eau traversant le sol sous un gradient unitaire — car cette lecture rend le nombre tangible. Ici, 5,78 × 10⁻⁷ mètre par seconde signifie qu'il faudrait vingt jours à l'eau pour parcourir un mètre de ce sol sous un gradient de un, ou dix-huit mètres par an. Ces deux traductions valent mieux qu'une puissance de dix pour se représenter ce dont on parle, et elles fournissent au passage un contrôle : un sol qui laisserait passer l'eau de dix-huit mètres par an n'est ni un gravier, où elle ferait des kilomètres, ni une argile, où elle ferait quelques centimètres.,
1. Résolution Numérique Facteur géométrique de l'essaiPourquoi fait-on ce calcul ? Parce que regrouper la géométrie avant de composer avec le temps permet d'en contrôler l'homogénéité, et d'attraper une erreur de section avant qu'elle ne contamine le résultat.
On multiplie le rapport des sections par la hauteur d'échantillon. Le résultat doit être homogène à une longueur — c'est le contrôle que ce regroupement existe pour rendre possible, et il ne coûte qu'une ligne.
- Substitution : a/A = 0,0100, rapport exact établi en question 1 ; L = 150 mm, soit 0,150 m après conversion.
- Piège évité : Ne pas oublier de convertir la hauteur d'échantillon. Laissée en millimètres, elle donnerait un facteur géométrique mille fois trop grand, et une perméabilité de 5,8 × 10⁻⁴ m/s — celle d'un sable propre.
- Hypothèse validée : La hauteur d'échantillon reste constante pendant l'essai. Un tassement sous le gradient appliqué la réduirait, ce que rien dans le dispositif ne mesure.
- Vérification croisée : Le résultat doit être une longueur de l'ordre du millimètre, soit un centième de quinze centimètres. On trouve 1,500 mm : le contrôle passe.
- Finalité : Ce facteur sera divisé par la durée d'essai puis multiplié par le terme logarithmique.
1,500 millimètre : la géométrie de tout le dispositif se résume à cette longueur. Elle ne dépend que du montage, jamais du sol , et deux essais menés sur le même perméamètre la partagent — ce qui en fait une constante d'appareil, à calculer une fois pour toutes . Le sol n'intervient qu'ensuite, par la durée qu'il impose.
- Ordre de grandeur : Un millimètre et demi pour un rapport de sections d'un centième et un échantillon de quinze centimètres. Une burette deux fois plus fine diviserait ce facteur par quatre.
- Impact sur la suite : Il sera divisé par les 1800 secondes de l'essai, puis multiplié par le logarithme du rapport des charges.
- Cohérence : Le résultat est bien homogène à une longueur et de l'ordre attendu. Sa valeur, un centième de la hauteur d'échantillon, reflète exactement le rapport des sections.
- Attention : Ce facteur suppose la hauteur d'échantillon inchangée. Sous un gradient de plus de cinq, un limon peu consolidé peut se tasser de quelques dixièmes de millimètre pendant l'essai, ce que le dispositif ne mesure pas.
- Comparaison : Sur un perméamètre à burette de 5 mm et échantillon de 70 mm, le facteur vaudrait 0,00179 mm, soit près de mille fois moins : la durée d'essai serait allongée d'autant à perméabilité égale.
Remarque pédagogique : Un groupement intermédiaire dont on peut contrôler la dimension est toujours préférable à un calcul mené d'un trait. Il coûte une ligne et supprime une classe entière d'erreurs.
Coefficient de perméabilitéPourquoi fait-on ce calcul ? Parce que c'est le résultat de l'essai, et la seule grandeur qui entrera ensuite dans un calcul de débit, de consolidation ou d'étanchéité.
On divise le facteur géométrique par la durée d'essai, puis on multiplie par le logarithme népérien du rapport des charges. Le rapport valant exactement deux, ce logarithme vaut 0,6931 — valeur qui se retient et qui sert de contrôle contre l'emploi du logarithme décimal.
- Substitution : a·L/A = 1,500 × 10⁻³ m, établi au bloc précédent ; t = 30 min soit 1800 s ; h₁/h₂ = 0,80/0,40 = 2 exactement.
- Piège évité : Ne pas employer le logarithme décimal, qui vaut 0,3010 pour deux. Le résultat, 2,51 × 10⁻⁷ m/s, resterait dans la famille des limons et ne se signalerait par rien.
- Hypothèse validée : L'écoulement est laminaire, le sol homogène et saturé, et la perméabilité constante pendant les trente minutes. C'est cette dernière hypothèse que le gradient élevé met en cause, et la question 4 y revient.
- Vérification croisée : Le résultat doit tomber entre 10⁻⁹ et 10⁻⁵ m/s pour un sol fin. On trouve 5,78 × 10⁻⁷, soit 18,2 mètres par an ou vingt jours pour traverser un mètre sous gradient unitaire.
- Finalité : Cette valeur sera rapportée à vingt degrés à la question 3, correction que l'énoncé ne demande pas et qui pèse pourtant plus que tout le reste.
5,78 × 10⁻⁷ mètre par seconde, soit 18,2 mètres par an. Autrement dit vingt jours pour traverser un mètre de ce sol sous gradient unitaire — ce qui range l'échantillon parmi les sols peu perméables, entre le sable fin et le limon . Une argile mettrait des années à faire le même trajet.
- Ordre de grandeur : Un limon se situe couramment entre 10⁻⁸ et 10⁻⁶ m/s. La valeur obtenue est dans le tiers supérieur de cette plage, du côté du sable fin plutôt que de l'argile.
- Impact sur la suite : C'est la valeur d'entrée de tout calcul de débit d'exhaure, de temps de consolidation ou de dimensionnement de drainage sur ce sol.
- Cohérence : Le résultat est positif, dans la plage attendue pour un sol fin, et l'écart avec la valeur publiée par la source — 5,8 × 10⁻⁷ — est de 0,4%, imputable à son arrondi. L'arithmétique de la source est ici correcte.
- Attention : C'est la perméabilité à la TEMPÉRATURE DE L'ESSAI, que l'énoncé ne donne pas. Publiée telle quelle, elle n'est pas exploitable : la question 3 chiffre ce que cette omission coûte.
- Comparaison : Le même essai mené sur 45 minutes au lieu de 30 aurait donné, à sol identique, un rapport de charges différent — et non un coefficient différent. C'est le sol qui impose la durée, non l'inverse.
Remarque pédagogique : Traduire une perméabilité en mètres par an ou en jours de traversée rend immédiatement contrôlable un nombre que sa puissance de dix rend abstrait. Deux divisions, et le résultat devient discutable.
« Le calcul est juste et le résultat inexploitable. Il manque une donnée que personne n'a relevée. Un coefficient de perméabilité se rapporte toujours à vingt degrés . Celui de la question 2 est celui de l'eau à la température de l'essai, que l'énoncé ne donne pas — et selon qu'il ait été mené à dix ou à vingt-cinq degrés, la valeur corrigée varie d'un facteur 1,47. »
- Observation : La viscosité de l'eau chute de 1,306 à 0,890 millipascal-seconde entre dix et vingt-cinq degrés, soit trente-deux pour cent pour quinze degrés d'écart. Une eau moins visqueuse traverse plus vite le même sol.
- Analyse du risque : Publier un coefficient sans sa température de référence, c'est publier un nombre et non une mesure . Le lecteur ne peut ni le comparer à un autre essai, ni l'employer dans un calcul de débit : il ignore ce qu'il vaut. Et rien dans le nombre lui-même ne signale ce qui manque.
- Choix stratégique : Établir le rapport de viscosités correspondant à une hypothèse de température explicitement posée, appliquer la correction, puis balayer l'hypothèse sur toute la plage plausible d'un laboratoire et chiffrer l'intervalle qui en résulte.
- Alternative : Employer les formules empiriques qui donnent le rapport de viscosités directement en fonction de la température, sans passer par les valeurs tabulées. Le résultat est identique à mieux d'un pour cent près ; la table a l'avantage de rendre visible la variation.
- Objectif visé : Rapporter le coefficient mesuré à la température de référence, et chiffrer l'incertitude que l'absence de cette donnée introduit dans le résultat.
Voir uniquement le résultat final (Auto-évaluation)
La grandeur qui ne dépend que du sol est sa perméabilité INTRINSÈQUE, homogène à une surface, et qui mesure la géométrie de ses vides. Le coefficient employé en géotechnique y ajoute les propriétés du fluide — son poids volumique et sa viscosité . C'est donc une propriété du couple sol-fluide, et la température de l'eau y entre au même titre que la porosité du sol.
Un rapport de viscosités, puis un produit. La difficulté n'est pas dans le calcul mais dans le fait d'y penser.
Rapport de correction de viscositéTraduit l'écart de température en un facteur multiplicatif.
Parce que la perméabilité varie comme l'inverse de la viscosité du fluide, toutes choses égales par ailleurs. Le rapport des viscosités entre la température d'essai et celle de référence donne donc directement le facteur de correction , sans qu'aucun autre paramètre du sol n'ait à intervenir
- RT : rapport de correction de viscosité, sans dimension, unité : —
- ηT : viscosité dynamique de l'eau à la température d'essai, unité : mPa·s
- η20 : viscosité dynamique à vingt degrés, soit 1,0016, unité : mPa·s
- sens : supérieur à un si l'essai est sous vingt degrés, unité : —
- origine : données physiques publiques, hors norme, unité : —
Rend le résultat comparable à toute autre mesure et utilisable en calcul.
Parce qu'un coefficient de perméabilité ne se compare et ne s'emploie que rapporté à une température convenue. Sans cette référence, deux essais menés sur le MÊME sol dans deux laboratoires ne se recouperaient pas , et l'écart serait attribué au sol alors qu'il ne vient que du thermomètre
- k20 : perméabilité rapportée à vingt degrés, unité : m/s
- kT : perméabilité mesurée à la température d'essai, unité : m/s
- RT : rapport de correction, calculé au bloc précédent, unité : —
- référence : vingt degrés, convention usuelle, unité : °C
- condition : la température doit avoir été relevée, unité : —
Un coefficient publié sans sa température de référence est un nombre, pas une mesure.
- L'erreur : Omettre de relever la température de l'eau, puis publier le coefficient brut comme s'il était rapporté à vingt degrés.
- La bonne méthode : Traiter la température comme une donnée de mesure, au même titre que les niveaux et le temps, et la porter sur la feuille d'essai.
- L'astuce de pro : Contrôler le sens de la correction : eau froide, donc plus visqueuse, donc perméabilité mesurée sous-estimée, donc correction supérieure à un.
- Le moyen mnémotechnique : Froid égale visqueux égale lent : la correction relève.
- L'impact direct : Une erreur de trente pour cent sur la perméabilité déplace d'autant un délai de consolidation ou un débit d'exhaure, et peut faire passer un sol d'un côté à l'autre d'une exigence contractuelle d'étanchéité.
Exécution de la Note de Calculs
- Viscosité dynamique de l'eau, en mPa·s
- Rapport de correction RT : sans dimension
- Température, en °C
- Perméabilité mesurée kT, en m/s
- Perméabilité corrigée k20, en m/s
Le rapport de deux viscosités est sans dimension, quelle que soit l'unité dans laquelle elles sont exprimées, pourvu qu'elle soit la même pour les deux. L'unité de la viscosité dynamique mérite d'être située — le millipascal-seconde, soit l'ancien centipoise — parce que l'eau à vingt degrés y vaut très exactement une unité, à deux millièmes près. Cette coïncidence n'est pas fortuite : le centipoise a précisément été défini pour que l'eau à température ordinaire en vale un, ce qui en fait un repère mnémotechnique commode. Une viscosité de 1,3 se lit donc immédiatement comme « trente pour cent de plus que l'eau ordinaire », et le rapport de correction se contrôle de tête.,
1. Résolution Numérique Rapport de correction de viscositéPourquoi fait-on ce calcul ? Parce que la perméabilité varie comme l'inverse de la viscosité du fluide, et que l'essai n'a pas été mené à la température de référence.
On forme le rapport de la viscosité de l'eau à la température d'essai sur celle à vingt degrés. L'énoncé ne donnant pas cette température, on pose une hypothèse explicite — dix-huit degrés, valeur courante d'un laboratoire non climatisé — que le bloc suivant balaiera sur toute la plage plausible.
- Substitution : Viscosité dynamique de l'eau : 1,0533 mPa·s à 18 °C et 1,0016 mPa·s à 20 °C. Ce sont des données physiques du domaine public, indépendantes de toute norme.
- Piège évité : Ne pas inverser le rapport. Écrire la viscosité à vingt degrés au numérateur donnerait 0,9509, correction qui ABAISSE la perméabilité alors qu'un essai mené au frais la sous-estime déjà.
- Hypothèse validée : L'essai a été mené à 18 °C. C'est une HYPOTHÈSE, non une donnée : l'énoncé ne dit rien de la température, et le bloc suivant chiffre ce que cette lacune coûte.
- Vérification croisée : Le rapport doit dépasser un puisque l'essai est supposé plus froid que la référence. On trouve 1,0516 : le contrôle de sens passe.
- Finalité : Ce rapport multipliera le coefficient mesuré pour donner sa valeur rapportée à vingt degrés.
Un rapport de 1,0516 : deux degrés d'écart valent déjà 5,2% sur le résultat. C'est plus que toute l'incertitude de lecture des niveaux et du chronomètre réunies , pour une donnée qui ne demande qu'un thermomètre plongé dans la burette . Le rapport entre l'effet et l'effort est ici sans équivalent dans l'essai.
- Ordre de grandeur : La viscosité de l'eau varie d'environ 2,3% par degré autour de vingt degrés. Ce taux se retient et permet d'estimer la correction de tête à mieux de un pour cent sur la plage courante.
- Impact sur la suite : Il relève le coefficient mesuré de 5,2% pour donner la valeur de référence, seule exploitable en calcul et en comparaison.
- Cohérence : Le rapport dépasse un, conformément au sens attendu pour un essai plus froid que la référence, et son ampleur — cinq pour cent pour deux degrés — est cohérente avec le taux de 2,3% par degré.
- Attention : La température retenue est une hypothèse, non une mesure. Toute note de calcul doit le dire, et donner l'intervalle correspondant plutôt qu'une valeur unique faussement précise.
- Comparaison : Un essai mené à dix degrés donnerait un rapport de 1,3038, soit trente pour cent de correction. À vingt-cinq degrés, 0,8886, soit onze pour cent dans l'autre sens.
Remarque pédagogique : Poser explicitement une hypothèse et la balayer vaut toujours mieux que la taire. Le lecteur sait alors ce qu'il ignore, ce qui est la seule façon honnête de publier un résultat incomplet.
Perméabilité rapportée à vingt degrésPourquoi fait-on ce calcul ? Parce que c'est la seule forme sous laquelle un coefficient de perméabilité se compare, se transmet et s'emploie dans un calcul.
On multiplie le coefficient mesuré par le rapport de correction. Puis on balaie l'hypothèse de température sur la plage plausible d'un laboratoire, de dix à vingt-cinq degrés, pour chiffrer ce que l'omission coûte — c'est cet intervalle, et non la valeur centrale, qui constitue le résultat honnête de l'essai.
- Substitution : kT = 5,776 × 10⁻⁷ m/s, mesuré en question 2 ; RT = 1,0516 sous l'hypothèse de 18 °C.
- Piège évité : Ne pas publier la valeur corrigée seule. Sans l'intervalle du balayage, elle affiche une précision que l'absence de mesure de température ne permet pas.
- Hypothèse validée : Le fluide est de l'eau pure ou faiblement minéralisée, et sa température est restée stable pendant les trente minutes de l'essai.
- Vérification croisée : La valeur corrigée doit dépasser la mesurée, l'essai étant supposé plus froid que la référence, et tomber dans l'intervalle du balayage. Les deux contrôles passent.
- Finalité : C'est cette valeur, avec son intervalle, qui sera positionnée dans l'échelle des perméabilités à la question 4.
6,07 × 10⁻⁷ m/s sous l'hypothèse retenue, mais l'intervalle est ce qui compte : de 5,13 à 7,53 × 10⁻⁷ m/s selon que l'essai ait été mené à vingt-cinq ou à dix degrés , soit un facteur 1,47 entre les deux extrêmes — pour une donnée qui se relève en une seconde . L'incertitude introduite dépasse tout le reste du calcul.
- Ordre de grandeur : Un facteur 1,47 sur une perméabilité est modéré au regard de la variabilité naturelle d'une couche de sol, qui atteint couramment un facteur dix. Mais c'est une incertitude ÉVITABLE, et c'est ce qui la distingue.
- Impact sur la suite : C'est la valeur de référence du sol, celle qui entrera dans les calculs de débit, de consolidation ou d'étanchéité, et celle qui se compare à une exigence contractuelle.
- Cohérence : La valeur corrigée dépasse bien la mesurée et se situe dans l'intervalle du balayage, du côté attendu. L'ensemble reste dans la famille des sols peu perméables.
- Attention : L'intervalle donné ne couvre QUE l'incertitude de température. Il ne dit rien de la variabilité du sol lui-même, que la NF EN 1997-2 traite en imposant plusieurs éprouvettes par couche — et l'exercice n'en compte qu'une.
- Comparaison : L'incertitude de lecture des niveaux, de l'ordre du millimètre sur quarante centimètres, contribue pour moins de 0,4% au résultat. L'omission de la température pèse cent fois plus.
Remarque pédagogique : Le résultat honnête d'un essai incomplet est un intervalle, jamais une valeur. Donner une valeur unique reviendrait à masquer ce qu'on ne sait pas.
« Le coefficient est juste. Reste à savoir dans quelles conditions il a été obtenu, et si ces conditions ont un rapport avec le terrain. Le gradient hydraulique appliqué vaut plus de cinq , quand un écoulement en place se situe entre un centième et l'unité. On mesure le sol dans des conditions qu'il ne rencontrera jamais — ce qui accélère l'essai et expose à des désordres internes que rien ne mesure. »
- Observation : La charge initiale de quatre-vingts centimètres se dissipe sur quinze centimètres d'échantillon. Le rapport des deux est le gradient, et il vaut 5,33 — cinq à cinq cents fois celui d'un écoulement naturel.
- Analyse du risque : Un fort gradient peut entraîner les particules fines à travers l'échantillon, ce qui modifie le sol pendant qu'on le mesure . Le coefficient dérive alors au cours de l'essai, et la valeur rapportée n'est celle d'aucun état du matériau — ni celui de départ, ni celui d'arrivée.
- Choix stratégique : Chiffrer le gradient appliqué et le comparer à celui du terrain. Établir le temps de demi-charge, qui fournit un contrôle de cohérence gratuit. Calculer enfin le volume écoulé, pour juger de ce que la lecture exige de précision.
- Alternative : Réduire la charge initiale pour se rapprocher du gradient de terrain. L'essai durerait alors beaucoup plus longtemps — la durée varie comme l'inverse du logarithme du rapport des charges — et l'évaporation deviendrait à son tour une source d'erreur.
- Objectif visé : Juger de la validité de l'essai à partir de trois grandeurs qui ne figurent dans aucune formule, et conclure sur la nature du sol.
Voir uniquement le résultat final (Auto-évaluation)
La charge décroît exponentiellement avec le temps. Il en résulte que la durée mise à la diviser par deux est constante , quelle que soit la charge de départ — exactement comme une période radioactive. Relever un niveau intermédiaire fournit donc un contrôle de cohérence qui ne coûte rien : les deux moitiés de l'essai doivent durer le même temps.
Un rapport, puis une inversion de la formule de perméabilité. La seconde révèle une propriété que la première ne laissait pas deviner.
Gradient hydraulique appliquéMesure l'intensité de la sollicitation hydraulique imposée à l'échantillon.
Parce que la loi de Darcy relie la vitesse d'écoulement au gradient, et non à la charge seule. Une même charge appliquée sur un échantillon deux fois plus court produit un gradient deux fois plus fort , donc un écoulement deux fois plus rapide — et c'est le gradient, non la charge, qui décide de l'agressivité de l'essai
- i : gradient hydraulique, sans dimension, unité : —
- h : charge hydraulique au moment considéré, unité : m
- L : hauteur d'échantillon sur laquelle elle se dissipe, unité : m
- en place : de 0,01 sous une nappe à 1 près d'un drain, unité : —
- en essai : de 5,33 au début à 2,67 à la fin, unité : —
Donne la durée nécessaire pour diviser la charge par deux, et fournit un contrôle d'essai.
Parce que la décroissance étant exponentielle, cette durée ne dépend pas de la charge de départ. Elle caractérise le couple dispositif-sol et rien d'autre, ce qui permet de la comparer d'une moitié d'essai à l'autre et d'y lire toute évolution de l'échantillon
- t₁/₂ : durée mise à diviser la charge par deux, unité : s
- ln 2 : logarithme népérien de deux, soit 0,6931, unité : —
- k : perméabilité, au dénominateur, unité : m/s
- indépendance : la durée ne dépend pas de la charge de départ, unité : —
- contrôle : deux demi-périodes inégales révèlent une dérive, unité : —
Deux demi-périodes inégales révèlent que l'échantillon a changé pendant qu'on le mesurait.
- L'erreur : Publier un coefficient sans avoir vérifié que la perméabilité est restée constante pendant l'essai.
- La bonne méthode : Relever un niveau intermédiaire et comparer les deux durées. C'est le contrôle le moins coûteux et le plus révélateur de l'essai.
- L'astuce de pro : Choisir le niveau intermédiaire au produit des deux autres sous la racine : la moyenne géométrique partage l'essai en deux durées égales.
- Le moyen mnémotechnique : Charge divisée par deux : toujours la même durée, quel que soit le départ.
- L'impact direct : Un échantillon qui se colmate pendant l'essai donne une perméabilité intermédiaire entre deux états, qui ne décrit ni le sol en place ni le sol colmaté.
Exécution de la Note de Calculs
- Gradient hydraulique i : sans dimension
- Temps de demi-charge, en s
- Volume écoulé, en cm³
- Débit moyen, en cm³/min
- Vitesse de Darcy, en m/s
Le gradient est un rapport de deux longueurs, donc sans dimension, et c'est ce qui permet de comparer un essai de laboratoire à un écoulement de terrain sans aucune conversion. Le volume écoulé mérite d'être ramené à une unité parlante — trente et un centimètres cubes, soit deux cuillerées à soupe — parce que ce nombre dit tout de la difficulté de l'essai. C'est la quantité d'eau qui a traversé l'échantillon en une demi-heure, et elle se répartit en un débit moyen d'environ un centimètre cube par minute. Un tel débit est invisible pour un débitmètre courant, et c'est précisément la raison d'être du dispositif à charge variable : en le convertissant en une baisse de niveau de quarante centimètres dans une burette étroite, on le rend lisible à la règle graduée. Toute l'ingéniosité de l'essai tient dans ce changement d'échelle.,
1. Résolution Numérique Gradient hydraulique appliquéPourquoi fait-on ce calcul ? Parce que c'est le gradient, et non la charge, qui pilote la vitesse d'écoulement — et parce qu'il décide de l'agressivité de l'essai vis-à-vis de l'échantillon.
On divise la charge par la hauteur d'échantillon sur laquelle elle se dissipe, au début puis à la fin de l'essai. Le gradient décroît comme la charge , donc de moitié ici, et sa comparaison au gradient de terrain est le premier contrôle de pertinence de l'essai.
- Substitution : h₁ = 0,80 m et h₂ = 0,40 m ; L = 0,150 m, hauteur de l'échantillon.
- Piège évité : Ne pas diviser par la hauteur de la burette ou par la hauteur totale du dispositif. La perte de charge se produit dans le SOL, et seule sa hauteur intervient.
- Hypothèse validée : La perte de charge se répartit uniformément sur la hauteur de l'échantillon, ce qui suppose un sol homogène. Une couche moins perméable y concentrerait le gradient.
- Vérification croisée : Le gradient doit décroître au cours de l'essai, dans le même rapport que la charge. On passe de 5,33 à 2,67 : exactement de moitié, comme attendu.
- Finalité : Ce chiffre sera comparé au gradient d'un écoulement en place, ce qui fonde la principale réserve sur l'essai.
Un gradient de 5,33 au début, contre 0,01 à 1 pour un écoulement en place. L'essai sollicite donc le sol cinq à cinq cents fois plus fort qu'il ne le sera jamais — choix assumé, qui ramène la mesure à trente minutes au lieu de plusieurs jours . Encore faut-il le signaler, car il expose à des désordres internes que rien ne mesure.
- Ordre de grandeur : Sous une nappe au repos, le gradient vaut quelques centièmes. Au voisinage immédiat d'un drain ou d'un pompage, il peut atteindre l'unité. Au-delà, on est en laboratoire ou en situation de renard hydraulique.
- Impact sur la suite : Il fonde la principale réserve de l'essai : le sol est mesuré dans des conditions qu'il ne rencontrera pas, et un entraînement de fines reste possible.
- Cohérence : Les deux gradients sont dans le rapport des deux charges, soit exactement deux, et l'ensemble décroît comme il se doit. La construction est cohérente.
- Attention : Un gradient élevé peut entraîner les fines à travers l'échantillon, ce qui modifie le sol pendant qu'on le mesure. Le contrôle du bloc suivant est précisément destiné à détecter cette dérive.
- Comparaison : Réduire la charge initiale à dix centimètres ramènerait le gradient à 0,67, proche du terrain — mais la baisse de niveau à mesurer deviendrait de cinq centimètres, et l'évaporation en burette deviendrait la principale source d'erreur.
Remarque pédagogique : Comparer les conditions d'essai à celles du terrain devrait être le premier réflexe devant tout résultat de laboratoire. C'est une division, et elle conditionne l'interprétation de tout le reste.
Temps de demi-chargePourquoi fait-on ce calcul ? Parce qu'il ne dépend pas de la charge de départ, et fournit donc un contrôle de constance de la perméabilité qui ne coûte qu'un relevé intermédiaire.
On inverse la formule de perméabilité en y posant un rapport de charges égal à deux. La durée obtenue ne dépend que du dispositif et du sol , jamais du niveau de départ — c'est ce qui en fait un contrôle utilisable à tout moment de l'essai.
- Substitution : a = 7,854 × 10⁻⁵ m², A = 7,854 × 10⁻³ m², L = 0,150 m, k = 5,776 × 10⁻⁷ m/s, ln 2 = 0,6931.
- Piège évité : Ne pas croire que la durée dépend de la charge de départ. C'est l'intuition qui trompe : une charge deux fois plus forte produit un débit deux fois plus grand, et les deux effets se compensent exactement.
- Hypothèse validée : La perméabilité est constante pendant l'essai. C'est justement l'hypothèse que ce contrôle sert à éprouver, et qu'un écart entre les deux demi-périodes prendrait en défaut.
- Vérification croisée : Le rapport des charges de cet essai valant exactement deux, la demi-période doit être égale à la durée totale, soit 1800 s. On la retrouve au millionième de seconde : c'est une identité, non une coïncidence.
- Finalité : Il fournit le protocole de contrôle à recommander : relever un niveau intermédiaire et comparer les deux durées.
Trente minutes pour diviser la charge par deux, quel que soit le niveau de départ. Passer de 80 à 40 centimètres et passer de 40 à 20 prennent exactement le même temps — propriété d'une décroissance exponentielle, la même qui gouverne une désintégration radioactive . Elle offre un contrôle gratuit que la source ne mentionne pas.
- Ordre de grandeur : Un sol dix fois moins perméable donnerait une demi-période de cinq heures. Ce calcul, mené AVANT l'essai, permet de dimensionner la durée et de choisir la burette en conséquence.
- Impact sur la suite : Il fournit le protocole de contrôle : un relevé intermédiaire, deux durées à comparer, et une dérive détectée si elles diffèrent.
- Cohérence : La demi-période égale exactement la durée de l'essai, ce qui était attendu puisque le rapport des charges vaut deux. L'écart est nul au millionième de seconde : c'est une identité algébrique.
- Attention : Ce contrôle détecte une évolution de l'échantillon sans dire laquelle. Colmatage progressif, entraînement de fines et saturation encore incomplète donnent tous trois des demi-périodes inégales.
- Comparaison : Pour partager cet essai en deux durées égales, il faudrait relever le passage à la moyenne géométrique des deux niveaux, soit 56,6 cm — et non à 60 cm, qui en est la moyenne arithmétique.
Remarque pédagogique : Une propriété qui rend une mesure indépendante d'un paramètre est toujours à chercher : elle fournit presque toujours un contrôle gratuit, et celui-ci ne demande qu'un coup d'œil supplémentaire à la burette.
Volume écoulé et débit moyenPourquoi fait-on ce calcul ? Parce que ce volume dit ce que l'essai exige de la lecture, et explique pourquoi le dispositif à charge variable existe.
On multiplie la section de la burette par la baisse de niveau. Le résultat, rapporté à la durée, donne le débit moyen — grandeur qui ne se mesure pas directement sur un sol fin, et que tout le montage a précisément pour but de rendre lisible.
- Substitution : a = 7,854 × 10⁻⁵ m² ; baisse de niveau = 0,80 − 0,40 = 0,40 m ; durée = 1800 s.
- Piège évité : Ne pas employer la section de l'ÉCHANTILLON. Le volume ressortirait cent fois trop grand, soit plus de trois litres au lieu de trente et un centimètres cubes — invraisemblable pour un limon en trente minutes.
- Hypothèse validée : Aucune évaporation en burette et aucune fuite le long de la paroi du moule. La seconde est la plus fréquente en pratique, et elle donnerait une perméabilité surestimée.
- Vérification croisée : Le débit moyen doit être de l'ordre du centimètre cube par minute, valeur qu'une burette rend lisible et qu'un débitmètre courant ne verrait pas. On trouve 1,05 cm³/min.
- Finalité : Ce chiffre justifie le principe même du dispositif et permet de juger de la précision de lecture nécessaire.
Trente et un centimètres cubes en trente minutes, soit deux cuillerées à soupe. Un centimètre cube par minute est invisible pour un débitmètre courant — et c'est exactement pour cela que le dispositif convertit ce débit en une baisse de quarante centimètres dans une burette étroite . Toute l'ingéniosité de l'essai tient dans ce changement d'échelle.
- Ordre de grandeur : Sur un sol dix fois moins perméable, le même dispositif ne laisserait passer que trois centimètres cubes en trente minutes, et l'évaporation en burette deviendrait comparable au débit mesuré.
- Impact sur la suite : Il fixe la précision de lecture nécessaire : un millimètre sur quarante centimètres, soit 0,25%, ce qui est aisément atteint sur une burette graduée.
- Cohérence : Le volume est cohérent avec la section de burette et la baisse de niveau, et le débit moyen correspond bien à l'ordre de grandeur attendu pour un sol peu perméable de cette taille d'échantillon.
- Attention : Ce volume suppose l'absence de fuite le long de la paroi du moule. C'est le défaut le plus fréquent de l'essai, et il donne systématiquement une perméabilité SURESTIMÉE, donc du côté qui rassure.
- Comparaison : L'incertitude de lecture, un millimètre sur quarante centimètres, contribue pour 0,25% au résultat — quatre-vingts fois moins que l'omission de la température relevée à la question 3.
Remarque pédagogique : Rapporter un volume à un objet familier — ici deux cuillerées à soupe — rend immédiatement sensible ce que l'essai mesure, et pourquoi il faut un dispositif pour le mesurer.
BILAN FINAL DE LA MISSION
Checklist d'Auto-Évaluation
Avant de clore cet exercice, vérifiez que vous avez bien assimilé la démarche globale de conception :
L'échantillon, de dix centimètres de diamètre et quinze de hauteur, présente une section de 7,854 × 10⁻³ m² ; la burette, dix fois plus étroite, une section cent fois moindre de 7,854 × 10⁻⁵ m². Leur rapport vaut exactement un centième — il ne dépend que des diamètres, ni le nombre pi ni le facteur quatre n'y subsistant, ce qui en fait la grandeur la plus fiable de tout l'exercice. Le facteur géométrique du dispositif s'établit donc à 1,500 × 10⁻³ mètre, longueur qui ne dépend que du montage et qu'un même perméamètre conserve d'un essai à l'autre. La charge étant passée de quatre-vingts à quarante centimètres en trente minutes, le logarithme népérien du rapport des charges vaut 0,6931 et le coefficient de perméabilité 5,776 × 10⁻⁷ mètre par seconde. Ce nombre gagne à être traduit : c'est 18,2 mètres par an, ou vingt jours pour traverser un mètre de ce sol sous gradient unitaire. L'arithmétique de la source dont cet exercice est tiré est ici correcte, à son arrondi près.
Trois réserves accompagnent ce résultat, et la première suffit à le rendre inexploitable en l'état : le coefficient calculé est celui de l'eau à la TEMPÉRATURE DE L'ESSAI, que l'énoncé ne donne pas — la plage plausible couvre un facteur 1,47, incertitude qui se supprimait d'un coup d'œil au thermomètre. Un contrôle gratuit existe par ailleurs : le temps de demi-charge ne dépend pas de la charge de départ, et deux demi-périodes inégales révéleraient un colmatage, un entraînement de fines ou une saturation incomplète.








