Analyse du Trafic sur l'Autoroute A100
Du trafic moyen journalier annuel au débit de pointe — facteurs de concentration et horizon de saturation
Contexte de l'Étude & Enjeux
Le Contexte : Le gestionnaire de l'autoroute A100 dispose d'une station de comptage permanente sur une section rurale à 2×2 voies. Cette station lui livre une seule grandeur synthétique : le trafic moyen journalier annuel. Or ce n'est pas ce trafic moyen qui sature une autoroute, c'est le débit de l'heure de pointe. Toute la question est donc de passer de l'un à l'autre — et ce passage n'est pas une simple division, car les véhicules légers et les poids lourds ne se concentrent pas du tout de la même façon dans la journée.
Pour avancer sereinement, voici les éléments fondamentaux que vous devez avoir à l'esprit. Gardez un œil attentif sur ces critères déterminants :
-
L'ouvrage étudié : Une section courante d'autoroute interurbaine à 2×2 voies, homogène, éloignée de toute grande agglomération. Cet éloignement n'est pas un détail : il commande la valeur du facteur de concentration à retenir.
-
La subtilité : Le trafic annuel est une moyenne sur 8 760 heures. L'heure de pointe, elle, concentre beaucoup plus de véhicules légers que la moyenne — mais pratiquement autant de poids lourds, car le fret roule régulièrement toute la journée.
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L'objectif final : Établir le débit de pointe, le convertir en unités comparables à la capacité, et déterminer dans combien d'années la section atteindra sa limite. C'est cette échéance qui déclenche la programmation d'un aménagement.
-
L'astuce de l'ingénieur : Contrôlez toujours votre débit de pointe par le rapport au trafic journalier du même sens : il doit se situer entre 8 et 12. Un rapport hors de cette fourchette signale une erreur.
Vous êtes chargé d'étude trafic au service d'exploitation. Votre mission est d'établir la note de diagnostic de la section : décomposer le trafic annuel en débit horaire moyen par sens et par catégorie, appliquer les facteurs de concentration pour obtenir le débit de pointe, en déduire le taux de saturation, et chiffrer l'horizon auquel la section atteindra sa capacité.
- Le grand défi : Comprendre pourquoi la part de poids lourds affichée sur l'année n'est pas celle que subit la section à l'heure de pointe — et pourquoi cela change le résultat.
- Votre rôle : Mener la chaîne complète : débit horaire moyen, décomposition par catégorie, application des facteurs de concentration, conversion en unités de véhicule particulier, taux de saturation, puis horizon de saturation.
- Le débit horaire moyen annuel du sens le plus chargé, décomposé entre véhicules légers et poids lourds, puis le débit de l'heure de pointe obtenu par application des facteurs de concentration, accompagné de la part de poids lourds réellement observée à cette heure.
- Le taux de saturation de la section et sa réserve de capacité, puis l'horizon de saturation au taux de croissance retenu, contrôlé par le rapport entre trafic journalier et débit de pointe.
Les données se répartissent en deux ensembles. Le premier rassemble les mesures de la station de comptage : trafic moyen journalier annuel, répartition par sens, part de poids lourds sur l'année. Le second regroupe les paramètres de conversion issus de mesures conduites sur les autoroutes interurbaines françaises : facteurs de concentration, coefficient d'équivalence et capacité par voie. Les premières décrivent cette section, les seconds permettent d'en déduire ce qui n'a pas été mesuré.
Formulaire & Aide-Mémoire (À consulter en cas de besoin)
Retrouvez ici les formules principales pour cet exercice. Ne les apprenez pas par cœur, comprenez comment les appliquer !
- Débit horaire moyen annuel \( \bar{x} = \dfrac{\text{TMJA}}{24} \)
- Débit du sens le plus chargé \( \bar{x}_s = \bar{x} \times r_s \)
- Débit de pointe par catégorie \( Q_{\text{pointe}} = \chi \times \bar{x}_{\text{cat}} \)
- Part de poids lourds en pointe \( p_{\text{pointe}} = \dfrac{Q_{PL}}{Q_{\text{pointe}}} \)
- Débit en unités de véhicule particulier \( Q_{\text{uvp}} = Q_{VL} + e \times Q_{PL} \)
- Taux de saturation \( \xi = \dfrac{Q_{\text{uvp}}}{\kappa} \)
- Horizon de saturation \( n = \dfrac{\ln\left( \kappa / Q_{\text{uvp}} \right)}{\ln\left( 1 + t \right)} \)
MESURES DE LA STATION DE COMPTAGE
| Symbole | Description | Valeur | Unité |
|---|---|---|---|
| \( \text{TMJA} \) | Trafic moyen journalier annuel tous véhicules, deux sens confondus : moyenne journalière du débit calculée sur l'année Sétra, Comptage temporaire du trafic routier (2004) | 32 000 | véh/j |
| \( r_s \) | Part du sens le plus chargé dans le trafic total, mesurée sur l'année | 55 | % |
| \( p \) | Part des poids lourds dans le trafic tous véhicules, sur l'ensemble de l'année | 14 | % |
| \( N \) | Nombre de voies par sens de circulation en section courante | 2 | voies |
| \( t \) | Taux de croissance annuel du trafic retenu pour la prévision, issu des séries de comptage | 1,8 | %/an |
- Rapport attendu entre trafic journalier et debit de pointe : \( \text{entre } \mathbf{8} \text{ et } \mathbf{12} \)
- Trafic journalier du sens le plus charge : \( 32000 \times 0{,}55 = \mathbf{17600} \text{ veh/j} \)
PARAMÈTRES DE CONVERSION ET DE CAPACITÉ
| Symbole | Description | Valeur | Unité |
|---|---|---|---|
| \( \chi_V \) | Facteur de concentration des véhicules légers pour une autoroute à deux voies ; il est élevé loin des grandes agglomérations, où la circulation d'échange domine Sétra, Fonctions temps-débit (2001) — § 1.2.3, tab. 2 | 2,6 | — |
| \( \chi_C \) | Facteur de concentration des poids lourds, unitaire quel que soit le nombre de voies : le fret se répartit régulièrement sur la journée Sétra, Fonctions temps-débit (2001) — § 1.2.3, tab. 2 | 1,0 | — |
| \( e \) | Coefficient d'équivalence d'un poids lourd en unités de véhicule particulier, en section courante d'autoroute interurbaine Sétra, Fonctions temps-débit (2001) — § 1.2.2 | 2,5 | UVP/PL |
| \( \kappa_v \) | Capacité pratique par voie sur autoroute interurbaine, valeur issue de mesures conduites sur une année complète Sétra, Fonctions temps-débit (2001) — § 1.2.2 | 1 730 | UVP/h/voie |
| \( \pm 10 \% \) | Incertitude affectant toute estimation de capacité, liée à la visibilité, aux rampes, aux intempéries et à l'habitude qu'ont les usagers de l'itinéraire Sétra, Réserve de capacité d'un itinéraire (2002) — § 3.1.1 | 10 | % |
- Capacite pratique des deux voies : \( \kappa = 2 \times 1730 = \mathbf{3460} \text{ UVP/h} \)
- Fourchette d'incertitude correspondante : \( 3460 \pm 346 \text{ UVP/h} \)
Extraits de Normes & Abaques (Documents Annexes)
Servez-vous des documents ci-dessous pour extraire les coefficients nécessaires à votre résolution.
Facteurs de concentration selon le type d'autoroute| Type de section | Véhicules légers · Poids lourds |
|---|---|
| Autoroute à 3 voies | 2,2 · 1,0 |
| Autoroute à 2 voies | 2,3 à 2,8 · 1,0 |
| Autoroute à 2 voies loin des grandes agglomérations | valeur haute de la fourchette |
3. Méthodologie de Résolution & Travail Demandé
L'étude progresse du général au particulier, puis du présent vers l'avenir. On décompose d'abord le trafic annuel jusqu'à obtenir un débit horaire moyen par sens et par catégorie. On lui applique ensuite les facteurs de concentration pour retrouver l'heure de pointe. On convertit alors ce débit en unités comparables à la capacité. On en déduit enfin l'échéance à laquelle la section atteindra sa limite.
Question 1 : Décomposition du trafic annuel en débit horaire moyen
Besoin d'un indice ? (Niveau 1)
Le trafic moyen journalier annuel est une moyenne sur les jours de l'année : le ramener à l'heure suppose de le diviser par le nombre d'heures d'une journée.
Toujours bloqué ? (Indice Niveau 2)
La part de 14 % s'applique au débit du sens étudié, et non au débit des deux sens. Les véhicules légers en représentent le complément à 100 %.
Question 2 : Application des facteurs de concentration et débit de pointe
Besoin d'un indice ? (Niveau 1)
Les deux catégories n'ont pas le même facteur : celui des poids lourds vaut 1, ce qui signifie que leur débit de pointe est égal à leur débit moyen annuel.
Toujours bloqué ? (Indice Niveau 2)
La part de poids lourds à l'heure de pointe se calcule sur les débits de pointe, non sur les débits moyens. Elle sera nécessairement plus faible que la part annuelle.
Question 3 : Conversion en unités de véhicule particulier et taux de saturation
Besoin d'un indice ? (Niveau 1)
Seuls les poids lourds sont pondérés : chaque véhicule léger compte pour une unité, et la conversion se fait à partir des débits de pointe, non des débits moyens.
Toujours bloqué ? (Indice Niveau 2)
La capacité par voie doit être multipliée par le nombre de voies d'un seul sens : le débit calculé ne concerne que ce sens.
Question 4 (Finale) : Horizon de saturation et contrôle de vraisemblance
Besoin d'un indice ? (Niveau 1)
Le rapport de contrôle se calcule entre le trafic journalier du sens étudié et le débit de pointe de ce même sens : comparer des grandeurs de périmètres différents n'aurait pas de sens.
Toujours bloqué ? (Indice Niveau 2)
L'horizon s'obtient en cherchant l'exposant qui, appliqué au facteur de croissance annuel, produit le rapport entre capacité et débit actuel. Le logarithme fait descendre cet exposant.
Analyse du Trafic sur l'Autoroute A100
"La station de comptage me livre un seul nombre : 32 000 véhicules par jour en moyenne sur l'année. Ce nombre agrège tout — les deux sens, les deux catégories de véhicules, les 365 jours et les 24 heures. Or aucune de ces dimensions n'est neutre pour un diagnostic de capacité : c'est toujours un sens, une catégorie, une heure qui sature une autoroute. Ma première tâche est donc de désagréger cette moyenne autant que les données le permettent, sans rien inventer au-delà."
- Observation : Le trafic moyen journalier annuel est une moyenne des débits journaliers sur l'année. Il ne décrit aucune journée réelle : ni le jour le plus chargé, ni le plus creux.
- Analyse du risque : Travailler sur les deux sens confondus diviserait par près de deux la charge réellement subie par la chaussée étudiée. C'est toujours un seul sens qui sature, jamais leur somme.
- Choix stratégique : Je désagrège en trois étapes successives — heure, sens, catégorie — plutôt qu'en une seule opération. Chaque étape reste ainsi vérifiable, et le calcul se relit sans reconstituer la chaîne entière.
- Alternative : J'aurais pu partir directement des relevés horaires de la station. Je m'en abstiens : la méthode retenue vise précisément à se passer du dépouillement des 8 760 heures de l'année, et c'est ce qui la rend applicable à n'importe quelle section équipée.
- Objectif visé : Disposer de deux débits horaires moyens — un par catégorie de véhicules, dans le sens le plus chargé — car ce sont eux, et non le trafic global, que les facteurs de concentration savent traiter.
Voir uniquement le résultat final (Auto-évaluation)
Une station de comptage permanente enregistre des millions de passages par an. Pour rendre cette masse exploitable, on la résume par quelques indicateurs conventionnels dont le plus employé est le trafic moyen journalier annuel. Savoir ce qu'il contient — et surtout ce qu'il ne contient pas — est la condition de tout diagnostic sérieux.
Trois relations, toutes élémentaires, mais dont l'enchaînement conditionne la validité de tout ce qui suit.
Débit horaire moyen annuel :Il ramène un trafic journalier à l'échelle de l'heure, seule échelle à laquelle une capacité est définie.
Une capacité s'exprime toujours en véhicules par heure, jamais par jour : le phénomène physique qui la produit — des véhicules qui se suivent et finissent par se gêner — se joue à l'échelle de la minute. Il faut donc ramener le trafic journalier à l'heure. La division par 24 donne une moyenne théorique qui n'est observée à aucun moment de la journée : c'est un intermédiaire de calcul, pas un débit réel, et c'est le facteur de concentration qui le transformera ensuite en débit observable.
- \( \bar{x} \) : debit horaire moyen annuel, tous sens et toutes categories, unité : veh/h
- \( \text{TMJA} \) : trafic moyen journalier annuel, moyenne des debits journaliers, unité : veh/j
- \( 24 \) : nombre d'heures contenues dans une journee, unité : h/j
Il isole le sens de circulation qui commande le dimensionnement.
Les deux chaussées d'une autoroute sont physiquement séparées : elles ne se prêtent aucune capacité. Le sens le moins chargé peut donc être parfaitement fluide pendant que l'autre sature. Seul le sens le plus chargé décide, et c'est sur lui que porte toute l'analyse. Sur un axe interurbain, le déséquilibre entre sens est structurel et reflète les mouvements pendulaires : il se mesure sur l'année et ne s'invente pas.
- \( \bar{x}_s \) : debit horaire moyen annuel du sens le plus charge, unité : veh/h
- \( \bar{x} \) : debit horaire moyen annuel tous sens confondus, unité : veh/h
- \( r_s \) : part du sens le plus charge dans le trafic total, unité : —
Elle sépare les véhicules légers des poids lourds, dont les comportements diffèrent radicalement.
Cette séparation est indispensable pour deux raisons distinctes, et il faut les distinguer. D'abord parce que les deux catégories ne se concentrent pas de la même façon dans la journée : les véhicules légers affluent aux heures de pointe, le fret roule régulièrement. Ensuite parce qu'elles ne gênent pas de la même façon : un poids lourd occupe l'équivalent de plusieurs voitures. Ces deux effets se traitent par des coefficients différents, à des étapes différentes du calcul, et les confondre est la source d'erreur la plus fréquente de ce type d'analyse.
- \( \bar{x}_{VL} \) : debit horaire moyen annuel des vehicules legers, unité : veh/h
- \( \bar{x}_{PL} \) : debit horaire moyen annuel des poids lourds, unité : veh/h
- \( \bar{x}_s \) : debit horaire moyen annuel du sens etudie, unité : veh/h
- \( p \) : part des poids lourds, en proportion, unité : —
"Beaucoup d'étudiants comparent directement le débit horaire moyen de 1 333 véh/h à la capacité de la section et concluent que l'autoroute est très largement sous-utilisée."
- L'erreur : Le débit de 1 333 véh/h concerne les deux sens, alors que la capacité de 3 460 UVP/h ne concerne qu'un seul. On compare une grandeur à une autre dont le périmètre est deux fois plus large.
- La seconde erreur : Ce débit est une moyenne annuelle, jamais observée. Le débit réel de l'heure de pointe lui est très supérieur : le facteur de concentration des véhicules légers vaut 2,6 sur cette section.
- L'impact chiffré : Le rapport erroné donnerait \( 1333/3460 = 0{,}385 \), soit un taux de saturation de 38,5 %. Le taux réel est de 0,5481, soit 42 % de plus. L'horizon de saturation calculé à partir du chiffre erroné serait surestimé de plus de vingt ans.
- Le moyen mnémotechnique : Avant toute comparaison, posez-vous deux questions : quel sens ? et quelle heure ?. Une capacité répond toujours « un sens, l'heure de pointe » ; un trafic annuel ne répond ni à l'une ni à l'autre.
- L'impact direct : Un horizon de saturation surestimé de vingt ans reporte d'autant la programmation d'un élargissement. Les études d'avant-projet et les procédures administratives durant elles-mêmes plusieurs années, l'aménagement arriverait avec une décennie de retard sur le besoin.
Exécution de la Note de Calculs
- Trafic moyen journalier annuel : en véhicules par jour, tous sens et toutes catégories confondus.
- Débit horaire moyen : en véhicules par heure, obtenu par division par 24 heures.
- Parts et pourcentages : convertis en proportion avant tout calcul — 55 % devient 0,55 et 14 % devient 0,14.
- Débits par catégorie : en véhicules par heure, et non encore en unités de véhicule particulier : la conversion viendra plus tard.
- Tous les débits de cette question se rapportent au sens le plus chargé à partir du deuxième calcul.
Quatre calculs en cascade : le passage du jour à l'heure, puis l'isolement du sens le plus chargé, puis la séparation des deux catégories de véhicules. Chaque étape restreint le périmètre, et aucune ne doit être sautée.
1. Résolution Numérique Calcul du débit horaire moyen annuel, deux sens confondusPourquoi fait-on ce calcul ? Une capacité s'exprime par heure : il faut d'abord ramener le trafic journalier à cette échelle.
On divise le trafic moyen journalier annuel par le nombre d'heures d'une journée.
- Substitution : \( \text{TMJA} = 32000 \) véh/j et 24 heures par jour.
- Piège évité : Ne pas diviser par le nombre d'heures de pointe ou par une durée de service. Le trafic annuel couvre les vingt-quatre heures, nuit comprise.
- Hypothèse validée : La station est permanente et le trafic annuel calculé sur 365 jours, ce qui donne une moyenne représentative.
- Vérification croisée : Un ordre de grandeur du millier de véhicules par heure est cohérent avec une autoroute interurbaine à 2×2 voies.
- Finalité : Ce débit moyen sera restreint au sens le plus chargé.
Mille trois cent trente-trois véhicules par heure en moyenne sur l'année, les deux sens réunis. Ce débit n'est observé à aucun moment de la journée.
- Ordre de grandeur : 1 333 véh/h pour quatre voies au total, soit 333 véhicules par voie et par heure : une autoroute très peu chargée si ce débit était réel.
- Impact sur la suite : C'est la référence à partir de laquelle les facteurs de concentration reconstitueront le débit de pointe.
- Cohérence : Le résultat est bien du même ordre de grandeur que les débits horaires courants d'une autoroute interurbaine hors pointe.
- Attention : Ce nombre ne doit jamais être comparé à une capacité. Il n'existe que comme intermédiaire de calcul, et c'est la confusion la plus fréquente sur ce type d'analyse.
- Comparaison : En pleine nuit, le débit réel tombe couramment sous 200 véh/h ; en heure de pointe, il dépasse 1 700 dans le seul sens chargé. La moyenne se situe entre les deux sans décrire ni l'un ni l'autre.
Remarque pédagogique : Retenez que toute moyenne annuelle est un artefact statistique utile. Sa vertu n'est pas de décrire une réalité mais de résumer une année entière en un nombre que l'on sait ensuite transformer.
Calcul du débit horaire moyen du sens le plus chargéPourquoi fait-on ce calcul ? Les deux chaussées sont séparées : c'est le sens le plus chargé qui commande le dimensionnement.
On applique au débit tous sens confondus la part mesurée du sens le plus chargé.
- Substitution : \( \bar{x} = 1333{,}33 \) véh/h et \( r_s = 0{,}55 \).
- Piège évité : Ne pas diviser par deux. La répartition n'est pas équilibrée : supposer 50-50 sous-estimerait le sens chargé de 10 %.
- Hypothèse validée : La répartition de 55 % est mesurée sur l'année par la même station, donc cohérente avec le trafic annuel utilisé.
- Vérification croisée : Le sens le moins chargé reçoit \( 1333{,}33 \times 0{,}45 = 600{,}00 \) véh/h, et la somme redonne bien 1 333,33.
- Finalité : Ce débit sera décomposé entre véhicules légers et poids lourds.
Sept cent trente-trois véhicules par heure en moyenne dans le sens étudié, soit 67 de plus que si la répartition avait été équilibrée.
- Ordre de grandeur : 733 véh/h sur deux voies, soit 367 par voie et par heure en moyenne annuelle : le quart environ de la capacité d'une voie.
- Impact sur la suite : C'est ce débit, et lui seul, qui sera décomposé puis concentré. Le sens opposé ne sera plus mentionné.
- Cohérence : Le débit du sens chargé dépasse la moitié du total, conformément à une part supérieure à 50 %.
- Attention : Le déséquilibre de 55-45 est une moyenne annuelle. À l'heure de pointe du matin, il atteint couramment 65-35 sur un axe pendulaire : l'analyse conduite ici est donc plutôt optimiste.
- Comparaison : Avec une répartition de 65-35, le débit moyen du sens chargé monterait à 866,67 véh/h, soit 18 % de plus, et l'horizon de saturation en serait réduit d'une dizaine d'années.
Remarque pédagogique : Cette dernière observation mérite d'être portée à la conclusion : lorsqu'une hypothèse est optimiste, il faut le dire et en chiffrer l'effet. C'est ce qui distingue une note d'étude d'une simple application de formules.
Calcul du débit horaire moyen des véhicules légersPourquoi fait-on ce calcul ? Les véhicules légers sont la catégorie qui se concentre aux heures de pointe : leur débit moyen est la donnée d'entrée du facteur de concentration.
On applique au débit du sens étudié le complément à un de la part de poids lourds.
- Substitution : \( \bar{x}_s = 733{,}33 \) véh/h et \( p = 0{,}14 \), soit un complément de 0,86.
- Piège évité : Appliquer la part de poids lourds au débit du sens étudié et non au débit des deux sens. La part de 14 % est une proportion, elle s'applique à n'importe quel périmètre, mais le résultat en dépend.
- Hypothèse validée : La composition du trafic est supposée identique dans les deux sens, hypothèse usuelle sur une section courante interurbaine.
- Vérification croisée : La somme des deux catégories devra redonner exactement 733,33 véh/h.
- Finalité : Ce débit sera multiplié par le facteur de concentration des véhicules légers.
Six cent trente véhicules légers par heure en moyenne. C'est cette population qui va gonfler aux heures de pointe, dans un rapport de plus de deux et demi.
- Ordre de grandeur : 630,67 véh/h représentent 86 % du trafic du sens étudié, conformément à la part de poids lourds de 14 %.
- Impact sur la suite : Multiplié par 2,6, ce débit fournira l'essentiel du débit de pointe : c'est le poste dominant de l'analyse.
- Cohérence : Le débit des véhicules légers est bien inférieur au débit total et très supérieur à celui des poids lourds.
- Attention : La part de poids lourds de 14 % est annuelle. Elle ne s'appliquera plus une fois les facteurs de concentration appliqués : la composition du trafic de pointe sera différente, et c'est l'objet de la question suivante.
- Comparaison : Sur une autoroute urbaine, la part de poids lourds descend couramment sous 8 %, et le facteur de concentration des véhicules légers est plus faible : les deux effets se compensent partiellement.
Remarque pédagogique : Retenez la distinction entre les deux emplois de la part de poids lourds : elle sert ici à séparer deux populations, elle servira plus tard à pondérer leur gêne. Ce sont deux opérations différentes, à deux étapes différentes.
Calcul du débit horaire moyen des poids lourdsPourquoi fait-on ce calcul ? Les poids lourds suivent un régime propre : ni la même concentration, ni la même gêne. Leur débit doit être suivi séparément d'un bout à l'autre du calcul.
On applique au débit du sens étudié la part de poids lourds mesurée sur l'année.
- Substitution : \( \bar{x}_s = 733{,}33 \) véh/h et \( p = 0{,}14 \).
- Piège évité : Utiliser la proportion 0,14 et non le pourcentage 14. Le produit par 14 donnerait 10 267 véh/h, soit quatorze fois le trafic total.
- Hypothèse validée : Le comptage distingue effectivement les silhouettes, ce que permet une station permanente à boucles électromagnétiques.
- Vérification croisée : La somme \( 630{,}67 + 102{,}67 = 733{,}34 \) véh/h redonne bien le débit du sens étudié, à l'arrondi près.
- Finalité : Ce débit recevra un facteur de concentration unitaire, ce qui le laissera inchangé.
Cent deux poids lourds par heure en moyenne, soit environ un toutes les trente-cinq secondes. Ce flux est remarquablement régulier tout au long de la journée.
- Ordre de grandeur : 102,67 véh/h correspondent à 2 464 poids lourds par jour dans ce sens, ordre de grandeur courant sur un axe de transit interurbain.
- Impact sur la suite : Ce débit ne sera pas modifié par la concentration, mais il sera multiplié par 2,5 lors de la conversion en unités de gêne.
- Cohérence : Le débit des poids lourds représente bien 14 % du débit du sens étudié.
- Attention : Ce débit moyen est aussi le débit de pointe, puisque le facteur de concentration des poids lourds vaut 1. C'est une propriété mesurée du fret et non une simplification : le transport de marchandises s'organise sur des plages horaires larges, souvent nocturnes.
- Comparaison : Ramenés en unités de gêne, ces 102,67 poids lourds pèseront 256,7 unités, soit près de 14 % du débit de pointe converti — proportion à comparer aux 5,89 % qu'ils représenteront en nombre.
Remarque pédagogique : Ce dernier rapprochement annonce le résultat le plus contre-intuitif de l'exercice : les poids lourds seront minoritaires en nombre à l'heure de pointe et pourtant lourds en gêne. Les deux constats coexistent sans se contredire.
"J'ai deux débits moyens, il me faut deux débits de pointe. Le passage de l'un à l'autre se fait par un facteur de concentration, et l'essentiel est de comprendre qu'il n'y en a pas un seul mais deux, très différents. Les véhicules légers se concentrent fortement : leur trafic est fait de déplacements domicile-travail, de départs en week-end, de mouvements pendulaires qui se pressent sur quelques heures. Le fret, lui, s'organise sur des plages larges et roule aussi la nuit : son débit de pointe est pratiquement égal à son débit moyen. La conséquence est immédiate et souvent contre-intuitive : la composition du trafic de pointe n'est pas celle du trafic annuel."
- Observation : Le facteur des poids lourds vaut 1,0 : leur débit de pointe est rigoureusement égal à leur débit moyen annuel. Ce n'est pas une simplification de calcul, c'est une propriété mesurée du transport de marchandises.
- Analyse du risque : Appliquer le même facteur aux deux catégories gonflerait artificiellement le nombre de poids lourds à l'heure de pointe, et donc la gêne calculée. Sur cette section, l'erreur atteindrait plus de 400 UVP/h.
- Choix stratégique : Je retiens la valeur haute de la fourchette pour les véhicules légers, soit 2,6. Cette section est éloignée de toute grande agglomération, contexte où le facteur de concentration est précisément le plus élevé.
- Alternative : J'aurais pu dépouiller les relevés horaires de la station pour lire directement le débit de pointe. C'est plus exact, mais la méthode retenue reste indispensable dès qu'on projette dans l'avenir : on ne dispose d'aucun relevé horaire du futur.
- Objectif visé : Obtenir le débit réellement subi par la chaussée à l'heure la plus chargée, et la composition de ce trafic — qui ne sera pas celle qu'annonce la statistique annuelle.
Voir uniquement le résultat final (Auto-évaluation)
Une autoroute ne reçoit pas un débit constant. Sur les 8 760 heures d'une année, quelques dizaines concentrent une part disproportionnée du trafic, et ce sont elles qui décident du dimensionnement. Le facteur de concentration est l'outil qui permet de retrouver ces heures à partir de la seule moyenne annuelle.
Deux relations : celle qui reconstitue le débit de pointe d'une catégorie, et celle qui mesure la composition réelle du trafic à cette heure.
Débit de pointe d'une catégorie de véhicules :Elle reconstitue le débit observé à l'heure la plus chargée à partir du débit horaire moyen annuel de la même catégorie.
Le facteur de concentration est le rapport mesuré entre le débit retenu pour l'analyse et le débit horaire moyen annuel. Il a été établi par observation, sur une année complète, de plusieurs autoroutes interurbaines françaises. Son intérêt est de résumer en un seul nombre la forme de la distribution horaire du trafic : deux sections de même trafic annuel mais de profils horaires différents auront des facteurs différents, et c'est ce qui permet de les distinguer sans dépouiller leurs relevés.
- \( Q_{\text{pointe}} \) : debit de pointe de la categorie consideree, unité : veh/h
- \( \chi \) : facteur de concentration propre a la categorie, unité : —
- \( \bar{x}_{\text{cat}} \) : debit horaire moyen annuel de la categorie, unité : veh/h
Elle donne la composition réelle du trafic à l'heure la plus chargée, distincte de la composition annuelle.
Les deux catégories ayant été concentrées différemment, leur proportion a nécessairement changé. Calculer explicitement cette nouvelle part n'est pas un raffinement : elle est indispensable à la conversion en unités de gêne, qui interviendra ensuite. Utiliser à ce stade la part annuelle reviendrait à supposer que les poids lourds se concentrent comme les voitures, hypothèse que les mesures contredisent formellement.
- \( p_{\text{pointe}} \) : part des poids lourds a l'heure de pointe, unité : —
- \( Q_{PL} \) : debit de pointe des poids lourds, unité : veh/h
- \( Q_{\text{pointe}} \) : debit de pointe total du sens etudie, unité : veh/h
"Beaucoup d'étudiants appliquent le facteur de concentration au débit total du sens étudié, sans le décomposer par catégorie, et obtiennent \( 2{,}6 \times 733{,}33 = 1906{,}7 \) véh/h."
- L'erreur : Appliquer 2,6 au trafic total revient à supposer que les poids lourds se concentrent comme les véhicules légers. Or leur facteur mesuré vaut 1,0 : ils ne se concentrent pas du tout.
- La bonne méthode : Concentrer chaque catégorie avec son propre facteur, puis additionner. On obtient \( 1639{,}7 + 102{,}67 = 1742{,}4 \) véh/h, soit 164 véh/h de moins que le calcul global.
- L'impact chiffré : L'erreur se propage à la conversion en unités de gêne. Avec le calcul global, la part de poids lourds resterait de 14 % et le débit converti atteindrait \( 1906{,}7 \times 1{,}21 = 2307{,}1 \) UVP/h au lieu de 1 896,4, soit 410,7 UVP/h de trop — plus de 20 % d'écart.
- Le moyen mnémotechnique : Un facteur de concentration se lit toujours dans un tableau à deux colonnes : une pour les véhicules légers, une pour les poids lourds. S'il n'y en a qu'une dans votre calcul, c'est qu'une catégorie a été oubliée.
- L'impact direct : Un débit de pointe surestimé de 20 % en unités de gêne conduit à annoncer une saturation bien plus proche qu'elle ne l'est. Ici, l'horizon calculé tomberait à 22,7 ans au lieu de 33,7 : onze années d'écart sur une programmation d'investissement.
Exécution de la Note de Calculs
- Facteurs de concentration : sans unité. Ils multiplient un débit et rendent un débit.
- Débits moyens et débits de pointe : en véhicules par heure, dans le sens étudié.
- Part de poids lourds : sans unité dans les formules, exprimée en pourcentage pour la restitution.
- Les débits de cette question sont encore en véhicules : la conversion en unités de véhicule particulier n'interviendra qu'à la question suivante.
- Aucune des grandeurs de cette question ne se compare directement à une capacité : il y faut d'abord la conversion.
Quatre calculs : la concentration de chaque catégorie, leur somme, puis la composition réelle du trafic de pointe. Le quatrième calcul est celui qui porte l'enseignement de la question.
1. Résolution Numérique Calcul du débit de pointe des véhicules légersPourquoi fait-on ce calcul ? C'est la catégorie qui se concentre, et donc celle qui fait la différence entre le débit moyen et le débit de pointe.
On multiplie le débit horaire moyen annuel des véhicules légers par leur facteur de concentration, retenu à la valeur haute de la fourchette compte tenu de l'éloignement des agglomérations.
- Substitution : \( \bar{x}_{VL} = 630{,}67 \) véh/h et \( \chi_V = 2{,}6 \).
- Piège évité : Appliquer le facteur au débit des véhicules légers seuls, et non au débit total du sens. L'appliquer au total surestimerait le résultat de 9 %.
- Hypothèse validée : La section est éloignée de toute grande agglomération, ce qui justifie la valeur haute de la fourchette de 2,3 à 2,8.
- Vérification croisée : Le débit de pointe des véhicules légers doit dépasser le débit moyen du sens tout entier, ce qui est bien le cas : 1 639,7 contre 733,33.
- Finalité : Ce débit constituera l'essentiel du débit de pointe total.
Mille six cent quarante véhicules légers par heure à la pointe, contre six cent trente en moyenne annuelle : la circulation légère est deux fois et demie plus dense qu'en moyenne.
- Ordre de grandeur : 1 639,7 véh/h sur deux voies, soit 820 par voie : un débit substantiel mais qui reste loin de la capacité d'une voie.
- Impact sur la suite : Ce débit représentera 94 % du trafic de pointe en nombre de véhicules, mais seulement 86 % de la gêne une fois la conversion faite.
- Cohérence : Le facteur retenu de 2,6 se situe bien dans la fourchette de 2,3 à 2,8 propre aux autoroutes à deux voies.
- Attention : Le choix de la valeur haute de la fourchette est une hypothèse défavorable, donc prudente. Avec 2,3, le débit de pointe des véhicules légers tomberait à 1 450,5 véh/h et l'horizon de saturation reculerait de six ans.
- Comparaison : Sur une autoroute à trois voies, où le facteur vaut 2,2, le même débit moyen ne donnerait que 1 387,5 véh/h de pointe : les pointes y sont relativement moins marquées.
Remarque pédagogique : Retenez que le facteur de concentration décrit la forme de la distribution horaire, pas son niveau. Deux sections de trafics annuels très différents peuvent partager le même facteur si leurs profils horaires se ressemblent.
Calcul du débit de pointe des poids lourdsPourquoi fait-on ce calcul ? Il faut établir explicitement que le débit de pointe des poids lourds est égal à leur débit moyen : c'est ce résultat, en apparence trivial, qui porte tout l'enseignement de la question.
On multiplie le débit horaire moyen annuel des poids lourds par leur facteur de concentration, égal à l'unité.
- Substitution : \( \bar{x}_{PL} = 102{,}67 \) véh/h et \( \chi_C = 1{,}0 \).
- Piège évité : Ne pas omettre ce calcul sous prétexte que la multiplication par 1 ne change rien. L'écrire explicitement documente le fait que le facteur a bien été choisi et non oublié.
- Hypothèse validée : Le facteur unitaire vaut quel que soit le nombre de voies de l'autoroute : c'est une propriété du fret, pas de l'infrastructure.
- Vérification croisée : Le débit de pointe est identique au débit moyen, conformément à un facteur unitaire.
- Finalité : Ce débit s'ajoutera à celui des véhicules légers, puis sera pondéré lors de la conversion en unités de gêne.
Cent deux poids lourds par heure, exactement comme en moyenne annuelle. Le fret ne connaît pas d'heure de pointe sur cet axe.
- Ordre de grandeur : 102,67 véh/h, soit un poids lourd toutes les trente-cinq secondes, régulièrement réparti sur la journée.
- Impact sur la suite : Ce nombre constant explique à lui seul la chute de la part de poids lourds à l'heure de pointe, calculée deux étapes plus loin.
- Cohérence : Un facteur unitaire laisse le débit inchangé : la vérification est immédiate.
- Attention : Cette régularité est une propriété mesurée du transport de marchandises, liée à l'organisation logistique et aux contraintes de conduite. Elle ne se vérifie pas partout : sur un axe desservant une plateforme logistique, le fret peut au contraire présenter ses propres pointes.
- Comparaison : Si les poids lourds se concentraient comme les véhicules légers, leur débit de pointe atteindrait 266,9 véh/h et la gêne calculée serait supérieure de 410 UVP/h.
Remarque pédagogique : Un calcul dont le résultat est égal à sa donnée d'entrée n'est pas un calcul inutile : il documente une décision de modélisation. Le lecteur sait ainsi que le facteur unitaire a été retenu, et non que le paramètre a été oublié.
Calcul du débit de pointe total du sens étudiéPourquoi fait-on ce calcul ? C'est le débit réellement subi par la chaussée à l'heure la plus chargée, toutes catégories confondues.
On additionne les deux débits de pointe, chacun ayant été concentré avec son propre facteur.
- Substitution : \( Q_{VL} = 1639{,}7 \) véh/h et \( Q_{PL} = 102{,}67 \) véh/h.
- Piège évité : Additionner des débits déjà concentrés. Additionner d'abord puis concentrer donnerait 1 906,7 véh/h, soit 164 de trop.
- Hypothèse validée : Les deux catégories atteignent leur maximum à la même heure, hypothèse conservatrice puisqu'elle additionne deux pointes.
- Vérification croisée : Le rapport au débit moyen du sens vaut \( 1742{,}4/733{,}33 = 2{,}376 \), valeur intermédiaire entre les deux facteurs de concentration comme attendu.
- Finalité : Ce débit sera converti en unités de véhicule particulier à la question suivante.
Mille sept cent quarante-deux véhicules par heure sur deux voies, soit 871 par voie. La section est chargée sans être saturée.
- Ordre de grandeur : 871 véhicules par voie et par heure : environ la moitié de la capacité d'une voie, ce qui correspond à un écoulement fluide.
- Impact sur la suite : Ce débit en véhicules devra être converti en unités de gêne avant toute comparaison à la capacité.
- Cohérence : Le facteur de concentration global de 2,376 est bien compris entre 1,0 et 2,6, moyenne pondérée des deux facteurs par la composition du trafic.
- Attention : Ce débit est un débit de dimensionnement, pas le maximum absolu de l'année. Quelques dizaines d'heures — grands départs, retours de vacances — le dépassent, et l'on ne dimensionne pas sur ces heures exceptionnelles.
- Comparaison : Le trafic journalier du sens étudié vaut 17 600 véh/j : le rapport au débit de pointe s'établit à 10,1, valeur que la question 4 confrontera à la fourchette usuelle de contrôle.
Remarque pédagogique : Ce dernier rapprochement annonce le contrôle de vraisemblance de la dernière question. Prendre l'habitude de vérifier un débit de pointe par son rapport au trafic journalier évite les erreurs de facteur, qui sont les plus difficiles à détecter autrement.
Calcul de la part de poids lourds à l'heure de pointePourquoi fait-on ce calcul ? La composition du trafic de pointe diffère de la composition annuelle, et c'est elle qui gouvernera la conversion en unités de gêne.
On rapporte le débit de pointe des poids lourds au débit de pointe total, tous deux calculés avec leurs facteurs respectifs.
- Substitution : \( Q_{PL} = 102{,}67 \) véh/h et \( Q_{\text{pointe}} = 1742{,}4 \) véh/h.
- Piège évité : Ne pas réutiliser la part annuelle de 14 %. Elle décrit la composition sur l'année entière, pas celle de l'heure de pointe.
- Hypothèse validée : Les deux débits de pointe se rapportent bien à la même heure et au même sens de circulation.
- Vérification croisée : Le rapport des parts vaut \( 0{,}14/0{,}0589 = 2{,}38 \), soit exactement le facteur de concentration global : la cohérence interne est vérifiée.
- Finalité : Cette part de pointe éclaire la conversion en unités de gêne de la question suivante.
Cinq virgule huit-neuf pour cent de poids lourds à l'heure de pointe, contre 14 % en moyenne annuelle. La part est divisée par 2,4 sans qu'un seul camion ait disparu.
- Ordre de grandeur : 5,89 % correspond à un poids lourd pour dix-sept véhicules à l'heure de pointe, contre un pour sept en moyenne annuelle.
- Impact sur la suite : C'est cette part, et non les 14 % annuels, qui doit gouverner la conversion en unités de gêne.
- Cohérence : La part de pointe est inférieure à la part annuelle, conformément à un facteur de concentration des véhicules légers supérieur à celui des poids lourds.
- Attention : Ce résultat ne signifie pas que les poids lourds pèsent peu. En unités de gêne, ils représenteront 13,5 % du débit converti : leur poids réel est plus du double de leur part en nombre.
- Comparaison : En heure creuse nocturne, la part de poids lourds dépasse couramment 30 % sur ce type d'axe : la statistique annuelle de 14 % est la moyenne de situations très contrastées.
Remarque pédagogique : Ce calcul est celui qu'on omet le plus souvent et qui change le plus les résultats. La composition du trafic n'est pas une constante de la section : c'est une variable qui dépend de l'heure, et l'analyse de capacité porte précisément sur une heure particulière.
"J'ai un débit de pointe en véhicules et une capacité en unités de gêne : ces deux grandeurs ne se comparent pas. Il me faut d'abord convertir. Le principe est simple — chaque poids lourd compte pour plusieurs voitures — mais l'application demande de la rigueur : la pondération porte sur les débits de pointe, avec la composition réelle de cette heure, et non sur les débits moyens ni sur la composition annuelle. Une fois la conversion faite, le rapport à la capacité donnera le taux de saturation, et sa différence la réserve encore disponible."
- Observation : Les poids lourds ne représentent que 5,89 % des véhicules à l'heure de pointe, mais chacun pèse 2,5 unités : leur poids en gêne sera plus du double de leur poids en nombre.
- Analyse du risque : Comparer un débit en véhicules à une capacité en unités de gêne sous-estimerait la charge réelle de la section. Sur ce cas, l'écart atteint 154 unités par heure, soit 8 % du débit.
- Choix stratégique : Je convertis directement à partir des deux débits de pointe déjà séparés par catégorie, plutôt qu'en passant par un coefficient de conversion global. La méthode est équivalente mais laisse voir la contribution de chaque catégorie.
- Alternative : J'aurais pu calculer un coefficient de conversion à partir de la part de pointe, soit \( 1 + 0{,}0589 \times 1{,}5 = 1{,}0884 \), et l'appliquer au débit total. Le résultat serait identique ; je préfère la forme détaillée, qui rend visible le poids réel du fret.
- Objectif visé : Situer la section par rapport à sa capacité, et chiffrer la réserve disponible en annonçant honnêtement l'incertitude qui l'affecte.
Voir uniquement le résultat final (Auto-évaluation)
Une route ne perçoit pas des véhicules mais de l'encombrement : des longueurs occupées, des distances de sécurité, des différences de vitesse qui contraignent les manœuvres. L'unité de véhicule particulier est la monnaie commune qui permet d'additionner ces encombrements, et la capacité pratique est le seuil au-delà duquel la route ne les absorbe plus.
Trois relations : la conversion du débit, la capacité de la section, et leur rapport qui situe l'une par rapport à l'autre.
Débit exprimé en unités de véhicule particulier :Il traduit le débit de pointe dans l'unité où s'exprime la capacité de la route.
Une capacité de 1 730 unités par heure et par voie signifie que la voie sature lorsqu'elle reçoit 1 730 unités de gêne — que celles-ci proviennent de 1 730 voitures ou de 692 camions. Sans cette conversion, on comparerait un nombre d'objets à une quantité de gêne, c'est-à-dire deux grandeurs de natures différentes. La conversion s'applique aux débits de pointe et à la composition de cette heure : appliquée aux débits moyens, elle décrirait une situation qui n'existe pas.
- \( Q_{\text{uvp}} \) : debit de pointe exprime en unites de vehicule particulier, unité : UVP/h
- \( Q_{VL} \) : debit de pointe des vehicules legers, unité : veh/h
- \( e \) : coefficient d'equivalence d'un poids lourd, unité : UVP/PL
- \( Q_{PL} \) : debit de pointe des poids lourds, unité : veh/h
Elle donne le débit maximal que le sens étudié peut écouler avant que l'écoulement ne devienne instable.
La capacité pratique est établie par voie, parce que le phénomène physique qui la produit se joue à l'échelle d'une file de véhicules. Pour une section à plusieurs voies équivalentes, on additionne les capacités des files, ce qui revient à multiplier par le nombre de voies. Cette additivité suppose que les voies fonctionnent de manière indépendante, condition vérifiée en section courante loin de tout point d'échange.
- \( \kappa \) : capacite pratique du sens etudie, unité : UVP/h
- \( N \) : nombre de voies du sens etudie, unité : voies
- \( \kappa_v \) : capacite pratique d'une voie, valeur mesuree, unité : UVP/h/voie
Le premier situe le trafic par rapport à la capacité, le second chiffre ce qui reste disponible.
Le taux est un nombre sans dimension, comparable d'une route à l'autre quel que soit son nombre de voies : c'est ce qui permet de hiérarchiser des sections hétérogènes. La réserve, elle, est une quantité : elle répond aux questions d'exploitation — peut-on dévier du trafic sur cet itinéraire, combien de temps avant l'aménagement. Les deux se déduisent des mêmes données mais ne répondent pas à la même question, et une note d'étude doit fournir les deux.
- \( \xi \) : taux de saturation, part de la capacite consommee, unité : —
- \( R \) : reserve de capacite encore disponible, unité : UVP/h
- \( Q_{\text{uvp}} \) : debit de pointe converti en unites de gene, unité : UVP/h
- \( \kappa \) : capacite pratique du sens etudie, unité : UVP/h
"Beaucoup d'étudiants appliquent à la conversion la part de poids lourds annuelle de 14 % plutôt que la part réellement observée à l'heure de pointe."
- L'erreur : Avec la part annuelle, le coefficient de conversion vaudrait \( 1 + 0{,}14 \times 1{,}5 = 1{,}21 \) et le débit converti \( 1742{,}4 \times 1{,}21 = 2108{,}3 \) UVP/h, au lieu de 1 896,4.
- La bonne méthode : Utiliser les débits de pointe de chaque catégorie, déjà séparés à la question précédente. La part de pointe qui en découle est de 5,89 %, et le coefficient équivalent de 1,0884.
- L'impact chiffré : L'écart de 211,9 UVP/h représente 11 % du débit converti. Le taux de saturation annoncé serait de 0,6093 au lieu de 0,5481, et l'horizon de saturation tomberait à 27,7 ans au lieu de 33,7 : six années perdues sur la programmation.
- Le moyen mnémotechnique : Une composition de trafic est toujours attachée à une période. Demandez-vous systématiquement : cette part de poids lourds, elle est mesurée sur quoi — sur l'année, ou sur l'heure que j'étudie ?
- L'impact direct : L'erreur va dans le sens de la prudence, ce qui la rend d'autant plus difficile à détecter : personne ne conteste un diagnostic pessimiste. Elle conduit pourtant à programmer un élargissement six ans trop tôt, immobilisant des fonds publics sans nécessité.
Exécution de la Note de Calculs
- Débits de pointe : en véhicules par heure, valeurs issues de la question 2.
- Coefficient d'équivalence : en unités de véhicule particulier par poids lourd. Il convertit une catégorie, pas un flux entier.
- Débit converti : en unités de véhicule particulier par heure. Ce n'est plus un nombre de véhicules et ne doit jamais être présenté comme tel.
- Capacité : en unités de véhicule particulier par heure, pour le sens étudié uniquement.
- Taux de saturation : sans unité ; réserve : en unités de véhicule particulier par heure.
Quatre calculs : la conversion du débit de pointe, la capacité de la section, puis le taux de saturation et la réserve. La conversion s'appuie sur les débits de pointe par catégorie, jamais sur la composition annuelle.
1. Résolution Numérique Conversion du débit de pointe en unités de véhicule particulierPourquoi fait-on ce calcul ? C'est l'étape qui rend le débit comparable à la capacité : sans elle, aucune conclusion n'est possible.
On ajoute au débit des véhicules légers le débit des poids lourds pondéré par leur coefficient d'équivalence. Les véhicules légers comptent pour une unité chacun et ne sont donc pas pondérés.
- Substitution : \( Q_{VL} = 1639{,}7 \) véh/h, \( Q_{PL} = 102{,}67 \) véh/h et \( e = 2{,}5 \) UVP par poids lourd.
- Piège évité : Pondérer les seuls poids lourds. Appliquer le coefficient au débit total donnerait 4 356 UVP/h, valeur supérieure à la capacité et manifestement absurde.
- Hypothèse validée : La section est en palier : le coefficient de 2,5 propre aux sections courantes d'autoroute interurbaine s'applique.
- Vérification croisée : Le coefficient de conversion global vaut \( 1896{,}4/1742{,}4 = 1{,}0884 \), conforme à \( 1 + 0{,}0589 \times 1{,}5 \).
- Finalité : Ce débit sera confronté à la capacité de la section.
Mille huit cent quatre-vingt-seize unités de gêne par heure, pour 1 742 véhicules comptés : 154 unités apparaissent sans qu'aucun véhicule ne s'ajoute.
- Ordre de grandeur : Une majoration de 8,8 % du débit, pour seulement 5,89 % de poids lourds : le rapport correspond bien au surcroît de gêne de 1,5 unité par camion.
- Impact sur la suite : C'est ce débit converti, et non le débit en véhicules, qui sera divisé par la capacité.
- Cohérence : Le débit converti dépasse le débit en véhicules, comme l'exige la présence de poids lourds.
- Attention : Les poids lourds pèsent 256,68 unités sur 1 896,4, soit 13,5 % de la gêne pour 5,89 % des véhicules. Leur poids réel est plus du double de leur poids apparent, et c'est ce constat qui justifie de les traiter séparément d'un bout à l'autre du calcul.
- Comparaison : Un flux de 1 896 voitures sans aucun poids lourd produirait exactement la même gêne sur la chaussée : c'est tout le sens de l'équivalence.
Remarque pédagogique : Retenez cette double lecture : les poids lourds sont minoritaires en nombre et lourds en gêne. Les deux affirmations sont vraies simultanément et se rapportent à deux grandeurs différentes.
Calcul de la capacité pratique du sens étudiéPourquoi fait-on ce calcul ? C'est le terme de comparaison : sans lui, le débit converti reste un nombre isolé.
On multiplie la capacité mesurée d'une voie par le nombre de voies du sens étudié, les voies étant supposées équivalentes et indépendantes.
- Substitution : \( N = 2 \) voies et \( \kappa_v = 1730 \) UVP/h/voie.
- Piège évité : Ne pas prendre les quatre voies de la plateforme. Le débit calculé ne concerne qu'un seul sens, et les deux chaussées ne se prêtent aucune capacité.
- Hypothèse validée : Les deux voies sont de largeur normale et fonctionnent indépendamment : la section est éloignée de tout échangeur.
- Vérification croisée : La valeur obtenue est cohérente avec l'ordre de grandeur de 3 500 UVP/h couramment retenu pour une autoroute à deux voies.
- Finalité : Cette capacité sert de dénominateur au taux de saturation et de terme de soustraction pour la réserve.
Trois mille quatre cent soixante unités de gêne par heure : le plafond au-delà duquel l'écoulement de ce sens devient instable.
- Ordre de grandeur : 3 460 UVP/h pour deux voies. Une troisième voie porterait ce plafond à 5 190, soit 50 % de plus.
- Impact sur la suite : Cette valeur servira à la fois au taux de saturation et au calcul de l'horizon.
- Cohérence : La capacité est exprimée en unités de gêne, donc directement comparable au débit converti.
- Attention : Cette valeur est connue à ± 10 % près, soit ± 346 UVP/h. La fourchette réelle s'étend donc de 3 114 à 3 806 UVP/h, et toute conclusion doit en tenir compte.
- Comparaison : Convertie en véhicules à composition de pointe constante, cette capacité correspond à \( 3460/1{,}0884 = 3179 \) véh/h : c'est le trafic de pointe maximal admissible.
Remarque pédagogique : Cette dernière conversion est utile à retenir : elle donne au gestionnaire le nombre de véhicules qu'il peut accepter, information bien plus parlante qu'un plafond exprimé en unités de gêne. Elle réapparaîtra à la dernière question.
Calcul du taux de saturationPourquoi fait-on ce calcul ? Il situe la section par rapport à sa capacité sous une forme normalisée, comparable d'une route à l'autre.
On divise le débit converti par la capacité, tous deux exprimés en unités de gêne et au niveau du sens complet.
- Substitution : \( Q_{\text{uvp}} = 1896{,}4 \) UVP/h et \( \kappa = 3460 \) UVP/h.
- Piège évité : Comparer deux grandeurs de même niveau. Diviser le débit total par la capacité d'une seule voie donnerait 1,096 et ferait conclure à tort à la saturation.
- Hypothèse validée : La répartition entre les deux voies est supposée homogène, ce qui autorise à raisonner au niveau du sens complet.
- Vérification croisée : Le calcul par voie donne \( 948{,}2/1730 = 0{,}5481 \) : rigoureusement le même résultat.
- Finalité : Ce taux qualifie l'état de la section et prépare le calcul de l'horizon.
La section consomme 54,8 % de sa capacité à l'heure de pointe. Elle s'écoule confortablement, loin de la zone d'instabilité.
- Ordre de grandeur : Un taux voisin de 0,55 correspond à un trafic dense mais fluide, où les dépassements restent possibles sans manœuvre contrainte.
- Impact sur la suite : Ce taux, éloigné de 1, annonce un horizon de saturation lointain que la question 4 chiffrera.
- Cohérence : Le résultat est nettement inférieur à 1, cohérent avec l'absence de congestion signalée sur cette section.
- Attention : Compte tenu de l'incertitude de ± 10 % sur la capacité, ce taux doit se lire entre 0,50 et 0,61. Cette fourchette reste entièrement dans le domaine fluide : la conclusion est robuste, ce qui n'est pas toujours le cas.
- Comparaison : Les études de trafic considèrent qu'une section devient à surveiller au-delà de 0,90 et que les dysfonctionnements apparaissent au voisinage de 1 : la section en est encore loin.
Remarque pédagogique : Un taux de saturation ne se commente jamais sans sa fourchette d'incertitude. Ici la conclusion tient dans toute la fourchette, ce qui la rend solide ; lorsque ce n'est pas le cas, il faut le dire plutôt que d'afficher une décimale trompeuse.
Calcul de la réserve de capacitéPourquoi fait-on ce calcul ? Le taux dit où l'on se trouve, la réserve dit ce qu'il reste. C'est cette seconde grandeur qui répond aux questions d'exploitation.
On retranche le débit converti de la capacité. Le résultat est le supplément de gêne que la section peut encore absorber.
- Substitution : \( \kappa = 3460 \) UVP/h et \( Q_{\text{uvp}} = 1896{,}4 \) UVP/h.
- Piège évité : Soustraire deux grandeurs de même unité. Retrancher 1 742,4 véh/h de 3 460 UVP/h donnerait un nombre dépourvu de signification.
- Hypothèse validée : La capacité retenue est celle de la section courante en palier, seule concernée par cette étude.
- Vérification croisée : La réserve relative vaut \( 1563{,}6/3460 = 0{,}4519 \), complément exact du taux de saturation.
- Finalité : Cette réserve sera traduite en années à la question suivante.
Mille cinq cent soixante-trois unités de gêne par heure de marge, soit 45,2 % de la capacité. La section peut encore absorber près de la moitié de son trafic actuel en supplément.
- Ordre de grandeur : 1 563,6 UVP/h réparties sur deux voies, soit 782 par voie : une marge très confortable.
- Impact sur la suite : Rapportée au débit actuel, cette réserve représente un facteur de croissance de 1,82, que la question 4 traduira en années.
- Cohérence : La réserve est positive et représente le complément exact du taux de saturation.
- Attention : Convertie en véhicules à composition de pointe constante, cette réserve vaut \( 1563{,}6/1{,}0884 = 1436{,}4 \) véh/h. C'est cette forme qu'il faut communiquer au gestionnaire : elle se compare directement à un trafic dévié.
- Comparaison : Une déviation de trafic depuis un axe voisin apporte couramment quelques centaines de véhicules par heure : cette section pourrait l'absorber sans difficulté, contrairement à une section proche de sa capacité.
Remarque pédagogique : La réserve exprimée en véhicules est la forme la plus utile en exploitation : c'est elle que l'on confronte à un plan de gestion de trafic, à une déviation de chantier ou à une prévision de croissance.
"Il me reste à transformer un état en une date. Mais avant de projeter quoi que ce soit dans l'avenir, je dois m'assurer que mon débit de pointe est vraisemblable : une prévision fondée sur un débit faux serait pire qu'absente, car elle porterait la caution d'un calcul. Le contrôle est simple et il existe : le rapport entre le trafic journalier et le débit de pointe du même sens doit se situer dans une fourchette connue. Une fois ce contrôle passé, je peux chercher l'année où la croissance ordinaire du trafic amènera la section à sa capacité."
- Observation : Le taux de saturation vaut 0,55 : il reste un facteur 1,82 avant d'atteindre la capacité. À 1,8 % de croissance annuelle, cela représente plusieurs décennies.
- Analyse du risque : Un horizon lointain conduit à ne rien programmer. Or l'incertitude sur le taux de croissance domine entièrement le résultat : c'est elle, et non la précision des calculs, qui doit être discutée dans la conclusion.
- Choix stratégique : Je commence par le contrôle de vraisemblance avant toute projection. Un rapport hors de la fourchette usuelle invaliderait tout ce qui précède, et il vaut mieux le découvrir avant de conclure qu'après.
- Alternative : J'aurais pu supposer une croissance différenciée entre véhicules légers et poids lourds. Je m'en abstiens faute de données : appliquer un taux unique est l'hypothèse la plus simple, et elle doit être annoncée comme telle.
- Objectif visé : Livrer une date, le trafic correspondant, et les conditions dans lesquelles cette date reste valable. Une échéance sans ses hypothèses n'est pas exploitable.
Voir uniquement le résultat final (Auto-évaluation)
Deux opérations closent une étude de trafic : vérifier que les résultats sont vraisemblables, et les projeter dans l'avenir. La première protège de l'erreur grossière, la seconde transforme un diagnostic en calendrier. Aucune ne peut être omise.
Deux relations : celle qui contrôle la vraisemblance du débit de pointe, et celle qui donne l'échéance de saturation.
Rapport de contrôle entre trafic journalier et débit de pointe :Il vérifie que le débit de pointe calculé est cohérent avec le trafic journalier du même sens.
Ce rapport traduit la forme de la distribution horaire du trafic sur une journée. S'il était de 24, le trafic serait parfaitement uniforme ; s'il valait 4, il serait entièrement concentré sur quatre heures. La valeur observée sur les routes se situe couramment entre 8 et 12, et c'est cette régularité empirique qui en fait un contrôle utile. Son intérêt tient à son indépendance : il ne réutilise aucun des paramètres du calcul, et détecte donc les erreurs d'hypothèse autant que les erreurs d'arithmétique.
- \( k_{\text{ctrl}} \) : rapport de controle entre trafic journalier et debit de pointe, unité : h
- \( \text{TMJA}_s \) : trafic moyen journalier annuel du sens etudie, unité : veh/j
- \( Q_{\text{pointe}} \) : debit de pointe du meme sens, unité : veh/h
Il donne le nombre d'années au terme desquelles la croissance du trafic amènera la section à sa capacité.
Le trafic est supposé multiplié chaque année par un même facteur : sa croissance est donc géométrique. On cherche au bout de combien d'années le facteur cumulé atteint le rapport entre la capacité et le débit actuel. L'inconnue étant en exposant, le logarithme est l'outil qui la fait descendre. Le résultat est une durée, et c'est la seule forme sous laquelle un diagnostic de capacité entre dans une programmation d'investissement.
- \( n \) : nombre d'annees avant saturation, unité : ans
- \( \kappa \) : capacite pratique du sens etudie, unité : UVP/h
- \( Q_{\text{uvp}} \) : debit de pointe actuel converti, unité : UVP/h
- \( t \) : taux de croissance annuel du trafic, unité : —
"Beaucoup d'étudiants estiment l'horizon en divisant la croissance nécessaire par le taux de croissance, et annoncent 46 années au lieu de 33,7."
- L'erreur : Le calcul \( 82{,}5 \% / 1{,}8 \% = 45{,}8 \) années suppose que le trafic augmente chaque année de 1,8 % du trafic initial. Or il augmente de 1,8 % du trafic de l'année précédente, qui croît lui-même.
- La bonne méthode : Poser la croissance géométrique et résoudre par logarithme. On obtient 33,7 années, soit douze de moins que l'approximation linéaire.
- L'impact chiffré : L'écart de 12,1 années représente 26 % de l'horizon annoncé. Sur une programmation d'investissement, il correspond à peu près à la durée complète d'une étude d'avant-projet suivie d'une procédure administrative et des travaux.
- Le moyen mnémotechnique : L'approximation linéaire est toujours optimiste : elle repousse l'échéance. Plus l'horizon est lointain, plus l'écart se creuse — c'est précisément là qu'il ne faut pas s'en contenter.
- L'impact direct : Douze années de retard sur la programmation, c'est la différence entre un aménagement livré avant la saturation et un aménagement livré après. Les études et procédures durant elles-mêmes une dizaine d'années, l'erreur se traduit directement par une décennie de congestion.
Exécution de la Note de Calculs
- Trafic journalier du sens étudié : en véhicules par jour, obtenu en appliquant la part de 55 % au trafic annuel des deux sens.
- Rapport de contrôle : en heures. Il se lit comme un nombre d'heures de pointe équivalentes.
- Facteur de croissance : sans unité, rapport de deux débits de même unité.
- Taux de croissance : sans unité, exprimé en proportion — 1,8 % devient 0,018 dans la formule.
- Horizon : en années, comptées depuis l'année de mesure du trafic.
Cinq calculs. Le premier contrôle la vraisemblance du débit de pointe, les deux suivants établissent l'horizon, les deux derniers décrivent la situation à cette échéance. Aucun ne doit précéder le contrôle.
1. Résolution Numérique Contrôle de vraisemblance du débit de pointePourquoi fait-on ce calcul ? Avant toute projection, il faut s'assurer que le débit de pointe calculé est cohérent avec le trafic journalier du même sens.
On divise le trafic journalier du sens étudié par le débit de pointe de ce même sens, puis on compare le résultat à la fourchette usuelle de 8 à 12.
- Substitution : \( \text{TMJA}_s = 32000 \times 0{,}55 = 17600 \) véh/j et \( Q_{\text{pointe}} = 1742{,}4 \) véh/h.
- Piège évité : Utiliser le trafic journalier du sens étudié. Employer les 32 000 véh/j des deux sens donnerait 18,4, valeur hors fourchette qui ferait conclure à tort à une erreur.
- Hypothèse validée : La répartition entre sens est la même pour le trafic journalier et pour le débit de pointe, hypothèse cohérente avec l'emploi de la même part de 55 %.
- Vérification croisée : Le rapport de 10,10 se situe au milieu de la fourchette de 8 à 12 : le débit de pointe est vraisemblable.
- Finalité : Ce contrôle validé, la projection dans l'avenir peut être conduite.
Dix virgule un : l'heure de pointe concentre environ un dixième du trafic journalier du sens. Le résultat se situe au milieu de la fourchette usuelle.
- Ordre de grandeur : 10,1 heures de pointe équivalentes pour écouler la journée : un profil horaire modérément concentré, typique d'un axe interurbain.
- Impact sur la suite : Le contrôle étant passé, les résultats des trois premières questions peuvent être considérés comme fiables et servir de base à la projection.
- Cohérence : Le rapport est cohérent avec un facteur de concentration global de 2,376 : plus la concentration est forte, plus ce rapport est faible.
- Attention : Ce contrôle est indépendant des facteurs de concentration employés : c'est ce qui lui donne sa valeur. Un contrôle qui réutiliserait les mêmes hypothèses ne détecterait aucune erreur d'hypothèse.
- Comparaison : Un rapport de 24 signalerait que le débit horaire moyen a été confondu avec le débit de pointe ; un rapport de 5 signalerait un facteur de concentration deux fois trop élevé.
Remarque pédagogique : Prenez l'habitude de conduire ce contrôle avant toute conclusion. Il prend dix secondes et il détecte la classe d'erreurs la plus dangereuse : celles qui laissent tous les résultats cohérents entre eux.
Calcul du facteur de croissance nécessaire à la saturationPourquoi fait-on ce calcul ? Il quantifie de combien le trafic doit croître pour que la section atteigne sa capacité.
On divise la capacité par le débit de pointe converti actuel. Le résultat est le facteur multiplicatif que la croissance devra produire.
- Substitution : \( \kappa = 3460 \) UVP/h et \( Q_{\text{uvp}} = 1896{,}4 \) UVP/h.
- Piège évité : Utiliser les débits convertis des deux côtés. Diviser la capacité par le débit en véhicules donnerait 1,986 et surestimerait la marge de 9 %.
- Hypothèse validée : La composition du trafic est supposée stable dans le temps : les parts de véhicules légers et de poids lourds ne changent pas avec la croissance.
- Vérification croisée : Le facteur est l'inverse du taux de saturation : \( 1/0{,}5481 = 1{,}8245 \), ce qui vérifie les deux calculs.
- Finalité : Ce facteur sera converti en durée par le logarithme.
Le trafic doit croître de 82,5 % pour saturer la section. C'est une marge considérable, mais elle se consomme d'autant plus vite que la croissance est soutenue.
- Ordre de grandeur : Un facteur de 1,82 signifie que la section peut accepter près du double de son trafic actuel avant d'atteindre sa capacité.
- Impact sur la suite : C'est ce facteur que la croissance annuelle devra produire, et le logarithme dira en combien d'années.
- Cohérence : Le facteur est bien l'inverse du taux de saturation, ce qui valide simultanément les deux grandeurs.
- Attention : L'hypothèse de composition constante est discutable : la part de poids lourds tend à croître plus vite que le trafic total sur les axes de transit. Une croissance différenciée réduirait l'horizon, car les poids lourds pèsent 2,5 fois plus en unités de gêne.
- Comparaison : Compte tenu de l'incertitude de ± 10 % sur la capacité, ce facteur se situe entre 1,64 et 2,01, ce qui déplacera l'horizon de plusieurs années dans les deux sens.
Remarque pédagogique : Le facteur de croissance nécessaire est une grandeur plus parlante que le taux de saturation lui-même : « la section peut accepter près du double de son trafic » se comprend immédiatement, là où « taux de saturation de 0,55 » demande une explication.
Calcul de l'horizon de saturationPourquoi fait-on ce calcul ? C'est le résultat attendu : la date à laquelle la section atteindra sa capacité si la croissance se poursuit au rythme observé.
On cherche l'exposant qui, appliqué au facteur de croissance annuel, produit le facteur nécessaire. Le rapport des logarithmes le donne directement.
- Substitution : \( f = 1{,}8245 \) et \( 1 + t = 1{,}018 \).
- Piège évité : Ne pas diviser la croissance nécessaire par le taux. Cette approximation suppose une croissance linéaire et surestime l'horizon de douze années sur ce cas.
- Hypothèse validée : Le taux de 1,8 % est issu des séries de comptage de la station et supposé constant sur toute la période de projection.
- Vérification croisée : En appliquant 1,018 à la puissance 33,7 on retrouve bien 1,8245 : la relation est vérifiée dans les deux sens.
- Finalité : Cette échéance permet de situer le trafic et le débit de pointe à cette date.
Trente-trois années et demie avant saturation, au rythme de croissance observé. La section dispose d'une marge très confortable, mais cette conclusion repose entièrement sur la stabilité du taux de croissance.
- Ordre de grandeur : 33,7 ans correspondent à plus d'une génération d'infrastructure : aucun aménagement n'est à programmer à court terme sur cette section.
- Impact sur la suite : Le trafic et le débit de pointe à cette échéance permettront de dimensionner l'aménagement futur, le jour venu.
- Cohérence : L'horizon obtenu est inférieur à l'approximation linéaire de 45,8 années, comme l'exige une croissance géométrique.
- Attention : L'incertitude sur le taux de croissance domine entièrement ce résultat. À 1,3 % l'horizon monterait à 46,6 ans, à 2,3 % il tomberait à 26,4 : une variation d'un demi-point déplace l'échéance de plus de dix ans. Aucune décimale n'est significative ici.
- Comparaison : L'incertitude de ± 10 % sur la capacité déplace l'horizon entre 27,8 et 39,0 ans : moins que l'incertitude sur le taux de croissance, mais du même ordre.
Remarque pédagogique : La conclusion honnête n'est pas « saturation dans 33,7 ans » mais « saturation dans trente à quarante ans si la croissance se maintient ». Annoncer une décimale sur un horizon de trois décennies donnerait au résultat une précision qu'il n'a pas.
Calcul du trafic moyen journalier annuel à l'horizonPourquoi fait-on ce calcul ? Il décrit la situation à l'échéance et fournit la donnée d'entrée du dimensionnement de l'aménagement futur.
On applique au trafic actuel le facteur de croissance qui conduit à la saturation, sans repasser par le calcul annuel.
- Substitution : \( \text{TMJA} = 32000 \) véh/j et \( f = 1{,}8245 \).
- Piège évité : Appliquer le facteur au trafic des deux sens si l'on veut un trafic des deux sens. Le mélange des périmètres est l'erreur la plus fréquente en fin d'étude.
- Hypothèse validée : La répartition entre sens et la composition du trafic sont supposées inchangées à l'horizon.
- Vérification croisée : Le sens le plus chargé recevrait alors \( 58384 \times 0{,}55 = 32111 \) véh/j, soit près du trafic actuel des deux sens réunis.
- Finalité : Ce trafic servira de base au dimensionnement de l'aménagement, le moment venu.
Cinquante-huit mille véhicules par jour à l'échéance, contre trente-deux mille aujourd'hui. Le sens le plus chargé y recevra à lui seul autant de trafic que les deux sens réunis aujourd'hui.
- Ordre de grandeur : 58 384 véh/j sur une 2×2 voies : c'est le trafic à partir duquel un élargissement à 2×3 voies devient techniquement nécessaire.
- Impact sur la suite : C'est cette valeur qu'il faudra retenir pour dimensionner l'aménagement, et non le trafic actuel.
- Cohérence : Le trafic à l'horizon vaut bien 1,8245 fois le trafic actuel, conformément au facteur retenu.
- Attention : Ce trafic correspond à la saturation, c'est-à-dire à un état déjà dégradé. Un aménagement doit être livré avant, ce qui reporte la date de décision plusieurs années en amont de l'horizon calculé.
- Comparaison : Un élargissement à 2×3 voies porterait la capacité à 5 190 UVP/h et repousserait l'horizon de 22,7 années supplémentaires.
Remarque pédagogique : Distinguer la date de saturation de la date de décision est essentiel. Entre les deux s'intercalent les études, les procédures et les travaux, soit couramment une dizaine d'années sur une infrastructure de cette nature.
Calcul du débit de pointe à l'horizonPourquoi fait-on ce calcul ? Il donne le débit que l'aménagement futur devra écouler, exprimé dans l'unité du gestionnaire.
On applique le même facteur de croissance au débit de pointe actuel en véhicules, la composition du trafic étant supposée inchangée.
- Substitution : \( Q_{\text{pointe}} = 1742{,}4 \) véh/h et \( f = 1{,}8245 \).
- Piège évité : Appliquer le facteur au débit en véhicules si l'on veut un résultat en véhicules. Partir du débit converti donnerait 3 460 unités de gêne, grandeur exacte mais non comparable à un comptage.
- Hypothèse validée : La composition du trafic de pointe est inchangée, ce qui permet d'appliquer le même facteur aux deux expressions du débit.
- Vérification croisée : Converti en unités de gêne, ce débit donne \( 3179 \times 1{,}0884 = 3460 \) UVP/h, soit exactement la capacité : la cohérence est vérifiée.
- Finalité : Ce débit est la valeur à retenir pour le dimensionnement de l'aménagement futur.
Trois mille cent soixante-dix-neuf véhicules par heure à l'échéance, soit 1 590 par voie. La section atteindra alors exactement sa capacité pratique.
- Ordre de grandeur : 1 590 véhicules par voie et par heure : c'est le seuil au-delà duquel l'écoulement devient instable et les bouchons se forment sans se résorber.
- Impact sur la suite : C'est le débit que l'aménagement futur devra écouler, et il faut y ajouter une réserve pour la croissance postérieure à sa mise en service.
- Cohérence : Converti en unités de gêne, ce débit égale exactement la capacité, ce qui confirme la cohérence de toute la chaîne de calcul.
- Attention : Dimensionner un aménagement sur ce débit reviendrait à le livrer déjà saturé. On retient couramment un horizon de dimensionnement postérieur de quinze à vingt ans à la mise en service, ce qui conduirait ici à un débit de projet nettement supérieur.
- Comparaison : Avec une troisième voie, ce même débit ne représenterait que 67 % de la capacité : la marge redeviendrait confortable pour plusieurs décennies.
Remarque pédagogique : Ce dernier calcul boucle l'étude et vérifie sa cohérence interne : le débit projeté, une fois converti, retombe exactement sur la capacité. Une chaîne de calcul qui ne se referme pas ainsi comporte nécessairement une erreur.
BILAN FINAL DE LA MISSION
Checklist d'Auto-Évaluation
Avant de clore cet exercice, vérifiez que vous avez bien assimilé la démarche globale de conception :
La section supporte un trafic moyen journalier annuel de 32 000 véhicules, dont 55 % dans le sens le plus chargé. Ramené à l'heure et à ce sens, le débit moyen s'établit à 733,33 véh/h. L'application des facteurs de concentration porte le débit de pointe à 1 742,4 véh/h, dont 5,89 % de poids lourds seulement — contre 14 % en moyenne annuelle. Converti en unités de gêne, ce débit atteint 1 896,4 UVP/h pour une capacité de 3 460 UVP/h, soit un taux de saturation de 0,5481 et une réserve de 1 563,6 UVP/h. Le rapport entre trafic journalier et débit de pointe s'établit à 10,10, conforme à la fourchette usuelle de 8 à 12 : le diagnostic est vraisemblable. À 1,8 % de croissance annuelle, la saturation interviendrait dans 33,7 années, pour un trafic de 58 384 véh/j.
L'étude a mis en évidence trois écarts entre ce que la statistique annuelle affiche et ce que la section subit réellement. Le premier est le facteur de concentration : le débit de pointe vaut 2,38 fois le débit horaire moyen, et comparer ce dernier à une capacité conduirait à sous-estimer la charge de moitié. Le deuxième tient à la composition du trafic : les poids lourds ne se concentrent pas, leur part chute donc de 14 % à 5,89 % à l'heure de pointe — mais ils pèsent 13,5 % de la gêne, soit plus du double de leur part en nombre. Ces deux constats coexistent sans se contredire et doivent être énoncés ensemble. Le troisième concerne l'horizon : calculé en croissance géométrique, il s'établit à 33,7 ans là où une approximation linéaire annoncerait 45,8. Trois réserves accompagnent ce résultat. L'incertitude sur le taux de croissance domine tout : une variation d'un demi-point déplace l'échéance de plus de dix ans, ce qui interdit d'annoncer une décimale. L'incertitude de ± 10 % sur la capacité place l'horizon entre 27,8 et 39,0 ans. Enfin, la date de décision précède nécessairement la date de saturation du temps des études, des procédures et des travaux — couramment une dizaine d'années sur une infrastructure de cette nature.






