Ajustements de Pente pour la Construction
Plateforme horizontale sur terrain en pente — géométrie du déblai-remblai, cubatures et bilan des mouvements de terres selon le GTR 2024 et le fascicule 2 du CCTG
Contexte de l'Étude & Enjeux
Le Contexte : Une collectivité vous confie l'aménagement d'une aire de stationnement de 25 mètres de long à flanc de coteau. Le terrain naturel présente une pente régulière de 12 %, alors que l'ouvrage à réaliser exige une plateforme rigoureusement horizontale. Il faut donc remodeler le terrain : on creuse dans la partie haute (le déblai) et on rapporte de la terre dans la partie basse (le remblai). Une contrainte de raccordement à la voirie existante impose que le bord amont de la plateforme soit calé exactement à 0,20 m sous le terrain naturel. Cette contrainte unique, imposée par le projet, verrouille toute la géométrie du terrassement : tout le reste s'en déduit par le calcul.
Pour avancer sereinement, voici les éléments fondamentaux que vous devez avoir à l'esprit. Gardez un œil attentif sur ces critères déterminants :
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Enjeu Principal : Créer une plateforme horizontale de 10,00 m de largeur sur 25,00 m de longueur sur un versant à 12 %. La section transversale se décompose en un triangle de déblai en amont et un triangle de remblai en aval, séparés par le point d'équilibre où la plateforme recoupe le terrain naturel.
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Environnement : Le versant a une pente constante de 12 %, c'est-à-dire une chute de 12 cm par mètre parcouru à l'horizontale. Le profil est supposé identique sur toute la longueur du projet : on est dans le cas favorable du prisme droit, où le volume se déduit directement de l'aire de la section.
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L'objectif final : Établir le bilan des mouvements de terres : la terre extraite du déblai suffit-elle à monter le remblai ? Si le bilan est déficitaire, il faudra acheter et transporter des matériaux d'emprunt ; s'il est excédentaire, il faudra évacuer les excédents en dépôt. Dans les deux cas, c'est une ligne budgétaire lourde que le maître d'œuvre doit chiffrer avant travaux.
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L'astuce de l'ingénieur : Dessinez toujours le profil en travers avant de calculer. Une ligne de terrain naturel, une ligne de projet horizontale, et le point où elles se croisent : ces trois traits contiennent déjà toute la solution. Le calcul ne fait que mettre des chiffres sur un dessin juste.
Vous êtes projeteur en bureau d'études VRD. Le maître d'ouvrage veut savoir, avant de lancer la consultation des entreprises, combien de mètres cubes de terre vont réellement circuler sur ce chantier et, surtout, s'il faudra en acheter. Votre note de calculs doit passer de la géométrie (hauteurs, largeurs, aires) aux volumes, puis du volume géométrique au volume réel de matériau à mobiliser, en tenant compte du fait qu'un mètre cube de sol ne reste pas un mètre cube quand on l'extrait puis qu'on le recompacte.
- Le grand défi : Le projet est volontairement dissymétrique. Le calage à 0,20 m en amont déplace le point d'équilibre très près du bord haut : le triangle de remblai sera bien plus gros que le triangle de déblai. Le réflexe « la plateforme est centrée, donc les volumes s'équilibrent » est ici faux.
- Votre rôle : Enchaîner rigoureusement quatre étapes : la hauteur de remblai, les aires des deux sections, les volumes sur 25 m, puis le bilan des matériaux corrigé du contre-foisonnement. Chaque résultat alimente le suivant : une erreur d'arrondi au début se propage jusqu'au budget.
- Une note géométrique complète du profil en travers : hauteur de remblai aval, position du point d'équilibre, largeurs et aires des deux sections. Chaque grandeur doit être justifiée par une relation explicite, pas seulement annoncée.
- Un bilan chiffré des mouvements de terres exprimé en mètres cubes en place, conformément à la règle de métré du fascicule 2 du CCTG, avec conclusion explicite : projet excédentaire ou déficitaire, et volume à importer ou à évacuer.
Les données ci-dessous sont celles du dossier de consultation. Elles se répartissent en deux familles bien distinctes, et il est essentiel de ne pas les confondre. D'un côté, les paramètres géométriques — pente du versant, largeur et longueur de la plateforme — qui décrivent la forme de l'ouvrage et se lisent directement sur les plans. De l'autre, les contraintes imposées — le calage altimétrique du bord amont et le comportement volumique du sol — qui n'ont rien de géométrique mais qui pilotent pourtant tout le résultat final. Une seule de ces contraintes, le calage à 0,20 m, suffit à rendre le projet dissymétrique et à faire basculer le bilan des terres. Lisez donc les données comme un ingénieur : en cherchant laquelle commande les autres.
Formulaire & Aide-Mémoire (À consulter en cas de besoin)
Retrouvez ici les formules principales pour cet exercice. Ne les apprenez pas par cœur, comprenez comment les appliquer !
- Dénivelé engendré par une pente \( D = L \times \dfrac{p\,[\%]}{100} \)
- Répartition du dénivelé \( D = H_{\text{d}} + H_{\text{r}} \)
- Largeur d'une zone à partir de sa hauteur \( L_{i} = \dfrac{H_{i}}{p\,[\%]/100} \)
- Aire d'une section triangulaire \( A = \dfrac{\text{base} \times \text{hauteur}}{2} \)
- Volume d'un prisme droit \( V = A \times L_{\text{proj}} \)
- Volume en place nécessaire au remblai \( V_{\text{nec}} = \dfrac{V_{\text{r}}}{C_{\text{c}}} \)
- Bilan des mouvements de terres \( B = V_{\text{d}} - V_{\text{nec}} \)
GÉOMÉTRIE DU SITE ET DE L'OUVRAGE
| Symbole | Description | Valeur | Unité |
|---|---|---|---|
| \( p \) | Pente naturelle du versant, constante sur toute l'emprise | 12 | % |
| \( L_{\text{plat}} \) | Largeur de la plateforme, mesurée dans le sens de la plus grande pente | 10,00 | m |
| \( L_{\text{proj}} \) | Longueur de la plateforme, perpendiculairement au profil en travers | 25,00 | m |
| \( C_{\text{c}} \) | Coefficient de contre-foisonnement du remblai : volume compacté obtenu à partir d'un mètre cube de sol en place CCTG Fasc. 2 — art. 6.5.1 | 0,90 | sans unité |
- Pente en ratio : \( \text{tan}\,\alpha = p / 100 = \mathbf{0{,}12} \text{ m/m} \)
- Lecture physique : \( 1{,}00 \text{ m a l'horizontale} \;\Rightarrow\; \mathbf{0{,}12} \text{ m de chute} \)
CONTRAINTES DE PROJET ET EXIGENCES D'EXÉCUTION
| Symbole | Description | Valeur | Unité |
|---|---|---|---|
| \( H_{\text{d}} \) | Calage altimétrique imposé : profondeur de déblai au bord amont de la plateforme | 0,20 | m |
| \( q_{4} \) | Objectif de densification retenu pour le remblai : 95 % de l'OPN en moyenne, 92 % de l'OPN au minimum en fond de couche GTR 2024 Fasc. 1 — tableau 1 | 95 / 92 | % OPN |
| \( \text{metre} \) | Unité de règlement des déblais et des emprunts : le mètre cube en place, avant extraction CCTG Fasc. 2 — art. 6.5.1 / 6.6 | en place | m³ |
- Talus : \( \text{flancs de fouille et de remblai supposes verticaux} \)
- Profil : \( \text{section constante sur les } \mathbf{25{,}00} \text{ m de longueur} \)
- Décapage : \( \text{terre vegetale non comptabilisee dans les cubatures} \)
Extraits de Normes & Abaques (Documents Annexes)
Servez-vous des documents ci-dessous pour extraire les coefficients nécessaires à votre résolution.
Extrait du GTR 2024, fascicule 1 — objectifs de densification| Classe / Catégorie | Coefficient ou Valeur |
|---|---|
| Objectif « q4 » — corps de remblai courant | 95 % de l'OPN en moyenne, 92 % de l'OPN au minimum en fond de couche |
| Objectif « q3 » — couche de forme | 98,5 % de l'OPN en moyenne, 96 % de l'OPN au minimum en fond de couche |
| Domaine d'emploi de l'objectif q4 | Suffisant en principe pour tout remblai de hauteur \( H < 15 \) m |
| Seuil de stabilité sous poids propre | Masse volumique sèche > 95 % de l'optimum Proctor normal (GTR 2024 Fasc. 1, § 1.7.1) |
3. Méthodologie de Résolution & Travail Demandé
Afin d'assurer un dimensionnement sécuritaire et conforme aux standards, nous procédons selon les étapes méthodiques détaillées ci-dessous. La logique est strictement séquentielle : on part de la pente, qui donne les hauteurs ; les hauteurs donnent les largeurs ; hauteurs et largeurs donnent les aires ; les aires donnent les volumes géométriques ; enfin le comportement volumique du sol transforme ces volumes géométriques en quantités réelles de matériau à mobiliser. Chaque question ne peut être traitée qu'une fois la précédente aboutie.
Question 1 : Hauteur maximale de remblai en aval
Besoin d'un indice ? (Niveau 1)
La plateforme est horizontale et le terrain naturel descend. Sur la largeur totale, l'écart entre les deux lignes varie donc du calage imposé en amont jusqu'à la hauteur de remblai en aval. Cet écart total, c'est exactement le dénivelé du terrain naturel sur cette même largeur.
Toujours bloqué ? (Indice Niveau 2)
Commencez par \( D = L_{\text{plat}} \times p/100 \), puis appliquez la répartition \( D = H_{\text{d}} + H_{\text{r}} \). La valeur intermédiaire attendue est un dénivelé total de 1,20 m.
Question 2 : Aires des sections de déblai et de remblai
Besoin d'un indice ? (Niveau 1)
Les deux triangles ont un point commun essentiel : leur hypoténuse est portée par la même ligne de terrain naturel. Ils ont donc le même rapport hauteur sur base, égal à la pente. C'est le principe des triangles semblables.
Toujours bloqué ? (Indice Niveau 2)
Utilisez \( L_{\text{d}} = H_{\text{d}} / (p/100) \) puis \( L_{\text{r}} = L_{\text{plat}} - L_{\text{d}} \). La largeur de déblai attendue est d'environ 1,667 m : le point d'équilibre est donc très proche du bord amont.
Question 3 : Cubatures du déblai et du remblai
Besoin d'un indice ? (Niveau 1)
Quand une section reste identique d'un bout à l'autre, l'ouvrage est un prisme droit. Le volume se réduit alors à une simple multiplication, sans aucune moyenne de profils à faire.
Toujours bloqué ? (Indice Niveau 2)
Appliquez \( V = A \times L_{\text{proj}} \) à chacune des deux aires. Le volume de déblai attendu est voisin de 4,17 m³, à comparer aux quelque 104 m³ de remblai.
Question 4 (Finale) : Bilan des mouvements de terres
Besoin d'un indice ? (Niveau 1)
Choisissez un seul état de référence et ramenez-y toutes les quantités. Le fascicule 2 du CCTG impose de raisonner en mètre cube en place : c'est donc le remblai compacté qu'il faut reconvertir, et non l'inverse.
Toujours bloqué ? (Indice Niveau 2)
Puisque \( C_{\text{c}} = V_{\text{compacte}} / V_{\text{en place}} \), on inverse la relation : \( V_{\text{nec}} = V_{\text{r}} / C_{\text{c}} \). Comme \( C_{\text{c}} < 1 \), le besoin en sol en place est supérieur au volume de remblai fini, de l'ordre de 115,7 m³.
Ajustements de Pente pour la Construction
"Je regarde mon profil et je vois deux lignes : le terrain naturel, qui descend régulièrement, et ma plateforme, qui reste rigoureusement horizontale. Entre ces deux lignes, l'écart change de signe quelque part. À gauche je suis sous le terrain — je creuse. À droite je suis au-dessus — je remblaie. Le projet ne me donne qu'une seule cote, celle du bord amont. Mais cette cote unique suffit, parce que la géométrie du versant me donne gratuitement tout le reste : l'écart total entre mes deux lignes, d'un bout à l'autre de la plateforme, c'est exactement le dénivelé du terrain naturel."
- Observation : La plateforme est horizontale et le versant descend à 12 %. L'écart entre les deux lignes croît donc linéairement de l'amont vers l'aval, sans discontinuité.
- Analyse du risque : Le réflexe dangereux est de supposer la plateforme centrée sur le terrain naturel, ce qui donnerait \( H_{\text{d}} = H_{\text{r}} \). Ici le calage impose 0,20 m seulement en déblai : la symétrie est volontairement brisée et l'ignorer fausse tout le bilan des terres.
- Choix stratégique : Je calcule d'abord le dénivelé total du terrain naturel sur la largeur de la plateforme, puis j'en retranche le calage imposé. Deux opérations élémentaires, aucune inconnue intermédiaire.
- Alternative : J'aurais pu poser un repère altimétrique et écrire les cotes de chaque point du profil, comme en topographie. La méthode est rigoureuse mais plus lourde pour un profil aussi simple : je la garde pour les projets à plusieurs pentes.
- Objectif visé : Disposer des deux hauteurs caractéristiques \( H_{\text{d}} \) et \( H_{\text{r}} \), qui sont les hauteurs des deux triangles dont je devrai calculer les aires à l'étape suivante.
Voir uniquement le résultat final (Auto-évaluation)
Une pente exprimée en pourcentage n'est ni un angle, ni une longueur : c'est un rapport. Dire que le terrain descend à 12 %, c'est dire que pour 100 mètres parcourus à l'horizontale, on perd 12 mètres d'altitude. Autrement dit, la relation entre distance horizontale et dénivelé est une proportionnalité pure, de coefficient \( p/100 \). Toute la géométrie d'un terrassement sur versant régulier découle de cette unique propriété : il n'y a aucune trigonométrie à faire, seulement des multiplications et des divisions.
Deux relations suffisent à résoudre cette question. La première transforme une pente en longueur ; la seconde répartit cette longueur entre la partie creusée et la partie rapportée. Elles sont présentées séparément car elles ne relèvent pas de la même logique : l'une est une loi géométrique du terrain, l'autre est une conséquence du calage de projet.
Formule 1 — Dénivelé engendré par une pente constante :Elle convertit la largeur de la plateforme en différence d'altitude du terrain naturel entre ses deux bords.
Parce que le seul renseignement dont je dispose sur le versant est sa pente. Tant que je ne l'ai pas convertie en une hauteur exprimée en mètres, je ne peux la comparer à rien : ni au calage imposé, ni aux hauteurs de terrassement. Cette formule est donc le passage obligé entre la donnée du site et la géométrie du projet.
- \( D \) : dénivelé du terrain naturel entre le bord amont et le bord aval de la plateforme, unité : m
- \( L_{\text{plat}} \) : largeur de la plateforme mesurée dans le sens de la plus grande pente, unité : m
- \( p\,[\%] \) : pente du versant exprimée en pourcentage, telle que lue sur le plan topographique, unité : %
- \( p/100 \) : pente convertie en ratio, directement multipliable par une longueur, unité : m/m
- \( 100 \) : constante de conversion du pourcentage en rapport sans dimension, unité : sans unité
Elle traduit le fait que tout le dénivelé du terrain se retrouve dans le terrassement, partagé entre ce qu'on enlève en haut et ce qu'on ajoute en bas.
Parce qu'elle exprime la conservation géométrique du profil : la plateforme étant horizontale, l'écart vertical entre elle et le terrain varie exactement comme le terrain. Ce que le terrain perd en altitude sur la largeur, l'écart le gagne. Le calage \( H_{\text{d}} \) étant imposé, la hauteur de remblai \( H_{\text{r}} \) en devient une conséquence obligée, et non un choix.
- \( H_{\text{r}} \) : hauteur maximale de remblai, mesurée verticalement au bord aval de la plateforme, unité : m
- \( D \) : dénivelé total du terrain naturel sur la largeur de la plateforme, unité : m
- \( H_{\text{d}} \) : hauteur maximale de déblai, imposée par le calage altimétrique du projet, unité : m
- \( H_{\text{d}} + H_{\text{r}} \) : somme de contrôle, qui doit toujours restituer le dénivelé \( D \), unité : m
- signe de \( H_{\text{r}} \) : indicateur de configuration, positif tant que la plateforme sort du terrain en aval, unité : sans unité
"Beaucoup d'étudiants font l'erreur de calculer le dénivelé sur la demi-largeur de la plateforme, en écrivant \( D = (L_{\text{plat}}/2) \times p/100 = 0{,}60 \) m, parce qu'ils ont en tête le schéma classique de la plateforme centrée sur le terrain naturel..."
- L'erreur : Appliquer la demi-largeur revient à présupposer le résultat qu'on cherche, à savoir la position du point d'équilibre. C'est un raisonnement circulaire.
- La bonne méthode : Calculer le dénivelé sur la largeur totale, puis répartir ce dénivelé à l'aide de la contrainte de calage. La symétrie, si elle existe, apparaîtra comme un résultat, pas comme une hypothèse.
- L'astuce de pro : Avant de calculer, dessinez le profil à l'échelle, même grossièrement. Un calage de 20 cm sur un dénivelé de 1,20 m se voit immédiatement comme très excentré.
- Le moyen mnémotechnique : « Le terrain donne le total, le projet donne le partage. » La pente fournit \( D \) ; le calage fournit la répartition entre \( H_{\text{d}} \) et \( H_{\text{r}} \).
- L'impact direct : Avec la demi-largeur, on trouverait \( H_{\text{r}} = 0{,}40 \) m au lieu de 1,00 m, soit une aire de remblai divisée par plus de six. Le bilan des terres serait sous-estimé de façon massive, et le budget d'apport de matériaux totalement faux.
Exécution de la Note de Calculs
- Pente \( p \) : conversion de % vers m/m (ratio sans dimension) , en divisant par 100
- Largeur \( L_{\text{plat}} \) : déjà exprimée en m , aucune conversion nécessaire
- Calage \( H_{\text{d}} \) : donné en m, à ne surtout pas confondre avec des cm (0,20 m et non 20 m)
- Dénivelé \( D \) : produit d'une m par un ratio, donc homogène à des m
- Hauteur \( H_{\text{r}} \) : différence de deux longueurs, donc exprimée en m
Les deux calculs qui suivent sont enchaînés : le premier produit le dénivelé total, le second le consomme. On les traite séparément pour bien identifier la nature de chacun. Toutes les longueurs sont conservées au centimètre près, ce qui est la précision usuelle d'un profil en travers de terrassement, et largement suffisante devant les tolérances d'exécution.
1. Résolution Numérique Calcul 1 — Dénivelé total du terrain naturel sur la largeur de la plateformePourquoi fait-on ce calcul ? Parce que ce dénivelé est la quantité totale à répartir entre le déblai et le remblai. Il fixe l'ampleur du terrassement avant même qu'on sache comment il se partage.
On convertit d'abord la pente en ratio, puis on la multiplie par la largeur totale de la plateforme. Le calcul est mené en deux temps explicites pour rendre visible la conversion, qui est la seule source d'erreur possible ici.
- Substitution : On injecte \( L_{\text{plat}} = 10{,}00 \) m et \( p = 12 \) %, lus directement dans le tableau des données.
- Piège évité : Ne jamais écrire \( 10 \times 12 \). Le pourcentage doit être ramené au ratio 0,12 avant toute multiplication.
- Hypothèse validée : La pente est constante sur l'emprise, comme l'indique explicitement l'énoncé : la multiplication directe est donc légitime.
- Vérification croisée : 12 % signifie 12 cm par mètre ; sur 10 mètres, cela fait 120 cm, soit 1,20 m. Le calcul mental confirme le résultat.
- Finalité : Ce dénivelé sera immédiatement réutilisé dans le calcul 2 pour en déduire la hauteur de remblai.
Un dénivelé de 1,20 m sur 10 m de largeur est parfaitement représentatif d'un aménagement de coteau courant. Il confirme qu'on est dans le domaine des terrassements légers, très loin des grands remblais routiers.
- Ordre de grandeur : 1,20 m, c'est la hauteur d'une rambarde. Pour une plateforme de 10 m de large, le remodelage reste modeste et réalisable avec des engins courants.
- Impact sur la suite : Ce dénivelé est le plafond absolu des deux hauteurs de terrassement : ni le déblai ni le remblai ne pourront jamais le dépasser.
- Cohérence : Le résultat est bien très inférieur à la largeur (1,20 m contre 10,00 m), ce qui est attendu pour une pente faible de 12 %.
- Attention : Le calage imposé (0,20 m) ne représente que un sixième de ce dénivelé. On peut déjà anticiper un projet fortement déséquilibré vers le remblai.
- Comparaison : Un remblai dont la hauteur reste très inférieure à 15 m relève de l'objectif de densification q4 du GTR 2024, sans exigence de compactage renforcé.
Remarque pédagogique : Prenez l'habitude d'écrire la conversion 12/100 = 0,12 sur une ligne à part. Sur une copie, cette ligne visible vaut souvent des points ; sur un chantier, elle évite l'erreur d'un facteur cent.
Calcul 2 — Hauteur maximale de remblai au bord avalPourquoi fait-on ce calcul ? Parce que c'est la hauteur du triangle de remblai, grandeur indispensable à la question suivante. C'est aussi l'indicateur qui révèle d'un coup d'œil le déséquilibre du projet.
On applique la répartition du dénivelé : le total calculé précédemment moins le calage imposé par le projet. Une simple soustraction, mais qui porte tout le sens de la question.
- Substitution : On injecte \( D = 1{,}20 \) m issu du calcul 1 et \( H_{\text{d}} = 0{,}20 \) m issu des données de projet.
- Piège évité : Ne pas additionner les deux valeurs. Le déblai et le remblai se partagent le dénivelé, ils ne s'y ajoutent pas.
- Hypothèse validée : La plateforme est horizontale : aucune pente de projet ne vient consommer une part du dénivelé.
- Vérification croisée : Contrôle immédiat : \( 0{,}20 + 1{,}00 = 1{,}20 \) m, on retrouve bien le dénivelé total.
- Finalité : Cette hauteur servira de hauteur du triangle de remblai pour le calcul d'aire de la question 2.
Le rapport entre les deux hauteurs est de cinq pour un : 1,00 m de remblai contre 0,20 m de déblai. Le projet est donc très nettement en remblai, et il ne fait déjà plus aucun doute que le site ne pourra pas s'autoalimenter en matériaux.
- Ordre de grandeur : Un mètre de remblai est une hauteur très courante en aménagement de plateforme ; elle ne pose aucun problème particulier de stabilité.
- Impact sur la suite : Les aires variant comme le carré des hauteurs, un rapport de 5 sur les hauteurs annonce un rapport voisin de 25 sur les surfaces.
- Cohérence : Les deux hauteurs sont positives et leur somme redonne exactement \( D \) : la configuration déblai-remblai est confirmée.
- Attention : Si le calage avait été fixé à 1,20 m ou plus, il n'y aurait plus aucun remblai : la plateforme serait entièrement encaissée dans le versant.
- Comparaison : Avec \( H = 1{,}00 \) m, on est très loin du seuil de 15 m au-delà duquel le GTR 2024 recommande d'étudier un objectif de densification renforcé.
Remarque pédagogique : Retenez que le projeteur choisit \( H_{\text{d}} \) et subit \( H_{\text{r}} \). Optimiser un terrassement, c'est essentiellement jouer sur le calage jusqu'à rendre le bilan des terres acceptable.
"J'ai mes deux hauteurs, mais une hauteur seule ne fait pas une surface. Il me manque les bases de mes deux triangles, c'est-à-dire l'endroit précis où la plateforme sort du terrain. Ce point, je l'appelle le point d'équilibre : à gauche je creuse, à droite je remblaie, et exactement dessus je ne fais rien. Or je n'ai pas besoin de le mesurer sur un plan : la pente me le donne. Puisque le terrain descend de 0,12 m par mètre, il lui faut parcourir une distance bien précise pour descendre des 0,20 m qui me séparent du fond de mon déblai."
- Observation : Les deux triangles ont leur hypoténuse portée par la même droite, la ligne de terrain naturel. Ils sont donc semblables et partagent le même rapport hauteur sur base : la pente.
- Analyse du risque : Si je me trompe sur la position du point d'équilibre, je me trompe simultanément sur les deux aires, et l'erreur se propage jusqu'au bilan financier. C'est le point le plus sensible de tout l'exercice.
- Choix stratégique : Je calcule \( L_{\text{d}} \) par la pente, puis j'obtiens \( L_{\text{r}} \) par simple différence avec la largeur totale. Ce choix me donne une vérification automatique : la somme doit faire 10,00 m.
- Alternative : J'aurais pu calculer \( L_{\text{r}} = H_{\text{r}}/(p/100) \) indépendamment. C'est correct, mais je perds le contrôle croisé : deux calculs séparés peuvent être faux tous les deux sans que rien ne le signale.
- Objectif visé : Obtenir les deux aires du profil en travers, qui sont les grandeurs directement multipliables par la longueur pour donner les cubatures.
Voir uniquement le résultat final (Auto-évaluation)
Sur un profil en travers, la ligne rouge du projet et la ligne noire du terrain naturel se coupent en un point que les terrassiers appellent le point d'équilibre, ou point de passage déblai-remblai. Ce point n'a rien d'anecdotique : c'est lui qui découpe le profil en deux zones de nature opposée. Toute la difficulté d'un métré de terrassement consiste à le localiser correctement, car en amont on facture du déblai et en aval du remblai, deux prestations aux prix unitaires très différents.
Trois relations distinctes interviennent ici et il serait maladroit de les mélanger. La première localise le point d'équilibre, la deuxième ferme le profil, la troisième mesure les surfaces. Chacune répond à une question différente et se présente donc dans son propre encadré.
Formule 1 — Largeur d'une zone déduite de sa hauteur :Elle donne la distance horizontale nécessaire au terrain naturel pour descendre d'une hauteur donnée.
Parce qu'elle est l'inverse exact de la relation de la question 1. Là, on connaissait une distance et on cherchait une hauteur ; ici on connaît une hauteur et on cherche la distance. C'est la même proportionnalité lue dans l'autre sens, et c'est elle qui localise le point d'équilibre.
- \( L_{i} \) : largeur horizontale de la zone considérée, déblai ou remblai, unité : m
- \( H_{i} \) : hauteur maximale de terrassement de cette même zone, unité : m
- \( p/100 \) : pente du terrain naturel exprimée en ratio, unité : m/m
- indice \( i \) : repère de zone, valant d pour le déblai et r pour le remblai, unité : sans unité
- \( L_{\text{d}} \) : cas particulier donnant l'abscisse du point d'équilibre depuis le bord amont, unité : m
Elle exprime que les deux zones se partagent la largeur totale de la plateforme, sans recouvrement ni vide.
Parce qu'elle transforme une évidence géométrique en outil de calcul. Plutôt que de refaire une division pour \( L_{\text{r}} \), on exploite le fait que les deux zones pavent exactement la plateforme. On gagne en rapidité et surtout on se dote d'un contrôle interne.
- \( L_{\text{r}} \) : largeur horizontale de la zone en remblai, du point d'équilibre au bord aval, unité : m
- \( L_{\text{plat}} \) : largeur totale de la plateforme de projet, unité : m
- \( L_{\text{d}} \) : largeur horizontale de la zone en déblai, du bord amont au point d'équilibre, unité : m
- \( L_{\text{d}} + L_{\text{r}} \) : somme de contrôle devant restituer exactement la largeur de la plateforme, unité : m
- \( L_{\text{r}} / L_{\text{plat}} \) : proportion de la plateforme située en remblai, indicateur de déséquilibre, unité : sans unité
Elle convertit une base et une hauteur en surface de terrassement sur le profil en travers.
Parce que sous l'hypothèse de flancs verticaux, chaque zone de terrassement est exactement un triangle rectangle : un côté vertical de hauteur \( H_{i} \), un côté horizontal de longueur \( L_{i} \), et l'hypoténuse portée par le terrain naturel. La formule de l'aire du triangle s'applique donc sans aucune approximation.
- \( A_{i} \) : aire de la section de terrassement sur le profil en travers, unité : m²
- \( L_{i} \) : base du triangle, mesurée horizontalement, unité : m
- \( H_{i} \) : hauteur du triangle, mesurée verticalement au droit du bord de plateforme, unité : m
- \( 2 \) : diviseur traduisant le passage du rectangle enveloppe au triangle réel, unité : sans unité
- \( A_{\text{r}}/A_{\text{d}} \) : indicateur de déséquilibre du profil, égal au carré du rapport des hauteurs, unité : sans unité
"Beaucoup d'étudiants font l'erreur de conserver la demi-largeur de 5,00 m comme base pour les deux triangles, en écrivant \( A_{\text{d}} = (5{,}00 \times 0{,}20)/2 \) et \( A_{\text{r}} = (5{,}00 \times 1{,}00)/2 \), par habitude du profil symétrique..."
- L'erreur : Elle brise la cohérence entre hauteurs et largeurs. Avec une base de 5,00 m et une hauteur de 0,20 m, la pente implicite serait de 4 % et non de 12 % : le profil dessiné ne correspondrait plus au terrain.
- La bonne méthode : Calculer \( L_{\text{d}} \) à partir de la pente, puis obtenir \( L_{\text{r}} \) par fermeture. Le point d'équilibre est un résultat, jamais une hypothèse de départ.
- L'astuce de pro : Contrôlez toujours que chaque triangle respecte la pente : le rapport \( H_{i}/L_{i} \) doit valoir 0,12 pour les deux. Si ce n'est pas le cas, une base est fausse.
- Le moyen mnémotechnique : « Une pente, deux triangles, un seul rapport. » Les deux triangles sont semblables : ils ne peuvent pas avoir des pentes différentes.
- L'impact direct : Avec la demi-largeur, on trouverait \( A_{\text{d}} = 0{,}50 \) m² et \( A_{\text{r}} = 2{,}50 \) m², soit un déblai triplé et un remblai réduit de 40 %. Le bilan des terres serait faussé dans les deux sens à la fois.
Exécution de la Note de Calculs
- Hauteurs \( H_{\text{d}} \) et \( H_{\text{r}} \) : exprimées en m , issues de la question 1
- Pente : utilisée sous forme de ratio 0,12, jamais sous forme de pourcentage brut
- Largeurs \( L_{\text{d}} \) et \( L_{\text{r}} \) : quotient d'une m par un ratio, donc en m
- Aires \( A_{\text{d}} \) et \( A_{\text{r}} \) : produit de deux longueurs divisé par 2, donc en m²
- Arrondis : les largeurs sont conservées au millimètre en calcul intermédiaire, pour éviter toute dérive sur les volumes finaux
Quatre calculs se succèdent : deux largeurs, puis deux aires. On traite chaque grandeur dans son propre encadré, car ce sont bien quatre résultats distincts, chacun avec sa propre interprétation. Les largeurs sont des quotients non finis : on conserve délibérément quatre décimales en intermédiaire pour ne pas polluer les cubatures de la question 3.
1. Résolution Numérique Calcul 1 — Largeur de la zone en déblai et abscisse du point d'équilibrePourquoi fait-on ce calcul ? Parce qu'il localise le point d'équilibre, c'est-à-dire la frontière physique entre la zone qu'on creuse et celle qu'on remblaie. C'est la cote que le géomètre ira piqueter sur le terrain.
On divise la hauteur de déblai imposée par le ratio de pente. Le résultat est un quotient non fini que l'on conserve avec quatre décimales avant tout arrondi de présentation.
- Substitution : On injecte \( H_{\text{d}} = 0{,}20 \) m, donnée de calage, et le ratio de pente \( 0{,}12 \).
- Piège évité : Diviser, et non multiplier. On cherche une distance plus grande que la hauteur, puisque la pente est faible.
- Hypothèse validée : Le terrain naturel est rectiligne entre le bord amont et le point d'équilibre : la proportionnalité s'applique sans découpage.
- Vérification croisée : Contrôle inverse : \( 1{,}6667 \times 0{,}12 = 0{,}200 \) m. On retombe bien sur le calage imposé.
- Finalité : Cette largeur est à la fois la base du triangle de déblai et la donnée d'entrée du calcul suivant.
Le point d'équilibre se situe à 1,67 m seulement du bord amont, sur une plateforme qui en mesure 10,00. Autrement dit, moins d'un sixième de la plateforme est en déblai : la dissymétrie annoncée est ici pleinement quantifiée.
- Ordre de grandeur : 1,67 m, c'est à peine plus que la largeur d'un godet de pelle. La zone de déblai est très étroite, ce qui aura des conséquences pratiques sur le choix des engins.
- Impact sur la suite : Cette valeur est la base du triangle de déblai et, par complément, elle fixe aussi la base du triangle de remblai.
- Cohérence : La largeur trouvée est bien supérieure à la hauteur (1,67 m contre 0,20 m), ce qui est logique pour une pente douce de 12 %.
- Attention : Ne pas arrondir à 1,7 m à ce stade : sur les volumes finaux, cet écart apparent de 3 cm se traduirait par plusieurs dixièmes de mètre cube.
- Comparaison : Si le calage avait été de 0,60 m, le point d'équilibre serait à 5,00 m : le profil serait parfaitement symétrique et le bilan bien plus favorable.
Remarque pédagogique : Sur un plan de terrassement, cette abscisse porte un nom : le point de passage. Elle est systématiquement reportée sur les profils en travers du dossier d'exécution, car elle conditionne l'organisation du chantier.
Calcul 2 — Largeur de la zone en remblai par fermeture du profilPourquoi fait-on ce calcul ? Parce qu'il fournit la base du triangle de remblai tout en offrant, gratuitement, une vérification de cohérence du travail précédent.
On retranche la largeur de déblai de la largeur totale de la plateforme, puis on contrôle le résultat par la voie indépendante \( H_{\text{r}}/(p/100) \).
- Substitution : On injecte \( L_{\text{plat}} = 10{,}00 \) m et \( L_{\text{d}} = 1{,}6667 \) m issu du calcul précédent.
- Piège évité : Utiliser la valeur non arrondie de \( L_{\text{d}} \). Partir de 1,67 m introduirait déjà une erreur de 3 mm sur \( L_{\text{r}} \).
- Hypothèse validée : Les deux zones sont jointives : il n'existe ni palier ni ouvrage intermédiaire sur le profil.
- Vérification croisée : Par l'autre chemin : \( 1{,}00 / 0{,}12 = 8{,}3333 \) m. Les deux méthodes concordent exactement.
- Finalité : Cette largeur servira de base au triangle de remblai dans le calcul d'aire qui suit.
La zone de remblai occupe 8,33 m sur 10,00 m, soit 83 % de la plateforme. Le chantier sera donc, très majoritairement, un chantier d'apport de matériaux et non d'extraction.
- Ordre de grandeur : 8,33 m, c'est cinq fois la largeur de la zone de déblai — exactement le rapport des deux hauteurs, comme l'exige la similitude.
- Impact sur la suite : Combinée à une hauteur cinq fois plus grande, cette base va produire une aire vingt-cinq fois supérieure à celle du déblai.
- Cohérence : Contrôle de fermeture : \( 1{,}6667 + 8{,}3333 = 10{,}0000 \) m. Le profil est parfaitement bouclé.
- Attention : Une zone de remblai aussi étendue impose un compactage soigné par couches conforme à l'objectif q4, faute de quoi des tassements différentiels apparaîtront sous la plateforme.
- Comparaison : Le rapport 5 entre les deux largeurs se retrouvera à l'identique entre les deux hauteurs : c'est la signature des triangles semblables.
Remarque pédagogique : Le double calcul de \( L_{\text{r}} \) n'est pas une perte de temps : c'est la seule vérification indépendante disponible avant les cubatures. Prenez l'habitude de la faire systématiquement.
Calcul 3 — Aire de la section en déblaiPourquoi fait-on ce calcul ? Parce que cette aire représente la quantité de terre à extraire par mètre linéaire de plateforme. C'est la grandeur qui sera multipliée par la longueur pour obtenir la cubature.
On applique la formule du triangle rectangle à la base et à la hauteur du déblai, en conservant la largeur non arrondie.
- Substitution : On injecte \( L_{\text{d}} = 1{,}6667 \) m et \( H_{\text{d}} = 0{,}20 \) m.
- Piège évité : Ne pas oublier la division par 2. C'est l'erreur la plus fréquente, et elle double purement et simplement le métré.
- Hypothèse validée : Le flanc de fouille est supposé vertical : la section est bien un triangle rectangle et non un trapèze.
- Vérification croisée : Par la formule quadratique \( A = H^2/(2 \times 0{,}12) = 0{,}04/0{,}24 = 0{,}1667 \) m². Résultat identique.
- Finalité : Cette aire alimente directement le calcul du volume de déblai à la question 3.
Une section de 0,17 m² seulement : c'est l'équivalent d'un carré de 41 cm de côté. Le déblai de ce projet est presque négligeable à l'échelle du chantier.
- Ordre de grandeur : 0,17 m² par mètre linéaire, c'est moins d'un godet de mini-pelle par mètre de plateforme.
- Impact sur la suite : Le volume de déblai sera très faible : le site ne pourra pas s'autoalimenter et un apport extérieur est déjà certain.
- Cohérence : L'aire est bien inférieure au produit base par hauteur (0,33 m²), conformément au facteur 1/2 du triangle.
- Attention : Cette aire n'inclut pas le décapage de la terre végétale, qui fait l'objet d'un poste de métré distinct et n'est pas réutilisable en remblai.
- Comparaison : Sur un profil symétrique à même dénivelé, l'aire de déblai aurait été de 1,50 m², soit neuf fois plus.
Remarque pédagogique : La formule quadratique \( A = H^2/(2p) \) est un excellent outil de contrôle mental. Elle montre d'un coup d'œil que l'aire explose avec la hauteur et s'effondre quand la pente augmente.
Calcul 4 — Aire de la section en remblaiPourquoi fait-on ce calcul ? Parce que cette aire représente la quantité de matériau à mettre en œuvre par mètre linéaire. C'est le poste dominant du chantier, et donc du budget.
Même formule que pour le déblai, appliquée cette fois à la base et à la hauteur du remblai. Le contraste des deux résultats est l'enseignement principal de cette question.
- Substitution : On injecte \( L_{\text{r}} = 8{,}3333 \) m et \( H_{\text{r}} = 1{,}00 \) m.
- Piège évité : Ne pas confondre cette aire, qui est un volume compacté par mètre linéaire, avec un volume de sol en place : la distinction sera décisive en question 4.
- Hypothèse validée : Le flanc de remblai est supposé vertical, hypothèse d'avant-projet qui sous-estime légèrement le volume réel.
- Vérification croisée : Rapport attendu : \( A_{\text{r}}/A_{\text{d}} = (1{,}00/0{,}20)^2 = 25 \). Or \( 4{,}1667/0{,}1667 = 25{,}0 \). Confirmé.
- Finalité : Cette aire alimente le calcul du volume de remblai, poste principal du bilan des terres.
4,17 m² contre 0,17 m² : le remblai représente vingt-cinq fois le déblai. Ce n'est pas une anomalie mais la conséquence mathématique de la variation quadratique de l'aire avec la hauteur.
- Ordre de grandeur : 4,17 m², c'est l'équivalent d'un carré de 2 m de côté à combler pour chaque mètre de plateforme.
- Impact sur la suite : Ce sera le poste dominant du bilan : les 25 mètres de longueur vont transformer cette section en une centaine de mètres cubes.
- Cohérence : Le rapport de 25 correspond exactement au carré du rapport des hauteurs, ce qui valide simultanément les quatre calculs de cette question.
- Attention : Cette section est un volume de remblai fini, compacté. Il ne faudra en aucun cas la comparer directement au déblai en place sans conversion préalable.
- Comparaison : La somme des deux aires vaut 4,33 m², à comparer aux 6,00 m² du rectangle enveloppe \( L_{\text{plat}} \times D / 2 \) : l'ordre de grandeur global est cohérent.
Remarque pédagogique : Ce facteur 25 est la leçon la plus rentable de tout l'exercice : en terrassement, un projeteur qui parvient à abaisser une hauteur de moitié divise la surface concernée par quatre. C'est de là que vient l'essentiel des économies sur un mouvement de terres.
"Mes deux sections sont établies. Il me reste à les étirer sur la longueur du projet. L'énoncé m'offre ici un cadeau considérable : le profil est constant sur les 25 mètres. Je n'ai donc ni moyenne de profils à faire, ni méthode des prismatoïdes à appliquer — juste une multiplication. Mais je reste vigilant sur un point : ces deux volumes que je m'apprête à calculer ne décrivent pas le sol dans le même état. Le premier, c'est de la terre telle qu'elle est dans le sol ; le second, c'est de la terre déjà compactée dans l'ouvrage fini. Je note soigneusement cette distinction, car c'est elle qui fera basculer la question 4."
- Observation : La section étant identique d'un bout à l'autre, l'ouvrage est un prisme droit et le volume se réduit à un simple produit aire par longueur.
- Analyse du risque : Le vrai danger n'est pas arithmétique mais sémantique : croire que \( V_{\text{d}} \) et \( V_{\text{r}} \) sont directement comparables. Ce sont deux volumes exprimés dans deux états différents du matériau.
- Choix stratégique : Je calcule les deux volumes séparément et j'étiquette explicitement chacun : « en place » pour le déblai, « compacté » pour le remblai. Cet étiquetage vaut protection contre l'erreur de la question suivante.
- Alternative : Pour un profil variable, j'aurais utilisé la méthode des profils moyens, en multipliant la demi-somme de deux aires successives par leur entredistance. Elle est inutile ici et n'apporterait aucune précision supplémentaire.
- Objectif visé : Produire les deux cubatures du projet, exprimées en mètres cubes, seules quantités directement utilisables dans un bordereau de prix unitaires.
Voir uniquement le résultat final (Auto-évaluation)
Le métré des terrassements — que la profession appelle la cubature — consiste à transformer une géométrie de plans en quantités de matière. C'est l'opération qui fait le lien entre le bureau d'études et le bordereau de prix. Le fascicule 2 du CCTG, Terrassements généraux, encadre précisément cette opération : à son article 6.5.1, il stipule que le prix du déblai s'applique soit au mètre cube en place, avant extraction, soit au mètre cube en œuvre, après compactage, et que la première formule doit être adoptée en règle générale. Cette phrase, apparemment anodine, détermine tout le vocabulaire de la note de calculs.
Une seule relation suffit ici, mais elle mérite d'être bien comprise plutôt que simplement appliquée. Sa simplicité est directement héritée d'une hypothèse forte — la constance du profil — qu'il faut savoir reconnaître et, le cas échéant, savoir abandonner.
Formule — Volume d'un prisme droit :Elle extrude une section constante le long de la longueur du projet pour en donner le volume.
Parce que l'énoncé garantit un profil en travers constant sur les 25 mètres. Dans ces conditions, l'ouvrage est un cylindre généralisé et la formule du prisme droit est rigoureusement exacte, sans la moindre approximation. Elle représente donc à la fois le calcul le plus simple et le plus juste.
- \( V_{i} \) : volume de terrassement de la zone considérée, déblai ou remblai, unité : m³
- \( A_{i} \) : aire de la section correspondante sur le profil en travers, unité : m²
- \( L_{\text{proj}} \) : longueur du projet, mesurée perpendiculairement au profil en travers, unité : m
- \( V_{\text{d}} \) : cas du déblai, volume exprimé en place, avant extraction, unité : m³
- \( V_{\text{r}} \) : cas du remblai, volume exprimé en œuvre, après compactage, unité : m³
"Beaucoup d'étudiants font l'erreur de conclure dès cette question : « il manque 100 m³, donc il faut importer 100 m³ ». Ils comparent directement \( V_{\text{d}} \) et \( V_{\text{r}} \) sans se demander si ces deux nombres parlent bien de la même chose..."
- L'erreur : Elle ignore que le sol change de volume entre son état naturel et son état compacté. Le déficit annoncé serait sous-estimé.
- La bonne méthode : Choisir un état de référence unique — le mètre cube en place, conformément au fascicule 2 du CCTG — et y ramener toutes les quantités avant toute soustraction.
- L'astuce de pro : Écrivez systématiquement l'état à côté du chiffre : « 4,17 m³ en place » et « 104,17 m³ compactés ». Une unité mal étiquetée est une erreur qui attend son heure.
- Le moyen mnémotechnique : « Un mètre cube n'est pas un mètre cube. » En terrassement, le volume dépend toujours de l'état : en place, foisonné, ou compacté.
- L'impact direct : La conclusion hâtive donnerait un déficit de 100,00 m³ au lieu des 111,57 m³ réels, soit plus de 11 m³ de matériaux oubliés au budget, et autant de camions non prévus.
Exécution de la Note de Calculs
- Aires \( A_{\text{d}} \) et \( A_{\text{r}} \) : exprimées en m² , issues de la question 2
- Longueur \( L_{\text{proj}} \) : exprimée en m, à ne pas confondre avec la largeur L_plat du profil
- Volumes : produit d'une m² par une m, donc exprimés en m³
- État du déblai : volume en place, conforme à l'unité de règlement du fascicule 2 du CCTG
- État du remblai : volume en œuvre, c'est-à-dire après compactage à l'objectif q4
Deux cubatures indépendantes sont à produire, chacune dans son encadré. Les aires sont reprises avec quatre décimales, puis les volumes sont arrondis au centième de mètre cube — précision très supérieure à ce qu'exige un métré de chantier, mais nécessaire pour que le bilan de la question 4 reste parfaitement traçable.
1. Résolution Numérique Calcul 1 — Volume de déblai en placePourquoi fait-on ce calcul ? Parce qu'il donne la ressource en matériau disponible sur le site. C'est ce que le chantier peut espérer réutiliser sans rien acheter.
On multiplie l'aire de la section de déblai par la longueur du projet, puis on précise immédiatement l'état du matériau obtenu.
- Substitution : On injecte \( A_{\text{d}} = 0{,}1667 \) m² de la question 2 et \( L_{\text{proj}} = 25{,}00 \) m des données.
- Piège évité : Ne pas utiliser la largeur 10,00 m à la place de la longueur 25,00 m : la largeur est déjà consommée dans l'aire.
- Hypothèse validée : Le profil est constant sur les 25 m, ce que l'énoncé garantit explicitement.
- Vérification croisée : Valeur exacte par les fractions : \( (1/6) \times 25 = 25/6 = 4{,}1667 \) m³. Concordance parfaite.
- Finalité : Ce volume constitue le terme positif du bilan de la question 4 : la ressource disponible.
4,17 m³, c'est moins d'un camion-benne. Sur un chantier de cette taille, cette ressource est si faible qu'elle sera vraisemblablement consommée par le seul réglage de la plateforme.
- Ordre de grandeur : Un camion-benne de chantier courant transporte 8 à 10 m³ : le déblai total du projet ne remplit même pas une demi-benne.
- Impact sur la suite : Cette ressource est marginale devant le besoin en remblai : le bilan sera nécessairement très déficitaire.
- Cohérence : La valeur exacte \( 25/6 = 4{,}1667 \) m³ s'arrondit bien à 4,17 m³ : aucune dérive n'est introduite.
- Attention : Ce volume est en place. Une fois extrait, il foisonnera et occupera un volume apparent nettement supérieur dans les bennes.
- Comparaison : Rapporté à la surface de plateforme (250 m²), cela représente une épaisseur moyenne de déblai de 1,7 cm seulement.
Remarque pédagogique : Rapporter un volume à une épaisseur moyenne est un excellent réflexe de contrôle : il rend immédiatement sensible un ordre de grandeur qui, exprimé en mètres cubes, reste abstrait.
Calcul 2 — Volume de remblai compactéPourquoi fait-on ce calcul ? Parce qu'il quantifie le besoin de l'ouvrage : le volume que le remblai fini devra occuper une fois compacté à l'objectif q4.
Même extrusion que pour le déblai, appliquée à l'aire de la section de remblai. On étiquette le résultat comme un volume en œuvre, puisqu'il décrit l'ouvrage terminé.
- Substitution : On injecte \( A_{\text{r}} = 4{,}1667 \) m² de la question 2 et la même longueur \( L_{\text{proj}} = 25{,}00 \) m.
- Piège évité : Ne pas considérer ce volume comme du sol à extraire : c'est un volume de sol fini, déjà en place dans l'ouvrage et compacté.
- Hypothèse validée : Le remblai est supposé homogène et compacté uniformément à l'objectif de densification q4 sur toute sa hauteur.
- Vérification croisée : Valeur exacte par les fractions : \( (25/6) \times 25 = 625/6 = 104{,}1667 \) m³, soit 104,17 m³ après arrondi.
- Finalité : Ce volume sera converti en besoin de sol en place à la question 4, avant toute comparaison avec la ressource.
104,17 m³ contre 4,17 m³ : le rapport de 25 établi sur les aires se conserve intégralement sur les volumes, la longueur étant commune. Le projet demande vingt-cinq fois plus de matériau qu'il n'en produit.
- Ordre de grandeur : 104 m³, c'est environ douze camions-bennes de 8 à 10 m³. La logistique d'approvisionnement devient un vrai sujet de chantier.
- Impact sur la suite : C'est ce volume qu'il faudra convertir en sol en place via le coefficient de contre-foisonnement pour établir le vrai besoin.
- Cohérence : \( 104{,}17 / 4{,}17 = 25{,}0 \) : le rapport des volumes est rigoureusement celui des aires, comme attendu.
- Attention : Ce volume suppose un compactage conforme à l'objectif q4 du GTR 2024. Un compactage insuffisant produirait des tassements différentiels et une géométrie finale hors tolérance.
- Comparaison : Rapporté à la surface de plateforme, ce remblai représente une épaisseur moyenne de 42 cm, soit environ deux couches de compactage de 20 à 25 cm.
Remarque pédagogique : L'épaisseur moyenne de 42 cm n'est pas qu'une curiosité : elle annonce directement le nombre de couches élémentaires à mettre en œuvre, donnée dont dépend le choix du compacteur et le rendement du chantier.
"J'ai deux nombres, et le réflexe serait de les soustraire. Je m'en garde bien. Le premier décrit de la terre encore dans le sol, avec sa structure, ses vides naturels, sa cohésion. Le second décrit de la terre déjà mise en œuvre et compactée dans l'ouvrage. Entre les deux, le matériau a été arraché — il a foisonné — puis réorganisé et serré — il a contre-foisonné. Le coefficient qu'on me donne, \( C_{\text{c}} = 0{,}90 \), fait le pont : il me dit qu'un mètre cube pris dans le sol ne me rendra que 0,90 m³ de remblai fini. Je vais donc convertir mon besoin en ouvrage en un besoin en sol, et alors seulement je pourrai comparer."
- Observation : Le coefficient est inférieur à 1. Le remblai fini est donc plus dense que le sol en place : il faudra mobiliser plus de terre qu'il n'en apparaît dans l'ouvrage.
- Analyse du risque : Se tromper de sens de conversion — multiplier au lieu de diviser — donnerait 93,75 m³ au lieu de 115,74 m³, soit 22 m³ de matériaux manquants découverts en pleine exécution.
- Choix stratégique : Je ramène tout au mètre cube en place, l'unité de règlement retenue en règle générale par le fascicule 2 du CCTG. C'est l'état de référence le plus défendable devant un maître d'ouvrage.
- Alternative : J'aurais pu tout ramener au volume compacté, en multipliant le déblai disponible par \( C_{\text{c}} \). Le bilan serait cohérent, mais exprimé dans une unité non conforme à la règle de métré du marché.
- Objectif visé : Délivrer une conclusion opérationnelle : excédent ou déficit, et de combien. C'est cette seule ligne qui alimentera la consultation des entreprises.
Voir uniquement le résultat final (Auto-évaluation)
Un sol n'a pas un volume, il en a trois, selon l'état dans lequel on le considère. Le GTR 2024 rappelle au paragraphe 1.7.1 de son fascicule 1 que le compactage « permet de réduire le volume des vides dans les matériaux utilisés, en particulier ceux générés au cours du processus d'extraction » — c'est-à-dire ceux du foisonnement — et qu'en compactant on augmente la masse volumique sèche et la résistance au cisaillement. Le mouvement des terres est donc une histoire de vides : on les crée en extrayant, on les supprime en compactant.
Deux relations closent l'étude. La première effectue la conversion d'état, la seconde réalise la comparaison. L'ordre est impératif : toute comparaison faite avant conversion est dépourvue de sens physique.
Formule 1 — Volume de sol en place nécessaire au remblai :Elle convertit un besoin en ouvrage fini en besoin en sol à extraire ou à acheter.
Parce que le coefficient est défini dans le sens en place vers compacté : \( C_{\text{c}} = V_{\text{compacte}} / V_{\text{en place}} \). Or notre inconnue est le volume en place, et notre donnée le volume compacté. Il faut donc inverser la relation, ce qui transforme une multiplication en division.
- \( V_{\text{nec}} \) : volume de sol en place à mobiliser pour réaliser le remblai, unité : m³ en place
- \( V_{\text{r}} \) : volume du remblai fini, mesuré dans l'ouvrage après compactage, unité : m³ compactés
- \( C_{\text{c}} \) : coefficient de contre-foisonnement, rapport du volume compacté au volume en place, unité : sans unité
- \( 1/C_{\text{c}} \) : facteur de majoration du besoin, valant ici environ 1,11, unité : sans unité
- \( V_{\text{nec}} - V_{\text{r}} \) : surplus de sol consommé par le seul effet du compactage, unité : m³ en place
Elle confronte la ressource disponible sur le site au besoin réel, tous deux exprimés en mètre cube en place.
Parce que c'est la seule question qui intéresse réellement le maître d'ouvrage : faut-il acheter de la terre, ou faut-il en évacuer ? La soustraction n'a de sens que parce que les deux termes ont été préalablement ramenés au même état. Le signe du résultat porte à lui seul la conclusion du projet.
- \( B \) : bilan des mouvements de terres, positif en excédent et négatif en déficit, unité : m³ en place
- \( V_{\text{d}} \) : ressource, volume de déblai disponible sur le site, unité : m³ en place
- \( V_{\text{nec}} \) : besoin, volume de sol en place requis pour monter le remblai, unité : m³ en place
- signe de \( B \) : indicateur de décision, évacuation si positif, apport si négatif, unité : sans unité
- \( |B| \) : quantité à porter au bordereau de prix, en apport ou en évacuation, unité : m³ en place
"Beaucoup d'étudiants font l'erreur de multiplier au lieu de diviser, en écrivant \( V_{\text{nec}} = 104{,}17 \times 0{,}90 = 93{,}75 \) m³. Le calcul est arithmétiquement juste, mais il répond à une tout autre question que celle posée..."
- L'erreur : Elle diminue le besoin alors que le compactage l'augmente. On sous-estime l'apport de 21,99 m³, soit près de trois camions.
- La bonne méthode : Partir de la définition du coefficient, \( C_{\text{c}} = V_{\text{compacte}} / V_{\text{en place}} \), et l'isoler algébriquement plutôt que de deviner l'opération.
- L'astuce de pro : Testez le sens du calcul avant de le poser : puisque \( C_{\text{c}} < 1 \), le besoin en sol doit être plus grand que le remblai fini. Toute réponse plus petite est fausse.
- Le moyen mnémotechnique : « On serre, donc on en prend plus. » Le compactage densifie : il faut donc mobiliser un volume de sol supérieur au volume d'ouvrage.
- L'impact direct : Sur le chantier, cette erreur se solde par une rupture d'approvisionnement en fin de remblai, avec arrêt de l'atelier de compactage et commande d'urgence à prix majoré.
Exécution de la Note de Calculs
- \( V_{\text{r}} \) : volume en m³, état compacté , issu de la question 3
- \( C_{\text{c}} \) : rapport de deux volumes, donc grandeur sans unité
- \( V_{\text{nec}} \) : quotient d'un m³ par un nombre sans unité, donc en m³ en place
- \( V_{\text{d}} \) : volume en m³, état en place , homogène à \( V_{\text{nec}} \)
- \( B \) : différence de deux volumes de même état, donc en m³ en place , avec un signe porteur de sens
Deux calculs terminent l'étude : une conversion d'état, puis une comparaison. Le premier est le seul endroit de tout l'exercice où intervient une propriété du matériau et non une propriété géométrique ; c'est aussi le seul où une donnée provient du dossier géotechnique et non des plans.
1. Résolution Numérique Calcul 1 — Volume de sol en place nécessaire à la réalisation du remblaiPourquoi fait-on ce calcul ? Parce qu'il traduit le besoin de l'ouvrage en besoin de matériau à prélever. C'est l'étape qui rend la comparaison finale légitime.
On divise le volume de remblai compacté par le coefficient de contre-foisonnement. Le sens de l'opération est vérifié avant le calcul, par un raisonnement sur les ordres de grandeur.
- Substitution : On injecte \( V_{\text{r}} = 104{,}17 \) m³ compactés de la question 3 et \( C_{\text{c}} = 0{,}90 \) du dossier géotechnique.
- Piège évité : Diviser et non multiplier. Le contrôle de sens est immédiat : le résultat doit dépasser 104,17 m³.
- Hypothèse validée : Le matériau d'apport est supposé de caractéristiques comparables au sol du site, ce qui autorise à lui appliquer le même coefficient.
- Vérification croisée : Contrôle inverse : \( 115{,}74 \times 0{,}90 = 104{,}17 \) m³. On retrouve exactement le volume de remblai.
- Finalité : Ce besoin sera directement confronté à la ressource dans le calcul du bilan.
Le besoin en sol dépasse le volume d'ouvrage de 11,57 m³, soit 11,1 % de plus. Ce surplus n'apparaît nulle part dans la géométrie : il est entièrement dû au compactage, et c'est précisément pour cela qu'il est si souvent oublié.
- Ordre de grandeur : 11,57 m³ de surplus, c'est plus d'un camion entier de matériau qui n'existe sur aucun plan et que seul ce calcul révèle.
- Impact sur la suite : C'est ce besoin majoré, et non le volume géométrique, qui sera confronté à la ressource : le déficit final s'en trouve aggravé d'autant.
- Cohérence : Le résultat est bien supérieur au volume de remblai, comme l'impose \( C_{\text{c}} < 1 \). Le sens du calcul est validé.
- Attention : Ce volume est exprimé en place. Il ne correspond pas au volume qui circulera dans les bennes, lequel dépend du coefficient de foisonnement, non fourni dans ce dossier.
- Comparaison : Un coefficient de 0,80 au lieu de 0,90 porterait le besoin à 130,21 m³, soit 14,5 m³ supplémentaires : la sensibilité à cette donnée géotechnique est considérable.
Remarque pédagogique : Retenez la lecture inverse du coefficient : 1/0,90 ≈ 1,11. Il faut 1,11 m³ de sol en place par mètre cube d'ouvrage. Cette forme est bien plus parlante sur un chantier que le coefficient brut.
Calcul 2 — Bilan des mouvements de terres du projetPourquoi fait-on ce calcul ? Parce que c'est la conclusion de la mission. Toute la note de calculs n'existe que pour produire ce nombre et son signe.
On soustrait le besoin converti de la ressource disponible, les deux étant désormais exprimés en mètre cube en place. On interprète ensuite le signe avant même la valeur.
- Substitution : On injecte \( V_{\text{d}} = 4{,}17 \) m³ en place et \( V_{\text{nec}} = 115{,}74 \) m³ en place.
- Piège évité : Respecter l'ordre des termes : ressource moins besoin. L'inverser changerait le signe et inverserait la conclusion.
- Hypothèse validée : Les déblais du site sont supposés aptes au réemploi en remblai, hypothèse qui devra être confirmée par la classification du sol selon le GTR.
- Vérification croisée : Contrôle de bouclage : \( 4{,}17 + 111{,}57 = 115{,}74 \) m³. La ressource plus l'apport couvre exactement le besoin.
- Finalité : Ce chiffre alimente directement le poste « apport de matériaux » du bordereau de prix unitaires.
Le bilan est négatif : le projet est déficitaire. Il faudra importer 111,57 m³ de matériaux en place. Le site ne couvre que 3,6 % de son propre besoin : c'est un chantier d'apport, presque intégralement.
- Ordre de grandeur : 111,57 m³, c'est douze à quatorze camions-bennes à approvisionner, avec les rotations et les nuisances de circulation associées.
- Impact sur la suite : Ce volume devient un poste de bordereau à part entière : fourniture, transport et mise en œuvre du matériau d'emprunt, réglé au mètre cube en place selon l'article 6.6 du fascicule 2 du CCTG.
- Cohérence : Le déficit est très proche du besoin total, ce qui est logique puisque la ressource du site est quasi nulle devant lui.
- Attention : Le matériau importé devra être apte au remblai au sens du GTR et compacté à l'objectif q4 : 95 % de l'OPN en moyenne, 92 % au minimum en fond de couche.
- Comparaison : Abaisser la plateforme pour porter le calage à 0,60 m rendrait le profil symétrique et ramènerait le déficit à environ 20 m³ : le levier de conception est considérable.
Remarque pédagogique : Ce résultat doit être présenté au maître d'ouvrage avec sa sensibilité : « déficit de 112 m³, susceptible de varier de plus ou moins 15 m³ selon la valeur retenue du coefficient de contre-foisonnement ». Un chiffre unique, donné sans marge, est une promesse impossible à tenir.
BILAN FINAL DE LA MISSION
Checklist d'Auto-Évaluation
Avant de clore cet exercice, vérifiez que vous avez bien assimilé la démarche globale de conception :
La mission est remplie et la conclusion est sans ambiguïté : le projet est déficitaire de 111,57 m³ en place. La plateforme est géométriquement validée — dénivelé de 1,20 m absorbé par 0,20 m de déblai et 1,00 m de remblai, point d'équilibre implanté à 1,667 m du bord amont — mais le site ne produit que 3,6 % des matériaux dont il a besoin. Le maître d'ouvrage doit donc intégrer dès maintenant, à son estimation, un poste d'apport de matériaux d'emprunt réglé au mètre cube en place, ainsi que la logistique de transport correspondante, de l'ordre d'une douzaine de rotations de camions.
Ce qu'il faut retenir : la géométrie du profil ne suffit pas à chiffrer un mouvement des terres. Le déficit géométrique de 100,00 m³ devient 111,57 m³ une fois le contre-foisonnement pris en compte — 11,57 m³ qui n'apparaissent sur aucun plan et n'existent que dans le comportement du matériau. Côté conception, une piste reste ouverte : porter le calage de 0,20 m à 0,60 m rendrait le profil symétrique et diviserait le déficit par plus de cinq, sans rien changer à la plateforme livrée.







